Festival Agrirock – Compte rendu (29-30 septembre 2017)

Ah, Agrirock! J’avais souvent entendu parler (toujours en bien) de toi, il fallait bien que j’aille constater par moi-même ce qui te rend si charmant!

Le Festival Agrirock célèbre l’arrivée de l’automne dans un torrent de décibels qui déferle sur le centre-ville de Saint-Hyacinthe. À partir de son quartier général, le très sympathique bar Le Zaricot, la musique s’invite dans de nombreux lieux (parfois inusités) visités par de non moins nombreux curieux. Rien de trop compliqué, rien de trop grandiose, juste une belle programmation remplie d’artistes qu’on aime découvrir et redécouvrir. Pas de choix déchirants (les shows se succèdent), pas de course contre la montre entre deux lieux (on marche bien davantage ailleurs, d’ailleurs), on peut consacrer tout notre temps à la musique.

Nous sommes donc allés, il y a quelques jours, assister aux deux tiers de la cinquième édition de ce festival qui vient de tomber dans la liste de mes coups de coeur. On a manqué la journée du jeudi (avec Bad Dylan, Georges Ouel, Robert Fusil et les chiens fous ainsi que Tintamare), travail oblige, mais on a manqué bien peu de choses du vendredi et du samedi. On vous présente ça sous forme de léger compte rendu accompagné de quelques photos!

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

Après avoir passé l’après-midi du vendredi à flâner dans le centre-ville (traduction : boire du cidre avec les guêpes au Zaricot), direction Fréquences le disquaire pour un petit tête à tête avec Antoine Corriveau. J’ai vu ce gars-là jouer dans presque toutes les formations possibles à toute heure du jour, mais jamais je ne l’avais vu seul avec sa guitare. Ça fait quand même un petit choc d’entendre toutes ces chansons, d’ordinaire si joliment arrangées, se retrouver toutes nues! S’il avait bien préparé quelques chansons pour l’occasion, au milieu de sa prestation, il a laissé le public choisir… Pauvre de lui, un spectateur lui demande de jouer Corridor, sa si magnifique reprise de la chanson de Laurence Jalbert. Corriveau s’essaie, mais il peine à trouver les bons accords (à sa défense, c’était la première fois que je l’entendais ailleurs qu’à la télé). Un Antoine à la bonne franquette, sans filet, qui s’essaie devant le public. On l’aime de même.

La Carabine – Photo : Jacques Boivin

Direction l’entrée du Zaricot où les rappeurs de La Carabine s’exécutent. C’est énergique, les gars débitent leur flow avec entrain, la présence d’une batterie donne un rythme qui semble plaire aux spectateurs de la terrasse. On est peut-être un peu trop timides pour aller groover devant les gars malgré leurs invitations à le faire, ça ne veut pas dire que le public n’apprécie pas. Je vous avoue que j’aimerais bien les revoir dans un contexte différent (parce que j’avoue qu’entre Corriveau et Tire le coyote, j’étais peut-être pas trop dans un mood pour écouter du rap…).

Tire le coyote – Photo : Jacques Boivin

On retourne chez Fréquences, cette fois pour une prestation qui avait été annoncée à peine quelques jours plus tôt, soit celle de Tire le coyote. Seul avec son fidèle Shampouing, on a pu entendre des versions acoustiques de quelques-unes de ses belles chansons tirées de Désherbage. Le magasin s’est rapidement rempli, même la gang de Matt Holubowski, qui jouait ailleurs en ville ce soir-là (dans un cadre autre que celui d’Agrirock) est passée faire un tour. Comme ce fut le cas avec Corriveau, le plaisir résidait dans l’interprétation toute nue de ces chansons si magnifiquement arrangées sur l’album, le tout présenté avec humour et simplicité, comme toujours. Gros pouce en l’air pour sa Jeu vidéo, adaptation fort réussie de Video Games d’une certaine Lana Del Rey.

On retourne au Zaricot, cette fois pour ne plus en sortir avant la fin de la soirée. On nous avait promis un traitement choc : Chocolat, Duchess Says et Les Breastfeeders.

Chocolat – Photo : Jacques Boivin

Le premier groupe, celui mené par Jimmy Hunt, est toujours plaisant à voir et à entendre. On ne sait pas dans quel mood les musiciens seront (ça va de plutôt sage à complètement déchaîné), mais on sait que ça va être bon. Chocolat nous envoie des tonnes de briques au visage, une brique à la fois. Guillaume Éthier, qui jouait de la batterie avec le groupe pour une première fois, marquait le rythme avec énormément d’assurance. Les fans de Rencontrer Looloo et de Tss Tss en ont eu pour leur argent. Les guitares bien fuzzées nous ont fait bien voyager, à peu près autant que le saxophone de Christophe Lamarche-Ledoux. (En passant, on va pouvoir revoir Chocolat avec Cobrateens et Mauves au Pantoum le 25 novembre prochain… on vous le dit tout de suite, comme ça, vous pourrez mettre ça à votre agenda!)

Duchess Says – Photo : Jacques Boivin

La soirée se poursuit avec le post-punk déjanté de Duchess Says. On a pu entendre les chansons de Sciences nouvelles, le dernier album, ainsi que quelques plus vieux morceaux. On ne vous le cachera pas, la vraie vedette du groupe, c’est sa chanteuse, A-Claude, probablement la meilleure bête de scène qu’on a pu voir tout le week-end. Et les spectateurs le lui ont bien rendu : le job de photographe n’était pas de tout repos avec les mosh pits enthousiastes et spontanés! On se disait qu’après ça, les Maskoutains n’auraient plus d’énergie pour la suite…

On s’est trompé!

Les Breastfeeders – Photo : Jacques Boivin

Notre vendredi soir s’est terminé avec Les Breastfeeders, qui étaient accompagnés d’un « nouveau » guitariste, un certain… Sunny Duval, qui a renoué (avec un plaisir manifeste) avec son ancien groupe! Si Les Breasts n’ont toujours pas de nouveau matériel à nous offrir (on en est encore à Dans la gueule des jours, paru en… 2011), c’est pas grave. On a droit à un show de greatest hits, comme le dit si bien Luc Brien! Pendant plus d’une heure, on danse, on sue, on regarde Johnny Maldoror se pitcher partout, on est juste heureux de retrouver Sunny en train de rocker comme un petit bum. Mais on a quand même hâte d’entendre du nouveau.

Joëlle Saint-Pierre – Photo : Jacques Boivin

Après une bonne nuit de sommeil et un copieux déjeuner, il y avait Joëlle Saint-Pierre qui nous attendait avec son vibraphone et son clavier dans un café santé. Saint-Pierre a pris le temps d’expliquer son instrument (et la différence entre un xylophone et un vibraphone) aux curieux présents pour l’entendre jouer. Il y avait même un ado lui-même joueur de vibraphone qui observait attentivement son jeu. Saint-Pierre chantait ses chansons de sa douce voix qui se mariait magnifiquement bien avec les ondes émises par le vibraphone. Des chansons que vous pouvez entendre sur son fort joli album Et toi tu fais quoi.

Les Louanges – Photo : Jacques Boivin

Je suis passé rapidement voir Vedana qui s’exécutait au marché. Malheureusement, j’ai manqué une bonne partie de la prestation – j’avais laissé quelques éléments essentiels à ma chambre et à mon retour, le groupe avait déjà fini. Dommage, ça jazzait pas mal!

On s’en va ensuite au Bilboquet pour voir Les Louanges en formule Vincent Roberge solo. Une prestation qui m’a surpris par la vulnérabilité de Roberge, d’habitude trop cool (dans le bon sens). Cette fois, sans le groove de ses musiciens, on a eu droit au côté sensible de Vincent. Des sonorités moins jazzées, plus signer-songwriter qui lui vont très bien.

De la Reine – Photo : Jacques Boivin

Pour voir le groupe suivant, on n’avait qu’à traverser la rue et entrer dans une galerie d’art où nous attendaient nos amis de De la Reine. On avait arrangé l’espace d’une drôle de façon : le groupe jouait à l’entrée, et les spectateurs étaient répartis entre l’arrière de la galerie, où on avait installé des sièges, et l’extérieur (on avait ouvert la porte de garage). Derrière le groupe, de belles toiles remplies de couleurs qui accompagnaient bien la musique pigmentée de De la Reine. Le trio de Québec nous a présenté ses chansons pop-rock-groovy-cool qu’on commence à bien connaître. Des morceaux efficacement interprétés grâce à la voix toujours parfaite d’Odile, du jeu de guitare de Vincent et des mains magiques de Jean-Étienne (qui alternent entre sa batterie et son clavier).

Louis-Philippe Gingras – Photo : Jacques Boivin

On avait déjà vu Louis-Philippe Gingras jouer dans un dépanneur, mais là, dans un restaurant spécialisé en shish taouk, on vous avoue qu’on est abasourdi! Difficile de mieux accompagner la poésie savoureuse des chansons du quotidien de Gingras qu’avec une belle odeur de patates à l’ail qui vient nous chatouiller les narines pendant que le troubadour nous chante Tigre géant, cet hymne grandiose à ce grand petit magasin! Gingras était en pleine forme devant un public aussi occupé à écouter qu’à savourer un bon petit début de souper.

Chose que j’aurais dû faire… j’ai eu faim toute la soirée, maudit!

On retourne au Zaricot pour un dernier droit pas piqué des vers et qui commence avec Lydia Képinski, qui me demande, pendant qu’elle s’installe, si je suis pas tanné de la voir. Ben Lydia, pour une fois qu’il ne pleut ou qu’il ne neige pas pendant que je te vois, maintenant que je sais qu’il n’y a pas de risque que la génératrice tombe en panne juste au moment où je peux pleinement profiter de ton show plutôt que de te prendre en photo, non, je ne suis pas tanné!

Lydia Képinski – Photo : Jacques Boivin

Fidèle à son habitude, Képinski se lance avec sa chanson inspirée des Mystérieuses cités d’or (que les spectateurs chantent avec entrain le moment venu). Oui, il y a bien eu quelques chansons de son EP (divine Brise-glace avec une finale pendant laquelle Blaise Borboël-Léonard se déchaîne au violon, et toujours trépidante Andromaque), mais on a aussi entendu sa reprise space des Temps fous, de Daniel Bélanger. J’ai même eu droit à Pie IX (que je ne me souviens pas d’avoir entendue à Québec)! Mais pas d’Apprendre à mentir, qui est probablement sa plus connue. En revanche, un gros direct au menton de Mélanie Joly et de nombreux sourires! Et quelques fans à l’avant qui connaissaient les chansons de Lydia par coeur (je te jure, y’avait pas juste moi).

Gros soleil – Photo : Jacques Boivin

Gros Soleil était mieux connu sous le nom de Les Truands. Le groupe originaire du coin avait visiblement de nombreux amis sur place, parce que ça communiquait beaucoup dans les deux sens, toujours dans la bonne humeur. La prestation a été divisée en deux : la première avec le matériel de Gros Soleil, la deuxième avec celui (et la formation) des Truands. Une heure pendant laquelle on a touché à pas mal toute la palette du rock. Un show qui a fait plaisir aux fans, qui se donnés à fond!

Pour le clou de la soirée au Zaricot, on nous a réservé une primeur : le grand retour de Keith Kouna en solo!

Keith Kouna – Photo : Jacques Boivin

Un Keith Kouna qui aurait bien pu annuler son spectacle : un petit Kouna est venu au monde il y a à peines quelques heures et le chanteur avait très peu dormi ces derniers jours! Quoiqu’avec la prestation qu’il a donnée, on se dit qu’une chance que Kouna n’était pas en forme… Comme toujours, l’auteur-compositeur-interprète a communié avec son public pendant que ses (excellents) musiciens ajoutaient de la couleur à ses tableaux pas toujours jolis de la société dans laquelle on vit. Si on a eu droit à quelques morceaux choisis de son nouvel album (qui paraissait quelques jours plus tard), on a aussi eu droit à de nombreux classiques qui ont permis aux spectateurs de se défouler à fond. Parmi les nouvelles, il y a cette Vache, qui risque d’entrer dans vos têtes pour ne plus jamais en sortir.

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Mais le vrai clou de la soirée, c’était Gab Paquet! D’ailleurs, vous me pardonnerez si je suis bref, c’est que voyez-vous, une fois de temps en temps, il est plus plaisant de participer au spectacle que de l’analyser. Surtout quand on peut danser comme s’il n’y avait pas de lendemain en criant les paroles des chansons comme 90 % des spectateurs présents. Cathartique. Et rempli d’amour.

Une fois le spectacle fini, direction le lit. C’était déjà la fin. Deux jours qui ont passé follement vite, même si l’ambiance d’Agrirock est plutôt relaxe. Aucun show en opposition, aucun choix déchirant. Une programmation linéaire, mais variée et équilibrée qui a donné une longue série de bons moments.

Chapeau à la petite gang d’organisateurs d’Agrirock qui font visiblement ça pour l’amour. De la musique, mais surtout de leur ville, qu’ils animent toute l’année durant!

Ça finit bien un gros été de festivals. En graffignant en douceur!

 

[PHOTOS] Signaux de nuit (Bernardino Femminielli et Duchess Says), 11 juillet 2017

Texte et photos : Joanie Paquet

Bernardino Femminielli

En première partie de Duchess SaysBernardino Femminielli a donné une prestation surprenante et haute en émotion. Dans une ambiance sombre,  Bernardino était vêtu d’un débardeur scintillant entre-ouvert laissant voir de la peau avec des culottes de cuir assez serrées où l’on pouvait y voir un sous-vêtement dans le style «BDSM». Dans son rôle d’homme sans genre, il se trémoussait de manière provocatrice sur la scène.

Pour ma part, c’était la deuxième fois que j’avais l’occasion de le voir en spectacle,  je savais quel type de réaction il pouvait susciter. Je savais qu’il ne fallait pas être choqué, mais plutôt être amené à se questionner. Ça me faisait plaisir de voir que certains étaient sceptiques au départ. Malgré tout, ils ont vite compris et se sont laissé emporter dans le délire de l’artiste pour danser avec lui.

Au programme : des textes puissants et poétiques, dirigés par une voix caverneuse et lourde, et accompagnés par des explorations sonores éclectiques allant du disco à l’électro qui laissaient place à des sons imprévisibles. Sans oublier une présentation vidéo composée d’images percutantes accompagnant des textes murmurés issus de l’album Plaisirs Américains.

Duchess Says

Encore un peu engourdie par la prestation précédente, j’avais très hâte d’enfin voir un spectacle des Duchess Says. Mes attentes étaient assez hautes en regard aux bons commentaires à leur sujet et surtout à propos de l’intensité de la chanteuse sur scène.

C’est avec la chanson Poubelle que tout a commencé et, pour combler mes attentes, la chanteuse affichait une forme explosive. À peine les canons de décibels avaient fait feu qu’elle scandait à la foule : «Saran-wrapez moi ça !».

Ils m’ont semblé habitués par cette demande, car la foule s’est empressée de prendre le rouleau énorme prévu à cet effet pour ensuite se «saran-wraper» entre eux tout en ouvrant une séance de slam. En enchainant les chansons de leur plus récent album Sciences nouvelles, sorti en 2016, Duchess Says a imposé un délire infernal et mené le party dans le lieu tout au long de la soirée!

[SPECTACLE] Duchess Says + Violence + Technical Kidman, La Shop du Trou du diable – Salon Wabasso, 24 février 2017

Vendredi le 24 février dernier avait lieu, à la Shop du Trou du diable – Salon Wabasso – à Shawinigan, un programme triple. Une soirée dans laquelle sons industriels, EDM (electronic dance music), new wave, punk et alternatif ont embrassé la salle d’une atmosphère théâtrale, vaporeuse et étouffante. Donc, on oublie les termes « feutré » ou « chatoyant »…

Technical Kidman  

Technical Kidman – Photo : Adrien Le Toux.

La tâche d’inaugurer ce triple programme revenait à ce trio montréalais. Je dois vous avouer quelque chose, son disque Something Stranger Coming on the Horizon a été une vraie claque dans ma face (merci Poulet Neige pour ce moment délicieux de masochisme!). Inutile de dire que j’étais fortement curieux de découvrir la formation sur scène…

Le groupe, formé de Mathieu Arsenault (voix et arrangements), Pierre-Luc Simon (batterie) et Thomas B. Champagne (claviers et arrangements) ont livré des chansons inédites. Même si Technical Kidman n’a pas la même notoriété que Duchess Says, les spectateurs se montraient attentifs et évitaient de parler comme s’ils étaient dans un café-bistro.

Le groupe s’est montré fidèle à son univers avec les nouvelles compositions. Un univers marqué par des échantillonnages, des voix ralenties et robotiques, des percussions puissantes et des notes électroniques lancinantes. Même le merci d’Arsenault, lancé après la pièce Mercedes, était travaillé pour produire de l’écho. Élément toutefois surprenant, mais qui a été bien intégré : une guitare électrique pour Construction. Une pièce aux effluves trip-hop malgré l’instrument à cordes.

Une belle surprise! Déroutant certes, mais il ne faut pas s’attendre à ce que le trio offre une « doudoune » musicale.

Violence

Violence – Photo : Adrien Le Toux.

Ce groupe, qui succède Technical Kidman, est formé d’Éric Trottier et de Julie Morand-Ferron. Les deux artistes, originaires de la ville hôte, mais ayant déménagé à Montréal, puis à Oxford en Angleterre pour s’installer finalement à Ottawa, ont fait succéder avec leurs synthétiseurs et programmateurs des pièces s’enfilant comme la liste musicale d’un disc-jockey.

Le duo a propulsé des sons évoquant Nine Inch Nails pour ensuite nous emmener vers un territoire sonore à la Human League. Une proposition mélodique provoquant une dissonance cognitive avec le décor boisé de la Wabasso. Une fois habitué par ce clash audio-visuel, il suffisait d’accepter l’impression de participer à une fête musicale se déroulant dans un grand chalet en pleine forêt.

Je ne sais pas si c’est volontaire de la part du duo, mais il était très difficile d’entendre les paroles. On avait l’impression de capter une voix sortant d’une paire d’écouteurs à moitié branchée. Pourtant, l’écriture concise et très imagée de ce dernier aurait mérité d’être clairement entendue. Sinon, cette portion du spectacle a été une belle révélation.

Duchess Says

Faire place à ce groupe, c’est s’attendre à… Non, on ne s’attend à rien en fait!

Une foule prête à tout, surtout la partie qui s’est massée devant la scène, prête à accueillir le pivot de la soirée. Que ce soit le trucker barbu ou encore l’admiratrice en mode gothique, A-Claude (voix, clavier Korg), Ismaël (clavier, guitare), Phil Clem (guitare, basse) et Simon Says (batterie) étaient déterminés à leur brasser non seulement la cage, mais tout ce qui allait autour aussi.

Autant la première pièce Poubelle était chargée dans les arrangements, autant Inertia, P.I était davantage mélodieux, comme sur l’album Sciences Nouvelles, leur plus récente galette. Musicalement, il n’y a pas de réarrangements ou réorchestration spéciale. Si on aime les versions studios, on risque de se remémorer des versions scéniques. Bien sûr, ça suppose la fameuse énergie du direct, mais aussi parce que les musiciens ne badinent pas avec la scène. Ils la bouffent carrément. Même qu’au lieu d’être rassasiée, A-Claude décide de dévorer le quatrième mur à partir de la pièce Negative Thoughts. Et ce n’est ici qu’une des nombreuses manifestations du règne de celle qui est devenue l’Impératrice de la Wabasso le temps d’une soirée.

En chantant New York, la musicienne se permet même d’enrouler le public avec du gros ruban adhésif gris (duct tape) ou encore de le faire asseoir par terre. Elle se pare même d’une espèce de toge blanche, confirmant symboliquement son statut de papesse du rock québécois.

Par ses mimiques, ses yeux grands ouverts, le recours de la voix rauque jusqu’au timbre haut perché, il faut dire que l’esprit de la chanteuse allemande Nina Hagen s’est emparé d’A-Claude. Toutefois, la dernière fait passer la première pour une maniaque de tranquillisants! C’est dire…

De leur côté, ses collègues musiciens démontrent beaucoup de plaisir sur scène. Même si le groupe existe depuis 2003, la chimie semble toujours opérer entre ses membres.

Dire que la soirée a été mémorable, c’est vraiment cliché. C’est juste complètement autre chose. Le genre de chose dont nous ne sommes pas sûr du niveau d’appréciation au début, mais qui se relève fantastique lorsque nous laissons nos appréhensions et attentes dans le vestiaire.

P.S. : UN GRAND MERCI À PHIL CLEM POUR LA LISTE MUSICALE. Il faut dire qu’il a même accepté de verser de la bière dessus pour me laisser un souvenir de la soirée! Cette liste est disponible dans la galerie photo ci-bas.

Voici les photos de Adrien Le Toux.

 

[PHOTOS] Duchess Says à l’anti

Crédit photo: Catherine B photographie

C’est à l’occasion du lancement de l’édition 2017 de la revengeance des duchesses que Duchess says s’est présenté à Québec jeudi dernier. C’est après un lancement ludique et de performances libres, parait-il je n’y étais pas, mais tout le monde semblait bien satisfait et prêt à faire la fête au moment où le groupe est monté sur scène.

Puis là, 27 ans trop tard, je découvre c’est quoi le phénomène Duchess says. Salut l’énergie, la prestance de la chanteuse, le fun pis tout ce que tu veux. Je sais pas trop comment on en est arrivé là, mais il y avait des gens qui dansaient dans une barboteuse en plastique pis des bâches bleues et blanches qui se lançaient à travers la foule.

Donc, Estelle, duchesse de St-Suave et moi avons décrété que nous ne manquerions jamais plus un spectacle de Duchess says.

[SPECTACLE] Duchess Says (+ Enfants Sauvages et Avec le soleil sortant de sa bouche), Le Cercle, 5 novembre 2016

Photos par Jacques Boivin

Samedi dernier, Duchess Says a lancé, au Cercle, son troisième album Sciences Nouvelles, paru au mois d’octobre. La venue à Québec du groupe montréalais semblait être vivement attendue par plusieurs. Ils ont interprété surtout des chansons de ce nouvel album, ouvrant avec Inertia, mais enchaînant avec Tenen non neu, un « classique », qui déchaîna l’enthousiasme du public. Nous avons aussi pu entendre Negative Thoughts ou encore I Repeat Myself.

Le Cercle, 5 novembre 2016
Duchess Says

L’énergie d’Annie-Claude, ses grands yeux, l’intensité de son regard ainsi que son côté excentrique contrastent avec l’allure turquoise et sage de sa robe. Elle descend dans le public, se fait porter par lui, tout en chantant et termine le concert assise au milieu de la foule énergique qui dansait, sautait et faisait du body surfing toute la soirée. Les musiciens firent aussi monter sur scène les spectateurs qui voulaient bien se joindre à eux et on sentait une connexion entre eux et le public.

Le Cercle, 5 novembre 2016
Enfants sauvages

En première partie, nous avons entendu, et très fort, d’abord Enfants Sauvages, groupe punk de Québec qui annonça d’entrée de jeu leur refus d’obéir à la demande qui leur avait été faite d’être « sages ». Ils jouèrent avec beaucoup d’énergie malgré le fait que le public, qui ne les connaissait pas, se montrait un peu froid. Ce dernier finit tout de même par s’animer au cours de la performance.

 

Le Cercle, 5 novembre 2016
Avec le soleil sortant de sa bouche

Ils furent suivis d’Avec le Soleil Sortant de sa Bouche, groupe montréalais qui était aussi une nouvelle découverte pour plusieurs d’entre nous. Ils ont été appréciés et ont  continué à créer une ambiance énergique en faisant bouger le public.

 

 

Un « Coup de grâce musical » à la saison des festivals

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Depuis quelques années déjà, la saison des festivals se termine pour plusieurs dans un petit village du Lac Saint-Jean situé entre St-Félicien et Mashteuiatsh où quelques centaines de personnes se rassemblent dans une grange pour célébrer une dernière fois la grande messe du rock avant l’arrivée de la neige. Fondé par le promoteur Pierre Thibault et Noël Fortin (le père de Fred), le Coup de grâce musical revient cette année du 9 au 11 octobre pour une septième édition. La programmation a été annoncée il y a déjà quelques semaines, mais on va s’y attarder parce qu’elle en vaut la peine, surtout si vous n’avez pas couru tous les festivals de l’été.

Galaxie - Photo : Jacques Boivin
Galaxie – Photo : Jacques Boivin

Le vendredi, La Grange célèbrera le stoner rock en accueillant Prieur & Landry, Sandveiss et Galaxie. Une soirée qui va brasser. En fin de soirée, c’est le garage psychédélique de Ponctuation qui sera à l’honneur à l’hôtel Saint-Prime.

Samedi, le vague de rock continue avec Les FusesPoni et Duchess Says dans La Grange. Au Vieux Couvent, on pourra voir Les Revenants et Mara Tremblay. Pour finir la soirée, on aura droit à un traitement spécial à l’hôtel St-Prime : un traitement Deuxluxes.

Le dimanche, on pourra voir Francis Faubert et Betty Bonifassi, qui achèvera le public de la grange avec son énergie unique.

Fait à noter, il n’y a pas de laissez-passer cette année, misant plutôt sur la vente de billets pour chacun des spectacles.

Pour en savoir plus sur Le Coup de grâce, visitez le site Web et la page Facebook de l’événement.

Les billets sont en vente ici : Billetterie

[FESTIVAL] FME 2015, Jour 2 en images

Deuxième journée au FME, le soleil toujours d’attaque, des nouveaux arrivants dans Rouyn et une panoplie de spectacles surprises ! Un bon matin de la part des organisateurs pour annoncer Philippe Brach à 12h45 en performance impromptue. Le traitement des photos ira à plus tard. Quelques difficultés me poussent à malheureusement manquer le lancement de ce dernier à 17h ainsi que celui de Philémon Cimon. S’cusez moi !

20h, premier concert d’une grosse soirée: PONI. À ma surprise, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus intense mais FS vous en parle plus en profondeur juste ici. S’en suit nos très adorés PONCTUATION, je ne compte plus les fois où j’ai assisté à leurs spectacles. Toujours aussi excellents mais cette fois-ci avec une touche de folie et d’intensité de plus. C’était parfait. Il est seulement 21h45 et pourtant je me sens déjà comblée mais voilà qu’arrive sur scène les très attendus Duchess Says. Une autre performance que j’attendais impatiemment, Annie-Claude se montre un peu plus calme contrairement à ses habitudes mais tout de même, que du plaisir à photographier ! J’arrive ensuite juste à temps pour Navet Confit, un autre de mes coups de coeur du festival: je l’adore. Je me suis rendue à Peregrine Falls pour un petit 30 minutes, j’avais peur de manquer les Fleshtones. Finalement à mon arrivée au Diable Rond, c’était déjà très rempli et le souper m’appelait. Je vais retenter ma chance ce soir !

Consultez aussi le compte-rendu de Karina qui s’est amusée à l’agora, c’est par ici !

Photos: Marion Desjardins/Llamaryon pour ecoutedonc.ca