Festival Agrirock – Compte rendu (29-30 septembre 2017)

Ah, Agrirock! J’avais souvent entendu parler (toujours en bien) de toi, il fallait bien que j’aille constater par moi-même ce qui te rend si charmant!

Le Festival Agrirock célèbre l’arrivée de l’automne dans un torrent de décibels qui déferle sur le centre-ville de Saint-Hyacinthe. À partir de son quartier général, le très sympathique bar Le Zaricot, la musique s’invite dans de nombreux lieux (parfois inusités) visités par de non moins nombreux curieux. Rien de trop compliqué, rien de trop grandiose, juste une belle programmation remplie d’artistes qu’on aime découvrir et redécouvrir. Pas de choix déchirants (les shows se succèdent), pas de course contre la montre entre deux lieux (on marche bien davantage ailleurs, d’ailleurs), on peut consacrer tout notre temps à la musique.

Nous sommes donc allés, il y a quelques jours, assister aux deux tiers de la cinquième édition de ce festival qui vient de tomber dans la liste de mes coups de coeur. On a manqué la journée du jeudi (avec Bad Dylan, Georges Ouel, Robert Fusil et les chiens fous ainsi que Tintamare), travail oblige, mais on a manqué bien peu de choses du vendredi et du samedi. On vous présente ça sous forme de léger compte rendu accompagné de quelques photos!

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

Après avoir passé l’après-midi du vendredi à flâner dans le centre-ville (traduction : boire du cidre avec les guêpes au Zaricot), direction Fréquences le disquaire pour un petit tête à tête avec Antoine Corriveau. J’ai vu ce gars-là jouer dans presque toutes les formations possibles à toute heure du jour, mais jamais je ne l’avais vu seul avec sa guitare. Ça fait quand même un petit choc d’entendre toutes ces chansons, d’ordinaire si joliment arrangées, se retrouver toutes nues! S’il avait bien préparé quelques chansons pour l’occasion, au milieu de sa prestation, il a laissé le public choisir… Pauvre de lui, un spectateur lui demande de jouer Corridor, sa si magnifique reprise de la chanson de Laurence Jalbert. Corriveau s’essaie, mais il peine à trouver les bons accords (à sa défense, c’était la première fois que je l’entendais ailleurs qu’à la télé). Un Antoine à la bonne franquette, sans filet, qui s’essaie devant le public. On l’aime de même.

La Carabine – Photo : Jacques Boivin

Direction l’entrée du Zaricot où les rappeurs de La Carabine s’exécutent. C’est énergique, les gars débitent leur flow avec entrain, la présence d’une batterie donne un rythme qui semble plaire aux spectateurs de la terrasse. On est peut-être un peu trop timides pour aller groover devant les gars malgré leurs invitations à le faire, ça ne veut pas dire que le public n’apprécie pas. Je vous avoue que j’aimerais bien les revoir dans un contexte différent (parce que j’avoue qu’entre Corriveau et Tire le coyote, j’étais peut-être pas trop dans un mood pour écouter du rap…).

Tire le coyote – Photo : Jacques Boivin

On retourne chez Fréquences, cette fois pour une prestation qui avait été annoncée à peine quelques jours plus tôt, soit celle de Tire le coyote. Seul avec son fidèle Shampouing, on a pu entendre des versions acoustiques de quelques-unes de ses belles chansons tirées de Désherbage. Le magasin s’est rapidement rempli, même la gang de Matt Holubowski, qui jouait ailleurs en ville ce soir-là (dans un cadre autre que celui d’Agrirock) est passée faire un tour. Comme ce fut le cas avec Corriveau, le plaisir résidait dans l’interprétation toute nue de ces chansons si magnifiquement arrangées sur l’album, le tout présenté avec humour et simplicité, comme toujours. Gros pouce en l’air pour sa Jeu vidéo, adaptation fort réussie de Video Games d’une certaine Lana Del Rey.

On retourne au Zaricot, cette fois pour ne plus en sortir avant la fin de la soirée. On nous avait promis un traitement choc : Chocolat, Duchess Says et Les Breastfeeders.

Chocolat – Photo : Jacques Boivin

Le premier groupe, celui mené par Jimmy Hunt, est toujours plaisant à voir et à entendre. On ne sait pas dans quel mood les musiciens seront (ça va de plutôt sage à complètement déchaîné), mais on sait que ça va être bon. Chocolat nous envoie des tonnes de briques au visage, une brique à la fois. Guillaume Éthier, qui jouait de la batterie avec le groupe pour une première fois, marquait le rythme avec énormément d’assurance. Les fans de Rencontrer Looloo et de Tss Tss en ont eu pour leur argent. Les guitares bien fuzzées nous ont fait bien voyager, à peu près autant que le saxophone de Christophe Lamarche-Ledoux. (En passant, on va pouvoir revoir Chocolat avec Cobrateens et Mauves au Pantoum le 25 novembre prochain… on vous le dit tout de suite, comme ça, vous pourrez mettre ça à votre agenda!)

Duchess Says – Photo : Jacques Boivin

La soirée se poursuit avec le post-punk déjanté de Duchess Says. On a pu entendre les chansons de Sciences nouvelles, le dernier album, ainsi que quelques plus vieux morceaux. On ne vous le cachera pas, la vraie vedette du groupe, c’est sa chanteuse, A-Claude, probablement la meilleure bête de scène qu’on a pu voir tout le week-end. Et les spectateurs le lui ont bien rendu : le job de photographe n’était pas de tout repos avec les mosh pits enthousiastes et spontanés! On se disait qu’après ça, les Maskoutains n’auraient plus d’énergie pour la suite…

On s’est trompé!

Les Breastfeeders – Photo : Jacques Boivin

Notre vendredi soir s’est terminé avec Les Breastfeeders, qui étaient accompagnés d’un « nouveau » guitariste, un certain… Sunny Duval, qui a renoué (avec un plaisir manifeste) avec son ancien groupe! Si Les Breasts n’ont toujours pas de nouveau matériel à nous offrir (on en est encore à Dans la gueule des jours, paru en… 2011), c’est pas grave. On a droit à un show de greatest hits, comme le dit si bien Luc Brien! Pendant plus d’une heure, on danse, on sue, on regarde Johnny Maldoror se pitcher partout, on est juste heureux de retrouver Sunny en train de rocker comme un petit bum. Mais on a quand même hâte d’entendre du nouveau.

Joëlle Saint-Pierre – Photo : Jacques Boivin

Après une bonne nuit de sommeil et un copieux déjeuner, il y avait Joëlle Saint-Pierre qui nous attendait avec son vibraphone et son clavier dans un café santé. Saint-Pierre a pris le temps d’expliquer son instrument (et la différence entre un xylophone et un vibraphone) aux curieux présents pour l’entendre jouer. Il y avait même un ado lui-même joueur de vibraphone qui observait attentivement son jeu. Saint-Pierre chantait ses chansons de sa douce voix qui se mariait magnifiquement bien avec les ondes émises par le vibraphone. Des chansons que vous pouvez entendre sur son fort joli album Et toi tu fais quoi.

Les Louanges – Photo : Jacques Boivin

Je suis passé rapidement voir Vedana qui s’exécutait au marché. Malheureusement, j’ai manqué une bonne partie de la prestation – j’avais laissé quelques éléments essentiels à ma chambre et à mon retour, le groupe avait déjà fini. Dommage, ça jazzait pas mal!

On s’en va ensuite au Bilboquet pour voir Les Louanges en formule Vincent Roberge solo. Une prestation qui m’a surpris par la vulnérabilité de Roberge, d’habitude trop cool (dans le bon sens). Cette fois, sans le groove de ses musiciens, on a eu droit au côté sensible de Vincent. Des sonorités moins jazzées, plus signer-songwriter qui lui vont très bien.

De la Reine – Photo : Jacques Boivin

Pour voir le groupe suivant, on n’avait qu’à traverser la rue et entrer dans une galerie d’art où nous attendaient nos amis de De la Reine. On avait arrangé l’espace d’une drôle de façon : le groupe jouait à l’entrée, et les spectateurs étaient répartis entre l’arrière de la galerie, où on avait installé des sièges, et l’extérieur (on avait ouvert la porte de garage). Derrière le groupe, de belles toiles remplies de couleurs qui accompagnaient bien la musique pigmentée de De la Reine. Le trio de Québec nous a présenté ses chansons pop-rock-groovy-cool qu’on commence à bien connaître. Des morceaux efficacement interprétés grâce à la voix toujours parfaite d’Odile, du jeu de guitare de Vincent et des mains magiques de Jean-Étienne (qui alternent entre sa batterie et son clavier).

Louis-Philippe Gingras – Photo : Jacques Boivin

On avait déjà vu Louis-Philippe Gingras jouer dans un dépanneur, mais là, dans un restaurant spécialisé en shish taouk, on vous avoue qu’on est abasourdi! Difficile de mieux accompagner la poésie savoureuse des chansons du quotidien de Gingras qu’avec une belle odeur de patates à l’ail qui vient nous chatouiller les narines pendant que le troubadour nous chante Tigre géant, cet hymne grandiose à ce grand petit magasin! Gingras était en pleine forme devant un public aussi occupé à écouter qu’à savourer un bon petit début de souper.

Chose que j’aurais dû faire… j’ai eu faim toute la soirée, maudit!

On retourne au Zaricot pour un dernier droit pas piqué des vers et qui commence avec Lydia Képinski, qui me demande, pendant qu’elle s’installe, si je suis pas tanné de la voir. Ben Lydia, pour une fois qu’il ne pleut ou qu’il ne neige pas pendant que je te vois, maintenant que je sais qu’il n’y a pas de risque que la génératrice tombe en panne juste au moment où je peux pleinement profiter de ton show plutôt que de te prendre en photo, non, je ne suis pas tanné!

Lydia Képinski – Photo : Jacques Boivin

Fidèle à son habitude, Képinski se lance avec sa chanson inspirée des Mystérieuses cités d’or (que les spectateurs chantent avec entrain le moment venu). Oui, il y a bien eu quelques chansons de son EP (divine Brise-glace avec une finale pendant laquelle Blaise Borboël-Léonard se déchaîne au violon, et toujours trépidante Andromaque), mais on a aussi entendu sa reprise space des Temps fous, de Daniel Bélanger. J’ai même eu droit à Pie IX (que je ne me souviens pas d’avoir entendue à Québec)! Mais pas d’Apprendre à mentir, qui est probablement sa plus connue. En revanche, un gros direct au menton de Mélanie Joly et de nombreux sourires! Et quelques fans à l’avant qui connaissaient les chansons de Lydia par coeur (je te jure, y’avait pas juste moi).

Gros soleil – Photo : Jacques Boivin

Gros Soleil était mieux connu sous le nom de Les Truands. Le groupe originaire du coin avait visiblement de nombreux amis sur place, parce que ça communiquait beaucoup dans les deux sens, toujours dans la bonne humeur. La prestation a été divisée en deux : la première avec le matériel de Gros Soleil, la deuxième avec celui (et la formation) des Truands. Une heure pendant laquelle on a touché à pas mal toute la palette du rock. Un show qui a fait plaisir aux fans, qui se donnés à fond!

Pour le clou de la soirée au Zaricot, on nous a réservé une primeur : le grand retour de Keith Kouna en solo!

Keith Kouna – Photo : Jacques Boivin

Un Keith Kouna qui aurait bien pu annuler son spectacle : un petit Kouna est venu au monde il y a à peines quelques heures et le chanteur avait très peu dormi ces derniers jours! Quoiqu’avec la prestation qu’il a donnée, on se dit qu’une chance que Kouna n’était pas en forme… Comme toujours, l’auteur-compositeur-interprète a communié avec son public pendant que ses (excellents) musiciens ajoutaient de la couleur à ses tableaux pas toujours jolis de la société dans laquelle on vit. Si on a eu droit à quelques morceaux choisis de son nouvel album (qui paraissait quelques jours plus tard), on a aussi eu droit à de nombreux classiques qui ont permis aux spectateurs de se défouler à fond. Parmi les nouvelles, il y a cette Vache, qui risque d’entrer dans vos têtes pour ne plus jamais en sortir.

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Mais le vrai clou de la soirée, c’était Gab Paquet! D’ailleurs, vous me pardonnerez si je suis bref, c’est que voyez-vous, une fois de temps en temps, il est plus plaisant de participer au spectacle que de l’analyser. Surtout quand on peut danser comme s’il n’y avait pas de lendemain en criant les paroles des chansons comme 90 % des spectateurs présents. Cathartique. Et rempli d’amour.

Une fois le spectacle fini, direction le lit. C’était déjà la fin. Deux jours qui ont passé follement vite, même si l’ambiance d’Agrirock est plutôt relaxe. Aucun show en opposition, aucun choix déchirant. Une programmation linéaire, mais variée et équilibrée qui a donné une longue série de bons moments.

Chapeau à la petite gang d’organisateurs d’Agrirock qui font visiblement ça pour l’amour. De la musique, mais surtout de leur ville, qu’ils animent toute l’année durant!

Ça finit bien un gros été de festivals. En graffignant en douceur!

 

[FEQ] Compte rendu, 7 juillet 2017

Deuxième journée complètement folle au Festival d’été de Québec! On a eu peur que la pluie s’installe pour de bon, mais non, elle n’est venue faire un petit tour que pour la prestation de Lydia Képinski (c’est mieux que la tempête de neige des Apéros FEQ en février, Lydia, c’est mieux). Sans plus attendre, voici notre compte rendu de la soirée.

Mr. Weather, L’Anti Bar et spectacles

Mr. Weather – Photo : Sébastien Dion / FEQ

L’Anti a eu le plaisir d’accueillir sur ses planches Mr. Weather, un jeune groupe prometteur de la scène locale donnant dans le rock prog / metal. Les quatre musiciens ont su attirer une foule appréciable et, ma foi, extrêmement enthousiaste malgré l’heure précoce du spectacle, prévu pour 17 h. Et les oreilles présentes n’ont certainement pas regretté d’être là!

La fougue et le dynamisme intarissable du leader et chanteur, Gabriel Drolet-Pollock, ne peut passer sous silence lorsqu’on parle de Mr. Weather. Le beau grand chevelu,  soutenu par Thomas Vidal à la guitare, qui offre des solos ahurissants, Dominique Gaumond aux percussions – qui rend « toujours tout meilleur » aux dires du chanteur, et on est bien d’accord – et d’Alex Turcotte à la basse, a le don de faire lever et crier la foule, autant les adeptes que les nouveaux visages (et il y en avait pas mal). Visiblement reconnaissants, les gars ont remercié les gens présents plusieurs fois entre les chansons.

La chaleur a monté de plusieurs crans tout au long du spectacle, sans oublier la quantité de décibels, qui ont été à leur apogée vers la fin de la prestation lorsqu’ils nous ont offerts en exclusivité deux nouvelles chansons drôlement bien ficelées (malgré ce qu’ils ont voulu nous faire croire), soit Running from Hell et Wrong Side of the Gun. Ces deux titres sont, à mon avis, une superbe démonstration de leur évolution et des efforts investis au cours des trois dernières années.

Le groupe nous a également offert l’ensemble des titres de son premier opus Between Dreams & Reality, soit Between Dreams & Reality, Landscape, Heavy Duty, Mr. Weather, Life of Tears, The Hound, Kingdom, et la plutôt funky Fantasy en rappel. Merci d’avoir mis vos trippes sur la table et de nous avoir fait tripper avec vous. Gorgée! (Tatiana Picard)

The PepTides, Scène Hydro-Québec

The PepTides – Photo : Jacques Boivin

Au premier coup d’œil, on se demande si les personnages de Salmigondis se sont lancés dans le showbiz. Beaucoup, beaucoup de couleur, des paillettes et du glitter. Mais dès les premières notes, c’est un voyage à Funkytown qui débute. Le band envoie un matériel original disco, soul, électro, un peu new wave ’80 où tout y est : wha wha, synthés et hi-hat. La formule à neuf, quatre musiciens et cinq voix, rappelle celle du Boogie Wonder Band où les chorégraphies, simples mais gagnantes, donnent le ton. Le point fort du show demeure les solides performances vocales du quintette, où la justesse retrouve la puissance.

Bref, le band d’Ottawa fait mentir la réputation de sa ville concernant l’esprit de party! (Christian St-Pierre)

Lydia Képinski, Scène Hydro-Québec

Lydia Képinski – Photo : Jacques Boivin

Dans cette soirée dédiée au prix que le FEQ a distribué dans différents festivals au cour de l’année, nous avions droit à deux représentantes de la nouvelle vague Girl Power québécoise. D’abord, la coup de cœur des Francouvertes a dompté la pluie, au point où on l’aurait cru tombée pour elle. Celle qui aime jouer la candeur pour nous qui, même si nous ne sommes pas dupes, jouons le jeu volontiers, était toute en voix pour livrer ses chansons pas aussi naïves qu’elles en ont l’air. Avec ses légères saveurs absurdes, son répertoire séduit et l’espièglerie de la chanteuse se fait sentir autant dans sa performance que dans sa relation très aisée avec le public, même si celui-ci n’était malheureusement pas très nombreux. Sensibilité, humeur bon enfant, sens aigu de la mélodie et esprit de scène, c’est ce que ça prend pour donner des airs tragiques au thème des Cités d’Or en ouverture de show. On la reverra sans nul doute au FEQ dans le futur! (Christian St-Pierre)

Plants and Animals, Scène Loto-Québec

Plants and Animals – Photo : Philippe Ruel

Plants and Animals était de retour en ville, servant de prologue à cette soirée indie rock entièrement canadienne. La petite foule de courageux ayant défié la météo menaçante a assisté à une performance sans faille du groupe montréalais. Du début du spectacle avec la très pop-ish No Worries Gonna Find Us, au jam indie-prog de Faerie Dance en clôture, le groupe n’a laissé aucun temps mort venir casser le rythme. La foule attentive était conquise d’avance. Gros coup de coeur aussi pour les pièces Stay et Lightshow qui frappent toujours dans le mille. Le chanteur Warren Spicer fêtait d’ailleurs son anniversaire. On aurait sans aucune hésitation voulu lui donner en cadeau quelques minutes supplémentaires sur la scène du Pigeonnier! (Julien Baby-Cormier)

Samuele, Scène Hydro-Québec

Samuele – Photo : Jacques Boivin

Pour la suite de cette intense soirée au Carré D’Youville, c’était au tour de la Québécoise Samuele de livrer son folk rock tantôt romantique, tantôt grinçant. On a mis le paquet du côté de la chouchou du FEQ au Festival de la chanson de Granby, ajoutant même des brass pour le dernier droit du show. Les pièces étant musicalement déjà bien denses, cet ajout couronne une montée en puissance qui, mine de rien, donne encore plus de corps aux textes qui se veulent parfois percutants. Pour accompagner une telle intensité, la chanteuse a choisi de porter paillettes et apparats qui brillent, contrastant radicalement avec ses allures punk et ses mots mordants. Détail de troisième ordre, mais j’aimerais bien savoir pourquoi. Ceci dit, les textes déclamés sont solides, mais un peu moins de désinvolture serait la bienvenue lors des adresses au public. Somme toute, une jeune femme qui en jette autant ne peut que voir l’avenir d’un très bon œil. (Christian St-Pierre)

The New Pornographers, Scène Loto-Québec

The New Pornographers – Photo : Jacques Boivin

Ce groupe phare de l’indie-rock canadien poursuivait cette soirée sur la scène Loto-Québec. Mené par Carl Newman et Neko Case (absente en tournée et remplacée par Kathryn Calder), il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu le groupe à Québec, le groupe ayant présenté son album Electric Version au Capitole en 2003. Le concert s’est ouvert avec High Ticket Attractions, une pièce tirée du dernier album du septuor, particulièrement bien représenté dans la grille de chansons. Si le groupe est capable de mélodies accrocheuses, on sentait les membres sur le pilote automatique, enchainant les chansons qui au final finissent par être plutôt interchangeables. Il y a bien eu quelques moments de grâce, dont l’efficace Mass Romantic en fin de programme, mais la foule un peu indifférente attendait visiblement le plat de résistance. Aurait-on pu faire confiance à Plants & Animals pour nous mettre en appétit dans cette case horaire moins ingrate? (Julien Baby-Cormier)

Lysistrata, Scène Hydro-Québec

Lysistrata – Photo : Stéphane Bourgeois / FEQ

À leur arrivée sur la scène, on aurait dit des participants à Secondaire en spectacle avec leurs t-shirts et leurs barbes légères et follettes. Mais dès les premières salves… Putain (sont français après tout)! On aurait dit que les kids avaient envie de nous péter la gueule. Avec leur rock furieux, qui a des moments trash, des fois punks, voire même prog, ils en mettent pleins les oreilles et le torse. Bref, ça sonne et ça résonne. Beaucoup d’intensité et de virtuosité derrière leurs allures de geeks adolescents. Un pur power trio pesant et tight comme on les aime et on comprend pourquoi le FEQ les a trimbalés du Printemps de Bourges jusqu’au Carré d’Youville. Mon premier coup de cœur de ce 50e! (Christian St-Pierre)

Corey Ledet & His Zydeco Band, Scène Loto-Québec

Corey Ledet & His Zydeco Band – Photo : Stéphane Bourgeois / FEQ

Je vais être honnête, je ne m’attendais pas à ça. Quand on pense à un accordéoniste louisianais, on imagine, oui, le party, mais pas dirigé par une rock star. C’est pourtant l’allure qu’avait Corey Ledet aux commandes de son Zydeco Band. En fait, le zydeco est un style né des musiciens créoles de la Louisianne, proche de la musique cajun. Mais dans les mains de Ledet, on a droit à quelque chose de neuf qui mise sur une présence forte de la guitare électrique. Meneur de foule émérite, l’accordéoniste paraissait jouer devant 5 000 fans tellement il est habile avec le public. C’est un plaisir de voir un aussi bon entertainer donner un air de jeunesse à un instrument et un genre d’un autre temps. (Christian St-Pierre)

Wolf Parade, Scène Loto-Québec

Wolf Parade – Photo : Jacques Boivin

Wolf Parade était de retour en ville pour une troisième fois supportant toujours son dernier EP, et surtout, testant quelques chansons à paraître sur le très attendu nouvel album. Le quatuor montréalovictorien prend visiblement beaucoup de plaisir à jouer sur scène, et ils sont solides. Les riffs quasi chirurgicaux de Dan Boeckner se fondent à merveille dans les lignes de clavier luxuriantes de Spencer Krug. Malgré un duo de nouveautés (celle chantée par Dan était particulièrement prometteuse), le groupe a surtout puisé dans ses deux premiers albums, ouvrant en force avec le duo You Are a Runner and I Am My Father’s Son / Fancy Claps. Ils ont enchaîné les pièces avec hargne et professionnalisme, au plus grand bonheur de la foule dispersée au Pigeonnier. Langage City a reçu un accueil très favorable, alors que la monstrueuse Kissing the Beehive a conclu le set principal de très belle façon, c’est-à-dire à coup de riffs assassins pendant plus de 12 minutes. Probablement que la foule aurait été plus imposante avec des têtes d’affiche différentes sur les autres scènes, mais ceux ayant choisi le rock auront reçu une solide dose de savoir-faire mélodique et scénique. Une performance sans bavure et sans artifice; tout pour le rock. (Julien Baby-Cormier)

Kendrick Lamar, Scène Bell

Kendrick Lamar – Photo : Renaud Philippe / FEQ

On sait que ce n’est pas dans le créneau du blogue, mais bon, parfois des billets VIP pour Kendrick Lamar tombent du ciel. La bonne chose à faire : les ramasser, fermer les yeux et aller dans la foule des plaines pour aller turn up. Sur une scène presque vide devant les Plaines presque pleines, Kendrick Lamar est arrivé comme un géant sur scène. Connaissant seulement son excellent album To Pimp a Butterfly j’ai été un peu déçu de constater qu’il a surtout interprété de titres de son nouveau répertoire, plus trap aux paroles basées sur le hustle et le money making. Le géant du rap était accompagné de deux musiciens qu’on n’a jamais pu voir en action, étant disposés au fond de l’immense scène Bell. Ce fut un spectacle vraiment impressionnant. Les projections très intéressantes derrière Kendrick apportaient vraiment une touche d’art à cette immense production industrialisée. On a bien dansé, on a essayé de chanter les quelques chansons qu’on connaissait, bref, une expérience cochée sur la liste, mais pas nécessairement à refaire. (Louis-Solem Perot)

Bernard Adamus, Scène Hydro-Québec

Bernard Adamus – Photo : Jacques Boivin

C’est au sympathique bum à Adamus que revenait la tâche de conclure le marathon de six shows à d’Youville, et c’est dans la bonne humeur que ça c’est passé, évidement. Flanqué de son fidèle et fort efficace band, il a enchaîné ses meilleurs morceaux pour les curieux, mais surtout pour les centaines de fans qui ne se sont pas fait prier pour chanter en chœur. Ça été, ça va de soi, de Brun (la couleur de l’amour), remâchée en bluegrass pour l’occasion. D’ailleurs, en plus du country et du blues, Adamus et ses hommes ont tapé aussi dans le manouche. Ce qui donne, au final, avec la voix éraillé du bum en chef et ses airs de « j’en ai rien à foutre », un show qui ressemble aux shots de Jameson qu’il s’envoie; une entrée forte en gueule, mais un assemblage somme toute fort raffiné. (Christian St-Pierre)

Festival de la poutine de Drummonville célèbre la 10e édition avec les Trois Accords

Le Festival de la Poutine de Drummonville a dévoilé, hier après-midi, sa programmation de spectacles pour l’édition 2017. Ce festival, inauguré en 2007 par le groupe originaire de Drummonville Les Trois Accords célèbre cette année leur 10e édition. C’est pourquoi il est important pour eux de faire partie de la programmation cette année. Simon Proulx, à la tête du groupe et du festival, croit important de « célébrer avec ceux qui ont rendu ce festival possible ! ».

Le festival est également fier d’avoir Half Moon Run comme tête d’affiche. Ce groupe est en grande demande dans les divers événements estivaux du Québec en plus de prendre une place grandissante sur la scène internationale.

Les amateurs de ce repas « traditionnel » à la culture québécoise pourront profiter d’une excellente programmation musicale. Ce sont des spectacles à l’image de la relève en incluant les gagnants du concours Secondaire et Cégep en Spectacle mais aussi des artistes qui représentent la jeunesse et la musique d’aujourd’hui. C’est la fin de semaine du 24 au 26 août que le tout se déroulera au Centre Marcel-Dionne à Drummonville.

Jeudi soir, le festival s’ouvre avec Secondaire en spectacle à 18 h suivi de The Brooks (19 h), Les Sœurs Boulay (20 h) et Alex Nevsky (21 h). Vendredi le 25 août c’est au tour de Cégeps en spectacle de monter sur scène avant de laisser la place à Émile Bilodeau (19 h), Kevin Parent (20 h) et Les Trois Accords (21 h). Enfin, samedi le 26 août, la fameuse Lydia Képinski (18 h), qui sera également un peu partout au Québec cet été ayant remporté les Francouvertes en mai dernier, fermera le bal avec Alaclair Ensemble (19 h), Fred Fortin (20 h 15) et Half Moon Run (21 h 30).

Il est inévitable que la programmation attire beaucoup de jeunes en plus de leur tarif spécial de 28$ le week-end pour les premiers 2 500 passeports vendus. Sinon il est possible de se les procurer au tarif régulier à 38 $ pour le week-end ou 23 $ la journée.  C’est un rendez-vous gastronomique et musical ! www.festivaldelapoutine.com

Finale de la 21e édition des Francouvertes, le lundi 8 mai 2017

Ecoutedonc n’a pas l’habitude de se déplacer pour des événements à Montréal, mais vous connaissez notre amour pour Lydia Képinski depuis déjà un moment (elle fera notamment partie du spectacle de fetedonc.ca). C’était donc une occasion de savoir en primeur si elle allait remporter les honneurs à la 21e édition des Francouvertes de Montréal.

La soirée a commencé avec un moment très touchant, soit une vidéo rendant hommage à l’animatrice Andréanne Sasseville, à qui était dédiée la 21e édition du concours-vitrine. On a pu y voir entre autres l’entrevue que Philippe Brach avait réalisée avec elle alors qu’elle s’entretenait à propos de sa maladie.

Comme Rosie Valland et Philippe Brach étaient conjointement porte-paroles de l’événement, ils sont chacun leur tour venus casser une toune devant le public du Club Soda. On a eu droit à des exclusivités, en plus d’un extrait du single Sinon que Rosie Valland a lancé en décembre dernier.

La glace a été cassée par Laurence Anne, qui a qualifié son style musical de « prock », ce que je pourrais traduire par du post-rock alternatif avec des touches de folk ici et là. Ce qui caractérise l’artiste et son groupe, à mon avis, c’est le vibraphone, mais également la voix de la jeune femme. Parfois haute perchée, plus chuchotée à d’autres moments, elle permet à cette dernière de jouer avec ses couleurs. J’ai, par contre, moyennement apprécié leur performance. J’avais l’impression que certains passages des chansons servaient seulement à meubler. Les solos n’étaient pas nécessairement fluides avec le reste des chansons, ce qui me semblait un peu étrange à l’occasion. Somme toute, ça allait ailleurs et ça s’écoutait bien.

Je dois faire une parenthèse ici, car j’ai trouvé assez phénoménal à quel point le public était attentif, respectueux, riait et participait au bon moment. Honnêtement, si tous les publics ressemblaient à celui du Club Soda un soir de Francouvertes, j’aurais toujours des expériences à la hauteur des artistes qui se démènent sur scène.

Par la suite, c’était à notre petit Lévisien Les Louages de venir faire sa dernière prestation du concours. Je l’ai découvert au Knock-Out l’été dernier, et il n’avait rien perdu de son aisance et de sa charmante désinvolture. Il connecte beaucoup avec le public et entrecoupe ses chansons d’interventions farfelues. J’aime beaucoup le groove de ses chansons, aussi grâce à l’apport important de Nathan Vanheuverzwijn au clavier (qui joue également avec Émile Bilodeau), de Simon Guay à la basse et de Gabriel Morin Béland à la batterie. Il ne faut pas oublier que sa chanson Encéphaline a remporté le prix chanson coup de cœur SOCAN, ce qui n’est pas rien. Je dois avouer par contre que c’est plutôt La Bombe Atomichaëlle qui m’a particulièrement plu de par son rythme.

C’est finalement Lydia Képinski qui a conclu la soirée. Lors de son passage à Trois-Rivières en première partie de Groenland, j’avais plus ou moins aimé la proposition. Peut-être en raison de sa nonchalance, ou parce que j’avais eu de la difficulté à comprendre son univers. Toutefois, mon expérience fut toute autre lors de la soirée des Francouvertes. En compagnie de musiciens, son unicité ressortait davantage, et je trouvais sa prestance encore plus incroyable. Elle n’a besoin de rien d’autre qu’une guitare pour faire briller son talent, et c’est assez exceptionnel. Sa musique me rejoint moins, mais sa pièce Andromaque reste de loin ma préférée de la soirée en entier. Ce fut pour moi une finale intense et très sentie.

On le sait déjà depuis plusieurs jours : c’est Lydia Képinski qui a remporté l’édition. Elle sera d’ailleurs de plusieurs festivals cet été, notamment du Festif! de Baie-St-Paul, où ecoutedonc sera présent.

Crédit photo : Jean-Francois Leblanc/Les Francouvertes

Enfin! FETEDONC.CA vous annonce la programmation de son spectacle et de sa campagne de sociofinancement

Le temps des cachotteries est terminé. On peut enfin vous annoncer ce qu’on vous prépare depuis plusieurs semaines déjà.

Pour célébrer ses cinq ans, le blogue ecoutedonc.ca vous présente un spectacle mettant en vedette trois formations musicales de Montréal et de Québec : Lydia Képinski, Le Couleur et Beat Sexü. Ces trois joyaux de la musique émergente enflammeront tour à tour les planches du Cercle le 25 mai prochain. Entre les prestations, DJ Faché et Gab Paquet s’occuperont de l’animation. Pour en savoir plus sur les artistes, cliquez ici.

Les billets seront en prévente sur le pointdevente au coût de 10 $, et vous pourrez vous les procurer à la porte pour 15 $. On espère vous y voir en grand nombre!

Illustration : Le singe peintre (Jordanne Maynard)

C’est aussi l’occasion pour nous de lancer notre campagne de sociofinancement sur Indiegogo. Nous souhaitons amasser 10 000 $ pour continuer de faire rayonner la musique émergente et d’être une référence en la matière. Votre aide nous est précieuse et est grandement appréciée!

 

Tadoussac se dévoile : une 34e édition pas piquée des vers!

Tadoussac se met belle (vous me direz qu’elle est rarement laide et je vais humblement acquiescer) pour la 34e édition de son légendaire Festival de la Chanson. Coup de théâtre cette année : on brise le cycle. Le festival qui avait l’habitude d’avoir lieu pendant la deuxième semaine de juin aura lieu du 29 juin au 2 juillet prochain. Un changement bénéfique pour nous, éternels mélomanes que nous sommes, puisque cela bonifie la journée de dimanche avec l’ajout de pas moins de neuf spectacles.

Les Cowboys Fringants – Photo : Jean-François Desputeaux/Archives

Les grandes lignes de la programmation sont prometteuses : Les toujours très appréciés Cowboys Fringants en ouverture. Aussi, de gros noms comme Patrice Michaud, Vincent Vallières (qui présenteront leur nouveau spectacle respectif) et Louis-Jean Cormier se succéderont sur la scène Québécor. L’inimitable Cayouche sera aussi de la partie et foulera les planches de cette même scène, scène que Daniel Bélanger prendra aussi d’assaut afin de nous présenter son tout nouvel album. Karim Ouellet, Damien Robitaille et Saratoga (emoji de Jacques Boivin qui sourit) seront sous le chapiteau Desjardins lors du festival avec, aussi, le gagnant du prix du public du dernier Cabaret festif de la relève – Le Festif!, Émile Gruff.

Lydia Képinski – Photo : Marion Desjardins/Archives

En plus d’une certaine « résurrection » de l’Osstidtour, avec Koriass, Alaclair Ensemble et Brown au sous-sol de l’Église, le toujours populaire site Belle-Gueule du festival sera l’hôte de vos fins de soirée et vous offrira le rock ‘n’ roll énergique des Deuxluxes ainsi que le rock débridé et décapant de la bande des Hôtesses d’Hilaire. Le sommeil ne sera pas une option lors de ces soirées. De plus, une des nos « pref », Lydia Képinski, sera aussi de la partie sur la scène Hydro-Québec en compagnie de Samuele et de Maxime Auguste en première partie du rockeur français Dominé.

Bien sûr, le tout n‘est qu’un aperçu de la vaste et variée programmation de ce festival. Le reste de celle-ci sera disponible sur le site Internet du festival, et c’est hier qu’a débuté la mise en vente. Le Festival de la Chanson de Tadoussac est une expérience unique à vivre, un incontournable dans le tournée des festivals et toute l’équipe vous le conseille vivement parce qu’avoir les pieds dans le sable AVANT le brunch, ça n’as pas de prix !

[ENTREVUE] Sortir des sentiers battus avec Lydia Képinski

Il y a de ces artistes qui aiment sortir un peu des sentiers battus, qui font des Vernishow au lieu de faire des lancements, qui décident de faire de la musique au lieu d’être ingénieurs comme leurs parents. Il y a de ces artistes qui ne s’excusent pas d’exister, et qui font preuve d’une authenticité complice et contagieuse sur scène. En fait, je parle surtout de Lydia Képinski, avec qui j’ai eu l’honneur de partager quelques questions. Pour des artistes comme ça, on essaie d’être un peu originaux ! Alors j’ai enfilé mes plus beaux joggings et je me suis lancée dans une expérience originale. Entrevue livresque avec une auteure-compositrice-interprète qui mélange autant les influences littéraires que musicales.

Après sa prestation aux Apéros FEQ, Lydia Képinski vient me rejoindre au lieu dit : la banquette du District Saint-Joseph. Devant nous, une quantité de livres soigneusement choisis. Dans chaque livre se cache une question. Le rôle de l’artiste : choisir les ouvrages qui lui plaisent et répondre à ce qu’ils lui demandent. Mise au fait des procédures, Lydia plonge sans hésitation vers L’homme rapaillé de Gaston Miron. Sans en parcourir les pages, elle s’empresse d’en réciter le premier poème, Liminaire. « Il y a un bout dans Andromaque», nous explique-t-elle (je vous laisse trouver lequel).

Après lecture et contemplation, nous sommes prêtes pour la première question.

L’homme rapaillé, Gaston Miron
Selon toi, est-ce que la musique (et l’art) du Québec a des traits distinctifs ?

«Oui, bien, je pense que ce qui est surtout distinctif au Québec, c’est qu’on a une réalité francophone dans un contexte anglo-saxon», commence-t-elle. La langue aurait ainsi un rôle important dans notre identité culturelle et artistique, et vice-versa, selon l’artiste : «C’est pour ça qu’on ne parle pas anglais aujourd’hui, c’est parce qu’on avait une tradition. C’est aussi beaucoup à cause de la religion, nous dit-elle. On peste beaucoup contre la religion, c’est correct qu’on s’en soit défait, mais c’est quand même grâce à ça qu’on a pu conserver notre langue.»

Faisant référence elle-même à notre culture en citant Gaston Miron, on était à même de se demander comment cette identité s’inscrivait dans sa musique. «C’est une bonne question. Je pense que ça s’inscrit sans que je m’en rende compte vraiment, répond-elle. C’est juste comme ça.» Le comment est peut-être incertain, mais pour Lydia Képinski le pourquoi est clair : «Je trouve ça important, t’sais. Pour moi, Gaston Miron, c’est vraiment l’homme qui nous représente, parce que son père était illettré. J’ai encore l’impression que le Québec, c’est ça : une personne sur deux qui est analphabète fonctionnel.»

La façon de passer outre cette réalité, selon elle, réside dans la tradition orale : «La tradition orale, c’est ce qui a composé le tissu social du Québec», explique-t-elle. En utilisant le français dans ses textes et en faisant de la musique, «un langage universel» selon elle, Lydia Képinski adopte de facto une démarche fortement influencée par notre identité. Ce qui ne l’empêche pas de chanter, dans Apprendre à mentir : «Je pourrais te dire qu’un jour on aura un pays / A vrai dire je pense qu’on n’en mérite même pas». Après une telle discussion, on était prêtes pour le prochain livre : De colère et d’espoir de Françoise David.

Lydia Képinski / Crédit photo: Marion Desjardins

De colère et d’espoir, Françoise David
As-tu un message pour le Québec ? Que veux-tu exprimer par ta musique ?

«C’est peut-être mon héritage européen, mais…», commence-t-elle. À ce sujet, elle poursuit : «Mon père est Français : j’ai hérité d’une tradition. Et mes ancêtres étaient Polonais. Mes ancêtres ont vécu la guerre et tout.» L’artiste sent que cela a influencé son expérience en tant que Québécoise : «Au Québec, souvent, on a peur, on se sent ostracisé, on a peur de se faire assimiler… Moi, je n’ai pas l’impression que je ressens ça.»

«Je pense qu’il y a ça dans ma musique aussi, poursuit-elle. Outre l’importance de la langue, puis outre l’importance de la politique – parce que même si mes tunes parlent de relations interpersonnelles, j’ai quand même une fibre politique importante – je pense que le message qui se ressent en premier, c’est qu’on n’est pas nés pour un petit pain. Faisons les choses jusqu’au bout, puis soyons fiers…Et fuck l’analphabétisme aussi», conclut-elle.

Voir – Safia Nolin, Québec, vol.1#11
Que porterais-tu si tu étais nommée au gala de l’ADISQ ?

Lydia Képinski / Crédit photo: Marion Desjardins

«Honnêtement, je porterais quelque chose de super japonais», dit-elle de but en blanc. Après quelques secondes de réflexion, elle ajoute : «…sauf qu’il y a comme des issues avec les appropriations culturelles en ce moment, ça fait que je ne le ferais peut-être pas, finalement. Mais en même temps, oui, parce qu’à mon bal de finissants, j’ai porté un sari indien. C’est sûr qu’à l’époque, on m’aurait dit que je faisais de l’appropriation culturelle. Peut-être, peut-être pas. Je pense que c’est un peu une mode d’en parler.»

La connotation de l’appropriation culturelle est une question de nuances pour la jeune artiste. « Moi, honnêtement, j’aime ça, l’appropriation culturelle… Je pense que c’est le rapport de colonisé / colonisateur qui gosse : c’est sûr que je ne m’habillerais pas en fausse Amérindienne [à l’ADISQ], parce que les Amérindiens ont beaucoup souffert à cause des Blancs cathos et des Blancs anglos en général. On n’a jamais vraiment eu de lien avec la culture japonaise. Je porterais peut-être un genre de kimono noir. Un peu Star Wars», conclut-elle donc.

En tout cas, qu’elle soit en sari indien, en kimono ou même en jeans avec un t-shirt de Gerry Boulet (ou de Safia Nolin), on a hâte de la voir au gala de l’ADISQ, nous ! Entre-temps, Képinski choisit une autre œuvre et continue à se prêter au jeu.

Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll
Carte blanche : invente une question

Vous savez, quand on se fait prendre à son propre jeu ? J’ai donc été soumise à un rapide questionnaire de la part de l’artiste : âge, occupation. Je vous épargne la lecture de ces faits inintéressants. Pour plus d’information, z’avez qu’à venir me trouver quelque part entre le Cercle et le Pantoum.

Le Banquet, Platon
Comment définis-tu l’amour ? Fait-il partie de tes sources d’inspiration ?

Bien qu’elle n’ait pas lu le Banquet (qu’on lui recommande, d’ailleurs), Lydia a répondu de bon cœur une fois de plus. « ‘Fait-il partie de tes sources d’inspiration ?’ Oui, of course. Ça me met bien avec certains sentiments que je peux ressentir. J’ai l’impression de régler mes comptes en chanson aussi, parce que j’exprime une vision unilatérale de ce que c’était. C’est un peu chien en même temps, avoue-t-elle, parce que l’autre personne ne peut pas répondre.»

Sauf si c’est un musicien aussi, pensai-je alors tout haut. Deux CD, deux versions des faits ! Ce à quoi la chanteuse a répondu : «On ne peut pas dire que ce n’est pas arrivé.» On n’en dira pas plus. Et pour la définition de l’amour, Platon nous suffira encore !

Harlequin tentation – Love song, Elisabeth Lowell
As-tu des plaisirs coupables ou des goûts douteux ?

«Général, ou en sexe, là?» Une chose est certaine, Lydia Képinski n’a pas la langue dans sa poche. Mais on ne tenait pas vraiment à savoir ce qu’elle faisait avec, alors on est resté dans le général.

Lydia s’attaque tout d’abord au principe même de plaisir coupable. « Pour moi, le concept de ‘péché mignon’… C’est comme l’idée d’être né pour un petit pain», concède la musicienne et artiste visuelle, qui se sent «rarement mal de faire des choses» et qui nous en donne rapidement un exemple. « Je suis une gameuse. J’aime ça, jouer à des jeux vidéo. […] Ça ne m’arrive pas souvent, mais le temps des Fêtes, c’est ma période de l’année où je game. Ce qui fait que je ne me sens pas mal parce que je sais que le reste de l’année, [ce n’est pas le cas]. C’est une question d’équilibre aussi. Par exemple, j’essaie de bien manger, mais tantôt j’ai mangé des chocolats. Eh bien, c’est le moment de la semaine où je vais manger des chocolats. À un moment donné, il faut arrêter de s’autoflageller. Je trouve que les gens sont durs avec eux-mêmes. »

Pour ce qui est des goûts douteux, c’est aussi un concept que l’artiste rejette. «Les gens me demandent parfois : ‘c’est quoi la musique que tu as honte d’écouter ?’ Je n’ai pas honte d’écouter quoi que ce soit. Il y a quelque chose d’intéressant dans tout dans la vie. Tout. C’est mon opinion.» 

L’Énéide, Virgile
D’où te vient ton intérêt et/ou tes connaissances en matière de littérature/mythologie antique ?

«Je tripais sur la mythologie quand j’étais jeune. Je pense que c’est toujours resté. Pour moi, c’étaient des histoires qui étaient nettement supérieures aux autres histoires (contes de Perrault, Hansel et Gretel…). Je trouvais qu’elles avaient quelque chose d’épique. Il y a quelque chose de vraiment plus grand que nature [dans ces histoires].»

«Je pense aussi que c’est le fait qu’avant, probablement qu’ils y croyaient pour vrai : pour eux, ce n’était pas un mythe, ce n’était pas quelque chose d’inventé. Les contes de Pierre Perrault, on le sait tout de suite que ce sont des contes, et puis ce sont de petites histoires…des histoires de villageois. C’est cool aussi, c’est correct. Mais [dans les mythes], ce sont des dieux, des forces toutes puissantes. Il n’y a pas juste des quidams. Et c’est la rencontre avec le divin puis le mortel qui est vraiment intéressante. Comme Hercule qui est à moitié humain, à moitié divin. C’est le héros. Le concept du héros vient de là.»

L’écume des jours, Boris Vian
Comment fabriques-tu ton monde musical ?

Lydia Képinski / Crédit photo: Marion Desjardins

C’est ensuite avec enthousiasme que Lydia Képinski est tombée sur le prochain livre : «L’Écume des jours, esti, ça, j’ai aimé ça, ce livre‑là.» Sa réponse est d’ailleurs restée dans la thématique du livre : «avec un pianocktail !» Réponse de circonstance, puisqu’elle introduisait bien le reste.

«Honnêtement, j’ai vraiment eu un buzz sur les machines. À un moment donné, j’ai compris que la musique pour moi, ça allait être [fait avec] des machines. C’est un monde de robots. C’est ça, l’avenir. C’est la technologie. Pour moi, c’est ça qui est le fun, c’est sur ça que je tripe», explique Képinski. On pouvait d’ailleurs bien l’entendre lors de sa prestation, qui entrelaçait l’électro et l’acoustique. Ce serait même cet aspect de fabrication mécanique de la musique qui l’aurait réellement amenée à s’intéresser plus sérieusement à ce milieu. Mais d’où lui venait cet intérêt si particulier pour les machines ? «J’aime le métal… c’est peut‑être mon côté [ingénieure]. Toute ma famille, ce sont des ingénieurs. J’aime ça les cossins, j’aime ça gosser des affaires», explique-t-elle.

La Cantatrice chauve, Eugène Ionesco
«Que venez-vous faire ici ?» –p.80

À question absurde, réponse absurde : «J’attends Godot.»

Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde
Si on peignait des toiles en s’inspirant de ta musique, de quoi auraient-elles l’air ?

«Je pense que ça serait quand même figuratif. Mais quand même monochrome. Monochrome et figuratif.»

CRÉER – ou comment survivre à des études artistiques, Philippe Genest & Edward Essis-Breton
Qu’est-ce qui est le plus gratifiant dans le fait d’être artiste ? Qu’est-ce que tu trouves le plus difficile ?

Lydia Képinski aurait pu arrêter depuis belle lurette son interrogatoire / exploration littéraire. C’est pourtant encore avec intérêt qu’elle feuillette CRÉER – ou comment survivre à des études artistiques. «Ça a l’air le fun, ça», énonce l’artiste. La question du métier posée, elle répond simplement et posément : « Ce qui est le plus gratifiant dans le fait d’être artiste? C’est juste de travailler. Et ce je trouve le plus difficile ? Le travail aussi.» Qu’est-ce qui est difficile dans le travail, ajoute-t-on à notre question de départ. « C’est que tu es ton propre boss. Donc il faut que tu t’envoies travailler. Tu es ton propre esclave, et il faut que tu t’obliges à travailler. Moi, mon truc, c’est de me faire des horaires. Je me dis : ‘de telle heure à telle heure, de telle heure à telle heure’, je me mets des alarmes… c’est juste de la discipline.»

Malgré les difficultés du travail, l’auteure-compositrice-interprète ne manque pas d’en peser la valeur : «C’est le plus tough, mais en même temps, c’est ce dont je suis fière. Souvent, les occasions qui font que ma mère et ma famille sont vraiment fières de moi, ce sont des occasions où elles vont me voir dans un média connu, par exemple. J’ai toujours un malaise avec ça parce que personne ne peut me dire ‘bravo, tu as travaillé’. Et pour moi, c’est ça qui vaut la peine. C’est ça que j’ai envie de me faire dire : ‘bravo, ça paraît que tu as travaillé’. Pas ‘bravo, tu es un génie, tu es née avec une intelligence’ […]. C’est juste du travail.»

Kandinsky – 48 plates in full colour, Frank Whitford
Dessine un croquis qui te représente

Tu t’es présentée comme ça parce que…

«…je trouve que ça me ressemble. J’aime ça, je suis satisfaite.»

Contes originaux, Frères Grimm
Raconte-nous une anecdote

Sans attendre, Lydia Képinski nous livre une histoire qui fait réfléchir.

Mon grand-père paternel, [Witold Képinski], il est allé à la guerre. Un peu comme moi, il avait un syndrome d’opposition/ de provocation. Il haïssait ça se faire dire quoi faire. Il était dans son bataillon – dans l’infanterie – et son supérieur, qui avait un cheval, lui a dit : ‘Ah, il faut que je monte sur mon cheval. Met tes mains comme ça, je vais pouvoir monter sur toi pour aller sur mon cheval.’ Et [Witold] a juste dit non. L’autre a ajouté : ‘Non, non, mais c’est un ordre.’ Et là, [Witold] était comme : ‘non’. [Son supérieur] lui a dit : ‘O.K., eh bien, va en prison.’ Ce qui fait que [Witold] est allé dans la prison de l’armée parce qu’il était impétueux, et tout son bataillon est allé à la guerre. Men, il n’y en a pas un criss qui est revenu… S’il avait accepté les ordres – hashtag Pierre Perrault – imagine, je ne serais pas là aujourd’hui. Ça fait que c’est ça.»

Lydia Képinski / Crédit photo: Marion Desjardins

Quel bel endroit pour m’arrêter et vous laisser réfléchir. Après cette anecdote, on a encore parlé de Blaise Pascal, auteur raconté en détail à la chanteuse par son batteur, qui s’est joint à nous. On a parlé de Jean-Jacques Rousseau et encore de l’importance du travail. Après, plus de livres sur la table. Les minutes s’étaient envolées presque trop vite. Pour en apprendre plus sur Lydia Képinski, artiste cultivée qui s’est visiblement investie dans la réalisation de son art, il ne vous reste plus qu’à aller la voir de vos propres yeux (et l’entendre de vos propres oreilles)! Elle sera d’ailleurs à Québec le 7 mars prochain au Théâtre Petit-Champlain, en première partie de Dimoné.

 

 

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Merci à Tatiana Picard pour la transcription de l’entrevue.

 

[Apéros FEQ] Lydia Képinski, District Saint-Joseph, 8 février 2017

Lydia Képinski a su captiver les spectateurs qui s’étaient rassemblés au District hier soir pour écouter ses chansons dans le cadre des soirées Apéros FEQ. Pendant un peu plus d’une heure, ils ont gardé les yeux (et les oreilles) rivés sur elle, et pour cause! Lydia a livré une performance authentique et bien rodée.

Après s’être présentée elle-même et avoir discuté un peu avec le public de notre service de déneigement (dois-je rappeler qu’il a fait tempête mercredi ?), l’artiste a d’abord joué une pièce seule à la guitare. Cet arrangement laissait toute la place à sa voix haut-perchée et onirique.

La suite de la soirée a pris la forme d’un gros crescendo musical. Accompagnée à la batterie, aux synthés et au violon par ses deux musiciens, Lydia Képinski nous a présenté des pièces de plus en plus intenses, de plus en plus saturées du côté des arrangements. Elle échangeait parfois sa guitare contre une basse pour compléter le tout.

Le tout a pris une tournure nettement plus électro lorsque la sixième chanson, Brise-glace, nous a heurté de plein fouet. Les samples se mêlaient aux notes des musiciens et on avait rajouté des effets au violon pour la pièce suivante. La chanteuse elle-même a su nous montrer la versatilité de sa voix, qui prenait tantôt un air désinvolte et qui tantôt glissait sur les notes comme l’aurait fait Lhasa de Sela.

Au total, on aura entendu huit pièces de la jeune auteure-compositrice-interprète, dont plusieurs qui ne figurent pas sur son EP paru en novembre dernier. Toutes avaient des textes travaillés enrobés d’une musique rock-introspectif aux influences diverses. Sans oublier leur petit côté coup-de-poing qui va si bien à Lydia Képinski.

L’artiste de Montréal sera à nouveau en spectacle à Québec dimanche prochain au Cercle avec The Brooks et Gazoline, dans le cadre de la Bourse RIDEAU.

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[ALBUM] Lydia Képinski – « Lydia Képinski »

Même si elle n’est pas friande des concours, Lydia Képinski a su y laisser sa marque. Après des passages fort remarqués au Cabaret Festif de la Relève (où elle s’est mérité plusieurs prix, dont le nôtre), et au Festival de la chanson de Granby, de nombreux observateurs avaient bien hâte d’en entendre davantage de la part de la fougueuse blonde.

En novembre dernier, nos voeux ont été exaucés sous la forme d’un mini-album de quatre chansons qui confirment ce que nous savions déjà : la demoiselle a du talent!

La première chanson, Andromaque, commence lentement. Déjà, on peut apprécier une des forces de Lydia : la qualité de ses textes. Good, on va écouter attentivement. Au début de la troisième minute, alors que la chanson prend du rythme, ce sont plutôt les arrangements qui attirent l’attention. On comprend mieux les parallèles que certains critiques ont pu faire avec une certaine Klô Pelgag. Mais Klô n’est pas aussi verbomotrice! Parce qu’il y a ici du texte qui défile à toute allure, à un rythme propre à notre chère Lydia et qui s’appuie sur des arrangements plus que soignés.

Apprendre à mentir, sur son petit beat latin, est un extra-terrestre qui nous replonge dans la pop indé de la fin années 1990, début années 2000. Difficile de ne pas se faire aller les hanches sur sa chaise à l’écoute de cette chanson. De son côté, Brise-glace a un petit côté trip-hop. La voix aigüe (et à première vue un brin approximative) de Lydia pourrait en agacer quelques-uns, mais au fil des écoutes, on apprécie de plus en plus toutes les fantaisies qu’elle se permet avec ses cordes vocales, qui sont un véhicule parfait pour l’univers de cette pièce particulière.

Le mini-album se termine tout en douceur avec la perle M’attends-tu, qui met en évidence le talent et la sensibilité de la jeune Lydia. Un moment de sobriété qui lui permet de briller. Lorsque le silence revient, on hoche la tête en signe d’approbation et on se dit que ce petit brin de femme devrait faire beaucoup de chemin sur cette route sinueuse qu’elle a choisie.

Évidemment, ce mini-album n’a pas été fait par une seule personne, et on remarque immédiatement l’excellent travail de réalisation de Blaise Borboën-Léonard (qui joue en plus de nombreux instruments), qui a su bien équilibrer chaque élément. Stéphane Lemieux (batterie), Stéphane Leclerc (guitare) et Cédric Martel (basse) ont également apporté leur contribution.

Chanceux nous sommes : Lydia Képinski sera aux Apéros FEQ du District Saint-Joseph le 8 février prochain à 18 heures. L’entrée est gratuite!

[À ne pas manquer] FINALE DU CABARET FESTIF DE LA RELÈVE CE SAMEDI

Gab Paquet. Lydia Kepinski. Maxime Auguste. Marco et les Torvis. Quatre finalistes qui vont donner le meilleur d’eux-mêmes ce samedi lors de la grande finale du sixième Cabaret Festif! de la relève qui se déroulera une fois de plus à la salle multi de l’hôtel Germain de Baie-Saint-Paul.

Les trois premières soirées se sont déroulées devant des salles combles et on s’attend une fois de plus à un public nombreux pour ce choc des titans. Les finalistes jouent gros : des bourses en argent totalisant 7 000 $ attendent les gagnants, sans compter de nombreux autres prix (dont le prix ecoutedonc.ca) et la possibilité de jouer (rémunéré) dans quelques festivals et autres événements.

Gab Paquet
Gab Paquet

Tout d’abord, il y a Gab Paquet, bien connu à Québec. Sa pop sirupeuse sortie tout droit des cassettes 8 pistes de pop française de nos parents est tout à fait assumée, comme le sont son magnifique pad et sa moustache parfaitement taillée. Il est accompagné de musiciens de feu et il donnera tout pour aller chercher le grand prix. On le sait prêt, mais le sera-t-il plus que les trois autres finalistes?

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Lydia Kepinski

De son côté, Lydia Kepinski laisse ses amis musiciens à la maison et jouera une fois de plus tous ses instruments elle-même. On l’a vue aussi à l’aise à la guitare qu’au piano. Un brin de folie accompagne la talentueuse Lydia qui n’est pas sans nous rappeler Klô Pelgag sans le côté hypocondriaque. Elle nous avait beaucoup impressionné à sa première visite. Volera-t-elle le coeur du jury une fois de plus?

Maxime Auguste
Maxime Auguste

Maxime Auguste fait du country-folk feutré. Coup de coeur du jury (et de l’équipe d’ecoutedonc.ca) lors de la troisième soirée, Maxime chante doucement et propose une poésie qui fait parfois penser à celle d’un Stéphane Lafleur (sans la copier bêtement). C’est intelligent, bien ficelé, Maxime Auguste évite habilement les clichés éculés. Son projet semble de mieux en mieux défini et on vous avoue qu’on aime beaucoup, beaucoup. On le verrait bien en première partie d’un Fred Fortin version 2016 (on dit ça de même, là).

Marco et les Torvis
Marco et les Torvis

Enfin, Marco et les Torvis ont gagné le coeur du public après le vote Internet. On vous avoue avoir eu beaucoup de plaisir avec l’énergie du groupe maskoutain. On parle ici d’un groupe rodé au quart de tour, capable de mettre le public dans sa petite poche avec ses chansons teintées de trad. Est-ce que le groupe continuera d’être le chouchou du public? Saura-t-il convaincre le jury qu’il est dans une classe à part? C’est une histoire à suivre. Que de suspense!

De la grande visite

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Émile Bilodeau

En plus de tout ce beau monde, nos amis du Cabaret ont annoncé la présence de l’excellent Émile Bilodeau, gagnant du Cabaret Festif! 2015. On a entendu quelques-unes de ses nouvelles chansons à Rideau, ça devrait être excellent.

Vous voulez en savoir plus? Des vidéos de tous les candidats (même ceux qui ne sont pas en finale… y’a du maudit bon stock là-dedans) peuvent être visionnées ici : http://lefestif.ca/cabaret/candidats/

Soirée inoubliable pour seulement 20 $. Les billets s’envolent rapidement. Vous voulez y aller? La billetterie est ici : http://lefestif.ca/cabaret

Évidemment, nous y serons. Nous vous ferons un beau compte-rendu de la soirée. On a bien hâte!