[SPECTACLE] Nuits FEQ (Klô Pelgag, Emilie & Ogden, Helena Deland), L’Impérial, 2 mars 2017

Le public de Québec était convié à toute une nuit FEQ à l’Impérial jeudi soir. Trois femmes au talent débordant venaient se succéder sur scène au plaisir du public, qui faisait d’ailleurs salle comble.

Helena Deland – Photo : Jacques Boivin

Déjà, dès les premiers accords d’Helena Deland, le premier parterre était compact et attentif. Il faut dire qu’en très peu de temps, Deland a gagné en aplomb; ou est-ce la salle qui lui sied mieux que le Petit Impérial quelques mois plus tôt? Rapidement, ses ballades envoûtantes et sa voix encline aux mélodies accrocheuses ont conquis l’auditoire. À voir les regards approbateurs autour, on a la confirmation que Helena Deland a bien saisi l’occasion de faire découvrir sa musique. Les musiciens, quant à eux, la soutiennent efficacement, ajoutant une certaine lourdeur à la proposition de la jeune chanteuse originaire de Québec. Ce rôle parfois ingrat de première partie de la soirée s’est avéré rempli à merveille par Deland; il faut dire qu’elle semblait médusée de se tenir debout sur cette scène où elle avait, selon ses dires, vu nombre de concerts. Elle a joué quelques pièces de son premier EP, Drawing Room, et à l’écoute des nouvelles chansons, la suite risque d’être fort intéressante.

Emilie and Ogden – Photo : Jacques Boivin

Émilie Kahn, la harpiste derrière le projet Émilie & Ogden, suivait sur les planches de l’Impérial. Elle a principalement défendu son excellent premier disque, 10 000, emplissant la salle de ses mélodies oniriques et délicates. Elle est soutenue par deux excellents musiciens, Dominic Lalonde (guitare et basse) et Francis Ledoux (batterie), qui officiait à nouveau sur scène puisqu’il accompagnait également Deland. Ce soutien se fait tout en finesse, laissant toute la place aux pincements de son gracieux instrument. Elle a aussi profité de l’occasion pour jouer une nouvelle chanson où elle construisait tranquillement un moment musical envoûtant à l’aide de boucles savamment superposées. Tout ça dans une ambiance feutrée qui commandait une écoute exemplaire, ce à quoi la foule s’est pliée sans difficulté tant la jeune chanteuse montréalaise a su être convaincante.

Klô Pelgag – Photo : Jacques Boivin

Un orchestre de cinq musiciens composé d’un trio de cordes (Fany Fresard, Lana Tomlin et Marianne Houle), de François Zaïdan à la basse et aux autres instruments et de Charles Duquette à la batterie s’est présenté sur scène sous le rythme frénétique de la pièce Insomnie, tirée du tout dernier disque de la très attendue Klô Pelgag. Cette dernière a fait son apparition sous une salve d’applaudissements, avec un accoutrement digne d’elle-même; un costume qui permet d’ajouter et d’enlever des peluches à l’aide de velcro, tout ça sous une gigantesque cage thoracique.

Klô Pelgag – Photo : Jacques Boivin

S’il y a beaucoup d’artifices sur scène et un désir d’y aller d’interventions délibérément décalées entre les chansons, ce n’est assurément pas pour camoufler un manque de préparation musicale. Dès les premières notes, Klô Pelgag a montré une maîtrise totale de son instrument de prédilection : sa voix. Elle l’utilise d’une manière fort originale, y allant de puissantes inflexions que confère aux mélodies une exquise singularité. Le trio de cordes fait un travail d’accompagnement essentiel. Plusieurs gros coups de cœur ont ponctué le début du spectacle; pensons à la pièce Le sexe des étoiles ou à la plus vieille La fièvre des fleurs avec sa mélodie très cabaret. D’ailleurs, ces pièces issues de L’alchimie des monstres obtenaient des réactions particulièrement bruyantes de la part des spectateurs. La chanteuse nous a aussi expliqué la genèse de la pièce Au musée Grévin, écrite après avoir vu une publicité dudit musée avec des répliques de George Clooney, Céline Dion et… Guylaine Tremblay. Ce « clash » était suffisant pour inspirer cette pièce habilement soutenue par le trio de cordes.

Illustration de Arielle Galarneau – Klô est perchée dans sa cage tragique.
Klô Pelgag – Photo : Jacques Boivin

Le spectacle a défilé à un rythme fou, se terminant par un gros trio de chansons : la somptueuse Samedi soir à la violence, Nicaragua et Les ferrofluides-fleurs, classique instantané s’il en est un. La troupe est revenue pour interpréter la pièce Au bonheur d’Edelweiss avant de ré-imaginer une reprise de Zombie des Cranberries avec les membres des premières parties. C’est le batteur Charles Duquette, en bedaine, qui interpréta ce classique, se sacrifiant volontairement pour le plaisir amusé de la foule. Et du plaisir, il y en a eu en cette magnifique soirée musicale. Un énorme programme qui dépassa sans aucun doute les attentes du plus réticent mélomane.

[SPECTACLE] Émilie & Ogden + Marianne Poirier, Trou du Diable, 29 novembre

C’est avec douceur et réconfort que la soirée du mardi le 29 novembre s’est déroulée. Avec une légère neige tapissant le sol québécois en cette fin du mois de novembre, les gens n’ont pas eu froid aux yeux pour se déplacer direction Shawinigan. La chaleureuse ambiance de la Salle Wabasso de la Shop du Trou du Diable accueillait, presque à salle comble, Émilie & Ogden avec comme première partie la talentueuse et charmante Marianne Poirier. On ne peut omettre de mentionner que les bières du Trou sont toujours un vrai délice !

Le spectacle débute avec une agréable et intrigante jeune demoiselle du nom de Marianne Poirier. Sa candeur et sa sensibilité se côtoient dans un acoustique folk, alternatif. Sa douce voix vient nous bercer, nous cajoler; tant en français qu’en anglais. Elle est empreinte d’une mélancolie qui nous transporte dans un univers atmosphérique et planant. Attachante et émouvante, elle nous offre sa poésie de l’âme sensible. Voici un aperçu de son émouvante poésie : « et le soleil crève les yeux comme la vie submerge l’océan de nos existences ». Elle joue de la guitare tantôt en acoustique, tantôt plus électrisante, mais toujours dans la simplicité. Son souffle est comme une longue vague qui déferle lentement sur notre intérieur pour apaiser; on dirait même qu’il nous flatte. Marianne est craquante lorsqu’elle confie « on m’a dit que je devais m’assumer plus sur scène, c’est pas facile… c’est parce ce que je suis gênée ». Juste avant de quitter, elle a offert la 3e pièce, Révolutionnaire, de son magnifique EP sorti en avril 2016 . D’ailleurs, la couverture de la pochette est une coquette illustration faite de la main d’une artiste trifluvenne Mathilde Cinq-Mars. Elle prend la peine de remercier le public de son respect, du silence, de l’écoute, en plus d’être honorée d’ouvrir pour Émilie et Ogden. Cette petite femme est une future grande artiste à surveiller.

Pour faire les présentations, la tant attendue Emilie Kahn ainsi que sa harpe ; Ogden, étaient accompagnées de leurs musiciens Dominic Lalonde (guitare, basse et voix) et Francis Ledoux (batterie et voix). Sa fierté la rattachant à son band se ressentait. On comprend mieux lorsqu’on sait qu’ils reviennent tout juste d’une tournée européenne, assurant la première partie pour le groupe montréalais Half Moon Run. Émilie & Ogden et ses musiciens ont pu fouler le sol européen, pour revenir par les États-Unis. Un parcours captivant lie la jeune femme, sa précieuse harpe et ses musiciens; que se soit ses prestations au festival NXNE à Toronto, celles au Festival International de Jazz de Montréal l’été dernier ou encore ses premières parties pour Half Moon Run et Patrick Watson. La compositrice-interprète Kahn a réalisé un tout premier album vers octobre 2015, intitulé Ten Thousand, faisant suite à un EP lancé deux ans plus tôt. Produit, par Secret City Records, il a été enregistré au fameux studio B-12 de Valcourt avec son batteur Francis Ledoux et réalisé par Jesse Mac Cormack. Sa voix est en parfaite harmonie avec sa harpe celtique (fabriquée par Lyon & Healyet). Elle s’offre à nous en anglais parfois avec douceur et incertitude, mêlés à sa belle assurance. Définitivement, sa délicatesse se dévoile à travers une touche parfois pop, folk et même jazzy. Son faible pour la pop sucrée a fait craquer pas mal d’internautes avec sa reprise totalement personnelle de la pièce Style de Taylors Swift, qu’elle nous a d’ailleurs jouée. Son charme et sa grâce étaient totalement envoûtants. Une voix hypnotisante et des effets assez intrigants qu’elle manie si habillement avec sa harpe. Elle poursuit sa tournée au Québec ce qui vous laisse encore quelques chances pour vous procurer des billets et la voir en spectacle…si ce n’est déjà fait. Vous pouvez le faire ici : https://www.songkick.com/artists/6059449-emilie-and-ogden/calendar

Vous pouvez admirer les jolies photographies d’Adrien Le Toux.

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[PHOTOS] Emilie & Ogden (+ Marianne Poirier), Le Cercle, 5 mai 2016

Belle soirée toute en douceur ce jeudi 5 mai dernier alors que nous recevions une nouvelle fois la talentueuse Emilie Kahn, sa harpe Ogden et ses musiciens (solides Dominic Lalonde et Olivier Bernatchez) dans un Cercle investi par des mélomanes de tous genres et de tous âges.

Elle me semble beaucoup plus sûre d’elle, cette Emilie qui s’installe, les yeux brillants, aux côtés de sa belle brune. Les spectateurs, qui n’ont d’yeux que pour elles, se laissent transporter par les airs envoûtants de 10,000, le premier album d’Emilie & Ogden. Sa version aérienne (et vraiment personnelle) de Style, de Taylor Swift, a encore fait mouche. Surtout, ses propres chansons étaient tout le temps accueillies chaleureusement.

En première partie, Marianne Poirier, qui était accompagnée d’Anthony Cayouette, a attiré l’attention des spectateurs avec ses belles compositions interprétées avec brio. Son folk-pop à la Julia Stone a vraiment tout pour plaire, qu’elle chante en anglais ou en français. Elle sera d’ailleurs à la Librairie St-Jean-Baptiste le 18 mai prochain, un lieu parfait pour l’écouter religieusement!

 

[SPECTACLE] Emilie & Ogden au Moulin Michel le 29 avril 2016

Nous avons eu la frousse de ne jamais voir Emilie & Ogden vendredi dernier puisqu’elle avait annulé son spectacle à La Taverne de St-Casimir quelques jours avant pour cause de maladie.

L’artiste, qui séduit instantanément son public en l’envoûtant avec sa harpe, a donné un magnifique spectacle sur la charmante scène du Moulin Michel de Gentilly le 29 avril dernier.

Vous pouvez aussi lire le résumé de Adrien Le Toux lors du passage en Mauricie de Emilie & Ogden en 2015. 

Notre photographe Yoan Beaudet s’est rendu sur place. Voici son résumé en images :

[Bourse RIDEAU] Emilie & Ogden + Basia Bulat + Foreign Diplomats, Le Cercle, 17 février

C’était presque la nuit. Il était dépassé 22h30 quand je suis arrivée au Cercle pour m’installer aux premières loges du triple plateau de haut calibre présenté par Scène 1425. J’ai oublié ma fatigue à l’entrée. C’était mon dernier arrêt à Rideau cette année, j’allais dormir plus tard. Après tout, ce n’est pas tous les jours que Safia Nolin et Fred Savard fréquentent le même party.

Emilie & Ogden

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Emilie & Ogden

Une petite volière, à l’intérieur de laquelle une lumineuse ampoule était suspendue, se trouvait devant l’imposante harpe Ogden. Emilie Kahn s’est installée derrière son instrument, puis a fait courir ses doigts entre les cordes avec une impressionnante agilité et la grâce d’un cygne. On a aussitôt reconnu la mélodie ensorcelante de la pièce-titre de son album 10 000.

Le Cercle fut immédiatement plongé dans une ambiance nocturne, magnifiée par les fioritures vocales d’Emilie. Se sont ensuite succédées, comme un rêve éveillé, les compositions Long Gone, Blame, What happened et White Lies. Les dernières notes de la harpiste résonnaient dans le silence pour nous bercer. Après une timide salutation, elle s’est éclipsée et on est revenu à la réalité.

Basia Bulat

Basia Bulat
Basia Bulat

Après avoir rêvé avec Emilie & Ogden, un magnifique contraste est survenu alors que Basia Bulat a fait renaître le jour sur scène avec sa folk-pop ensoleillée. Venue présenter son quatrième opus Good Advice, sorti quelques jours auparavant, elle est apparue toute minuscule avec sa robe, scintillante et colorée, aux formes géométriques éclectiques. Le nouvel album de Basia tournait en boucle chez moi depuis sa parution et j’avais plus que hâte de le voir prendre vie sur scène. Entourée de son armée de quatre musiciens (claviériste, batteur, bassiste et multi-instrumentiste), elle a commencé à gratter sa guitare électrique sur l’accrocheuse Fool. Le parterre était déjà conquis.

Avec un accent des plus mignons, Basia s’est adressée à la foule dans un français quasi impeccable. «Ça fait quatre ou cinq fois qu’on vient ici au Cercle. Je m’excuse pour mon français. J’ai déménagé à Montréal il y a un an et demi, donc il faut que je pratique plus. Merci à l’avance pour votre patience avec votre nouvelle québécoise. Ce soir, on va jouer toutes des chansons nouvelles…euh nouveaux ?», s’est questionnée avec humour l’attachante artiste.

Basia Bulat est ensuite descendue de scène pour chanter Let Me In dans le public (j’ai même eu le privilège de partager quelques mouvements de danse avec elle). C’est à ce moment que j’ai réalisé que cet album était bien différent de ses précédents en spectacle. L’auteure-compositrice-interprète est beaucoup plus dynamique et se permet d’aller plus loin sur le plan scénique.

Lorsqu’elle est remontée sur les planches, elle s’est mise à jouer du clavier, puis s’est emparée de sa tambourine en sautillant vigoureusement dans tous les sens. Sa voix, légèrement éraillée, conservait toutefois une justesse irréprochable. L’artiste nous a invités à se rapprocher de la scène pour se laisser aller sur la dansante La La Lie, puis a ralenti la cadence avec la pièce maîtresse Good Advice. Pour clore sa prestation, Basia a interprété une de mes pièces préférées sur l’album, Infamous. «Merci, à la prochaine!», a-t-elle lancé le sourire aux lèvres. On se croise les doigts très fort pour un retour imminent de Basia à Québec!

Foreign Diplomats

Foreign Diplomats
Foreign Diplomats

À la suite d’une entrevue tripante avec eux en début de soirée, j’avais vraiment hâte de voir pour une énième fois le spectacle du jeune quintette composé d’Élie Raymond (guitare, voix), Antoine Lévesque-Roy (basse), Thomas Bruneau-Faubert (trombone, synthés), Charles Primeau (guitare) et Emmanuel Vallières (batterie). Ils ont ouvert en grand avec la pièce You Decide, tirée de leur EP homonyme. Chaque fois, je suis soufflée par leur énergie et leur dépassement sur scène. Avec eux, c’était garanti que la fin de soirée allait lever, même si tout le monde était cerné!

«Ça a l’air que le party, ça fait longtemps que ça dure ici à Rideau. On est vraiment contents d’être ici, vous n’avez pas fini avec nous! Plus tard en soirée, Antoine, notre bassiste, va se mettre tout nu juste pour vous. La prochaine chanson parle justement de ça», a plaisanté Élie, avant de s’attaquer à Lily’s Nice Shoes!, une composition de leur excellent premier album Princess Flash.

Le Cercle est ensuite devenu le théâtre musical d’une longue pièce aux sonorités lyriques, Drunk Old Paul (And His Wild Things), également issue de leur opus. Mais, ce n’était qu’une apparence d’accalmie avant la tempête. En effet, le groupe a invité Emilie Kahn à se joindre à eux pour la dernière chanson de la soirée, Queen + King, qui a terminé ce circuit de nuit sur une note plus que festive. Les musiciens et la musicienne se donnaient à fond sur scène en hurlant «The king is dead!» à s’en vider les poumons. Un moment mémorable frôlant l’apogée musicale.

*Mention spéciale à Thomas pour ses «stépettes» hors de ce monde et sa capacité à ne pas se fouler une cheville et/ou se déboîter une épaule. Tu as tout mon respect.

 

 

 

[À VOIR] Emilie & Ogden de retour à Québec le 5 mai

Nos amis du Cercle vinnent d’annoncer le retour à Québec de la talentueuse Emilie Kahn (et de sa harpe Ogden) le 5 mai prochain.

La jeune auteure-compositrice-interprète fait présentement le tour des États-Unis où elle joue en première partie de Half Moon Run. Puis elle ira terminer la saison froide en Europe, où 10,000, son premier album, n’est pas passé inaperçu.

Nous avions bien aimé l’album, nous aussi, et nous avons eu la chance de nous entretenir avec Emilie quelques minutes avant le spectacle qu’elle a donné en octobre dernier.

Les billets sont en vente dès vendredi!

[SPECTACLE] Emilie & Ogden de passage en Mauricie

Après nous avoir charmés cet été au Festivoix, Émilie Kahn a fait un retour qui n’est pas passé inaperçu dans la région. Le public est venu en nombre au Trou du Diable et au Temps d’une Pinte pour l’accueillir. Plus aucun billet n’était disponible et les chaises ont manqué.

Émilie Kahn n’a cependant pas été la seule à profiter de ce public qui a également eu la chance de voir deux premières parties. Au Trou du Diable, le groupe Cosmophone interpréta ses compositions présentant un harmonieux mélange de rock, de jazz, d’électro et de pop alors que Joe’s Paperboat fit entendre sa chaleureuse voix au Temps d’une Pinte.

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Lorsque Émilie Kahn commença à jouer, toute l’attention du public était rivée sur elle et tout le monde se tut pour profiter de la magnificence du son de sa voix et de sa harpe Ogden. Elle nous a tout simplement envoûtés en interprétant l’ensemble de son album intitulé 10 000 et sa reprise de Style de Taylor Swift. Nous avons même eu la chance d’entendre en rappel un morceau inédit que j’aimerais bien voir présent sur le prochain album.

La beauté de ses pièces a touché tout le monde et les émotions ont été partagées entre Émilie Kahn et le public. Tout le monde était heureux d’être là et Émilie, très à l’aise avec le public, en profita pour nous raconter des anecdotes et faire des traits d’humour. Ce fut d’ailleurs le cas lorsqu’elle a présenté ses musiciens : un guitariste qui joue du plus petit piano au monde et un batteur qui joue d’une batterie de taille bien normale. Je pourrais aussi vous relater ce qu’elle nous a confié sur l’enregistrement de son album ou la réalisation du clip de What Happened, mais je vais garder le silence. Je préfère vous laisser la chance de le découvrir lors d’une de ses prestations.

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Je n’ai plus qu’à vous faire un aveu. J’ai eu la chance de la voir deux soirs de suite et si c’était à refaire je le referais. Je vous dirais même que je n’attends qu’une chose : c’est qu’elle revienne en Mauricie pour pouvoir la revoir. Je ne pense d’ailleurs pas être le seul ainsi puisque d’autres l’ont suivi de Shawinigan à Trois-Rivières. Je vous donne donc un conseil : ne la ratez pas lorsqu’elle joue près de chez vous.

 

Vous pouvez également consulter l’entrevue de Émilie Kahn réalisée à Québec en octobre dernier par Marie-Ève Fortier ici.

Crédits photo : Izabelle Dallaire.

 

Crédits photo : Adrien Le Toux.

Recherchiste : Martin Côté.

[ENTREVUE] Emilie Kahn – Le travail derrière le succès

En octobre dernier, on assistait au premier spectacle d’Emilie Kahn à Québec en tant que tête d’affiche. Depuis, elle a fait des tournées aux États-Unis, au Royaume-Uni (en première partie de Half Moon Run) et a été de passage au Iceland Airwaves Music Festival en Islande. La carrière de cette jeune artiste de Montréal semble avoir pris son envol d’un coup, mais derrière cette vague se cachent en fait beaucoup de travail et de préparation. Emilie a pu nous en parler, entre autres choses, à l’occasion de son dernier passage à Québec.

En premier lieu, Emilie a dû trouver Ogden, son instrument de prédilection (que seraient Emilie & Ogden sans Ogden, en effet). «Je pense que j’ai longtemps cherché mon instrument. Je voulais chanter et j’ai gossé un peu sur quelques instruments (piano, guitare, etc.). Il n’y avait rien qui me tentait vraiment. Quand j’ai découvert cet instrument-là, c’était comme une révélation et je suis devenue comme obsédée,» explique-t-elle. Elle a ensuite suivi des cours particuliers, même si une bonne partie de son apprentissage s’est fait de façon autodidacte : « J’ai trouvé une prof sur Craigslist, je suis allée à un cours et j’ai juste eu un coup de cœur tout de suite. J’ai commencé à jouer et finalement j’ai étudié avec cette prof-là pendant trois ans.»

Après avoir appris à maîtriser cet instrument massif et onirique qu’est la harpe, Kahn a commencé à être plus active dans la communauté musicale. « Je jouais un peu dans d’autres groupes avant, avec mes amis à Montréal. […] Rien de connu, mettons !» raconte-t-elle. C’est de cette façon qu’elle a fait la rencontre de Jesse Mac Cormack, qui réalisera son album 10 000, paru dernièrement. « Ça doit faire 4-5 ans […] je l’avais rencontré quand il avait fait une première partie avec un autre band. Il avait aussi enregistré des trucs avec mon ancien band avant, pis là j’ai fait ‘hey, veux-tu enregistrer mon nouveau projet ?’» explique Emilie en parlant de Jesse.

C’est à la suite de cette rencontre que le projet d’Emilie & Ogden a pu commencer à prendre forme. «On a fait un EP ensemble il y a comme trois ans. Avant de commencer à faire des shows je voulais avoir quelque chose comme référence, pour que les gens aient quelque chose à aller écouter. Il y avait trois chansons dessus et il y en a deux qui sont maintenant sur l’album qui vient de sortir. Après ça [Jesse] a joué dans le band pendant quelques années pis on a enregistré l’album ensemble.» Lorsqu’on lui a demandé si Jesse Mac Cormack avait apporté quelque chose de spécial à son disque, elle a tout de suite répondu : «Ouais, je pense que Jesse c’est un génie.» C’est d’ailleurs une chose qui se répète dans ses nombreuses biographies. Mais encore ? «Il a beaucoup influencé le son du projet. Quand j’ai commencé, j’ai amené les tunes pour le EP et on a enregistré ensemble. Ensuite, il a fait les arrangements et il l’a réalisé, donc ça a comme formé le son qu’on allait avoir, qu’on a repris aussi pour le spectacle, » explique Kahn. «Je pense qu’au début je voulais faire quelque chose d’un peu plus folk, épuré, et là c’est devenu un peu plus contemporain, a little bit of electro touches ! »

Avec le travail en studio et un album prêt à sortir, Emilie & Ogden semblaient partis pour la gloire. Cependant, c’est un peu plus difficile que ça de devenir connu. Kahn nous a raconté, entre autres, comment elle avait décroché sa place au Iceland Airwaves. Et ça n’a pas été de tout repos. «On essayait avec le label de le booker depuis un bout. Il y a comme un gars qui booke le festival et il se promène pas mal dans le monde dans des festivals. Je pense qu’il était intéressé, mais ça traînait», explique la jeune artiste. Finalement, l’affaire s’est résolue dans un des nombreux showcases auxquels le groupe a participé : «Des showcases c’est comme des festivals pour l’industrie, pour te faire voir. C’est les gens de l’industrie qui vont là et souvent il n’y a juste pas de cachet. J’en ai fait plusieurs à Toronto. Et là c’est comme ça que tu fais de la route pis que tu dépenses du cash et des fois ça ne sert à rien. Des fois il n’y a juste personne. À [ce showcase-là], je me disais: ‘Je suis tannée de faire ces showcases-là, ça ne donne rien. Je ne pense pas qu’on va le faire cette fois-ci.’ Finalement, ma gérante m’a convaincue d’y aller et par chance le gars de Iceland Airwaves était au show. Après le spectacle, il m’a dit : ‘ouais, j’pense que tu vas le faire cette année le festival’.» Le 3 octobre dernier, jour de l’entrevue, elle semblait d’ailleurs contente d’avoir eu cette chance : « Il est vraiment cool ce festival-là, et normalement ils bookent les gens juste une fois pis après tu n’y retournes plus. »

Ça fait donc maintenant trois ans que le projet d’Emilie & Ogden est sur les rails avec, on l’espère, encore plusieurs années en vue. Dernièrement, plusieurs autres belles opportunités ont souri à la jeune auteure-compositrice-interprète, donnant peut-être l’impression à certains que sa carrière avait démarré en trombes. C’est pourquoi on a voulu retracer le processus derrière sa popularité naissante. «Les gens ont peut-être l’impression que ça arrive vite, mais pour moi ça fait longtemps que je travaille là-dessus», nous avait-elle dit en entrevue. «Mais c’est vrai que c’est lefun que tout arrive comme ça quand l’album sort. C’est ça qu’on veut !» a-t-elle cependant ajouté, enthousiaste.

Emilie sera en tournée avec Ogden au Québec encore pour quelque temps. Elle se produira notamment à Shawinigan (Le Trou du Diable) le 2 décembre prochain, à Trois-Rivières au Temps d’une Pinte le 3 décembre prochain, à la Maison des Arts de Laval le lendemain ainsi qu’au Vieux Bureau de Poste de Lévis le 5 décembre. Consultez son site officiel ou sa page Facebook pour plus d’info. Profitez-en pour découvrir le talent d’une artiste québécoise qui a autant de motivation que de talent à revendre. Pour bien terminer l’entrevue, nous lui avons aussi posé quelques questions en rafale.

 

Comment vis-tu le monde de la musique en tant que femme ? Vois-tu des différences parce que tu es une fille ?

«Non. J’entends des choses, mais en même temps moi je me sens quand même bien. Je travaille pas mal avec des gars. Je suis entourée de gars dans mon band, partout, et je me sens respectée. J’aime ça, je me sens un peu comme one of the boys…et ça c’est cool. J’aime aussi ça quand un gars me dit après un show : ‘hey nice set man’, et qu’il m’appelle ‘man’. Dans ce temps-là, je me dis : ‘Ok, tu me respectes et c’est pas juste parce que tu me trouves cute’. Je sais pas. T’as juste à t’entourer de monde qui sont cools.» Anecdote à ce sujet, Emilie donne un exemple de la complicité qu’elle a avec les membres de son groupe : «Les deux gars dans mon band sont aussi des soundmen et moi je ne connais rien là-dedans. Mais là je viens d’avoir des pédales pour la première fois pour ma harpe, des genres pédales de reverb, et je suis tellement nulle que des fois je dois leur demander : ‘peux-tu me montrer comment plugger ça ?’ Et ils répondent ‘ok Émilie’. Ils sont vraiment patients avec moi. Ils pourraient facilement me niaiser parce qu’eux ils ont tellement de connaissances par rapport à ça.»

Après réflexion, cependant, la harpiste ajoute :

«Ah oui ! Peut-être qu’en tant que femme en musique je trouve ça drôle le fait qu’on s’attende à ce que tu ailles te faire maquiller, par exemple. Il y a comme une attente sur l’image et sur le fait de faire des trucs reliés à la mode. Mais bon, en même temps, j’aime ça porter du beau linge. J’aime ça être une femme et j’aime ça me maquiller. Mais il y a une partie de moi qui se dit des fois : ‘ah peut-être qu’il y a des jours où je n’ai pas envie d’être cute’. Et j’ai comme de la pression pour l’être peut-être. Par contre, comme je le disais avant, dans mon vrai monde à moi en tant que musicienne, avec les gens avec qui je travaille, je me sens respectée. Ouais. C’est plus du côté branding ces attentes-là.» Elle nous raconte d’ailleurs une autre anecdote à ce sujet : « Il y avait une des équipes de PR qui m’avait déjà dit : ‘ah tu pourrais faire un Pinterest pis poster des outfits que t’aimerais pour la tournée’, et ils donnaient d’autres idées comme ça, par exemple qu’on pourrait faire des partenariats avec des marques pour des vêtements. À ce moment-là, dans ma tête, je me disais que c’était cool, mais en même temps je pense qu’on ne demanderait pas ça à un gars.»

 

Quelle question rêverais-tu de te faire poser en entrevue ?

«Ah non ! Je ne pense jamais à ça ! Des fois je chiale parce que souvent le monde posent les mêmes questions et je me dis qu’ils sont plates. Mais en même temps, je ne sais pas ce que je me demanderais moi-même… J’aime les questions qui sont peut-être moins en rapport avec ce que je fais, mais qui font que je raconte une anecdote ou quelque chose qui n’a pas rapport. Ou le genre de question comme ‘c’était quoi ton CD préféré quand t’étais jeune’ ou des trucs comme comme ça. Je trouve ça lefun de découvrir ce genre de choses sur des artistes quand je lis un article.»


Quel était ton CD préféré quand tu étais petite, alors ?

«Quand j’étais adolescente, j’étais obsédée par un groupe qui s’appelle Brand New. Je pense que ça m’a quand même influencé beaucoup. On dirait que je vois un peu la vibe de ce groupe-là dans mes paroles et dans mon style.»

D’autres anecdotes avec ça ?

«Hier [le 2 octobre] j’avais mon lancement, pis pour la première fois je faisais un loop avec ma harpe et je restais debout pour chanter. Mais j’ai comme fucké le loop, il était en retard ! J’ai regardé les gars, comme pour leur demander si je devais repartir le loop, puis finalement ils ont juste continué à jouer. On l’a fait et ils se sont ajustés.»

«Sinon, l’an passé j’ai eu un photoshoot pour une parution dans Aritzia. Une grosse affaire. Ils m’ont maquillée, et puis j’ai fait une réaction allergique au fond de teint : j’avais des énormes plaques rouges dans la face. Ils avaient fait venir un photographe de genre Londres, et comme tout le monde venait de Londres, Paris, New York pour ce shoot-là. Et moi j’étais une fille pas rapport, pas connue, juste là en me disant ‘ok cool’. En tout cas, il est arrivé ça et il fallait me démaquiller au complet puis attendre quelque chose comme une heure pour que ça s’en aille. Tout le monde était en retard et en plus ils avaient des avions à catcher 1h après. C’était vraiment stressant et bizarre ! Ouais… J’aime ça raconter cette histoire-là ! Maintenant, je sais quelle marque de maquillage je ne dois pas prendre !»

 

Crédit Photo: Llamaryon

[FESTIVAL] En route vers le Iceland Airwaves Music Festival – Partie 1/2

Iceland Airwaves Music Festival

Ecoutedonc.ca s’embarque dans une bien belle aventure au cours des prochains jours : on devient international ! Comme certains d’entre vous l’ont remarqué, notre saison des festivals 2015 se terminera au Iceland Airwaves Music Festival. Je tenterai donc de vous faire un petit compte rendu de cette fête du 4 au 8 novembre qui s’annonce plus que chargée !

Vu l’ampleur de l’évènement je vais débuter par un tour d’horizon de la ville de Reykjavík que j’ai pu visiter en mai dernier afin de vous familiariser avec le lieu. La capitale de l’Islande regroupe pas moins du 2/3 des habitants du pays, c’est à dire 120 000 personnes pour une superficie de la moitié de la ville de Québec. Ce dernier fait, qui pour moi, était plus complexe à visualiser avec une simple carte google ! Une fois sur les lieux, on s’aperçoit rapidement que tout est à proximité en plus d’être entouré de montagnes.
Charmant non ?

Parmi ces petites maisons colorées se trouvent plusieurs commerces à vocation autant vestimentaire qu’alimentaire. Bien sûr, ce qui nous concerne spécifiquement, ce sont les salles de spectacles ainsi que les quelques disquaires de la ville qui accueilleront des artistes pendant le festival.

Dillon

Avant de faire ma première visite dans la ville, je cherchais des endroits où je pourrais voir quelques spectacles sans avoir à trop débourser. La réponse à ma question, en partie, était au Dillon. Sympathique bar à Whisky dont le 2e étage, aux allures de chalet de luxe en bois, se transforme en étroite salle de concert chaque semaine. Situé sur la rue principale nommé Laugavegur, il feront partie de plusieurs itinéraires de festivaliers en présentant près de 60 spectacles différents de la section « Off-venue » entièrement gratuite. J’y serai probablement pour Milkhouse, Bellstop ou Futuregrapher.

Gaukurinn

Croyant dur comme fer que j’étais au « Húrra » je suis atterrie dans cette salle aux allures de grotte après m’être trompée de porte. En fait, pour y accéder on arrive dans un hall un peu étrange avec des gardes qui n’ont aucune idée de ce qui se passe à l’étage.  Une fois au 2e, on se retrouve dans une salle avec des plafonds pas très hauts, il fait noir, ça semble un bar normal dans le style un peu « crad ». Au fond, on y aperçoit finalement, un stage plutôt grand et ma foi très bien équipé contrairement à la première impression que j’avais eu de la place. Des sofas, assez d’espace pour bien des spectateurs, des salles de bains colorées; c’est un peu comme un Pantoum version plus officielle. J’essaierai entre autre d’y voir Hinds, Chastity Belt, Weaves, Bo Ningen et The OBGMs.

Harpa

Sans doute une des bâtisses les plus connues de la ville. Il s’agit d’une salle de concert énorme couverte de panneaux de verre colorés. Je suis tombée en amour avec son architecture mais aussi son lieu, tout juste à côté du « petit » océan atlantique avec vue imprenable sur le vertigineux massif Esjan. Le festival aura lieu dans 4 salles différentes de cette imposante structure. J’ai bien hâte de la visiter plus amplement et avec mes oreilles pour cette fois ! À noter qu’ Emilie & Ogden: une artistes d’ici, y sera le 5 novembre en plus de la panoplie de gros noms tel que Father John Misty, Mercury Rev, The Pop Group, Ariel Pink, Perfume Genius, Beach House et j’en passe !

Húrra

J’ai tout de même réussi à m’y rendre à deux reprises, sans compter la fois où je m’étais trompée de porte ! Une autre petite salle absolument charmante, un peu comme un labyrinthe sur deux étages incluant le sous-sol fait de pierres. Des petites lumières au plafond, une boule disco et des spectacles souvent dansants auxquels les Islandais embarquent à fond. Des portes séparent la section spectacle du bar situé au même niveau. J’ai bien hâte de m’y retrouver pour FM Belfast, Wesen et Dream Wife.

12 Tónar

J’en ai parlé à plusieurs, 12 Tónar est sans contredit un de mes endroits favoris de cette ville. C’est lors de ma deuxième journée dans ce pays que je suis allée y faire une petite visite. La boutique est située sur une autre grande artère, Skólavörðustígur, cette rue qui mène tout droit à la très reconnue église Hallgrímskirkja. J’y ai rencontré un dénommé Johannes Agústsson: un des fondateurs de ce commerce qui est aussi un label de musique indépendante. Ce dernier m’avait suggéré quelques groupes à écouter, autour d’un petit café, me disant que je pouvais rester aussi longtemps que je voulais, lorsque je me suis inquiétée du fait qu’il ne restait que 10 minutes avant la fermeture. Je suis repartie avec le dernier album de Low Roar qui a été ma trame sonore durant tout le voyage. Ce dernier est d’ailleurs présent à 4 répétitions pendant le festival. On peut être certain que je ne le manquerai pas ! Non seulement l’endroit est plus qu’accueillant, les conseils pleuvent et sont tous intéressants. Comble de tout, ils organisent des spectacles certains vendredis du mois durant l’année. Pendant l’Iceland Airwaves on pourra y voir quelques excellents groupes tel que les Pink Street boys, Mr. Silla et Singapore Sling.

12 Tónar

Évidemment, ces différents lieux ne sont qu’une minime partie de tout ce qu’il y a en lien avec la musique dans la ville. Ici j’ai choisi de décrire les endroits que j’ai eu la chance de visiter, mais fait à considérer, c’est qu’il y a tout près de 60 salles différentes où se tiendront les prestations du festival. On y retrouve entre autres le disquaire Lucky Records ainsi que le prestigieux label Bad Taste Records.

Un petit bonus, deux autres endroits que j’ai eu la chance de visiter qui ne sont pas trop en lien avec l’évènement mais qui le sont totalement musicalement:

Dead

Il s’agit de la boutique/galerie d’art de Jón Sæmundur, aussi membre de l’excellent groupe Dead Skeletons. La très pertinente Tania B. Lacasse, que vous pouvez voir de temps au temps chez le Knock-out, m’avait fortement recommandé d’aller y jeter un oeil, ce que j’ai fait. Cachée derrière les imposantes boutiques de la rue principale, dans un semblant de ruelle, on y retrouve cette intrigante vitrine. Lorsqu’on entre par cette porte rouge, l’odeur d’encens dans nos narines fait qu’on se sent paisible, malgré le léger stress qui nous habite, à l’idée de rencontrer l’homme en question . À l’intérieur, des t-shirts, des affiches et une énorme chaise devant un bureau. C’est à ce moment que Jón Sæmundur apparaît, en sortant de son atelier situé derrière la boutique. Une belle rencontre s’est suivie, je vous invite à consulter son site web par ici.

Dead, Dead Skeletons Jón Sæmundur

Bedroom Community – Greenhouse Studio

Ces noms sont sans doute communs à tout ceux qui s’intéressent à la musique provenant de l’Islande, de près ou de loin. On retrouve sous le même toit: le Bedroom community étant un label et collectif formé au départ par Valgeir Sigurðsson, Nico Muhly et Ben Frost ainsi que le Greenhouse Studio qui, comme le nom l’indique, est un studio d’enregistrement. Au départ, l’idée d’aller les visiter ne m’était pas venue, mais suite à une autre suggestion je me suis dit: « Bien pourquoi ne pas essayer? ». Ce genre de demande ne semblait pas du tout commune, mais a été acceptée ! C’est avec hâte que je m’y suis rendue. Vu mon grand fanatisme envers tout les artistes qui s’y sont retrouvés,  j’en ai même perdu mon anglais ! Vous pouvez en apprendre plus sur le studio par ici et sur label juste ici.

Bedroom Community présenteront toutefois un des spectacles de la section « Off-venue » au Iceland Airwaves: Liam Byrne and Jodie Landau with Valgeir Sigurðsson que je tenterai aussi d’aller voir.

Voici donc cette mini exploration de la ville et ses attractions musicales, je vous conseille fortement de tendre une oreille à ces groupes mentionnés et de porter une attention à ces labels !

À suivre dans les prochains jours: une courte exploration du festival Iceland Airwaves, pendant que je tenterai d’établir mon itinéraire pour ces 5 journées intenses. Ce ne sera pas une tâche facile, sachant qu’on compte pas moins de 240 groupes présents pendant ce court évènement ! J’ai donc réussi l’impossible pendant cette période de « rush » extrême avant un voyage: écouter les artistes que je ne connaissais pas et qui avait du matériel de disponible sur internet afin de savoir où je m’en vais ! Je vous reviendrai donc avec mes coups de coeurs, les incontournables et un semblant de planification de journées !

[SPECTACLE] Emilie & Ogden (+Tora), L’Anti, 3 octobre 2015

(Photos : Marion Desjardins)

J’étais un peu étonnée en entrant à l’Anti à la vue des quelque 90 chaises posées là (ça ne faisait pas beaucoup de place pour marcher, ça). Pourtant, elles ont toutes été occupées hier soir à l’occasion du premier spectacle d’Emilie Kahn à Québec en tant que tête d’affiche. Accompagnée d’un batteur (Dominic Lalonde) et d’un bassiste (Francis Ledoux), elle s’arrêtait ici après quatre jours de tournée pour la promotion de son nouvel album, 10 000, paru le 2 octobre. Sans oublier la présence d’Ogden, sa harpe.

C’est en duo avec elle qu’Emilie a commencé son spectacle, tout en douceur. Après quelques mesures, ses musiciens l’ont rejoint pour compléter le tout. La musique d’Emilie & Ogden, c’est une pop raffinée au rythme fluide, qui vient chercher, avec les potentialités de sa harpe, des avenues presque inexplorées. Même la voix d’Emilie Kahn, aux inflexions particulières et d’un aigu envoûtant, semble refléter les effets de son instrument. Les deux autres musiciens, quant à eux, viennent compléter et enrichir ce noyau. En effet, la basse vient contrebalancer les aigus et la batterie vient appuyer les moments forts pour contraster avec les moments doux. Lalonde et Ledoux, il faut le noter, ont fait preuve d’un talent notable pour mettre Emilie et sa musique en valeur. Même le son de l’Anti, une salle de spectacles habituellement axée vers le rock, m’a étonnée par sa qualité (il faut remercier un certain David pour cela).

Alors que les salles assises en incommodent plus d’un, l’auteure-compositrice-interprète semblait à l’aise avec cette atmosphère. Après le spectacle, elle m’a confirmé que c’était en raison de la grande écoute que cela permettait. Et il est vrai que le public d’hier soir était plus qu’attentif à sa musique, qui demandait un certain silence pour en entendre les subtilités. En outre, cela a permis une atmosphère intime qui se prêtait bien à l’attitude plutôt réservée de l’artiste, semblant nous confier ses anecdotes plus que de nous les raconter. C’est ainsi qu’elle nous expliqua, par exemple, que sa chanson intitulée Dream avait été enregistrée en hiver, en pleine tempête de neige, ce qui contrastait avec l’ailleurs abordé dans le texte. Justement, on pourrait dire que l’atmosphère dégagée par ce groupe relève du rêve.

Après quelques remerciements, ce dernier a terminé en douceur, en decrescendo et sans rappel. Son album est disponible sur Itunes et on en a même fait la critique.

 

Première partie – Tora

Avant Emilie & Ogden, c’était cependant le groupe australien Tora qui avait ouvert le bal. Avec une entrée en matière indie-folk aux accents électroniques, ils m’ont d’abord évoqué Alt-J ou Half Moon Run. Cependant, on peut noter quelque chose de très particulier chez ce groupe : il semblerait que les influences des différents membres ressortent quand ceux-ci sont mis en évidence. On fluctuait donc d’un style à l’autre tandis que les trois des cinq membres s’échangeaient le lead vocal tout en jouant de leur propre instrument. Ce qui était franchement indie-folk a donc glissé vers la vieille pop à la Justin Timberlake pour passer ensuite rapidement par le hip-hop, le tout enrobé d’un rendu très électro. Le résultat : des chansons progressives et un mariage réussi entre le pop et le folk. Il faut aussi reconnaître au groupe le mérite d’avoir joué tout ce qu’il était possible de jouer en live : hormis quelques effets enregistrés, tout était fait avec des instruments ou avec des effets de voix. Contents d’avoir joué à Québec, et ce devant une salle attentive et qui a visiblement aimé, les membres du groupe ont cependant été déstabilisés, eux, par l’immobilisme d’une salle assise. Toujours est-il que plusieurs personnes sont allées acheter leur disque après leur performance.