Daniel Lanois – 10 novembre 2017, Grand Théâtre de Québec

De la visite rare nous attendait au Grand Théâtre en ce frisquet vendredi soir. Il était même surprenant de constater que la salle Louis-Fréchette n’était pas pleine pour le retour en ces terres d’un artiste du calibre de Daniel Lanois. Chose certaine, nous n’allions pas bouder notre plaisir d’y être et comme le dit si bien l’adage, les absents ont toujours tort.

Dès le premières notes, on sent qu’on va assister à du beau et à du grand. Daniel Lanois débute seul sur son instrument et déjà, la magie s’installe. Rejoint par ses acolytes à la batterie et à la basse, un retour vers le passé, plus précisément en 1989, s’impose avec les classiques du premier album ‘Acadie’ soit les ‘Jolie Louise’, ‘Under a Stormy sky’ et ‘O Marie’. La table est mise et joliment, grâce entre autre au service d’un remarquable violoniste du Nouveau-Brunswick. Le trio de musiciens excellera tout la soirée, que ce soit dans les harmonies vocales, les chansons en formule ‘jam’ plus pesantes que dans les pièces jazz expérimental/techno du récent disque de Lanois.

Par ailleurs, le mélange des genres n’a pas semblé plaire à tous les fans réunis dans la salle. En effet, il était parfois déconcertant de suivre l’action sur scène (on se questionne toujours du rôle joué par l’homme dansant derrière Lanois aux consoles). L’ajout d’une caméra vidéo en direct permettait d’apprécier de plus près sur écran géant le travail des musiciens et leur grande cohésion mais l’ajout d’extraits de films aux effets stroboscopes pouvait être agressant pour l’oeil.

Somme toute, ce fut un spectacle d’une grande beauté et profondeur, apaisant et réconfortant d’un côté et dynamisant de l’autre, mené d’une main de maître par un Daniel Lanois au sommet de son art. Un artiste de coeur, entier, grandement touché et influencé par les injustices subies par ses amis autochtones dont on sent la présence constante et qui a définitivement compris le pouvoir de la musique.

 

Daniel Lanois, La Taverne de St-Casimir, 3 novembre 2017

Texte de Stéphane Corriveau, collaborateur invité

 

Premièrement, la Taverne à Saint-Casimir est un de mes deux endroits préférés hors métropole pour voir un spectacle. Son hôte, Daniel Tessier, nous y accueille toujours comme si nous étions dans son salon. Superbe salle, ambiance intimiste, quelques centaines de personnes entassées. Vestige de vieux cinéma et de la salle des Chevaliers de Colomb.

 

À guichet fermé en quelques jours. Une multitude d’instruments, de sa vieille Gibson Les Paul 1953 à réaccorder aux deux chansons en passant par une multitude d’échantillonnages sortis tout droit de son portable. Pour les non-initiés, Daniel Lanois a travaillé avec, entre autres, U2 à la production des albums The Unforgetable Fire, The Joshua Tree et The Achtung Baby, mais aussi à la production d’albums pour Neil Young, Bob Dylan et Peter Gabriel. Une sommité en la matière.

À la surprise générale, Daniel commence sa soirée sur les premiers accords de Jolie Louise, pièce semi-autobiographique et premier succès de son tout premier album, Acadie, paru en 1989, enchaînant ensuite avec O Marie et Under The Stormy Sky. Trois pièces franglaises. La foule est conquise. Les chansons s’enchaînent à la file en toute simplicité. La soirée va bon train.

Daniel multiplie les interventions dans son plus beau français perdu depuis des lustres. Le gens apprécient l’effort.

Ring The Alarm se fait alors entendre. Chanson tirée de son projet Black Dub, solidement appuyée par la voix de Jim Wilson, son bassiste, et qu’il dédit aux femmes autochtones disparues au Canada.

Parmi la foule, plusieurs crient : « The Maker! », « The Messenger! », « Sometimes! ».

« On va toutes vous les faire », répond-il simplement.

Vient alors la partie plus expérimentale de son répertoire électronique tiré de son album Flesh and Machine paru en 2014.

Les gens autour de moi ont les yeux fermés, l’intensité est au rendez-vous.

Retour sur terre.

Daniel prend le micro pour annoncer sa prochaine chanson :
«The next song was written by my good friend Bono. He wrote the word, I’ve done the rest… » Les gens rient. On entend alors Fallen at your Feet tiré de l’album solo de Bono paru en 2000.

Devant la scène, première rangée au centre, une femme semble vraiment apprécier le spectacle, chantant la plupart des chansons.

Daniel la regarde : « Celle-ci est pour la plus belle femme du monde, Shirley. » La dame, visiblement de l’entourage de La Taverne, est euphorique. Il commence, à sa demande, Sometimes.

Une magnifique soirée. Sonorisation de qualité. Artistes généreux. La Taverne sait très bien faire les choses en grand.

Voici les photos de Yoan Beaudet.

[À VOIR] CO-UP/FRAN-CO – Daniel Lanois – « O Marie »

Aujourd’hui, on vous présente un clip un peu particulier, réalisé par un gars dont la tête déborde de projets. Vous y reconnaîtrez quelques visages et surtout, vous y reconnaîtrez la chanson.

Simon Lachance (Raton Lover), Pascal Denis (Whisky Legs) et Yanick Côté (l’instigateur du projet Co-Up) nous offrent ici, en toute simplicité, une magnifique reprise de la chanson O Marie de l’auteur-compositeur-interprète Daniel Lanois.

Co-Up, c’est un projet lancé par Yanick Côté (http://www.whysee.co/), qui nous a décrit son projet comme un mouvement qui met en vedette des artistes de la région de Québec qui jouent ensemble le temps d’un après-midi. Vous aurez compris que FRAN-CO, c’est comme le volet francophone de ce projet. Bien entendu, c’est le genre d’initiative qu’on aime beaucoup à ecoutedonc.ca et nous nous sommes empressés d’offrir notre collaboration pour la diffusion du clip.

On pouvait difficilement trouver mieux comme combinaison pour cette chanson aussi folk que blues.

Le groupe de Simon Lachance, Raton Lover, prépare actuellement un nouvel album qui ne devrait pas manquer de mordant. Ici, on tape du pied avec impatience en attendant.

De leur côté, Pascal Denis et ses Whisky Legs ne cessent de tourner un peu partout pour présenter leur excellent Basement Confessions. Ils seront notamment au Vieux Bureau de poste le 27 février prochain et on vous invite à y faire un tour.