[FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC] Compte rendu, jour 3

Folle journée aujourd’hui qui a mauditement bien commencé, mais qui a vu les plans de soirée de rêve de plusieurs tomber à l’eau lorsque l’orage est venu interrompre les spectacles sur les Plaines et à la place d’Youville. Pendant ce temps, les quelque 100 à 200 personnes qui ont eu le courage de braver les éléments et de se masser sur le bord de la scène Loto-Québec dans l’espoir de voir Légendes d’un peuple n’ont pas attendu en vain. On vous en parle dans les paragraphes qui suivent.

Mehdi Cayenne Club

Mehdi Cayenne Club - Photo : Renaud Philippe
Mehdi Cayenne Club – Photo : Renaud Philippe

Ah, le Mehdi Cayenne Club! Mehdi Hamdad et ses complices jouent des chansons rock juste assez funky pour faire danser le parterre de Place d’Youville un samedi midi. Toujours aussi piquant, Hamdad a profité d’un public en mode découverte pour tester quelques nouvelles pièces (fort efficaces) et charmer les spectateurs avec son naturel désinvolte au micro. Seul petit hic : les blagues de Hamdad n’ont pas toujours levé. Mais on n’était pas à un festival d’humour et la musique, elle, était ben bonne. Nouvel album à paraître bientôt, on a bien hâte d’entendre ça!

♥♥♥

Patrice Michaud (#PopUpFEQ)

Patrice Michaud (Photo : Jacques Boivin)
Patrice Michaud (Photo : Jacques Boivin)

L’auteur-compositeur-interprète Patrice Michaud était l’invité de ce nouveau #PopUpFEQ à un endroit qui allait assurer une vitrine fantastique au concept, coin St-Jean et St-Stanislas, tout près de là où se trouvait l’entrée du mythique bar Chez son père. D’ailleurs, dans la foule, on en a entendu plusieurs dire qu’ils passaient dans le coin quand ils sont tombés sur Michaud. Sur ce plan, la stratégie a donc fonctionné à merveille. Accompagné de Simon Pednault, Michaud a offert une brève prestation, mais celle-ci était à l’image du personnage : sympathique et sans prétention. On a surtout pu apprécier l’aisance de Michaud entre les pièces, une petite blague bien placée n’attendant pas l’autre. Les enfants dansaient, les parents les laissaient aller, les touristes écoutaient ce troubadour et nombreux connaissaient les chansons de l’auteur de Mécaniques générales. Encore une belle réussite!

♥♥♥♥

Caravane

Caravane (photo : Jacques Boivin)
Caravane (photo : Jacques Boivin)

Les rockeurs de Québec ont réussi quelque chose que personne d’autre ne sera parvenu à faire aujourd’hui : faire apparaître le soleil. Dominic, Raphaël, Danahé et William en étaient à leur troisième prestation en trois soirs à la petite scène NRJ et si les deux premières prestations ressemblaient à la dernière, les spectateurs pas trop pressés de se lancer sur les Plaines en ont eu pour leur argent les trois jours! Les gars de Caravane avaient appelé en renfort Odile Marmet-Rochefort (Men I Trust), qui complète merveilleusement bien la voix et les instruments de nos quatre jeunes hommes.

Évidemment, l’exécution était presque sans faille, comme on peut s’y attendre de la part d’un groupe qui joue ses chansons presque tous les jours depuis un bon moment. Les gars repartent aussitôt en tournée. Si vous les avez manqués malgré les trois chances que vous avez eues, n’ayez crainte, Caravane va repasser!

♥♥♥

Antoine Corriveau

Antoine Corriveau - Photo : Renaud Philippe
Antoine Corriveau – Photo : Renaud Philippe

C’était ma cinquième prestation d’Antoine Corriveau et j’avais hâte de voir s’il y aurait du nouveau pour nous. Ah ben oui toé, regarde ça, y’a du nouveau monde autour de lui! Nouveau batteur, nouvelle violoncelliste, nouvelle dynamique! Un autre show debout! Oui, c’est encore le même folk-rock aérien qu’on peut entendre sur Les ombres longues, celui-là même qu’on écoute encore à répétition même plus d’un an et demi après la parution de l’album. Côté musical, alors, on ne se lasse pas. Et Corriveau a su apporter les ajustements nécessaires pour les fans qui, comme moi, le connaissent un peu, question de ne pas avoir trop de répétition.

On a même vu notre Antoine national, mieux connu pour ses moues boudeuses qui correspondent bien à sa musique, le sourire fendu jusqu’aux oreilles lorsqu’il a reçu des mains de Guillaume Moffet son fabuleux chèque de 10 000 $ remis au gagnant du Prix de la chanson francophone SOCAN, juste avant de nous demander presque en criant si on voulait entendre Le nouveau vocabulaire, qui lui a valu ce prix.

Fou de voir combien de personnes récitaient les paroles des chansons de Corriveau par coeur. Je l’ai déjà dit, je vais le répéter, et je vais sûrement le répéter une fois de plus dans quelques semaines, Corriveau est en train de nous gagner un à un. Et il va tous nous avoir.

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Luc De Larochellière

Luc De Larochellière - Photo : Francis Gagnon
Luc De Larochellière – Photo : Francis Gagnon

Aveu : la dernière fois que j’ai vu le gaillard montréalais, c’était en juin 1990 dans un parc de Brossard. Pour vous donner une idée du temps écoulé depuis, l’URSS existait encore! J’étais donc bien heureux que Luc pense à des gens comme moi, qui l’ont suivi pendant une bonne dizaine d’années avant de se tourner vers d’autres jeunes auteurs-compositeurs-interprètes prometteurs, et qu’il interprète pendant une heure ses plus grands succès. À part peut-être pour une ou deux chansons un peu plus récentes (où Andrea Lindsay prenait un peu plus de place), on a eu droit à des morceaux qu’un peu tout le monde connaissait par coeur : Amère América, Ma génération, Chinatown Blues, La route est longue, Six pieds sur terre, La route est longue, Si je te disais reviens, Si fragile… C’est là que la pluie est arrivée, à deux chansons de la fin. Les moins courageux ont quitté en grand nombre sans s’empêcher de fredonner Sauvez mon âme!

De belles retrouvailles qui nous rappellent que Luc a écrit (et écrit encore, d’ailleurs) de maudites belles chansons. Surtout qu’on ne les avait pas entendues sous leur forme originale depuis des années!

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Légendes d’un peuple

Légendes d'un peuple - Mara Tremblay - Photo : Philippe Ruel
Légendes d’un peuple – Mara Tremblay – Photo : Philippe Ruel

Entre les deux spectacles, le déluge a réussi à chasser les quelques milliers de spectateurs au parc de la Francophonie. Il ne restait plus qu’une cinquantaine de maniaques massés sur le bord du rail séparant la scène du public. Tout à coup, on n’entend plus rien du côté des Plaines. Tous les spectacles sont arrêtés momentanément. Au Pigeonnier, on met des toiles sur les instruments pendant que des trombes d’eau inondent la scène. Celle-ci est sécurisée contre le vent et la foudre, mais l’eau pis les spectacles électriques, c’est pas toujours une bonne idée. Les radars météo ne sont pas super optimistes : le vent devrait se calmer, mais la pluie, elle, devrait continuer à tomber.

Les membres du collectif veulent donner le show, c’est le dernier! Du côté des organisateurs, on hésite, y’a quand même des risques d’électrocution! Au sec, dans la tente VIP, les gens regardent leur fil Twitter : les spectacles des Plaines et de Place d’Youville sont annulés. Seul Colin James, à l’Impérial, joue sans se soucier de la pluie, confortablement à l’intérieur. Dès que la pluie se calme un peu (mais vraiment juste un peu), le verdict tombe, les toiles sont retirées, et on réaménage un peu la scène : les guerriers de la poésie vont l’avoir, leur show, mais celui-ci sera un peu écourté et surtout, il sera acoustique! Comme quoi c’est bien avec des citrons qu’on fait de la limonade!

« Quoi qu’en disent les médias demain, les plus fous et les plus fighters sont ici ce soir! », lance Stéphane Archambault, qui chante En un seul peuple rapaillé avec Marie-Hélène Fortin. De nombreux fans déçus des Foo se sont arrêtés en voyant qu’il se passait quelque chose au Pigeonnier. Finalement, ce sont un peu plus de 200 personnes qui ont bravé la pluie pour voir (et surtout entendre) la fresque d’Alexandre Belliard. Patrice Michaud, Mara Tremblay (love, love, love), Jorane (magistrale), Salomé Leclerc, Vincent Vallières, Alexandre Désilets (toujours groovy, même en version acoustique), Éric Goulet et Belliard se sont ensuite succédé sur scène, offrant chacun sa belle chanson et touchant les mélomanes à sa manière.

« Les rockeurs dorment, mais les poètes sont encore ici! », a-t-on lancé en rappel! Yep. OK, personne n’avait de plâtre à surveiller, mais ce soir, la chanson d’ici, comme les héros de Légendes d’un peuple, a su composer avec notre climat pas toujours conciliant.

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Ce midi

Héra Ménard - Photo : Jacques Boivin
Héra Ménard – Photo : Jacques Boivin

Notre aperçu journalier s’en vient, mais comme il sera publié après midi, on voulait vous dire que vous devez aller voir Héra Ménard ce midi à Place d’Youville. Une jeune femme du coin, qui écrit de belles chansons toutes en douceur, il ne fera pas trop mauvais, ni trop chaud, amenez votre sandwich et profitez du spectacle avec nous!

[FESTIVAL] Field Trip Music and Arts, Toronto (ON), 6-7 juin 2015

Tournee

Finalement, le voyage à Toronto en a valu la chandelle : Field Trip Music and Arts, le festival organisé par l’étiquette torontoise Arts & Crafts, est juste parfait : savant mélange de découvertes et de valeurs sûres, prix raisonnables, mais surtout, une dimension humaine que certains grands festivals semblent avoir oubliée. À notre arrivée samedi, l’ambiance était bon enfant, les gens entraient lentement, sans se presser et quelques groupes avaient déjà investi les deux scènes du site.

On a déjà mangé de bien pires poutines en Ontario. Photo : Jacques Boivin
On a déjà mangé de bien pires poutines en Ontario. Photo : Jacques Boivin

Première constatation : Field Trip est un festival apportez votre couverture. On vient passer la journée ici, mais c’est pour apprécier la musique, pas pour se tuer les pieds en restant debout toute la soirée. Les gens se lèvent selon le groupe ou la chanson, l’ambiance est vraiment, mais vraiment conviviale. On vient en famille, on installe les couvertures, on se bourre la face de bouffe de rue (y’a même quelques poutines dignes de ce nom) et on veille tard.

Field Trip a été mis sur pied au départ pour célébrer le 10e anniversaire d’Arts & Crafts. Pour la troisième édition, on a moins fait appel à la galaxie Broken Social Scene et on est allé chercher de solides têtes d’affiche (My Morning Jacket, Alabama Shakes, Marina and the Diamonds, De la Soul). En fait, toute la programmation de la fin de semaine était de qualité, même si certains artistes avaient parfois une drôle de place sur l’horaire. Mais bon, ça, c’est le propre de pas mal tous les festivals…

Nous sommes arrivés juste à temps pour la prestation du groupe dark pop The Belle Game. La formation vancouvéroise, qui est déjà venue au Festival d’été de Québec en 2013, avait du nouveau matériel à proposer et on comprend pourquoi Kevin Drew les a invités à participer au festival. Y’a du BSS chez ces jeunes musiciens là!

Nous avons malheureusement manqué la prestation des monstres de De La Soul, qui étaient là, de leur propre aveu, pour faire lever le party avant une magnifique soirée de rock.

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Adam Granduciel (The War on Drugs) Photos : Ryan Kelpin, Talia Shipman

Tout d’abord, il y a eu The War on Drugs et son rock hyper atmosphérique qui a dû confondre de nombreux sceptiques. Adam Granduciel n’a pas eu besoin de parler beaucoup entre les chansons, celles-ci suffisaient pour que le courant passe jusqu’à l’arrière. Prestation assise très solidement sur l’excellent Lost in the Dream (c’est tant mieux). Des premières notes de Burning à la fin de l’émouvante In Reverse, la foule s’est laissée transporter par le War on Drugs Express.

Granduciel et sa bande ont été suivi des cols bleus Arkells et leur Canadiana proudly made in Hamilton. Si je trouve parfois leur pop facile, il faut avouer que sur scène, c’est beaucoup plus efficace, surtout après un bon repas et quelques petites canettes bien froides. Disons que ça manquait quand même un peu de panache après le rock planant des War on Drugs.

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Britanny Howard (Alabama Shakes) Photos : Ryan Kelpin, Talia Shipman

Puis arriva le dessert lorsque Britanny Howard et Alabama Shakes sont entrés en scène. Voilà un groupe que j’avais hâte de mieux voir après les avoir entendus à Bonnaroo en 2012. En plus, Sound & Color est venu ajouter un peu de complexité à la rétro-soul du groupe. Je n’étais pas dur à convaincre, mais Howard voulait s’assurer de tous nous avoir dans sa petite poche avec Future People. À la quatrième chanson, l’entraînante Shoegaze, il ne restait plus personne assis sur les couvertures : tout le monde dansait et tapait des mains avec en affichant un sourire béat. La chair de poule s’intensifie avec les Gimme All Your Love et autres Be Mine (un moment fort de la fin de semaine… waou!). En fait, on dirait bien que les gens n’ont remarqué l’absence de Hold On au programme que le lendemain! Quand tu te permets de ne pas jouer la chanson qui t’a fait connaître et que personne ne s’en plaint, c’est bon signe…

Pour la journée du dimanche, nous sommes arrivés à temps pour voir Absolutely Free. Simon en avait dit tellement de bien lorsqu’il les a vus au Pantoum il y a à peine 2 semaines, mes attentes étaient élevées. Mais bon, difficile pour le groupe de se mettre en valeur à 14 heures devant plein de petites familles de la même manière qu’il le fait dans une petite salle sombre. Le groupe a su s’adapter et offrir un programme mieux adapté au festival. Mais quand même, le petit côté psychédélique et Krautrock dont parlait Simon dans sa couverture du spectacle au Pantoum, ça déstabilise quand t’es encore en train de digérer ton Cora!

Suivait le chanteur soul Lee Fields et ses Expressions. Ce qu’on a raté en ratant De La Soul, on allait l’avoir au centuple avec Lee Fields. Ce jeune homme de 64 ans ne roule pas sa bosse depuis plus de 43 ans pour rien! Les tout-petits s’en sont donné à coeur joie, leurs parents se trémoussaient le pompon en sirotant lentement leur cidre et les jeunes qui attendaient la suite du programme étaient déjà comblés!

Après l’avoir vu l’an dernier en solo au FEQ, j’avais très hâte de voir J. Tillman redevenir Father John Misty, bête de scène sexy et assumée. Le cynisme et l’autodérision sont toujours très forts chez ce jeune homme, mais il fallait le voir se dandiner comme une vraie rock star (parfois un peu à la Mick Jagger) pour comprendre à quel point le personnage envahit l’homme. À une fan qui lui a crié qu’elle l’aimait, il lui répond qu’il l’aimait lui aussi, mais que son amour était plutôt égoïste. Personnage de rock star, qu’on vous disait! Et cette voix d’ange, toujours parfaite, que de nombreux chanteurs plus à voix qu’à textes doivent envier… Évidemment, on a pleuré… de rire sur Bored in the USA et ses rires en canne là où ça fait très mal. Un autre clou à un festival qui en a compté plusieurs en deux petites journées.

Dan Mangan avait la lourde tâche de suivre FJM et ça n’a pas été facile au début. Mangan avait l’air plutôt dans sa bulle alors qu’on le connaît un peu plus loquace et animé. La foule et Mangan se sont réveillés un peu en même temps, dès les premiers accords de Mouthpiece, une des chansons les plus entraînantes de Club Meds. On vous avoue qu’avec les attentes qu’on avait, on était un brin déçu. Peut-être que si on avait inversé Mangan et Misty… On aura la chance de se reprendre, mon Dan, je sais que t’es capable de mieux.

Marina and the Diamonds. Photo Jacques Boivin
Marina and the Diamonds. Photo Jacques Boivin

La pluie a commencé à tomber de façon intermittente, juste assez pour en envoyer quelques-uns se cacher sous les arbres. C’était l’ouverture qu’on attendait pour se rapprocher de la scène. Et nous n’étions qu’à quelques mètres lorsque la magnifique Marina and the Diamonds est montée sur scène dans son costume noir pour entonner Bubblegum Bitch. Magnifique prestation sur mesure pour un festival : même s’il y a eu quelques moments plus calmes, ceux-ci étaient juste assez courts pour reprendre notre souffle et nous remettre à danser sans penser à demain. Avec des pièces comme Froot et Primadonna, dansé sans penser à demain nous avons volontiers!

Jim James (My Morning Jacket) Photo : Jacques Boivin
Jim James (My Morning Jacket) Photo : Jacques Boivin

Le plus beau dans tout ça, c’est que ces jeunes ont abandonné l’avant-scène aux plus vieux pour le clou du week-end, le groupe que moi j’allais voir sans aucune possibilité de compromis : My Morning Jacket. Une amie est allée voir Rhye, mon autre copain est allé plus sagement à l’arrière. Mes voisins se sont fait jouer le même tour par leurs amis, nous étions une bande de superfans supersolitaires ensemble. Dès les premières notes de Believe (Nobody Knows), nous n’étions plus qu’un, le sourire accroché au visage jusqu’au dodo dans l’autobus. Jim James et sa bande avaient un plaisir fou à jouer leur rock brillant digne des plus grandes scènes (quand je vous disais que The Waterfall était un album fait sur mesure pour les gros shows…) et nous, nous étions là, la gueule grande ouverte, à en demander encore plus! Quand les gars se sont lancés sur Wordless Chorus (un excellent morceau de Z), on savait qu’on allait en avoir pour notre argent. Même si les retours vers les vieux albums étaient appréciés, les fans torontois semblaient surtout apprécier le matériel tiré des deux plus récents, comme les cris de joie le montraient si bien pendant le trio Spring (Among the Living) – Circuital – In its Infancy (The Waterfall). La prestation s’est terminé par une One Big Holiday endiablée qui a permis à tous les membres du groupe de montrer tout ce qu’ils avaient encore dans le ventre. De loin la meilleure prestation que j’ai vue depuis le début de l’année (désolé, Patrick). Une expérience incroyable, une leçon de rock comme il s’en fait trop peu de nos jours.

Pendant que Muse fait du mauvais Queen, il est rassurant de voir que des groupes comme My Morning Jacket sont là pour garantir que le rock a un bel avenir.

Apothéose mémorable d’un festival qui a trouvé la formule parfaite pour plaire à un public qui n’a pas nécessairement envie de se défoncer toute la fin de semaine (Bonnaroo, je te vise, là). On va sûrement y retourner les prochaines années. Peut-être même en famille, qui sait!

Prochain festival : Festival de la chanson de Tadoussac. À ton tour, Marie-Ève!

[FESTIVALS] Un Field Trip pas comme les autres…

Tournee

En juin prochain, j’irai au festival de musique Field Trip à Toronto pour couvrir une fin de semaine de célébrations musicales qui devraient rester gravées longtemps dans ma mémoire. Ce sera pour moi le début d’une saison des festivals complètement folle. Un voyage « scolaire » pas comme les autres dans la capitale de l’Ontario!

En 2013, les gens de la compagnie de disques Arts and Crafts voulaient souligner leur dixième anniversaire en frappant un grand coup. Le label, qu’on connaît surtout en raison du groupe de son cofondateur Kevin Drew (Broken Social Scene), voulait mettre en vedette ses artistes. En cette décennie des festivals, on n’a pas eu l’idée la plus originale, mais l’exécution, elle, était parfaite.

FieldTrip_2015nickFaut dire qu’organiser un festival est toujours plus facile quand on compte Stars, Feist, Bloc Party, Hayden et Zeus dans son écurie.

Mais bon, avec Broken Social Scene en tête d’affiche, le premier Field Trip organisé à Fort York (en plein coeur de Toronto) a connu un grand succès et les organisateurs ont voulu répéter l’exploit l’année suivante : il y avait déjà plus de viande autour de l’os – Interpol, Austra, Half Moon Run, A Tribe Called Red, un certain Vance Joy, un retour de Broken Social Scene, Constantines, Chvrches, Fucked Up et Badbadnotgood, entre autres, ont convaincu les gens d’Arts and Crafts qu’ils tenaient là un bon filon à exploiter.

Pour sa troisième édition qui aura lieu les 6 et 7 juin prochains, les organisateurs du festival ont invité Alabama Shakes et My Morning Jacket (deux soirées comptant sur de grands générateurs de frissons) à assurer la tête d’une affiche qui prend beaucoup d’ampleur. Ces deux groupes importants (on aimerait les voir à Québec un jour) partageront la scène avec Marina & The Diamonds, Arkells, The War on Drugs (Granduciel live dans ma face… rien à ajouter, votre Honneur), Father John Misty, Dan Mangan, Hayden et the Belle Game, entre autres. Une programmation bien équilibrée sur deux jours qui devrait donner des moments inoubliables aux spectateurs présents.

Field Trip, ce n’est pas que la musique : c’est aussi un festival familial où des tonnes d’activités attendent vos petits monstres (si, comme moi, vous avez encore le coeur jeune et mélomane après avoir fait votre part pour le renouvellement de la population). Votre progéniture pourra participer à des ateliers avec des artistes du jour. C’est aussi un festival où la bouffe torontoise sera mise en valeur avec de nombreux camions de rue présents sur place (comment peut-on se tromper avec une entreprise comme Fidel Gastro?).

Il reste encore des billets quotidiens et des laissez-passer pour le week-end. Pour plus de détails consultez http://fieldtriplife.com. Si vous ne faites pas le voyage dans la ville-reine, ne vous inquiétez pas, nous vous tiendrons informés toute la fin de semaine.

[SPECTACLE] Dan Mangan, Impérial Bell, 20 février 2015

C’est entouré de plusieurs fanatiques du chanteur canadien que j’ai vécu mon premier spectacle de Dan Mangan et ses Blacksmith. Mangan est un cas assez rare en territoire Québecois : un auteur-compositeur canadien-anglais qui mise sur des chansons à textes qui réussis à réunir autant de gens en spectacle à Québec sans grand support radio.

Club Meds, c’est le nom de son dernier album, qui se situe dans un univers complètement à part de ses albums précédents. Un univers où il n’a pas besoin de remplir ses chansons de texte, où il prend le temps de s’étendre. Un album mystérieux et sombre, qui nous le livre sous un autre jour. Une oeuvre qui prend un certain temps à absorber et à voir les réactions du public face à ses chansons plus anciennes par rapport aux nouveaux morceaux ( qu’il, soit dit en passant, intègre super bien à son spectacle ), il devra nous laisser encore un peu de temps pour qu’elles deviennent nos nouveaux coups de coeur.

Côté technique, le son manquait un peu de balance. Son guitariste, qui ajoute beaucoup au show autant au niveau sonore qu’au niveau spectacle, était relégué un peu en arrière plan. L’éclairage est venu ajouter beaucoup aux ambiances sonores vastes et complexes et les musiciens étaient en forme.

La prochaine fois, j’aimerais bien les voir dans une salle un peu plus petite, plus intime, question de bien saisir toute l’immensité du dernier opus de Mangan.

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En première partie, Dany Placard a ouvert le bal. Un choix un peu amusant compte tenu de la grosse feuille de route de l’auteur-compositeur-producteur, qui doit être plus habitué de finir les concerts plutôt que de les commencer.

A suivi Hayden, un groupe de indie-rock canadien qui ont bien réchauffé la salle. Mention spécial au différents musiciens qui s’échangeaient constamment leurs instruments sans moindre effort et fausses notes. Nous avions affaire à un band habitué à la scène qui nous ont offert une solide performance, sans grandes surprises par contre ou d’écart de conduites.

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[ALBUM] Dan Mangan + Blacksmith – « Club Meds »

Dan Mangan + Blacksmith - Club Meds (2015)
Dan Mangan + Blacksmith
Club Meds (Arts & Crafts)

Les extraits lancés cet automne ne laissaient aucun doute. Les fans de la première heure de Dan Mangan seraient brassés dès les premières notes d’Offred, qui ouvre lentement l’album.

Avec Club Meds, l’auteur-compositeur-interprète laisse tomber la pop riche et complexe, proche de la pop de chambre, comme on pouvait l’entendre sur des classiques comme Robots. De Robots il n’y a point ici. Mangan a même déplacé le centre d’attention : alors qu’on s’attardait beaucoup à ce qu’il chante, nous voilà solidement concentrés sur la musique, principale force de cet album puissant qui ratisse large. Un peu dommage, quand on y pense, car Mangan en a vu des choses pendant son congé de paternité!

Ça donne des Mouthpiece, une chanson folk sombre, mais diablement rythmée, atmosphérique à souhait, mais menée par des guitares bien ancrées au sol. “Those who pretend to believe hardest might actually begin to / The nature of the bliss the warmth of ignorance gives in to”, qu’il dit, le gars. Ça donne des Kitsch, où Mangan se sert de sa voix davantage comme un instrument que pour réciter des paroles, pendant qu’à l’arrière, Blacksmith joue un espèce de post-rock que les gars de Radiohead ne renieraient pas.

Il faut attendre la sixième chanson, XVI, pour retrouver un peu du Mangan qu’on connaissait si bien. Une chanson sur Louis et Marie-Antoinette qui regardent Occupy Wall Street se dérouler sous leurs yeux C’est une fort jolie chanson, qui précède une War Spoils divinement léthargique.

New Skies termine l’album comme un rêve qui prend de la force et de l’ampleur dans une explosion finale de cuivres et de guitares. Imparfaite, mais bien sentie.

En somme, Club Meds nous amène un Dan Mangan transformé, qui sentait le besoin de changer pour garder sa pertinence. On a beaucoup hâte d’entendre le tout sur scène, le 20 février à l’Impérial de Québec (info).

Albums à surveiller cet hiver

(Photo : Laura Marling, photo de presse)

Joyeux 2015, chers amis!

On va se souhaiter une autre année bien remplie. En tout cas, si on regarde les calendriers de lancement de nos artistes et groupes préférés, si on ajoute les calendriers de tournée de tout ce beau monde-là et si on va voir quelques spectacles et festivals, nous n’aurons pas le temps de nous ennuyer. D’ailleurs, ça commence dès cette semaine avec Dan Mangan.

Pour commencer l’année du bon pied, ecoutedonc.ca vous invite à surveiller les albums de la liste ci-dessous, qui seront tous libérés cet hiver. Pendant que nous y sommes, dites donc, quels albums attendez-vous avec impatience? Faites-nous en part dans les commentaires.

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13 janvier

Dan Mangan + Blacksmith
Club Meds (Arts & Crafts)

Un album qui surprend à la première écoute (surtout si on n’a pas écouté les extraits lancés à la fin de l’année dernière) tellement il est différent des propositions précédentes de l’auteur-compositeur-interprète de la Colombie-Britannique. Un album plus rock que folk, plus atmosphérique que dans les dents, qui devrait plaire aux amateurs d’indie pop canadienne.

[youtube http://youtu.be/3dAWPsrraBk&w=360]

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20 janvier

Belle & Sebastian
Girls in Peacetime Want to Dance (Matador)

Oh, un nouvel album de mon groupe écossais préféré! Stuart Murdoch et sa bande ne nous avaient pas offert de matériel original depuis Write About Love en 2010. Certains s’attendaient à un gros changement de son de la part du collectif, mais il semble que l’album est plutôt signé sous le signe de la continuité. On a beaucoup hâte ici.

[youtube http://youtu.be/3vS1Hf3CVGs&w=360]

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The Decemberists
What a Terrible World, What a Beautiful World (Capitol)

The King is Dead a connu un grand succès commercial, mais les critiques avaient été durs à l’endroit du groupe. Sur ce nouvel album, le groupe américain garde le cap, mais il a aussi pensé aux fans de la première heure.

[youtube http://youtu.be/98XFrVREkm8&w=360]

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27 janvier

Tire le coyote
Panorama (La tribu)

Le premier extrait, Ma révolution tranquille, est un blues à la sauce coyote du marchand d’émotions Tire le coyote. L’auteur-compositeur-interprète figure sur de nombreuses listes d’artistes à surveiller cette année au Québec. Ceux qui ont déjà entendu ses magnifiques chansons remplies d’humour et d’amour ne sont pas surpris. On a bien hâte d’entendre.

[youtube http://youtu.be/n8_W02dYkUo&w=360]

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The Lone Bellow
Then Came the Morning (Descendant)

Le trio de Brooklyn a fait tourner quelques têtes avec son excellent premier album. Celui-ci promet la même intensité de la part de Zach Williams et de ses acolytes, mais dans une enveloppe un peu plus middle of the road. Les premiers extraits étaient solides, on a hâte d’entendre la suite.

[youtube http://youtu.be/rq4maPzyeCM&w=360]

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3 février

Jean Leloup
À Paradis City (Grosse boîte)

Mais que nous manigance Leloup? Willie, le premier extrait de ce nouvel album, ne donne pas beaucoup d’indices. C’est le genre de chanson qu’on commence en se disant bof et qu’on termine dans l’enthousiasme. Si la suite est comme ça, on a du bon stock pour le prochain voyage.

[youtube http://youtu.be/DBWRQAIRQQo&w=360]

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10 février

 Father John Misty
I Love You, Honeybear (Sub Pop)

Que ce soit avec Fleet Foxes ou en solo, alors qu’il pratique un genre qui s’y adonne bien, il est étonnant de constater que Father John Misty n’a jamais écrit à proprement parler de chanson d’amour. Avec le grand cynisme qu’on lui connaît, se dit-on… Eh ben voilà, un album d’amour au grand complet! Concept. Autour d’une histoire inventée.

[youtube http://youtu.be/A6NuYJ0RzRg&w=360]

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17 février

Marie-Pierre Arthur
Si l’aurore (Simone Records)

Oh qu’on a hâte de l’entendre, celui-là. Si Aux alentours ne nous a pas trahis, cette jeune femme devrait proposer une bombe comme troisième album. Ce qu’on en a entendu jusqu’à maintenant est prometteur. François Lafontaine est aux commandes derrière la console. Va y avoir du clavier. Le premier simple semble avoir été fortement influencé par Fleetwood Mac. En sera-t-il ainsi pour la suite?

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24 février

Galaxie
Zulu

Olivier Langevin a vendu son âme pour le rock. Zulu, nouvel album de son band Galaxie, devrait déchausser. En tout cas, ça promet.

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3 mars

Julie Blanche
Julie Blanche (Coyote Records)

De grandes attentes pour cette jeune auteure-compositrice-interprète finaliste aux Francouvertes et qu’on a vue auprès d’Antoine Corriveau, qui a d’ailleurs participé activement à l’album. Si vous aimez l’univers de ce dernier, vous devriez être là l’aise dans l’univers de Julie Blanche.

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10 mars

 Ariane Moffatt
22 h 22 (Simone Records)

On sait peu de choses sur 22 h 22, à part le fait qu’il y aura un choeur magique et que certaines pièces auront beaucoup de groove. Mais bon, c’est Ariane. Souhaitons juste qu’elle chante en français.

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17 mars

Milk & Bone
(Bonsound)

La paire a beaucoup fait parler d’elle avec uniquement deux extraits. Faut dire que ces deux chansons d’électropop minimaliste avaient de quoi faire jaser. Vous devriez souvent voir les noms de Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin cette année.

[youtube http://youtu.be/BPb3j7Dkn5o&w=360]

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24 mars

Laura Marling
Short Movie (Ribbon Music)

« It’s a short fuckin’ movie, man! » La jeune auteure-compositrice-interprète britannique lancera son cinquième album juste à temps pour les premiers jours du printemps. Ses quatre premiers disques étaient excellents. On ne peut que souhaiter une suite à cette série de succès.

[youtube http://youtu.be/DdCdT_dcmUI&w=360]

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Louis-Jean Cormier
à déterminer

Le successeur du 13e étage devrait être lancé à la fin du mois de mars. On a eu la chance d’en entendre quelques extraits choisis lors de la série de concerts à l’OSQ et les fans devraient être servis, une fois de plus.

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Bien sûr, il ne s’agit que d’un avant-goût, des centaines d’albums seront lancés d’ici le 31 mars. C’est pour ça que nous aimerions que vous nous disiez quels albums VOUS attendez cet hiver. Allez-y, les commentaires sont juste en-dessous!