[Spectacle] Les Trois Accords, Imperial Bell, 16 avril 2016

Samedi dernier, le Festival d’été de Québec présentait le spectacle des Trois Accords à l’Impérial Bell, à guichets fermés. Le groupe a complètement enflammé la salle ce soir-là.

Fidèles à leur humour, les membres du groupe ont introduit le spectacle avec leur chanson Les dauphins et les licornes comme s’il s’agissait du rappel. L’arrière-plan aux couleurs de l’arc-en-ciel rappelait très bien la chanson. Il y avait même un dauphin gonflable qui se lançait dans la foule. À la fin de la chanson, ils ont remercié le public et ils sont sortis de scène. Le public s’est alors empressé de crier et d’applaudir afin de les faire revenir. Ils sont remontés sur scène en enchainant avec Joie d’être gai, éponyme de leur nouvel album sorti en novembre dernier.

Les interactions du chanteur et guitariste Simon Proulx avec le public étaient exécutées de manière très habile et particulièrement humoristique. Après la troisième chanson, le groupe ne savait plus quelle chanson jouer, à ce qu’il parait, ils auraient épluché tout leur répertoire musical. Ce scénario servait en fait à introduire la chanson Dans mon corps. Idem avec Je me touche dans le parc ; le chanteur a même invité les spectateurs à leur écrire s’ils connaissaient une personne à qui c’était arrivé. À l’occasion de leur tournée, le groupe invite leurs fans à se joindre à eux afin de former une chorale. La Chorale de Québec, composé de personnes « très entrainées », à leur avis, est montée sur scène avec eux. Ils ont demandé au public de leur envoyer de l’amour et même d’enlever leurs vêtements pour que ces derniers soient plus à l’aise. Finalement, ils ont joué Tout nu sur la plage ! Leur amour pour la ville de Québec se retrouve dans leur top 50, environ à la 22e place. Leur top 1 est bien sûr St-Bruno, parce que selon eux, les habitants font pitié !

Les Trois Accords ont interprété plusieurs de leurs grands succès ce soir-là enchainé avec plusieurs chansons de leur dernier album et de J’aime ta grand-mère. On a eu droit à Lucille, Grand Champion, Tout nu sur la plage, St-Bruno et Bamboula, entre autres.

Superbe belle interprétation de la chanson Saskatchewan en version acoustique a capella. Les membres du groupe ont quitté la scène pour se rejoindre sur la mezzanine. Doux moment où d’ailleurs le chant du public enterrait le chanteur.

Enfin, en rappel, ils ont repris le thème du début de spectacle en disant : Bonsoir Québec !

Spectacle plus que réussi pour Les Trois Accords.

Une supplémentaire est prévue le 12 novembre 2016 à l’Impérial Bell pour ceux qui les auraient manqués.

Première partie

El Mariachi Los Trovadores s’est chargé de réchauffer la foule avant la tête d’affiche de la soirée. Le groupe a complètement séduit le public en jouant des chansons classiques mexicaines. Les spectateurs ont pris plaisir à danser et à chanter avec les trois Mariachis.

 

[SPECTACLE] Colin Moore à la Shop du Trou du diable

C’est un Colin Moore tout sourire qui s’est présenté à la shop du Trou du diable le samedi 20 février en compagnie de « The Vetherans» soit Ryan Battistuzzi (Yesterday’s Ring) Vincent Peake (Groovy Aarvark/Grimskunk) et Skippy (Roadbones). Sa voix rauque rappelant les rockeurs des années 70 et 80 a tôt fait de charmer le public qui s’était déplacé en grand nombre à Shawinigan.

Sur album, les chansons de Colin Moore sonnent plutôt country-folk, mais lorsque l’on assiste à un spectacle tel que celui-ci, on a plutôt droit à quelque chose de rock. On peut deviner que la participation des trois musiciens y est pour beaucoup. Ce spectacle n’avait donc rien à voir avec celui qu’il avait présenté au Gambrinus le 10 novembre 2015 en version solo.  En contrepartie, Moore nous offre également des moments plus acoustiques où il s’accompagne seulement de sa guitare et de son harmonica.

Très généreux sur scène, Colin Moore a présenté autant des pièces de son dernier album Heart of the Storm, datant de 2012, que de celui pour lequel il travaille présentement. Il a également fait quelques morceaux de son premier opus Leaving Home parût en 2010 sous l’étiquette Indica Records. Le public a donc été servi et a eu droit à un spectacle très long qui lui a permis de découvrir l’étendue du talent du jeune Montréalais.

Photos: Adrien Le Toux

 

 

 

[SPECTACLE] Michael Sea (+ Pomme), 21/11/2015, Vieux Bureau de poste (Lévis)

Photos : Jacques Boivin / Texte : Jacques Boivin et Marie-Laure Tremblay

Ça n’arrive pas souvent, mais samedi dernier, je suis sorti avec madame et je l’ai emmenée voir Michael Sea et Pomme  au Vieux Bureau de poste situé dans le très chic coeur de Saint-Romuald, sur la rive sud de Québec.

21112015-211729-05-PommeLa première partie était assurée par la jeune Pomme, qui terminait sa tournée promotionnelle sur le nouveau continent en vue de promouvoir la sortie prochaine de son premier maxi intitulé En cavale. De belles chansons folk assumées, tout en douceur. Facile de faire des parallèles avec Julia Stone. Ma copine : « Seule avec sa guitare elle nous a proposé ses textes légers tirés du quotidien. Assez à l’aise sur scène pour interagir avec le public visiblement conquis, elle les a mis dans sa petite poche avec sa reprise de Dolly Parton. » Mets-en, chérie. Le coup de grâce, c’est avec Adieu d’une certaine Coeur de Pirate qu’elle l’a donné. C’était tellement cute de la voir nous dire, pleine de fierté, qu’elle avait fait sa première partie! On l’oublie parfois, mais madame Martin n’est pas populaire qu’au Québec! Après J’suis pas dupe, son premier extrait, Pomme a quitté la scène avec la satisfaction du devoir accompli. Espérons que cette première prestation dans le 83 aura une suite… très bientôt!

21112015-222232-24-Michael SeaAprès un court entracte, Michael Sea a pris la relève avec une prestation spécialement concoctée pour l’occasion. Accompagné de son fidèle complice Martin Aubin et d’une petite nouvelle, Jessica Pruneau, Sea a offert un numéro acoustique où on aurait pu croire que le fan de Taylor Swift croisé avec celui d’Ed Sheeran s’est retrouvé sur la scène d’un bar chansonnier. Ma copine : « De l’énergie à revendre, des paroles joyeuses, de la bonhomie, Michael est sympathique même si un peu brouillon entre les chansons. » Ah, come on, c’était un spectacle spécial! Mais bon, c’est vrai qu’avec Michael, on s’amuse, on ne se prend surtout pas au sérieux, et on ne s’attend surtout pas à un spectacle prévisible! « On a même eu droit à un classique tout en rouge, vert et… blanc. » (Ben oui, pour White Christmas un mois à l’avance!) « Ses succès se sont enchaînés avec quelques reprises au travers, mais on sentait qu’il aurait eu besoin d’un peu plus d’espace et de faire valser les chaises pour communiquer son énergie à la foule qui était déjà prête à le suivre dans ses nouvelles péripéties. » (La première fois que j’ai vu Michael, on était tous debout pis on dansait. Pis c’était le fun!) « Sea a cédé sa place à son accompagnatrice Jessica Pruneau pour lui permettre d’interpréter quelques-unes de ses compositions toutes douces, avant de revenir tourmenter sa guitare pour le plus grand plaisir des spectateurs. » Tu vois Michael? Ma blonde, qui est difficile à l’os, a bien aimé sa soirée! 🙂

[ALBUM] Dave Rawlings Machine – «Nashville Obsolete»

J’ai longuement hésité avant de vous parler des deux formidables musiciens que sont Dave Rawlings et Gillian Welch. Parce que pour le faire, il faut inévitablement parler de musique country et que ce genre musical a un immense lot de détracteurs. Parmi ceux-ci, les blasés qui n’en peuvent plus d’en entendre parler (il est vrai que le country est un peu le « glutamate monosodique musical » du moment), les snobs qui sont persuadés qu’il faut venir de la campagne et/ou porter des franges pour apprécier et les épidermiques, qui semblent n’entendre que les trois mêmes accords, le ton geignard et les voix nasillardes. Rien de péjoratif ici: je suis moi-même blasée qu’on utilise le mot country comme rehausseur de goût pour tous les artistes qui utilisent une guitare acoustique, snob de musique pop et épidermique de jazz fusion, de prog et de pousseuses de notes qui font trop de fions. Je crois cependant que pour chaque genre musical (bon, peut-être pas pour le jazz fusion), il existe des artistes capables de transcender les clichés et de rejoindre à peu près n’importe qui. C’est le cas de Dave Rawlings et Gillian Welch.

Rawlings et Welch se sont rencontrés dans une prestigieuse école de musique de Boston au début des années 90. Elle était déjà reconnue pour sa voix riche et mélancolique et lui, pour son exceptionnel jeu de guitare, son Epiphone Olympic de 1935 et ses harmonies. Inspirée par les chansons traditionnelles country, folk, blues et bluegrass, leur écriture avait la particularité de donner aux thèmes chers à cette culture (l’errance, les grands espaces, les amours déçus) un son plus contemporain, son qui allait plus tard contribuer à définir le courant Americana que l’ont connaît aujourd’hui.

C’est alors qu’ils étaient en concert à Nashville qu’ils ont été remarqués par T-Bone Burnett, musicien et réalisateur de renom, qui leur a déniché un premier contrat de disque et qui a réalisé le magnifique album Revival en 1996 et Hell Among the Yearlings en 1998. Dans les années qui ont suivi la parution de ces deux albums, Welch contribue à la fabuleuse trame sonore du film qui me l’a fait découvrir: O’Brother Where Art Thou, des Frères Coen. Rawlings remplace ensuite Burnett et réalise les troisième et quatrième albums du duo: le mémorable Time (The revelator) en 2001 et Soul Journey en 2003. En 2004, il débute une collaboration avec Old Crow Medecine Show, d’abord à titre de réalisateur puis comme musicien – en studio et sur scène – et comme auteur-compositeur. En 2006, Rawlings, Welch et des amis musiciens commencent à se produire sous le nom Dave Rawlings Machine, avec cette fois Rawlings qui chante et Welch qui fait les harmonies. Après un premier album paru en 2009, « la Machine » revient en force cette année avec le très attendu Nashville Obsolete.

C’est peut-être à cause de cette pochette qui annonce un contenu plutôt sombre (on croirait la photo tirée d’un western à la Dead Man de Jim Jarmush), mais on est un d’abord un peu surpris par la lumière qui émane de la première pièce, The Weekend. Le timbre un peu rauque de Rawlings, les guitares, la douceur des harmonies de Welch et les cordes (qui viennent graduellement et délicatement appuyer l’ensemble juste avant le premier refrain) font en sorte qu’on se sent immédiatement à la maison, dans un son très chaleureux et familier qui nous rappelle un peu Dylan, mais surtout Neil Young et son Harvest Moon, pedal steel et harmonica en moins. Exit les trois accords monotones, le ton geignard et les timbres de voix qui grafignent les épidermiques : quand Dave Rawlings et Gillian Welch font de la musique, tout n’est que beauté. Ce nouvel album le confirmera tout au long des sept pièces sur lesquelles on se laissera planer avec bonheur, particulièrement The Trip, magnifique chanson-fleuve de onze minutes et Pilgrim (You Can’t Go Home), qui se fout également du format radio avec ses huit minutes de frissons.

Entourés de Paul Kowert des Punch Brothers à la contrebasse, de Willie Watson des Old Crow Medecine Show à la guitare, de Brittany Haas au violon et de Jordan Tice à la mandoline, nos deux comparses (qui recevaient la semaine dernière le Lifetime Achievement Award for Songwriting de l’Americana Music Association pour leurs vingt ans de collaboration) nous ont préparé un autre sans-faute, reprenant là où ils nous avaient laissés avec A friend of a friend en 2009.  Reste à espérer qu’on les entendra sur scène dans les prochains mois. Tous ceux et celles qui, comme moi, ont eu la chance d’être au National en 2011, lors de leur seul passage en sol québécois, ne se sont pas encore remis de leurs émotions et attendent désespérément leur retour.

*Au moment de publier cet article, Acony Records n’avait pas fourni d’extrait de l’album Nashville Obsolete (qui est sorti le 18 septembre).  Pour vous donner une petite idée du son, je vous en ai choisi un de l’album précédent.

**Et juste pour le plaisir, cette étonnante reprise de Led Zeppelin, avec John Paul Jones à la mandoline!

[ALBUM] Katie Moore – «Fooled By The Fun»

Katie Moore - Fooled By The Fun (Club Roll)
Katie Moore – Fooled By The Fun (Club Roll)

Ce n’est pas si simple de choisir les mots justes pour décrire ce qu’on entend, ce qu’on ressent quand on écoute de la musique, tout en donnant au lecteur le goût de tendre l’oreille. D’habitude, pour se réconforter, on se cherche des points d’ancrage. Ça ressemble à qui? À quoi? Ça fait partie de quel courant musical? Pour comprendre, on a besoin de comparer, d’avoir des repères. Or, ce que j’espérais pour cette première « critique de disque », c’est faire le contraire. Oublier ces vieux réflexes. Et  j’ai trouvé, dans l’univers de l’auteure-compositrice-interprète montréalaise Katie Moore, exactement ce qu’il me fallait pour ça.

C’est par un beau et tranquille dimanche d’août que j’ai écouté Fooled By The Fun, son troisième album. Dès les premières notes de la pièce Leaving, on se retrouve chez elle, avec ses proches. Ce qu’on entend est si intime et libre qu’on oublie de chercher ailleurs quelque parenté musicale qui soit. Sa voix magnifique nous touche comme un vent chaud d’été caresse la peau. Paix, douceur, fragilité et simplicité.  Et on se sent tellement bien qu’on n’a qu’à fermer les yeux pour s’imaginer à Hudson, dans la maison de ses parents, là où elle a enregistré une partie des chansons de ce nouveau disque. «Tellement bien qu’on s’sent mal un p’tit brin», comme dirait Richard Desjardins.

Musicalement, la présence de complices de longue date n’est sûrement pas étrangère à ce sentiment de confort et de quiétude. Composée de talentueux musiciens montréalais – Warren C. Spicer (Plants and Animals, qui assure la réalisation de l’album), Andrew Horton (Notre Dame de Grass), Dave Payant (A Silver Mt Zion),  Mike O’Brien (Sin and Swoon), Josh Dolgin (Socalled), Simon Nakonechny, Patrice Agbouku (Islands), Jessica Moss (A Silver Mt Zion, qui a aussi conçu l’illustration de la pochette), Josh Zubot, Andrea Lauren, Angela Desveaux et Nic Basque (Plants and Animals) – la famille musicale de Katie Moore offre tout ce qu’il faut pour servir son timbre unique, ses mots pudiques et ses mélodies chatoyantes. Guitares acoustiques et électriques, violons, piano, Fender Rhodes, basse, batterie et riches harmonies vocales : tout arrive à point, au bon moment et avec une aisance telle qu’une ou deux prises ont suffi pour capturer ces beaux moments (à part les arrangements de cordes qui ont été ajoutés en studio).

C’est donc avec la même grâce que s’enchaînent les autres chansons de Moore (gros coup de cœur pour la pièce-titre et Talked All Night) et les judicieuses reprises de Tracy Chapman (émouvante Baby can I hold you) et de Françoise Hardy (Tu ressembles à tous ceux qui ont eu du chagrin, en duo avec Ariane Moffatt, toute en délicatesse). Cet album est certainement un des joyaux de la rentrée!

  • Katie a remporté le prix GAMIQ du « meilleur album country-folk » pour Montebello, paru en 2011, et le Prix de la chanson de la SOCAN pour le titre Wake Up Like This.
  • L’album Fooled By The Fun (Club Roll) sera disponible dès le 28 août.
  • Spectacle-lancement à Montréal, le 27 août, au Rialto.
  • Elle sera également en spectacle à Québec, le 8 octobre prochain, à l’Anti.