Saratoga (+ Maude Audet) – Le Cercle, 9 décembre 2017

L’amour. Y’a pas beaucoup de mots de cinq lettres plus forts que celui-là. Et y’a pas grand chose qui représente mieux ce mot que le couple Chantal Archambault/Michel-Olivier Gasse, du duo Saratoga. Le duo, qui en est aux dernières dates de la tournée Fleur, était de retour à Québec (presque un an après son passage au Théâtre du Petit-Champlain).

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Nous avons été gâtés. Saratoga a fait le voyage à Québec avec le quatuor à vents et le dispositif d’éclairage (sobre, mais diablement efficace) qui avaient accompagné le groupe à son spectacle de Coup de coeur francophone à Montréal. On allait donc entendre les chansons de Fleur comme on les entend dans le confort de son salon avec, en prime, la complicité palpable de nos deux tourtereaux.

J’aimerais vous dire que mes attentes étaient stratosphériques, mais ce n’est pas le cas. Quand on va voir Saratoga, c’est comme si on allait voir deux vieux amis qu’on est juste trop heureux de retrouver. Et Chantal et Gasse avaient de nombreux amis samedi soir! De nombreux amis venus entendre leurs histoires tirées du quotidien (le leur, celui de gens qu’ils ont croisé et d’autres, sortis tout droit de leur tête). Des histoires pas toujours drôles racontées avec tendresse.

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Bien sûr, le couple a « brisé la glace » (c’est leur jeu de mot poche, pas le mien) avec Brise-glace, la chanson qui ouvre si bien Fleur. Dès les premières notes de guitare et de contrebasse, tout le monde se tait, ouvre grand les yeux et tend l’oreille bien fort. On sait qu’on va passer un doux moment. Nouveau record : j’ai les yeux humides seulement 30 secondes après le début de la prestation, dès que les vents se font entendre.

Parce que oui, y’a ça : les mélodies de Saratoga font pleurer. De belles larmes de bonheur, du sel qui goûte bon. Ajoutez-y le timbre si riche et particulier des bois qui se mettent de la partie, et c’est avec un sourire béat que vous allez pleurer! Je me tourne vers ma copine. Zut, elle n’est pas là, je l’ai envoyée prendre les photos de la soirée!

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Autre nouveau record : Gasse fait des commentaires sur la boucane après seulement une chanson! Les habitués le savent, c’est en train de devenir un running gag, la machine à boucane du Cercle est reconnue pour se faire envahissante (c’est beau, mais ça peut devenir un brin étouffant sur scène).

D’autres chansons profitent du traitement royal du quatuor à vents : Je t’attends dehors a l’air sortie tout droit de la bande sonore d’un film d’amour qui se passe l’hiver, en campagne. On n’est pas du monde, déjà si belle dans sa mélancolie, se voit donner des ailes, transportée par un vent venu des bois d’à côté. Pour vrai! La voix douce et tristounette de Chantal et celle d’un Gasse en parfaite symbiose s’allient parfaitement aux couleurs chaudes soufflées par ce quatuor à vent tout en subtilité. Ce sont encore les bois qui vont marquer la lenteur dans Danser lent. Même si cette pièce est fort sympa lorsque jouée uniquement par le duo, on va vous avouer bien candidement qu’avec les clarinettes et compagnie, elle est tout simplement parfaite. Si on hochait gentiment la tête pendant les couplets, celle-ci devenait langoureuse sous les invitations à danser lent.

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Lent. Un autre mot qui définit bien Saratoga. Avec à peine un album et un EP, le duo réussit aisément à meubler près d’une heure et demie qui passe drôlement vite (et quelques gros morceaux ont été laissés de côté depuis leur dernier passage, notamment Madame Rosa et Noëla). Chantal et Gasse n’hésitent pas à prendre leur temps pour mettre leurs pièces en contexte. Les anecdotes parfois loufoques, souvent tendres, se dévorent même si certains, comme moi, les ont entendues pour la plupart un bon nombre de fois. C’est peut-être leur entrain dans leur récit, les regards aussi complices que la première fois qu’ils l’ont raconté, le ton posé de Gasse, qui parle lentement, mais avec autorité… c’est sûrement tout ça.

Après la « chanson de menstru SPM » (toujours aussi drôle Reste donc couchée, une chanson de Chantal que Gasse s’est appropriée) et cette reprise d’une chanson du répertoire hawaïen qui avait autrefois été adaptée et reprise par un certain Michel Louvain (Douce Leilani), ainsi que quelques autres chansons du répertoire saratoguesque, la soirée s’est terminée tout en douceur (pouvait-il en être autrement) avec Saratoga et Fleur.

Saratoga – Photo : Jacques Boivin

Oui, on l’avoue, on est très fan de la simplicité de la formule duo de Saratoga. Seulement, il faut le reconnaître, les instruments à vent et le dispositif scénique (quelques lampes chinoises sur lesquelles on envoyait de jolies projections) ont ajouté une touche de magie à ce couple déjà capable de tirer un tas de lapins de son chapeau! Tout ça sans alourdir le spectacle, sans jamais sentir, ne serait-ce que l’espace d’une seconde, que c’était trop. C’est comme si on était dans SARATOGA : THE DIRECTOR’S CUT! On vivait un moment spécial. Un moment que Saratoga a eu la gentillesse de venir partager avec les gens de Québec.

C’est le fan qui parle : Merci Chantal. Merci Gasse.

 

Maude Audet

Maude Audet – Photo : Marie-Laure Tremblay

En première partie, Maude Audet a fait l’inverse : plutôt que d’être accompagnée de son groupe, Maude était toute seule. Nous avons donc eu droit à des versions toutes nues des magnifiques chansons de Comme une odeur de déclin paru cet automne. Vous savez ce qu’on dit, une bonne chanson, c’est une chanson qu’on aime autant toute habillée que dans son plus simple appareil, et les chansons de Maude tombent dans cette catégorie. Les mélodies peuvent très bien s’appuyer sur la guitare et la voix douce de l’auteure-compositrice-interprète, qui profite elle aussi de ses interventions pour bien présenter ses chansons à un public qui écoutait bien sagement.

Leo, une lettre adressée à Leonard Cohen, a semblé toucher une corde particulièrement sensible chez les spectateurs. C’était le genre de douce mélancolie qu’on était allé chercher, samedi.

C’est le cas de le dire : tout était parfait!

 

Photos : Marie-Laure Tremblay (sauf quelques-unes par Jacques Boivin)

 

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Maude Audet – « Comme une odeur de déclin »

Maude Audet
Comme une odeur de déclin
(Grosse boîte)

Comme une odeur de déclin est le deuxième album complet de Maude Audet, cette fois réalisé par Ariane Moffat et soutenu par la maison de disques Grosse Boite. Initialement, le titre provient d’une adaptation francophone de la titanesque Smell Like Teen Spirit parue l’an dernier sur son Bandcamp et depuis disparue dans le gouffre sans fond de l’Internet.

Gallaway Road ouvre l’album d’une façon convaincante avec sa délicate mélodie de guitare mélancolique. C’est déjà, dès la première chanson, parmi les meilleures compositions que Maude Audet nous ait offertes jusqu’ici. Sur Nos lèvres retournées, on retrouve des sonorités évoquant ses chansons précédentes. On retrouve cependant un petit quelque chose de plus riche dans l’ensemble, ce qui faisait parfois défaut sur l’offrande précédente plus linéaire d’Audet. Est-ce la batterie inventive, ou plutôt les délicats choeurs en arrière-plan? Ce qui est certain, c’est qu’à l’écoute de ces compositions on entend rapidement la volonté des artisans de ce projet d’enrichir globalement les sonorités de ce disque. Plus loin, impossible de ne pas avoir un immense coup de coeur pour la merveilleuse Dans le ruisseau sur laquelle Antoine Corriveau vient y poser sa voix. Sans être essentiel à la pièce, cet ajout est fort sympathique et la pièce sied bien à l’univers de ce dernier. Les arrangements de cordes par la polyvalente Marianne Houle sont somptueux et ils en font une pièce maitresse de ce disque. Léo complète avec délicatesse la solide première moitié de ce disque.

Si après l’interlude quasi instrumental Dépeuplée, quelques pièces tombent un peu à plat, l’album se conclut de belle façon. Il y a d’abord Mirage, la pièce la plus rock de l’album, sur laquelle on peut sans aucun doute déceler l’influence de Marie-Pierre Arthur (qui a d’ailleurs fait grâce de ses talents de bassiste sur cet album), puis l’épilogue de ce court disque intitulé La montagne, est une autre magnifique pièce soutenue par un subtil rythme chevaleresque de la batterie de Robbie Kuster (connu pour son travail avec Patrick Watson).

Les textes flirtent souvent autour des très fertiles thèmes des relations amoureuses, parfois belles, parfois difficiles, sans jamais sombrer dans le misérabilisme ou le kitsch. La plume vaporeuse et poétique de l’auteure, soutenue par l’écrivaine Erika Soucy, est efficace. Cette fois cependant, c’est l’apport des mélodies vocales plus travaillées et des textures sonores plus variées qui permet à Maude Audet de délivrer un des très bons disques de cette rentrée.

 

 

 

Voici quelques photos du lancement prises au Knock-Out le 28 septembre dernier

[ALBUM] Catherine Leduc – « Un bras de distance avec le soleil »

Catherine Leduc est une artiste folk québécoise originaire de Trois-Rivières. Elle est notamment connue pour avoir été la moitié féminine du groupe Tricot Machine. Après avoir fait trois albums avec son camarade Matthieu Beaumont dans ce groupe, les deux, en 2012, ont décidé de se lancer en solo pour changer d’air un peu, ce qui fait que Catherine Leduc nous est arrivée avec un premier album solo nommé Rookie, le 8 avril 2014. Un peu plus de trois ans plus tard, le 26 mai dernier, elle nous arrive avec un deuxième album solo nommé Un bras de distance avec le soleil, aux influences folk très présentes.

Dans son plus récent opus, on retrouve une belle ambiance tout du long. C’est un album qui détend la personne qui l’écoute (elle me rappelle une artiste islandaise qui s’appelle Soley). Le piano est souvent présent sur l’album, offrant une belle harmonie à cet album. Le piano ne part jamais sur des envolées et des mélodies grandioses, mais il est efficace. Peu de notes placées au bon moment peuvent des fois être plus évocatrices que le contraire. Dans la chanson Le temps séparé, c’est une guitare acoustique qui est le principal instrument utilisé, contrairement à la majorité des chansons. Elle réussit à ne pas tomber dans la répétition tout en demeurant fidèle et authentique au style d’ensemble de l’album. Dans une bonne partie des chansons, on y entend un instrument qui diffère des autres chansons. Le rythme est généralement assez lent, mais c’est justement ça qui fait du bien et qui détend. Dès la première chanson, Good Eye, on nous place dans une ambiance joyeuse et réconfortante avec un rythme relativement rapide, que l’on retrouve en partie sur Rien comme le froid, Le temps séparé également, mais pas sur toutes les neuf chansons de l’album. Certaines pièces nous mettent dans une ambiance un peu halloweenesque, plus mystérieuse qu’épeurante, et c’est quelque chose de très intéressant, à mon humble avis. En écoutant certains passages de la cinquième chanson de l’album, Rien comme le froid, on y entend un instrument que je ne connais pas, je dois l’admettre, mais on reconnait tout de suite mon propos, avec le son un peu fantomatique qu’il fait.

En somme, j’ai beaucoup aimé l’ensemble de l’album (il n’existe pas grand chose que je n’aime pas en musique, honnêtement). L’entièreté de l’album me fait un bien et me procure une détente indubitables. Comme je l’ai dit plus tôt, Catherine Leduc me rappelle une artiste islandaise qui s’appelle Soley, de par sa voix et son style de musique, un genre de folk contemporain avec une forte présence pianistique (si vous avez aimé Catherine Leduc, vous apprécierez sans aucun doute cette artiste). Elle procure le même genre de détente et d’ambiance mystérieuse lorsqu’on l’écoute. À part la chanson Tes sommets sont mes montagnes, je n’ai pas vraiment de coup de coeur sur l’album car j’ai apprécié l’ensemble. Bonne écoute!

[ALBUM] Canailles – « Backflips »

Pour son troisième album intitulé Backflips, la formation Canailles a voulu s’éloigner un peu de son folk un peu sale et festif et offrir une proposition un peu plus substantielle sans s’aliéner ses fans. Tâche ardue, certes, mais est-ce que le groupe a réussi à évoluer dans la continuité?

Même si, en bout de piste, Canailles ne sort pas trop des sentiers qu’il a lui-même battus, la palette s’est assez bien garnie, grâce entre autres à l’arrivée d’Olivier Bélisle et Étienne Côté. Le côté un brin punk du groupe est toujours présent, mais que celui-ci s’est raffiné, signe de maturité et de volonté de ne pas faire du sur place. Oui, des chansons comme Margarita, Histoires de fantômes ou Jachère nous ramènent l’ambiance festive qui caractérise si bien la formation, mais il y a aussi des Backflips, pleines de blues, qui rappellent un peu Les Deuxluxes dans ses sonorités un brin rétro (Étienne Barry y joue d’ailleurs du piano), et des Plumage qui sont plus folk que sale.

Comme d’habitude, tout le monde met l’épaule à la roue : ce n’est pas un album de Canailles si chaque membre n’a pas les projecteurs braqués lui ne serait-ce qu’un instant. L’album, réalisé par Tonio Morin-Vargas, a été enregistré live (tout le monde en même temps) au studio Breakglass. Ce changement de dynamique nous rapproche davantage du son de Canailles sur scène, là où la formation a toujours brillé.

Parfait pour ramener l’ambiance festive et un brin insouciante du groupe à la maison!

[ENTREVUE] Canailles

Une constante se dégage lorsqu’on assiste à un concert de Canailles; ce groupe maitrise les mécanismes pour faire lever une soirée et pour transformer chaque spectacle en communion festive. Impossible de ne pas embarquer dans cette frénésie, peu importe l’état d’esprit dans lequel le spectateur franchit les portes de la salle. Ces jours-ci, l’octuor présente Backflips, un nouvel album concis, aussi beau de l’extérieur (voir la magnifique pochette signée par Daphné Brissette) que par son contenu. Avant leur performance au Cercle, nous avons eu la chance de nous entretenir avec deux des membres fondateurs: la chanteuse Daphné Brissette et le chanteur et mandoliniste Erik Evans.

(Photos: Amélie Kenny-Robichaud)

Les premiers balbutiements du nouveau spectacle

La veille du concert au Cercle, le groupe lançait son album au La Tulipe à Montréal. Une foule bien compacte s’y est entassée, et Daphné semblait surprise. D’emblée, elle l’explique: «Tu ne peux pas t’assoir sur ton succès et te dire que le monde va être là. À chaque fois tu ne le sais pas, on lance un évènement Facebook, pis t’espères que le message se passe.» Erik renchérit: «Quand les rideaux ont ouvert, c’était plein en tabarnache. Il était l’heure qu’on commence depuis une demi-heure, mais il fallait retarder, car il y avait encore un line-up d’un coin de rue!» Et avec trois albums est-ce plus facile de concevoir le spectacle? «C’est un beau problème, l’inverse est un peu plate. Quand on a sorti Ronds-Points, Dan, notre joueur de banjo est allé vivre en Louisiane. Donc au moment où il est parti, ça a enlevé 4-5 tounes du répertoire.Là, c’est plus l’inverse. On a du jus et on va pouvoir faire n’importe quoi.» Daphné mentionne ensuite que d’avoir un plus gros répertoire et ainsi changer les « setlists » permet de garder une spontanéité dans les concerts.

Au sujet de l’enregistrement du nouvel opus

Si lors de l’enregistrement des deux premiers albums, les chanteurs et le reste des musiciens étaient séparés en studio, cette fois, tout le monde était dans la même pièce du studio Breakglass. «Toute la gang, les huit en rond à se regarder, pas d’écouteurs. C’était une belle expérience», explique Erik. Tonio Morin-Vargas, le réalisateur gravitait déjà autour du groupe: «On aime travailler avec des chums, autant pour les collaborations que pour la réalisation ou les clips.» Daphné explique d’ailleurs qu’il est très perfectionniste et que certaines chansons ont été jouées un nombre incalculable de fois lors de la douzaine de jours en studio. Cela permet en outre d’aborder la tournée bien rodés. Si Canailles est arrivé en studio avec une banque bien garnie de chansons, le processus d’enregistrement réserve assurément des surprises. «Tu penses que t’es prêt, et là tu arrives en studio et tu te rends compte qu’il y a plein d’affaires qui ne marchent pas. Le studio, c’est une loupe», explique Daphné. Éric Villeneuve, réalisateur du deuxième disque, avait d’ailleurs une expression consacrée: l’humilitron. Erik décrit le concept: «Tu fais un bout, par exemple pour moi de mandoline, et là il disait: es-tu prêt a passer à l’humilitron? Puis, il droppe le reste et là il y a juste moi qui joue et tu te dis: câlisse que c’est laite!»

La piñata expliquée

J’ai questionné Daphné au sujet du graphisme derrière l’album. «C’est vraiment long trouver la bonne idée. J’ai eu un flash avec la piñata. C’est festif, mais il y a aussi une destruction là-dedans. Je trouvais que l’image était forte. C’est presque entièrement fait à la peinture.» Ce côté destruction qui s’oppose à la joie est d’ailleurs au centre de l’inoubliable clip du premier extrait Rendez-vous galant, une carte de visite qui cadre bien avec les thématiques de l’album. Quand on demande à Daphné si elle aime la conception visuelle, elle répond décidée: «J’adore ça, mais c’est vraiment stressant parce que c’est mon projet et il y a de grosses attentes. Lui (Erik) c’est le plus difficile, il me dit de retourner au travail!» Erik se défend et prétend toujours l’encourager: «C’est pas vrai! C’est toi qui me pokait tout le temps! Moi j’aimais ça, mais j’essaie d’être critique.» Les deux membres s’occupent souvent du côté visuel et ils nous annoncent d’ailleurs un autre clip pour la chanson Gna Gna qu’on nous a décrit en deux mots: grandeur nature.

Discussion autour des nouvelles chansons

Pour la sélection des chansons, on essaie de garder celles qui représentent le mieux le groupe. «Je ne me verrais pas arriver avec une toune politique, je suis pas mal sûr que ça ne passerait pas, on n’est pas un band engagé, même si on a nos idées sur le sujet», nous expose Erik. Si Canailles est essentiellement festif, l’album comporte tout de même quelques chansons plus mélancoliques comme Tête en lieu sûr, une composition de Daphné: «L’histoire d’une personne vraiment seule qui reste ploguée devant sa TV plutôt que de profiter de la vie.» Elle qualifie la chanson Chu brûlé de monstre en concert. J’ai demandé à Erik d’en expliquer la genèse: «[rires] S’t’un soir de brosse, à la fin, le monde était couché et il restait Annie Carpentier, Olivier Belisle pis moi. Il était 4h du matin, c’pu l’temps de rien faire. On écrivait des affaires, on faisait semblant de travailler. Il nous restait un fond de gin-tonic et on le tétait. Pis y’a Annie qui disparait avant de revenir avec une gigantesque coupe de vin blanc. On la regarde en disant: Annie c’est quoi ça câlisse…» Elle a rapidement rétorqué: «Ben là j’m’en criss, j’irai en racheter d’autre demain… c’est du vin de cuisson.» «L’idée de la toune est partie de là. C’t’une toune qui parle du québécois moyen, du petit confort d’alcoolo.» Sur Jachère ou Margarita, on sent une dichotomie entre le plaisir de faire des concerts et les aléas de la vie sur la route. Lorsqu’on demande comment ils se sentent à l’approche de la nouvelle tournée Erik est catégorique: «J’avais hâte, j’étais tellement écoeuré dans les dernières semaines, on était en répétition, pis s’enfermer dans un local et répéter les tounes, ça peut être le fun…» Daphné l’interrompt: «Erik n’aime pas ça pratiquer.» «Ostie que c’est plate! Le fait qu’on tourne pas mal, ça fait qu’on n’a pas vraiment besoin de pratiquer à part pour des nouveautés dans un spectacle.»

La vie de tournée

Si la troupe vie souvent des moments trippants sur la route, comme cette fois où le propriétaire de La Taverne à Saint-Casimir a organisé un concours de hot-dogs après avoir vu le clip de la chanson Dimanche, le gagnant faisant fructifier son argent dans les machines pour finalement payer des shooters à tout le monde, Erik nous explique qu’il y a aussi de (rares) places qui pourraient se retrouver sur une blacklist comme cette petite ville portuaire québécoise: «[…] on veut pu mettre les pieds là, câlisse que c’est plate. C’est tellement dépressif, t’arrives là-bas, la place est à moitié pleine, le monde jase entre eux autres. Tu finis par te dire: quéssé qu’on fait icitte? C’est pas juste nous autres… Bernard (Adamus) veut pu aller jouer là non plus. T’as l’impression que ça sert à rien, tu t’en vas pas leur faire plaisir et tu ne te fais pas plaisir non plus. Pis la bière est dégueulasse…» Daphné renchérit:«Si on pouvait prendre un crayon et juste la rayer des villes du Québec…» Il semble que le public français est pour sa part assez difficile à analyser tant ils sont respectueux et calmes, ce qui fait générallement contraste avec les foules éclatées qui se présentent habituellement dans les concerts de Canailles.

Questionnaire musical en vrac:

Depuis le début du band quel disque a tourné le plus dans la van?

DB: C’est Pain d’maïs c’est sûr… En France on a eu une tournée de six semaines, il y a quelqu’un qui nous a donné un album disant qu’il faisait du cajun. C’était pas bon… c’est pas bon. Je sais pas pourquoi, mais on était tellement rendus fou de faire de la route tout le temps qu’on faisait jouer l’album et on chantait les paroles.

EE: Je l’écouterais là! … Sinon c’est le copilote le DJ.

DB: Alaclair ensemble a pas mal joué, Quebec Redneck aussi…

Quand vous consommez de la musique, vous êtes plus numérique ou physique?

DB: Nous autres on achète pas mal de vinyles…

EE: Juste des vinyles, j’ai même pas d’ordi…

DB: On est tous vinyle dans le band.

Qu’est-ce que vous avez acheté récemment?

EE: Avec pas d’casque vient de sortir ses deux premiers en vinyle… j’ai juste écouté ça toute la semaine.

DB: J’ai acheté King Gizzard and the Lizard Wizard, sinon j’ai acheté Blaze Velluto Collection de Québec… c’est bon!

Quand vous revenez d’une fin de semaine de tournée, quel serait l’album idéal du lundi matin?

DB: En revenant de tournée?… Le silence. [rires] Souvent, t’as les oreilles qui sillent.

EE: J’ai une collection de vinyles hawaiiens… ça ou Avec Pas d’Casque encore!

Si vous pouviez choisir d’entendre un nouveau disque de n’importe quel artiste, vous choisiriez quoi?

EE: Radiohead a déjà sorti un nouveau disque hein? Un nouveau Tom Waits ça pourrait être cool.

DB: Ça pourrait être le fun ça!

EE: Sinon j’imagine qu’il va y avoir un album de Jean Leloup qui va sortir… faque ça va être le fun à entendre… Sûrement pas là, mais ça serait bien!

C’est quoi le meilleur artiste sur scène que vous avez vu?

DB: J’ai vu Sharon Jones en show au Métropolis, c’est pas mal l’affaire sur laquelle j’ai le plus capoté. J’ai jamais vu quelqu’un autant dedans. J’aurais vraiment aimé voir Nick Cave. J’ai vraiment trouvé son album vraiment beau et touchant.

EE: Sinon il y a CW Stoneking, c’est un artiste australien, intemporel. On l’a vu en mai l’an passé. C’est fucking bon. C’est vraiment un enfoiré… yé bon, yé beau, son band c’est juste des filles…

DB: Ty Segall donne aussi vraiment un bon show! J’ai rarement vu quelqu’un de même, c’est malade.

EE: La performance de Ginette Reno à l’ADISQ cette année. J’étais sur place, c’est ben impressionnant. Céline Dion était là aussi, ça m’a rien fait, mais Ginette… elle a tassé le micro pis a s’est mise à chanter… c’était bon!

[Spectacle] Avec pas d’casque, Grand théâtre, 18 février 2017

Juillet 2007, j’assiste pour la première fois à un spectacle d’un groupe qui deviendra central dans ma vie de mélomane: Avec pas d’casque. Le groupe assurait la première partie d’un concert acoustique de Malajube. C’était encore l’époque Trois chaudières de sang, et si mon souvenir est bon ils avaient cassé 1 ou 2 futures chansons qui devaient paraître sur l’excellent (je dis ça pour tous leurs albums officiels) Dans la nature jusqu’au cou. J’avais acheté quelques mois plus tôt leur premier disque après avoir écouté la chanson Débouler ensemble sur leur MySpace(!!!). J’avais été refroidi par les accents country du reste de l’album et initialement c’est ma copine qui faisait tourner le disque.

Quelques années plus tard, j’ai vécu un moment musical hors du commun sur les rochers de l’Anse à la Barque avec le groupe devenu alors quatuor (c’était un des premiers spectacles de Mathieu Charbonneau avec le groupe, il jouait alors uniquement du baryton). Il faisait un temps d’une extraordinaire clémence pour le temps de l’année. Nous avions marché jusque là avec une bouteille de Riesling et le groupe avait offert une généreuse performance devant un public mi-terrestre mi-flottant, présentant entre autres Veiller le feu et Dommage que tu sois pris, deux chansons qui allaient paraître une douzaine de mois plus tard. À ce jour, c’est encore la quintessence pour le tripeux de musique que je suis; soit le fait d’entendre un groupe adoré performer des nouvelles chansons dans un décor frisant l’irréel. Inoubliable. Tout ça ponctué d’anecdotes concernant Bernard Adamus qui n’avait pas été choisi pour faire ce spectacle en raison selon lui du nom de leurs albums respectifs (Brun vs Dans la nature jusqu’au cou, quand même!)

Depuis, je me suis toujours fait un plaisir d’assister aux concerts du groupe chaque fois qu’il s’installe pour un soir à une distance raisonnable de Limoilou. C’est qu’à l’inverse d’autres groupes, un spectacle d’Avec pas d’casque offre toujours une expérience unique. Bien qu’ils ne chamboulent pas la grille de chansons à chaque concert, il y a toujours des différences dans l’ordre de celles-ci en plus d’une ou deux surprises. J’ai déjà vu le spectacle actuel à quelques reprises et à chaque fois ils ont offert quelques chansons jouées plus rarement. À Baie-Saint-Paul c’était Si on change les équipes et Aloès dans une version onirique qui annonçait bien leurs nouvelles couleurs. C’est qu’avec l’ajout de Simon Trottier (qui officie également au sein de Fontarabie et Timber Timbre, rien de moins!) la musique du quintette est enrichie d’une subtile touche de complexité au niveau des textures.  Cet automne, au Petit Champlain, nous avions eu droit à une chanson inédite Le soleil se cherche du stationnement dans l’horizon, préalablement entendue dans la dernière émission de la très regrettée émission bandeapart. À l’Anti ce fut plutôt Walkie-Talkie et L’amour passe à travers le linge qui agrémentèrent ce spectacle définitivement plus physique… Fallait y être pour apprécier la dégaine de Stéphane Lafleur qui jouait à moitié debout (style Félix Leclerc) pour permettre aux nombreux spectateurs de l’apercevoir du fond de la salle. Bref, si tu es musicien et que tu viens quelques fois dans la même ville, tu auras sans doute 3-4 motivés qui viendront chaque fois. En changeant un peu le spectacle, tu t’assures qu’ils voudront revenir.

Samedi dernier au Grand Théâtre, c’est dans une ambiance sereine et contemplative que le groupe a offert une autre performance unique bâtie autour d’Effets spéciaux. Stéphane Lafleur, fidèle à son habitude, y est allé de savoureuses interventions: « est-ce qu’il y en a qui sont ici contre leur gré? », a-t-il demandé avant d’y aller d’une théorie selon laquelle parfois un membre d’un couple se fait offrir un billet en première rangée par l’autre qui est souvent très motivé; ce qui a pour conséquence que la performance se fait parfois devant un spectateur qui a l’air de s’ennuyer ferme directement devant les musiciens.

Sur scène un sixième membre, Guillaume Bourque, s’était ajouté à la clarinette basse. À la fin de sa première présence sur scène, il a provoqué malgré lui l’hilarité des autres musiciens lorsqu’il a quitté la scène plus tôt que prévu pour revenir dans les dernières secondes de ladite chanson (Défrichage) et quitter à nouveau promptement la scène sans avoir joué une seule note.

Parlant plus tôt de chansons rarement jouées, nous avons eu droit à Deux Colleys et la superbe Spirographe (une demande spéciale d’une spectatrice) deux chansons planantes qui cadraient parfaitement dans la soirée feutrée. Gros coup de coeur aussi pour la version actuelle d‘en Attendant que ça paye qui bénéficie grandement des riches arrangements du groupe. Guillaume Bourque a aussi ajouté un spectaculaire solo à la finale pratiquement post-rock d‘Intuition#1, un rare mais précieux moment de délire musical.

En guise d’épilogue, je me dois de mentionner que c’était aussi la première fois que j’amenais mes jeunes garçons dans un concert en salle. Il fallait voir leurs sourires quand le groupe jouait les premières notes de leurs coups de coeur. Le cadet a spontanément mentionné à la sortie: « wow, c’était vraiment cool comme spectacle ». L’ainé à tout de suite acquiescé avant de renchérir: « Oui c’était cool et j’ai vraiment trouvé ça drôle quand le gars (Guillaume Bourque) est parti trop vite et que le chanteur riait en finissant la chanson ». Comme premier souvenir de concert intérieur, je n’aurais définitivement pas su leur offrir mieux.

Grille de chansons de la soirée au Grand Théâtre.

Avec pas d’casque est de retour samedi le 4 mars à l’Anglicane. Peut-être une des dernières chances de voir le groupe performer pour cette tournée.

[PHOTOS] Émile Bilodeau, Canailles et Bernard Adamus au spectacle anniversaire de Dare to Care, Impérial Bell, 15 décembre 2016

La maison de disques Dare to Care (qu’on connaît aussi pour sa filiale Grosse Boîte) a organisé tout un party le 15 décembre dernier alors que se sont succédé Émile Bilodeau, Canailles et Bernard Adamus. Dès les premières notes du jeune auteur-compositeur-interprète, ça faisait la fête au parterre et ça chantait fort les paroles des chansons de Bilodeau! Le party s’est poursuivi avec Canailles (et sa scène pleine de musiciens festifs) et ça n’a pas été long avant que les moshpits et les trains ne se forment… Enfin, Bernard Adamus a mis le feu à l’Impérial Bell avec son excellent groupe de musiciens. Chansons tristes? Chansons gaies? Qu’importe, le public, lui, avait le coeur à la fête et l’a montré chaque fois qu’il en avait l’occasion.

Comme une image vaut mille mots, on a quelques photos pour vous…

[Album] Émile Bilodeau- Rites de passage

Après plusieurs présences dans les festivals (Francouvertes, Festival international de la chanson de Granby), Émile Bilodeau sort l’album Rites de passage.

Le jeune cégépien de vingt ans a des choses à dire. Dans son folk-comico-identitaire, il rappelle le ton de Bernard Adamus ou de Philippe Brach. Réalisé par Philippe B, le premier album de Bilodeau a aussi l’aide de Pierre Fortin (Galaxie) à la batterie, Michel-Olivier Gasse (Saratoga) à la basse et Alexis Dumais (Bernard Adamus) au piano.

Le premier extrait J’en ai plein mon cass donne le ton à l’album : candide et un peu insouciant. Il y va de ses contestations qu’il fait. « Il y a l’amour et puis le temps », chante Émile Bilodeau, thèmes récurrents dans cette première offre musicale.

Sur Crise existentielle, les musiciens ajoutent du mordant dans la musique du jeune auteur-compositeur-interprète. Amour de félin, quant à elle, surprend par la candeur du nouveau poulain de Grosse boîte qui chante sans pudeur à propos d’une relation amoureuse.

Dehors est un de mes coups de coeurs sur l’album. La langue de Bilodeau parle d’elle-même, et son refrain rappelle l’importance des réseaux sociaux dans nos vies et sur nos relations.

Tu me diras-tu est plus brute et plus crue que la précédente, ce qui fait un contraste tout à l’avantage de Bilodeau. América présente quant à elle le côté plus engagé du chanteur. Rosie, chanson courte pour sa copine, mais qui dit tout.

Dans le style de chansons faciles d’écoute, Bière s’apparente à ce que Bernard Adamus a fait avec Brun (La couleur de l’amour). « De la bière, s’il vous plaît, donnez-nous de la bière », demande Bilodeau à son auditoire.

Passer à la télé compare les exposés oraux et passer à la télé. L’autodérision est au rendez-vous et fait penser à un jeune Mononc’ Serge.

La folie sur Je suis un fou et Les Poètes maudits est peut-être bien passagère, mais Bilodeau est lucide dans ses paroles.

Sur Ça va, Émile Bilodeau est en discussion avec Dieu et un vieux « motard ». Un peu philosophique sur la vie, la chanson est une belle vitrine du travail d’auteur du chanteur.

On ne réinventera peut-être pas la roue avec le disque d’Émile Bilodeau, mais on se met rapidement dans les souliers de cégépien de l’auteur-compositeur. Le jeune homme a du talent, et on peut dire qu’il a bien réussi son rite de passage.

 

[WOW] Deux soirées en compagnie d’Avec pas d’casque en novembre!

District 7 Production vient de larguer une bombe chez les fans du groupe folk québécois le plus créatif des dernières années : on aura la chance de voir Avec pas d’casque DEUX fois en novembre prochain.

Le groupe présentera les chansons d’Effets spéciaux, son nouvel album à paraître en septembre.

Tout d’abord, le 24 novembre, le groupe sera au Théâtre Petit-Champlain. Salle parfaite pour l’écoute religieuse.

Ensuite, le 26 novembre, le groupe sera à L’Anti Bar et Spectacles. Salle parfaite pour communier avec Lafleur et ses complices.

Les billets pour le spectacle du 24 sont en vente ici : http://theatrepetitchamplain.com/spectacles/avec-pas-dcasque.

Quant au spectacle du 26, vous pouvez vous procurer vos billets chez EXO ou sur Le point de vente (pourquoi pas nous encourager et utiliser l’interface ci-dessous?).

ON A HÂTE!

[SPECTACLE] Les soeurs Boulay, Grand Théâtre de Québec, 13 avril 2016

Il était attendu, ce retour des Soeurs Boulay à Québec. Et mercredi dernier, si vous cherchiez un moment pour expliquer le phénomène qui entoure Mélanie et Stéphanie, il fallait être à la salle Octave-Crémazie du Grand théâtre de Québec pour avoir une image parfaite d’une grande communion.

13042016-204618-21-Les soeurs BoulayLe dispositif scénique très sobre (quelques lampes et cabanes miniatures accrochées sur des fils qui surplombent la scène et c’est à peu près tout) laissait vraiment toute la place aux deux soeurs et au talentueux multi-instrumentiste Gabriel Gratton, chargé de jouer tous les instruments qui ne pouvaient être joués en même temps par les deux jeunes femmes. L’accent est mis sur le contenu du spectacle.

Et là, quel contenu : chansons que la salle connaît par coeur, interventions rigolottes, participation du public, alouette, tout est si bien dosé qu’on s’étonne de trouver ces deux femmes-là d’un naturel désarmant. Dès les premières notes des Couteaux à beurre, nous voilà accrochés aux lèvres des deux belles qui ne tardent pas à nous donner des frissons avec leurs harmonies vocales si parfaites et leurs chansons chargées d’émotions de toutes sortes.

Les chansons, tirées des deux albums et du EP, s’enchaînent majestueusement.

13042016-204532-18-Les soeurs BoulayChaque bloc de chansons était ponctué d’interventions rigolotes qui n’ont pas manqué de faire rire aux larmes non seulement les spectateurs, mais aussi Mélanie et Stéphanie, qui ont profité de l’occasion pour faire d’un de leurs spectateurs un running gag. Un certain Jacques. Vous en avez probablement entendu parler.

De mon côté, j’ai pu vivre au je comment on se sent quand on devient la tête de Turc de ces deux (très gentilles) jeunes femmes. Tout ça parce que je préfère être l’aîné de la famille! Disons seulement que j’ai entendu mon nom très souvent pendant les interventions. J’ai dû faire beaucoup de mal à Mélanie… la cadette!

N’empêche que vers la fin du spectacle, je suis monté sur scène pour jouer du pipeau. OUI, OUI, DU PIPEAU. Et si je me fie à la réaction du public (une ovation, rien de moins), mon solo de pipeau a été fort apprécié. 🙂

… mais pas autant que cette reprise de Pour que tu m’aimes encore de Céline Dion, ramenée dans l’univers des soeurs Boulay, cette chanson-là est magnifique. Oui, oui, magnifique.

13042016-204406-15-Les soeurs BoulayLe spectacle s’est terminé sur les pièces-canons des deux artistes, et ce, au plus grand bonheur des spectateurs, maintenant debout, chantant à l’unisson.

Ça nous a valu non pas un, mais deux rappels, dont une toute nouvelle chanson pour nous dire au revoir. Nous nous sommes tus, nous avons écouté, les oreilles grandes ouvertes une fois de plus, puis nous avons poussé quelques soupirs d’admiration avant d’applaudir à tout rompre.

J’ai-tu le droit de dire que j’ai hâte de les revoir cet été? On les invite à une session acoustique avec des pipeaux? 😀

13042016-200539-03-Rosalie AyotteRosalie Ayotte

Elle n’a que 15 ans, mais sacrement, cette jeune femme L’A. La voix, l’attitude, les chansons, elle n’a pas grand chose à peaufiner avant de pouvoir éclater. Ses chansons, coulées dans le folk, n’avaient rien à enlever à personne. Une belle voix un peu grave, comme celle de Vivianne Roy (Laura Sauvage), une âme écorchée vive, sérieux, tout y est!

Merci les Soeurs Boulay pour cette magnifique découverte. Quelque chose me dit qu’on va la revoir bientôt.