[SPECTACLE] Nuits FEQ – Yann Perreau (+ Charlotte Cardin et Pandaléon), Impérial Bell, 29 avril 2016

Vendredi dernier, c’était le grand retour d’une bête de scène : Yann Perreau, qui vient à peine de lancer son petit dernier Le fantastique des astres, est venu lancer sa tournée dans un Impérial Bell transformé immense piste de danse pour l’occasion.

29042016-215210-32-Yann PerreauÀ l’aise comme pas un sur les planches, Perreau n’a pas perdu une seule seconde en lançant sa prestation avec une Barcelone endiablée. C’est sans hésiter qu’on se laisse transporter par le train yaya de la nuit, train mené par un Perreau qui tape des mains, pose, fait le poulet ou l’avion; visiblement, il avait hâte de se retrouver dans son aquarium… qu’il a quitté aussitôt pour aller jouer des maracas dans la foule! Pendant ce temps, le public, assez éclectique, merci, dansait comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Après quelques nouvelles chansons, Perreau fait un retour en arrière en proposant quelques-unes de ses pièces les plus connues (dont La vie n’est pas qu’une salope) et en changeant de costume selon les circonstances. À chacune de ses interventions, Perreau nous rappelle à quel point il est content d’être là. On te croit sur parole Yann! De retour au Fantastique… et à ses chansons festives, que ce soit avec la stromaesque Faut pas se fier aux apparences, que la foule semble déjà connaître par coeur, ou avec Momona, anecdote colorée et romancée sur une petite culotte oubliée… on n’en dit pas plus, faut quand même que vous écoutiez l’album! Comme son auteur, Le fantastique des astres est fait sur mesure pour la scène. Sur Baby boom, les spectateurs, jeunes et moins jeunes (oui, oui, on vous a vues, les têtes grises), font le pogo. La communion est totale, la bête a apprivoisé le maître, merci beaucoup, bonsoir.

29042016-220241-41-Yann PerreauHé Yann, on n’est pas dupes! Reviens sur scène, mon snoreau!

Perreau ne se fait pas prier. Il commence à chanter Les deux pieds sur la terre. Les spectateurs savent ce qui les attend : on va faire les oiseaux! Ben sûr! Juste au bon moment, la foule s’y met… a capella! Il y avait tellement d’électricité dans l’air que mon téléphone s’est rechargé! Pas besoin de vous dire que le toit de l’Impérial Bell a explosé au refrain!

Allez, une petite dernière… Beau comme on s’aime termine un spectacle sans faille (pas pire pour une première, hein?) ou presque… le temps a passé tellement vite, on s’est regardés, l’air supris, à la fin du show : quoi, déjà?

On pourra revoir Yann Perreau au Festival de la chanson de Tadoussac le 11 juillet prochain, au Festif! de Baie-Saint-Paul le 23 juillet et le 3 décembre à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de Trois-Rivières.

Charlotte Cardin

29042016-200046-04-Charlotte CardinLa jeune femme, qui s’est fait remarquer à l’émission La voix, a avoué souffrir d’une sinusite. On vous avoue qu’on ne s’en serait pas rendus compte. Voix très soul à la Amy Winehouse, ambiances électropop feutrées à la Milk & Bone, Charlotte Cardin est totalement dans l’air du temps. Elle a su attirer l’attention du public, qui a su faire preuve d’une écoute d’une qualité rare à l’Impérial et qui a aussi su montrer sa grande appréciation à la fin de chacune des chansons.

Cardin sera le 12 mai prochain à la Salle Anaïs-Allard-Rousseau de Trois-Rivières. On pourra aussi la voir au Festival d’été de Québec le 7 juillet.

Pandaléon

29042016-205733-19-PandaléonAux NuitsFEQ, il y a souvent un ovni, un artiste ou un groupe qui nous sort de notre zone de confort. On pense aux Hôtesses d’Hilaire, le soir des Sheepdogs, ou de Félix Dyotte, le soir de Coeur de Pirate (pauvre, pauvre Félix…). Les frères Levac et Marc-André Labelle ont joué ce rôle, vendredi. Votre humble serviteur s’y attendait, connaissant assez bien la musique du groupe, mais je vous avoue que Pandaléon s’en est très bien sorti. Oui, ce début en chaton, tout en (relative) douceur, manquait un peu de pep par rapport au mur de son que le groupe nous a servi à la fin de la prestation, mais l’idée était bonne. S’ils y étaient allés à fond de train tout le long, le public aurait été un brin fatigué pour Yann. N’empêche, sur scène, les chansons déjà très fuzzées de Pandaléon s’allongent et prennent des accents progressifs pas piqués des vers. Beaucoup de nouveaux fans pour la formation est-ontarienne.

Pandaléon sera au Festival de la chanson de Tadoussac le 9 juin et Festival d’été de Québec le 14 juillet.

33ème édition du Festival de la Chanson de Tadoussac

Moins de deux mois avant le coup d’envoi du 33e Festival de la chanson de Tadoussac, l’organisation a rendu officiel sa programmation. Ce sont près de 40 artistes qui se succèderont sur les six scènes installées sur la magnifique région de Tadoussac. Pendant quatre jours, du 9 au 12 juin prochain, les festivaliers pourront s’amuser aux rythmes de légendes de la chanson tout en découvrant la crème de l’émergence.
En tête d’affiche, nous retrouvons le légendaire Plume Latraverse et Isabelle Boulay. Avec eux, Bernard Adamus, Les Sœurs Boulay, Steve Veilleux, Yann Perreau et Thomas Fersen amèneront une bonne dose de musique à Tadoussac. Le spectacle Sept jours en mai, projet inusité de Michel Rivard, Luc de Larochellière, Mara Tremblay, Éric Goulet, Gilles Bélanger et les Mountain Daisies, sera aussi présenté pour la seule fois en formule festival selon le calendrier de tournée.

Tadoussac 2016Du côté des découvertes et de la relève, Tadoussac a réussi a dégoter de belle prises avec des soirées bien rythmées incluant Busty and the Bass, Poirier, Dumas, Cherry Chérie et Laurence Nerbonne. Les amateurs de folk et de douceur seront servis avec Safia Nolin, Laura Magnan et Rosie Valland. Les rockeurs ne seront pas en reste avec Keith Kouna, qui offrira un spectacle solo, Zébulon, Pandaléon, Les Goules et Galaxie, tout deux sur le bord de l’eau (!).

Le nouveau directeur de la programmation, Marc-André Sarrault, concernant la programmation 2016 :

Cette année, pour son 33e anniversaire, le Festival fait quelques clins d’oeil au passé, a les deux pieds dans le présent et l’oreille résolument tendue vers l’avenir. L’édition 2016 caressera, surprendra, bercera, écorchera, chatouillera et satisfera les oreilles, des plus jeunes aux plus expérimentées.

L’an dernier nous avions adoré notre séjour à Tadoussac. Le festival fait vivre des moments uniques aux festivaliers. Le compte-rendu est disponible ici.

Les billets sont en vente sur le site web du festival selon divers forfaits. Le festival a lieu du 9 au 12 juin prochain, et il représente votre seule chance de voir Les Goules et Galaxie rocker sur le bord de l’eau

[QUOI FAIRE] Mauricie: Suggestions de l’équipe du 7 au 9 avril 2016

Encore une grosse fin de semaine en Mauricie !

7 avril:

  • Philip Sayce au Ti-Petac

8 avril:

  • Les Portageux et David Robert au Nord-Ouest Café (à 17h)
  • Foreign Diplomats et Hein Cooper au Ti-Petac
  • Tina-Ève à la Salle Louis-Philippe Poisson
  • Galaxie au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco
  • Street Meat au Zénob

9 avril:

  • Les Cowboys Fringants à la Salle J.Anthonio Thompson
  • Dumas au Magasin Général LeBrun
  • Suuns et Pang attack à La Taverne de St-Casimir
  • Rosie Valland, Pandaléon et Cosmophone au Ti-Petac
  • Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant au Zénob

[ALBUM] Pandaléon – « Atone »

Si l’enregistrement de leur dernière composition À chacun son gibier s’est déroulé dans une écurie désaffectée, cette fois,  le trio est-ontarien Pandaléon, formé de Jean-Philippe Levac (batterie, voix) Marc-André Labelle (guitare) Frédéric Levac (claviers, voix), a plutôt transformé leur désuète école secondaire de Saint-Bernardin en studio d’enregistrement pour créer leur troisième album Atone.

À la première écoute, on est plongé dans un univers rock atmosphérique ayant par moments une touche industrielle. Dès les premières notes on remarque un effet de grandeur et de vide qui semble provenir de l’espace physique de cette ancienne école, ce qui lui donne litéralement une seconde vie. Les chansons qui se terminent plus abruptement laissent d’ailleurs résonner quelques notes dans les interstices de l’établissement. Toutefois, lorsque plusieurs instruments se superposent (clavier, guitare, basse, vocal et percussions), une certaine cacophonie prend forme dans un surplus d’écho abusif. On y distingue difficilement la précision et le détail des harmonies parfois trop planantes.

Contrairement à leur dernier album À chacun son gibier, Atone nous glisse dans un univers onirique plus digital et moins cru. Il y a certes une recherche musicale et une démarche artistique plus approfondie et recherchée, autant sur le plan des sons des instruments que des mélodies. La dichotomie entre la lourdeur et le côté terre-à-terre des basses fréquences électroniques vient s’opposer diamétralement aux chants astraux de Frédéric Levac, ce qui nous laisse en équilibre dans leur musique éthérée.

La première pièce se démarque notamment par une mélodie accrocheuse qui se laisse facilement chantonner. Cependant, on perd peu à peu cette ligne directrice et, ce qui semble être un ver d’oreille devient plutôt un album ambiant qui se transforme en musique de fond, qui pourrait facilement accompagner un long métrage dramatique.

On retrouve deux compositions plus massives (Bulk Tank 6:50 et Atone 7:46) qui se distinguent par leur côté progressif et une énergie différente de leur consoeurs, qui nous transportent agréablement sur leur long parcours.

Bref, le trio Pandaléon nous offre Atone, un album portant bien son nom puisque leur musique inspire effectivement le relâchement de notre tonus quotidien pour cibler notre côté chimérique et nous suggérant ainsi un relâchement. Un travail plus raffiné au niveau du son aurait été souhaitable, mais le résultat mature semble près de leur aspiration.

Pandaléon – Atone (Audiogram)

Critique : Pandaléon – « À chacun son gibier »

Pandaléon, c’est un trio composé de trois gars de l’Est francophone de l’Ontario, entre Ottawa et Montréal. Trois gars bourrés de talent, qui ont été remarqués par Audiogram, qui les a signés avant que quelqu’un d’autre ne le fasse.

Pandaléon
Pandaléon
À chacun son gibier (Audiogram)

À chacun son gibier, premier EP de Pandaléon, a été enregistré en quelques jours dans le studio du trio (une écurie désaffectée) sous la supervision de Philippe Brault. Malheureusement, cette urgence est probablement à l’origine du maillon faible de l’album.

Je veux bien croire qu’on a voulu donner à l’album un son plus « rural industriel », mais il y a moyen d’avoir un son plus brut, plus sale tout en recherchant une certaine qualité! On a l’impression que derrière ce mur de son, il y a un univers sonore d’une grande richesse, mais il est très difficile de se faire une bonne idée. Dommage, parce que les membres du trio semblent avoir un talent fou lorsqu’ils ont les mains sur leurs instruments, qu’on aimerait mieux entendre.

Est-ce que c’était pour tenter de se démarquer de Karkwa, à qui on pense inévitablement en écoutant les premières pièces? On l’ignore, mais la prochaine fois, les gars, soignez votre son!

Musicalement parlant, oui, ça ressemble beaucoup à du Karkwa, mais c’est exécuté avec brio. Les frères Frédéric et Jean-Philippe Levac et Marc-André Labelle savent jouer et ils ont un sens de la mélodie très intéressant. Ce genre de rock atmosphérique leur va comme un gant. Quant aux paroles, on peut ne pas aimer ces histoires de chasse (au sens propre comme au sens figuré), mais au moins, elles sont cohérentes et on connaît des auteurs chevronnés qui écrivent beaucoup moins bien.

À chacun son gibier est une très belle carte de visite pour Pandaléon. On aurait aimé un son plus clair qui nous permet d’apprécier la richesse de leur jeu. On aurait peut-être apprécié un peu plus d’originalité. Mais on ne peut pas ignorer le fait que ces trois jeunes hommes ont tout le potentiel pour aller très, très loin.

Un grower, qui va sans doute s’apprécier de plus en plus au fil des écoutes.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=DiypKFqT-GA]

Ma note : [usr 7]