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[FESTIVALS] 8e Coup de grâce musical de Saint-Prime

Photos : Jacques Boivin

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La grange

On avait eu tout un coup de coeur l’année dernière au Coup de grâce musical de Saint-Prime. Faut dire que la réputation du petit festival jeannois qui termine en beauté la saison avait suscité de grandes attentes… qui ont été comblées et plus encore! On a décidé de remettre ça cette année avec une équipe bonifiée. Rien d’étonnant quand on jette un coup d’oeil à la programmation : Mononc’ SergeBernard AdamusLes DeuxluxesLes Hôtesses d’HilaireLisa LeBlancFred FortinYann Perreau et plusieurs autres étaient au rendez-vous.

Voici donc notre compte rendu d’une maudite belle fin de semaine.

Vendredi 7 octobre (Valérie Vinet)

Les préparatifs vont bon train au bar...
Les préparatifs vont bon train au bar…

Le festival Coup de grâce de Saint-Prime porte bien son nom. Bien que la soirée ait été encore jeune, on sentait que ce n’était qu’une question de temps avant que la plupart des festivaliers ne plonge dans une débauche d’alcool, quitte à subir un réveil pénible le jour suivant. La scène principale se situait toujours dans cette vieille grange qui fait la renommée du festival. Pour l’occasion, elle s’était mise sur son 31 grâce aux éclairages qui lui donnaient une apparence glamour. À l’intérieur, les lumières suspendues au plafond diffusaient une ambiance chaleureuse pour les centaines de personnes venues assister aux spectacles. D’ailleurs, la foule hétéroclite composée de jeunes et moins jeunes, de citadins et de ruraux, a su nous faire vivre des moments d’anthologie qui nous ont permis de recueillir des anecdotes de brosse croustillantes. Bonne lecture!

Bottleneck Jay

Bottleneck Jay
Bottleneck Jay

Bottleneck Jay, un «one man band» de Montréal, a donné le coup d’envoi au festival. On s’attendait à entendre du blues un peu crasseux, mais c’est plutôt à un spectacle punk aux accents blues du Delta auquel on a eu droit. Dans la lignée des Ramones, le rythme minimaliste, lourd et rapide faisait définitivement hocher la tête. La voix acerbe de Jérémi Dallaire qui crachait des paroles mal articulées, mêlée au son de sa guitare Dobro servaient un résultat étonnant de punk-rock-blues-Mississippien. Ce premier fragment de spectacle s’est terminé sur la chanson Limoilou pour le bonheur des gens de Québec. Pièce déjantée de 55 secondes inspirée d’une mésaventure dans les rues du quartier de plus en plus gentrifié. Somme toute, Bottleneck Jay a du chien et a mis la table pour la dépravation des moeurs qui teintera la première soirée du festival.

Mononc’Serge

Mononc' Serge
Mononc’ Serge

La grange n’avait pas encore atteint sa pleine capacité, tout était relativement sous contrôle et l’on pouvait encore circuler sans trop recevoir des coups de coudes dans les seins. Or, le temps de me rendre au bar au fond de la grange et de m’acheter une Molson Ex, la fébrilité avait déjà montée d’un cran et l’exercice de me frayer un chemin vers mon spot original devenait ardu. De jeunes gens visiblement intoxiquées se sont agglutinées devant la scène et attendaient Mononc’Serge.

Peter Paul
Peter Paul

C’est en formule trio que Mononc’Serge est monté sur scène, Peter Paul à la guitare et Ugo Di Vito à la batterie. En guise de préambule, le frontman, avec une pointe d’amertume, a rappelé aux gens du Lac qu’ils avaient fait rentrer Philippe Couillard aux dernières élections. Le ton était alors donné, on entrait en mode défoulatoire. Le trio a joué plusieurs pièces tirées du dernier album, Mononc’Serge 2015 telles que Charlie Hebdo, Hostie de bonne smoke,l’Ayatolla Couillard et la chanson à répondre Coupe Couillard que les gens chantaient avec fougue. Les chansons étaient entrecoupées de monologues savoureux et dénonciateurs de Serge Robert qui ne semble pas vieillir, comme un Benjamin Button qui serait figé dans le temps. Par ailleurs, la foule s’agitait un peu plus au fur et à mesure que les chansons se succédaient, faisant fuir les Boomers vers le fond de la salle pour laisser la place à la jeunesse qui souhaitait se rentrer dedans. Quelques classiques ont mis le feu au poudre comme Anne, le Joual et l’ultime Marijuana qui a vite fait dégénérer la patente. Le mosh pitétait violent.  En terminant,  props à Mononc’Serge qui a remis une jeune blonde écervelée qui montait sur scène pour lui faire des demandes spéciales « Hey criss! Tu vois pas que j’parle! ».

Après quelques bières, le besoin de visiter les installations sanitaires s’est fait sentir. Une file longue comme le bras m’a complètement démotivée jusqu’à ce qu’une femme m’apostrophe : « Inquiète-toi pas, on est toutes des filles du Lac icitte, ça prendra pas de temps, tu vas voir». Ok! Je ne savais pas ce que cela signifiait, mais ça m’a toutefois rassurée. D’ailleurs, les veuves de chasse présentes étaient sur le gros high et je vous assure qu’elles savent faire le party autant que les hommes…

Bernard Adamus

Bernard Adamus
Bernard Adamus

Impossible de retourner à l’intérieur de la grange. Il aura fallu que je prenne mon mal en patience quelques minutes et que j’écoute les premières chansons du spectacle de Bernard Adamus de l’extérieur. Une fois rentrée, c’était le festival des coups de coude, de la bière renversée et des moments de panique pour une personne agoraphobe comme moi. J’ai tout de même réussi, de peine et de misère, à accéder à la section VIP où je pouvais enfin apprécier le spectacle confortablement assise, Jameson à la main.

Bernard Adamus
Bernard Adamus

C’est un Bernard en forme et convaincant auquel on a eu droit. Full band, les musiciens ont su être intenses jusqu’à la fin. Le dernier album Sorel Soviet So What était sous le spotlight au début du concert avec les interprétations de Hola les lolos, le Blues à GG et la Part du diable. Enchaînant les chansons les unes après les autres, sans vraiment interagir avec le public, Adamus a, en revanche, offert une prestation généreuse et bien sentie. C’est toutefois lorsque le colosse a revisité les chansons de ses albums précédents que la foule est entrée en communion. Le refrain de Brun (la couleur de l’amour) que les gens s’époumonaient à chanter a suscité chez moi quelques frissons. Le chanteur a sûrement éprouvé la même chose puisqu’il s’est exclamé : « Saint-Prime Câlisse! ». Le clou du spectacle, un des moments les plus forts du festival a été, selon moi, la reprise de Faire des enfants de Jean Leloup. Les musiciens en transe, les crescendos et les gens qui chantent à l’unisson: « Attends un peu avant d’me dire que tu voudrais des petits bébés. Les gens aiment bien quand ça fait mal, mais y a pas de mal à se faire du bien ». Moment unique dans un décor rustique. On sentait nos racines pousser.

Yonatan Gat

Au menu de l'Hôtel St-Prime...
Au menu de l’Hôtel St-Prime…

Je passe derrière la grange pour me rendre à l’Hôtel Saint-Prime, un petit bar comparable à celui du Dauphin à Québec, pour assister à la prestation de Yonatan Gat. Déjà, on était entouré de citadins lookés qui détonnaient du staff. Il y avait un bar à shooter dans le coin, j’ai décidé de me gâter et deux jeunes garçons très sympathiques m’ont accompagnée. Il n’y a pas à dire, les gens du Lac sont hyper gentils et accueillants. Je prends une dernière bière après avoir discuté avec «Maman», la propriétaire de l’endroit qui m’a bien fait comprendre que le Lac n’est pas le Saguenay. Je m’installe à droite de la batterie et j’attends que le show commence. Du coin de l’œil, je vois une femme dans la vingtaine qui me zyeute de manière inquiétante. Je l’ignore. Je pense qu’elle me drague. Son regard devenait de plus en plus insistant quand je me suis rendu compte qu’elle m’exposait sa main ensanglantée, le sourire aux lèvres, elles aussi blessées. J’ai paniqué et j’ai changé de place. On niaise pas au Lac. Quand on fait la fête, on n’épargne rien ni personne.

Yonatan Gat
Yonatan Gat

Le New-Yorkais d’adoption et ses acolytes semblaient un peu étranges dans un décor aussi modeste que l’Hotel Saint-Prime. Comme un feu de camp, au centre du bar,  le trio constituéde Sergio Sayeg à la basse Precision 1972, de Yonantan Gat à la guitare et du batteur Gal Lazer qui a le coup de baguette aussi rapide que le battement d’aile d’un oiseau mouche, était encerclé de festivaliers. Éclairés par des lampes qu’ils actionnaient eux-mêmes, le groupe a su nous donner une tasse de rock psychédélique qui nous a cloués au plancher. Petit potin: même les membres des Hôtesses d’Hilaire étaient captivés par la performance vigoureuse des musiciens. Longues pièces musicales, son distillé et le rythme mathématique et animal à la fois, la musique de Yonatan Gat intrigue. Excellente fin à une soirée assommante.

Le photographe a aussi vu les toujours excellents Marinellis. Vous pouvez voir quelques photos à la fin de l’article.

Samedi 8 octobre (Valérie Vinet + Jacques Boivin)

Tantôt, ça va être plein. Vraiment plein.
Tantôt, ça va être plein. Vraiment plein.

On savait que cette deuxième soirée allait être un brin folle : les billets étaient déjà tous vendus depuis quelques jours, le temps était beaucoup moins clément que la veille et trois des meilleurs artistes/groupes d’ici (et d’Acadie), dont deux vrais chouchous d’ecoutedonc.ca, allaient monter sur scène et nous faire vibrer.

Les Deuxluxes

Les Deuxluxes
Les Deuxluxes

La foule avait changé de mine; on y retrouvait surtout de jeunes trentenaires et la vibe était moins survoltée. Je me suis précipitée devant la scène, car je ne voulais pas manquer le duo Les Deuxluxes pour lequel j’ai un béguin depuis la première écoute de leur album Springtime Devil. Anna Frances Meyer est une vraie bête sur la scène musicale québécoise actuelle et son attitude badass la rend invincible sur les planches.

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Les Deuxluxes

Glamour et sexy à souhait, Etienne et Anna ont foulé les planches avec attitude. Le kit incroyable de la chanteuse et le veston rouge à paillette du multi-instrumentiste confirmaient qu’on allait en manger une sincère. Le concert ouvre avec Queen of them all, peut-être la façon d’Anna de proclamer qu’elle était la reine de la soirée. Par ailleurs, ceux qui ont suivi le groupe cet été savent que les Deuxluxes se sont produits énormément. La voix de la chanteuse était toutefois impeccable et assez puissante pour s’attaquer à Springtime Devil, Tobacco Vanilla et l’excellente pièce Bomb of Time avec force. Le son garage et le rock vintage  était une très bonne introduction aux Hôtesses d’Hilaire qui suivaient. (VV)

Les Hôtesses d’Hilaire

Les Hôtesses d'Hilaire
Les Hôtesses d’Hilaire

La question que se posait le photographe : Quelle robe allait porter Serge Brideau? On rit, mais c’est important, surtout quand on voit les Hôtesses aussi souvent que nous! Je veux dire… on a vu Serge en soutane, en robe de chambre bleue à fleurs, en robe moulante rose/blanche, en robe moulante à paillettes violettes, en costume de génie, en petit kit blanc pur en dentelle… vous voyez, la question se pose!

Les Hôtesses d'Hilaire
Les Hôtesses d’Hilaire

C’est donc dans cette robe noire (qu’il avait achetée avec nos amis de sorstu.ca) que Serge fait son entrée sur scène, accompagné du meilleur band rock que l’Acadie compte présentement. La prestation, axée principalement sur le dernier album du groupe, est électrisante. Léandre, Mico, Michel et Maxence sont aussi parfaits que d’habitude pendant que Serge s’amuse à faire capoter ceux qui ne l’avaient jamais vu auparavant. Faut dire que les Bleuets, ça aime ça, les personnalités fortes!

Les Hôtesses d'Hilaire
Les Hôtesses d’Hilaire

N’empêche que c’était pendant les parties instrumentales des chansons (je pense à l’interprétation magistrale de MDMA, ici) qu’on a entendu les mâchoires de nos voisins toucher le sol. Ne vous inquiétez pas, on connait le feeling, on est passé par là à quelques reprises. Encore une fois, la troupe de valeureux Acadiens a conquis le public québécois. C’est arrivé assez souvent dans la dernière année. Peut-être qu’on pourrait annexer le Québec à Tracadie pis Caraquet… question d’avoir la chance d’être de fidèles sujets d’Hilaire!

Ah, on oubliait presque! Au cours de cette prestation mémorable, Serge a réalisé un fantasme (le sien ou le mien, je ne sais plus trop) en invitant Lisa LeBlanc et Anna Frances Meyer à chanter avec lui Fais faillite. Un trip a trois qui a fait bien des jaloux. (JB)

Lisa LeBlanc

Lisa LeBlanc
Lisa LeBlanc

Bon, on va pouvoir se reprendre pour le coït interrompu de La grosse lanterne! Et Lisa ne perd pas de temps… elle lance doucement Voodoo Woman qui, on le sait, se termine avec une grande intensité, ce qui est parfait pour nous balancer J’pas un cowboy et Cerveau ramolli en pleine figure. La table était mise, ce show serait fluent dans les deux langues.

Lisa LeBlanc
Lisa LeBlanc

Lisa s’est promenée joyeusement dans son répertoire (son premier album, son EP et son excellent Why You Wanna Leave, Runaway Queen?), nous laissant à peine le temps de prendre notre souffle entre les chansons. Les acclamations du public se font à plein volume, ça danse, ça chante, ça sautille de partout. Y’a du cheveu en l’air dans la grange, les amis!

On s’y attendait, vu qu’on l’a déjà vue collaborer avec elle à un spectacle précédent, mais c’était quand même agréable de voir monter Anna Frances pour chanter I Love You I Don’t Love You I Don’t Know avec Lisa, un beau moment. On a aussi fort apprécié l’énergie déployée pendant sa tonitruante reprise d’Ace of Spades. Paraît que Lemmy tapait joyeusement du pied en enfer. On a quitté lentement pendant le rappel, pendant que Lisa chantait une chanson de circonstance : Y fait chaud. (JB)

Dimanche 9 octobre (Olivier P.-St-Pierre)

Gabriel Bouchard

Gabriel Bouchard
Gabriel Bouchard

La grange était pas mal pleine lorsque Gabriel Bouchard et son band ont entamé leur premiers accords. J’ai été agréablement surpris de l’énergie et du son à tout casser de la formation musicale. Mon seul bémol concerne, peut-être, les paroles un peu redondantes et l’attitude quelque peu timide du jeune chanteur. Bref, rien que le temps ne saurait arranger. Gabriel Bouchard aura certainement fait monter la température de la grange de quelques degrés, de quoi nous mettre bien à l’aise pour la suite de la soirée.

Fred Fortin

Fred Fortin
Fred Fortin

Sans tambour ni trompette, on nous annonce que la soirée se poursuit, non pas, comme prévu, avec Yann Perreau, mais bien avec Fred Fortin ! Noël avant le temps, comme disait l’autre !

L’orchestre de Fortin, composée pour l’événement de son fidèle acolyte Olivier Langevin, de Jocelyn Tellier, François Lafontaine et Samuel Joly, a débuté ce qui allait être, à mon avis, la meilleure prestation musicale de l’année (quoique, après coup, je crois avoir préféré le show de samedi dernier à l’Impérial, même si la grange n’avait rien à envier au vieux théâtre !), avec une ‘Oiseau’ jouée à la perfection. S’en est suivi une bonne heure et demie d’un gros trip de musiciens s’en donnant à coeur joie.

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Fred Fortin

Fortin a débité un répertoire allant de Planter le décor à son petit dernier, Ultramarr, nous faisant cadeau de classiques aussi excellents que Plastrer la lune, Madame Rose, Scotch, Chateaubriand et la magnifique Mélane jouée en duo avec Olivier Langevin. Le choix des pièces était parfait. Les quelques emprunts faits aux albums précédents s’harmonisaient délicieusement avec le côté plus psychédélique du petit dernier et l’espace que laisse chacune des pièces à l’improvisation permettait à chaque musicien de montrer ce qu’il avait dans le ventre : avec Tellier, Langevin et Lafontaine sur scène, pas la peine de dire qu’on en a eu plein les oreilles.

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Fred Fortin

Alors qu’on croyait, ayant entendu les pédales de fuzz s’allumer, que la soirée se finirait sur la cinglante Grandes Jambes, la troupe fortinesque nous a garoché en pleine face la très puissante et attitudesque Vénus, première track du dernier Gros Mené, de quoi faire s’effondrer le toit de la grange. Une maudite belle surprise !

Un show qui aura montré toute la qualité, la maturité et l’humilité d’un grand artiste qui, sans l’ombre d’un doute, sait s’entourer, sur une scène, des bonnes personnes ! (OPSP)

Yann Perreau

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Yann Perreau

La fatigue aidant, nous ne sommes pas restés très longtemps au show de Yann Perreau. Pas qu’on l’aime pas, bien au contraire, il nous a encore montré en quelque chose comme six tounes qu’il était toute une bête de scène, mais la fatigue accumulée a eu raison de nous. On en a quand même assez vu pour voir un Perreau un peu différent des dernières fois. Il était émotif, notre ami Yann, en cette veille de l’Action de grâces. On l’a même trouvé un peu plus doux que d’habitude! Ça ne l’a pas empêché de sortir les bombes de son Fantastique des astres… On a entendu J’aime les oiseaux de notre gîte, à quelque 10 minutes de la grange. Comme quoi personne ne dort à Saint-Prime!

Conclusion

John Brothers Company
John Brothers Company

Trois soirées à guichets fermés dans la grange, des afters couronnés de succès à l’Hôtel et au Vieux couvent, cette édition 2016 du Coup de grâce musical de Saint-Prime était un succès sur toute la ligne et aura laissé chez nous quelques souvenirs indélébiles. On ne le dira jamais assez, mais on aime beaucoup ce genre de festivals créés pour le public. On peut dire que cette année, le Coup de grâce a atteint de belles limites et va devoir réfléchir à la manière d’accueillir un plus grand nombre de festivaliers. Parce que plus ça va, plus on en parle un peu partout. On parle bien sûr de la musique, mais on n’oublie jamais de parler des gens du Lac, qu’on adore de tout notre coeur. Certains d’entre nous ont même fondé des familles avec des Bleuets!

Si vous avez une auto, Saint-Prime n’est qu’à quelques minutes d’un paquet de lieux touristiques que vous pourrez visiter pendant la journée! Et si, comme nous, vous êtes pris à voyager en autocar, dites-vous qu’il n’y a rien là et que la seule observation des oies blanches (nombreuses en cette période migratoire) vaut le déplacement!

Chapeau à l’organisation du Coup de Grâce et aux gens de Saint-Prime, parmi les plus accueillants qui soient! À l’année prochaine!

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[FESTIVAL] Ce coup de grâce qui nous achève…

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Photos : Jacques Boivin (sauf mention contraire)

Photo : Le coup de grâce musical
Photo : Le coup de grâce musical

Ça fait quelques années que je souhaite aller au Coup de grâce musical de Saint-Prime. Le petit festival du Lac-Saint-Jean fait de plus en plus parler de lui, et ce, pour les bonnes raisons : des lieux inusités (une grange, batèche, UNE GRANGE!), des artistes et des groupes au sommet de leur art et un public enthousiaste, mais respectueux. C’est la fête dans le petit village jeannois situé entre Saint-Félicien et Roberval sans pour autant tomber dans la grandeur d’un FME. De toute façon, en octobre, « se réchauffer » prend une toute autre signification.

Après une attente qui nous a paru interminable (et inquiétante, on doit le dire), on a annoncé la septième édition du Coup de grâce musical quelques semaines seulement avant l’événement. On s’était inquiétés pour rien : la programmation était solide : Galaxie, Mara Tremblay, Betty Bonifassi, Sandveiss, Les Deuxluxes, Ponctuation et bien d’autres faisaient partie du programme. La décision a été facile à prendre : votre humble serviteur allait passer une bonne partie de ce long week-end à Saint-Prime (et dormir à l’Auberge Maison Robertson de Mashteuiatsh, qu’il connaît bien pour y avoir passé plusieurs jours de l’An!).

09102015-203522-04-Prieur & LandryJ’ai été chanceux, malgré la neige dans le Parc, je suis arrivé juste à temps pour voir la mythique grange (dont on m’a tant parlé), dont l’extérieur a été éclairé avec goût. C’est à l’intérieur, quand j’ai vu la scène, que j’ai vraiment compris qu’il se passait quelque chose de spécial là.

Sachant que la soirée allait être passablement rock, j’ai mis mes bouchons (une première) et je me suis préparé.

À 20 h 30, arrivent Gab Prieur et Eliot Landry. Après même pas cinq secondes, mes bouchons constituent mon meilleur investissement à vie. Dans la grange, le son est FORT. TRÈS fort. Et Prieur&Landry jouent FORT. Quelque part entre le grunge, le stoner et le blues. Prieur a la guitare bien lourde et bien grasse. Landry caresse furieusement sa batterie. Prieur chante un peu comme si on avait mis Ozzy à la tête d’un groupe grunge du début des années 1990. La grange se remplit lentement, mais sûrement. On s’approche de la scène en hochant rageusement de la tête. L’album vient à peine d’atteindre les tablettes des magasins, alors on était pas mal tous en mode découverte dans la salle. J’aime faire mes découvertes en même temps que tout le monde. Pendant que Prieur caresse le manche de sa six-cordes en se laissant aller les cordes vocales au micro et que Landry masse les peaux de ses tambours à coups de baguettes rageuses, j’échange des regards approbateurs avec mes voisins, qui sont tout aussi impressionnés que moi par le nombre de gars sur la scène. Prieur et Landry occupent la scène et attirent toute l’attention, à un point tel qu’on finit par oublier qu’ils ne sont que deux.

09102015-212908-19-SandveissIls sont suivis par les gars de Sandveiss. J’avais vu le groupe au Festival d’été de Québec et j’avais bien aimé ce que j’avais vu, même si je trouvais donc Luc Bourgeois et sa bande loin du public. Avec le groupe de Québec, on nage encore dans le gros rock lourd, propice au headbanging le poing levé. Scream Queen est un bon disque et les chansons prennent vraiment leur envol live. Bourgeois et Sean Price s’échangent les riffs pendant que Dzeman Trtak et Daniel Girard s’occupent de la rythmique. Bourgeois est particulièrement en voix et chante avec vigueur et assurance. Encore une fois, le public dans la grange, qui se réchauffe de plus en plus, est ravi. J’enlève mes bouchons une fraction de seconde pour voir s’il y a de l’ambiance. Je les remets aussitôt : Les gars de Sandveiss aiment ça quand c’est FORT eux aussi. Vraiment, je suis satisfait. Des bouchons et de la prestation. On n’a pas vu le temps filer!

09102015-224749-37-GalaxieAprès une pause pendant laquelle la grange a fini de se remplir, Olivier Langevin et sa bande entrent en scène. Pour Galaxie, c’est un show à la maison, presque un party de famille. Pas une seconde à perdre, Zulu précède Dragon qui précède elle-même Camouflar. Si vous avez vu Galaxie une fois cette année, vous connaissez le programme, il ne change pas énormément. C’est ainsi qu’après avoir pris mes photos, je suis allé rejoindre les gars du Festif! de Baie-Saint-Paul et j’ai assisté au spectacle en observant la foule. Galaxie était particulièrement en forme, ça se voyait dans l’enthousiasme des membres du groupe qui s’échangeaient les sourires complices. Fred Fortin semblait connaître tout le monde dans la salle (c’était probablement le cas). Frank Lafontaine trippait derrières ses claviers, Pierre Fortin, Jonathan Bigras et Karine Pion tapaient ou hochaient tout ce qui leur passait par la main (et Pion s’occupait d’adoucir de sa douce voix le rock apocalyptique de Langevin). Pendant ce temps, la foule, qui avait laissé aux photographes le temps de faire leur travail (merci, les amis, je l’apprécie), prenait d’assaut le devant de la scène pour former lentement, mais sûrement, un moshpit enthousiaste (mais bien poli) où tout le monde se rentrait dedans joyeusement. Ce n’était pas l’endroit idéal pour boire une bière tranquille, mais pour faire la fête, par contre… Je revois Galaxie à l’Impérial Bell en novembre. Cette fois, quelqu’un d’autre va s’occuper des photos. Si vous me cherchez, je vais être avec les autres là où ça brasse. Ça a l’air le fun.

10102015-002027-47-PonctuationNotre vendredi soir s’est terminé avec le spectacle de Ponctuation à l’Hôtel Saint-Prime. Mon été 2015 a été une histoire de rendez-vous manqués avec le groupe des frères Chiasson et tous mes camarades m’ont dit qu’ils avaient bien aimé l’énergie du duo (devenu trio avec l’ajout de Laurence Gauthier-Brown à la basse et aux claviers). Pas question de les rater une autre fois avant leur départ pour l’Europe! C’est donc dans un bar de village carburant aux produits Labatt et Molson les plus populaires que j’ai vu le groupe de garage rock psychédélique pour la première fois. Je n’étais pas le seul à vivre une première : la foule a pris quelques minutes avant de se dégêner, le temps de comprendre que Guillaume, Maxime et Laurence étaient sérieux et de danser au son des Mon corps est une planète et autres pièces de La réalité nous suffit. Le groupe a quand même pris le temps d’aller piger une ou deux chansons dans 27 Club, premier long-jeu des frères Chiasson. Plus le spectacle avançait, plus le monde oubliait ses problèmes, plus on se sentait ailleurs. Quand même pas mal quand on est déjà si loin de la maison! Du gros fun mené par un band qui a mis une touche finale énergique à une soirée endiablée.

Ce qui est agréable au Coup de grâce, c’est que tu ne passes pas ta fin de semaine à faire des choix déchirants. La plupart du temps, les spectacles sont présentés sans opposition, sauf le samedi soir : on avait le choix entre Les Fuses, Poni et Duchess Says à la grange ou Les Revenants et Mara Tremblay au Vieux Couvent. De l’inconnu dans une salle déjà visitée (non, j’ai pas encore vu Duchess Says, oui, je sais, c’est scandaleux) ou un nouveau lieu avec au moins un nom qu’on adore. J’ai opté pour la deuxième option. Je ne l’ai vraiment pas regretté.

10102015-210802-60-Les RevenantsLe Vieux Couvent, c’est exactement le genre de salle que j’adore. Petite. Intime. Chaleureuse. Même la chaise la plus éloignée se trouve tout près de la scène. En plein le lieu où tu vas pour voir ET ENTENDRE le spectacle. Ah, pis enfin, on a pu boire de la bonne bière de La Chouape (de Saint-Félicien). Le genre de bière qui se déguste lentement en écoutant le western rock and roll psychédélique des Revenants. Comme Prieur&Landry la veille, la formation montréalaise venait tout juste de lancer son nouvel album, Épouvantails, qui tourne en boucle depuis le spectacle. Du nouveau matériel pour un nouveau public venu principalement pour Mara, mais qui écoutait religieusement la formation menée par Jimmy Beaudoin et applaudissaient de plus en plus fort une fois les chansons fuzzées bien entrées dans notre système. Comment ne pas apprécier une chanson intitulée Rien ne saigne comme un pouce? On a aussi pu entendre des morceaux du premier album, Bêtes lumineuses, très country-rock! Gros coup de coeur pour ces gars qui ont ajouté un peu de beauté et de sensibilité à la fin de semaine.

10102015-223157-01-Mara TremblayParlant de beauté et de sensibilité, un sourire s’est accroché sur mon visage dès les premières notes de Les dentelles du cygne de Mara Tremblay, qui a offert une fois de plus une prestation entraînante, enjouée, pleine de nouvelles et de vieilles chansons, faisant la part belle à la plupart de ses albums et partageant avec le public le bonheur de jouer ensemble. Faut voir Mara et Sunny Duval, son amoureux, s’échanger les regards tendres et complices. Faut voir fiston Victor Tremblay-Desrosiers taper de la batterie avec un entrain contagieux, le visage archi-expressif. Victoria Lord et Marie-Anne Arsenault prennent également une belle place dans ce groupe d’amants de la musique. Pas de chichis, pas de flaflas, que de belles chansons et beaucoup de changements d’instruments, parce que Mara s’amuse autant à la guitare, au violon, à la mandoline qu’au keytar!

Malheureusement, il manquait un petit quelque chose à cette prestation magique : ma blonde. Tant d’amour qui sort de scène, ça se prend beaucoup mieux à deux. On va pouvoir se reprendre cet hiver quand Mara viendra présenter son spectacle en formule trio au Cercle le 26 février 2016.

11102015-003202-94-Pour finir ce samedi soir, qui de mieux qu’un bon vieux traitement Deuxluxes? Comment résister à une heure en compagnie d’Étienne Barry et Anna Frances Meyer? Il semble qu’on a été nombreux à se dire la même chose parce que l’Hôtel Saint-Prime était encore plus rempli que la veille! Nos deux virtuoses ont été accueillis comme les rock stars qu’ils sont. S’ils avaient écouté prudemment Ponctuation la veille avant de faire la fête, cette fois, aucune hésitation. Faut dire que lorsqu’Étienne et Anna Frances revêtent leurs uniformes de stars, y’a pas grand monde qui peut leur dire non. Étienne impressionne par son jeu de mains, de pieds et de cordes vocales pendant qu’Anna Frances nous hypnotise juste en ouvrant la bouche (le soul dans la voix, vous autres, le soul dans la voix!) et en nous regardant tous droit dans les yeux. Pas pour rien qu’on répondait au moindre de ses appels! On a tous répété après elle quand elle nous l’a demandé, on a tous dansé, chanté, crié, applaudi, on a même offert un drink au couple quand celui-ci a avoué avoir un peu soif!

C’est malheureusement là que mon Coup de grâce musical a pris fin. J’aurais aimé vous parler des magnifiques spectacles de Francis Faubert (paraît qu’il a impressionné avec ses compositions rock qui ne sont pas sans rappeler un certain… Fred Fortin), de Betty Bonifassi (ce fut un plaisir les deux premières fois que je l’ai vue, j’imagine qu’il faisait TRÈS chaud dans la grange) et de The Brooks (une belle surprise qui s’est ajoutée au programme et qui a fait danser tout Saint-Prime avec ses chansons funky). Mais bon, la vie de père m’appelait – et pour rien au monde j’aurais manqué la fête de fiston.

Alors, ce Coup de grâce? Si toutes les éditions sont comme cette septième présentation, je veux y retourner tous les ans. Pour les gens, tous affables. Pour les filles du Lac, toujours aussi belles. Pour ces lieux uniques où jouer de la musique. Pour ce respect de ce qui se passe sur scène. Pour les oies, qui avaient décidé de se joindre à la fête (elles aussi se sont fait donner le beat par le diable). Pour la poutine du Casse-O. Pour l’auberge Robertson. Pour retrouver des amis trippeux de musique d’un peu partout venus faire la fête une dernière fois avant de devoir se taper un hiver de spectacles en salle.

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Un « Coup de grâce musical » à la saison des festivals

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Depuis quelques années déjà, la saison des festivals se termine pour plusieurs dans un petit village du Lac Saint-Jean situé entre St-Félicien et Mashteuiatsh où quelques centaines de personnes se rassemblent dans une grange pour célébrer une dernière fois la grande messe du rock avant l’arrivée de la neige. Fondé par le promoteur Pierre Thibault et Noël Fortin (le père de Fred), le Coup de grâce musical revient cette année du 9 au 11 octobre pour une septième édition. La programmation a été annoncée il y a déjà quelques semaines, mais on va s’y attarder parce qu’elle en vaut la peine, surtout si vous n’avez pas couru tous les festivals de l’été.

Galaxie - Photo : Jacques Boivin
Galaxie – Photo : Jacques Boivin

Le vendredi, La Grange célèbrera le stoner rock en accueillant Prieur & Landry, Sandveiss et Galaxie. Une soirée qui va brasser. En fin de soirée, c’est le garage psychédélique de Ponctuation qui sera à l’honneur à l’hôtel Saint-Prime.

Samedi, le vague de rock continue avec Les FusesPoni et Duchess Says dans La Grange. Au Vieux Couvent, on pourra voir Les Revenants et Mara Tremblay. Pour finir la soirée, on aura droit à un traitement spécial à l’hôtel St-Prime : un traitement Deuxluxes.

Le dimanche, on pourra voir Francis Faubert et Betty Bonifassi, qui achèvera le public de la grange avec son énergie unique.

Fait à noter, il n’y a pas de laissez-passer cette année, misant plutôt sur la vente de billets pour chacun des spectacles.

Pour en savoir plus sur Le Coup de grâce, visitez le site Web et la page Facebook de l’événement.

Les billets sont en vente ici : Billetterie