[FEQ] Compte rendu, 7 juillet 2017

Deuxième journée complètement folle au Festival d’été de Québec! On a eu peur que la pluie s’installe pour de bon, mais non, elle n’est venue faire un petit tour que pour la prestation de Lydia Képinski (c’est mieux que la tempête de neige des Apéros FEQ en février, Lydia, c’est mieux). Sans plus attendre, voici notre compte rendu de la soirée.

Mr. Weather, L’Anti Bar et spectacles

Mr. Weather – Photo : Sébastien Dion / FEQ

L’Anti a eu le plaisir d’accueillir sur ses planches Mr. Weather, un jeune groupe prometteur de la scène locale donnant dans le rock prog / metal. Les quatre musiciens ont su attirer une foule appréciable et, ma foi, extrêmement enthousiaste malgré l’heure précoce du spectacle, prévu pour 17 h. Et les oreilles présentes n’ont certainement pas regretté d’être là!

La fougue et le dynamisme intarissable du leader et chanteur, Gabriel Drolet-Pollock, ne peut passer sous silence lorsqu’on parle de Mr. Weather. Le beau grand chevelu,  soutenu par Thomas Vidal à la guitare, qui offre des solos ahurissants, Dominique Gaumond aux percussions – qui rend « toujours tout meilleur » aux dires du chanteur, et on est bien d’accord – et d’Alex Turcotte à la basse, a le don de faire lever et crier la foule, autant les adeptes que les nouveaux visages (et il y en avait pas mal). Visiblement reconnaissants, les gars ont remercié les gens présents plusieurs fois entre les chansons.

La chaleur a monté de plusieurs crans tout au long du spectacle, sans oublier la quantité de décibels, qui ont été à leur apogée vers la fin de la prestation lorsqu’ils nous ont offerts en exclusivité deux nouvelles chansons drôlement bien ficelées (malgré ce qu’ils ont voulu nous faire croire), soit Running from Hell et Wrong Side of the Gun. Ces deux titres sont, à mon avis, une superbe démonstration de leur évolution et des efforts investis au cours des trois dernières années.

Le groupe nous a également offert l’ensemble des titres de son premier opus Between Dreams & Reality, soit Between Dreams & Reality, Landscape, Heavy Duty, Mr. Weather, Life of Tears, The Hound, Kingdom, et la plutôt funky Fantasy en rappel. Merci d’avoir mis vos trippes sur la table et de nous avoir fait tripper avec vous. Gorgée! (Tatiana Picard)

The PepTides, Scène Hydro-Québec

The PepTides – Photo : Jacques Boivin

Au premier coup d’œil, on se demande si les personnages de Salmigondis se sont lancés dans le showbiz. Beaucoup, beaucoup de couleur, des paillettes et du glitter. Mais dès les premières notes, c’est un voyage à Funkytown qui débute. Le band envoie un matériel original disco, soul, électro, un peu new wave ’80 où tout y est : wha wha, synthés et hi-hat. La formule à neuf, quatre musiciens et cinq voix, rappelle celle du Boogie Wonder Band où les chorégraphies, simples mais gagnantes, donnent le ton. Le point fort du show demeure les solides performances vocales du quintette, où la justesse retrouve la puissance.

Bref, le band d’Ottawa fait mentir la réputation de sa ville concernant l’esprit de party! (Christian St-Pierre)

Lydia Képinski, Scène Hydro-Québec

Lydia Képinski – Photo : Jacques Boivin

Dans cette soirée dédiée au prix que le FEQ a distribué dans différents festivals au cour de l’année, nous avions droit à deux représentantes de la nouvelle vague Girl Power québécoise. D’abord, la coup de cœur des Francouvertes a dompté la pluie, au point où on l’aurait cru tombée pour elle. Celle qui aime jouer la candeur pour nous qui, même si nous ne sommes pas dupes, jouons le jeu volontiers, était toute en voix pour livrer ses chansons pas aussi naïves qu’elles en ont l’air. Avec ses légères saveurs absurdes, son répertoire séduit et l’espièglerie de la chanteuse se fait sentir autant dans sa performance que dans sa relation très aisée avec le public, même si celui-ci n’était malheureusement pas très nombreux. Sensibilité, humeur bon enfant, sens aigu de la mélodie et esprit de scène, c’est ce que ça prend pour donner des airs tragiques au thème des Cités d’Or en ouverture de show. On la reverra sans nul doute au FEQ dans le futur! (Christian St-Pierre)

Plants and Animals, Scène Loto-Québec

Plants and Animals – Photo : Philippe Ruel

Plants and Animals était de retour en ville, servant de prologue à cette soirée indie rock entièrement canadienne. La petite foule de courageux ayant défié la météo menaçante a assisté à une performance sans faille du groupe montréalais. Du début du spectacle avec la très pop-ish No Worries Gonna Find Us, au jam indie-prog de Faerie Dance en clôture, le groupe n’a laissé aucun temps mort venir casser le rythme. La foule attentive était conquise d’avance. Gros coup de coeur aussi pour les pièces Stay et Lightshow qui frappent toujours dans le mille. Le chanteur Warren Spicer fêtait d’ailleurs son anniversaire. On aurait sans aucune hésitation voulu lui donner en cadeau quelques minutes supplémentaires sur la scène du Pigeonnier! (Julien Baby-Cormier)

Samuele, Scène Hydro-Québec

Samuele – Photo : Jacques Boivin

Pour la suite de cette intense soirée au Carré D’Youville, c’était au tour de la Québécoise Samuele de livrer son folk rock tantôt romantique, tantôt grinçant. On a mis le paquet du côté de la chouchou du FEQ au Festival de la chanson de Granby, ajoutant même des brass pour le dernier droit du show. Les pièces étant musicalement déjà bien denses, cet ajout couronne une montée en puissance qui, mine de rien, donne encore plus de corps aux textes qui se veulent parfois percutants. Pour accompagner une telle intensité, la chanteuse a choisi de porter paillettes et apparats qui brillent, contrastant radicalement avec ses allures punk et ses mots mordants. Détail de troisième ordre, mais j’aimerais bien savoir pourquoi. Ceci dit, les textes déclamés sont solides, mais un peu moins de désinvolture serait la bienvenue lors des adresses au public. Somme toute, une jeune femme qui en jette autant ne peut que voir l’avenir d’un très bon œil. (Christian St-Pierre)

The New Pornographers, Scène Loto-Québec

The New Pornographers – Photo : Jacques Boivin

Ce groupe phare de l’indie-rock canadien poursuivait cette soirée sur la scène Loto-Québec. Mené par Carl Newman et Neko Case (absente en tournée et remplacée par Kathryn Calder), il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu le groupe à Québec, le groupe ayant présenté son album Electric Version au Capitole en 2003. Le concert s’est ouvert avec High Ticket Attractions, une pièce tirée du dernier album du septuor, particulièrement bien représenté dans la grille de chansons. Si le groupe est capable de mélodies accrocheuses, on sentait les membres sur le pilote automatique, enchainant les chansons qui au final finissent par être plutôt interchangeables. Il y a bien eu quelques moments de grâce, dont l’efficace Mass Romantic en fin de programme, mais la foule un peu indifférente attendait visiblement le plat de résistance. Aurait-on pu faire confiance à Plants & Animals pour nous mettre en appétit dans cette case horaire moins ingrate? (Julien Baby-Cormier)

Lysistrata, Scène Hydro-Québec

Lysistrata – Photo : Stéphane Bourgeois / FEQ

À leur arrivée sur la scène, on aurait dit des participants à Secondaire en spectacle avec leurs t-shirts et leurs barbes légères et follettes. Mais dès les premières salves… Putain (sont français après tout)! On aurait dit que les kids avaient envie de nous péter la gueule. Avec leur rock furieux, qui a des moments trash, des fois punks, voire même prog, ils en mettent pleins les oreilles et le torse. Bref, ça sonne et ça résonne. Beaucoup d’intensité et de virtuosité derrière leurs allures de geeks adolescents. Un pur power trio pesant et tight comme on les aime et on comprend pourquoi le FEQ les a trimbalés du Printemps de Bourges jusqu’au Carré d’Youville. Mon premier coup de cœur de ce 50e! (Christian St-Pierre)

Corey Ledet & His Zydeco Band, Scène Loto-Québec

Corey Ledet & His Zydeco Band – Photo : Stéphane Bourgeois / FEQ

Je vais être honnête, je ne m’attendais pas à ça. Quand on pense à un accordéoniste louisianais, on imagine, oui, le party, mais pas dirigé par une rock star. C’est pourtant l’allure qu’avait Corey Ledet aux commandes de son Zydeco Band. En fait, le zydeco est un style né des musiciens créoles de la Louisianne, proche de la musique cajun. Mais dans les mains de Ledet, on a droit à quelque chose de neuf qui mise sur une présence forte de la guitare électrique. Meneur de foule émérite, l’accordéoniste paraissait jouer devant 5 000 fans tellement il est habile avec le public. C’est un plaisir de voir un aussi bon entertainer donner un air de jeunesse à un instrument et un genre d’un autre temps. (Christian St-Pierre)

Wolf Parade, Scène Loto-Québec

Wolf Parade – Photo : Jacques Boivin

Wolf Parade était de retour en ville pour une troisième fois supportant toujours son dernier EP, et surtout, testant quelques chansons à paraître sur le très attendu nouvel album. Le quatuor montréalovictorien prend visiblement beaucoup de plaisir à jouer sur scène, et ils sont solides. Les riffs quasi chirurgicaux de Dan Boeckner se fondent à merveille dans les lignes de clavier luxuriantes de Spencer Krug. Malgré un duo de nouveautés (celle chantée par Dan était particulièrement prometteuse), le groupe a surtout puisé dans ses deux premiers albums, ouvrant en force avec le duo You Are a Runner and I Am My Father’s Son / Fancy Claps. Ils ont enchaîné les pièces avec hargne et professionnalisme, au plus grand bonheur de la foule dispersée au Pigeonnier. Langage City a reçu un accueil très favorable, alors que la monstrueuse Kissing the Beehive a conclu le set principal de très belle façon, c’est-à-dire à coup de riffs assassins pendant plus de 12 minutes. Probablement que la foule aurait été plus imposante avec des têtes d’affiche différentes sur les autres scènes, mais ceux ayant choisi le rock auront reçu une solide dose de savoir-faire mélodique et scénique. Une performance sans bavure et sans artifice; tout pour le rock. (Julien Baby-Cormier)

Kendrick Lamar, Scène Bell

Kendrick Lamar – Photo : Renaud Philippe / FEQ

On sait que ce n’est pas dans le créneau du blogue, mais bon, parfois des billets VIP pour Kendrick Lamar tombent du ciel. La bonne chose à faire : les ramasser, fermer les yeux et aller dans la foule des plaines pour aller turn up. Sur une scène presque vide devant les Plaines presque pleines, Kendrick Lamar est arrivé comme un géant sur scène. Connaissant seulement son excellent album To Pimp a Butterfly j’ai été un peu déçu de constater qu’il a surtout interprété de titres de son nouveau répertoire, plus trap aux paroles basées sur le hustle et le money making. Le géant du rap était accompagné de deux musiciens qu’on n’a jamais pu voir en action, étant disposés au fond de l’immense scène Bell. Ce fut un spectacle vraiment impressionnant. Les projections très intéressantes derrière Kendrick apportaient vraiment une touche d’art à cette immense production industrialisée. On a bien dansé, on a essayé de chanter les quelques chansons qu’on connaissait, bref, une expérience cochée sur la liste, mais pas nécessairement à refaire. (Louis-Solem Perot)

Bernard Adamus, Scène Hydro-Québec

Bernard Adamus – Photo : Jacques Boivin

C’est au sympathique bum à Adamus que revenait la tâche de conclure le marathon de six shows à d’Youville, et c’est dans la bonne humeur que ça c’est passé, évidement. Flanqué de son fidèle et fort efficace band, il a enchaîné ses meilleurs morceaux pour les curieux, mais surtout pour les centaines de fans qui ne se sont pas fait prier pour chanter en chœur. Ça été, ça va de soi, de Brun (la couleur de l’amour), remâchée en bluegrass pour l’occasion. D’ailleurs, en plus du country et du blues, Adamus et ses hommes ont tapé aussi dans le manouche. Ce qui donne, au final, avec la voix éraillé du bum en chef et ses airs de « j’en ai rien à foutre », un show qui ressemble aux shots de Jameson qu’il s’envoie; une entrée forte en gueule, mais un assemblage somme toute fort raffiné. (Christian St-Pierre)

[ALBUM] Samuele – «Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent»

C’est le vendredi 7 avril qu’est paru le premier long jeu de Samuele Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent. La jeune auteure-compositrice-interprète, que l’on a pu voir aux Francouvertes en 2015 et qui a remporté le Festival international de la chanson de Granby en 2016, signe un album de 12 pièces fort intéressantes.

Une belle découverte pour l’amatrice de musique folk en moi. J’ai découvert une artiste très nuancée, qui ne se limite pas dans l’exploitation de ses talents musicaux. Les chansons ont toutes des couleurs propres, ne se ressemblent pas nécessairement, mais conservent une belle cohérence.

Le titre évocateur de l’album fait sans aucun doute référence à l’ouvrage de Ute Ehrhardt «Les filles sages vont au ciel… et les autres où elles veulent» ou pourquoi la gentillesse ne mène à rien. À la description du livre on comprend immédiatement « Montrant par quels mécanismes elles s’interdisent de mener une existence épanouie et librement choisie, Ute Ehrhardt trace une voie royale pour sortir des schémas destructeurs » tout cela en parlant des pièges mentaux qui compliquent la vie des femmes.

Elle nous agrippe tout de suite avec la première pièce, spoken word très engagé qui explique la raison du titre de l’album. Dans Égalité de papier, elle aborde le sujet de l’égalité de la femme dans la société contemporaine, qui a encore de la misère en enlever de la bouche la connotation péjorative de l’adjectif « comme une fille ». Étonnamment, ça teinte les autres chansons de l’album, mais les sujets ne sont pas tous dans l’optique d’émettre des propos aussi forts que ceux-là.

La sortie, qui se retrouvait sur son album Z’ALBUM paru en avril 2015 reste dans la tête et je me suis surpris à fredonner rapidement le refrain. La guitare électrique aux sons blues ajoute une belle profondeur à la mélodie. À la première écoute de l’album, j’ai accroché tout de suite. Les paroles sont en continuité avec la titre de l’album et la première pièce, mais elle y va d’image et de référence à la ruche des abeilles.

C’est la rythmique de batterie alliée à celle de la guitare qui séduit sur la pièce cœur de tôle alors que Cours toujours commence plus lentement, et graduellement augmente, ce qui est cruellement efficace avec le titre de la chanson.

On découvre autre chose sur Compter sur ça, alors qu’elle utilise le Ukulélé qui permet de voir ressortir sa voix très modulée et douce. Les instruments à vent sont également bien présents et complète merveilleusement la mélodie.

Dignes d’une chanson classique de blues, Tous les blues va chercher une émotivité et une mélancolie qui apparait moins sur les premières pièces. On découvre également une fragilité dans la voix de Samuele qui est vraiment prenante.

Dactylo, quant à elle, donne plus dans le folk doux alors qu’elle s’ennuie des bras de quelqu’un avec qui ça n’a visiblement ça ne peut pas fonctionné. J’y aime la belle sensibilité de sa voix. En ce qui concerne Le lest, au tempo de valse, la trompette y est magnifique et elle m’évoque un changement, alors que Toune d’hiver est sensuelle et parle plutôt de chaleur entre deux corps.

Dans La couleur de l’orage, c’est là qu’on découvre une Samuele à fleur de peau, très sensible. À sa suite, une chanson cachée se retrouve à 8 minutes 37 secondes (désolé de dévoiler le punch!) qui termine l’album sur une note plus joyeuse avec Hochelaga mon amour (j’ose croire que c’est ça le titre de la chanson!).

Il est indéniable que le long jeu de Samuele s’écoute à merveille de par ses mélodies folks rock et parfois même blues. Ses textes sont très imagés et démontrent une belle profondeur. On sent qu’elle a des opinions très féministes, mais elle les exprime de manière très diplomate.

Les musiciens qui l’accompagnent font également une différence. On songe notamment à Jean-Sébastien Brault-Labbé qui porte bon nombre de chapeau dans la création. Également Alex Pépin, à la contrebasse, basse, percussions, etc. Julie Miron s’additionne à l’équation avec une autre guitare électrique, du lapsteel, entre-autre. Finalement, Gabrielle Smith et Élizabeth Rogers complètent les mélodies avec les instruments à vent.

[PHOTOS] Raton Lover, lancement de « Le sens du vent », District Saint-Joseph, 14 février 2017

En plein jour de la Saint-Valentin (et en pleine Bourse Rideau), le groupe de Québec Raton Lover a lancé publiquement son deuxième album Le sens du vent (album qu’on n’a pas trop détesté, d’ailleurs…). Le District Saint-Joseph était plein de fans et d’amis et le coeur était à la fête! Toujours guidés par leur mascotte Bruno Savard, nos amis ratons ont offert une prestation sympathique, montrant que comme promis, leurs chansons sonnaient aussi bien sur scène que sur disque.

Ça a commencé fort avec Pawné ton âme, qui malgré son début tout en douceur, gagne rapidement en intensité. Le photographe avait des frissons! Après avoir joué quelques autres chansons de l’album, le groupe a invité quelques amis à monter sur scène pour chanter quelques chansons, notamment Éric Dion (Dans l’Shed), Antoine Lachance (qui a chanté Les yeux fermés), Samuele (qui a profité de l’occasion pour faire faire une petite chorégraphie aux gars) et Pierre Guitard!

Tout le monde était ben, ben, ben content de retrouver leurs amis qui aiment frencher des Françaises. Le show s’est terminé dans la foule, sur Le divan des coeurs brisés. Maintenant, on veut un show complet!

Voici quelques photos de la soirée :

[Rideau] Compte rendu, 14 février 2017

Les Deuxluxes – Photo : Marion Desjardins

Cette journée de fête des amoureux (qu’on a passé loin de nos tendres moitiés) était particulièrement chargée. Des vitrines un peu partout en 5 à 7 et en fin de soirée, plein de monde partout… et ça a encore vraiment fini tard. À travers tout ça, nous avons pris le temps d’assister au spectacle de lancement de Raton Lover (on vous en reparle un peu plus tard!)

OFF Rideau – 5 à 7 Société oblique/Boîte Beluga à La Ninkasi

(Par Marie-Ève Duchesne)

San James. Crédit photo : Nicolas Padovani.

La Ninkasi présentait mardi soir un spectacle en collaboration avec La Société Oblique et Boîte Béluga. Tour à tour, ce sont San James, Val Thomas, Nicolas Patterson et le groupe Floes qui ont réchauffé les amoureux (et amoureuses) de musique.

San James, projet solo de Marilyse Senécal, a été la première à entrer sur scène. Sa douce pop aux accents de synthétiseurs qu’on a pu entendre sur son EP No One changes overnight a un quelque chose de Charlotte Cardin dans la voix. Elle en a interprété quatre pièces, soit I Never Do, Winter Again, Please Don’t Say et In the End. Une belle présence scénique et quelques conversations avec le public ont conquis bien des coeurs.

Val Thomas. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Puis c’est la révélation pour plusieurs médias, Val Thomas qui a monté sur scène. Elle a joué la chanson Maze, qui est son premier extrait d’un EP à venir en mai. Les pièces étaient plus courtes et seulement à la guitare lors du spectacle, mais cela permettait de mettre de l’avant la voix chaude de Thomas.

Nicolas Patterson a été lui aussi chaudement accueilli par le public. Lui qui sortait dernièrement son EP Everything is Changing n’a pas manqué de discuter avec le public et de les faire chanter dans sa dernière chanson. S’accompagnant de sa guitare comme instrument de percussion et de rythme, les gens ont tout à gagner à le découvrir.

Le groupe de Québec Floes a fermé le bal avec son électro-pop évolutive et bien planante. Samuel, Simon et Pier-Philippe étaient en plein contrôle de leurs instruments et ont aussi charmé le public de la Ninkasi.

En somme, beaucoup de belles découvertes!

Rideau – Vitrine, Théâtre Petit-Champlain

(Par Jacques Boivin)

Thomas Hellman – Photo : Jacques Boivin

Thomas Hellman

Le défi de Hellman était assez corsé : présenter en vingt minutes un aperçu convaincant d’un show théâtral tiré de ses Rêves américains. Hellman et ses deux musiciens se sont parfaitement tirés d’affaire grâce aux belles chansons tirées du vieux répertoire blues et folk américain.

Samuele – Photo : Jacques Boivin

Samuele

La jeune Montréalaise est débarquée avec toute sa gang pour interpréter quelques belles chansons. Toute souriante, Samuele a rapidement mis les délégués dans sa petite poche de derrière en jouant comme une fille (faut la voir réciter Égalité de papier devant un public toute ouïe, qui boit ses paroles revendicatrices), en se permettant une petite chorégraphie avec ses musiciens (après tout, il n’y avait pas d’enjeu, hein?) et en s’éclatant ferme à la guitare sur La sortie. M’est d’avis qu’on va la revoir souvent!

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

Antoine Corriveau

Petit plaisir égoïste pour votre humble serviteur qui n’était plus en mode découverte, mais en mode total groupie. Accompagné de ses fidèles musiciens, Corriveau nous a présenté quelques pièces qui se voulaient un aperçu de son spectacle régulier, pièces tirées de Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter, mon album préféré de 2016. Que ce soit avec Les contours clairsDeux animauxParfaite ou Les Trous à rats, Corriveau a su convaincre de nombreux délégués qui ne tarissaient pas d’éloges dans l’autobus du retour! Sourire en coin, je me disais qu’ils n’avaient encore rien vu…

Rideau – Vitrine présentée par Bonsound au Cercle

(Par Marion Desjardins)

Les Deuxluxes – Photo: Marion Desjardins

Les Deuxluxes

Après plusieurs compte-rendus sur des spectacles des Deuxluxes, quoi dire de plus ? Sinon, qu’ils sont toujours et autant des bêtes de scène. Ils ne sont que deux, et ça sonne comme 10. Ils entraînent plus que facilement la foule avec eux (foule qui d’ailleurs semblait être venue en partie pour eux) et bien sûr, il sont magnifiques ! Bref, un début de soirée OFF rideau parfait.

I.D.A.L.G – Photo: Marion Desjardins

I.D.A.L.G

De retour dans la ville quelques jours seulement après leur dernier passage, ils ont déployé une fougue que j’avais vue oui, au OFF cet été, mais jamais autant ! Je dois avouer être déjà vendue à I.D.A.L.G côté musique, mais leur présence sur scène mardi soir a dû en convaincre plusieurs autres.

Shash’U – Photo: Marion Desjardins

Shash’U

Fin de soirée digne des festivals qui finissent très tard: IDALG cède la place à Shash’U. On a perdu quelques personnes en cours de route, mais ceux qui sont restés ont tous dansé ! Mention spéciale à l’intégration de la pièce Ce matin de Safia Nolin: je ne m’y attendais pas et c’était absolument parfait ! Je serais pas mal prête à parier qu’on va le revoir encore une fois sur quelques programmations cet été!

OFF Rideau – Vitrine de fin de soirée à La Ninkasi

(Par Nicolas Padovani)

Les Passagers. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Les Passagers

Elle porte bien son nom cette formation de Montréal. On se sent embarquer dans un navette spatiale : c’est planant, c’est rapide et ca bouge beaucoup. Arrive un moment où l’on rentre effectivement dans l’espace grâce aux multiples synthétiseurs. Et vu que c’était la St-Valentin, la chanteuse nous a recommandé de flatter la cuisse de notre voisin pendant qu’on se laisser entraîner dans leur nouvel univers. C’était un décollage.

Fuudge. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Fuudge

Que dois-je dire de nouveau sur ces 4 fantastiques à part qu’ils continuent à impressionner et à accrocher automatiquement leur public avec leur son lourd et psychédélique. Moi même qui porte un bonnet de King Crimson sur le crâne en permanence, je ne peux juste plus les détester. Ca va chercher le King, Queens of the Stone Age et chatouiller les Beatles en même temps. Ca te secoue. C’était les turbulences.

Violett Pi. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Violett Pi

Et à partir de là, la navette de la Ninkasi était bien complète pour venir voir les 4 violettes toutes vêtues de robes et de jupes. On entend  »en apesanteur, en apesanteur avec toi » rappé en boucle sur fond de punk facon Les Goules, mais c’est encore plus énervé et plus vilain que les prédécesseurs de la soirée. On s’accroche du mieux qu’on peut, on se répète  »Jusqu’ici, tout va bien » et on finit par atterrir. C’était un voyage.

Phoque OFF – Le Pantoum

(Par Jacques Boivin)

Anatole – Photo : Jacques Boivin

Anatole

Paraît qu’Anatole a fait une petite virée Nouvelle L.A.-Québec juste pour montrer aux diffuseurs québécois ce qu’il avait dans le ventre (et montrer son ventre aussi). Version condensée du spectacle qu’on a eu l’occasion de voir une ou deux (centaines de) fois. Évidemment, Anatole s’est montré sensuel, salace, lascif et décadent. Comme on l’aime. Et de nombreux fans s’étaient déplacés aussi, question de pouvoir danser comme des déchaînés sur Discollins avec votre humble serviteur qui, l’espace d’une chanson, s’est totalement abandonné.

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Gab Paquet

Autre favori du blogue, Gab Paquet est venu nous présenter quelques chansons de son cru, dont la désormais classique Consommations. Évidemment, le public, déjà émoustillé par Anatole, s’est déchaîné et chanté en choeur avec Paquet et son band de feu. Encore une fois, on a chanté, dansé, fait la fête et on a voulu faire l’amour avec Gab, qui nous l’a bien rendu en faisant quelques tours sur le parterre pour nous dire quelques mots doux dans le creux de l’oreille…

Mauves – Photo : Jacques Boivin

Mauves

Question de finir la soirée en beauté, Mauves est venu présenter quelques chansons très coco. On s’est amusés à faire du headbanging au rythme de J’ai tout essayé, on a chantonné sur Nouvelle-Calédonie, et on a trippé sur les morceaux plus atmosphériques du groupe. On en aurait juste pris un peu plus, question de faire durer le plaisir…

 

[PHOTOS] Samuele + L’Octopus, Pantoum, 23 avril 2016

Samedi soir dernier, le Pantoum gâtait nos oreilles avec un plateau double tout en douceur : Samuele et L’Octopus allaient se succéder pour offrir aux spectateurs une soirée toute simple, sans prétention, mais mémorable.

23042016-215116-06-SamueleTout d’abord, Samuele s’est présentée seule devant le public qui s’est sagement assis devant elle. Plutôt que d’occuper la scène, les artistes allaient occuper un des coins du loft. Tout le monde était donc assis en tailleur et la jeune auteure-compositrice-interprète a présenté son répertoire de chansons et de courts poèmes. Toujours aussi personnelle et engagée que lorsqu’on l’avait vue rapidement au Cabaret Festif de la relève en janvier dernier, Samuele était visiblement en territoire ami samedi, le silence religieux du public n’étant interrompu que par des applaudissements plus que polis. Au milieu de la prestation, Claudia Gagné (L’Octopus elle-même) est allée rejoindre Samuele avec sa contrebasse. Belle idée qui mettait le rythme des chansons en valeur. Fait rare pour une première partie : un rappel (bien mérité) pendant lequel nous avons eu droit à une reprise de Daniel Balavoine (Tous les cris, les S.O.S.).

24042016-000239-27-L'OctopusL’Octopus a suivi tout de suite après. Derrière Claudia, Hugo (LeMalt) et Daniel (Hains-Côté), on voyait des projections réalisées par Lap (Louis-Antoine Pelletier), qui appuyaient magnifiquement les chansons de la pieuvre et de ses musiciens! Là encore, on a eu droit à une très jolie prestation fondée principalement sur le premier album complet de l’artiste, qui s’est même payé le luxe d’une chanson en haut d’un escabeau, au clair d’une projection au plafond. Le spectacle s’est poursuivi sans faille jusqu’à la dernière chanson, Yukon (une des chansons de son EP), où Claudia a eu un énorme blanc de mémoire en oubliant son deuxième couplet et à la suite duquel elle a lancé un rire proportionnellement contagieux. Ça arrive, on ne lui en tiendra pas rigueur.

L’Octopus sera à la Librairie St-Jean-Baptiste avec Miss Sassoeur & Les Sassys le 21 mai prochain.

Elle assurera également la première partie du spectacle de Julie Blanche au Cercle le 9 juin.

Deux beaux rendez-vous!

 

[À VOIR CE WEEK-END] Québec

Les prochaines semaines seront complètement folles côté spectacles à Québec et la fin de semaine qui s’en vient en sera un bon exemple. Alors, quel est le menu du week-end?

On vous en présente un aperçu, mais vous pouvez toujours consulter Quoi faire à Québec pour plus de concerts de toutes sortes.

Jeudi 21 avril

Émile Bilodeau - Photo : Jacques Boivin
Émile Bilodeau – Photo : Jacques Boivin

On commence la soirée avec Émile Bilodeau au District St-Joseph dans le cadre des Apéros découverte du FEQ. On aime beaucoup ce jeune homme qu’on a pu voir un peu partout au cours de la dernière année. Vous aimez Mononc’ Serge? Vous trippez sur Philippe Brach? Vous allez adorer Émile. À 17 h 30. Entrée libre.

Il était à Lévis la semaine dernière (avec Émile, justement), le v’là de retour sur la rive-nord. Je parle bien sûr de Philippe Brach, qui nous interprétera les chansons de son magnifique Portrait de famine. Il reste encore quelques billets, mais on n’est pas sûrs qu’il va en rester à la porte. Décidez-vous rapidement! Portes : 19 h. Spectacle : 20 h. 22 $. **

Anatole
Anatole – Photo : Marion Desjardins

Quelle belle façon de finir sa soirée que d’aller voir Anatole et Yokofeu! Les deux groupes se produiront au sous-sol du Cercle à 22 h (ou après la fin du concert de Brach). Anatole va en profiter pour lancer son jeu de tarot. Que vous réserve la nouvelle L.A.? 10 $ (5 $ pour les détenteurs de billets de Brach) **

La formation pop de Québec Unknown Colour lancera son album Beat the Clock à L’Anti. Première partie : Tracer Flare. Portes : 20 h. 10 $

Vendredi 22 avril

L’auteur-compositeur-interprète Fred Labrie lance son album Dans la fumée claire à la Ninkasi en formule 5 à 7. Entrée libre.

Le groupe rap du 83 Taktika sera à L’Anglicane pour célébrer ses 20 ans. C’est complet, mais si vous avez déjà votre billet, on vous rappelle que le spectacle est à 20 h.

The Two Birdz profite également de ce vendredi pour lancer un nouvel album, No One’s a Stranger. Au Fou-Bar à 20 h 30. Contribution volontaire.

Amor et Willie - Photo : Jacques Boivin
Amor et Willie – Photo : Jacques Boivin

Les amateurs de musique qui sent la campagne iront assister au Barn Show à L’Anti, un show qu’on nous vend comme un show d’cowboys 100 % Québec. Au menu : The Free WalkersAmor & WillieLe Paparman Club Band et Tze Texas Redmecs. Ça va être festif et déjanté, nul doute à ce sujet, surtout que le tord-boyau va couler à flots. Est-ce que les gens de L’Anti vont oser garder le miroir derrière le bar? Une balle perdue, ça fait des dégâts! 20 h. 10 $ (à la porte).

Milk and Bone - Photo : Jacques Boivin
Milk and Bone – Photo : Jacques Boivin

Au Cercle, c’est le retour de Milk & Bone, qui avait fait un tabac à sa dernière visite à l’automne dernier. Cette fois, la première partie sera assurée par la sensation Geoffroy, qui devrait donner quelques frissons aux spectateurs avec sa jolie musique. 20 h, 20 $ (on nous souffle qu’il ne reste qu’une cinquantaine de billets… faites vite!).

Give Me Something Beautiful et Les Avalés sont au Bateau de nuit dès 20 h 30.

Samedi 23 avril

La jeune auteure-compositrice-interprète Marianne Poirier sera au Vieux bureau de poste. 20 h. Mais vous savez quoi? C’est complet! Yep. Même les artistes qui débutent remplissent les salles!

Samuele - Photo : Jacques Boivin
Samuele – Photo : Jacques Boivin

On l’a beaucoup aimée cet hiver au Cabaret festif de la relève, elle est de retour à Québec : Samuele sera au Pantoum! En première partie? Une pieuvre qu’on aime beaucoup : L’Octopus. Portes vers 20 h, BYOB. 10 $.***

 

[CABARET FESTIF DE LA RELÈVE] Soir 1, 23 janvier 2016

Samedi dernier s’ouvrait à Baie-Saint-Paul le sixième Cabaret festif de la relève, une initiative des organisateurs du magnifique festival Le Festif qui vise à faire connaître aux mélomanes charlevoisiens de jeunes artistes bourrés de talent qu’on risque de voir au cours des prochaines années!

Cette année est particulièrement relevée et on connaît déjà un peu quelques-uns des artistes qui présenteront leurs projets à la Salle multi de l’Hôtel Germain. La barre va être très haute. En tout cas, mes attentes l’étaient. Belle soirée pour être membre invité du jury (hé, faut qu’on surveille attentivement à qui on va le remettre, ce prix qu’on va remettre!).

Dany Placard
Dany Placard

Avant de commencer le tout, pourquoi pas réchauffer la salle avec une bien trop courte prestation de Dany Placard (je ne veux pas me plaindre, mais j’aurais mis ce bout-là sur Repeat tellement c’était bon), venu montrer aux jeunes blancs-becs c’était quoi avoir des bonnes tounes pis les interpréter de façon convaincante. Puisant dans ses chansons les plus tendres, Placard a continué de gagner de nouveaux fans. Un par un.

Samuele

Samuele
Samuele

La soirée allait commencer avec Samuele, auteure-compositrice-interprète-spokenwordeuse qui n’a pas la langue dans sa poche et qui a semblé charmer le public avec sa spontanéité et ses passages parlés qui fessent.

Accompagnée d’excellents musiciens (Alex Pépin à la contrebasse, Jean-Sébastien Brault-Labbé à la batterie et Julie Miron à la guitare), la jeune femme a proposé des chansons folk-rock un brin bluesées. C’est pas toujours propre, mais c’est tant mieux. Belle découverte!

Notons que Samuele a remporté le vote du public et affrontera les deux autres choix du public dans un vote Internet qui ne fera pas de quartier.

Lucil

Lucil
Lucil

Fallait aimer le blues en ce début de soirée. Après le folk-blues de Samuele, voici le blues assumé de Lucil. Ulysse Ruel à la voix et à l’harmonica, Martin Boudreault à la guitare, Olivier Laflamme à la basse et Alexis Hernandez-Funes aux percussions (dont une poubelle de métal qui « sonnait bien »), ont présenté les chansons de leur album Denys Arcand, lancé en décembre dernier.

Les chansons de Ruel et ses comparses ont été bien accueillies par le public qui a apprécié la belle énergie du groupe.

Harfang

Harfang
Harfang

Oh boy. Évaluer Harfang comme si je ne les avais jamais vus. Ça n’allait pas être facile. Heureusement, les gars m’ont aidé un peu en jouant quelques nouvelles chansons fort prometteuses, qui donnent l’impression que les gars ont écouté beaucoup de trucs pleins de soul (Alt-J) et qu’ils ont décidé d’ajouter cette couleur à un palette déjà riche.

Prestation encore sans faille pour Samuel Wagner, Antoine Angers, Alexis Taillon-Pellerin, David Boulet-Tremblay et Mathieu Rompré.

Gab Paquet

Gab Paquet
Gab Paquet

Ça fait plusieurs années que Gab Paquet peaufine son « personnage » de crooner français avec la moustache, le pad et les paillettes. Samedi, en quatre chansons (dont la toujours mauditement accrocheuse Consommations), Paquet et ses musiciens (Hugo LeMalt, Jean-Étienne Collin-Marcoux, Claudia Gagné et Claude Amar) ont donné la totale : une prestation sans faille, d’excellentes chansons bien interprétées et surtout une mise en scène assumée.

Samedi soir, Paquet a marché comme un funambule sur la très mince ligne qui sépare le kitsch-cool et le quétaine à mort, mais il l’a fait avec tant d’aplomb, avec une telle assurance (et un tel professionnalisme) qu’il était plus grand que nature. On a bien hâte d’entendre ce qu’il va sortir en finale.

En attendant, on va attendre avec impatience le 6 février, alors que s’affronteront Le Winston Band, Blond Cerise, Lydia Kepinski et Mat Vezio.

 

[FESTIVAL] Festival de la chanson de Tadoussac 2015 – Jour 1

Tournee

Dans le cadre de la 32e édition du Festival de la chanson de Tadoussac, j’ai eu la chance d’obtenir un passeport Découvertes qui me permettra, pour les jours à venir, de coucher sur papier quelques bribes de cet événement rocambolesque et tout en musique. Viendront aussi quelques entrevues à la bonne franquette avec quelques artistes qui sont au programme cette année. On commence ça avec un compte rendu de jeudi, la première journée du festival.

Après avoir fait mon petit bonhomme de chemin vers ce lieu charmant qu’est Tadoussac, je suis arrivée à la grosse pluie sur le site du festival. Ou plutôt l’accueil, car les différentes scènes sont disséminées un peu partout dans le village. On était trempés, c’était orageux, venteux comme pas possible, mais on s’est rapidement fait réchauffer le cœur grâce la bienveillance ambiante qui plane toujours sur l’endroit. Après avoir pris un bon dîner et piqué ma tente (tant bien que mal), j’ai pu me diriger vers le premier spectacle de ma liste.

Les chemins d’écriture – Scène Desjardins

Crédit Photo: Xavier Lacouture
Crédit Photo: Xavier Lacouture

Vers 22h30, on a fait entrer le public dans l’église. La salle était quasi pleine, surtout remplie de personnes un peu plus âgées. Elles étaient venues, comme moi, découvrir 8 artistes émergents ayant participé à une formation d’écriture de quatre jours offerte par le festival, et qui allaient présenter chacun deux pièces de leur répertoire. Ce spectacle, prévu surtout pour nous mettre l’eau à la bouche, est le prélude des deux prochains chemins d’écriture du festival, pendant lesquels les artistes auront plus de temps pour nous livrer leur musique. On nous a donc présenté Anthony Roussel et sa voix rauque accompagnée de folk-rock touchant et Rimo, un cousin de France, avec ses mélodies groovy et sensuelles. Joanie Michaud m’a surprise avec sa belle voix douce mais forte, autant qu’avec ses textes imagés, simples et bien choisis. Puis, la moins émergente Pascale Picard a suivi avec deux de ses chansons traduites en français par Gaël Tavernier. A suivi Jérôme Charrette-Pépin qui, avec une ou deux blagues d’entrées de jeu, a continué à faire rire le public avec ses chansons hors de l’ordinaire et aux accents country, bien qu’il m’ait semblé un peu incompris par ce public qui ne cherchait pas toujours à le prendre au sérieux. Samuele a ensuite pris la scène avec un sourire narquois accroché aux lèvres, nous jouant des mélodies aguicheuses et sincères, pour ensuite laisser la place à Chantale Archambault et sa voix pas si émergente aux teintes country sur une musique plus folk qui parlait d’amour. Pour terminer, Michel Robichaud a enchaîné rires et songes avec une pièce comique aux paroles semi-parlées à la Dédé Fortin, puis avec La Dose, une chanson à faire réfléchir. Tout au long du spectacle, on a senti une belle énergie au sein du groupe d’artistes, qui ont tous participé aux chansons des autres, chantant, claquant des doigts. On a eu droit à plusieurs bonnes (et moins bonnes) blagues de leur part pendant que leurs confrères ou consœurs accordaient leur guitare. Bref, une soirée pleine d’énergie devant un public plutôt attentif et bienveillant. Ça mettait bien la table pour le reste du festival, en espérant qu’on puisse couvrir quelques-unes des performances de ces artistes dans les prochains jours!

Mehdi Cayenne Club – Site Belle Gueule

Mehdi1
Crédit Photo: Gabriella Quesnel-Olivo

Le ciel s’étant dégagé, on s’est dirigé tranquillement vers l’auberge de jeunesse de Tadoussac pour Mehdi Cayenne Club. Devant un public un peu moins garni mais tout aussi varié qu’aux chemins d’écriture, la formation simple, composée de trois musiciens, a livré une performance impressionnante. Avec leur petit effectif, ils parvenaient tout de même à faire lever la foule. Il faut d’ailleurs souligner le charisme et les expressions faciales variées du chanteur, toujours plus enthousiaste. La musique du groupe, assez inclassable, avait un petit côté fucké qu’on aime bien, créé par l’ambiance planante du synthé, les syncopes de la batterie et les rythmiques inhabituelles de la guitare. La voix et les paroles, un peu à la Xavier Caféine, m’ont moins marquée. Cependant, la dernière pièce ressortait du lot : le texte était un poème de Jacques Prévent qu’ils ont bien su mettre en musique.

Clay and Friends – Site Belle Gueule

Clay
Crédit Photo: Gabriella Quesnel-Olivo

Pendant le spectacle de Mehdi Cayenne Club, juste à côté, il y avait aussi Raton Lover, puis Dylan Perron et Élixir de Gumbo, là où les jeunes, plus absents à Mehdi, s’étaient concentrés en grande quantité. J’ai pu entendre une partie du deuxième spectacle : un bluegrass traditionnel et quelques hommages à Gilles Vignault qui donnaient le goût de sauter partout, mais qui ne sortaient pas de l’ordinaire. Puis ça a été le tour de Clay and Friends, et ils ont littéralement su mettre le feu à la foule, alors plus nombreuse. Je me suis moi-même départie de mon cahier de notes pour danser avec les autres au son de leur musique tantôt funk, tantôt reggae, toujours soul et avec un fond assumé de Hip-Hop. Le chanteur/rappeur, Clay, ainsi qu’Aydell, aux percussions de style beatbox, se sont adonnés à quelques improvisations plus que savoureuses, et nous en promettent davantage encore les prochains soirs, pendant lesquels ils joueront aussi. Leur solide performance était appuyée par d’autres musiciens de talent, deux guitaristes et un bassiste. La formation a d’ailleurs accueilli, pour la première fois, un nouveau claviériste, qui vient ajouter une touche jazzy qui, quoique légère, reste prometteuse. Bien hâte de retourner les voir dès demain !

Et c’est pas tout ça, mais il était déjà rendu 2h30 du matin, et j’ai dû me diriger vers ma tente pour me reposer, parce qu’une journée remplie m’attendait le lendemain. Elle m’a accueillie avec un beau soleil comme pour dire pardon, et s’annonce riche en expériences improbables et en musique. Je vous raconte ça demain !

Signé : votre fidèle rédactrice

À lire aussi:

Festival de la chanson de Tadoussac 2015 – Jour 2

Festival de la chanson de Tadoussac 2015 – Jour 3 

 

(Crédit Photo pour la galerie et l’en-tête: Gabriella Quesnel-Olivo)

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