[ENTREVUE] Foreign Diplomats de passage à l’Anti bar de Québec ce mercredi

Foreign Diplomats est un groupe indie rock composé de cinq gars originaires des Laurentides dont le succès est en grande progression.

Apparut en octobre 2015, Princesse Flash est leur premier album qu’ils ont joué dans les différentes salles de spectacle du Québec et à Toronto. Ayant maintenant un contrat avec Indica ils ont eu la chance de faire la première partie d’Half Moon Run devant une foule de 10 000 personnes lors du dernier Festival d’Été de Québec (FEQ), ainsi que de participer au Festival Osheaga à Montréal. Ils sont maintenant de retour le mercredi 16 novembre prochain à l’Anti bar de Québec suite à une tournée européenne et mexicaine. De ce fait, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Élie Raymond, chanteur et créateur de Foreign Diplomats, afin de parler de leur expérience à l’international et de la montée de leur succès.

Tournée européenne et au Mexique

Entre la France, la Suisse et l’Allemagne Élie a qualifié leur tournée européenne comme un classic tour entre gars dans une vanne ben tassé à se promener d’une ville à une autre, d’hôtel en hôtel. « Ç’a été difficile par moment, car les salles n’étaient pas toujours remplies, mais la réponse des gens nous permettait d’avoir du fun. C’est vraiment un beau trip qu’on a vécu ».

J’avais prévu lui demander si le public à l’international était sensiblement le même qu’au Québec, mais Élie m’a devancé en m’expliquant justement que leur plus grande surprise fut la réponse du public européen, surtout en France, qui est beaucoup plus à l’écoute qu’au Québec. « Je ne sais pas si c’est une question de culture, mais ici au Québec c’est beaucoup plus de party, les gens sont bruyants, on aime parler, on est excité par ce que la musique nous procure. En Europe, les gens écoutent jusqu’à la dernière note, nous laissant parfois perplexes lorsqu’on retourne en backstage. C’est quand on revient qu’on réalise qu’on a bien faite par le biais de leurs applaudissements ».

Les gars ont terminé leur tournée européenne en Allemagne avec Hein Cooper et une salle remplie, ainsi qu’un spectacle sold-out lors du Festival Reeperbahan.  Ils se sont ensuite dirigés vers le Mexique. Là-bas, ils avaient la scène à eux n’ayant pas fait de première partie comme en Europe. Je voulais savoir leur moment fort de leur tournée internationale et j’ai sentie dans la voix d’Élie l’excitation que lui a procurée cette expérience, en voyant bien qu’il n’avait pas encore réalisé le nouveau succès de Foreign Diplomats. « Au Mexique, dès notre premier spectacle au Festival Guanajuato nous avions une foule de 5 000 personnes, dont plusieurs fans nous attendaient à la fin pour des photos et des autographes. On a même signé une guitare ». Suite à ce spectacle, l’interaction avec le public fut la même dans les autres villes prévues, où la foule mexicaine connaissait déjà les paroles de leurs chansons.

J’ai ensuite demandée à Élie ce qui, selon lui, leur a permis de leur faire connaître sur la scène internationale ? Inévitablement, nous sommes dans une ère technologique où la musique est de plus en plus accessible par le biais des réseaux sociaux. « Dès notre annonce, notre page Facebook gagne en popularité. Selon moi, c’est la curiosité des gens qui fréquentent les festivals de musique ».

Il est clair que leur participation au festival Osheaga cet été leur a également assuré une pente montante en performant devant 5 000 personnes. « C’est sûr que ça se met bien dans un CV, on s’en vente, mais nous sommes toujours étonnés d’avoir eu autant de monde qui sont venu nous voir jouer pendant que plein d’autres bons bands de bonne qualité jouaient en même temps sur d’autres scènes du site ».

Inspiration

La musique évolue non seulement dans le temps, mais avec l’apogée de certains groupes qui influencent les nouveaux comme Foreign Diplomats vers une lignée montante. J’ai questionnée Élie à savoir s’il avait eu la chance de rencontrer des musiciens qui inspirent le groupe, comme ils jouent dans des festivals de grande envergure. Il m’a répondu qu’il a côtoyé des artistes de leur niveau, qui vivaient la même expérience, ce qui leur a permis de faire de belles rencontres. « On est encore au stade où l’on va regarder nos idoles en spectacle ». Élie est resté très rationnel dans son idée en évoquant la réalité du milieu artistique en 2016. « Nos idoles sont en train de disparaître, David Bowie, Prince, même Léonard Cohen cette semaine, et ça, ce n’est pas seulement dans le monde de la musique ». Selon lui, ce n’est pas parce qu’on a du succès que l’on va forcément faire partie de la vie de nos inspirations, « pour l’instant on se contente de triper dans leur spectacle », m’a-t-il mentionné.

Nouvel album ?

Ce sont Wolfparade, Radiohead et LCD soundsystem qui inspire les rythmes indies et alternatifs de Foreign Diplomats. « J’écris toujours, nous avons déjà 30 chansons en attente d’enregistrement. Voir du pays m’a beaucoup inspiré également ». Si on reste à l’écoute dans leur spectacle, les gars nous glissent quelques nouveautés. « Une chanson, ça évolue faut l’intégrer pour qu’elle devienne quelque chose de grandiose ». C’est là que j’ai senti que l’enregistrement d’un nouvel album n’est pas dans les priorités du leader de Foreign Diplomats. « J’ai quand même très hâte d’exploiter le nouveau matériel et de laisser les peines d’amour et le côté dark de Princesse Flash. Les prochaines chansons sont très joyeuses avec de gros refrains faciles à apprendre ».

L’identité de Foreign Diplomats s’est définie dans la dernière année. « On est 5 gars qui veulent la même chose au même moment ». Fut un temps oú le band était composé de 9 membres avec les idées de grandeurs d’Élie à l’époque. « C’était plus difficile à gérer. Aujourd’hui, les anciens membres restent mes amis et ont des vocations musicales que je respecte et qui méritent d’être connues ». Élie a fait mention au groupe Aramis, donc son grand ami Simon Charette avec qui il a début Foreign Diplomats, fait maintenant partie en tant que batteur.

Après quelques spectacles au Québec, l’énergie indie pop du band se déplace vers l’Amérique latine, plus précisément pour une tournée de deux semaines en Argentine, au Chili et au Brésil. « On ne sait pas à quoi s’attendre, trois pays en 2 semaines ça va être quelque chose ».

Pour l’instant je vous invite à aller voir un de leur spectacle au Québec avant qu’ils retournent parcourir les grandes villes de ce monde. Le 16 novembre prochaine à l’Anti bar de Québec, le 19 novembre au Cabaret la Basoche à Gatineau et le 17 décembre au Centre des Arts Juilette-Lassonde. Vous pouvez écouter leur album sur bandcamp, ainsi que Spotify.

[SPECTACLE] Fire/Works au Cabaret Satyre + première partie : The Bright Road

C’était la première fois que j’assistais à un spectacle de musique au Cabaret le Satyre, salle qui a ouvert ses portes cet été.  La soirée s’annonçait vraiment intéressante en compagnie de The Bright Road en première partie et de Fire/Works, groupe de Montréal qui visitait Trois-Rivières pour la première fois ensemble.

Fire/Works en studio – entrevue

Avant leur spectacle, je me suis entretenue avec Jonathan Peters, David Lagacé auxquels se sont joins Francis Ledoux et Étienne Dupré.  Nous avons principalement discuté de leur nouvel album qu’ils sont présentement en train d’enregistrer.  Ils cassaient justement quelques chansons durant la soirée, et ça paraissait qu’ils avaient hâte. Jonathan me disait d’ailleurs que leur musique avait changé depuis ce temps. « Maintenant, c’est la chanson avant tout. On est rendu à un point où les chansons sont plus fortes. On n’a pas besoin de tout l’habillage. Pas que je renie ce que j’ai écris, mais j’ai l’impression que c’est plus assumé. On peut enlever toutes les couches qu’on avait sur Shenanigans.» Il parlait également du fait que sur le nouvel album, les chansons ont toutes un groove de fond qui est présent du début à la fin. Le groupe a beaucoup évolué depuis le dernier album et on sent que leur manière de travailler a également prit une autre tournure, car les deux nouveaux membres participent entièrement à la création. «On apporte le squelette sur lequel travailler. Étienne va composer la « basse » , Frank : le drum et tout le monde donne son avis aussi. Ça amène les chansons ailleurs. » De plus, ils n’ont pas autant de pression que pour Shenanigans, où ils devaient enregistrer l’entièreté du long-jeu en seulement deux semaines. Maintenant, ils y vont tranquillement sans se donner de deadline, car plusieurs membres du groupe ont des projets connexes. Bien que leur musique soit en train de changer un peu, je leur ai demandé s’ils n’avaient pas peur de perdre l’essence de ce qu’ils ont créé originairement.  J’ai beaucoup aimé la réponse que Jonathan m’a donné : «peu importe ce que tu fais, peu importe le projet artistique, quand tu restes authentique, ça transparaît. Tu peux changer la couleur de l’habillage, ça reste les mêmes personnes qui l’ont fait. C’est sûr qu’on reconnait le band.»  J’ai eu la chance de discuter avec quatre gars passionnés de musique qui ont un plaisir contagieux à jouer, autant ensemble que sur scène.

Fire/works – spectacle

Bien qu’il n’y ait pas eu tellement de public présent au Cabaret Satyre en ce premier vendredi de festival western de St-Tite, les gars de Fire/Works étaient en feu. Ils n’avaient pas joué depuis un bon moment et avaient hâte de grimper sur la scène; ça paraissait. On pouvait facilement faire la distinction entre les nouvelles chansons, même sans que Jonathan les présente, seulement à voir le groupe jouer les pièces. En effet, ils semblaient vraiment heureux de pouvoir les partager au public et on devinait la fierté qu’ils avaient. Après avoir discuté avec eux j’ai compris ce qu’ils voulaient dire en parlant des chansons éclectiques.  Ils n’ont pas de « recette gagnante » qu’ils répètent, mais on peut dénoter une cohérence dans leur travail. J’ai beaucoup aimé le groove qu’ils me parlaient et le folk aux connotations quelque peu country par moment. J’avoue être impatiente de voir leur 3e album et la suite de ce qu’ils vont nous présenter. Prochainement, ils enregistreront une session live qu’il sera possible de visionner en ligne, ce qui risque d’être fort intéressant.

The Bright Road

J’avais déjà assisté à une prestation de The Bright Road en février 2015 au Centre Culturel Pauline- Julien, mais le groupe était différent. En plus d’avoir maintenant un nouvel album en magasin, Ocean, Léa Boudreau s’est jointe à la formation, et j’avoue que j’aime beaucoup cet ajout.  Quelques chansons sont harmonisées de sa voix cristalline qui ponctue bien la musique de Philippe Garceau, Kevin Juneau et David Brisson. Le dernier album était beaucoup inspiré d’un voyage en Norvège et l’on voit la continuité dans leur inspiration. Cette fois, le folk-pop alternatif de The Bright Road explore des thèmes marins, tout en continuant l’espèce de touche ambiante bien à eux qui a su charmer l’assistance du Cabaret Satyre.

 

Je conclue avec les photos de Jacques Boivin datant du spectacle avec Marie-Pierre Arthur du 27 Février 2015, parce qu’elles sont magnifiques!

Crédit photo : Jacques Boivin 

[ENTREVUE] We are wolves en entrevue au FME 2016 !

En entrevue dans la loge du Petit Théâtre du Vieux Noranda, Alex Ortiz est catégorique : “C’tait malade!”

Le chanteur de We Are Wolves parle du premier FME des loups à Rouyn avec Duchess Says, en 2008, exactement sur la même scène où ils se produiront dans quelques heures.

Ils étaient peut-être parmi les porte-étendards de la relève musicale à l’époque, mais aujourd’hui, à nouveau invités dans la programmation du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue, ils sont plus ambivalents quant à leur appartenance à la grande catégorie un peu fourre-tout de l’émergence : “Y a quelque chose avec le mot émergent qui m’agace un peu, dit Vincent Lévesque, le claviériste de la formation. Ça sous-entend qu’il va y avoir une émergence réelle à un moment donné, qu’on travaille là-dessus, tsé. Mais notre musique n’est pas telle que ça va être gros à un moment donné…”“ C’est pour ça qu’on est constamment émergent!” conclut Ortiz avec humour.

Pourtant, si on parle de l’émergence réelle comme d’une percée sur la radio commerciale, We are Wolves préfère rester dans ses bois. “Ce n’est pas comme si c’était un combat constant que d’essayer de convaincre ces gens-là d’écouter notre musique. Pis on est plusieurs à vivre de cette façon-là : moi, je n’écoute pas la radio commerciale et ça ne me dérange pas de pas y passer tant que ça, parce qu’il a d’autres façons de rejoindre le public, affirme Lévesque. Ça serait mieux pour mon chèque de SOCAN, mais ultimement, ça ne change pas la relation du band avec son auditoire.”

Pierre-Luc Bégin, batteur de We are Wolves et membre du groupe Paupière ajoute : “Y a ce qui passe à la radio commerciale, y a dans des festivals comme ici, parce que le FME est rendu une référence, mais y a beaucoup plus underground aussi.”

Et justement, si ce n’est pas nécessairement au FME, où trouve-t-on donc cette émergence? Pour Ortiz, c’est du côté de la programmation de festivals comme Pop ou Suoni por il Popolo qu’il faut chercher : “C’est sûr qu’il y a beaucoup de musique plus avant-garde, expérimentale ou noise. Il y a aussi des trucs qui sortent de nulle part, mais qui sont quand même accessibles.” Bégin, quant à lui, nous recommande de découvrir Pat Jordache (par ici —> https://patjordache.bandcamp.com/).

***

Pour des gars habitués de sillonner le continent, une virée à Rouyn pour manger du méchoui (au 5 à 7 d’ouverture! MERCI FME!) et jouer un show, c’est de la petite bière. Tant mieux, car ils n’en seront pas à leur dernière promenade. Pour promouvoir leur prochain album qui sortira le 30 septembre prochain sous l’étiquette Fantôme Records, ils seront en tournée tout l’automne, au Québec principalement, mais aussi en Allemagne.

Ce cinquième album studio, Wrong, dont on connaissait déjà l’extrait “Wicked Games”, se tourne davantage vers la pop influences 80 sans toutefois délaisser entièrement l’énergie caractéristique du groupe qui s’est fait connaître au début des années 2000 avec son dance-punk presque garage.  “L’album est définitivement moins brut, moins brutal, moins primitif. Il y a moins d’urgences agressives, qualifie Ortiz. Il est peut-être plus émotif, une sensibilité plus assumée.” “C’est moins sauvage, mais y a des ostie de beaux moments!”, ajoute Lévesque. C’est plus lumineux, en général.”

Si les pièces du prochain album détonent des productions plus brutes des débuts, cette progression ne surprend pas Ortiz qui l’explique par le fait qu’ils ont “appris à jouer, entre autres… On a commencé comme ça, sans savoir. Oui, y a eu une exploration et oui, elle est devenue plus polie, mais pour ma part, je n’ai jamais joué plus dénudé et plus simplifié que ça. C’est bizarre parce que maintenant, j’sais mieux jouer qu’auparavant et c’est maintenant que je devrais faire des trucs plus complexes…” “Étrangement, renchérit Lévesque, les tounes semblent plus travaillées, mais y pas tant d’affaires que ça. L’exercice est justement d’en mettre moins, de choisir les moments, de laisser respirer les choses.”

Les loups sont-ils donc rendus moins sauvages?

S’ils sont certainement plus matures aujourd’hui, dit Ortiz, Bégin nous rassure que si cette impression est donnée avec l’enregistrement studio, en live, l’énergie reste la même.

Et effectivement, pour We are Wolves, la musique passe beaucoup par la performance, comme l’explique le chanteur: “Y a une part d’intimité qui existe dans ces shows-là, le feu de communion directe. Parce qu’on joue rarement dans des grosses salles avec 1000 personnes ou plus. On se nourrit de cette proximité-là de la foule.” Cette idée de la communion, du rituel, est d’ailleurs très présente: “L’idée même de la performance, la performance comme happening, continue Ortiz, le partage, être là avec l’autre, ce feel-là de communion, d’être en symbiose avec l’autre qui est là pour t’écouter, te regarder, mais qui finit par t’alimenter suffisamment pour que lui aussi devienne un élément à part entière du spectacle.”

Au-delà de l’aspect performatif, We are Wolves s’appuie aussi sur univers visuel qu’Ortiz et Lévesque, tous deux issus du milieu des arts visuels, ont développé au cours des années. Costumes, accessoires de scène, posters, vidéoclips, pochettes : tout participe à une esthétique et une iconographie qui leur est propre. Lévesque qualifie la relation entre l’aspect visuel et la musique ainsi: “Ce sont deux parties d’un même langage, qu’on partage, moi et Alex. On a beaucoup de références en commun pis on aime les mêmes trucs. L’intérêt artistique nous a permis de développer des façons de penser le produit. Parce qu’en bout de ligne, l’album, c’est un peu un tout. On pense à ce que cet objet là, globalement, veut dire.” Ortiz renchérit: “On pense constamment à tout ça, de façon presque tentaculaire. Tu te retrouves à conceptualiser des t-shirts, des objets, des vidéoclips, des photo-concepts… C’est un langage commun qui se construit d’une façon musicale et visuelle et philosophique.”

“On se sert de la pochette pour ajouter une profondeur de lecture, dit Lévesque. Comme là (sur ce prochain album), la pochette est vraiment particulière. Elle traduit notre perception de l’album, là où on est rendus…la pochette est vraiment lumineuse.”

Que la lumière soit!

Et que Wrong sorte pour qu’on danse sous ses rayons!

http://www.wearewolves.net/

-par Sarah Bélanger-Martel

[ENTREVUE] En studio avec Rouge Pompier pour l’album Chevy Chase (entrevue complète)

29112015-140249-01-Rouge Pompier
Alexandre (à la batterie) et Jessy (à la guitare) aux Studios Piccolo. Crédit photo: Jacques Boivin

 

Dimanche, le 29 novembre dernier, la gang de Slam disques nous ont invités à venir dans les coulisses de l’enregistrement de Chevy Chase, le deuxième album de Rouge Pompier, qui paraitra en mars 2016.

 

On arrive aux Studios Piccolo vers 14h, les gars sont en plein enregistrement et nous font signe de nous asseoir, ce qu’on fait avec obéissance. Ils commencent à se parler en termes qu’on ne comprend pas, à reprendre 25 fois le même bout de la chanson, à jouer chacun leur tour, etc … Je regarde la scène et je me dis : Donc c’est de ça que ça a l’air deux rockers en studio? J’avoue, je suis impressionné du professionnalisme, de l’attention portée à chaque note et du souci du détail que les gars apportent à la chanson qu’ils enregistrent. Pour les avoir vus en spectacle plusieurs fois, on pense qu’ils font juste varger et crier, mais quand ça a l’air le fun et facile, on oublie souvent l’énorme travail qu’il y a derrière et c’est là que ce qui suit devient vraiment intéressant. Ça fait environ une heure que je regarde les gars faire leurs trucs et Alexandre sort du studio pour venir me rejoindre, pendant que Jessy peaufine une séquence.

J’en profite pour lui demander comment ça se passe à date ?

« On est un peu en retard » me dit-il, « On a juste fait trois chansons aujourd’hui, et il nous reste moins que trois jours ».

Malgré cela, le stress ne semblait pas du tout prendre le dessus. Au contraire, c’est la fébrilité et l’excitation qui se faisaient ressentir jusque dans les craques de plancher.

« Officiellement, on a envoyé 45 démos en groupes d’écoute et on en a ressorti 15 qu’on enregistre. Cette fois-ci, on n’a pas ajouté une chanson qui n’avait pas été choisie, comme pour Bled sur l’album Kevin Bacon ».

La séance de jasette non officielle se termine alors que Jessy vient de terminer ses ajustements. On se dirige ensuite vers la mythique cuisine des Studios Piccolo pour que les gars se remplissent le ventre de la pizza qui a été livrée il y a quelques minutes. Après un délire sur « on pourrait enregistrer des sons de bancs de gymnase » et « notre rêve est de s’acheter une toilette avec le banc chauffant et plein de boutons comme au Mexique », on entre dans le studio et on commence la portion entrevue de la journée:

Les gars, dites-moi, pour les groupes d’écoute,  est-ce qu’il y avait juste des fans? Y avait-il d’autres types de gens?

« Non, en fait,  il y avait le public cible et le public non cible. Pour nous, de faire ce processus, c’est de rallier le plus de monde sur nos chansons, et les chansons qui ont été choisies, au final, c’était plutôt unanime dans les votes ».

Est-ce que ce sont les chansons que vous pensiez?

« Oui, mais il y a quelques surprises. Moi (Alexandre) je suis déçu de ne pas mettre Pauvre en criss ».  Jessy ajoute « On avait même fait des demandes de financement avec des pièces qui finalement n’ont pas été sélectionnées par les comités d’écoutes ».

Jessy poursuit avec des commentaires sur la façon de voter pour les chansons :

« Il y avait beaucoup de chansons que les gens mettaient 6 ou 7 et ça me donnait l’impression qu’elles étaient ignorées, comme si elles n’étaient pas détestées, mais pas aimé non plus. Si ça leur donnait une bonne note au final, le fait d’avoir beaucoup de 6 ou de 7 avait beaucoup d’importance pour moi ».

Il faut dire que c’est difficile ce que vous demandez aux gens quand même, non?

« Oui parce qu’on ne donne pas de barèmes. On ne peut pas prévoir comment les gens vont écouter l’album. Il faut que ça reflète la réalité ».

Suite à la sélection effectuée avec les résultats des écoutes, les gars ont pratiqué les 15 pièces avec les plus hauts scores au total. Certaines ont été créées il y a plus de trois ans, ce qui fait qu’elles ont dû subir quelques modifications ou réajustements.  J’ai voulu en savoir plus sur les morceaux qui allaient se retrouver sur l’album:

« Il va y avoir Chat, Même si tu frottes, Autobus, VHS et Mercredi, entre autres. Autobus c’est parce que ça dit souvent autobus, mais ça pourrait changer de nom. » C’est donc ce qu’on a pu savoir pour le moment. Jessy ajoute que « pour Mercredi, il n’y avait pas de paroles au début. C’est quand j’ai décidé de mettre du vocal que ça l’a propulsé et maintenant elle va être sur l’album ».

 

Ça ne vous dérange pas de remettre au hasard, aux mains des gens, votre « playlist » de chansons?

« Non, des fois il y a des chansons moins le fun à jouer, mais on se dit que c’est ce que les fans veulent. Tout comme avec Kevin Bacon, il y a des pièces qu’on n’aurait naturellement pas choisies, mais on est obligé de ne pas avoir une vision juste de gars de bands parce que ça ferait un album de gars de bands. D’ailleurs, les notes des gars de bands qui ont écouté les pièces sont complètement différentes des autres ».

Et est-ce que l’ordre des chansons est choisi ou vous attendez de voir selon l’enregistrement? (attention, c’est mon moment préféré de l’entrevue)

« Oui l’ordre est choisi,  on a une bonne technique (échange de petits sourires entre les gars). On a pris l’album Nevermind de Nirvana, on a regardé chacune de nos toons et on les a associés aux toons de Nevermind, pour que chaque toon qui se ressemble soit dans le même ordre. Par exemple, on s’est dit laquelle ressemble le plus a Smells like teen spirit, et on l’a mise à la même place sur Chevy Chase ».

 

Mais pourquoi cet album-là?

« Parce que c’est le plus gros de tous les albums tsé ».

Le studio a été loué pour quatre jours et on est au deuxième déjà, êtes-vous stressé?

« Non, mais l’objectif aurait été d’en faire plus que le nécessaire, mais on se dit on va tu avoir le temps de finir les toons qu’on voulait mettre sur l’album? ».

Et comment vous arrivez à statuer qu’une pièce est terminée?

« Pour Chevy Chase, on recherche un son, (…) mais on n’est pas des musiciens pros, plus des semi-pros. La réaction qu’Alex a eue hier est le meilleur exemple. Il s’installe couché sur le divan derrière la console et il écoute la toon les yeux fermés. Quand la toon a fini, il s’est retournée et a dit Ok c’est là. (…) Quand tu viens d’avoir un nouveau frisson sur une toon que tu fais depuis trois ans, c’est ça que tu veux ».

En studio, avez-vous des façons de faire définies?

« Le plus important pour moi (Alex), c’est le clic (le métronome). Quand je regarde Jessy, ça veut dire que ça va bien et que je suis dedans. Ton cerveau est stimulé une fois par temps, c’est fatigant à la fin d’une journée. Hier, on a commencé par deux toons rapides et je n’avais plus de jus après. En studio, à comparer d’en spectacle, c’est moins au feeling parce qu’on est sollicité mentalement ».

Après les avoir vus au travail,  la phrase suivante de Jessy vient faire un bon résumé:

« Il faut savoir relativiser et avoir une bonne attitude pour être content de notre travail. »

Les gars tenaient à parler du fait que, bien qu’ils soient entourés de gens compétents du milieu, il n’y a personne réellement qui peut porter le titre de réalisateur de l’album et c’est tout à fait correct comme ça.

« On pourrait écrire en arrière de l’album quelque chose du genre : Cet album a été réalisé avec plein de monde trippant ».

Parlant de l’album, j’ai eu le privilège d’avoir le « scoop » du visuel de la pochette. Je ne peux pas vous en dire plus, outre le fait que je dois m’instruire davantage sur tout ce qui est en lien avec Chevy Chase pour comprendre toutes les subtilités. C’est donc difficile de dire si j’aime ou non, en lien avec mon savoir déficient à ce sujet, mais j’avoue trouver le résultat très attirant pour l’œil. D’ailleurs, les gars en sont très fiers et proclament même : « On est surpris de comment proche on est (…) c’est tellement right on ce qu’on voulait.  On pourrait gagner le prix pour Album de l’année ».

moi qui vient d'avoir le scoop sur la pochette d'album. Crédit photo: Jacques Boivin
Moi qui vient d’avoir le scoop sur la pochette d’album (et Jacques en reflet dans la fenêtre hihi). Crédit photo: Jacques Boivin

Parlant d’album, avez-vous des idées pour le lancement ? ou pour un vidéoclip même?

« On ne fera peut-être pas de lancement officiel, on trouve que c’est un peu passé date. Dans les shows prévus, il y en a aucun qui va porter le nom de lancement. Ca fait tellement longtemps qu’on en parle, ce n’est pas une nouvelle tsé ».

En poursuivant sur les attentes que les gens peuvent avoir face à la sortie de cet album, les gars ajoutent :

« L’objectif n’est jamais de conquérir le monde, l’objectif c’est juste d’avoir du plaisir.  Kevin Bacon c’est un Dream come true. On ne s’attendait pas à atteindre ce qu’on a atteint. Faire un deuxième album c’est : si le monde aime ça, tant mieux. Au moins, on s’est donné la chance que l’album soit bon (…) on ne l’a pas fait à peu près ét on s’est donné une chance de composer beaucoup de toons,. Ce n’est pas parce qu’on est au Studio Piccolo que l’album va bien tsé, ça c’est juste du luxe ».

Après 30 minutes de discussion avec les gars, l’entrevue se termine avec Jessy qui parle des attentes face à un deuxième album :

 « Tu ne te fies pas sur ta pochette pour pogner plus, tu ne te fies pas sur de quoi t’a d’l’air sur tes photos de presse ou si ton lancement est gros?  Tu te fies sur On as-tu des bonnes chansons? Ca va-tu plaire à un certain public? Et ce certain public là, s’il est satisfait on a tout gagné dans le fond. On n’est pas obligé de plaire à tout le monde, mais si on plait au public qui aime ce que nous on fait, on a réussi. Si tous nos fans étaient comme : Kevin Bacon c’était vraiment bon, mais Chevy Chase c’est de la grosse marde, ce serait peut-êre le seul échec qu’on pourrait dire, mais il n’y aura pas un échec de quantité. L’objectif ce n’est pas le financement, et ce n’est pas de plaire à un public plus large non plus. En fait le seul échec serait que lui (Alex) et moi on n’aimerait pas notre propre album. J’ai appris dans la vie aussi que l’échec c’est de ne pas essayer, ça fait que de ne pas faire Chevy Chase, ce serait un échec.»

**Vous vous demandez peut-être pourquoi il y a un cadre devant la batterie? C’est juste une histoire d’échange de cadeaux familiale qui a mal fini. Maintenant il a la place la plus importante. « Aucun cadre n’a eu autant d’importance » ajoute Jessy.

 

Voici les photos prises par Jacques Boivin tout au long de notre présence dans les Studios Piccolo avec les gars de Rouge Pompier, Alexandre Portelance et Jessy Fuchs:

Merci à Alexandre Portelance et Jessy Fuchs pour leur temps et merci à Slam disques, surtout à Emma-Geneviève Murray- St-Louis,  pour la confiance et pour l’opportunité

 

[NOUVELLE] Rouge Pompier termine l’enregistrement de l’album Chevy Chase aujourd’hui le 1er décembre

DSC00784
Karina Tardif avec Rouge Pompier (Jessy et Alexandre), Crédit photo: Jacques Boivin

Dimanche dernier, avant de se rendre au GAMIQ, on a eu l’immense privilège d’être invité à aller jaser avec les gars de Rouge Pompier, à prendre des photos et à assister à une heure d’enregistrement au Studio Piccolo à Montréal (je sais vous êtes jaloux, et il y a de quoi).

Alexandre et Jessy semblaient dire qu’ils avaient un peu de retard sur le « planning » initial. En ce mardi 1er décembre, ils sont en train de terminer l’enregistrement du deuxième album, Chevy Chase, à paraître en mars 2016.

Restez à l’affût pour la sortie de l’entrevue complète des coulisses de l’enregistrement dans les prochains jours

 

 

 

[ENTREVUE] Rosie Valland, cette charmante autodidacte !

Rosie Valland, Crédit photo: Izabelle Dallaire
Rosie Valland, Crédit photo: Izabelle Dallaire

Le 14 novembre dernier, j’ai eu la chance de m’entretenir avec la charmante Rosie Valland quelques heures avant qu’elle fasse la première partie d’Ariane Moffatt pour discuter de sa musique. On s’installe dans les marches du Cégep de Trois-Rivières pour se mettre à notre aise et les discussions débutent tout naturellement alors qu’elle vient de finir sa bouchée de souper.

Il faut dire que, depuis toujours, tout s’est fait naturellement et au bon rythme pour Rosie Valland. Elle a appris la musique de façon autodidacte puisqu’elle a toujours fait de la musique par passion. Ce n’est qu’en s’inscrivant à l’École nationale de la chanson de Granby, dans sa ville natale, qu’elle comprend qu’elle peut réellement faire de sa passion un métier.

« Tout a vraiment commencé en 2011 à l’École où j’ai su que je pouvais en faire un métier. Je me suis inscrite naïvement en me disant que j’allais essayer et après on verra. Là, j’avais du plaisir et j’ai vu qu’il y avait des possibilités, sachant bien que ce ne serait pas juste facile » dit-elle.

Bien qu’elle mentionne que l’École lui a apporté surtout des rencontres importantes dans son cheminement, elle reconnait que ça a été un point tournant dans sa carrière. Elle y a, entre autres, rencontré des gens qui sont devenus de très bons amis aujourd’hui, telles que Joanie Michaud et Anaïs Constantin.

C’est toutefois dans le contexte du Festival international de la chanson de Granby qu’elle a fait une rencontre inattendue.

«  Jessie Mac Cormack faisait partie du spectacle avec Mélanie Boulay. Après le spectacle, il est venu me voir et il m’a dit Allo je m’appelle Jesse »

C’est ainsi que le destin a fait se rencontrer ses deux êtres, qui, depuis, collaborent étroitement ensemble pour leurs projets. Aujourd’hui, Jesse réalise, arrange ses chansons, en plus d’être musicien pour Rosie Valland. Il l’accompagne aussi en sur scène.

Récemment découverte par le grand public, je lui ai demandé si elle trouvait que les choses allaient trop vite ?

« J’ai l’impression que tout va comme ça doit, mais j’ai besoin de me donner des petits objectifs pour me confirmer que c’est la bonne chose», m’a-t-elle répondu.

Depuis la sortie de son premier album, Partir avant, dont nous en avons fait la critique ICI, Rosie Valland a fait plusieurs premières parties pour des artistes québécois bien ancrés dans le milieu tels Alex Nevsky, Chloé Lacasse, Louis-Jean Cormier, Les sœurs Boulay et, bien sûr, Ariane Moffatt.

 « J’essaie de ne pas trop y penser », poursuit-elle. « Le défi face à moi-même est de faire quelque chose qui est outre-frontières. J’ai envie que, quand tu écoutes, tu ne focus pas sur le fait que c’est en français. Ce qui me fait le plus triper, c’est quand des anglophones me disent qu’ils ne comprennent rien à ce que je dis, mais qu’ils adorent ce que je fais… j’ai l’impression d’avoir réussi ! »

Après ces quelques minutes de discussion, force est de constater que Rosie Valland est une jeune artiste bien ancrée dans sa passion, très réaliste dans tout ce qu’elle entreprend tout en se laissant le droit de rêver et de se donner des petites victoires.

Elle sera en spectacle le vendredi 27 novembre au bar Le Zénob de Trois-Rivières et nous y serons pour couvrir le spectacle.

Voici les photos d’Izabelle Dallaire

 

[ENTREVUE] Saratoga au FME avec CFOU 89,1 FM

Archives ecoutedonc.ca
Archives ecoutedonc.ca

Devant la salle de réception La Légion, j’ai discuté avec Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse, qui forment le duo Saratoga.

Ils nous parlent de leur été, de leur EP et de leur spectacle de ce soir. Ils nous ont même offert une performance acoustique dans le stationnement du TAXI COOP. À écouter juste ici, en collaboration avec la radio CFOU 89,1 FM:

[ENTREVUE] Chapelier Fou – 1ère partie des Dear Criminals le 3 septembre à L’Anti

Chapelier Fou
Image extraite de fmeat.org

Dans le monde du Chapelier Fou le sampling est maître et l’harmonie entre orchestration et électronique est merveilleusement touchante. La première partie des Dear Criminals ce jeudi 3 septembre risque d’en surprendre plus d’un. Rencontre avec un artiste considéré comme émergent depuis quinze ans.

Le Français explique que c’est à partir d’échantillonnages (ou samplings) du conte d’Alice aux pays des merveilles, notamment de phrases du Chapelier Fou «qui revenaient un peu comme des interludes », que ses amis ont commencé à signer sur ses pochettes le nom de l’étrange personnage. L’artiste ajoute «c’est un livre qui m’a vraiment marqué, j’étais dans des expériences assez psychédéliques et ça correspondait bien à ça. Le chapelier a une espèce de folie tout à fait logique et résonnée et à la fois très poétique et rigoureuse».

Quand on lui demande quel est son processus créatif, il répond simplement « j’ai toujours fait de la musique pour comprendre la musique que j’écoutais ». Ainsi, pour mieux apprécier l’univers psychédélique et poétique d’artistes comme Bonobo, Dj Shadow ou Portishead, il s’est mis derrière la table.

Comme le raffinement d’une table de thé, avec le cliquetis d’une cuillère qui remue le sucre dans une tasse, si vous permettez la métaphore, l’artiste pars de petites choses. Un son, un objet sonore, un traitement qu’il va ensuite développer et interroger comme une personne qu’il respecte et qu’il confronte parfois : « je veux toucher à tout, expérimenter, toucher à l’inouï, mais après ça veut pas dire que ma musique n’est pas accessible, mais elle est pourtant expérimentale » précise le Chapelier.

Riche musicalement en studio, mais en live?
Être accompagné de trois musiciens «est une véritable révolution», explique l’artiste, musiciens qu’il considère comme des «personnes parfaites». Marqué par des précédentes tournées solos stressantes au quatre coins du monde, on sent une certaine libération ou confiance de jouer en quatuor: « j’axe moins sur le fait de faire des boucles, c’est plus axé sur le ressenti en temps réel. Il y a un peu d’improvisation alors qu’avant il fallait que je prépare mes shows », lâche le musicien.

Il est très excité de revenir au Québec, où il avait joué par le passé au Festival de Musique Émergente en 2010 et au Festival International de Jazz de Montréal en 2012. Il garde de très bon souvenirs: « C’était un concert merveilleux, j’avais joué avec Pierre Lapointe. L’ambiance était incroyable, j’y suis resté pendant une semaine, c’était hyper agréable. »

Il jouera avec en première partie des Dear Criminals ce soir au Divan Orange avant de venir chez nous à L’Anti le 3 septembre. Il fera deux sets au Café Bar L’Abstracto du FME les 5 et 6 septembre en formule 5 à 7.

Ah oui aussi, il passe le bonjour à sa maman.

 

Deltas (sorti en France en septembre 2014 et chez nous le 28 août dernier):

Live FME 2010

Dates québécoises
1er Septembre – Montreal (CA) – Divan Orange avec Ropoporose et Dear Criminals
3 Septembre – Québec – L’Anti (251, rue Dorchester) – 13 $ à la porte – 1ere partie de Dear Criminals
05 Septembre – Nouyn Nouranda (CA) – FME
06 Septembre – Nouyn Nouranda (CA) – FME

[ENTREVUE] Galaxie

C’est quelques heures avant leur spectacle complet à l’Impérial Bell qu’Olivier Langevin, chef de file du groupe Galaxie, nous a accueillis à bras ouverts entre deux tests de son pour répondre à nos questions. Leur plus récent opus, Zulu, est un succès critique et populaire de 2015 au Québec. Il s’est même mérité une note de 90% sur notre site web!

Galaxie Zulu (La meute)
Galaxie
Zulu (La meute)

En parlant de ce succès critique et populaire de Zulu, Olivier Langevin est comblé. Il est tellement content que le public ait apprécié cette oeuvre dans laquelle il a mis, avec ces collègues, beaucoup d’efforts. Un succès fort est aussi synonyme de plusieurs concerts. C’est un aspect qu’Olivier Langevin ne néglige pas. Premièrement, monétairement, les concerts sont un bon moyen de soutenir les groupes. Ensuite, il y a la proximité des fans et la réaction de ces derniers aux compositions du groupe. Finalement, il affirme être un gars de studio avant tout, mais il faut bien équilibrer le tout. Seulement du studio, c’est négatif pour un artiste. Il faut aussi faire des concerts, et que le tout s’équilibre. Il est donc très heureux d’être sur la route avec ses comparses de Galaxie en 2015.

Nous avons ensuite abordé le sujet de la pause entre les deux albums (Tigre et Diesel, leur précédent opus est paru en 2011). Olivier Langevin affirme que cette pause a été bénéfique pour que tous puissent se concentrer sur des projets parallèles. Il était, par contre, très clair pour tous les membres que Galaxie n’était pas fini. Ils attendaient le bon moment, et, en 2014, après quelques riffs de guitare ici et là, le moment était excellent. La machine est donc repartie, et Zulu est né, à notre plus grand bonheur.

Maintenant, qu’est-ce qui a influencé l’album? Un peu de tout, mais surtout du blues rock de style africain. En effet, Olivier Langevin, guitariste de la formation, écoutait beaucoup la musique du musicien malien Ali Farka lors de la création de l’album. Il dit ne pas être un énorme fan, mais que les rythmes du chanteur lui ont vraiment inspiré quelque chose. C’est de là que la sonorité africaine est tirée. L’Afrique n’a pas été le seul genre musical dans les oreilles du guitariste. En plus de Farka, l’inspiration est venue de groupe tel que Avi Buffalo, St.Vincent et Ty Segall. Ce dernier a particulièrement été influent lors du processus créatif.

Pourquoi le blues? La réponse est simple selon Langevin. Tous les artistes rock sont, inévitablement, un jour au l’autre, inspirés par le blues traditionnel. Certains groupes seront touchés par ce genre sans le savoir, mais les racines du rock viennent du blues. Il ne faut pas renier ses racines, et c’est dans cette optique que Galaxie a travaillé sur Zulu.

Galaxie Tigre et Diesel (la meute)
Galaxie
Tigre et Diesel (la meute)

Après avoir fait le tour du dernier opus, nous avons fait un retour en arrière, en 2011. Il y à quatre ans, le groupe était sur la scène du prestigieux prix Polaris. L’album Tigre et Diesel a été finaliste du prix Polaris, et Olivier Langevin en est très fier. Lorsqu’il a appris la nouvelle, il était choyé et enchanté. Par contre, il nous parle beaucoup plus du concert en soi. Il a de très bons souvenirs de cette soirée de concerts à Toronto. Il a adoré prendre part au concert et considère le prix Polaris comme étant un «un très beau concours». Être sur la même scène qu’Arcade Fire et Timber Tibre, c’est difficile à oublier. Malgré le fait que The Suburbs ait remporté le prestigieux prix, Galaxie est conscient que la visibilité de l’événement a été profitable pour eux. Au Canada anglais, à Montréal et dans les médias, le groupe a acquis une renommée incroyable et une belle visibilité. Par contre, en région, le prix étant moins connu, Galaxie n’a pas ressenti un grand engouement.

Étant à quelques heures du spectacle, et finissant un test de son incroyablement fort (et oui, j’avais oublié mes bouchons), nous avons discuté de Galaxie sur scène. Le guitariste décrit la performance du groupe comme étant «torride et dynamique». Il y a des lasers, des effets scéniques et des musiciens incroyablement motivés et contents de performer devant leurs fans.

Qu’est-ce qui s’en vient pour Galaxie post-Zulu? Des concerts, c’est certain. Le groupe a encore un calendrier de spectacles bien garni, avec beaucoup de surprises encore non dévoilées. Il n’y a pas d’album de Galaxie de prévu pour le moment afin de faire suite à Zulu. Étant très évasif sur le sujet, le principal intéressé a quand même mentionné que divers projets parallèles de certains membres du groupe seraient actifs dans les années a venir. Ne pouvant en dire plus, il faudra attendre et voir ce qu’ils nous réservent.

Finalement, ce fut une entrevue très agréable avec un Olivier Langevin très excité d’être en concert dans la ville de Québec. Vous n’étiez pas à l’Impérial Bell et vous vous demandez comment c’est déroulé le concert de Galaxie ? Lisez le compte-rendu du collègue Jacques Boivin juste ici.