Catégories
Nouvelles

[SPECTACLE] Babins au Nord-Ouest Café, 12 mai 2017

Quand l’été est sur le point d’arriver, lors des premières journées chaudes et ensoleillées, je suis nostalgique des groupes québécois aux influences estivales comme Les Colocs, qui fusionnent rock et musique du monde avec des textes reliés à l’identité québécoise. C’est pourquoi j’étais contente d’aller voir Babins au Nord-Ouest Café vendredi dernier, un groupe qui mérite d’être connu par les fans de musique québécoise.

Ce groupe festif a été connu sous le nom des 8 Babins avec la sortie de leur deuxième album en 2014, Viva l’évolution. Cet album leur a permis de partir en tournée à travers le Québec et de se faire connaître davantage. Avec Babins, le groupe a semblé évoquer un désir de changement en nous proposant un nouvel album, leur troisième, au timbre plus mature et professionnel.

Leur allure funky est tout de même restée, mais s’est installée dans un style plus pop et accessible. Je me souviens des 8 Babins qui remplissaient le café étudiant du cégep Lionel-Groulx certains vendredis soir ou qui débarquaient à la microbrasserie Saint-Graal à Sainte-Thérèse pour donner une soirée festive en nous livrant un show éclaté de style. Vendredi, j’ai assisté à un spectacle beaucoup plus calme, mais tout aussi joyeux et entraînant. Malgré le fait que la salle était presque vide, le groupe a tout fait pour donner un spectacle à la hauteur des attentes des gens présents. Les membres du groupe sont restés optimistes en tournant la situation à la blague.

Cette musique d’été, jeune et rythmée, a sa place sur la scène des festivals de musique émergente du Québec. Elle donne envie de chanter, de prendre une bière et d’être au soleil, et même d’aller jammer avec eux, en particulier leur chanson à succès qui figure sur leur deuxième album, C’est tellement doux d’être fou, qui, comme le dit si bien l’auteur-compositeur et chanteur du groupe, Hugo Paquette-Ravary, « c’est une chanson rassembleuse qui rend hommage à la nonchalance ». Cet effet rassembleur est ce qui caractérise Babins avec leurs chansons à standard de feu de camp, comme les pièces Une chanson sans refrain et Chanter ensemble. La première fait ressortir les influences folk du groupe avec le son du lapsteel joué par le guitariste Jeremy Sigouin, tandis que la deuxième reprend les instances funk et jazz du saxophoniste Mathieu Forget, ainsi que le son reggae que transmet le percussionniste Aumont-Lefrançois avec ses congas.

Allez les découvrir sur Bandcamp ou encore lors d’un prochain spectacle en Mauricie.

Catégories
Albums Nouvelles

[ALBUM] ChassePareil et Les oiseaux d’hiver

a0445389938_16

C’est avec l’arrivée du froid que ChassePareil, un groupe inspiré des grands décors du Saguenay, vient nous réchauffer avec la sortie de leur premier album « Les oiseaux d’hiver ».

Qui aurait pu penser qu’un groupe composé de cinq jeunes adultes de la vingtaine inspirerait un retour aux racines culturelles québécoises avec un style folklorique bien à eux. C’est au travers de paroles rustiques et une diversité instrumentale que ChassePareil nous accroche en mélangeant tradition et modernité. La tradition se ressent notamment à l’écoute des harmonies entre la flûte traversière de Johanie Tremblay et la mandoline d’Ovide Coudé qui suscite chez l’auditeur un sentiment d’appartenance envers notre culture. Ce côté traditionnel se réfère beaucoup à un style ancien, voire d’inspiration du Moyen Âge, lorsqu’Alexandrine Rodrigue s’emporte dans un solo de guitare acoustique.

D’un autre côté, les compositions reflètent une modernité en abordant des concepts issus des réalités de la jeunesse d’aujourd’hui.

Dans la chanson Aéroport, l’amour passager est abordé, thème qui est très récurant chez la génération Y.

«Je te prends pour un aéroport
Je décolle de toi pis après je reviens
J’atterris chez toi.»

Il y a aussi les pièces Les moissons et Incarnation où l’on sent qu’ils ont toujours un lien d’attachement à leur Saguenay d’origine. On peut ressentir cet attachement dans le vocabulaire choisi dans Les moissons qui se caractérise par des expressions typiques de la région et des pensées qui se rattachent à la nature.

« Viens marcher avec moi
Le Fjord est triste à soir
Et si t’as peur dans le noir
J’ai des chandelles dans ma froque
On fera peur au pick up
En criant comme des buck
Pis on dormira dans le lit de la rivière. »

L’attachement se remarque aussi dans les références à leur expérience vécues de la grande ville de Montréal dans Berceuses pour les oiseaux d’hiver ou l’on perçoit une exile involontaire.

«Taurais du rester dans ton bois chez vous
Montréal craque sous les roues du bicycle.»

«Tu t’en vas hiberner dans le métro pis ça sera ta tanière.»

Autre modernité derrière le style traditionnel est le timbre de musique du monde que l’on retrouve dans les percussions de Pascal Gagnon-Gilbert dans l’intro, Petite ourse, ainsi que Peau d’âne. Ce mélange ethnique se repère également dans la Grande ourse avec des inspirations du Moyen Orient. La voix du contrebassiste Pierre-Antoine dans cette pièce est particulière et calme sur un ton linéaire.

ChassePareil donne envie de se ressourcer, de faire une pause du rythme quotidien, de se retrouver en famille, de partir vers le chalet. Personnellement, c’est le genre d’album que j’écouterais en plein temps des fêtes en buvant du thé des bois au bord du foyer pendant que ma mère cuisine de la soupe aux pois (qui a dit que c’était seulement Mon beau sapin pis les chansons qui évoque le Christ qui inspirait Noël ?).

Pour ma part, je ressens une mélodie familière entre chaque chanson qui me fait parfois décrocher avant la fin de l’album. Je crois que ChassePareil peut exploiter une diversité d’instruments, mais on peut constater que la flûte et la mandoline sont plus appréciées par les musiciens. C’est pour cette raison que la chanson Bourgeonne me rejoint, car l’harmonica et la trompette font ressortir des tonalités plus jazz que traditionnelles.

Aussi, leur nouvelle chanson Kyrie me rappelle les airs instrumentaux de la sommité de la musique québécoise, Harmonium, groupe qui a sans doute influencé l’orientation musical de ChassePareil.

C’est dans le petit village de Sainte-Rose-du-Nord, aux abords du Fjord, que le groupe a pris son inspiration en réalisant l’album dans un décor naturel d’hiver. Les oiseaux d’hiver a été enregistré dans le garage d’Ovide. C’est peut-être pour cette raison que la musique provoque un sentiment de proximité, du bien-être à la maison.

Auparavant sous le nom de SweetGrass, ChassePareil a célébré son lancement dans sa région, mais également à la fameuse Auberge de Jeunesse de Tadoussac samedi dernier. L’album est maintenant disponible depuis le 13 octobre sur bandcamp. Bonne écoute !

 

Catégories
Albums

[ALBUM] JASON BAJADA- VOLCANO

Trois ans après son premier album en français (le très bien reçu par la critique « Le résultat de mes bêtises»), Jason Bajada a proposé sa deuxième offre complètement en français en février dernier. Le résultat est vaguement rétro et très riche musicalement.

Suite à un voyage en Islande et à des épreuves particulièrement difficiles pour lui, Bajada a écrit un album aux sons lumineux, malgré ce qu’il se passait dans sa vie. L’auteur-compositeur-interprète s’est allié aux musiciens Jocelyn Tellier (Dumas), Olivier Langevin (Galaxie) et François Lafontaine pour faire cet album. On sent l’apport de ces derniers sur le premier extrait «Pékin (les amitiés)».

«J’ai beau rêvé, mais mon sommeil n’est pas paisible, mon cœur de pierre fait l’imbécile pour toi» , ainsi amorce « Demain vendredi », la deuxième pièce de l’album. Les voix féminines de Marie-Pierre Arthur et de Camille Poliquin (Milk and Bone) qui font le chœur, les guitares d’Olivier Langevin et de Jocelyn Tellier, se couplent à un refrain accrocheur, signal que la chanson est une belle réussite.

Sur « Si je craque », c’est la plume de Jason Bajada qui ressort. Il présente un folk à la Dumas ou qui ressemble à Louis-Jean Cormier dans certaines tournures de phrases. Le thème des relations amoureuses épineuses est présent, comme tout au long de l’album. On ne réinvente pas le style musical, mais Bajada sait y mettre sa couleur.

Les ballades «Je ne termine jamais l’histoire» et «Alors on recommence» vont bien avec le timbre chaleureux de voix de l’artiste. «Jean-François» fait partie des moments forts de l’album, tant par la fragilité que l’on ressent que par le thème de la chanson, soit le suicide d’un ami du chanteur.

On tape du pied sur «Tiens le coup» et la tension monte sur «Des grenades dans les yeux» par le biais des guitares d’Olivier Langevin et de Jocelyn Tellier.

Bref, l’album a plusieurs moments forts et en mérite largement l’écoute, malgré le fait qu’on ne réinvente pas le style musical de Jason Bajada.

Un extrait de «Demain vendredi».

Étiquette: Audiogram