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Festival d'été de Québec Festivals Région : Québec

[FEQ] Compte rendu, 9 juillet 2017

Les soirées se suivent, mais elles ne se ressemblent pas au Festival d’été de Québec! Si, hier, nous avions opté pour la pop feutrée et le country-folk apaisant, aujourd’hui, nous étions surtout dans le rock énergique et la pop très dansante. Désolé, Michel Fuguain et les Backstreet Boys!

Fred Fortin – PopUP FEQ, Le SPOT

Fred Fortin – Photo : Jacques Boivin

On voyait le gros nuage noir s’approcher dangereusement de la ville et on craignait le pire pour cette prestation surprise qui avait tout pour faire rêver. Fred Fortin à droite, son fidèle complice Olivier Langevin à gauche. Le ciel de plus en plus gris en haut. « C’est ça que ça fait, de pas être fin avec le petit Jésus! »

Les moins chanceux ont eu deux chansons et trois quart avant l’arrivée de la pluie. La toujours jolie Oiseau, puis deux vieilles tounes de Gros Mené, soit L’amour à l’échelle et Venus. On soupçonne d’ailleurs la Vénus de Milo d’avoir pleuré toutes les larmes de son corps pour que cesse ce doux moment avec Fred.

De nombreuses personnes, dont votre pas très humble serviteur, sont allées se réfugier dans les voûtes voisines. D’autres, qui auraient pu se croire moins chanceuses, se sont cachées sous un petit chapiteau où Fortin et Langevin sont venus les rejoindre, guitare à la main, pour une Ultramarr acoustique qui n’a pas suffi pour faire réapparaître le soleil.

Fuck you, Venus! (Jacques Boivin)

Heat – Scène Fibe

Heat – Photo : Jacques Boivin

L’orage s’était calmé, direction la haute ville dans un autobus en folie où le chauffeur faisait jouer les grands succès des Backstreet Boys, au plus grand plaisir des jolies trentenaires nostalgiques de leur adolescence. Pour ma part, je me disais que j’allais me reprendre avec la formation montréalaise Heat, qui se produisait sur la scène la plus propice pour les découvertes locales, soit la jolie scène Fibe.

La pluie est revenue nous narguer après seulement deux chansons du groupe, qui ont dû quitter la scène quelques instants avant de revenir rocker les gens qui sont restés. Ouf! Susil Sharma et ses complices avaient tant à offrir, ça aurait été dommage de ne pas en profiter encore quelques minutes!

Pas trop d’artifices sont nécessaires quand on a du bon stock à proposer! Et c’est exactement ce que Heat avait à offrir, entre autres, avec les chansons de l’excellent Overnight. De l’indie rock qui goûte un peu le new wave et qui, dans leur exécution sur scène, peuvent parfois faire penser à du War on Drugs, ce qui est loin d’être un défaut. (Jacques Boivin)

Samito – Scène Hydro-Québec

Samito – Photo : Jacques Boivin

C’est un Samito généreux et chaleureux, ravivé par le soleil suite à un orage vigoureux, qui s’est pointé sur la Scène Hydro à D’Youville. Par sa fougue et sa vibe positive, l’artiste a su démontrer pourquoi Radio-Canada en a fait sa Révélation 2015-2016 en musique du Monde. C’est pas simple d’ouvrir au grand soleil, devant une place presque vide, mais le chanteur a tout donné pour ravir ses fans qui ont fini par emporter tout le monde avec. Avec son électro dansant aux saveurs cosmopolites, le Montréalais est un ambassadeur multiculturel émérite, lui qui livre une performance en plusieurs langues. (Christian St-Pierre)

Geoffroy – Scène Fibe

Geoffroy – Photo : Jacques Boivin

Au tour de Geoffroy de prendre d’assaut la Fibe. Contrairement à ses prédécesseurs, le beau temps est au rendez-vous et le public a répondu à l’appel (le site était rempli!). Parmi les nombreux curieux (qui avaient probablement entendu son nom lorsqu’il participait à l’émission La Voix – OK, mon quota de « La Voix » est épuisé pour le FEQ), on retrouvait également une foule de fans qui connaissaient les paroles des chansons par coeur et qui groovaient sous la pop électro de l’artiste. La prestation avait pour fondation l’excellent album Coastline. Un album qu’on aurait pu croire difficile à rendre sur scène tellement il est riche en textures. Mais non, Geoffroy et ses trois musiciens y arrivent facilement! On a les bleus, mais les hanches bougent toutes seules. On aurait peut-être aimé un peu moins de timidité de la part de l’artiste, qui donne l’impression de se servir de ses claviers comme une barrière entre lui et son public. Un bémol très mineur quand on considère toute la belle musique qu’on a entendue pendant une bonne heure! (Jacques Boivin)

Mydy Rabycad – Scène Hydro-Québec

Mydy Rabycad – Photo : Jacques Boivin

Définitivement, le glam et le glitter sont en vogue en ce 50e Festival d’été. Dans sa bio, le groupe tchèque Mydy Rabycad était annoncé comme faisant un électro-swing rappelant celui de Caravan Palace. Certes, on a eu droit à quelques pièces du genre, mais la prestation allait dans un registre beaucoup plus large, passant du funk au disco, rappelant même parfois les envolées planantes de Donna Summer. D’autant plus que l’argenté, le rose et les paillettes étaient bien présents et que la chanteuse y va joyeusement en ce sens. C’est donc un band ultra motivé et intense qui s’est présenté sur la scène Hydro-Québec, et les spectateurs sur place n’ont pas hésité à lui emprunter le pas avec des applaudissements nourris.

(Christian St-Pierre)

IDALG – Impérial Bell

IDALG – Photo : Philippe Ruel / FEQ

C’est à IDALG, un sextuor de Montréal que revenait la tâche de réchauffer la foule pour cette soirée sous le thème du rock. Leur musique emprunte au rock garage et au post-punk avec un penchant pour des mélodies inquiétantes. La présence d’un tambouriniste évoque bien sûr les légendaires Breastfeeders, sans toutefois emprunter leur touche rock n’roll/yéyé. IDALG a présenté plusieurs pièces du récent Post Dynastie dont l’excellente Demi-Serpents en début de concert. Ils se sont bien acquittés de la tâche, alternant des chansons instrumentales par d’autres chantées généralement par Yuki Berthiaume-Tremblay. La foule était à l’écoute, même si le groupe n’est jamais véritablement parvenu et créer un contact fort. Il faut dire que la présence scénique timide des membres du groupe entretient une certaine distance. (Julien Baby-Cormier)

Le Couleur – Scène Fibe

Le Couleur – Photo : Jacques Boivin

On ne pouvait espérer mieux pour terminer la soirée sur la plus belle scène du Festival d’été de Québec. Un coucher de soleil magnifique accompagnait la formation Le Couleur, quelques fans prêts à danser leurs vies sur le bord de la rampe, et de la pop entraînante pendant près d’une heure. La formation menée par Laurence Giroux-Do a montré, une fois de plus, pourquoi son plus récent album P.O.P. se trouvait sur la liste longue du Polaris, mais cela ne rend aucunement justice à l’énergie déployée par la formation sur scène. Il faut voir Laurence s’élancer sur la scène, sautiller partout, inviter le public à danser avec elle, pour vraiment vivre l’expérience Le Couleur. Une bête de scène qui se cache sous des traits de jeune femme sage!

Le Couleur – Photo : Jacques Boivin

Évidemment, une prestation de Le Couleur ne serait pas complète sans les succès du groupe et c’est avec un grand bonheur qu’on a pu entendre les Club italienConcerto rock et autres Voyage amoureux (dans une finale enlevante). Sans surprise, un nombre grandissant de curieux s’est massé sur le parterre, préférant rester quelques minutes de plus, quitte à manquer La Chicane ou Nick Jonas. À notre avis, c’était un excellent choix.

La vie est belle quand elle est aussi colorée. (Jacques Boivin)

Death From Above – Impérial Bell

Death From Above – Photo : Philippe Ruel / FEQ

La dernière présence de DFA1979 remontait à la tournée conjointe avec les rednecks d’Eagles of Death Metal. Ce soir-là, le chanteur/batteur Sebastien Grainger présentait certains signes de fatigue inhérents aux fins de tournée. Hier soir, dès les premières notes de Right On, Frankenstein!, nous avons compris que ce spectacle serait pas mal plus énergique et épique. Ils ont enchainé les pièces de leurs deux albums, Grainger étant en mesure de chanter avec l’énergie nécessaire à ce genre d’exercice et avec l’attitude rock très assumée de Jesse Keeler à la basse nous avons la chance de prendre plein la gueule. La foule s’est particulièrement réveillée lors de la 3e pièce, Turn It Out, qui ouvre l’album culte du duo You’re A Woman, I’m A Machine. Ils ont puisé également dans leurs deux albums jouant même Dead Womb une petite bombe de leur premier EP. Ils ont également performé deux nouvelles pièces, dont le simple Freeze Me, qui suit la mode actuelle de flirter davantage avec la pop. Heureusement, sur l’autre pièce, Caught Up, Death From Above semble ne pas avoir totalement vendu son âme au mercantilisme ambiant dans le monde de la musique.

Ils ont poursuivi leur set le pied au plancher, nous servant deux des pièces les plus efficaces de l’album Physical World en rappel: la pièce titre et l’excellent Government Trash. Reste à espérer qu’ils reviennent nous voir avec en main un album qui ne dénature pas ce qu’on aime du groupe, c’est-à-dire leur énergie brute quasi juvénile avec leur fameux son de basse fuzzé à souhait. (Julien Baby-Cormier)

Pink Martini – Scène Hydro-Québec

Pink Martini – Photo : Jacques Boivin

Quand on pense au jazz et au big bands, il nous vient tout suite le mot raffinement en tête. Et c’est le mot exact pour qualifier la prestation qu’à donnée Pink Martini hier soir sur la Scène Hydro-Quebec. C’est devant ce qui est est peut-être la plus grande foule jusqu’ici à Place D’Youville que le petit orchestre américain a déroulé son matériel dans des saveurs jazz, évidemment, mais aussi latin et lounge. Non seulement le groupe assure par sa virtuosité, mais c’est par ses chansons polyglottes. Je ne le suis pas moi-même, mais il me semble avoir entendu de l’anglais, du français, de l’espagnol et peut-être même de l’italien… je n’est suis pas 100% sûre. Mais toujours est-il que c’est à une prestation très classe et distinguée que nous avons assisté sous la lune plus tout à fait pleine. Une soirée où il fait bon entendre la vie en rose. (Christian St-Pierre)

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Festivals

[FESTIVAL] 34e Festival de la chanson de Tadoussac, jour 1 (29 juin 2017)

Le Festival de la chanson de Tadoussac a lancé hier soir sa 34e édition sous le signe de la réjouissance. Spectacles intérieur comme extérieurs ont su faire danser les festivaliers jusqu’au petit matin. Suivez le parcours qu’a fait notre équipe en ce jour 1 et découvrez ce qu’on vous recommande pour la suite !

Les Cowboys Fringants – Scène Québecor

Crédit Photo: Ludvig Germain Auclair

On avait enlevé presque tous les sièges au Presbytère de Tadoussac pour accueillir ce groupe qui n’a plus besoin de présentation. Les sept musiciens ont fait leur apparition sous les clameurs d’un public très nombreux, mais surtout enthousiaste. On était prêt pour une grosse soirée.

Les Cowboys ont livré d’emblée la marchandise en commençant avec des morceaux cultes tels que La Manifestation et La Reine. Exprimant à quelques reprises leur joie d’ouvrir pour le Festival de la chanson, ils l’ont maintes fois démontrée à travers leur énergie contagieuse et leur impressionnante intensité.

Crédit Photo: Ludvig Germain Auclair

Avec un répertoire qui s’échelonne sur maintenant 20 ans et la renommée du groupe en sa terre natale, il n’est pas étonnant qu’un moment fort n’en ait pas attendu un autre. On peut notamment souligner l’énergie qui se dégageait de la foule pendant Ti-Cul ­(le parterre au complet sautait avec la même fougue que les musiciens). Les pièces comme Plus rien, pour leur part, savaient amener leur lot de frissons.

Après deux généreux sets, le groupe a terminé avec un triple rappel pendant lequel on a pu entendre la festive Le shack à Hector autant que la touchante Les étoiles filantes.

Samito – Site Belle Gueule

On s’est rapidement déplacés à l’auberge pour attraper le spectacle de Samito. En compagnie de ses trois musiciens, il a graduellement installé une ambiance chaleureuse et dansante avec ses rythmes exotiques.

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Samito pouvait compter sur un bassiste et un batteur efficaces ainsi que sur les généreux solos de guitares de son autre acolyte. Passant de l’anglais à d’autres dialectes avec fluidité, le chanteur troquait aussi parfois son micro pour un synthétiseur le temps d’une envolée instrumentale. Tiku la hina s’est avérée être le moment fort de la soirée, la pièce ayant visiblement déjà fait son chemin jusqu’aux oreilles des spectateurs auparavant.

Résultat : une musique électro-pop qui amalgamait à parts égales les influences américaines et africaines. Tout pour plaire au public toujours grandissant et prêt à interagir avec le chanteur en dansant ou dans son jeu d’appel et réponse.

Carotté – Site Belle Gueule

Crédit Photo : Ludvig Germain Auclair

Sur fond de bruits de scie, les six musiciens de Carotté sont arrivés dans leurs habits traditionnels trafiqués : ceinture fléchée, chemises carreautées et raquettes étaient au rendez-vous. Célébrant les racines québécoises en y mêlant de fortes tendances punk – ou c’est peut-être le contraire – le groupe réunit selon leurs dires des traditions qui partagent avant un goût prononcé pour la fête. Le tout a donc permis au public des cowboys de continuer sur leur lancée et de se bousculer joyeusement.

Ils ont farfouillé dans notre vaste répertoire pour en sortir en en trafiquer nombre de chansons à répondre, de thèmes qui nous sont chers («la bièèèère !», par exemple) et d’histoires de lac ou de chalet. Dans le fond musical, le trio guitare-basse-batterie rencontrait le banjo, le violon de violoneux et la planche à laver. De quoi donner envie de danser le rigodon en se pitchant partout !

À surveiller en ce vendredi 30 juin

Après une soirée qui nous a bien réchauffés pour la suite, place à une journée riche en découvertes. Entre 13h et 18h, on aura la chance de rencontrer les différents artistes participant au spectacle Les Alliances. Ce sera l’occasion de découvrir des artistes à surveiller tels que Laurence-Anne ou encore Maxime Auguste ou encore de retrouver quelques coups de cœur (on ne parle surtout pas de Lydia Képinski).

Ceux qui voudront poursuivre dans la découverte pourront enchaîner avec Les chemins d’écriture, spectacle de huit artistes émergents regroupés à Tadoussac dans le cadre d’une formation en écriture de chanson. Pour les amateurs de folklorique qui voudront pousser plus loin leur trip, il y aura dès 19h un projet éclaté regroupant chansons et contes traditionnels et portant le nom de Le Trésor d’Édouard Hovington.

La soirée offrira ensuite une panoplie de styles allant du country néo-brunzwickois (Menoncle Jason) au folk-pop (Sarah Toussaint-Léveillé) pour finir avec un véritable gros pâté (party) pendant lequel le rap québ de l’Osstidtour renversera le sous-sol de l’Église.

[Programmation complète ici]

Photos – 29 juin 2017

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Nouvelles Osheaga

[OSHEAGA] Il va faire chaud cet été à l’Île Notre-Dame

On avait eu un avant-goût de la programmation d’Osheaga la semaine dernière alors qu’une soixantaine de noms ont été dévoilés dans le cadre d’un jeu de mémoire (plutôt amusant). Les organisateurs du festival, qui se déroulera à Montréal du 4 au 6 août prochain, viennent de dévoiler leur affiche.

Et il va faire chaud!

En tête d’affiche : The WeekndMuse et Lorde, en plus de Major LazerAlabama ShakesJusticeSolangeCage the Elephant et Die Antwoord.

Osheaga a toujours eu la réputation d’avoir beaucoup de profondeur et le festival continue dans la même veine : Foster the People, MGMT, Father John Misty, The Shins, Belle and Sebastian, Run the Jewels, Liam Gallagher, Broken Social Scene, London Grammar, Crystal Castles, De La Soul, Tegan and Sara, Death From Above 1979, Local Natives, Arkells, Danny Brown, Phantogram, Foxygen, Angel Olsen, Dawes (!!!), Badbadnotgood, Andy Shauf, Pup, Bernardino Femminelli et plusieurs autres ont également répondu à l’appel!

La scène québécoise sera fichetrement bien représentée cette année : Plants and AnimalsHeatCRiKROY, Le CouleurSamitoGeoffroyHeartstreetsMen I Trust et Rosie Valland seront de la fête.

Les laissez-passer pour le week-end (admission générale : 320 $) sont en vente dès maintenant sur Osheaga.com.

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Nouvelles Région : Québec

[ANNONCE] La soirée des neuf ans du Cercle vous en mettra plein la gueule

L’institution culinaire et musicale de Québec cise sur St-Joseph, Le Cercle, où se sont déroulées nombre de merveilleuses soirées musicales depuis son ouverture, fêtera en grande pompe son neuvième anniversaire ce samedi en occupant ses différents espaces avec plusieurs trucs dignes d’intérêt.  Des stations gastronomiques avec plusieurs chefs de Québec, notamment de la Buvette Scott, l’OS-Rôtisserie, Le renard et la chouette et le Concorde, mais également des volets danse, installation, vidéo et naturellement, musique, qui nous intéresse particulièrement ici. Les habituels DJs sets ponctueront la soirée, avec entre autres les excellents ambianceurs de Soirées Textures et Funk Connection. Toutefois, force est d’admettre que le volet scénique vole la vedette et qu’il y en a pour tous les goûts.

On annonce d’abord de la grosse chaleur avec la musique sexuelle et débridée de Bernardino Femminielli, au centre d’un triangle vicieux formé par Serge Gainsbourg, Sébastien Tellier et Gab Paquet.

Le rythme s’intensifie et l’exotisme s’invite alors que montréalais originaire du Mozambique Samito présentera son excellent album homonyme paru en mai dernier, lui qui a été sacré révélation de l’année par Radio-Canada et qui a emporté le prix Socan lors de la Bourse RIDEAU.

Le programme principal, ça semble être Taylor Kirk alias Timber Timbre qui en a hérité, et il viendra présenter le matériel de ses trois excellents albums parus sur Arts & Crafts en compagnie de son band montréalo-torontois.

La soirée promet d’être mémorable et les billets en pré-vente sont encore disponibles pour un temps limité sur le Point de Vente.

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Festivals Festivoix de Trois-Rivières Région : Mauricie

[FESTIVOIX] Retour sur la septième journée (1er juillet 2016)

Voici le résumé de notre septième journée au FestiVoix de Trois-Rivières.

Samito

Toujours dans le cadre enchanteur du jardin du Manoir Boucher de Niverville de la scène des Voix Libres Rythme FM, l’auteur-compositeur-interprète Samito avait une mission : me faire oublier que des insectes voulaient gâcher mon plaisir. Mais surtout, c’était de faire danser et électriser la foule.  Mission réussie ! L’aire des spectateurs dépassait même la cinquantaine de personnes. Gens de l’âge d’or ou dans la vingtaine et touristes asiatiques ou résidents trifluviens ont dansé, tapé des pieds et bouger des épaules. Mais quelle mouche a piqué la foule, qui lui a même demandé un rappel (ce qui est rare à cet endroit) ? Il faut dire que l’artiste originaire du Mozambique est toute une bibitte sur scène ! Il est à l’aise autant dans le chant, dans les arrangements musicaux faits sur place que pour bouger comme un fou. Même essoufflé, il n’hésite pas à inviter les gens à se lever de leur siège. La musique accrocheuse a également contribué au succès de l’événement, qui va de la fusion entre l’électro et le rock africain avec Lol ou encore avec la ballade reggae-pop de Flor. D’ici quelques années, on espère le revoir dans un endroit plus grand, comme celle de la scène Loto-Québec du Festivoix ! (David Ferron)

Bears of legend 

Bien que la température ne fut pas clémente pour le groupe Bears of legend, Trois-Rivieres s’était déplacée et il n’y avait plus un seul siège de libre sur le site du FestiVoix. Le ciel couvert offrait un cadre presque féerique au groupe folk de la région. La majorité de l’assistance n’en était pas à son premier concert du groupe, c’est pour cela qu’il aura fallu beaucoup de pluie pour que le parc se vide. Je découvrais le groupe et j’ai été charmé par l’intelligence de leur musique. C’est soigné, c’est beau, ça nous transporte. Ils avaient même invité une chorale de la région pour les accompagner et c’est eux qui ont présenté le groupe. Au final, je comprends l’engouement des gens pour ce groupe. (Caroline Filion)

Les Frères Lemay

Les deux frères de Saint-Boniface ont offerts au public une partie de leur répertoire musical en nous jouant, entre autres, Moins d’argent, Watch ton parcomètre et La marmite de l’album du même nom et la pièce On me disait toujours, de leur plus récent album. Leur performance était des plus énergiques, le genre de spectacle qui fait du bien et qui fait oublier que tu es complètement détrempée par la pluie. Les quelques courageux fans ont aussi aussi eu droit aux pièces populaires L’irlandais et M’en revenant de la jolie Rochelle. C’était inévitable qu’ils allaient terminer le spectacle avec L’homme qui a vu l’ours et c’était magique. (Karina Tardif)

Anatole 

En entrevue:

Quelques heures avant le spectacle au Zénob, j’ai eu l’honneur de recevoir Anatole en entrevue. Moi qui m’attendais à rencontrer la personne même sur scène (c’est-à-dire l’artiste glam qui n’hésite pas à utiliser toute sa sensualité), c’est plutôt une personne élégante, discrète, mais généreuse, qui s’est présentée à moi. Comme les propos étaient riches, c’était un peu dur de tout noter avec précision et mot-à-mot ce qui s’est dit. De plus, pour permettre aux gens qui lisent l’article de bien suivre le contenu de manière cohérente, les questions ne respectent pas nécessairement l’ordre réel. Toutefois, j’espère avoir bien reproduit sur papier les propos si intéressants d’Anatole. Bonne lecture !

Anatole, d’où est venue l’idée de choisir ton nom ?

C’est mon nom tout simplement. Il s’est imposé après ma mort spirituelle qui s’était passée à Los Angels.

Tu parles de mort spirituelle. Il y a un lien entre la spiritualité et la musique selon toi ?

En effet. La musique, c’est la Lumière du Christ. Ma musique, c’est la voix de Dieu. Je veux faire vivre l’avènement de la Nouvelle L.A. C’est la nouvelle Jérusalem.

Pourquoi as-tu choisi de partir pour ladite ville américaine ?

À cause d’un ancien agent de Montréal. Il m’avait convaincu d’y aller, en me promettant que je décrocherais des entrevues ou des auditions pour des contrats là-bas, puisque je suis aussi comédien. Arrivé là-bas, ça s’est plutôt mal passé.  En lien avec la personne de Montréal qui devait s’occuper de moi, j’ai subi les conséquences d’une fraude immobilière là où j’habitais. J’étais donc à la rue. Un jour, dans un hôtel à Hollywood, je me suis retrouvé au sous-sol (qui me fait penser par ailleurs au Zénob) et c’est là que j’ai consommé des substances illicites causant ma mort spirituelle. Ça a permis la naissance d’Anatole.

En tant qu’Anatole, tu es né à L.A. Pourtant, tu es bel et bien francophone. Pourquoi chanter en français ?

En tant que Messager, c’est évident d’être francophone puisque c’est ma mission d’être au Québec. D’autres artistes de partout dans le monde suivront éventuellement le même pas, il y aura d’autres projets.

Est-ce que tu considères ton public comme… je ne dirais pas comme une secte, mais comme…

En fait, c’est la nature humaine de suivre un Messager !

Dans tes spectacles, tu arrives normalement avec un costume de squelette avec un look glam. On dirait qu’il y a un côté sensuel avec un côté morbide. 

Pas du tout, mon spectacle est plutôt sensuel. D’autre part, Anatole est le nom du squelette qu’on retrouve dans les cours de sciences.

Est-ce qu’Anatole peut évoluer, tant stylistiquement que musicalement ?

Un travail en amont a déjà été fait concernant l’identité sur scène. On est présentement en mode promotion, donc c’est l’occasion de se présenter sous la forme actuelle. Ça peut toutefois changer avec le temps.

Pour enregistrer l’album, tu as voulu utiliser de vrais synthétiseurs et non des ordinateurs. Comment as-tu fait pour produire un son qui n’est pas démodé ?

Pour moi, la question d’être démodé ou non ce n’était pas pertinent pour moi. Avec une vraie machine, c’est plus sensuel. Tes doigts touchent sur des vraies notes, ce qu’un ordinateur ne te permet pas de faire. Pendant la production, on a travaillé fort pour obtenir le son qu’on voulait.  

On parle musique électronique dans ton univers, mais il y aussi des chansons plus rock [comme « Aspic »]

En live, on est beaucoup plus rock. On souhaitait en fait transmettre cette dimension dans l’album.

Dans ton album, j’ai trouvé que « L.A. AM », qui est à la fin de l’album, sonnait davantage comme le crépuscule que comme le matin, contrairement à « L.A. Tu es des nôtres ».

« L.A. AM » est la première chanson que j’ai écrite après mon gros trip à Los Angels. Je l’ai écrite à 4hres du matin. Pour moi, la chanson évoque plutôt le soleil qui se lève dans les montagnes. Dans l’album, selon la trame narrative, c’était logique toutefois que je la mette à la fin.  

Selon toi, est-ce que les artistes québécois pourraient être davantage audacieux ? D’autre part, dans une autre entrevue, tu avais déploré, si je ne me trompe pas, une trop grosse présence du folk sur la scène musicale québécoise.

Je crois que les artistes devraient être plus audacieux. Il faut quand même mentionner aussi qu’il y a des artistes qui le sont peu dans la musique électro et qui sortent une formule bien définie. Ce qui m’agace, c’est qu’une industrie se sert du folk pour le présenter comme quelque chose d’authentique alors qu’en réalité, c’est un mensonge.

(David Ferron)

En spectacle:

Festivoix 2016 - Anatole. Crédit photo : Adrien Le Toux.
Festivoix 2016 – Anatole. Crédit photo : Adrien Le Toux.

Enfin, j’ai compris pourquoi il y avait un « buzz » autour de cet artiste. Avec son costume de squelette et sa cape brillante, il nous transporte dans un autre monde avec lui le temps d’une (trop courte) performance. Les gens présents dans le Café-Bar Zénob savaient visiblement à quoi s’attendre et étaient plus qu’heureux d’être là. Pendant qu’Anatole boit de l’alcool en s’en renversant partout, qu’il se touche les parties couché par terre ou qu’il monte sur le bar en buvant un verre de fort, ses fabuleux musiciens, tout aussi costumés, continuent de jouer et ajoutent une touche très professionnelle au spectacle. La pop-électro-rétro d’Anatole est très unique et je dois avouer que ce spectacle va certainement devenir un incontournable au Québec ! (Karina Tardif) 

Que dire de la performance qui nous a été offerte au Zenob hier par Anatole? Complètement éclatée, entraînante et surprenante. Comme mon entourage en parlait beaucoup, je voulais absolument avoir la surprise, donc je n’ai pas écouté ni lu rien à son sujet avant de voir le spectacle. Résultat : j’ai adoré. Je trouve sa musique assez accessible, car elle est très dynamique et moderne, mais je n’amènerais pas n’importe qui voir son spectacle. Il faut être averti que ce n’est pas de tout repos. Rien n’est extrêmement choquant (qu’est-ce qu’il l’est aujourd’hui?), mais ça reste parfois quelque peu troublant et intimidant de se retrouver avec l’artiste accroupi sur sa table, ou couché devant nous sur le bar. Aucune gêne n’habite le personnage, tellement que j’ai eu parfois l’impression qu’il allait embrasser des gens dans le public. En résumé : allez le voir en spectacle. (Caroline Filion)

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Festivals Festivoix de Trois-Rivières Région : Mauricie

[FESTIVOIX] Retour sur la sixième journée (30 juin 2016) !

Voici le résumé de notre sixième journée au FestiVoix de Trois-Rivières.

Just Wôan

Festivoix 2016 (30 juin 2016) Just Wôan. crédit photo: Jean-François Desputeaux
Festivoix 2016 (30 juin 2016) Just Wôan. crédit photo: Jean-François Desputeaux

La scène des Voix Libres Ryhtme FM a accueilli le chanteur et bassiste d’origine camerounaise Just Wôan, qui sortait la journée même du spectacle son nouvel album, A Second Chance, son troisième en seulement cinq ans. Accompagné d’Auguste Donald Dogbo à la batterie et de Assane Seck à la basse, le chanteur a offert des chansons plutôt dynamiques et riches mélodiquement. Durant les onze chansons, les gens présents au jardin du Manoir Boucher de Niverville ont pu entendre un éventail d’influences créant l’univers de Just Wôan, que ce soit la pop africaine d’Isamël Lo ou encore le makossa camerounais (style de musique incorporant jazz et musique antillaise faisant la belle part à la guitare électrique notamment). Le blues désertique à la Tinariwen dans Dunia, la pop reggae des années 80 dans Give a Second Chance et le jazz brésilien dans Douma Mba sont d’autres exemples de la polyvalence stylistique de Just Wôan. Outre la musique, la voix de ce dernier est dans une forme gigantesque, passant de sons graves aux sons aigus sans fausser ou démonter de la fatigue ! Un voyage musical enchanteur, tout comme le décor accompagnant la scène.  (David Ferron)

Petit air timide, il chante dans sa langue et sa musique primitive nous présente son Afrique chaleureuse et festive. Les gens arrivent tout doucement et s’installent, curieux de découvrir cet artiste du Cameroun, histoire de faire de cette fin de jeudi après-midi un instant de zénitude. Le rythme de sa musique est teinté de variante et de sensibilité…un beau moment de liberté. Il joue quelques pièces de son plus récent album, A Second Chance, qui est sorti le  matin même, c’est entraînant et communicatif. Just Wôan, c’est Just Wow! (Nathalie Leblond)

Saratoga

Saratoga, ce duo formé de Chantal Archambault et de Michel-Olivier Gasse, qui n’ont qu’un seul EP de cinq chansons, mais qui sont capable de faire un spectacle de 1 h 30 en parsemant le spectacle d’histoires et d’anecdotes toutes plus intéressantes et croustillantes les unes que les autres ! Rarement j’ai vu un « match » aussi parfait entre deux voix et entre deux humains. En plus de nous jouer toutes les pièces du EP Saratoga, ils ont fait une reprise de la chanson Loin de toi de Sunny Duval, qui ne semblait pas être connu du public, mais les deux amoureux sur scène avaient tellement de plaisir à la jouer et à dire que leur version était meilleure que ce fut un beau moment. On comprend vite qu’ils sont complices dans la vie comme dans le travail… comme dans tous les aspects de leurs vies et ça donne lieu à une chanson, entre autres, qui parle de sabotage, de petite guerre dans un couple pour savoir qui sera le gagnant au final, avec la pièce Oublie pas, qu’ils jouent sur scène avec une petite arrogance l’un envers l’autre. Paradoxalement, la pièce On est pas du monde, elle, parle plus de leur début d’amour à distance avant de s’installer dans un petit appart de Montréal et c’est tout aussi charmant, car ils prennent cette chanson un peu comme un fantasme. Vivement le moment où les gens bruyants ont quittés Le Temps d’une Pinte puisqu’on a pu chanter à tue-tête Madame Rosa et Saratoga. Quelques fans de la musique de Chantal Archambault ont été comblés avec Tomber frêle, Reste donc couchée et Boire à crédit. La nouvelle pièce, Fleur, m’a donné plus que hâte à l’album complet, qu’ils sont en train d’enregistrer. (Karina Tardif)

Depuis le temps que j’avais envie de découvrir ce groupe de qui j’entendais parler un peu partout, je n’ai pas été déçue du tout. Le EP éponyme est excellent, mais il faut les voir performer live pour les apprécier encore davantage. Une complicité vocale autant que musicale et personnelle, Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse nous offrent une douce musique folk acoustique enveloppante. On a presque l’impression d’entrer dans leur intimité à travers leurs textes intelligents et remplis de vérité. Le groupe est né d’une visite à Saratoga Spring, ville dans l’état de New York, où ils ont décidé d’unir leurs projets respectifs sous un même nom et de former leur duo. Bonne nouvelle, ils sont présentement dans l’enregistrement de nouvelles chansons pour nous présenter un album complet. Vous pouvez également vous procurer leur EP sur le bandcamp, mais attention de ne pas les confondre avec le groupe de métal espagnol. (Caroline Filion)

Voici les photos de Jean-François Desputeaux:

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Festivals Festivoix de Trois-Rivières Région : Mauricie

[FESTIVOIX] À voir aujourd’hui (1er juillet 2016)

Aujourd’hui, c’est gratuit alors profitez-en ! Voici nos suggestions.

  • 17 h 00 : James Forest | Les Voix Publiques
  • 18 h 00 : Samito | Les Voix Libres
  • 19 h 00 : Bears of legend | Les Voix Multiples
  • 20 h 45 : Les Frères Lemay | Les Voix Populaires
  • 23 h 00 : Anatole | Les Voix Poétiques
Anatole. Crédit photo: Jacques Boivin
Anatole. Crédit photo: Jacques Boivin

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