[FEQ] Compte rendu, 7 juillet 2017

Deuxième journée complètement folle au Festival d’été de Québec! On a eu peur que la pluie s’installe pour de bon, mais non, elle n’est venue faire un petit tour que pour la prestation de Lydia Képinski (c’est mieux que la tempête de neige des Apéros FEQ en février, Lydia, c’est mieux). Sans plus attendre, voici notre compte rendu de la soirée.

Mr. Weather, L’Anti Bar et spectacles

Mr. Weather – Photo : Sébastien Dion / FEQ

L’Anti a eu le plaisir d’accueillir sur ses planches Mr. Weather, un jeune groupe prometteur de la scène locale donnant dans le rock prog / metal. Les quatre musiciens ont su attirer une foule appréciable et, ma foi, extrêmement enthousiaste malgré l’heure précoce du spectacle, prévu pour 17 h. Et les oreilles présentes n’ont certainement pas regretté d’être là!

La fougue et le dynamisme intarissable du leader et chanteur, Gabriel Drolet-Pollock, ne peut passer sous silence lorsqu’on parle de Mr. Weather. Le beau grand chevelu,  soutenu par Thomas Vidal à la guitare, qui offre des solos ahurissants, Dominique Gaumond aux percussions – qui rend « toujours tout meilleur » aux dires du chanteur, et on est bien d’accord – et d’Alex Turcotte à la basse, a le don de faire lever et crier la foule, autant les adeptes que les nouveaux visages (et il y en avait pas mal). Visiblement reconnaissants, les gars ont remercié les gens présents plusieurs fois entre les chansons.

La chaleur a monté de plusieurs crans tout au long du spectacle, sans oublier la quantité de décibels, qui ont été à leur apogée vers la fin de la prestation lorsqu’ils nous ont offerts en exclusivité deux nouvelles chansons drôlement bien ficelées (malgré ce qu’ils ont voulu nous faire croire), soit Running from Hell et Wrong Side of the Gun. Ces deux titres sont, à mon avis, une superbe démonstration de leur évolution et des efforts investis au cours des trois dernières années.

Le groupe nous a également offert l’ensemble des titres de son premier opus Between Dreams & Reality, soit Between Dreams & Reality, Landscape, Heavy Duty, Mr. Weather, Life of Tears, The Hound, Kingdom, et la plutôt funky Fantasy en rappel. Merci d’avoir mis vos trippes sur la table et de nous avoir fait tripper avec vous. Gorgée! (Tatiana Picard)

The PepTides, Scène Hydro-Québec

The PepTides – Photo : Jacques Boivin

Au premier coup d’œil, on se demande si les personnages de Salmigondis se sont lancés dans le showbiz. Beaucoup, beaucoup de couleur, des paillettes et du glitter. Mais dès les premières notes, c’est un voyage à Funkytown qui débute. Le band envoie un matériel original disco, soul, électro, un peu new wave ’80 où tout y est : wha wha, synthés et hi-hat. La formule à neuf, quatre musiciens et cinq voix, rappelle celle du Boogie Wonder Band où les chorégraphies, simples mais gagnantes, donnent le ton. Le point fort du show demeure les solides performances vocales du quintette, où la justesse retrouve la puissance.

Bref, le band d’Ottawa fait mentir la réputation de sa ville concernant l’esprit de party! (Christian St-Pierre)

Lydia Képinski, Scène Hydro-Québec

Lydia Képinski – Photo : Jacques Boivin

Dans cette soirée dédiée au prix que le FEQ a distribué dans différents festivals au cour de l’année, nous avions droit à deux représentantes de la nouvelle vague Girl Power québécoise. D’abord, la coup de cœur des Francouvertes a dompté la pluie, au point où on l’aurait cru tombée pour elle. Celle qui aime jouer la candeur pour nous qui, même si nous ne sommes pas dupes, jouons le jeu volontiers, était toute en voix pour livrer ses chansons pas aussi naïves qu’elles en ont l’air. Avec ses légères saveurs absurdes, son répertoire séduit et l’espièglerie de la chanteuse se fait sentir autant dans sa performance que dans sa relation très aisée avec le public, même si celui-ci n’était malheureusement pas très nombreux. Sensibilité, humeur bon enfant, sens aigu de la mélodie et esprit de scène, c’est ce que ça prend pour donner des airs tragiques au thème des Cités d’Or en ouverture de show. On la reverra sans nul doute au FEQ dans le futur! (Christian St-Pierre)

Plants and Animals, Scène Loto-Québec

Plants and Animals – Photo : Philippe Ruel

Plants and Animals était de retour en ville, servant de prologue à cette soirée indie rock entièrement canadienne. La petite foule de courageux ayant défié la météo menaçante a assisté à une performance sans faille du groupe montréalais. Du début du spectacle avec la très pop-ish No Worries Gonna Find Us, au jam indie-prog de Faerie Dance en clôture, le groupe n’a laissé aucun temps mort venir casser le rythme. La foule attentive était conquise d’avance. Gros coup de coeur aussi pour les pièces Stay et Lightshow qui frappent toujours dans le mille. Le chanteur Warren Spicer fêtait d’ailleurs son anniversaire. On aurait sans aucune hésitation voulu lui donner en cadeau quelques minutes supplémentaires sur la scène du Pigeonnier! (Julien Baby-Cormier)

Samuele, Scène Hydro-Québec

Samuele – Photo : Jacques Boivin

Pour la suite de cette intense soirée au Carré D’Youville, c’était au tour de la Québécoise Samuele de livrer son folk rock tantôt romantique, tantôt grinçant. On a mis le paquet du côté de la chouchou du FEQ au Festival de la chanson de Granby, ajoutant même des brass pour le dernier droit du show. Les pièces étant musicalement déjà bien denses, cet ajout couronne une montée en puissance qui, mine de rien, donne encore plus de corps aux textes qui se veulent parfois percutants. Pour accompagner une telle intensité, la chanteuse a choisi de porter paillettes et apparats qui brillent, contrastant radicalement avec ses allures punk et ses mots mordants. Détail de troisième ordre, mais j’aimerais bien savoir pourquoi. Ceci dit, les textes déclamés sont solides, mais un peu moins de désinvolture serait la bienvenue lors des adresses au public. Somme toute, une jeune femme qui en jette autant ne peut que voir l’avenir d’un très bon œil. (Christian St-Pierre)

The New Pornographers, Scène Loto-Québec

The New Pornographers – Photo : Jacques Boivin

Ce groupe phare de l’indie-rock canadien poursuivait cette soirée sur la scène Loto-Québec. Mené par Carl Newman et Neko Case (absente en tournée et remplacée par Kathryn Calder), il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu le groupe à Québec, le groupe ayant présenté son album Electric Version au Capitole en 2003. Le concert s’est ouvert avec High Ticket Attractions, une pièce tirée du dernier album du septuor, particulièrement bien représenté dans la grille de chansons. Si le groupe est capable de mélodies accrocheuses, on sentait les membres sur le pilote automatique, enchainant les chansons qui au final finissent par être plutôt interchangeables. Il y a bien eu quelques moments de grâce, dont l’efficace Mass Romantic en fin de programme, mais la foule un peu indifférente attendait visiblement le plat de résistance. Aurait-on pu faire confiance à Plants & Animals pour nous mettre en appétit dans cette case horaire moins ingrate? (Julien Baby-Cormier)

Lysistrata, Scène Hydro-Québec

Lysistrata – Photo : Stéphane Bourgeois / FEQ

À leur arrivée sur la scène, on aurait dit des participants à Secondaire en spectacle avec leurs t-shirts et leurs barbes légères et follettes. Mais dès les premières salves… Putain (sont français après tout)! On aurait dit que les kids avaient envie de nous péter la gueule. Avec leur rock furieux, qui a des moments trash, des fois punks, voire même prog, ils en mettent pleins les oreilles et le torse. Bref, ça sonne et ça résonne. Beaucoup d’intensité et de virtuosité derrière leurs allures de geeks adolescents. Un pur power trio pesant et tight comme on les aime et on comprend pourquoi le FEQ les a trimbalés du Printemps de Bourges jusqu’au Carré d’Youville. Mon premier coup de cœur de ce 50e! (Christian St-Pierre)

Corey Ledet & His Zydeco Band, Scène Loto-Québec

Corey Ledet & His Zydeco Band – Photo : Stéphane Bourgeois / FEQ

Je vais être honnête, je ne m’attendais pas à ça. Quand on pense à un accordéoniste louisianais, on imagine, oui, le party, mais pas dirigé par une rock star. C’est pourtant l’allure qu’avait Corey Ledet aux commandes de son Zydeco Band. En fait, le zydeco est un style né des musiciens créoles de la Louisianne, proche de la musique cajun. Mais dans les mains de Ledet, on a droit à quelque chose de neuf qui mise sur une présence forte de la guitare électrique. Meneur de foule émérite, l’accordéoniste paraissait jouer devant 5 000 fans tellement il est habile avec le public. C’est un plaisir de voir un aussi bon entertainer donner un air de jeunesse à un instrument et un genre d’un autre temps. (Christian St-Pierre)

Wolf Parade, Scène Loto-Québec

Wolf Parade – Photo : Jacques Boivin

Wolf Parade était de retour en ville pour une troisième fois supportant toujours son dernier EP, et surtout, testant quelques chansons à paraître sur le très attendu nouvel album. Le quatuor montréalovictorien prend visiblement beaucoup de plaisir à jouer sur scène, et ils sont solides. Les riffs quasi chirurgicaux de Dan Boeckner se fondent à merveille dans les lignes de clavier luxuriantes de Spencer Krug. Malgré un duo de nouveautés (celle chantée par Dan était particulièrement prometteuse), le groupe a surtout puisé dans ses deux premiers albums, ouvrant en force avec le duo You Are a Runner and I Am My Father’s Son / Fancy Claps. Ils ont enchaîné les pièces avec hargne et professionnalisme, au plus grand bonheur de la foule dispersée au Pigeonnier. Langage City a reçu un accueil très favorable, alors que la monstrueuse Kissing the Beehive a conclu le set principal de très belle façon, c’est-à-dire à coup de riffs assassins pendant plus de 12 minutes. Probablement que la foule aurait été plus imposante avec des têtes d’affiche différentes sur les autres scènes, mais ceux ayant choisi le rock auront reçu une solide dose de savoir-faire mélodique et scénique. Une performance sans bavure et sans artifice; tout pour le rock. (Julien Baby-Cormier)

Kendrick Lamar, Scène Bell

Kendrick Lamar – Photo : Renaud Philippe / FEQ

On sait que ce n’est pas dans le créneau du blogue, mais bon, parfois des billets VIP pour Kendrick Lamar tombent du ciel. La bonne chose à faire : les ramasser, fermer les yeux et aller dans la foule des plaines pour aller turn up. Sur une scène presque vide devant les Plaines presque pleines, Kendrick Lamar est arrivé comme un géant sur scène. Connaissant seulement son excellent album To Pimp a Butterfly j’ai été un peu déçu de constater qu’il a surtout interprété de titres de son nouveau répertoire, plus trap aux paroles basées sur le hustle et le money making. Le géant du rap était accompagné de deux musiciens qu’on n’a jamais pu voir en action, étant disposés au fond de l’immense scène Bell. Ce fut un spectacle vraiment impressionnant. Les projections très intéressantes derrière Kendrick apportaient vraiment une touche d’art à cette immense production industrialisée. On a bien dansé, on a essayé de chanter les quelques chansons qu’on connaissait, bref, une expérience cochée sur la liste, mais pas nécessairement à refaire. (Louis-Solem Perot)

Bernard Adamus, Scène Hydro-Québec

Bernard Adamus – Photo : Jacques Boivin

C’est au sympathique bum à Adamus que revenait la tâche de conclure le marathon de six shows à d’Youville, et c’est dans la bonne humeur que ça c’est passé, évidement. Flanqué de son fidèle et fort efficace band, il a enchaîné ses meilleurs morceaux pour les curieux, mais surtout pour les centaines de fans qui ne se sont pas fait prier pour chanter en chœur. Ça été, ça va de soi, de Brun (la couleur de l’amour), remâchée en bluegrass pour l’occasion. D’ailleurs, en plus du country et du blues, Adamus et ses hommes ont tapé aussi dans le manouche. Ce qui donne, au final, avec la voix éraillé du bum en chef et ses airs de « j’en ai rien à foutre », un show qui ressemble aux shots de Jameson qu’il s’envoie; une entrée forte en gueule, mais un assemblage somme toute fort raffiné. (Christian St-Pierre)

[OSHEAGA] Il va faire chaud cet été à l’Île Notre-Dame

On avait eu un avant-goût de la programmation d’Osheaga la semaine dernière alors qu’une soixantaine de noms ont été dévoilés dans le cadre d’un jeu de mémoire (plutôt amusant). Les organisateurs du festival, qui se déroulera à Montréal du 4 au 6 août prochain, viennent de dévoiler leur affiche.

Et il va faire chaud!

En tête d’affiche : The WeekndMuse et Lorde, en plus de Major LazerAlabama ShakesJusticeSolangeCage the Elephant et Die Antwoord.

Osheaga a toujours eu la réputation d’avoir beaucoup de profondeur et le festival continue dans la même veine : Foster the People, MGMT, Father John Misty, The Shins, Belle and Sebastian, Run the Jewels, Liam Gallagher, Broken Social Scene, London Grammar, Crystal Castles, De La Soul, Tegan and Sara, Death From Above 1979, Local Natives, Arkells, Danny Brown, Phantogram, Foxygen, Angel Olsen, Dawes (!!!), Badbadnotgood, Andy Shauf, Pup, Bernardino Femminelli et plusieurs autres ont également répondu à l’appel!

La scène québécoise sera fichetrement bien représentée cette année : Plants and AnimalsHeatCRiKROY, Le CouleurSamitoGeoffroyHeartstreetsMen I Trust et Rosie Valland seront de la fête.

Les laissez-passer pour le week-end (admission générale : 320 $) sont en vente dès maintenant sur Osheaga.com.

Show de la rentrée, 14 septembre 2016

Mercredi dernier avait lieu la quinzième édition du Show de la Rentrée à l’Université Laval. Pour cette occasion, les organisateurs ont inauguré une toute nouvelle scène. Située à l’extérieur sur le stationnement en face du pavillon Alphonse Desjardins, on y retrouvait aussi différents jeux gonflables et un assortiment de food trucks qui furent accessibles dès 15h pour bien commencer la soirée.

Chaque année un spectacle à grand déploiement, le Show de la Rentrée s’étalait cette fois-ci sur six scènes différences, totalisant un nombre de 17 performances. Trois membres de notre équipe sont allés explorer quelques scènes et apprécier la musique et l’ambiance de la soirée. On vous laisse ici nos compte-rendu et impressions pour les scènes Jazz, Folk, Rock et Festive. Hormis cela, il faut tout de même mentionner la présence de The Black Coffees et de Gab Paquet au 5 à 7 de la Terrasse ainsi que les DJ sets de BEAT SEXÜ et d’Alaclair Ensemble à la scène électro, auxquels nous n’avons malheureusement pu assister.

Scène Jazz

18h – Duo Grégoire Godin 

Le duo Grégoire Godin, composé de Francis Grégoire et Laura Godin, deux étudiants en musique à l’université Laval, ouvrait la scène jazz. Le duo a interprété, au piano et à la voix, plusieurs classiques du jazz ainsi que leurs propres arrangements de chansons pop, le tout avec une belle énergie et présence sur scène. Le Fou Aelies s’est peu à peu rempli au cours de leur prestation, de gens venant y prendre une bière pour débuter la soirée, mais aussi de leurs amis, et d’amateurs de jazz.

Véronique Parent

19h30 – Troupe des Flâneurs Romantiques

Après une performance d’environ une heure, le duo Grégoire Godin a laissé place à la Troupe des Flâneurs Romantiques, ou plutôt «électroromantiques». C’est bien ce que nous a spécifié Gabriel Côté, guitariste et fondateur de la Troupe, faisant ainsi un clin d’œil à leur choix d’instruments pour la soirée. Les quatre musiciens jazz ont d’ailleurs aussi troqué leur cool jazz contre quelque chose de plus groovy et blues ce soir-là, en commençant en force avec un So What de Miles Davis bien revisité. Ils ont poursuivi dans cette lignée en reprenant différents standards bien à leur façon. Il était intéressant de les voir sortir des sentiers battus, ce qui s’est aussi senti dans leurs solos un peu plus hardis qu’à l’habitude. Ça a certainement plu aux spectateurs, qui n’ont su résister au groove bien longtemps et qui se sont spontanément mis à taper des mains pendant la mythique pièce de Herbie Hancock, Chameleon.

Marie-Ève Fortier

Scène Folk

19h30 – Tous Azimuts

Tous Azimuts, groupe originaire de Québec, débutait la soirée sur la scène folk, située à l’extérieur, sous une lune brillante et presque pleine. À mon arrivée, un peu avant l’entrée musiciens, nous n’étions que quelques-uns devant la scène, mais le parterre s’est rempli dès les premières chansons. Ils ont interprété des compositions parues sur leurs deux albums, mais aussi quelques nouvelles pièces, qui se trouveront sur le prochain. Leur musique rock, folk et vivante fait rapidement oublier le froid. Un téléphone rouge dans lequel chantait Jordane créait des échos aériens, et la présence du violoncelle ajoutait une couleur intéressante. À la fin de leur prestation, ils ont été salués par une foule enthousiaste.

Véronique Parent

20h30 – The Seasons

The Seasons - Show de la rentrée 14-09-2016
The Seasons – Show de la rentrée 14-09-2016

De retour d’Europe depuis peu, The Seasons sont embarqués sur scène avec une pêche qu’on leur a rarement vue. Apparemment, leur voyage leur a aussi fait traverser les années, et leurs mélodies accrocheuses des sixties semblent avoir maturé elles aussi vers des accents plus psychédéliques de fin de décennie. Ils nous ont joué une version revisitée des pièces de leur album Pulp, paru il y a deux ans, mais ils se sont surtout concentrés sur leurs nouvelles chansons. On a ainsi pu avoir un aperçu de la nouvelle direction que prend le groupe, franchement plus assumée et plus rock.

Marie-Ève Fortier

21h30 – Plants & Animals

Plants & Animals - Show de la rentrée 14-09-2016
Plants & Animals – Show de la rentrée 14-09-2016

C’est Plants & Animals qui avait le mandat de clore la soirée sur la chouette scène folk, une nouveauté appréciée cette année pour son emplacement extérieur et ses food trucks. Le groupe présentait la matière de l’excellent Waltzed In From the Rumbling paru plus tôt cette année. Dès les premières notes de We Were One, le quatuor a démontré son impressionnante force de frappe, enchainant les différentes sections de cette complexe pièce avec brio. Sans être exaltée, la foule a apprécié la performance bâtie autour de nouvelles pièces. Puisque le groupe ne jouait pas devant un public nécessairement conquis d’avance, quelques ballades auraient pu être écartées au profit de pièces plus entrainantes de leur maintenant vaste répertoire. Le spectateur moyen à l’attention déficiente aurait peut-être accroché davantage. Le groupe a néanmoins offert une splendide performance, Warren Spicer ayant les atouts vocaux permettant de déployer une riche palette d’émotions. À ne pas manquer au Cercle en novembre lors d’une prestation complète qui sera présentée devant leur fidèle public qui saura profiter autant des bombes comme Fearie Dance et Lightshow que des superbes ballades telles Flowers ou l’hybride So Many Nights. Gros coup de coeur pour Je voulais te dire en rappel, brillante œuvre qui met en valeur tous les aspects qu’on affectionne chez le quatuor montréalais.

Julien Baby-Cormier

Scène Rock

21h – Medora

Medora - Show de la rentrée 14-09-2016
Medora – Show de la rentrée 14-09-2016

La scène rock, située dans le Grand Salon, s’anime dès l’arrivée sur scène de Medora. Cette formation, composée de quatre musiciens, au rock indie, aérien et flottant, faisait danser le public dont le nombre augmentait au fil du spectacle. Une partie de la foule, visiblement, les connaît et les apprécie, tandis que d’autres les découvrent.

22h – Fuudge

Le groupe montréalais Fuudge prit ensuite la place, avec un son à la fois grunge et planant. Rapidement, un moshpit se formait devant la scène et l’enthousiasme festif persévérait malgré la forte présence des gardiens de sécurité. Le passage récent de Fuudge au Festival Off se ressentait dans le fait que leurs chansons étaient connues par les spectateurs, qui étaient venus les revoir.

23h – IDALG

IDALG (il danse avec les genoux), également venus de Montréal, mais ayant joué à Québec plusieurs fois récemment, leur succédèrent pour continuer de faire danser le public avec une grande énergie. Leur musique aux accents psychédéliques entretenait l’ambiance festive qui régnait dans la salle, de plus en plus ivre, mais toujours de bonne humeur.

00h – Preoccupations

Preoccupations - Show de la rentrée 14-09-2016
Preoccupations – Show de la rentrée 14-09-2016

Anciennement appelé Viet Cong, le groupe canadien Preoccupations est venu bien terminer la soirée. Bien que certains aient quitté à cause de l’heure tardive ou des autres spectacles, ceux qui y étaient toujours ne cessèrent pas pour autant de danser et le moshpit réapparaissait avec énergie et optimisme chaque fois qu’on le forçait à se disperser. La foule quitte finalement contente de sa soirée, bien qu’un peu contrariée de n’avoir pas pu danser tout à fait comme elle l’aurait voulu, pour rentrer chez soi, ou continuer vers les autres scènes.

Véronique Parent

Scène Festive

21h30 – Floes

Floes - Show de la rentrée 14-09-2016
Floes – Show de la rentrée 14-09-2016

C’est Floes a démarré la soirée à la scène festive de l’Atrium avec leur électro planant aux beats irrésistibles. À leur arrivée sur scène, une cinquantaine de spectateurs les attendaient patiemment, bière en main. Une bonne partie des gens sont ensuite arrivés à mesure que le groupe présentait ses pièces. Ils ont principalement joué celles qui figurent sur Shade & mirror, et ce avec une exactitude technique à souligner. Le public, timide mais attentif, semblait écouter avec intérêt. Le trio a ainsi performé pendant une trentaine de minutes, temps qu’on aurait bien aimé voir s’étirer un peu plus longtemps. Le groupe se produira en novembre à Gatineau en compagnie de KROY.

22h30 – Bad Dylan

Bad Dylan a été accueilli par un public un peu plus nombreux, mais toujours aussi timide qu’au spectacle précédent. Cependant, au fur et à mesure qu’ils déballaient leur électro festif et complexe dans leurs beaux vestons et avec tout leur enthousiasme, ça a commencé à danser un peu partout dans la foule. Aux alentours de 22h50, heure pivot, on pouvait dire que l’Atrium était pratiquement plein. C’est là que le groupe nous a lancé ses sonorités les plus exotiques et suaves pour finir ça en beauté. On pouvait voir des gens danser de toutes les façons imaginables, le fun ayant pris le dessus.

23h30 – Rednext Level

Rednext Level - Show de la rentrée 14-09-2016
Rednext Level – Show de la rentrée 14-09-2016

La foule était bien réchauffée quand les gars de Rednext Level puis leurs amis sont montés sur scène. Pour plusieurs, ce groupe composait le clou du spectacle et l’ambiance a été à son paroxysme pendant toute la durée du show. Ils ont joué leurs compositions ainsi que des pièces tirées du répertoire d’Alaclair Ensemble, collectif de post-rigodon dont ils font aussi partie. En tant que tel, Rednext level se définit par son public cible et par son objectif : la classe moyenne. C’est un rap varié sur des beats électro-pop dignes des gros producers américains. Les textes comiques sur fond amer valent la peine qu’on s’y attarde, mais malheureusement l’Atrium produisait un effet d’écho qui rendait le tout difficile à déchiffrer, ce qui s’est heureusement replacé avant la fin.

La foule, elle, ne s’en est pas préoccupée et s’est donnée à fond tout le long du spectacle, sautant, chantant, buvant, fêtant. Le tout s’est étiré jusqu’à minuit trente, le groupe enjoignant les spectateurs à saisir la morale du spectacle : «faire de la vitesse dans le sens légal du terme» et «danser avec ses poignets».

12h55 – Hologramme

Les premières notes de Upright jouées par Hologramme sont parvenues à rassembler les quelques fêtards qui restaient dans l’Atrium après le rap-de-marée. Le groupe a livré une belle performance, se donnant dans leurs solos et improvisant sur différents titres, se concentrant d’abord sur la musique de leur album homonyme. Le public, en état général d’ébriété, a su malgré son petit nombre maintenir une ambiance très festive. Pas un spectateur qui ne dansait pas ou ne hochait pas du moins de la tête. Plusieurs semblaient apprécier à juste titre la musique qui leur était présentée avec ses teintes électro-rock-psychédélique. Vers 1h45, le groupe a conclu quelle attitude avoir devant les circonstances : «On va buzzer», nous annonce alors le claviériste. On a eu droit, en guise de final triomphant, à des explorations musicales intenses ficelées autour des toutes dernières compositions du groupe. Et ainsi s’est clos la toute dernière édition du Show de la Rentrée 2016, sous les yeux des quelques survivants tenant encore debout.

Marie-Ève Fortier

Nos impressions générales

Un peu moins affluent que par les années précédentes, et ce peut-être en raison de la température incertaine pour la scène extérieure, le Show de la rentrée était réussi dans son ensemble.L’ajout d’un vaste périmètre extérieur permettait aussi de mieux répartir les spectateurs, offrant un peu plus d’espace pour danser, par exemple.

Il faut souligner le fait que plus de la moitié de la programmation était composée de groupes locaux (c’est-à-dire de la ville de Québec) et qu’elle était faite de façon à pouvoir voir au moins 15 minutes de chaque spectacle. Les groupes étaient assez bien agencés, mais on aurait trouvé avantage à mettre Hologramme avant Rednext Level pour la progression musicale ainsi que la rétention du public.

Question technique, les spectacles ont presque tous commencé à l’heure prévue. Le son était bon dans la plupart des salles, malgré quelques accrocs par exemple à l’Atrium, où l’on entendait pas toujours bien selon le groupe ou notre emplacement dans la pièce. Autrement, l’éclairage était particulièrement réussi dans son ensemble.

Côté organisation, quelques uns ont été dérangés par le blocage de la rue entre le Desjardins et la scène extérieure. En outre, la présence et la quantité d’interventions des gardes de sécurité à la scène rock a paru excessive pour plusieurs étant donné l’ambiance pacifique et chaleureuse.

Somme toute, malgré ces quelques commentaires, nous comme la plupart des spectateurs avons bien profité de la soirée, qui s’est déroulé dans la bonne humeur et la festivité.

Crédit photo: Julien Baby-Cormier

[ENTREVUE] Plants & Animals

Nicolas Basque est un guitariste montréalais officiant dans la formation rock Plants & Animals avec le chanteur Warren Spicer et le batteur Matthew Woodley. Si la formation a enchainé les parutions à un rythme soutenu lors de ses premières années, il y a maintenant 4 ans qu’ils ont gracié les mélomanes d’un nouveau disque. Celui-ci, Waltzed in from the rumbling, paraîtra sur Secret City Record dès le 29 avril prochain. Entre temps, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Basque au sujet de l’album, de la tournée à venir, mais aussi des différentes collaborations qui ont ponctué les récentes années. 

(Photos par Julien Baby-Cormier)

Plants & Animals
Nicolas Basque
Dès les premières secondes de l’entrevue, on ressent l’excitation autour de la sortie de ce nouveau disque. D’emblée, Nicolas confie que les premières réactions sont positives: «On a joué les pièces quelques fois en spectacle, les gens viennent nous voir pour nous dire qu’ils ont hâte d’entendre le disque, qu’ils ont aimé les tounes. Ça garde les gens captifs, c’est déjà un signe encourageant.» J’assitais d’ailleurs à l’un de ces spectacles de rodage au Morrin Centre en juin dernier et la performance des chansons, même parfois inachevées, m’avait laissé une impression fort positive.

Si le son de l’effort précédent, The end of that, était assez uniforme, le groupe a cette fois amalgamé plusieurs idées et plusieurs sonorités. Les deux albums précédents étaient issus de séances assez serrées où le groupe avait une idée claire de ce qu’il voulait. Cette fois, les séances furent espacées et beaucoup moins expéditives. La Fender Mustang de Basque et la douze cordes du chanteur Warren Spicer qui teignent l’univers assez acoustique de plusieurs chansons sont souvent accompagnées de piano, de synthétiseurs et aussi de violons. C’est Garbriel Ledoux, un jeune arrangeur que Spicer a rencontré en enregistrant l’album de Ludovic Alarie, qui a réalisé les arrangements de cordes pour l’album. Au sujet de l’album précédent qui avait reçu un accueil plus tiède, il ajoute: «Ce n’était pas une grande surprise, c’est un disque sur lequel il y a des trucs plutôt cool, mais aussi des chansons moins abouties qui collaient moins au son du groupe. Des fois lorsqu’on est assis entre deux chaises ça donne un résultat mitigé. C’est certain que ça nous a affecté; on souhaite toujours que ça fonctionne bien, mais en même temps on était un peu en réaction face aux disques précédents.»

Cette fois, les chansons ont eu le temps de mûrir. Les séances d’enregistrement étaient plus espacées et le groupe a pu tester ce qui fonctionnait en spectacle. «Ça ressemble plus à la façon dont on a fait le premier disque. On avait du temps devant nous. Notre but c’était de se créer un environnement parfait où on pouvait se renouveler, être créatif et trouver le meilleur de nous. On a choisi le luxe du temps pour pouvoir aller au fond des choses. On ne voulait pas avoir le sentiment qu’on aurait pu changer des trucs sur telle ou telle toune.» Ce processus a donc permis au groupe de livrer beaucoup de matériel lui permettant de faire des choix éclairés pour bien entourer les pièces maîtresses de l’album. Le matériel restant, dont une chanson très orchestrale arrangée par Ledoux, pourrait voir la lumière du jour éventuellement. Ce processus s’établit naturellement au sein du trio: «On est vraiment privilégié, on est plus comme une famille qu’un groupe, on se voit presque tous les jours», raconte Basque.

Le titre de cette nouvelle oeuvre, Waltzed in from rumbling évoque l’état d’être de quelqu’un qui continue à valser même si tout tremble autour de lui. À ce sujet Basque explique: «Il y a une image que Warren avait donnée qui représente bien l’album. Lorsque tu vois à l’aéroport 2 personnes qui se serrent dans leurs bras, il y a un mélange de tristesse et de joie; on ne sait pas trop si les personnes se retrouvent ou se séparent. (Le titre) c’est cet état d’entre-deux où malgré l’adversité, tu continues à danser.»

Questionné au sujet de son attachement à un nouveau morceau en particulier, il répond: «C’est souvent en jouant live qu’on découvre celles qu’on préfère, mais honnêtement, je pense que c’est la première fois que je termine un disque et que je suis fier de toutes les chansons. J’ai l’impression qu’on est allé au bout de ce qu’on voulait faire avec chacune d’elle. C’est sûr qu’une pièce comme « Stay » représente vraiment bien l’album.»

Ce luxe qu’est le temps a aussi permis à Basque de collaborer avec d’autres musiciens et le destin de ces multiples rencontres aura influencé l’approche de création. «J’ai fait beaucoup de musique de théâtre, puis il y a eu Philémon Cimon qui m’a approché avec Philippe Brault. Ça nourrit le processus de jouer avec d’autres gens et c’est bien de faire partie d’une communauté de musiciens. François Lafontaine, avec qui j’ai joué sur scène pour Marie-Pierre Arthur, est venu jouer sur deux pièces du disque; je lui faisais entendre des chansons, il trippait et c’était encourageant. Même si on prend les décisions à trois, on a eu beaucoup d’input de la part d’autres musiciens et c’était important. J’adore jouer avec d’autres gens, ça permet de découvrir un autre vocabulaire, d’autres façons de travailler. Avec Marie-Pierre, c’est vraiment une super gang de musiciens et Philémon c’est un genre de Jean Leloup qui est totalement lousse. Sur scène il faut rester sur le qui-vive, c’est vraiment le fun. Puis il y a Adèle Trottier-Rivard qui chante sur plusieurs pièces de l’album et qui nous accompagnera en tournée et c’est génial parce que c’est une super percussionniste et une super chanteuse. Ça amène une énergie nouvelle de l’intégrer aux concerts.» Le groupe part en tournée dans quelques semaines, mais il faudra attendre l’automne pour profiter des nouvelles pièces en concert. Un moyen d’arriver devant famille et amis avec un spectacle bien rodé. Bonne nouvelle pour nous, la formation est toujours une valeur sûre.

Questionnaire musical en vrac:

Quel disque représenterait le mieux ton adolescence?

J’écoutais beaucoup des trucs progressifs. Probablement Primus, l’album Sailing the seas of cheese.

Y a-t-il un disque qui a fait l’unanimité dans la van lors de la dernière tournée?

C’est difficile, ça fait longtemps, on était en France. On devait écouter du Serge Gainsbourg. L’homme à la tête de chou ou Histoire de Melody Nelson.

Est-ce qu’il y a un groupe avec qui tu aimerais partager la scène?

Il y en a plein, mais un avec qui nous avons joué il y a vraiment longtemps et avec qui j’aimerais performer à nouveau, c’est Wolf Parade. Ça a vraiment influencé comment on approche nos shows. À l’époque j’étais sceptique à leur sujet, mais ils m’ont marqué, c’est un des meilleurs groupes que j’ai vu live.

Quel serait un de tes albums québécois préférés?

Tout le band a beaucoup écouté Jaune de Jean-Pierre Ferland lorsqu’on a commencé à tourner. C’est un classique.

Est-ce qu’il y a un artiste pour qui tu es particulièrement fébrile de découvrir la nouvelle musique?

Je suis vraiment curieux d’entendre le nouveau PJ Harvey. Dans les dernières années, j’ai été très impressionné par le hip-hop aussi, Kendrick Lamar entre autres. C’est très créatif avec l’utilisation du jazz. Il est très inspirant.

Quel serait le meilleur spectacle que tu as vu dans ta vie?

En musique ou n’importe quoi? Parce qu’il y a un spectacle qui a changé ma vie, c’est Cabaret neige noire de Dominic Champagne dans lequel il y avait de la musique live. C’était au Rialto. J’étais allé seul autour de 16 ans et c’est après ce spectacle-là que j’ai décidé de faire de la musique pour gagner ma vie.

Finalement, quel serait ton dernier coup de coeur musical?

C’est plus expérimental, mais j’ai beaucoup aimé le dernier disque de Tim Hecker (Love Streams). Sinon Warren m’a parlé de Mauves. Leur prochain disque est réalisé par Emmanuel Éthier et chaque fois, il allait entendre le mix des chansons et il trippait. Il entendait ça dans le studio et il disait que c’était super excitant.

Waltzed in from the rumbling paraît le 29 avril, Plants and Animals sera en concert au Satyre de Trois-Rivières le 4 novembre, puis au Cercle le 11 novembre 2016.

Plants & Animals

 

[ALBUM] Katie Moore – «Fooled By The Fun»

Katie Moore - Fooled By The Fun (Club Roll)
Katie Moore – Fooled By The Fun (Club Roll)

Ce n’est pas si simple de choisir les mots justes pour décrire ce qu’on entend, ce qu’on ressent quand on écoute de la musique, tout en donnant au lecteur le goût de tendre l’oreille. D’habitude, pour se réconforter, on se cherche des points d’ancrage. Ça ressemble à qui? À quoi? Ça fait partie de quel courant musical? Pour comprendre, on a besoin de comparer, d’avoir des repères. Or, ce que j’espérais pour cette première « critique de disque », c’est faire le contraire. Oublier ces vieux réflexes. Et  j’ai trouvé, dans l’univers de l’auteure-compositrice-interprète montréalaise Katie Moore, exactement ce qu’il me fallait pour ça.

C’est par un beau et tranquille dimanche d’août que j’ai écouté Fooled By The Fun, son troisième album. Dès les premières notes de la pièce Leaving, on se retrouve chez elle, avec ses proches. Ce qu’on entend est si intime et libre qu’on oublie de chercher ailleurs quelque parenté musicale qui soit. Sa voix magnifique nous touche comme un vent chaud d’été caresse la peau. Paix, douceur, fragilité et simplicité.  Et on se sent tellement bien qu’on n’a qu’à fermer les yeux pour s’imaginer à Hudson, dans la maison de ses parents, là où elle a enregistré une partie des chansons de ce nouveau disque. «Tellement bien qu’on s’sent mal un p’tit brin», comme dirait Richard Desjardins.

Musicalement, la présence de complices de longue date n’est sûrement pas étrangère à ce sentiment de confort et de quiétude. Composée de talentueux musiciens montréalais – Warren C. Spicer (Plants and Animals, qui assure la réalisation de l’album), Andrew Horton (Notre Dame de Grass), Dave Payant (A Silver Mt Zion),  Mike O’Brien (Sin and Swoon), Josh Dolgin (Socalled), Simon Nakonechny, Patrice Agbouku (Islands), Jessica Moss (A Silver Mt Zion, qui a aussi conçu l’illustration de la pochette), Josh Zubot, Andrea Lauren, Angela Desveaux et Nic Basque (Plants and Animals) – la famille musicale de Katie Moore offre tout ce qu’il faut pour servir son timbre unique, ses mots pudiques et ses mélodies chatoyantes. Guitares acoustiques et électriques, violons, piano, Fender Rhodes, basse, batterie et riches harmonies vocales : tout arrive à point, au bon moment et avec une aisance telle qu’une ou deux prises ont suffi pour capturer ces beaux moments (à part les arrangements de cordes qui ont été ajoutés en studio).

C’est donc avec la même grâce que s’enchaînent les autres chansons de Moore (gros coup de cœur pour la pièce-titre et Talked All Night) et les judicieuses reprises de Tracy Chapman (émouvante Baby can I hold you) et de Françoise Hardy (Tu ressembles à tous ceux qui ont eu du chagrin, en duo avec Ariane Moffatt, toute en délicatesse). Cet album est certainement un des joyaux de la rentrée!

  • Katie a remporté le prix GAMIQ du « meilleur album country-folk » pour Montebello, paru en 2011, et le Prix de la chanson de la SOCAN pour le titre Wake Up Like This.
  • L’album Fooled By The Fun (Club Roll) sera disponible dès le 28 août.
  • Spectacle-lancement à Montréal, le 27 août, au Rialto.
  • Elle sera également en spectacle à Québec, le 8 octobre prochain, à l’Anti.

[Concert] Plants & Animals, Aurian Haller Band, 12 juin 2015, Morin Centre

IMG_7568

(Photos : Julien Baby-Cormier – ecoutedonc.ca)

Vendredi soir, une partie des mélomanes de Québec ont été conviés au Morrin Centre, lieu inhabituel de concert, pour assister à la première performance de Plants & Animals à Québec en deux ans.

La scène était probablement un peu basse pour qui n’était pas dans les premières rangées, mais la magnifique salle a assurément aidé à ajouter un brin de magie dans l’expérience globale.

Celle-ci était pleine pour l’arrivée de la troupe de Warren Spicer qui nous annonce dès les premières secondes que nous entendrons beaucoup de nouveau matériel pendant la soirée. La première chanson, une savoureuse bombe folk de plusieurs minutes donnera le ton à un concert sans faille. M.Spicer, armé pour la vaste majorité des chansons d’une guitare 12 cordes, était en pleine possession de ses moyens. Les mélodies vocales des nouvelles chansons sont fortes, le côté plus rock est toujours assumé pour l’incroyable Nicolas Basque qui nous a balancé plusieurs excellents riffs. La section rythmique autrefois assurée par la seule présence de Matthew Woodley à la batterie bénéficiait hier de l’ajout de Mishka Stein qui officie habituellement au sein du groupe de Patrick Watson. Il va sans dire que cela permet d’ajouter de la profondeur aux chansons, surtout dans leurs moments plus intenses.

Le tour de force de la soirée aura été de garder l’auditoire aussi captif malgré le grand nombre de nouvelles compositions offertes par le groupe. C’est dire la qualité des pièces qui ne sera vraisemblablement pas chez nos disquaires avant le début de 2016. Le groupe semble vouloir en partie revenir à des structures de chanson plus complexes qui avaient fait sa renommée entre autres grâce à l’excellent Parc Avenue sorti en 2008. La plupart des chansons n’avaient pas encore de titre selon les dires du chanteur. Même si plusieurs étaient jouées pour la première fois, on sentait une assurance digne des fins de tournée, signe que la nervosité a parfois ses avantages.

Après un set d’environ une heure, le groupe est revenu jouer une autre énergique nouveauté (Jamaica?) avant de conclure avec une jouissive version de Light Show, seule pièce du dernier disque The End of That au programme ce soir. Le concert semblait terminé, mais la foule n’avait visiblement pas le goût de partir sans entendre une autre « oldies ». Plants & Animals est donc revenu entonner Feedback in the field, parfait épilogue d’une merveilleuse soirée.

En première partie, le Aurian Haller Band a bien fait, peinant toutefois à imposer le silence chez les spectateurs. Leur folk aux tendances country est bien rendu pour les amateurs du genre. Honnête.

Setlist Plants & Animals (entre parenthèses, les nouvelles chansons et leur titre de travail)

(Québécoise)
(Euro)
(Shuffle)
(Flowers)
Faerie Dance
À l’Orée des Bois
(Colombus)
(Green Eyes)
(Mexican)
(Scooby)
(Burlington)

Rappel 1
(Jamaica)
Light Show

Rappel 2
Feedback in the Field

[foogallery id= »8166″]

Plants and Animals au Morrin Centre le 12 juin

plants animalsBonne nouvelle pour les fans du trio montréalais Plants and Animals : ceux-ci se produiront au magnifique Morrin Centre le 12 juin prochain à 20 heures. La première partie sera assurée par le Aurian Haller Band. Les billets sont 18 $ à l’avance, 20 $ à la porte, et vous pouvez vous les procurer au Morrin Centre ou au www.morrin.org.

Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu le groupe et trois ans se sont écoulés depuis le dernier album… Ça sent le nouveau matériel!

(Photo de couverture : Caroline Désilets, photo de presse)