Gab Paquet (+Miss Sassoeur & les Sassys) – Le Cercle, 14 décembre 2017

On le sait déjà, toutes les fêtes deviennent magiques lorsque Gab Paquet et sa bande en prennent le contrôle. Cette année, c’est une véritable messe de minuit qui a eu lieu au Cercle le 14 décembre dernier. Le groupe présentait son spectacle pour une dernière fois en 2017 dans le cadre d’une mini-tournée de trois jours. Et du monde, il y en avait à la messe !

On le sait déjà, toutes les fêtes deviennent magiques lorsque Gab Paquet et sa bande en prennent le contrôle. Cette année, c’est une véritable messe de minuit qui a eu lieu au Cercle le 14 décembre dernier. Le groupe présentait son spectacle pour une dernière fois en 2017 dans le cadre d’une mini-tournée de trois jours organisée par Le Pantoum. Et du monde, il y en avait à la messe !

 

Miss Sassoeur & les Sassys

Miss Sassoeur & Les Sassys – Photo : Jacques Boivin

C’est devant un Cercle bien plein que le lauréat du prix ecoutedonc.ca du Cabaret Festif – et, accessoirement, du prix du jury! – venait défendre son Gospel de Ruelles. Jacques Boivin, qui présentait le groupe, a sommé gentiment (Jacques : Ouin…) les admirateurs de Gab, certains plus incontrôlables que d’autres, de prêter l’oreille.

Miss Sassoeur & Les Sassys – Photo : Jacques Boivin

Une fois sur scène, la chanteuse et ses trois choristes se sont lancés dans leur introduction énergique, déballant leurs chansons à l’esthétique Motown avec beaucoup d’attitude et de dance moves. Leur musique, toujours aussi rafraîchissante, mélange la culture afro-américaine à notre propre bagage historique, avec des textes où se confrontent et s’entremêlent anglais, français et québécois.

On était heureux de réentendre leurs titres qui, pour moi, sont devenus de vrais vers d’oreille (Rythmitou, la Rengaine), mais aussi de découvrir leur nouvelle formule améliorée : lors des deux dernières pièces, un DJ les a accompagnés sur scène pour ajouter des beats à ce spectacle principalement centré autour des harmonies vocales. Une direction intéressante à prendre pour Miss Sassoeur & les Sassys, bien que quelques ajustements soient encore à faire.

 

Gab Paquet

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Bien sûr, Gab Paquet n’allait pas faire les choses comme tout le monde. Bien sûr, il sait faire lever les foules. Bien sûr, ça allait être flamboyant. Mais on ne s’attendait pas à la vague d’énergie qui allait se déployer sur nous dès les premières pièces !

Pour comprendre cela, il faut d’abord savoir une chose. Avec les années, le public du chanteur de charme a évolué : je l’ai vu jouer autant sous le signe de la confidence devant des initiés en liesse que sur des scènes qui le livraient à un public encore à conquérir. Depuis, la Paquetmania s’est répandue hors des Cercles intimes de la star pour contaminer un public qui ne sait pas trop encore ce qui se passe. Le résultat se mesure lors de soirées comme celle de jeudi dernier, alors que la foule faisait littéralement pleuvoir ses acclamations sur le chanteur.

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Dès Ton appel à frais virés, les spectateurs se sont donc déchaînés, certains arborant paillettes, pads ou autres signes de frivolité. Tout s’est ensuite enchaîné très rapidement, sans temps morts. Un vrai feu d’artifice avec ses moments flamboyants : Gab faisant du bodysurfing ou ne pouvant retenir sa joie, les récits nous menant de fil en fil aux chansons comme Soucoupes Volantes, etc. Et comme dans tout feu d’artifice, le bouquet final en a mit plein la vue (et les oreilles): après le grand succès Consommations, les musiciens se sont lancés dans une version disco rock de Minuit, chrétiens pour terminer en beauté avec un pot-pourri juste assez kitsch. Pendant ce temps, on sautait, on dansait, ou bien on chantait en chœur des paroles maintenant élevées au rang d’hymnes.

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Pour moi, qui n’ai pas eu une dose suffisante de Gab Paquet cette année, ce fut une révélation: un spectacle encore mieux rodé, toujours plus dynamique, qui équilibre bien ses frivolités et ses performances musicales solides. Le groupe a atteint un autre palier de sa carrière et ça se sent. On leur souhaite de continuer sur cette voie en 2018, et on sait qu’on prendra plaisir à les suivre encore longtemps. Parce que la force de Gab Paquet, c’est de se tailler une place dans notre tête avec ses chansons, mais aussi dans notre cœur avec ses manières de charmeur.

 

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7 spectacles à voir à Québec pour finir l’année en beauté

L’année 2017 tire à sa fin, mais il reste encore quelques beaux pestacles à nous mettre sous la dent! Nos diffuseurs vont d’ailleurs être fort occupés pendant le temps des Fêtes, aucune raison de vous ennuyer, donc, entre deux partys!

Voici notre sélection de spectacles à voir pendant cette période plus que festive :

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Gab Paquet (+ Miss Sassoeur et les Sassys) – Le Cercle, 14 décembre

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

On vient de le nommer artiste de l’année à ecoutedonc.ca, c’est pas pour rien! Gab Paquet, c’est du bonbon pour les yeux et les oreilles. Le flamboyant chanteur de charme vous convaincra par sa fougue, ses déhanchements et son regard craquant. Préparez-vous à voir un shag divin sous les paillettes de Gab Paquet!

Quant à la première partie, Miss Sassoeur et les Sassys, vous serez séduits par le gospel de ruelle proposé par la formation qui a mérité le prix du jury (ainsi que le prix ecoutedonc.ca) du dernier Cabaret Festif! de la relève!

Billets : https://lepointdevente.com/billets/cer171214001

 

Gabrielle Shonk – Grand Théâtre de Québec, 14 décembre

Gabrielle Shonk – Photo : Jacques Boivin

L’auteure-compositrice-interprète Gabrielle Shonk a lancé cet automne un premier album qui a été très bien reçu par la critique. Ses chansons folk-pop bourrées de soul sauront en attendrir plus d’un. Pour sa rentrée québécoise, Shonk se paie le Grand Théâtre! Pari risqué? En fait, au moment d’écrire ces lignes, il ne restait plus que quelques billets qu’on vous invite à saisir sans tarder!

Billets : https://www.billetech.com/event/gabrielle-shonk-billets/891187

Anthony Roussel – Librairie St-Jean-Baptiste, 14 décembre

Anthony Roussel – Photo : Jacques Boivin

Juste pour nous compliquer la tâche davantage, un autre beau petit show qu’on aimerait bien voir (et vous proposer), c’est celui que présentera Anthony Roussel dans l’intimité de la Librairie Saint-Jean-Baptiste. Son plus récent album, La gymnastique de l’amour, a fait tourner quelques têtes avec ses mélodies accrocheuses et pas mal atmosphériques. À surveiller!

 

Koriass X KNLO – La Source de La Martinière, 16 décembre

Koriass – Photo : Jacques Boivin

Pour conclure le cycle Love Suprême en beauté, Koriass présentera un concert à La Source de La Martinière. Dernière occasion de voir le rap théâtral du jeune homme avant un petit bout! De son côté, le Bas-Canadien KNLO devrait nous faire groover en masse! Si vous connaissez la petite salle limouloise, vous savez que le plafond risque de se retrouver dans le parc voisin!

Billets : https://lepointdevente.com/billets/koriasssknlo

 

Solids (+ Los et Mundy’s Bay) – L’Anti Bar et Spectacles, 26 décembre

Solids – Photo : Jacques Boivin

Vous avez besoin de quelque chose qui rocke pour faire passer le ragoût de patte de votre grande-tante Louise (ou le cari au tofu de votre oncle Bastien-Olivier)? Le Boxing Day a été difficile? La solution à tous vos maux : la formation rock Solids qui investira L’Anti pour nous inviter à hocher joyeusement la tête!

Billets : https://lepointdevente.com/billets/abs171226001

 

La Caravane des fêtes IV : La messe de minuit – La Nef, 27 décembre

Caravane – Photo : Jacques Boivin

Y’avait des restants de ragoût de patte ou de cari au tofu dans le frigo? Vous avez encore besoin d’énergie? Eh ben les gars de Caravane vous ont monté un autre show juste pour célébrer le temps des Fêtes (ou Noël, pour ne pas déplaire à certains). Et pour qu’on se sente encore plus à la messe de minuit, ça va se passer à La Nef! On nous promet tout un party! Et les deux groupes invités, Harfang et Mort Rose, ne sont pas à dénigrer non plus, oh que non! D’un côté, une pop atmosphérique accrocheuse, de l’autre un petit rock and roll sympathique qui donne le goût de danser. Plus le temps passe, plus on a hâte!

Billets : https://lepointdevente.com/billets/d7p171227001

 

Orloge Simard (+ Pass) – Impérial Bell, 29 décembre

Orloge Simard – Photo : Jacques Boivin

Un autre truc qui commence à devenir une tradition, c’est la beuverie le show de fin d’année d’Orloge Simard. Ne me demandez pas pourquoi, le monde vire fou en la présence du philosophe baieriverain et de son band de musiciens déchaînés. Mais cette folie provoquée par l’aucuncadrisme (la philosophie d’Orloge) est contagieuse et il y a fort à parier que ça ne sera pas une soirée facile à l’Impérial pour les plus doux!

Mais c’est parfait pour se préparer à monter au Lac Saint-Jean fêter le Jour de l’An!

Billets : https://goo.gl/xCStQN

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2017 – L’année de Gab Paquet

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Des artistes de Québec qui se sont distingués cette année, il y en a eu plusieurs! On pense, entre autres, à Gabrielle Shonk, qui a enfin lancé son premier album chez Universal, ou à Tire le coyote, qui continue de faire le plein de fans, un excellent album à la fois. Mais toutes proportions gardées, c’est Gab Paquet qui se mérite le titre officieux d’artiste de l’année d’ecoutedonc.ca!

Après avoir lancé Santa Barbara à l’automne 2016, le phénomène Gab Paquet ne pouvait que prendre de l’ampleur. Même si le début de l’année a été plus tranquille, tout a changé au début juin, lorsque le charmant chanteur a présenté son spectacle aux Francofolies de Montréal. On le sait, on y était (pour le fun, mentionnons-le).

Gab Paquet – Photo : Adrien Le Toux

Dans les rêves les plus fous, on aurait pu espérer un peu plus d’une centaine de curieux qui partent et qui viennent entre deux prestations et en profitent pour regarder ce chanteur au romantisme flamboyant. Eh bien, selon notre oeil de lynx, qui évaluait la densité de la foule derrière nous, ils étaient plus de 500 (dont de NOMBREUX fans avec des affiches ou des fausses moustaches) à chanter en choeur les chansons de Paquet. On a même vu Keith Kouna, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, assister au spectacle!

On a d’ailleurs un petit clip inédit à vous présenter (oui, oui, inédit), enregistré par un spectateur de 10 ans présent ce soir-là (on ne dira pas que c’est le fils du dictateur bienveillant), question de nous replonger dans ce moment glorieux.

Pour un artiste, un tel moment, ça se savoure longtemps! Sauf pour Gab, qui repart immédiatement présenter son spectacle en sillonnant les routes du Québec. Partout, la même réaction : des curieux qui restent scotchés et des fans qui portent le pad et la moustache pour l’occasion.

Tout ça, question de rester en voix pour ce qui allait être son plus gros spectacle en carrière (jusqu’à maintenant) lorsqu’il a assuré la première partie de Michel Louvain au Festival d’été de Québec. La partie ne serait pas facile : les fans de Michel Louvain ont leur propre conception de ce qu’est un chanteur de Charme et il se pouvait que Paquet s’éloigne un peu trop de leur idéal… Heureusement, la Gab Nation est débarquée en grand, tellement qu’il n’y avait plus de place dans les enclos réservés aux festivaliers debout (c’est-à-dire pas mal tout le monde qui n’était pas là pour Louvain) Ça débordait de partout! On a vu des affiches, des enfants arborant le pad et la moustache, des jeunes, des moins jeunes, autant dans les enclos que dans les allées et autour de l’enceinte!

Avec tout ce soutien, les choses ne pouvaient que bien se passer! Et lentement, mais sûrement, au fil d’une prestation où Paquet et son (gros) orchestre ont tout donné, on a vu les têtes grises se dégriser et les mines rabougries se détendre. Soixante-quinze minutes plus tard, la foule était conquise!

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Mais qu’est-ce qui suscite tant l’engouement chez Gab Paquet? Pourquoi devient-on inévitablement un fan (comme votre humble serviteur) quand on le voit sur la scène? Outre le charme indéniable du chanteur sur scène et partout ailleurs, il y a le travail acharné de Paquet et de son band. On a pu le constater au passage de Gab au Cabaret Festif! de la relève en 2016, où il a remporté le prix du jury : tout était poli, rodé au quart de tour. Les gars et les filles ont longuement pratiqué leurs deux numéros (qui, contrairement à plusieurs, étaient assez différents). Gab a démontré à plusieurs, ces soirs-là, que les mots « original » et « brouillon » ne sont pas synonymes.

Ce qui explique le succès de Gab, c’est aussi ses musiciens, qui sont, avouons-le, excellents. Tight, qu’on dit en bon français. La formation actuelle, composée de Claudia Gagné (basse), Jean-Étienne Collin-Marcoux (batterie), Hugo Le Malt (guitare) et Odile Marmet-Rochefort (claviers), assure, comme on dit en France. Que ce soit par leur jeu ou par leur personnalité, ces musiciens bien de chez nous se démarquent!

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

On ne peut passer sous silence la qualité des chansons de Paquet, sans lesquelles notre chanteur de charme n’aurait rien pour briller sur scène. Ses chansons pop, qui rappellent parfois l’esthétique des chanteurs français des années 1980 tout en ayant été dépoussiérée et remise au goût du jour, sont tout simplement magnifiques. Non, les paroles ne se méritent pas un Nobel de littérature, mais elles cadrent parfaitement avec l’univers de Paquet. Et les mélodies, accrocheuses au possible, sont une suite inépuisable de vers d’oreille (qui ne sont même pas trop fromagés). Continental Sélect, Consommations, Soucoupes volantes, Vibration transe, Fais l’amour avec moi, Relations sexuelles, Casio pad & moustaches, Santa Barbara, Ton appel à frais virés, Coach de vie, Les voyous, Diamants, Partouzes, Santa Barbara Chérie, voilà des chansons qui nous entrent dans la tête pour ne plus jamais en ressortir. Des chansons entraînantes, qui nous donnent le goût de danser et chanter à l’unisson les refrains étrangement fédérateurs (« Ça fait plaisir! »).

 

Bien sûr, l’essentiel repose sur le charme de Paquet. Le pad et les moustaches ne sont que des accessoires qui reflètent la personnalité du chanteur de charme, qui ne les utilise que pour amplifier ses propres traits. C’est pour ça que le jeu de Paquet est si naturel : il joue à peine! Il EST romantique de même, demandez-le à sa tendre moitié!

C’est pour ça qu’au GAMIQ en novembre dernier, il a fait un tabac en interprétant un pot particulièrement pourri (et fabuleusement exécuté) de ses plus grands succès. Et c’est pour cette raison que vous ne pouvez pas rater son dernier spectacle de l’année à Québec (juste à temps pour cet article, imaginez-vous donc), qui aura lieu ce jeudi le 14 décembre au Cercle! (La première partie, assurée par notre coup de coeur au Cabaret Festif! de la relève 2017, Miss Sassoeur et les Sassys, est une présentation d’ecoutedonc.ca!)

 

Saratoga (+ Maude Audet) – Le Cercle, 9 décembre 2017

L’amour. Y’a pas beaucoup de mots de cinq lettres plus forts que celui-là. Et y’a pas grand chose qui représente mieux ce mot que le couple Chantal Archambault/Michel-Olivier Gasse, du duo Saratoga. Le duo, qui en est aux dernières dates de la tournée Fleur, était de retour à Québec (presque un an après son passage au Théâtre du Petit-Champlain).

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Nous avons été gâtés. Saratoga a fait le voyage à Québec avec le quatuor à vents et le dispositif d’éclairage (sobre, mais diablement efficace) qui avaient accompagné le groupe à son spectacle de Coup de coeur francophone à Montréal. On allait donc entendre les chansons de Fleur comme on les entend dans le confort de son salon avec, en prime, la complicité palpable de nos deux tourtereaux.

J’aimerais vous dire que mes attentes étaient stratosphériques, mais ce n’est pas le cas. Quand on va voir Saratoga, c’est comme si on allait voir deux vieux amis qu’on est juste trop heureux de retrouver. Et Chantal et Gasse avaient de nombreux amis samedi soir! De nombreux amis venus entendre leurs histoires tirées du quotidien (le leur, celui de gens qu’ils ont croisé et d’autres, sortis tout droit de leur tête). Des histoires pas toujours drôles racontées avec tendresse.

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Bien sûr, le couple a « brisé la glace » (c’est leur jeu de mot poche, pas le mien) avec Brise-glace, la chanson qui ouvre si bien Fleur. Dès les premières notes de guitare et de contrebasse, tout le monde se tait, ouvre grand les yeux et tend l’oreille bien fort. On sait qu’on va passer un doux moment. Nouveau record : j’ai les yeux humides seulement 30 secondes après le début de la prestation, dès que les vents se font entendre.

Parce que oui, y’a ça : les mélodies de Saratoga font pleurer. De belles larmes de bonheur, du sel qui goûte bon. Ajoutez-y le timbre si riche et particulier des bois qui se mettent de la partie, et c’est avec un sourire béat que vous allez pleurer! Je me tourne vers ma copine. Zut, elle n’est pas là, je l’ai envoyée prendre les photos de la soirée!

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Autre nouveau record : Gasse fait des commentaires sur la boucane après seulement une chanson! Les habitués le savent, c’est en train de devenir un running gag, la machine à boucane du Cercle est reconnue pour se faire envahissante (c’est beau, mais ça peut devenir un brin étouffant sur scène).

D’autres chansons profitent du traitement royal du quatuor à vents : Je t’attends dehors a l’air sortie tout droit de la bande sonore d’un film d’amour qui se passe l’hiver, en campagne. On n’est pas du monde, déjà si belle dans sa mélancolie, se voit donner des ailes, transportée par un vent venu des bois d’à côté. Pour vrai! La voix douce et tristounette de Chantal et celle d’un Gasse en parfaite symbiose s’allient parfaitement aux couleurs chaudes soufflées par ce quatuor à vent tout en subtilité. Ce sont encore les bois qui vont marquer la lenteur dans Danser lent. Même si cette pièce est fort sympa lorsque jouée uniquement par le duo, on va vous avouer bien candidement qu’avec les clarinettes et compagnie, elle est tout simplement parfaite. Si on hochait gentiment la tête pendant les couplets, celle-ci devenait langoureuse sous les invitations à danser lent.

Saratoga – Photo : Marie-Laure Tremblay

Lent. Un autre mot qui définit bien Saratoga. Avec à peine un album et un EP, le duo réussit aisément à meubler près d’une heure et demie qui passe drôlement vite (et quelques gros morceaux ont été laissés de côté depuis leur dernier passage, notamment Madame Rosa et Noëla). Chantal et Gasse n’hésitent pas à prendre leur temps pour mettre leurs pièces en contexte. Les anecdotes parfois loufoques, souvent tendres, se dévorent même si certains, comme moi, les ont entendues pour la plupart un bon nombre de fois. C’est peut-être leur entrain dans leur récit, les regards aussi complices que la première fois qu’ils l’ont raconté, le ton posé de Gasse, qui parle lentement, mais avec autorité… c’est sûrement tout ça.

Après la « chanson de menstru SPM » (toujours aussi drôle Reste donc couchée, une chanson de Chantal que Gasse s’est appropriée) et cette reprise d’une chanson du répertoire hawaïen qui avait autrefois été adaptée et reprise par un certain Michel Louvain (Douce Leilani), ainsi que quelques autres chansons du répertoire saratoguesque, la soirée s’est terminée tout en douceur (pouvait-il en être autrement) avec Saratoga et Fleur.

Saratoga – Photo : Jacques Boivin

Oui, on l’avoue, on est très fan de la simplicité de la formule duo de Saratoga. Seulement, il faut le reconnaître, les instruments à vent et le dispositif scénique (quelques lampes chinoises sur lesquelles on envoyait de jolies projections) ont ajouté une touche de magie à ce couple déjà capable de tirer un tas de lapins de son chapeau! Tout ça sans alourdir le spectacle, sans jamais sentir, ne serait-ce que l’espace d’une seconde, que c’était trop. C’est comme si on était dans SARATOGA : THE DIRECTOR’S CUT! On vivait un moment spécial. Un moment que Saratoga a eu la gentillesse de venir partager avec les gens de Québec.

C’est le fan qui parle : Merci Chantal. Merci Gasse.

 

Maude Audet

Maude Audet – Photo : Marie-Laure Tremblay

En première partie, Maude Audet a fait l’inverse : plutôt que d’être accompagnée de son groupe, Maude était toute seule. Nous avons donc eu droit à des versions toutes nues des magnifiques chansons de Comme une odeur de déclin paru cet automne. Vous savez ce qu’on dit, une bonne chanson, c’est une chanson qu’on aime autant toute habillée que dans son plus simple appareil, et les chansons de Maude tombent dans cette catégorie. Les mélodies peuvent très bien s’appuyer sur la guitare et la voix douce de l’auteure-compositrice-interprète, qui profite elle aussi de ses interventions pour bien présenter ses chansons à un public qui écoutait bien sagement.

Leo, une lettre adressée à Leonard Cohen, a semblé toucher une corde particulièrement sensible chez les spectateurs. C’était le genre de douce mélancolie qu’on était allé chercher, samedi.

C’est le cas de le dire : tout était parfait!

 

Photos : Marie-Laure Tremblay (sauf quelques-unes par Jacques Boivin)

 

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EX EYE / Colin Stetson / Sheenah Ko – Le Cercle, 29 novembre 2017

Sheenah Ko – Photo : Linus Ouellet

La soirée a commencé exactement comme je l’avais imaginée, avec les sonorités éthérées de Sheenah Ko, artiste aux talents multiples mais notamment assignée aux claviers au sein du groupe montréalais The Besnard Lakes, que la présence d’une danseuse contemporaine de grand talent, sa collaboratrice Brittney Canda, venait compléter élégamment. J’ai cependant rapidement été remis à ma place quand les sonorités méditatives et hypnotisantes de synth qui ont ouvert la performance ont été complétées par des rythmes dansants assez soutenus, expliquant du coup la présence d’une co-performeuse s’occupant de la mise en mouvement des compositions électro pop assumées de Ko. Cette dernière aurait bien pu se faire voler la vedette, tant sa collaboratrice offrait une performance intense et sentie, mais la solidité de ses compositions et l’effet de surprise quant à sa teneur électro lui ont permis de mériter elle aussi son lot de louanges. Elle qui a pourtant avoué en cours de performance ne s’être mise que récemment à l’élaboration de sonorités dansantes de cet acabit, suite à l’achat d’un synthétiseur «Prophet» qui serait tellement plaisant à utiliser qu’il lui aurait donné envie de partir ce projet. Parfois plus minimalistes et parfois plus maximalistes, ses créations témoignaient tout à la fois d’une minutie et d’une énergie bien transposée dans la performance.

Ex Eye – Photo : Scott Irvine

Le groupe suivant nous proposait un degré de délicatesse inversement proportionnel, mais tout autant de moments de grâce. Disons que le « match » qu’on nous proposait pariait sur notre ouverture d’esprit, et c’était un pari gagné d’avance avec les artistes au menu. Ex Eye est venu présenter pour la première fois à Québec le matériel contenu sur leur premier album, paru plus tôt cette année chez Relapse. Mise à part une brève introduction et quelques moments de transition, l’essentiel du concert était constitué de l’album qui était de plus présenté grosso modo dans le même ordre une fois transposé sur scène. Les prouesses des différents membres du groupe sont à couper le souffle, surtout celles de Colin Stetson aux saxophones respirés circulairement et Greg Fox à la torture frénétique de peaux et de cymbales, ce dont on se rend compte assez rapidement si on n’était pas déjà au courant. Xenolith; The Anvil, la pièce qui ouvre l’album et qui a ouvert le concert, c’est le genre de truc qui te jette la gueule à terre pour ne la plus pouvoir recoller ensuite, l’intensité des sonorités agencées semblant à la fois sortie des enfers et descendue du ciel. Alors que celle-ci se termine après quatre minutes bien senties, la suivante, Opposition/Perihelion; The Coil, en propose plutôt douze, et ses moments plus calmes sont rarement plus calmes, alors que ses moments plus intenses sont pas mal plus intenses. Disons que si on était là pour prendre le thé, on était pas sortis du bois. La métronomie sadique du batteur Greg Fox était encore plus impressionnante à voir dans une plus petite salle, comparativement au Colisée de Victoriaville où j’avais eu la chance de les voir ce printemps dans le cadre du FIMAV, avant le lancement de l’album. Colin Stetson, un habitué du Cercle, fait toujours plaisir à voir aller, tant son degré de virtuosité semble souvent inhumain. Quant au guitariste Toby Summerfield et au claviériste Shahzad Ismaily, ils ont offert une performance aussi sentie, partageant parfois la vedette avec l’un ou l’autre des virtuoses mentionnés précédemment, avec des duos intenses placés en transition entre certaines pièces.

Somme toute, la soirée restera probablement dans le coeur et dans les oreilles des gens réunis sur place, qui ont eu droit à une forte quoique relativement courte dose de musique plutôt intense et novatrice, qui méritait qu’on se farcisse les décibels produits par l’énergique quatuor. C’était, en plus des deux demoiselles qui se sont occupées de la première partie, de la visite rare comme on aimerait en voir passer plus souvent!

Men I Trust / Toddler – Le Cercle, 22 Novembre 2017

Désolé si vous ne regardez pas Twin Peaks, mais je me dois de dire que le Cercle avait presque des allures de Roadhouse hier soir : 2 groupes à la musique tranquille, le rideau derrière la scène était éclairé en rouge, la salle était pleine à craquer de monde venu entendre et se perdre dans la vibe, ou alors, j’assume, discuter autour d’un verre d’eau minérale non pétillante à 3 dollars 50 pendant les 2 performances. Il ne manquait plus qu’un annonceur vêtu d’un costard-cravate et on avait notre mise en scène façon David Lynch.

Au début, il y avait Toddler : 3 garçons de Montréal, une batterie, une guitare acoustique, 2 bonnets, une moustache et 4 claviers. Le tempo est lent, les sons s’emmêlent, les claviers s’échangent entre les musiciens après un morceau, la performance dure pas loin de 45 minutes, c’est doux et ça démarre bien.

Et puis, Men I Trust a débarqué vêtus de pulls, marinière et t-shirt du Mont Saint-Michel, on allait voir la mer. Des chansons comme Break for Lovers ou You Deserve This me maintenaient dans cet espace à la Twin Peaks avec ce mélange de calme et nostalgie qui agrippe aisément les cœurs. D’autres morceaux comme Lauren ou Tailwhip (leur meilleur à mon avis) viennent faire bouger les corps avec ces sons plus groovy, se rapprochant plus de la French Touch. À noter, le morceau Your Name provenant de Bernache (l’autre projet de la chanteuse Emmanuelle) a été joué pour la première fois en live – et ca sortait tellement bien, tandis que Thirsty de Geoffroy a conclu (en rappel) la dernière performance du groupe chez eux pour cette année. Ils démarreront une tournée aux États-Unis l’année prochaine. On leur dit bon vent !

Laura Sauvage (+ Mauves) – Le Cercle, 5 novembre 2017

C’est dans une ambiance pour le moins intime que Laura Sauvage est venue présenter les chansons de son excellent nouvel album The Beautiful (ainsi que ses autres tounes) le 5 novembre dernier au Cercle. Accompagnée de ses trois musiciens (Nicolas Beaudoin à la guitare, Dany Placard à la basse et Jonathan Bigras à la batterie), la jeune Acadienne a commencé sa prestation « en douceur » avec Rubberskin, un extrait de son premier album Extraordinormal. Pendant l’heure qui a suivi, les mélodies de Laura, les riffs de Beaudoin, le groove de Placard et la batterie (très énergique) de Bigras n’ont eu aucun mal à faire hocher les têtes des quelques dizaines de spectateurs présents.

Laura et sa bande avaient visiblement du plaisir sur scène, s’échangeant des sourires et des regards complices tout au long de cette prestation rock aux sonorités un brin vintage. Un plaisir contagieux grâce à une exécution sobre, mais fort sympathique qui mettait en valeur le talent d’auteure-compositrice-interprète de la jeune femme et le jeu du groupe. On s’est promené d’un album à l’autre (en passant par le EP), sans nous balancer toutes les nouvelles d’une claque, un choix judicieux!

En première partie, Mauves, qu’on a déjà vu à quelques reprises, a déjà été un peu moins sage. Faut dire qu’Alexandre (et Cédric) Martel avait eu un samedi fort occupé la veille avec son autre projet (Anatole, pour ne pas le nommer). C’est pas grave, les chansons, elles, demeurent bonnes, surtout celles de Coco (paru il y a déjà un an!).

Daran / Alicia Deschênes – Le Cercle, 7 Novembre 2017

C’était la deuxième fois à vie que je voyais Daran sur scène, et pourtant j’écoute sa musique depuis que j’ai environ 7 ans, depuis ces riffs de guitare déments au début de Déménagé, sa voix poussée à l’extrême dans 35 ans à Moscou, ses accords de guitare acoustique et ses paroles simples et efficaces dans L’eau (mon morceau préféré), entre autres.

Avant qu’il prenne place au Cercle, il y avait Alicia Deschênes en première partie, seule avec sa guitare acoustique, avec un folk mélancolique dont le dernier EP est produit par Daran. Elle reçoit un accueil extrêmement chaleureux parmi une foule bien remplie.

Vient ensuite le chanteur français et sa performance en deux parties : son dernier album Endorphine en intégralité et des morceaux de sa discographie récente (Il y a un animal, L’exil) et plus vieille (Dormir Dehors, Trous Blancs, En bas de chez moi…). Qu’est-ce que je peux dire ? J’écoute ses albums depuis tellement longtemps, il a plus de 20 ans de carrière derrière lui, il fait du rock tellement efficace, sa voix ne faiblit pas, ni ses paroles, il a convaincu tout le monde.

C’est à la toute fin, après une sublime performance acoustique du morceau Une Sorte d’Église que Daran se confesse douloureusement au micro: son ancien bassiste Erik Fostinelli est décédé le jour même. Il a joué dans plusieurs de ses albums et figure sur la pochette de Augustin & Anita (que tu devrais écouter). C’était très surprenant de l’apprendre d’autant plus que l’on voyait les 4 musiciens très survoltés tout le long du concert.

On s’est sentis obligés, de dire merci.

Joyeux dixième, cher Cercle!

Le Cercle – lab vivant célèbre aujourd’hui son dixième anniversaire, et il le fait en grandes pompes! La petite salle de la rue Saint-Joseph propose quelques activités :

  • En après-midi (de 14 à 18 heures), on dévoilera la murale réalisée par Phelipe Soldevila avec un BBQ-cocktail! C’est GRATUIT!
  • En soirée, toutes les salles du Cercle sont mises à contribution pour une soirée toute festive. Dès 18 heures, les amateurs de jazz iront au restaurant, qui présentera 5 for TrioTexture et Fleur de nuit. Dès 20 heures, ce sera la fête dans la salle de spectacles avec Lou PhelpsHigh Klassified et nul autre que Karim Ouellet! Enfin, dès 22 heures, le sous-sol accueillera Fred EverythingM.I.M. et plusieurs autres! Les billets ne sont que 10 $ à la porte (vous pouvez aussi les acheter sur lepointdevente.com).

On a de nombreux souvenirs du Cercle. Normal, tant de bons shows y ont été présentés! On vous présente quelques-uns de ces souvenirs ci-dessous :

Piers Faccini (+ Laura Lefebvre) – Le Cercle, 1er novembre 2017

Dans le cadre d’une mini-tournée québécoise, l’auteur-compositeur-interprète italo-britannique Piers Faccini est venu nous rendre visite au Cercle le 1er novembre dernier, question de nous faire voyager avec les chansons de son I Dreamed an Island. Voyager en brisant les murs et en mélangeant les influences (très méditerranéennes) de Faccini. Pendant un peu plus d’une heure, le public présent a écouté sagement les propositions qui lui étaient faites, et il ne s’est pas fait prier pour accompagner Faccini sur quelques chansons, notamment Bring Down the Wall.

En première partie, c’est accompagnée d’Alexandre Pomerleau que Laura Lefebvre nous a présenté ses jolies chansons à saveur folk.

On a pris quelques photos :