[ALBUM] FUUDGE – « EP 2-Man! »

Ça rentre comme une tonne de brique, c’est rough, bref, ça défoule, on aime ça.

La formation Montréalaise FUUDGE, menée par David Bujold, nous revient cette année en force avec son deuxième maxi EP2-Man!. Ce nouvel opus marque un point important dans son parcours, car il est maintenant signé avec le label Lazy at Work.

Ce groupe ne cesse de m’impressionner par sa créativité d’arrangements et sa production impeccable. Les membres amènent le stoner rock à un tout autre niveau grâce à leur créativité débordante qui repousse les limites du genre. Les gars expérimentent beaucoup avec leur timbre et leur sonorité pour arriver à trouver une couleur qui leur est propre, et ça paie. N’oublions pas que leur précédent opus, EP, a gagné le prix du meilleur EP rock au GAMIQ 2016. Selon moi, cet EP pourra leur ouvrir de nouvelles portes dans l’industrie.

SATAN : Un riff bien gras et entraînant ponctué de coups de batterie ouvre ce glorieux EP2 de FUUDGE. David Bujold n’a pas peur de passer du quasi parlé aux paroles criées, qui marquent bien la saveur rock. Restant fidèle à leur direction du premier EP, le groupe alterne avec brio des passages plus planants et psychédéliques nous rappelant les douces années 60. Le morceau se termine avec une charmante outro constituée d’une valse sur le thème joué à la basse accompagné de flûtes simulées aux claviers.

EN SANG : « On va pas finir ça en Sang, chuis encore juste un enfant. » Ce refrain rock sort comme une complainte qui brise l’atmosphère intime du début où David prend sa guitare et semble pouvoir nous chanter une chanson plus douce. Le rock l’emporte, et le tout se laisse entraîner dans un rythme pesant.

NIRVÂNA : Cette chanson pourrait être perçue comme la « balade » de l’album. L’atmosphère qui s’en dégage est généralement assez douce. Doux pour FUUDGE, c’est sans négliger le fuzz de la basse et un solo de guitare bien senti. La chanson se termine dans un délire psychédélique qui nous entraîne lentement dans un monde d’explorations sonores et de licornes multicolores.

CALLER UN MAGICIEN : J’ai vraiment un faible pour cette chanson. Au début, le son de la guitare acoustique parfaitement bien mixé en stéréo, la voix un peu candide du chanteur et les synthés forment un tout vraiment réussi. Ensuite, le son un peu grunge vient ajouter à cet univers enchanteur un peu de muscle, sans pour autant briser complètement l’atmosphère établie. La finale au riff de basse, un peu disco, repris par les voix, nous rappelle vaguement les Le Couleur ou encore Anatole de ce monde.

LA CHAMBRE ROUGE : Un rythme effréné nous emporte tout au long de la chanson, d’abord présenté par le piano. Très bien construite, cette chanson fait partie des très bons coups du EP. Elle est très entraînante, ne s’essouffle pas, et pourra très certainement vous accompagner lors de votre jogging matinal.

MAN! : On reconnaît dès les premières notes certains éléments qui peuvent qualifier cette chanson comme un hit assuré. La composition très solide nous présente des harmonies vocales et de guitares très satisfaisantes, qui nous donnent envie de chanter « MAAAAAAAN!! » tous en chœur. Le clavier au rythme régulier nous fait penser à leur dernier hit du précédent EP : « Man, esti qu’là côte est tough à monter », une recette gagnante pour un refrain accrocheur? En tout cas, c’est très réussi! Les passes de batterie de Jonathan Gagné sur cette chanson méritent d’être mentionnées. Les habiles solos percussifs sont accompagnés de bruits électroniques qui semblent provenir d’un autre monde. La finale aux accents prog est à l’image du EP : grandiose.

Cet opus plaira certainement aux fans de stoner rock et aussi à tout mélomane s’intéressant à la recherche sonore. Les gars de FUUDGE ont fait un travail monumental et cette musique vaut de s’arrêter pour l’écouter muni d’un bon système audio afin de déceler toutes ses subtilités.

Vous voulez les attraper cet été?

1er juillet : Petite Vallée
15 juillet : Festival des bières de Laval
27 juillet : Festival Zone Homa
4 août : Widewood (Shawinigan)
23 août : cégep Marie-Victorin
31 août : FME

Et à Québec? On a très hâte de vous voir ici, venez faire un tour bientôt!

 

Pour écouter leur musique : http://fuudge.bandcamp.com

[SPECTACLE] Perséide + IDALG +Chocolat au Café Frida

Vendredi dernier, le café Frida était rempli de fans de musique émergente en accueillant IDALG et Chocolat, de Montréal, accompagnés de la formation locale de Trois-Rivières, Perséide. Ce plateau triple a teinté le Frida en soirée festive, ces trois groupes au style analogue, mais se distinguant tout autant par des particularités rock propre à leur identité.

Perséide

Composé de musiciens de la région, c’est Perséide qui a lancé le bal avec leur rock psychédélique. En effet, leur style planant est bien défini, et ce, grâce au guitariste Olivier Durand et au claviériste Daniel Quirion, qui s’amusait au synthétiseur.  Malgré le fait que le son des voix n’était pas au niveau tout au long de la soirée, j’ai pu remarquer les influences du chanteur qui s’arriment avec celui du fameux Alexandre Martel, alias Anatole (également chanteur de Mauve).

Bien qu’ils nous aient fait planer durant leur spectacle, j’ai apprécié que leurs chansons soient ornées d’autres genres de rock. Étant parfois plus progressif, et d’autres moments plus alternatif, on sent que les gars de Perséide ne cherchent pas à se définir, mais à expérimenter plusieurs univers musicaux. Ils ont terminé avec une pièce au timbre plus traditionnel grâce à quelques lignes de mélodica jouées par le guitariste.

Claudine Bérubé – Perséide – Café Frida

Perséide reste un band local qui mérite de persister dans le cheminement de la musique émergente, mais qui, à mon avis, se définit plutôt par leurs influences que leurs créations. Pour les écouter, il suffit de suivre leur page Facebook et d’assister à leur prochain spectacle.

IDALG

L’arrivée sur scène d’IDALG m’a surprise. Ils sont arrivés sur scène avec aucune prétention et ont commencé leur performance sans préambule. Dès la première chanson, j’ai senti qu’ils étaient festifs, et ils ont transmis cette énergie à la salle. Autrement appelés Il danse avec les genoux, IDALG s’est approprié un style qui s’oriente plus vers le rock garage que le psychédélique. Après deux EP, ils ont lancé un album en 2015, Post Dynastie, qui reflète très bien leur acronyme, surtout en spectacle. Lors de l’écoute de cet album, j’ai été étonné de découvrir des influences orientales que l’on n’a pas retrouvées lors de leur performance au café Frida.

Claudine Bérubé – IDALG – Café Frida – 17 février 2017

J’ai particulièrement apprécié l’harmonie de voix féminine/masculine de Yuki Berthiaume au synthétiseur qui venait s’ajouter à celle du chanteur Jean-Michel Coutu. Présent également à la guitare, il agissait en tant que leader du groupe, mais une chimie régnait sur l’ensemble des membres. Ils ont su transmette cette complicité à travers la qualité musicale qu’ils livraient.

Chocolat

Mené par Jimmy Hunt, c’est le groupe Chocolat qui a conclu la soirée. Ils semblaient être les plus attendus vu la fébrilité de la foule à leur arrivé sur scène. Chocolat se distingue du projet solo de Jimmy Hunt, qui se qualifie plutôt comme pop-rock francophone. En spectacle, nous étions loin de ce genre musical, avec des poussés instrumentales très planantes. Les sonorités de Chocolat sont à mon avis un mélange d’influence de différents groupes de musique rock psychédélique contemporains, tel que King Gizzard & The Lizard Wizard, mais dans un contexte francophone.

Claudine Bérubé – Chocolat – Café Frida – 17 février 2017

C’était beau de voir les groupes précédents se mêler aux spectateurs pour apprécier de manière égale le rappel non-imposé par l’audience, en particulier lorsque le chanteur de Perséide fut porté à bout de bras en bodysurfing.  On a pu savourer les quatre pièces que Chocolat nous a offert généreusement dans ce rappel. L’une d’elles a notamment fait éclater la foule dans un mush pit.

Somme toute, cette soirée a été un très grand succès malgré une qualité de son et un éclairage qui ne permettaient pas de porter une attention particulière au talent des artistes invités. Il serait intéressant que le café Frida exploite davantage leur rôle de diffuseur culturel dans un contexte plus professionnel. C’est principalement en nous offrant des soirées comme celle-ci où la musique émergente sera mise en valeur dans une programmation plus régulière qu’ils pourront certainement venir à bout de ces lacunes.

Voici les photos de la soirée prises par notre photographe, Claudine Bérubé.

Un rendez-vous psychédélique à ne pas manquer – Gladys Lazer, Tendre et Déception

Nos visages de mélomanes affamés avaient fondus au show de Yonatan Gat des Nuits Psychédéliques deux-mille-seize. On les a revus au FME en Abitibi durant l’été et cet automne à l’Anti avec toujours plus d’enthousiasme car le speed-psychédélisme de ces gars-là est un puissant addictif. Un an après, la formation de New York nous donne en cadeau son seul et unique batteur au nom de scène aussi stylisé que ses brûlantes apparitions sur scène. Gladys Lazer, fraîchement débarqué de la grosse pomme, viendra défoncer les planches du Temps Partiel ce prochain samedi quatre mars.

Tu te demandes, spectateur éberlué, mais de quoi peut bien avoir l’air un batteur solo sans aucune guitare, sans voix, sans basse? Je vous confirme que notre homme n’a besoin d’aucune de ces béquilles pour monter un show d’une flamboyante intensité. Voyez plutôt.

Veuillez noter qu’il sera également accompagné d’un projectionniste, qui titillera nos yeux de fioritures super-atomiques. L’expérience sera totale ou ne le sera pas.

Les premières parties seront assurées par le groupe de Montréal, j’ai nommé Tendre, qui décrivent leur musique comme un « empilement de soft-garage-psychédélique qui rend cocktail ». Moi, ça me donne soif. Leur vidéo réalisée par Geneviève Lebleu est un délicieux voyage dans la pâte à modeler. Et pour clore un line-up déjà chargé, le petit nouveau band de Québec, Déception, viendra faire ses preuves sur les planches, c’est un sac à surprises que j’ai hâte de déballer.

[SPECTACLE] King Gizzard & Holy Data ensorcellent le Ritz PDB

Pour une deuxième soirée d’affilée, je me suis ramassé pogné dans un pain avec une tonne de mélomanes permettant aux salles de spectacle de présenter le concert à guichets fermés. La soirée, même si elle avait en commun de présenter un groupe rock psychédélique au pedigree impressionnant et aux performances vantées de part et d’autre, différait du tout au tout. D’abord, il y a eu une première partie, et donc une entracte, deux choses absentes la veille, mais aussi, les shows des deux artistes ont passé très vite avec peu d’attente entre les chansons. Le premier de ces bands, c’est la formation Holy Data, qui a eu la chance d’obtenir le spot en ouverture des hyperactifs King Gizzard & The Lizard Wizard, tous droit venus d’Australie pour présenter leur nouvel opus. Par ailleurs, le show s’est déroulé dans un petit bar sympa, le Ritz PDB, au lieu d’une grande salle. Mais c’est pas parce que tout s’est passé très vite et que la batterie était généralement frénétique et implacable qu’on va sauter des étapes et traverser la description de la soirée à bride déployée.

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HOLY DATA

Comme mentionnés précédemment, c’est Holy Data, un groupe de Montréal où on retrouve Alexis Dionne (Leafer, La Nature, Mom Jeans) qui ouvrait la soirée avec son synthpop psychédélique bien confectionné grâce à deux synthés, une guitare et une batterie. Le côté psychédélique vient parfois du rythme, parfois des touches et parfois de la guitare, qui se met de temps à autre aux effets. La performance est plutôt sentie, les pièces sont bonnes, mais la foule ne semble pas capter l’énergie transmise tout à fait, ménageant peut-être ses forces pour le groupe suivant, à tort  ou à raison. Quoiqu’il en soit, ce set varié et cohérent présentait une musique de qualité, plutôt créative, et parfois inspirée, comme une pièce bien assumée qui rappelait Tame Impala. La vaste majorité du concert était dynamique et captivante, avec des rythmes inépuisables qui en font du bon rock de route, des mélodies intéressantes et un équilibre assez réussi entre les deux synthés et la guitare, point de vue sonorités. La dernière pièce avec un début un peu trop molo est venue ralentir la cadence en fin de concert, brisant un peu mon trip pendant un moment, avant que je comprenne que le table se mettait tranquillement pour un build-up très réussi qui a complètement sauvé la mise. Un mur de son assourdissant a progressivement mis un terme au spectacle de Holy Data, juste avant qu’un «merci beaucoup» robotique vienne officialiser le tout.  Côté visuel, la performance était accompagné de projections multicolores s’apparentant à des reflets de soleil dans une piscine remplie d’eau couleur RGB variable. Ce fût donc somme toute une très belle expérience et une aussi belle découverte avec cette première partie dont je n’attendais rien et qui avait été annoncée très peu de temps avant la tenue du concert des lézards supersoniques.

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KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD

Montés sur scène sur le coup de 23h, King Gizzard & The Lizard Wizard avait le matos et l’énergie nécessaire pour brasser la cage à tout le monde et faire lever le niveau d’intensité d’un bon cran. La performance défie un peu toute tentative de la décrire fidèlement, je vais quand même tenter un petit truc et tenter de vous faire comprendre que, la prochaine fois, vous devriez y aller, me dispensant de tenter de décrire une boule d’énergie. Il faut dire que leur plus récent opus, l’excellent Nonagon Infinity, y va vraiment à fond de train et se prête très très bien à la transposition sur scène. Du rock psyché angulaire, rapide, groovy, frénétique, énergique, varié, créatif, c’est assez fou ce que ces lézards là font et surtout au rythme auquel ils le font, ayant publié 7 albums plutôt excellents depuis 2013. Leur plus récent a eu la part belle dans le set list de ce show qui s’est par ailleurs déroulé pour la plupart dans la pénombre des modestes éclairages, sans aucune projection, ce qui devait changer la mise pour le groupe qui vient de tourner avec l’incroyable Lance Gordon et son projet visuel Mad Alchemy, qui a fourni les images pour la soirée du 15 avril aux Nuits Psychédéliques de Québec et qui avait épaté la galerie. Cet aspect plutôt sobre permettait de se concentrer sur la musique, fort spectaculaire et bien sélectionnée.

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STUART MACKENZIE (vocaux, flûte, guitare dans KG&TLW)

Les quatre premiers titres du nouvel album se sont enchaînés sans transition, de «Robot Stop» à «People-Vultures», les chansons empiétant presque l’une sur l’autre et le thème nonagonesque du premier titre a pointé son nez un peu partout et servi de leitmotiv pendant la majorité du show. Délaissant leur nouveau répertoire un moment, ils y sont revenus plus tard, interprétant la majorité sinon la totalité de ses titres, ils ont entre temps passé au plus vieux matériel, vieux étant utilisé à la légère. Ils ont d’abord sorti la flûte traversière et fait l’excellente «Trapdoor», qui n’a, contre toutes attentes, pas été la seule pièce de leur album précédent, Paper Mâché Dream Balloon, puis enchaîné avec « I’m in your mind », qui ouvre l’album du quasi même nom, I’m in your mind fuzz. La pièce « Cellophane » du même album a également eu droit au traitement succès-souvenir. Le groupe ponctuait son set très électrisant de pièces plus jazzées qui peuplent aussi son répertoire, comme celle qui ouvre Quarters et qui est intitulée «The River».

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KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD

Le groupe semblait interpréter les chansons très fidèlement avant de s’adonner à des jams, de prolonger des thèmes, de modifier des transitions, de chambouler un truc ou deux, pour leur plus grand plaisir et le nôtre. Tout le monde semblait ravi par la performance, qui s’est toutefois terminée un peu abruptement, encourageant les gens à réclamer un rappel pendant de longues minutes après la fin du show. Le show avait peut-être duré la moitié de la durée de celui de BJM la veille, mais au moins autant de notes y avaient été jouées, tant le rythme était plus prononcé. L’absence d’interruptions entre les pièces a également permis à la soirée de garder sa dynamique effrénée, faisant paraître l’heure et demie passée en leur compagnie et les deux heures et demie depuis mon arrivée sur place en un claquement de doigts. Vous comprenez donc que la prochaine fois, vous devriez aller les voir s’ils passent près de chez vous, parce que le roi gésier et son magicien lézard a tout ce qu’il faut pour vous faire vivre une expérience enlevante et énergisante à souhait. Y a juste si vous voulez un rappel que vos prières ne seront pas exaucées, parce que sinon, le groupe livre une performance impeccable techniquement, mais en même temps spectaculaire et captivante de A à ZZ.

[ANNONCE] Une semaine psychédélique pour la métropole

Le psychédélisme a décidément la cote auprès des mélomanes ces dernières années. Le Montreal Psych Fest, maintenant défunt, a tenu trois éditions de 2013 à 2015. Ecoutedonc.ca avait d’ailleurs crû bon m’envoyer sur place pour donner un compte rendu de trois soirées époustouflantes ayant fait défiler une quinzaine de groupes sur les planches d’une salle vétuste de la métropole. Les Nuits Psychédéliques de Québec se sont établies au printemps suivant et ont tenu trois superbes éditions, pour le plus grand plaisir des mélomanes de la vieille capitale. La troisième édition des Nuits n’avait pas encore donné le coup d’envoi que le festival appelé à prendre la relève du MPF s’annonçait déjà avec un nouvel intitulé, tout simplement baptisé Distorsion. Ce festival aura lieu la fin de semaine prochaine, de jeudi à dimanche, mais ce n’est pas tout en ce qui concerne  le psychédélisme rocheux dans la bourgade de Denis Coderre.

Mardi soir, le Cabaret la Tulipe recevra la superbe formation The Brian Jonestown Massacre, qui présentera pour l’occasion le matériel de son imposante discographie, dont le plus récent, Musique de film imaginé, est une sorte d’hommage au cinéma français des années 50-60 (Truffaut et Godard bonjour). La soirée, présentée par Blue Skies Turn Black, Evenko et Greenland, devrait permettre aux mélomanes de faire le plein de musique lyrique et planante par moments, généralement épique et parfois très chargée. On n’annonce pas de première partie pour ce concert tout simplement intitulé « Une soirée avec The Brian Jonestown Massacre » et qui sera présentée à guichets fermés.

Même si le Festival Distorsion ne commence que le jeudi, une autre excellente formation psychédélique foulera les planches d’une salle de concert mercredi soir, et pas la moindre. Il s’agit en effet d’un septuor australien hyperactif qui vient de publier un album fort attendu et apprécié, son premier en 2016, lui qui avait publié deux albums par année depuis trois ans, et j’ai nommé King Gizzard & The Lizard Wizard. Ils seront donc à Montréal pour présenter les titres de Nonagon Infinity, le très énergique et abrasif nouvel album qui succède au quasi acoustique Paper Mâché Dream Balloon. Accompagnés par Holy Data pour cette soirée présentée par la boîte montréalaise Blue Skies Turn Black, KG&TLW, comme TBJM la veille, affiche complet.

Le coup d’envoi de ce nouveau Festival Distorsion se donnera donc jeudi, avec des formations locales et en visite. Toutes les célébrations sont prévues pour le Mathari Loft sur l’avenue du Mont-Royal) incluant une relecture d’Aladdin réunissant entre autres Macaulay Culkin, Devandra Banhart et Regina Spektor. Parmi les groupes devant se produire entre le 12 et le 16 mai dans le cadre du Distorsion, on note les fameux I.D.A.L.G., anciennement Il Danse Avec Les Genoux, que vous devriez voir cet été dans un festival près de chez vous. Les six musiciens ont publié l’excellent Post-Dynastie à la fin de l’année dernière et sillonnent les routes occidentales depuis pour annoncer la bonne nouvelle. Trois autres sensations montréalaises se produiront aussi durant le weekend, soit UUBBUURRUU, Technical Kidman et Adam Strangler, en plus des halifaxo-torontois Crosss et du rockeur pop-psyché montréalais Paul Jacobs.

Le reste de la programmation et le détail des soirées est disponible sur leur site internet ou encore sur leur page facebook.

[ALBUM] IDALG – « Post-Dynastie »

Le premier album d’IDALG (que vous connaissez peut-être sous le nom Il danse avec les genoux) est disponible depuis déjà quelques mois, mais comme le lancement officiel avait lieu cette semaine, nous trouvions que c’était le moment idéal de rattraper notre retard et de vous parler de ce délicieux album irrévérencieux, qui résiste à toutes les étiquettes qu’on aimerait lui coller et qui a assez charmé l’étiquette française Teenage Ménopause pour que celle-ci signe le groupe.

IDALG, c’est du rock garage, psychédélique, qui se trouve quelque part entre le Pink Floyd de Syd Barrett, les Velvet Underground et autres groupes adorateurs du Grand Fuzz. À la fin de l’année 2015, le groupe, mené par les voix unies de Yuki Berthiaume et Jean-Michel Coutu, lance Post-Dynastie. Un album qui ne laisse personne de glace. Oh que non!

Créé en deux volets, comme les deux côtés d’un disque ou d’une cassette, Post-Dynastie nous lance dans un univers coloré aux mélodies accrocheuses (Demi-Serpents, qui démarre l’album sur les chapeaux de roues, en est un exemple) et aux rythmes endiablés (la pièce-titre est assez essoufflante) parsemé çà et là de savoureuses instrumentales (envoûtante Le Destin de Tula).

Aux côtés garage et psychédélique du groupe s’ajoute, dans la deuxième partie, des éléments clairement progressifs qui nous poussent dans nos derniers retranchements. Non, personne ne peut se sauver d’IDALG!

D’autres albums de la même mouvance pourraient être considérés plus punchés, mais cette offrande d’IDALG a un petit côté intello chic tout à fait charmant. La musique, on ne fait pas que l’entendre ou la sentir, on la voit, on l’imagine, on se la raconte avec les mots crus de Berthiaume et Coutu.

Petit avertissement : si vous n’aimez vos albums que lorsque Alan Parsons est derrière la console, vous risquez de grincer quelque peu des dents.

À voir très bientôt à Québec, on l’espère!

[ENTREVUE] Organ Mood et la version vinyle de « Comme si nous étions déjà libres »

Après avoir publié la version numérique de son plus récent opus en juin 2015, le talentueux duo audio-video électro-psychédélique montréalais Organ Mood allait passer des mois à attendre la version vinyle et à tenter de régler le litige avec la compagnie responsable de sa production. Le groupe a finalement obtenu les copies physique cette semaine, alors qu’ils auraient pu les avoir aussi tôt qu’avril selon les engagements de la compagnie. C’est dans ce contexte résolument plus joyeux qu’Écoutedonc.ca s’est entretenu avec les membres du duo, Christophe et Mathieu, à propos, entre autres, de leur mésaventure. Entrevue.

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COMMENT AVEZ VOUS DÉCIDÉ DE FAIRE DE LA MUSIQUE ENSEMBLE? AVEZ VOUS COLLABORÉ MUSICALEMENT AVANT ORGAN MOOD?

Christophe: En réalité, on fait le projet ensemble, mais je suis exclusivement en charge de la Musique et Mathieu se charge de l’aspect arts visuels. On avait collaboré avant, mais ça remonte à avant 2007, sur des projets de posters pour des événements ou des festivals, mais finalement en s’est décidé à faire un projet ensemble pour explorer quelque chose qu’on avait pas facilement l’occasion de faire dans nos disciplines respectives.

QUELLES SONT VOS INFLUENCES À LA FONDATION DU GROUPE ET QUELLES INFLUENCES SE SONT AJOUTÉES ENTRE TEMPS? 

Christophe: Ce qui nous a réunis au départ c’est clairement la vague Krautrock des années fin 60 et 70, l’aspect transe et jam souvent accompagné d’une identité visuelle forte.  Entre temps il y a beaucoup de choses qui se sont passées, certains projets interdisciplinaires comme Lucky Dragons, ont captés notre attention.  J’ai commencé un bacc en Intermedia/Cyberarts à Concordia et ç’a beaucoup apporté de nouvelles sources d’inspirations conceptuelles, des nouvelles idées d’interfaces.   Musicalement, je peux pas dire qu’avec le temps on s’est rapproché d’une scène en particulier.

L’EXPÉRIENCE EN CONCERT PERMET D’APPRÉCIER LA MUSIQUE SOUS UN NOUVEAU JOUR ET VOUS PERMET D’ÉLARGIR VOTRE PUBLIC, C’EST CERTAIN. EST-CE QUE C’EST POUR VOUS UN MAL NÉCESSAIRE PAR RAPPORT À LA RÉALISATION D’ALBUM? PRÉFÉREZ VOUS ENREGISTRER OU DONNER UN SPECTACLE?

Mathieu: C’est vraiment en spectacle que le projet prend tout son sens et qu’on a réellement l’impression d’amener les gens dans notre univers. Le choix de faire un vinyle et d’inclure un livre à l’album est une façon de recréer cette expérience là.

ALLEZ-VOUS FAIRE UNE TOURNÉE MAINTENANT QUE VOUS AVEZ FINALEMENT PU METTRE LA MAIN SUR LES COPIES PHYSIQUES DE VOTRE PLUS RÉCENT DISQUE, COMME SI NOUS ÉTIONS DÉJÀ LIBRES

Christophe: Nous avons tourné cet automne sans copies physiques, je ne crois pas que ça nous a empêché de faire quoi que ce soit.    Ç’a surtout empêché de faire des ventes en concerts …  Pour un groupe DIY et autoproduit comme nous, ça peut-être un gros obstacle de ne pas vendre de disque c’est bien entendu, mais nous avons fais pas mal de performances et les fan de OM ont été vraiment supers à ce niveau.

D’AILLEURS, D’OÙ VIENT LE TITRE? LES TITRES ONT SOUVENT UNE RÉSONANCE INTÉRESSANTE, COMME SUR GRANDS PROJETS, OÙ ILS ENTRE-ALIMENTENT AVEC LA MUSIQUE UNE ESPÈCE D’AMBIANCE DE MARCHE EN AVANT D’UNE HUMANITÉ RÉSILIANTE ET POSITIVE. 

Christophe: Le titre vient d’un livre de David Graeber, en fait, c’est le nom qui voulait donner à son livre « the democraty project » mais l’éditeur n’aimait pas.  C’est l’éditeur Français qui a accepté que son livre se nomme ainsi.  nous avons écris à Graber pour avoir son autorisation et il était enchanté par l’idée.  Graeber, est l’un des instigateurs de Occupy Wall Street, ses ouvrages critiquent de façon très constructive l’aristocratie élective que l’on nomme démocratie.   Dans Comme si nous étions déjà libres, il explique entre autre l’origine du mouvement OWS et raconte comment les groupuscules de travail sont arrivé à s’organiser sans structures horizontales de hiérarchie.  Pour nous ça évoque un potentiel utopique immense, ça nous a beaucoup inspiré.

LA MUSIQUE INSTRUMENTALE SEMBLE POUVOIR TRANSMETTRE DES MESSAGES POUR VOUS, D’UNE CERTAINE MANIÈRE (BON C’EST CERTAIN QUE LES TITRES AIDENT MAIS SOUVENT LES MUSIQUES PARLENT AUSSI D’ELLES-MÊMES.) AVEZ-VOUS UN AGENDA CACHÉ? DES PROJETS POLITIQUES? À CET EFFET, AVEZ VOUS EU UN BON TAUX DE RETOUR POUR LES CARTES DE SUGGESTIONS DE PROJETS ADRESSÉES AU PEUPLE? 

Christophe: Les cartes de projet (cartes postales blank invitant les gens à nous envoyer leur « Grands Projets pour l’humanité » inclues avec le LP) ont révélées ce qu’elles devaient révélées je crois.   Très peu sont parvenues jusqu’à nous et la majorité étaient des dessins d’enfants, mais tout le monde adore l’idée.   C’est difficile à dire si c’est simplement parce que c’est par la poste et que la poste c’est « compliqué » comparé à internet, mais je crois surtout que les gens ont été intimidé au moment de passer à l’acte, de nous dessiner / expliquer leur projet.  Je pense que les gens ont des Grands Projets pour eux-mêmes et parfois pour leur communauté et ne pensent pas que ces projets sont valides pour l’ensemble de l’humanité.  Je crois qu’on a arrêté à un certain moment dans la transition vers l’âge adulte de penser aux mondes utopiques possibles et de s’investir dans ces projets / mondes.  Avec les temps qui courent c’est compréhensible mais c’est pour ça qu’on fait ce qu’on fait et qu’on insiste sur la nécessité de cultiver les utopies, les Grands Projets, et surtout de considérer que des modèles différents sont viables et séduisants.

ON PARLAIT PLUS TÔT DU FAIT QUE VOUS AVIEZ « ENFIN » EU VOS DISQUES VINYLES, CE QUI RÉFÉRAIT À VOTRE MÉSAVENTURE AVEC LA COMPAGNIE EN CHARGE DE PRODUIRE LES DISQUES. ON SAIT QUE L’ALBUM DEVAIT SORTIR CET AUTOMNE ET FINALEMENT LES GENS ONT DÛ SE CONTENTER DE LA VERSION NUMÉRIQUE EN ATTENDANT QUE L’IMBROGLIO NE SE DÉNOUE. QU’EST-CE QUI S’EST PASSÉ FINALEMENT? 

Christophe: Lorsque j’ai terminé l’album au mois de janvier 2015, je l’ai envoyé immédiatement en production à une usine qui nous avait promis un délai de douze semaines de production. À l’époque nous voulions sortir le disque au mois de mai, mais nous avons rapporté le tout afin d’être sûr et certains d’avoir nos vinyles. Nous avons fait le lancement le 11 juin, sans toutefois les avoir reçus.  Ensuite il y a eu beaucoup d’attente, les gens qui avaient acheté en pré-vente ont été vraiment patients, et voilà nous avons envoyé une mise en demeure cet automne pour forcer la situation.   Nous allons recevoir nos vinyles cette semaine, près de 12 mois après avoir envoyé les bandes maîtresses.
Mathieu:  C’est vraiment le risque qu’on court quand on produit  soi-même un album aujourd’hui, mais bon ça nous a permis d’avoir un produit qui correspondait exactement à ce qu’on voulait.

LE DISQUE VIENT D’AILLEURS AVEC UN LIVRE, POUVEZ VOUS NOUS EN DIRE PLUS SUR LA MANIÈRE DONT IL VIENT COMPLÉTER L’EXPÉRIENCE SONORE? LE PENDANT VISUEL A TOUJOURS ÉTÉ IMPORTANT POUR LE GROUPE. COMMENT LE LIVRE SE SITUE-T-IL PAR RAPPORT À VOS PROJECTIONS? C’EST LIÉ OU COMPLÈTEMENT DISTINCT?

Mathieu: Comme on expliquait pour les spectacles plus haut, le livre permet de recréer le moment ou on peut vraiment entrer dans l’univers de l’album, s’y plonger et l’écouter d’un bout à l’autre et en faire une expérience. Le livre développe les images utilisées durant les projections et donne aussi une idée de ce qu’elles évoquent, des idées qui nous ont inspirées pendant qu’on composait l’album. Elles donnent une profondeur aux projections qu’en spectacle on peut se contenter de ressentir comme une ambiance. Comme on a pas de paroles on a aussi mis des extraits de discussions qu’on a eues ensemble sur la route ou entre nos pratiques: ça donne une autre idée de l’univers qui est à l’origine de notre projet.

L’ESSENTIEL EST QUE LES DISQUES SONT MAINTENANT DISPONIBLES POUR LES AMATEURS DE VINYLES. PRÉVOYEZ VOUS QUELQUES DATES ET FESTIVALS POUR CÉLÉBRER SON ARRIVÉE? UNE VISITE EN EUROPE OU AUX USA ?

Christophe: Pour l’instant nous avons quelques concerts au Québec / Ontario de prévus et on travaille sur une première tournée en Europe au mois de mai avec un booker européen.  J’adopte le mode de vie « snow bird » l’année prochaine et je m’en vais passer une bonne partie de l’hivers à Austin au Texas donc on verra pour les USA.

COMMENCEZ-VOUS DÉJÀ À PENSER À LA SUITE DE  CET ALBUM OU À D’AUTRES PROJETS?

Christophe: D’autres projets, toujours, mais aussi d’aller plus loin avec le concert. Nous avons une nouvelle joueuse dans l’équipe ( Estelle F.-Vallière ) qui s’occupe des éclairages et ça donne la possibilité de faire du grand déploiement, comme ce qu’on a fait à l’église St-Jean Baptiste pour Pop MTL en première partie de Giorgio Moroder.
Mathieu: On aimerait trouver un musicien également pour compléter la performance musicale de la même manière… mais il n’y a rien de concret encore.

SI VOUS POUVIEZ COLLABORER AVEC QUELQU’UN, VIVANT OU MORT, POUR UN ALBUM, CE SERAIT QUI? 

Christophe: Grosse question… vivant, Colin Stetson, Andy Stott, Tim Hecker…  mort, John Coltrane, Syd Barrett, Franz Schubert.
Mathieu: Comme on peut dire n’importe quoi je dirais les artistes de l’atelier Van Lieshout ou Buckminster Fuller, peut-être le réalisateur Adam Curtis, pourquoi pas!

EST-CE QUE LA MUSIQUE INSTRUMENTALE VOUS VIENT NATURELLEMENT, PAR CHOIX, OU PAR UN MÉLANGE D’HASARD ET NÉCESSITÉ? AIMERIEZ-VOUS FAIRE DE LA PRODUCTION POUR DES CHANTEURS OU CHANTEUSES OU ÇA IMPLIQUERAIT TROP DE SACRIFICES POUR LA MUSIQUE?

Christophe: la musique d’Organ Mood n’est pas exclusivement instrumentale, mais la raison pour laquelle elle l’est en majorité c’est que le but de notre travail est de soutenir  les pensées des gens qui assistent/écoutent.  C’est davantage une trame sonore/visuelle pour tes propres idées, on veut surtout mettre les gens dans un état d’esprit positif et optimiste, déterminé.
Mathieu: Alors dans cet objectif, s’il y a trop de paroles ça devient plutôt comme si on imposait un message que comme si on voulait encourager les gens à la réflexion.


Les fans d’Organ Mood qui avaient commandé l’album le recevront dans les semaines qui viennent et pour les autres, Comme si nous étions déjà libres est disponible à Montréal au Phonopolis et à L’oblique.  Peut-être aux 33 tours aussi, et assurément enfin sur le bandcamp du groupe: https://organmood.bandcamp.com/

[ALBUM] Ropoporose – «Elephant love»

Album «Elephant love» de Ropoporose
Album «Elephant love» de Ropoporose

Ropoporose, c’est un duo familial originaire de Vendôme et composé de Pauline (chant, guitare, clavier, percussions) et Romain (batterie, guitare, chœurs). Influençée, entre autres, par Yann Tiersen, Sonic Youth, Arcade Fire ou Piano Chat, leur musique pop-rock, parfois plus planante, parfois plus « noise », nous rappelle la sensation de liberté souvent associée à la jeunesse.

L’album Elephant Love sortait en janvier 2015 en Europe et est arrivé sur nos tablettes le 28 août dernier via Simone Records.

J’avoue avoir été complètement sous le charme après ma première écoute. L’album commence très bien avec un enchainement de notes à la guitare électrique sur la pièce Day of may. Tout de suite, ça donne le goût d’écouter tout le reste. Ça n’en prenait pas plus pour comprendre que j’allais passer ma journée du 28 août à l’écouter en boucle, pour mon plus grand bonheur.

La deuxième pièce, Desire, est plus instrumentale et plus planante. Avec Moïra, on passe à un autre niveau. La chanson commence tout doucement et prend son envol vers le milieu. Ça donne envie de défoncer des montagnes en rentrant dedans avec des tanks géant en lançant de la dynamite. Drôle de métaphore me direz-vous, mais vous comprendrez mon engouement en l’écoutant.

Avec la pièce Whu-whu, c’est là que tout l’album prend son sens. C’est là qu’on assimile tout ce qu’on entend depuis le début. C’est, à mon avis, la pièce qui joint le début et la fin. La présence de la guitare, la voix de Pauline, la mélancolie de la mélodie et le crescendo instrumental m’ont rendu accro à l’album.

La pièce Empty-headed, qui arrive juste après, a l’effet d’une bombe. C’est assez intense pour nous donner envie de danser et assez doux pour qu’on ait juste envie de hocher la tête tranquillement de l’avant vers l’arrière.

La chanson titre de l’album est musicalement plus lourde et le vocal est encore plus angélique que sur les autres pièces… un parfait mélange !

Consolation est plus dans le psychédélique rock avec un rythme un peu plus lent, mais juste assez pour nous préparer à la suite, avec My god qui est plus lente et plus du type traditionnelle.

La chanson 40 slates nous amène vers la fin de l’album avec une introduction musicalement relaxe et en terminant sur une intensité digne d’un film de guerre qui finit bien pour les gentils. De toute beauté !

En plus d’avoir la chance de les voir au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME) le 4 septembre prochain, je crains de ne jamais pouvoir me passer de leur musique. Un album qui s’harmonise tout à fait avec l’automne qui arrive par les mélodies accrocheuses et harmonieuses entre les voix et la guitare électrique prédominante. Bien qu’on retrouve sur l’album des éléments nous rappelant les groupes qui les ont inspiré, ils ont su développé un style bien à eux, qui les rends charmants et ô combien plaisant à écouter.

[SPECTACLE] Machines Géantes, Bronco et WD-40, salle Multi (studio d’essai), 12 juin 2015

C’est dans une salle ou ma présence a probablement fait descendre la moyenne d’âge que j’ai eu le plaisir de goûter à une belle gamme de rock vendredi soir dernier. Le studio d’essai de la salle Multi, ni trop grand ni trop petit, était fort bien choisi pour l’occasion. On pardonne aisément aux organisateurs la pénurie de bière à la fin de la soirée puisque, après tout, c’est le bon rock qui donne soif.
Résumé d’une soirée marquée par l’efficacité, le talent… et la nostalgie.

MACHINES GÉANTES

Machines géantes - 150612-02J’avoue bien humblement – et avec regret – que j’ignorais tout de Machines Géantes avant de les voir sur scène. Le trio montréalais, composé de trois rockeurs aguerris, alignent avec une célérité surprenante leurs amplis et autre gear, qui font quelque peu saliver. Et le résultat ne déçoit personne. Les gars nous livrent, avec une énergie brute et dans une abondance de cheveux, un authentique blues rock sale aux sonorités vintage incroyablement efficace relevé d’une délicieuse touche psychédélique. On fait connaissance avec leur album Machines Géantes, notamment les titres T’es rendu où?, Dans un vortex, Tattoo en morceaux, pour n’en nommer que quelques-uns.
Les ceux et celles qui pensent que le rock ne se chante pas en français peuvent aller se recoucher. Le groupe sera de la partie au jeune festival Summer Love à Nédélec, dans la tropicale région de Témiscamingue, les 10 et 11 juillet prochain. Le roadtrip en vaut certainement la chandelle.

Vous pouvez aller vous perdre sur leur Bandcamp : https://machinesgeantes.bandcamp.com/
Vous pouvez également suivre leur pérégrination sur Facebook : https://www.facebook.com/MachinesGeantes

BRONCO

Bronco - 150612-22Tout droit sorti du downtown Limoilou, Bronco prend le relais avec une rapidité déroutante. C’est comme ça que ça opère, des pros. Car bien que la formation soit jeune – octobre 2014 – visiblement, les membres ont tous déjà plusieurs années d’expérience musicale derrière le jacket.
L’excitation monte d’un cran, et la foule continue de gonfler. À peine ai-je le temps de revenir des toilettes et de remplir mon verre que Gabrielle Noël Bégin et ses acolytes ont déjà commencé à faire résonner guitares et tambours. Et s’il y avait eu des mouches, je me serais sans doute étouffée : je n’étais pas réellement prête pour Bronco. En bref, leur rock décoiffe en s’il vous plaît. Le mandat de Bégin n’est pas reposant, mais elle l’accomplit avec brio et passion, tout en bottant solidement des culs. Vous ai-je dit que c’est aussi elle qui compose? Clairement, la fille a la musique tatouée dans les gènes. L’album Hell Racers, composé de cinq pièces minutieusement arrangées, roule probablement en boucle dans plus d’un véhicule depuis vendredi (c’est le cas dans le mien).

On aura la chance de revoir le fougueux quatuor de metal / rock’n’roll fendre le ciel à Limoilou en musique le 20 juin prochain, juste avant Mononc’ Serge. Les amateurs de Black Sabbath, Led Zeppelin, Monster Truck et autres du genre y trouveront assurément leur compte. Préparez-vous!

https://broncoqc.bandcamp.com
https://www.facebook.com/BroncoQc
http://www.broncoqc.com/

P.S. Mention spéciale à Olivier Hubert, tatoueur professionnel, qui a conçu le superbe logo du band figurant notamment sur le T-shirt officiel et la batterie.

WD-40

WD-40 - 150612-50(Collaboration spéciale : Jacques Boivin) Oh, ce que les fans de Québec s’étaient ennuyés d’Alex Jones, de ses complices et de ses chansons d’une poésie trash inégalable! Malgré le fait qu’il y avait au moins trois autres bons spectacles à voir au coeur de la ville, plus d’une centaine de fans ont répondu à l’appel du Mois multi et de Consult’Art et le studio d’essai du complexe Méduse ne manquait pas de gens fin trentaine-début quarantaine motivés et assoiffés.

Après avoir été gonflée à bloc par les prestations de Bronco et de Machines géantes, la foule était prête pour un party endiablé où Jones, Jean-Loup Lebrun et Hugo Lachance ont entremêlé grands classiques, pièces composées dans les années 2000 et petites nouvelles. Le country-rock garage de WD-40 était vraiment apprécié du public, et ce qui devait arriver arriva :

  • Les fans ont improvisé un moshpit qui couvrait la moitié de la petite salle (voir des quadras se rentrer dedans avec entrain, ça fait toujours plaisir, même si ça semble faire moins de bien à l’épaule qu’à l’époque…).
  • Alex Jones, ému par tant d’amour chaleureux, s’est mis en bedaine au milieu du show, au grand plaisir de ses admiratrices.
  • Des petites culottes ont été lancées à Jones, qui n’a pas perdu de temps à se les mettre sur la tête l’espace d’un instant.
  • Le public a bu toute la bière et a même épuisé des réserves d’urgence!
  • Alex Jones chante Pendant que les champs brûlent de Niagara pis les fans connaissent la chanson!

Tout pour le rock, qu’il chantait. Tout le monde est d’accord.

(Photos : Jacques Boivin/ecoutedonc.ca)

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