Damien Robitaille – Grand Théâtre de Québec, 19 octobre 2017

C’est à un généreux programme de deux heures dans son charmant univers musical que nous a convié Damien Robitaille en ce doux jeudi soir à la salle Octave-Crémazie. Un public de tout âge s’y était donné rendez-vous. C’est vrai que depuis la parution de ses quatre disques, Damien Robitaille ratisse large avec son mélange de styles musicaux variant autant du soul, au folk chansonnier en passant par le disco et le latino.

Et c’est particulièrement à sa dernière offrande sortie au printemps à laquelle nous avons eu droit hier, livrant entièrement son bel Univers Parallèle à la foule venue l’écouter. Ces chansons récentes des plus groovantes se sont bien mariées aux plus connues du répertoire, dans une ambiance parfois gospel, gracieuseté des magnifiques chœurs signés par la bassiste Fabienne Gilbert et la percussionniste/claviériste Marie-Christine Depestre. Secondé par une excellente sonorisation, le groupe en communion parfaite, était également composé du batteur Max Sansalone et du multi-instrumentiste Carl Bastien. Il faisait bon d’ailleurs de revoir sur scène ce talentueux musicien qui a brillé aux claviers notamment sur la pièce Casse-tête.

Si Robitaille peut se faire cabotin, ludique et coquin, autant dans ses chansons que dans ses interventions avec le public, il démontre aussi son côté tendre et touchant dans son interprétation de chansons comme Le Fleuve ou encore Astronaute qu’il livre au piano. Le chanteur sait se faire généreux, non seulement dans la longueur de son spectacle des plus dynamiques (plus de 22 chansons sans entracte!) mais aussi en improvisant, à la demande des spectateurs, un pot-pourri de leurs morceaux préférés qui n’ont pu s’insérer au programme.

Ce délicieux voyage ne pouvait que mieux se conclure sur une Plein d’amour, entonnée en choeur par un public conquis et charmé. Une belle soirée!

[ALBUM] Damien Robitaille – «Univers parallèles»

Il est de retour et n’a pas oublié comment groover… Damien Robitaille, le seul, l’unique!

Univers parallèles, son plus récent opus, nous démontre à nouveau à quel point il sait brouiller les lignes de démarcation entre le ressenti et la parodie, et ce, avec brio. Tout le long de l’album, on l’imagine derrière le micro avec les yeux pétillants et le sourire en coin.

Avec un pied dans l’absurde, l’autre dans le kitsch, il va sans dire que notre homme sait ce qu’il fait depuis un petit bout déjà, et son exécution est impeccable. La musique, plutôt dansante, est particulièrement funk, un style que Damien avait quelque peu délaissé dans son disque précédent, plus tropical. Ce coup-ci, les bongos, les chœurs gospel et les tapages de mains abondent et rendent les chansons toutes plus énergiques les unes que les autres. Mais Damien sait comment calmer un plancher de danse et a inclus un bonne dose de slow-jams dans la liste des pièces de l’album (on pense ici à la délicieusement quétaine Le fleuve et au somptueux exercice de chorale Signe de vie).

Toutes les paroles sont chantées avec cet optimisme naïf et enfantin qu’on lui connaît bien, mais je dois dire que le charme de celui-ci commence à s’estomper. Pour citer l’une de ses meilleures chansons, il est « grand comme un homme, un homme autonome » – mais semble refuser de vieillir. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi : le côté débonnaire et farfelu des chansons de Damien a toujours été ce qui les rendait si comiques et accrocheuses. Mais la magie ne fait pas effet dans toutes ses chansons. Preuve à l’appui : Sortie de secours, une chanson qui semble tout droit sortie d’un jam de Belle et Bum et qui parle littéralement… d’une sortie de secours.

Mais bon, le nouveau de Damien Robitaille est à prendre pour ce qu’il est : une nouvelle batch de chansons solides qui sauront faire danser les foules endiablées lors de ses spectacles. Car il faut savoir que, pour pleinement apprécier la musique de Damien Robitaille, il faut absolument l’entendre en spectacle… Damien étant une bête de scène hors pair.

À quand l’album live?

[PHOTOS] Damien Robitaille (+ Jonathan Savage), Anaïs-Allard-Rousseau, 25 mars 2017

Je me suis rendu seul au spectacle de Damien Robitaille samedi dernier à la salle Anaïs-Allard-Rousseau alors voici mon résumé en images:

Sorties du week-end (5 juin 2015)

Allô, toi!

Oui, ça a été tranquille cette semaine sur ecoutedonc.ca. La vie de jetset, c’est pas toujours reposant, et comme vous le savez, nous sommes tous bénévoles et gagnons notre maigre pitance autrement. Et puis, la saison des festivals est commencée! D’ailleurs, je vous écris ce petit texte avant de partir à Toronto pour le festival Field Trip. J’espérais avoir une accréditation, mais les organisateurs ont dû croire que nous étions une bande d’extra-terrestres. C’est pas grave, on va avoir du plaisir, la musique va être bonne, et mes objectifs attendront encore quelques années avant de pouvoir croquer Jim James et sa bande.

Mais VOUS, qui restez ici, vous allez avoir besoin de vous désennuyer, n’est-ce pas? Voici donc nos choix de sorties pour la fin de semaine :

Vendredi 5 juin

  • Au sous-sol du Cercle, c’est le 3e CODEX Fest, festival de musique électronique, qui commence. Axé sur les performances live plutôt que sur le spinnage de platines, CODEX devrait plaire aux curieux. Au menu : BIOBAZAR (3-Riv), MODBEAT (Qc), PERIMÈTRE (Qc), SONICWAVE (Qc) et DJ BIOTEK (Qc). Ça se poursuit au Cercle samedi et à L’AgitéE la fin de semaine suivante. Début : 22 heures. Prix d’entrée : 7 $.
  • Toujours au Cercle, mais en haut, c’est le concours PLANETROX d’Envol et Macadam. Venez découvrir qui pourrait se retrouver au festival en septembre. 21 heures (portes 20 h), 6 $.
  • À L’AgitéE, les fans de post-rock devraient en avoir plein les oreilles avec la formation Appalaches. Premières parties : The Babyface Nelsons et Allora Mis. 20 heures, 15 $. Présentation District 7 production et Le Cercle – Lab vivant.
  • Les Carougeois (de Cap-Rouge) accueilleront le sympathique auteur-compositeur-interprète franco-ontarien Damien Robitaille dans le cadre du festival Découvrarts. Il présente son spectacle solo Pièce par pièce. 20 heures. GRATUIT

Samedi 6 juin

  • Le CODEX Fest se poursuit au sous-sol du Cercle, cette fois avec NOCIDE (Mtl), POCAILLE (Mtl), APOPLEXIA (Mtl), CUE & SEE (Mtl) et DJ BIOTEK (Qc). Début : 22 heures. Prix d’entrée : toujours 7 $.
  • À l’étage supérieur du Cercle, magnifique plateau double en français avec Philippe Brach et Simon Kearney. Les deux sont tout jeunes, éclatés, leurs compositions sont cool, vraiment, ça va être une maudite belle soirée. D’ailleurs, on va y être pour pouvoir vous raconter tout ça. 20 heures (porte 19 heures). 17 $ à la porte.
  • La formation indie-swing vancouveroise Red Haven sera au Triplex suspendu. On dit ici à 20 heures, mais ça risque de commencer un peu plus tard, on commence à connaître le Triplex. Contribution volontaire (qu’on souhaite proportionnelle au plaisir que vous aurez eu – ce petit bout vient de moi).
  • Les amateurs de pop-punk seront conviés au lancement du maxi de Hitch & Go à la Source de la Martinière. Premières parties : Portland, Persistence et Whisky Gallery. 20 heures, 8 $ à la porte.
  • On allait oublier le Grand bazar des ruelles! Avec le cabaret de la Palette! Dans l’après-midi, entre la 3e et la 4e avenue et la 9e et 10e rue, RobbobJane EhrhardtSimon ParadisPascal Pico LaroucheThe Two Birdz et autres surprises égayeront votre course aux trouvailles! C’est gratuit!

Amusez-vous bien, et soyez sages (mais pas trop) pendant mon absence!

Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 8 juillet

Pis? Tout va bien jusqu’à présent? Désolé pour le retard, une vilaine toux m’a empêché de dormir toute la nuit et j’ai fait de la radio à l’heure des poules pour faire mon bilan de mi-festival.

Vous pouvez écouter ce bilan ici.

Allons, ne perdons pas de temps.

SerynSeryn, midi, scène Hydro-Québec

Gros coup de coeur pour ce groupe folk texan qu’on nous avait comparé aux Lumineers et à Mumford & Sons. Peut-être que sur leur album (et les simples parus depuis), c’est une comparaison qui se tient. Pourtant, en écoutant les chansons jouées pendant leur prestation hier midi, j’avais plus l’impression de me trouver dans l’entourage de Zach Williams et de son Lone Bellow, ne serait-ce que pour l’intensité avec laquelle ils interprètent leurs chansons. Et vous savez, le meilleur truc pour me faire fondre de bonheur, c’est de me faire écouter de belles harmonies vocales. Sur ce plan, Seryn nous gâte.

La petite foule présente pour écouter le groupe a grossi considérablement pendant la prestation du groupe et certains ont dû retourner au bureau en retard après un lunch qui les a fait rêver… Groupe parfait pour attirer l’attention des touristes vers le festival. Et j’espère de tout coeur que nous aurons la chance de les revoir à Québec bientôt.

En passant, quelle reprise de We Belong, de Pat Benatar.

 

Patrice MichaudConférence de presse, Prix de la chanson SOCAN 2014

Après cette prestation éclairante de Seryn, je suis monté à la boîte Bell pour la remise du Prix de la chanson SOCAN 2014 à Patrice Michaud pour sa pièce Mécaniques générales. Le public, qui était invité à voter, a préféré la chanson du Gaspésien à Andromède (Louis-Philippe Gingras), La fièvre des fleurs (Klô Pelgag), Nos corps (Jimmy Hunt) et Soleil blanc (Philémon Cimon).

Félicitons Patrice Michaud pour cette belle reconnaissance.

 

MarièmeMarième, 18 h, Scène Hydro-Québec

Il y a deux ans, alors que la pluie menaçait et que Marième était enceinte, le soleil est apparu juste au moment où elle s’est mise à interpréter Le soleil emmène au soleil. En partant de chez moi vers 17 h 15, alors que la pluie venait de tomber et que le ciel était encore gris, je me demandais si la jeune Limouloise serait en mesure de répéter l’exploit : fastoche. Après seulement quelques notes, v’là Galarneau qui se pointe et qui demeure avec nous pour la durée de la prestation.

MarièmeMarième était venue nous présenter son Petit tonnerre, un album pop aux accents reggae, rempli d’amour, de bonheur et de bonne humeur, qui a été fort apprécié par un public qui est arrivé lentement, mais sûrement à Place d’Youville. De la belle musique faite pour danser, avoir chaud et suer tout en ayant du plaisir, interprétée par une artiste de talent accompagné de ses complices de longue date.

Belle entrée en matière.

 

Alex NevskyAlex Nevsky, 19 h 30, Scène Hydro-Québec

C’est que monsieur Nevsky était attendu! Dix minutes avant l’entrée en scène de l’auteur-compositeur-interprète derrière Himalaya mon amour, on bouclait les entrées et j’ai dû me contenter de la tente des médias à l’arrière plutôt que de me mêler à la foule! Ce n’est pas grave, parce qu’il fallait la voir, cette foule, pour comprendre tout le charisme de Nevsky, qui a mis le public dans sa petite poche à coups de blagues bien placées et d’appels déjantés à la participation (« Frenchez-vous, touchez-vous les fesses » sur Shalalala (l’amour n’est pas qu’un slogan) – ou le duel entre le guitariste et le bassiste sur l’air d’Eye of the Tiger…).

Alex NevskyEn plus de ses belles chansons tirées de ses deux excellents albums (De l’une à l’aube et Himalaya mon amour), Nevsky a interprété une pièce d’Emily Loizeau et Help Myself de Gaëtan Roussel, sans compter quelques lignes d’I Think of You, d’un certain… Gregory Charles.

Après une prestation bien garnie, Nevsky joue On leur a fait croire, remercie le public et s’en va. Il revient sous un tonnerre d’applaudissements : « C’est vraiment con, on a oublié deux tounes. » Le public les attendait, celles-là. Surtout Les coloriés. Nouveau tonnerre d’applaudissements. Ça ressemblait à un triomphe.

 

Damien RobitailleDamien Robitaille, 21 h 30, Scène Hydro-Québec

Après les fans de Nevsky, ce sont les fans de l’auteur-compositeur-interprète originaire de Lafontaine, en Ontario, qui ont rempli la Place d’Youville. Car oui, les entrées ont été bouclées de nouveau et le petit blogueur que je suis a de nouveau été confiné à la zone des médias, dans le fond, à l’arrière (vous pouvez arrêter de dire qu’ils sont privilégiés, c’est pas vrai).

Dès les premières notes de Serpents et échelles, le public survolté a tapé des mains, dansé et chanté comme si la fin du monde arrivait demain. C’est que notre crooner sympathique est encore plus efficace sur scène que sur disque. Ses chansons aux mots simples et aux rythmes chaleureux ont résonné chez les jeunes et les moins jeunes (il y avait au moins quatre générations de festivaliers à Place d’Youville pour Robitaille, c’est pas rien!).

Damien RobitailleRobitaille n’était pas seul. Non! Pour son Mambo métissé, il s’est payé des invités : la chanteuse Marie-Christine, avec qui il a réalisé son fantasme en interprétant Les chinois, de Mitsou, le rappeur/chanteur Boogat, qui n’a pas manqué de nous rappeler que malgré ses accents latins, il était originaire de Beauport, et Sunny Duval, qui nous a mené d’Amour d’amour à la Nouvelle-Orléans.

Les classiques d’Homme autonome (Le mot de passe, Homme autonome) ont permis à la chorale d’Youville de s’époumonner, mais ce n’était rien en comparaison du rappel, quand Robitaille a lancé Plein d’amour, qui est presque devenu un hymne du Festival d’été il y a quelques années.

À la fin du spectacle, au retour, les petites dames derrière moi, qui le voyaient pour la quatrième fois, m’ont dit que c’était sa meilleure prestation. Je vous crois, mesdames, je vous crois. C’était encore une fois une belle célébration de notre langue.

 

D’ailleurs, va falloir qu’on s’en parle, de notre langue. Et de Louis-Jean. Et du Three Days Gate. Un moment donné.