Jean-François Bélanger – Grand Théâtre de Québec, 28 janvier 2018

Cette musique est un conte fantastique où les nombreux instruments de Jean-François Bélanger racontent l’écho des siècles qui aurait porté cette musique jusqu’à nos oreilles.

Le dimanche matin, ce n’est pas toujours facile de sortir de chez soi. Surtout lorsque la veille on a vu Fred Fortin à l’Impérial…

 Armé de mon courage et de mon enthousiasme pour la découverte, j’ai monté l’escalier de Saint-Roch vers le Grand Théâtre où Jean-François Bélanger se produisait dans le cadre de la série de concerts les « Croissants-Musique ». Cette fabuleuse initiative nous permet d’aller voir gratuitement des groupes dans le foyer de la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre, environ une fois par mois. Je vous suggère fortement d’aller voir la programmation et d’assister à ces belles matinées !

Jean-François Bélanger est un multi-instrumentiste s’intéressant beaucoup aux instruments scandinaves. Sur scène, il joue du nyckelharpa, du tenor harpa, de la contrabasse harpa (des cousins nordiques de la viole de gambe) ainsi que du violon Hardanger (le cousin nordique du violon).

Il présente des compositions originales inspirées fortement des sonorités propres à la musique traditionnelle du Nord de l’Europe. Sa musique n’a rien d’exclusif à une seule culture : le musicien nous propose un voyage sur une terre qui n’existe pas, un endroit idyllique où les peuples et les cultures cohabitent en paix. La musique traditionnelle évoque un sentiment de retour à la terre ainsi qu’une certaine nostalgie. Cette musique est un conte fantastique où les nombreux instruments de Jean-François Bélanger racontent l’écho des siècles qui aurait porté cette musique jusqu’à nos oreilles.

C’est devant un auditoire assez âgé, mais très nombreux, que Jean-François et son groupe débutent le spectacle avec le premier titre figurant sur son plus récent album : Les eaux de l’oubli/Jökulhlaup. Cette pièce nous transporte tout de suite dans ce monde imaginaire en raison des influences moyen-orientales et scandinaves sur les mélodies entendues. Ce métissage pourrait nous paraître curieux, mais la virtuosité des instrumentistes nous convainc tout de suite et nous transporte. Le voyage est entamé.

Jean-François était accompagné par une brochette très impressionnante de musiciens. Élisabeth Giroux au violoncelle brillait par la clarté et la virtuosité de son jeu, surtout dans la « Valse militaire » ainsi que dans « Les ogres de Barbarie ». Le guitariste Yann Falquet nous a beaucoup impressionné par sa créativité à la guitare, mais aussi par les chants harmoniques qu’il exécutait dans plusieurs pièces. Cette technique vocale permettait de soutenir l’atmosphère sonore des pièces par ce son riche en harmonique. Finalement, le percussionniste Bernard Ouellette démontrait une polyvalence incroyable et maniait tous ses instruments à la perfection lors de ses interventions toujours très pertinentes.

Le groupe, qui nous a tantôt bercé avec des chansons comme « Les ornières du vide » et « Les eaux de l’oubli », nous a aussi donné envie de danser avec les plus énergiques « La Tiraille » et « Les ogres de Barbarie ». La chanson « Pitou’s trip to Norway » était très intéressante. Elle est un hommage au violoniste traditionnel québécois Louis « Pitou » Boudreault, reconnu pour son légendaire furieux coup d’archet. Dans cette chanson, ce coup d’archet est utilisé pour jouer une mélodie sur le violon Hardanger.

Après une heure de pur bonheur, le public en redemanda et la formation termina en beauté cette matinée musicale avec la très entraînante pièce « La Tiraille ».

Je vous conseille fortement de vous procurer ses deux plus récents albums, Les vents orfèvres (2014) et Les entrailles de la montagne (2017), qui ont été enregistrés comme un diptyque sur quatre ans. C’est une musique qui vous fera assurément voyager en Europe du Nord et plus loin encore…

[Spectacle] Grand retour de Tryo à Québec!

Wow ! Quelle belle soirée nous avons passée avec Tryo au Grand Théâtre vendredi soir dernier, le 24 février.

Pierre-Hervé Goulet

Pierre-Hervé Goulet – Photo : Izabelle Dallaire

Pierre-Hervé Goulet a relevé le défi de faire lever la foule pour la première partie. C’est avec humour qu’il est entré sur scène, sachant que les gens ne connaîtraient peut-être pas sa musique. L’ambiance fut vite festive, et il a su mettre la barre haute pour ce qui nous attendait.

En terminant avec un remix d’un de ses chanteurs favoris, Eminem, il éleva l’ambiance à un point culminant.

Tryo

Tryo – Photo : Izabelle Dallaire

Tryo est ensuite apparu, en feu plus que jamais, et avec un accueil du tonnerre de la part des gens présents. Ils ont eu la gentillesse de faire plusieurs demandes spéciales criées par la foule, spécialement pour leur retour à Québec. C’est avec beaucoup de souvenirs qu’ils interprétèrent des chansons classiques de leurs anciens albums tel que Serre-moi, Désolé pour hier soir, Apocalypticodramatique et J’ai trouvé des amis. Ils ont même invité un de leurs spectateurs à monter sur scène et à jouer La Main verte à la guitare avec eux ! Ils ont aussi interprété avec beaucoup d’amour la chanson hommage à Paul Watson intitulée Watson. Après avoir fait lever la foule comme jamais, entremêlé de blagues coquines, d’anecdotes et de fous rires, les gars de Tryo nous ont réservé non pas un, mais deux rappels. Nous clamant leur amour pour le Québec et les Québécois, ils nous ont promis de revenir bien vite, et c’est avec joie que nous les accueillerons !

Voici quelques photos de la soirée :

[Spectacle] Avec pas d’casque, Grand théâtre, 18 février 2017

Juillet 2007, j’assiste pour la première fois à un spectacle d’un groupe qui deviendra central dans ma vie de mélomane: Avec pas d’casque. Le groupe assurait la première partie d’un concert acoustique de Malajube. C’était encore l’époque Trois chaudières de sang, et si mon souvenir est bon ils avaient cassé 1 ou 2 futures chansons qui devaient paraître sur l’excellent (je dis ça pour tous leurs albums officiels) Dans la nature jusqu’au cou. J’avais acheté quelques mois plus tôt leur premier disque après avoir écouté la chanson Débouler ensemble sur leur MySpace(!!!). J’avais été refroidi par les accents country du reste de l’album et initialement c’est ma copine qui faisait tourner le disque.

Quelques années plus tard, j’ai vécu un moment musical hors du commun sur les rochers de l’Anse à la Barque avec le groupe devenu alors quatuor (c’était un des premiers spectacles de Mathieu Charbonneau avec le groupe, il jouait alors uniquement du baryton). Il faisait un temps d’une extraordinaire clémence pour le temps de l’année. Nous avions marché jusque là avec une bouteille de Riesling et le groupe avait offert une généreuse performance devant un public mi-terrestre mi-flottant, présentant entre autres Veiller le feu et Dommage que tu sois pris, deux chansons qui allaient paraître une douzaine de mois plus tard. À ce jour, c’est encore la quintessence pour le tripeux de musique que je suis; soit le fait d’entendre un groupe adoré performer des nouvelles chansons dans un décor frisant l’irréel. Inoubliable. Tout ça ponctué d’anecdotes concernant Bernard Adamus qui n’avait pas été choisi pour faire ce spectacle en raison selon lui du nom de leurs albums respectifs (Brun vs Dans la nature jusqu’au cou, quand même!)

Depuis, je me suis toujours fait un plaisir d’assister aux concerts du groupe chaque fois qu’il s’installe pour un soir à une distance raisonnable de Limoilou. C’est qu’à l’inverse d’autres groupes, un spectacle d’Avec pas d’casque offre toujours une expérience unique. Bien qu’ils ne chamboulent pas la grille de chansons à chaque concert, il y a toujours des différences dans l’ordre de celles-ci en plus d’une ou deux surprises. J’ai déjà vu le spectacle actuel à quelques reprises et à chaque fois ils ont offert quelques chansons jouées plus rarement. À Baie-Saint-Paul c’était Si on change les équipes et Aloès dans une version onirique qui annonçait bien leurs nouvelles couleurs. C’est qu’avec l’ajout de Simon Trottier (qui officie également au sein de Fontarabie et Timber Timbre, rien de moins!) la musique du quintette est enrichie d’une subtile touche de complexité au niveau des textures.  Cet automne, au Petit Champlain, nous avions eu droit à une chanson inédite Le soleil se cherche du stationnement dans l’horizon, préalablement entendue dans la dernière émission de la très regrettée émission bandeapart. À l’Anti ce fut plutôt Walkie-Talkie et L’amour passe à travers le linge qui agrémentèrent ce spectacle définitivement plus physique… Fallait y être pour apprécier la dégaine de Stéphane Lafleur qui jouait à moitié debout (style Félix Leclerc) pour permettre aux nombreux spectateurs de l’apercevoir du fond de la salle. Bref, si tu es musicien et que tu viens quelques fois dans la même ville, tu auras sans doute 3-4 motivés qui viendront chaque fois. En changeant un peu le spectacle, tu t’assures qu’ils voudront revenir.

Samedi dernier au Grand Théâtre, c’est dans une ambiance sereine et contemplative que le groupe a offert une autre performance unique bâtie autour d’Effets spéciaux. Stéphane Lafleur, fidèle à son habitude, y est allé de savoureuses interventions: « est-ce qu’il y en a qui sont ici contre leur gré? », a-t-il demandé avant d’y aller d’une théorie selon laquelle parfois un membre d’un couple se fait offrir un billet en première rangée par l’autre qui est souvent très motivé; ce qui a pour conséquence que la performance se fait parfois devant un spectateur qui a l’air de s’ennuyer ferme directement devant les musiciens.

Sur scène un sixième membre, Guillaume Bourque, s’était ajouté à la clarinette basse. À la fin de sa première présence sur scène, il a provoqué malgré lui l’hilarité des autres musiciens lorsqu’il a quitté la scène plus tôt que prévu pour revenir dans les dernières secondes de ladite chanson (Défrichage) et quitter à nouveau promptement la scène sans avoir joué une seule note.

Parlant plus tôt de chansons rarement jouées, nous avons eu droit à Deux Colleys et la superbe Spirographe (une demande spéciale d’une spectatrice) deux chansons planantes qui cadraient parfaitement dans la soirée feutrée. Gros coup de coeur aussi pour la version actuelle d‘en Attendant que ça paye qui bénéficie grandement des riches arrangements du groupe. Guillaume Bourque a aussi ajouté un spectaculaire solo à la finale pratiquement post-rock d‘Intuition#1, un rare mais précieux moment de délire musical.

En guise d’épilogue, je me dois de mentionner que c’était aussi la première fois que j’amenais mes jeunes garçons dans un concert en salle. Il fallait voir leurs sourires quand le groupe jouait les premières notes de leurs coups de coeur. Le cadet a spontanément mentionné à la sortie: « wow, c’était vraiment cool comme spectacle ». L’ainé à tout de suite acquiescé avant de renchérir: « Oui c’était cool et j’ai vraiment trouvé ça drôle quand le gars (Guillaume Bourque) est parti trop vite et que le chanteur riait en finissant la chanson ». Comme premier souvenir de concert intérieur, je n’aurais définitivement pas su leur offrir mieux.

Grille de chansons de la soirée au Grand Théâtre.

Avec pas d’casque est de retour samedi le 4 mars à l’Anglicane. Peut-être une des dernières chances de voir le groupe performer pour cette tournée.

[SPECTACLE] Pierre Lapointe, Grand Théâtre de Québec, 30 mars

Quelle soirée bouleversante hier soir au Grand Théâtre! Avant de se lancer dans le récit de cette oeuvre d’art, revenons sur l’aventure Seul au piano de Pierre Lapointe. L’an dernier, le chanteur populaire (c’est lui-même qui le dit) nous proposait une version plus sobre de son catalogue sur Paris Tristesse. Cet album mélancolique et seul au piano était présenté au public de Québec pour une dernière série de représentations. Revisitant ses grands succès et ses pièces lyriques moins connus, sans oublier quelques reprises, le chanteur a su nous hypnotisé avec son instrument. Retour sur une soirée musicale sans faille.

Dès le lever du rideau à huit heures précises, Pierre Lapointe se dirige vers son piano à queue placé devant un grand champ de lutrins vides. C’est dans cet univers très mystérieux que l’artiste se lance dans une mise en garde face à son oeuvre triste. Après ce court discours, nous entrons dans l’atmosphère de Paris Tristesse. Ce spectacle prend un sens très introspectif. Nous sommes collés aux paroles de Lapointe ainsi qu’aux mélodies de son instrument de prédilection. Tu es seul et resteras seul lance le bal de la déprime. Dès la première pièce, nous sommes dans une salle presque toute noire, seul un faisceau de lumière éclaire l’artiste. Le travail exceptionnel d’Alexandre Péloquin aux éclairages est digne de mention. Tout au long du spectacle, les éclairages nous ferons entrer dans des atmosphères différentes selon les pièces.

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Pierre Lapointe présente Paris Tristesse à Trois-Rivières (photo d’archives). Crédit photo : Izabelle Dallaire

L’acoustique est aussi excellente dans la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre. Francis Beaulieu au son fait un excellent travail dès les premières notes du chanteur. Ce dernier a d’ailleurs une voix sans aucun défaut. Après avoir effleurer Les lignes de ma main avec brio, nous sommes projeter dans une magnifique interprétation de Nu devant moi. Certes, Punkt! est mon album favori du chanteur, je suis peut-être un peu biaiser, mais j’ai l’impression de redécouvrir le catalogue de Pierre Lapointe après chaque chanson du spectacle.

De plus, un concert seul au piano permet à un artiste de ressortir certaines pièces moins propices au full band. C’est le cas de Au 27-100 rue des Partances, de l’album La forêt des malaimés, qui fête ses 10 ans cette année. Une ovation sera d’ailleurs offerte par le public suite à l’interprétation de ladite chanson.

Je dois féliciter la discrétion et l’écoute du public qui sont exceptionnelles. En effet, les spectateurs sont toujours silencieux et attentifs aux paroles du chanteur. Le but est de vivre l’expérience proposée à fond. Fermer les yeux, écouter et vivre la musique jusqu’à ce qu’une boule se forme en soi. C’est ce que j’ai vécu hier soir avec la salle comble du Grand Théâtre. Heureusement, Pierre Lapointe coupait, d’une façon très drastique, la tristesse avec divers monologues humoristiques directement tiré des Bobos du mille-end.

Quelques pièces ont provoqué de fortes réactions auprès de l’auditoire tels que Tel un seul homme ou encore Le lion imberbe. La reprise d’Elisapie Isaac, Moi Elsie, était magnifique. Le trio proposé en conclusion était exceptionnel : Nos joies répétitivesLa plus belle des maisons et Je déteste ma vie. Interprété avec une férocité dans la voix, Pierre Lapointe nous fait presque verser une larme tellement le propos et le contenant sont puissants.

En rappel, nous avons droit à une version revisitée d’une chanson que Lapointe n’est plus capable de jouer tellement il est « tanné ». Pour faire plaisir au public, Deux par deux rassemblés est offerte en version mimée pour les enfants de 4 à 8 ans. Quelle belle façon pour un artiste de jouer des pièces attendues du public, mais qui ne représentent plus aucun plaisir pour lui. Le public a chanté avec Pierre Lapointe et riait aux éclats lors des mimiques. Juste avant de nous quitter, il nous offre une reprise de Léo Ferré : C’est extra! Une belle conclusion jouée encore une fois avec une férocité inexplicable.

L’émotion est encore palpable en moi au moment d’écrire ses lignes. J’ai vécu une expérience inoubliable avec un artiste d’un grand talent. Un concert à voir absolument.

Pierre Lapointe remet ça ce soir au Grand Théâtre… mais c’est complet ! Pour le revoir, il faudra se rendre à Lachine, Sorel-Tracy, Cowansville ou Ste-Agathe-des-Monts pour l’ultime représentation de Paris Tristesse le 7 mai prochain.

Grille des chansons

  1. Tu es seul et resteras seul
  2. Les lignes de ma main
  3. Nu devant moi
  4. Quelques gouttes de sang
  5. Au 27-100 rue des Partances
  6. S’il te plait
  7. Les vertiges d’en haut
  8. De glace
  9. Tous les visages
  10. Le lion imberbe
  11. Pointant le nord
  12. Tel un seul homme
  13. Moi Elsie
  14. Nos joies répétitives
  15. La plus belle des maisons
  16. Je déteste ma vie

Rappel

  1. Deux par deux rassemblés
  2. C’est extra!

 

[Spectacle] Jean Leloup, Le Capitole, 31 octobre 2015

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(Photos : Jacques Boivin)

En cette froide soirée d’Halloween, le roi du Métropolis de Montréal a traversé la 40 pour venir rendre visite au public de Québec. Durant les longues minutes dans la file d’attente au dehors du théâtre, nous pouvons constater que Leloup attire plusieurs générations. Des jeunes et moins jeunes composent l’énorme foule qui attendait le grand retour de cette icône dans la Capitale. Avec son nouvel album (certifié platine) À Paradis City qui s’est hissé au sommet des palmarès et qui a raflé jusqu’à maintenant deux Félix, le chanteur a pris place sur scène avec son orchestre aux alentours de 20 h 30.

31102015-203221-02-Jean LeloupIntitulé Jean Leloup et son orchestre en concert à Paradis City, ce spectacle est le premier d’une série de deux concert thématiques. Le deuxième, Jean Leloup solo : le fantôme de Paradis City sera présenté en décembre. C’est donc avec ses sept musiciens qu’il entre en scène sur une balustrade. Guitare à la main, il se dandine et se fait acclamer. Derrière lui, un impressionnant décor composé d’un soleil et de nombreuses marguerites. Il entame donc Barcelone devant une foule enjouée et costumée. Tout en confiance, il enchaîne immédiatement avec un des ses classiques : Isabelle. Avec la foule comme choriste, Jean Leloup est pétillant et souriant. Il ne se lasse pas de danser devant son pied de micro. Ce n’est pas pour rien qu’on indique que le chanteur est au sommet de sa forme. Il offre un spectacle impressionnant sur le plan visuel, mais aussi musicalement impeccable. Le concert n’est pas seulement pour les spectateurs, mais aussi pour lui-même. Il est si heureux sur scène, et ce, tout au long de la performance. Il s’amuse à de multiples reprises avec ses musiciens tout en modifiant quelques accords des différentes pièces présentées.

Ce spectacle marque le retour sur scène de l’icône, mais aussi le dépoussiérage de certaines pièces de vieux albums dont Le Dôme et Edgar, Leloup prend ensuite un petit temps de repos, assis sur les premières marches de sa balustrade, et entame la première pièce de la soirée de son plus récent opus : Petit Papillon. Avec toute la tendresse et la délicatesse du chanteur, la foule est d’un calme exemplaire et boit les paroles de Leloup.

31102015-202916-01-Jean LeloupAprès la très réussie Paradis Perdu, nous assistons à un autre retour qui en réjoui plus d’un, c’est l’heure de Fashion Victim. Ne délaissant jamais sa guitare, le chanteur se promène de gauche à droite en dansant au rythme de la pièce. Il nous offre ensuite une version 2.0 de la désormais célèbre pièce Willie. En effet, la plupart des chansons tirées d’À Paradis City ont subi une transformation pour le concert. Alternant entre le chant et l’aparté de parole, Leloup sait captiver son public sans même lui adresser directement un seul mot. Demandant au public de lever les bras pour illustrer les flammes de la cabane à Willie, Leloup s’amuse à regarder la foule s’exécuter. Avant de quitter pour l’entracte, il lance Le monde est à pleurer. Tel un dictateur, il ordonne au public de sauter, ce dernier répond à l’appel sans se faire prier.

Après une vingtaine de minutes, le chanteur est de retour sur scène avec un nouveau costume et un décor légèrement changé (le soleil cède sa place à la lune). Cette deuxième partie laisse place à quelques classiques, mais aussi à de nombreuses pièces du plus récent opus. En introduction, L’innocence de l’âme (une pièce d’un certain Jean Leclerc) part le bal. Le rythme est plus difficile à reprendre après cette pause. Par contre, la foule se réveille rapidement dès les premières notes de Voyageur. Étant littéralement en feu lors de l’interprétation de la pièce, Jean Leloup est vocalement impeccable. Il adore danser pour la foule et ses musiciens. C’est derniers semblent aussi très heureux de jouer devant une si belle foule. Petite escale du côté de la Vielle France avant d’interpréter un des moments forts de la soirée : Fourmis. Ce classique était attendu, et le chanteur a su livrer la marchandise. Les jeux de lumières étaient à couper le souffle et l’intégration de tout l’orchestre est indescriptible. Nous continuons avec des pièces d’À Paradis City, dont Retour à la maison et Flamants Roses. Cette dernière nous permet de voir le talent de Leloup à la guitare. La foule agit toujours à titre de choriste, encore une fois sans faille. Le chanteur multiplie les longues introductions musicales et s’adresse à la foule dans cette deuxième partie du spectacle.
31102015-204354-07-Jean LeloupUn des moments forts de la soirée est sans contredit l’interprétation de la pièce Le Roi se Meurt. C’est à se moment que nous remarquons l’importance de la section des cordes dans cette tournée. Étant composée pratiquement uniquement de femmes, dont Shonna Angers et Édith Fitzgerald aux violons, Sarah Martineau au alto et Camille Paquette-Roy au violoncelle. Du côté de la contrebasse, Martin Roy est la présence masculine de cette section de cordes. Productif et efficace tout au long du spectacle, le groupe nous surprend pendant Le Roi se Meurt en nous offrant un performance digne du plus grand orchestre du monde. Le son des instruments vient introduire et appuyer la voix de Leloup. N’oublions pas le reste de l’orchestre qui fait un travail de maître en tentant de suivre les désirs du chanteur. Chapeau à Alain Bergé à la batterie et David Mobio aux claviers.

Avant de quitter, Leloup nous donne une « leçon d’arriver », en grimpant son escalier pour reproduire une arrivée spectaculaire. Belle introduction à Je suis parti. Il lance ensuite la très attendue Paradis City. Avec tout son orchestre, les huit musiciens se donnent corps et âme dans l’interprétation de la pièce. Une trouble-fête vient danser sur scène, au grand dam de la sécurité. Leloup accepte la présence de la blondinette et s’amuse avec elle. Ils dansent ensemble tout en jouant de la guitare. Elle vit un moment unique et hors du commun, après quelques minutes, elle est expulsée de la scène et la troupe reprend l’interprétation de la pièce. Une pluie de confettis vient clore le programme de la soirée.

31102015-204005-05-Jean LeloupLe rappel se fait alors attendre. On croit que Leloup se laisse désirer ou qu’il se fait faire un petit briefing par les agents de sécurité. Oh non. Lorsque le rideau se lève, notre ami revient, le visage tout blanc, les pommettes rouges. LELOUP S’EST OFFERT UN PETIT DÉGUISEMENT! Puis il déterre une autre chanson qu’on n’a pas trop souvent entendue en spectacle : Pigeon. Puis La Chambre. Puis La vie est laide. Puis Sang d’encre. Ça t’aurait tué pas mal tous les publics. Mais pas celui du Capitole, qui en redemande encore. Leloup revient une deuxième fois, cette fois seul, sur sa passerelle qui se tourne (enfin) vers nous, et nous joue de la guitare avant d’interpréter, avec toute sa spontanéité qui le rend si grand tout en étant si humain, Feuille au vent. Fin d’un spectacle mémorable.

Jean Leloup a offert une performance hors du commun. Avec un orchestre de maîtres, il était en forme et au sommet de son art. Cette tournée est un incontournable pour tous les fans du chanteur. Il est énergique, souriant, heureux et en voix. Il se fait plaisir à chaque seconde du spectacle et cela devient contagieux dans la salle. Plusieurs qualifient cette tournée comme étant le meilleur concert de Jean Leloup en carrière, et j’en doute pas une seule seconde. Tout est parfait, en passant par la grille de chansons jusqu’aux effets scéniques, le monde de Paradis City tel qu’inventé par le chanteur a enfin pris forme. Nous sommes dans la tête et l’esprit de Jean Leloup, dans cet endroit qui nous permet de nous évader et d’avoir une belle soirée de près de deux heures trente.

31102015-203710-04-Jean LeloupJean Leloup sera de retour ce soir au Capitole de Québec, mais c’est complet. La tournée Jean Leloup et son orchestre en concert à Paradis City repassera par Québec les 15, 16 et 17 janvier prochain. Il reste quelques places pour la soirée du 17 janvier. Des dates au Métropolis de Montréal ont aussi été ajoutés.

La tournée Jean Leloup solo : le fantôme de Paradis City se mettra en branle le 5 décembre prochain du côté de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts de Montréal. Des dates à Québec sont aussi prévues à l’horaire, soit les 11 et 12 décembre prochain. Il ne reste que quelques billets pour le premier des deux soirs.

Grille des chansons

  • Barcelone
  • Isabelle
  • Le dôme
  • Edgar
  • Petit Papillon
  • La plus belle fille de la prison
  • Paradis Perdu
  • Fashion Victim
  • Willie
  • Le monde est à pleurer

— Entracte —

  • L’innocence de l’âme
  • Voyageur
  • Vieille France
  • Fourmis
  • L’amour est sans pitié
  • Retour à la maison
  • Flamants roses
  • Le roi se meurt
  • Voyager
  • Je suis parti
  • Paradis City

— Rappel 1 —

  • Pigeon
  • La chambre
  • La vie est laide
  • Sang d’encre

— Rappel 2 —

  • Personne II
  • Je joue de la guitare
  • Feuille au vent