[SPECTACLE] Foreign Diplomats à l’Anti Bar et spectacles

 

Article en collaboration avec Caroline Filion

C’était un mercredi pluvieux à Québec. Les rues du quartier Saint-Roch étaient désertes. C’est avec étonnement que nous avons constaté la masse de personnes à l’Anti bar pour Foreign Diplomats qui accueillait Zagata en première partie. L’accord des deux groupes était vraiment bien et nous avons senti une belle sensibilité chez Jesse Proteau, auteur-compositeur et interprète du groupe. Il n’y a pas encore beaucoup de matériel disponible sur le bandcamp de Zagata, mais on aime beaucoup leur simple Kill me one more time, qui a maintenant plus de 50 000 écoutes en ligne. Le chanteur nous a touchés en abordant la mort récente de son père, à qui il a dédicacé cette chanson qui aura été la dernière qu’il aura entendue, ainsi que la dernière de leur performance.

Évidemment, la foule était là pour les gars de Foreign Diplomats, originaires des Laurentides. De retour d’une tournée internationale, Élie Raymond, fondateur et chanteur du groupe a été généreux en entrevue où il nous a raconté l’expérience de leur tournée en Europe et au Mexique.  Vous pouvez revoir l’entrevue ici.

Comme expliqué en entrevue, les gars intègrent de plus en plus de nouvelles chansons dans leurs spectacles. Ils ont justement osé en commençant avec une nouveauté, ce qui n’a pas gêné le public qui dansait déjà sur les rythmes indie pop. Ils ont poursuivi avec leurs trois chansons les plus connues par les admirateurs, soit Mexico qui paraissait déjà sur leur E.P, ainsi que Comfort Design et Lili nice shoes à qui Élie a dédié la chanson aux souliers d’une admiratrice en première ligne.

En effet, le contenu littéraire des paroles de Foreign Diplomats peut paraître léger avec leur style se rapprochant du pop rock, mais il traduit bien l’état de l’esprit de l’audience. Par exemple, lors de la chanson Mexico, tout le monde chantait et dansait en criant les paroles du refrain Everyone is dancing, et c’est pour une foule comme cela qu’ils performent et écrivent. On peut sentir qu’Élie est le réel leader du groupe avec la place qu’il prend sur scène, mais également en voyant l’emprise qu’il a sur son public lorsqu’il leur laissait chanter le refrain de Comfort Design à sa place. Nous avions l’impression qu’il était en train de séduire chaque personne présente dans l’assistance avec son regard et sa confiance sur scène.

Nous croyons que les gars de Foreign Diplomats sont surpris à chaque fois de la qualité de leur public, qui connait beaucoup leurs chansons, mais qui apprécie autant leur musique, que ce soit pour découvrir de nouvelles pièces ou pour savourer le rythme entraînant de celles plus connues. « Vous êtes fins de venir nous voir, vous êtes beaux Québec. »

Avant Flash Sign For Us, ils nous ont offert une autre nouveauté.  Nous avons dénoté un côté plus électro avec la forte présence de Thomas au clavier. C’est celui-là même qui nous lançait des bruits de fond intergalactiques durant Lies of November, ce qui a fait bien rire la salle. Sa présence n’échappe pas à l’œil et son énergie se transmet autant auprès du public qu’auprès des autres musiciens, qu’il entraîne dans ses mouvements lorsqu’il appuie sur les touches de son clavier.

À notre avis, la grande force de se groupe c’est son ambiance générale, sa musique et la diversité des sons que l’on peut découvrir dans chaque chanson. Souvent, de par la grande force musicale, on peut perdre un peu les paroles des chansons, mais on sait apprécier l’ensemble de l’œuvre malgré cela, parce que ce que l’on recherche lorsqu’on écoute Foreign Diplomats, c’est un feeling. C’est de se sentir bien, de bouger sur un rythme entraînant et très solide.

Ils ont terminé la soirée avec leur chanson rassembleuse Beni Oui Oui, et Élie est ensuite réapparu seul à la guitare nous offrant une prestation plus douce et sensible de Color, qui était originairement sur leur album Princesse Flash.

Foreign Diplomats offrira quelques spectacles au Québec en décembre avant de retourner en tournée en Amérique latine.

Comme il n’y avait pas de photographe de disponible à L’Anti bar ce mercredi, voici des photos lors de leur dernier passage à Québec.

 

 

 

[SPECTACLE] Avec pas d’casque (+ Marie-Ève Roy), L’Anti, 26 novembre 2016

Une foule de personnes de tous âges et en tout genre s’était massée devant la scène de l’Anti hier soir pour accueillir Avec pas d’casque. Précédé de Marie-Ève Roy, le groupe a su installer une ambiance féérique autant par sa musique que par ses interventions sur scène.

Avec pas d’casque

Avec pas d’casque, c’est cinq (bons) musiciens et une ribambelle d’instruments dont les sons, mélangés, offrent une richesse de couleurs musicales ; lap steel, cor, synthétiseurs et les traditionnelles guitares, basse, batterie contribuent à créer une atmosphère tantôt énergique, tantôt très introspective. Le tout est accompagné des textes humbles et poétiques de Stéphane Lafleur qui, en une économie de mots, nous livre tant de belles images.

Avec pas d'casque - L'Anti Bar et spectacles - 26 novembre 2016
Avec pas d’casque – L’Anti Bar et spectacles – 26 novembre 2016

Le groupe a commencé avec quelques pièces plus récentes tirées d’Effets spéciaux, leur dernier album sorti en septembre. La qualité du son (merci David au son) et la maîtrise des musiciens leur ont permis non seulement d’atteindre un résultat comparable à celui de l’album, ils le bonifiaient d’une ambiance et d’une force qu’on ne connaissait pas aux chansons. L’effet était visible sur les spectateurs, comme si leurs âmes resurgissaient sur leurs visages tandis qu’ils se balançaient de gauche à droite sur leurs pieds. Derviches tourneurs avait particulièrement du mordant en live, surtout qu’elle était bonifiée d’un solo de guitare de Simon Trottier, qui a intégré le groupe cet été et qui savait se démarquer sur scène.

 

Avec pas d'casque - L'Anti Bar et spectacles - 26 novembre 2016
Avec pas d’casque – L’Anti Bar et spectacles – 26 novembre 2016

Stéphane Lafleur et les autres musiciens ont aussi beaucoup interagi avec l’auditoire au cours de la soirée sur un ton chaleureux et blagueur. Le chanteur s’est même levé pendant une bonne partie du spectacle pour voir et être vu par les spectateurs à l’arrière, lui qui joue habituellement assis. On a pu fredonner Hu-hum tous en chœur avec le groupe, rire en leur compagnie. L’attitude des musiciens sied bien leur musique qui, même quand elle est triste, reste pleine de lumière.

Les amateurs du groupe n’ont pas été laissés sans reste. Comme c’était le dixième anniversaire de leur album intitulé Trois chaudières de sang, Avec pas d’casque l’a dépoussiéré pour nous jouer En attendant que ça paye, au plus grand plaisir des fans de longue date. Plusieurs chansons phares des autres albums ont aussi été jouées, que ce soit Talent, La journée qui s’en vient est flambant neuve, ou encore L’amour passe à travers le linge. Ces pièces ont toutes en commun leur énergie contagieuse, qui a rapidement investi la foule pour lui commander de sautiller, de sourire et de danser.

 

D’autres titres, comme Walkie-Talkie ou Joël, nous ont fait chanter ensemble. À la demande du groupe, on a même dansé un slow sur Nos corps (en ré mineur). J’ai moi-même eu pour compagne Marie-Ève Roy, et ce fut l’occasion de plusieurs fous rires !

Avec pas d'casque - L'Anti Bar et spectacles - 26 novembre 2016
Avec pas d’casque – L’Anti Bar et spectacles – 26 novembre 2016 : Le slow

Marie-Ève Roy

Après 20 ans de tournée avec les Vulgaires Machins, Marie-Ève Roy était prête pour autre chose. C’est ce qu’elle est venue nous montrer en nous offrant les premières chansons de sa carrière solo.

Marie-Ève Roy - L'Anti Bar et spectacles - 26 novembre 2016
Marie-Ève Roy – L’Anti Bar et spectacles – 26 novembre 2016

Tantôt au piano, tantôt à la guitare, elle nous a fait découvrir une musique sobre, pleine de tendresse et teintée de mélancolie. Ses chansons étaient entrecoupées d’interventions comiques ou à cœur ouvert sur son passé punk dans son «groupe de gars». Sa prestation a permis de commencer le spectacle tout en douceur.

 

[SPECTACLE] Un dimanche à l’Anti avec New Swears & The OBGMs

Je ne sais pas où tu étais dimanche dernier Québec, mais L’Anti nous offrait une soirée où la pluie disparaissait lorsqu’on y entrait. L’Ontario a sorti son artillerie lourde avec la première visite des New Swears dans la ville, accompagnés des OBGMs: des quasi habitués de la place, qui étaient de retour pour la 3e fois en 9 mois.

New Swears – Photos: Marion Desjardins/ Llamaryon

L’Anti n’était évidemment pas très rempli, il était 20h et la merch des New Swears était déjà bien en place (N.B. ils ont les plus beaux chandails de la terre). Les gars étaient en caucus au fond de la salle avant de s’avancer pour prendre d’assaut la scène. J’avais pris le temps d’écouter quelque pièces avant cette soirée et je m’attendais à ne pas pouvoir me retenir de bouger. Ils enchainent les premières notes sans fioriture, en prenant soin d’allumer leur magnifique bannière et une énergie contagieuse est automatiquement ressentie. Mention spéciale à leurs instruments wireless qui ont permis à un de leur guitariste de courir derrière le bar, aller rejoindre le technicien à l’arrière, pour ensuite s’adonner à des formations pyramidales avec les autres membres du groupe ou encore, de jouer à saute-mouton pendant l’exécution de leurs pièces. Ils viennent tout juste de sortir un EP sur Dine Alone Records alors que leurs autres albums sont disponibles sur leur bandcamp. Allez y tendre l’oreille et soyez présent lors de leur prochaine visite, amour assuré.

 

Photos: Marion Desjardins/ Llamaryon

Comme toute bonne chose a une fin, ils laissent ensuite la place au groupe de Toronto, The OBGMs (The oOohh Baby Gimme Mores). Fidèles à leurs habitudes, ils entraînent la « foule » dans leur délire tout le long de leur performance. Courir de long en large de l’Anti, avec les mains dans les airs est monnaie courante avec eux. Encore une fois, il est impossible de rester figée sur place et malgré le peu de gens présents, il fait chaud à l’Anti ! Ils terminent le tout dans un mushpit avec les gars des New Swears et les quelques spectateurs conquis; on ne pouvait demander mieux. Leur EP The Interchorus (2009) est disponible gratuitement sur leur bandcamp, profitez en pour y acheter leur plus récent album (qui date tout de même de 2014) en espérant que du nouveau s’en vienne !

 

Quant à toi Québec, je voulais t’informer que les salles de spectacles sont ouvertes les dimanche et L’Anti, par exemple, est conscient que la majorité des gens travaille le lundi. Ils font donc en sorte que ça ne finisse pas trop tard; j’ai pris ma dernière photo à 22h15. À 23h tu peux être dans ton lit à penser à la maudite belle soirée que tu viens de vivre et qui te donne plein d’énergie pour starter ta semaine en beauté. Je compte sur toi pour remplir le parterre de ces deux bands là la prochaine fois qu’ils viennent en ville, tu ne le regretteras pas.

Je te laisse avec quelques images puisque ça va te donner une bien meilleure idée de ce que tu as manqué, que quelques mots que j’ai essayé de mettre à la suite de l’autre pour faire beau.

Photos: Marion Desjardins/ Llamaryon

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[PHOTOS] Peter Henry Phillips à L’Anti (03 novembre 2016)

C’est jeudi soir dernier que Pilou nous a conviés au bar l’Anti pour une leçon de folk-rock exemplaire. Le jeune routier musical nous y a présenté des compositions bien ficelées et surtout, bien senties.

Le nom de Peter Henry Phillips ne te dit rien ? C’est normal, pendant plusieurs années, il a travaillé dans l’ombre, prêtant sa voix aux beats de DJ Champion et s’exécutant sur une base régulière pour l’émission Belle et Bum.

Son premier album, The Origin, est sorti au printemps 2016 et se révèle être un savant mélange entre Arcade Fire et Patrick Watson.

En première partie, Gilles, le jeune groupe originaire de Québec, a mis la table avec un rock francophone assumé et sans complexes. Pour les avoir vus en spectacle il y a quelques années, le groupe a pris beaucoup d’assurance et travaille fort pour se tailler une place sérieuse dans l’univers parfois inégal du rock francophone au Québec.

 

 

[WOW] Deux soirées en compagnie d’Avec pas d’casque en novembre!

District 7 Production vient de larguer une bombe chez les fans du groupe folk québécois le plus créatif des dernières années : on aura la chance de voir Avec pas d’casque DEUX fois en novembre prochain.

Le groupe présentera les chansons d’Effets spéciaux, son nouvel album à paraître en septembre.

Tout d’abord, le 24 novembre, le groupe sera au Théâtre Petit-Champlain. Salle parfaite pour l’écoute religieuse.

Ensuite, le 26 novembre, le groupe sera à L’Anti Bar et Spectacles. Salle parfaite pour communier avec Lafleur et ses complices.

Les billets pour le spectacle du 24 sont en vente ici : http://theatrepetitchamplain.com/spectacles/avec-pas-dcasque.

Quant au spectacle du 26, vous pouvez vous procurer vos billets chez EXO ou sur Le point de vente (pourquoi pas nous encourager et utiliser l’interface ci-dessous?).

ON A HÂTE!

[SPECTACLE] Jettison Horses et The Fleshtones, L’Anti Bar & Spectacles, 20 mai 2016

Êtes-vous étonnés d’apprendre que les Fleshtones ont célébré leurs 40 ans d’histoire ce mois-ci, d’autant plus qu’ils ne se sont jamais séparés? C’est effectivement en 1976 que la formation s’est produite pour une première fois au célèbre et défunt CBGB à Manhattan. Comme je les avais manqués à leur dernière venue à Québec dans le cadre des Nuits psychédéliques de Québec l’an dernier, et puisqu’on m’avait abondamment vanté leurs mérites, je me sens donc particulièrement chanceuse et choyée d’avoir pu me reprendre avant de mourir. Ou avant qu’eux meurent. Bref.

Si vous les avez ratés jeudi soir à L’Anti Bar & Spectacles, je suis réellement et sincèrement navrée pour vous. Inutile de dire que vous avez manqué toute qu’une prestation, comme en témoignent les éloquentes photos de l’ultra talentueuse Marion Desjardins. (Je vous laisser quelques instants pour aller pleurer en petite boule dans un coin tout en vous jugeant pour votre absence.)

0505JettisonHorsesJe vais d’abord glisser un petit mot sur la jeune formation de Québec, les Jettison Horses, qui ont ouvert le bal de belle façon avec leur rock franco/anglo plutôt déjanté, tantôt progressif, tantôt funk, malgré un public très peu dense et plutôt timide. En fin de soirée, les derniers à sortir ont eu le plaisir de se voir offrir leur démo d’un rose pétant dont chaque exemplaire, fait main, est unique.

http://jettisonhorses.com/

Je passerai outre le fait que la salle est demeurée un peu trop clairsemée à mon goût pour ne me concentrer que sur les Fleshtones, leur show et les amateurs de rock garage et de rock ‘n’ roll qui ont pris la peine de se déplacer pour cette occasion plutôt rarissime. Étais-je la seule à ne pas être tout à fait prête à me faire « garocher » autant d’énergie au visage un jeudi soir? Les fringants messieurs aux souliers pointus et aux tempes grisonnantes – mais dont l’attitude, avouons-le, les rajeunit de quelques décennies – ont fait une entrée remarquée par la porte de derrière en offrant, avant de monter sur scène, des poignées de main à monsieur madame Tout-le-monde. Leur familiarité et leur proximité avec leurs fans m’ont d’ailleurs franchement fascinée tout au long de la soirée, sans oublier, bien entendu, leur talent brut pour le rock dansant, leurs chorégraphies, leurs acrobaties et leurs coups de pied. Visiblement, le quatuor est plus qu’un simple groupe de musique : c’est carrément une famille. On comprend aussi, à les voir aller, que travail rime carrément avec plaisir.

3325TheFleshtonesLeur joie de vivre contagieuse s’est répandue comme une traînée de poudre, et la foule, qui avait l’espace plus que suffisant pour le faire, a pu s’adonner à tous les pas de danse possibles et imaginables, encouragée par le charismatique Zaremba. Il y avait une incroyable vibe d’amour à L’Anti, et ça a fait rudement du bien au moral.

Comme des photos valent mille mots, je me tais immédiatement pour laisser le soin à celles-ci d’opérer leur magie.

P.S. Voici quelques-unes des pièces que nous avons pu entendre :

Bigger and Better (Beachhead)
Going Back to School (Take a Good Look!)
Feels Good to Feel (Take a Good Look!)
Let’s Go! (Laboratory of Sound)
Gotta Get Away (chanson des Rolling Stones)
Love My Lover (nouvelle chanson, 2016)
Dominique Laboubée
I Surrender!
Remember the Ramones
(Wheel of Talent)

I Was a Teenage Zombie
Pretty Pretty Pretty
(Beachhead)
Veo la Luz (Wheel of Talent)

 

[SPECTACLE] La fête avec Maude Audet, Orkestar Kriminal et Bateau Noir à L’Anti le 29 avril 2016

Soyons clairs: vous avez tous raté une belle soirée vendredi dernier. Ça sentait le beau temps, c’était la fête de Dare to Care Records et le Festival Sainte Cécile était en visite à Québec. Je sais bien que Charlotte Cardin, Pandaléon et Yann Perreau faisaient danser l’Impérial pendant que Les Goules détruisaient Le Cercle, mais ça ne veut pas dire qu’il  fallait s’y précipiter comme des poules sans tête ! Non non non ! Fallait aller goûter différent et sortir de la masse pour écouter le cadeau de Dare to care : trois excellents groupes de Montréal venus expressément pour nous. J’ai osé et je tiens à réécouter cette chaleureuse Maude, ces joyeux Orkestar Kriminal et ce Bateau noir en métal hallucinogène.

Maude Audet

Maude AudetLa salle n’était pas encore à sa pleine capacité, Maude nous a présenté ces nouvelles compositions avec enthousiasme, accompagnée de son talentueux groupe. Ce dernier étant d’ailleurs composé de l’excellent Mat Vezio aux percussions et du productif Navet Confit à la basse (en passant, il vient tout juste de sortir un EP !). Une magnifique allure, une voix berçante et des paroles bien choisies. Tout pour nous rappeler les fois où nous avons dansé un slow collé dans le sous-sol des parents. La description de « chansons lo-fi, romantico-mélancolique » lui sied alors très bien, effectivement. On adore définitivement cette Maude Audet !

Orkestar Kriminal

Orkestar KriminalUne dizaine d’instruments, sept musiciens et une chanteuse dont le corps bougeait autant que le flux de musique qu’ont pouvait entendre. Cette voix unique, le plaisir palpable sur la scène, le chant mélancolique de la scie musicale et la puissance de l’orchestre nous transportaient littéralement dans une autre époque. Et ce aussi grâce à ces classiques grecs, mexicains, marocains et yiddish revisités. C’était un peu comme si plusieurs décennies de personnes nous entraînaient par les bras et les jambes et nous forçaient à danser ! Personnellement de mon côté j’avais aussi l’impression de me retrouver directement dans un film d’Emir Kusturica, « La vie est un miracle » comme il dirait !

Bateau noir

Bateau NoirIl y a eu un léger changement d’horaire, Les guerres d’l’amour ont été remplacés par Bateau Noir quelques jours avant l’évènement.  Ceci n’enlevait rien à cette magnifique soirée; d’autant plus que nous avions raté leur dernière présence dans la ville. Et cette performance était comment dire… Certains groupes ont parfois un son qui à le don de vous faire décrocher de la réalité pour quelques instants. Dans ce cas-ci, pas besoin de paroles, seulement de voir la passion du bassiste, le dynamisme entre les membres et d’entendre ce post-rock envoûtant, vous laisse perplexe face aux détails inutiles de la vie. Philosophique vous direz ? Oui, absolument et très planant !

Quoi de mieux maintenant pour accompagner ces mots ? Et bien voilà quelques photos !

Texte: Ismael Moreau et Marion Desjardins  –  Photos: Llamaryon/ Marion Desjardins

[À VOIR CE WEEK-END] Québec

Les prochaines semaines seront complètement folles côté spectacles à Québec et la fin de semaine qui s’en vient en sera un bon exemple. Alors, quel est le menu du week-end?

On vous en présente un aperçu, mais vous pouvez toujours consulter Quoi faire à Québec pour plus de concerts de toutes sortes.

Jeudi 21 avril

Émile Bilodeau - Photo : Jacques Boivin
Émile Bilodeau – Photo : Jacques Boivin

On commence la soirée avec Émile Bilodeau au District St-Joseph dans le cadre des Apéros découverte du FEQ. On aime beaucoup ce jeune homme qu’on a pu voir un peu partout au cours de la dernière année. Vous aimez Mononc’ Serge? Vous trippez sur Philippe Brach? Vous allez adorer Émile. À 17 h 30. Entrée libre.

Il était à Lévis la semaine dernière (avec Émile, justement), le v’là de retour sur la rive-nord. Je parle bien sûr de Philippe Brach, qui nous interprétera les chansons de son magnifique Portrait de famine. Il reste encore quelques billets, mais on n’est pas sûrs qu’il va en rester à la porte. Décidez-vous rapidement! Portes : 19 h. Spectacle : 20 h. 22 $. **

Anatole
Anatole – Photo : Marion Desjardins

Quelle belle façon de finir sa soirée que d’aller voir Anatole et Yokofeu! Les deux groupes se produiront au sous-sol du Cercle à 22 h (ou après la fin du concert de Brach). Anatole va en profiter pour lancer son jeu de tarot. Que vous réserve la nouvelle L.A.? 10 $ (5 $ pour les détenteurs de billets de Brach) **

La formation pop de Québec Unknown Colour lancera son album Beat the Clock à L’Anti. Première partie : Tracer Flare. Portes : 20 h. 10 $

Vendredi 22 avril

L’auteur-compositeur-interprète Fred Labrie lance son album Dans la fumée claire à la Ninkasi en formule 5 à 7. Entrée libre.

Le groupe rap du 83 Taktika sera à L’Anglicane pour célébrer ses 20 ans. C’est complet, mais si vous avez déjà votre billet, on vous rappelle que le spectacle est à 20 h.

The Two Birdz profite également de ce vendredi pour lancer un nouvel album, No One’s a Stranger. Au Fou-Bar à 20 h 30. Contribution volontaire.

Amor et Willie - Photo : Jacques Boivin
Amor et Willie – Photo : Jacques Boivin

Les amateurs de musique qui sent la campagne iront assister au Barn Show à L’Anti, un show qu’on nous vend comme un show d’cowboys 100 % Québec. Au menu : The Free WalkersAmor & WillieLe Paparman Club Band et Tze Texas Redmecs. Ça va être festif et déjanté, nul doute à ce sujet, surtout que le tord-boyau va couler à flots. Est-ce que les gens de L’Anti vont oser garder le miroir derrière le bar? Une balle perdue, ça fait des dégâts! 20 h. 10 $ (à la porte).

Milk and Bone - Photo : Jacques Boivin
Milk and Bone – Photo : Jacques Boivin

Au Cercle, c’est le retour de Milk & Bone, qui avait fait un tabac à sa dernière visite à l’automne dernier. Cette fois, la première partie sera assurée par la sensation Geoffroy, qui devrait donner quelques frissons aux spectateurs avec sa jolie musique. 20 h, 20 $ (on nous souffle qu’il ne reste qu’une cinquantaine de billets… faites vite!).

Give Me Something Beautiful et Les Avalés sont au Bateau de nuit dès 20 h 30.

Samedi 23 avril

La jeune auteure-compositrice-interprète Marianne Poirier sera au Vieux bureau de poste. 20 h. Mais vous savez quoi? C’est complet! Yep. Même les artistes qui débutent remplissent les salles!

Samuele - Photo : Jacques Boivin
Samuele – Photo : Jacques Boivin

On l’a beaucoup aimée cet hiver au Cabaret festif de la relève, elle est de retour à Québec : Samuele sera au Pantoum! En première partie? Une pieuvre qu’on aime beaucoup : L’Octopus. Portes vers 20 h, BYOB. 10 $.***

 

[SPECTACLE] Sarah Neufeld et Eartheater envoûtent l’Anti

Quand je suis arrivé à l’Anti en ce lundi soir maussade, ça semblait s’enligner pour une soirée vraiment relax, la place était presque déserte et il restait à peine vingt minutes avant le début annoncé du concert. J’éprouve une profonde satisfaction à voir ce lieu, auparavant connu sous le nom de l’AgitéE, accueillir encore à l’occasion des concerts de musique champ gauche de haute qualité mais adressée à des clientèles-niches. Le concert dont il est question ici fait selon moi partie de cette catégorie et j’espérais qu’il y aurait du monde pour en profiter. Les gens sont finalement arrivés tranquillement jusqu’à ce que surgisse sur scène Eartheater, une artiste new-yorkaise qui en était à sa première visite dans notre vieille ville de Québec.

Eartheater
EARTHEATER (Photo: Marion Desjardins)

 Pendant la première pièce, l’artiste utilisait des effets multiples pour créer une ambiance mystérieuse et captivante, tout en réconciliant des éléments plus liturgiques et d’autres plus païens dans sa performance vocale. La seconde présentait au public un jeu de guitare plus précis et au son clean et rapide qui contrastait avc le premier titre plus chargé et artificiel dans ses sonorités. Le vocal, baigné dans la réverbération, est tantôt constitué de sons aux allures de miaulements angéliques qui pourraient rappeler une certaine Claire Boucher, aussi connue sous le nom de Grimes, et tantôt ponctué de spasmes plus imprévisibles et torturés, mais toujours aussi sentis. Lorsque la troisième pièce commence, on a encore affaire à quelque chose d’original, qui s’inscrit d’une certaine manière en continuité avec les pièces précédentes tout en se distinguant radicalement par les rythmes et les sonorités employées, procurant une belle variété à l’enchaînement d’oeuvres sélectionnées. Si le vocal peut rappeler Grimes, la musique elle, est tout sauf linéaire, peu accessible à la base, souvent apaisante mais parfois syncopée ou encore groovy à d’autres moments. Certains segments résolument plus expérimentaux et hypnotisants donnent davantage une dimension tripative et hallucinante. L’artiste utilisait tout au long de la performance des boucles qui semblaient parfois pré arrangées en partie et qui étaient aussi parfois créées de toutes pièces. À un certain point du concert, une boucle  assez développée lui a permis de délaisser son instrument tout en profitant de sa mélodie pour danser davantage en chantant, avant de s’adonner carrément à des figures de yoga et à de la danse contemporaine qui avait des allures d’art-performance. Cette danse l’a éventuellement amenée à retirer des couches de vêtement jusqu’à ce qu’elle n’arbore qu’un t-shirt portant l’inscription « Stop Cop Terror », le tout pendant une pièce évoquant une révolution. À la fin de la performance, on comprenait encore mieux l’art d’Eartheater, qui revendique une individualité sans compromis et dont le t-shirt portait, outre le message mentionné précédemment, la formule revendicatrice « Destroy all systems of control ». C’est vraiment une artiste incontrôlable qu’on a vu jouer, mettre sa musique en boucle, chanter, danser, faire le pont en yoga et finalement se rouler par terre avant de se dévêtir partiellement, avec tout le talent nécessaire pour assumer ses extravagances. Allez jeter un oeil à la superbe galerie photo concoctée par Llamaryon pour vous en convaincre, du moins pour l’aspect visuel. Eartheater a finalement été une belle découverte et un bris de glace très pertinent pour cette soirée mettant à l’honneur la virtuosité de musiciennes fortes, dont celle de la violoniste qui s’apprêtait à gravir la scène après une brève entracte.

Sarah Neufeld
SARAH NEUFELD & COLIN STETSON (Photo : Marion Desjardins)

 Sarah Neufeld est membre d’Arcade Fire et conjointe d’un autre virtuose, le saxophoniste olympien Colin Stetson qui, disait-on, allait l’accompagner pour quelques uns des morceaux interprétés ce soir. Elle est apparue avec une grosse casquette et une veste camouflage surdimensionnée, sans tambour ni trompette pour amorcer le concert en solo. Offrir une performance très technique et sentie au violon ne l’empêche pas de pousser l’audace jusqu’à y ajouter une performance vocale impeccable. Après s’être adressée à la foule dans un français très correct et charmant, la violoniste invite son acolyte Stef Schneider qui l’accompagnera ensuite à la batterie surtout, mais aussi aux séquences, clavier et effets à certains moments. La pièce titre du premier album Hero Brother a permis d’introduire le batteur en force. À la fin de la pièce, de chaleureux applaudissements incitent Neufeld à inviter l’assistance à s’approcher pour mieux sentir son énergie, mais c’est davantage la foule qui avait quelque chose à gagner par ce rapprochement, parce que ce calibre de performance rarement offert d’aussi près avait de quoi plaire dans l’intimité de l’Anti, parmi la quarantaine de personnes qui avaient finalement affronté les intempéries pour aller apprécier un concert aussi enjoué que puissant, de la part de cette force de la nature. L’usage très créatif qu’elle peut faire de son instrument, avec des techniques et styles variés, n’a d’égal que celui que peut faire du sien Colin Stetson, son mari avec qui elle a d’ailleurs collaboré pour un album en duo qui vient compléter leurs discographies respectives. Il l’a d’ailleurs rejoint pour la suite du concert, après un long beat très soutenu fait sur le high hat qui agrémentait une note constante au violon et des vocaux aux allures de mantra. La plupart des pièces sélectionnées étaient interprétées fidèlement mais quelques écarts, extensions ou variations venaient agrémenter le tout à l’occasion. Neufeld, maintenant accompagnée de Colin Stetson, interprète d’abord le premier extrait de The Ridge, son nouvel album, un morceau intitulé « We’ve got a lot ». J’ai de la difficulté à identifier deux des instruments utilisés par le saxophoniste pendant son set, le premier s’apparentant à un saxophone soprano mais branché sur l’électricité et le second ayant la forme d’un trombone vertical mais sans pour autant coulisser, et qui au final semblait plutôt être une autre variante de saxophone. Les deux musiciens, qui ont une complicité impressionnante ensemble, en plus d’être tous deux virtuoses et créatifs, s’adonnaient à des échanges très captivants avec la batterie généralement bien présente à l’arrière plan, avant que cette dernière ne s’estompe pour les deux derniers titres. Le premier de ces derniers morceaux, officiellement le dernier en excluant le rappel, c’était «When The light comes in », qui est également la dernière pièce du plus récent album de Neufeld. Le second morceau, offert au public après un rappel vif et insistant, c’était « The Sun Roars Into View », la pièce monumentale qui ouvre l’album collaboratif avec son mari.

Lorsque les dernières notes se sont tues, on avait l’impression d’avoir partagé un moment précieux avec deux êtres d’exception jouant de leur instrument en symbiose totale, le tout dans une ambiance très sympathique et sans prétention, malgré le gros calibre que les hautes voltiges des interprètes apportaient à la soirée.

Photos: Marion Desjardins / Llamaryon

[Annonce] Lancement de VioleTT Pi à l’Anti le 3 mai

Après plus d’une année loin des planches, VioleTT Pi sera de retour à Québec pour lancer son nouvel album Manifeste contre la peur le 3 mai prochain. Ce deuxième opus qui suivra eV, paru en 2013, sera lancé le 29 avril.

 

Après avoir vécu l’expérience Ligue Rock l’an dernier, Karl Gagnon, aussi appelé VioleTT Pi, s’est retiré pour créer cet album. Encore une fois dans une sonorité lourde mais très mélodique, avec des textes cinglants, le style de VioleTT Pi est difficile à décrire avec précision. Les deux extraits de l’album, Héroïne et Les huîtres de Julie Payette sont de bons amuses-gueules pour nous faire patienter avant la soirée haute en couleur du 3 mai.

 

Le rendez-vous est lancé : le lancement de Québec aura lieu le 3 mai prochain à l’Anti – Bar et spectacles. Le prix est de 12$ aux portes et le tout débute à 20h00. Trois autres soirées de lancement auront lieux à Montréal, Chicoutimi et Sherbrooke les 28 avril, 29 avril et 13 mai respectivement. Tous les détails sont disponibles ici.