[SPECTACLE] Suuns + Sarah Davachi, Le Cercle, 9 mars 2017

Suuns, l’un des groupes les plus pertinents de la scène montréalaise, était de retour en ville moins d’un an après leur dernière apparition aux Nuits Psychédéliques. Cette fois, le concert se déroulait au Cercle, une salle parfaite pour des groupes qui présentent une musique énigmatique et riche en décibels.

Cinq immenses lettres gonflées annonçait l’arrivée imminente du groupe sur scène. C’est la chanson finale d’Images du futur, la bien nommée Music Won’t Save You, qui a ouvert le bal. La superpuissante Powers of Ten a suivi dans toute sa complexité, permettant à la foule d’observer le batteur Liam O’Neill exprimer l’étendue de son talent. C’est que la musique oppressante du quatuor repose en grande partie sur les structures rythmiques complexes de la batterie et la subtile sensibilité pop qui enrichit constamment les sonorités lourdes et volontairement chargées souvent mises de l’avant par le claviériste Max Henry. Translate, un des nombreux moments forts du spectacle, est un exemple parfait de ce côté entrainant qui ajoute une certaine lumière à la lourdeur mélodique et qui a tout pour convaincre les spectateurs de bouger.

Le groupe a servi plusieurs pièces du dernier album Hold/Still, interprétées avec plus de précision et d’aplomb qu’au début de la tournée, insufflant à des pièces comme Resistance et Instrument une énergie brute franchement gratifiante. En fin de parcours, Suuns s’est risqué à présenter des pièces parmi les plus hermétiques de leur discographie, telles que Pie IX, Brainwash et Careful, prouvant qu’il avait l’appui indéniable de la foule, qui a suivi le groupe aveuglément dans les dédales les plus étranges de leur discographie. Si Arena est venue conclure cette performance de façon spécialement dansante, le groupe réservait un monstrueux rappel aux spectateurs massés au Cercle pour l’épilogue de cette soirée. La très fuzzé Armed For Peace a ouvert le bal, puis l’étrange ligne vocale de Up Past the Nursery a résonné parmi les spectateurs comblés. Le tout s’est terminé avec plus de retenu avec l’essentielle Edie’s Dream et sa ligne de basse langoureuse. Un concert exceptionnel, qui sera assurément considéré en fin d’année lorsque j’aurai à réfléchir aux meilleurs moments de mon année musicale. Parlant de musique hermétique, Sarah Davachi a présenté en première partie un long drone assez minimaliste aux claviers. Il faut probablement être un amateur du genre pour en apprécier les subtilités.

À voir à Québec : 9 au 12 mars

Mercredi, Marie-Michelle vous avait proposé quelques perles triées sur le volet. Aujourd’hui, on fait le tour des principaux spectacles présentés à Québec ce week-end!

Attention, y’en a beaucoup, et pas les moindres!

Jeudi 9 mars

Liana Bureau lance (enfin) son EP intitulé Prime Time au Maelstrom Saint-Roch. On l’a écouté, c’est du bonbon (on vous en reparle bientôt). Enfin du RnB de qualité à Québec! Préparez-vous à groover doucement dans le petit café de la rue Saint-Vallier. La première partie sera assurée par l’excellent groupe Floes. N’arrivez pas trop tard, ça devrait être pas mal plein! Portes : 19 h 30 / Spectacle : 20 h 30. Billets

Suuns – Photo : Jay Kearney

SUUNS est de retour à Québec pour un concert au Cercle pour nous présenter les pièces de sont plus récent album Hold/Still, un album qu’on décrit « comme un objet énigmatique, une suite musicale à la beauté étrange et à l’interprétation méticuleuse qui englobe les contraires et fait de la distorsion cognitive une vertu.Une oeuvre qui ne cède pas facilement ses secrets. » Première partie : Sarah Davachi. Portes : 20 h / Spectacle : 21 h. Billets

Alex Nevsky – Photo : Jacques Boivin

On pense que ça va faire des la la la à l’unisson à l’Impérial Bell avec le retour du grand Alex Nevsky, venu nous chanter les pièces de Nos eldorados. Au menu : de la pop lumineuse et accrocheuse. Juste avant, on pourra voir l’énergique Laurence Nerbonne et ses nombreuses bombes tirées de sont excellent album XO, ainsi que Ria Mae, un jeune auteure-compositrice-interprète haligonienne. Portes : 19 heures / Spectacle : 20 heures. Billets

Vendredi 10 mars

Mauves – Photo : Jacques Boivin

On ne peut pas ne pas vous convier au magnifique triple plateau concocté par le Cercle pour lancer la fin de semaine : Medora (qui nous promet de nombreux nouveaux airs), Mauves (le groupe le plus coco du Québec, qui nous promet de nombreux vieux airs) et Dear Criminals (qui a plein de nouveau matériel à présenter, dont les pièces inspirées par le film Nelly). Une maudite belle soirée en perspective! Portes : 20 heures / Spectacle : 21 heures. Billets

Si vous aimez ça quand ça bûche, vous serez gâtés à La source de la Martinière, qui présente Strigampire, Meet the mailman et Skyhex. Quand on parle de chansons déchaînées et de mélodies aux rythmes effrénés, on se dit que ça va faire un joyeux headbanging devant la scène. 21 heures. Billets

Y’a aussi Matt Holubowski à L’Anglicane et Charlotte Cardin à l’Impérial Bell… mais c’est complet. Désolé!

Samedi 11 mars

Joëlle Saint-Pierre – Photo : Jacques Boivin

Avez-vous déjà entendu la jeune vibraphoniste Joëlle Saint-Pierre? Non? Mais qu’attendez-vous, mautadine! On a eu un gros coup de coeur pour son excellent album Et toi, tu fais quoi? sorti il y a déjà un bout de temps. On l’a vue jouer de son vibraphone, qui est un match parfait pour sa douce voix. Vous voulez faire amende honorable? Elle sera au Palais Montcalm avec ses talentueux musiciens ce samedi à 20 heures. Vous allez être charmés! Billets

Bears of Legend. Photo : Izabelle Dallaire

Du côté de l’Impérial Bell, on aura droit au talentueux septuor trifluvien Bears of Legend, qui propose (si vous ne le saviez pas) un folk orchestral avec une petite touche de progressif. Un univers des plus imagés au sein duquel vous ferez un maudit beau voyage. En première partie, un autre groupe qui propose un genre de folk orchestral, mais cette fois avec une belle touche de jazz : Bellflower. Portes : 19 heures / Spectacle : 20 heures. Billets

Du côté de la Librairie Saint-Jean-Baptiste, l’artiste Ombre! lancera son EP Hymne à la nuit. On va vous parler du EP d’ici samedi, mais si vous le souhaitez, vous pourrez entendre la folk feutrée de Dany Asselin dès 19 h 30 dans ce lieu propice à l’écoute. Contribution volontaire.

Dimanche 12 mars

Peter Peter

De la grande visite à Québec : Le Montréalo-Parisien d’origine saguenéenne Peter Peter vient présenter son tout nouvel album, Noir Edenau Cercle. La pop-électro savante de Peter Peter mélangée à ses propos pas toujours jojos (quoique Loving Game est plutôt lumineuse, n’est-il pas?) est une façon parfaite de terminer la fin de semaine. La première partie sera assurée par Barbagallo, que vous connaissez peut-être en tant que batteur de Tame Impala, et qui vient également de lancer un album intitulé Grand chien, lui aussi résolument pop. Douze camions ouvrira la soirée derrière les platines. Portes : 19 heures / Spectacle : 20 heures. Billets

LOS – Photo : Catherine B Photographie

On les voit souvent, mais on sait que plusieurs d’entre vous aimez les voir aussi souvent que possible : Los est de retour à L’Anti Bar et spectacles, question de nous chatouiller les oreilles avec les chansons de son excellent Big Surf. Le groupe sera accompagné d’une autre bande de rockeurs au coeur tendre, la formation néo-brunswickoise Little You Little Me. Portes : 20 h / Spectacle : 21 h. Entrée : 12 $ à la porte.

[SPECTACLE] Les nuits psychédéliques de Québec avec Pang Attack, Rishi Dhir, Buck Gooter, Yonatan Gat, SUUNS et Moon King. Salle multi, 15 avril 2016

Cette année, la troisième édition des Nuits psychédéliques de Québec prenait place à la Salle Multi de la Coopérative Méduse plutôt qu’au Cercle. Pour les néophytes, le festival offre une multitude de groupes de musique dont le but est de créer une atmosphère planante et, bien entendu, faire découvrir des artistes aux styles éclectiques et hors du commun. Une soirée découverte s’annonçait à moi étant donné ma première participation aux Nuits Psychédéliques et de ma méconnaissance des groupes présents. Soulignons chaleureusement la participation de monsieur Lance Gordon de Mad Alchemy (San Francisco) qui se chargeait des effets visuels hauts en couleur. Les photos parlent d’elle-même!

Pang Attack

Photo: Jay Kearney
Photo: Jay Kearney

C’est le trio montréalais constitué d’Alex Hackett (guitares, voix), Yann Geoffroy (batteries) et Dave Clark (claviers, basse) qui se chargeait d’ouvrir cette troisième édition. Jouant dans le post-rock atmosphérique que certains qualifient de «shoegazing», le groupe se démarque de par la clarté de leur son et des effets électro précisément dosés. Live, Dave Clark délaisse sa basse pour plutôt s’occuper du synthétiseur, substitut de choix pour créer l’ambiance onirique de Pang Attack.

 

 

Rishi Dhir

Photo: Jay Kearney
Photo: Jay Kearney

Le chanteur de la formation indie rock canadienne Elephant Stone, Rishi Dhir, était en formule solo ce soir, accompagné de sa sitar. Nu-pied sur son tapis, sirotant son verre de vin rouge, Dhir s’introduit en pinçant les multiples cordes de son instrument ébahissant. La foule est rivée sur ce point central sur scène. Jusqu’à la moitié de sa prestation, il nous offre un jeu traditionnel envoûtant, frôlant le mysticisme. Vers la fin, Dhir module le son de son instrument pour ajouter un rythme électro bouclé à son jeu. Peu de temps suffit pour faire danser les spectateurs sur l’air très semblable à New Order – Blue Monday. Très intéressant de voir la polyvalence du musicien.

Buck Gooter

Photo: Jay Kearney
Photo: Jay Kearney

Le duo américain Buck Gooter (Terry Turtle, guitar – Billy Brat, vocal et percussions) fait une entrée fracassante sur scène, diamétralement opposé au spectacle précédent. Tandis que Turtle joue sur une guitare sèche distortionnée, Brat rugit dans son micro tout en harmonisant les diverses percussions. Champion de la présence sur scène, ce dernier lance des regards maléfiques tandis qu’il assainit de violents coups de pied dans ses chimes, clochettes autour du cou. Côté musical, on se rapprochait d’un mélange punk trash des années 80 fusionnées à du new-wave. Ce fût quelque peu cacophonique, mais très divertissant!

Yonatan Gat

Photo: Jay Kearney
Photo: Jay Kearney

Une petite scène se glisse discrètement au milieu du parterre après Buck Gooter pour faire place au trio new-yorkais. À travers les spectateurs attentifs se glissent les musiciens qui grimpent vers leurs instruments. Yonatan Gat lui-même nous annonce que nous nous apprêtons à «vivre un rituel ancestral»! Nous avons droit à une introduction de guitare au caractère très surf rock, suivi d’une impressionnante rythmique à la batterie. En effet, le tempo accéléré dans un style jazz aléatoire du batteur superposé aux douces mélodies californiennes donne un effet psychédélique remarquable. Les lueurs rouges et vertes des projecteurs laissaient entrevoir l’expression des musiciens en sueur qui semblaient vivre un état second. Toutefois, j’ai été déçu du son à peine audible de la basse. De plus, j’ai eu l’impression, après 30 minutes, que la musique était répétitive et chaotique, entre autres due à la présence permanente des percussions hyperactives.

SUUNS

Photo: Jay Kearney
Photo: Jay Kearney

Le groupe rock électro montréalais tant attendu, Suuns (Ben Shemie, Max Henry, Liam O’Neill, Joseph Yarmush.) était présent cette année et nous présentait leur album fraîchement pressé Hold/Still. Il n’a suffi que de peu de temps pour que la foule, sous l’emprise du rythme, se mette à danser et chanter. Le groupe nous fait découvrir quelques pièces de leur nouvel opus avec entre autres UN-NO, Resistance, Translate et Brainwash, mais remonte également à Zeroes QC avec Arena et Up Past The Nursery. Les passages plus lourds se sont fait ressentir chez les spectateurs par des slams et du bodysurfing. L’ambiance était festive! Bref, une performance impeccable de l’artiste, qui fut pour moi le coup de coeur de ma soirée. Mon seul regret c’est de ne pas avoir connu ce groupe avant!

Moon King

Photo: Jay Kearney
Photo: Jay Kearney

Tandis que la plupart des spectateurs ont quitté les lieux après SUUNS, les plus curieux sont restés pour voir la dernière prestation du jeune groupe torontois composé de Maddy Wilde et Daniel Benjamin. Malgré l’heure tardive, les gens restant écoutaient attentivement les premières pièces indie-rock dreampop. Côté scène, Benjamin semble avoir de la difficulté avec le volume de son clavier à quelques reprises. De notre côté, le son est plus qu’agréable. Les gens se mettent à leur aise en dansant dans l’espace vacant au fur et à mesure que le spectacle avance. La voix de nymphette de Wilde s’agence à merveille avec le côté éthéré que procure leur style. Dommage que la foule se soit dissipée tout juste avant leur représentation.

C’est donc vers 2h00 que les dernières notes de Moon King résonnent dans la Salle Multi. Incroyable expérience de mon côté! Autant mes sens auditifs que visuels ont été comblés. Encore une fois, l’orchestration fantasmagorique des effets visuels par Mad Alchemy a été un ajout tout à fait extraordinaire! J’appréhendais une monotonie des styles musicaux aux clichés psychédéliques, mais j’ai été surpris du contraire. J’aurais cependant respecté la recette traditionnelle de mettre la tête d’affiche en dernier. Je trouve que c’est un manque de respect qu’une grande partie des spectateurs aient quitté après SUUNS, d’autant plus que je trouve cela triste pour l’artiste. J’y retournerai à coup sûr l’an prochain, quitte à planifier mes congés d’avance!

Consultez ici les superbes photos que Jay Kearney, photographe chez nous, a pris pour le compte de l’organisation des Nuits Psychédéliques et que le festival nous permet de présenter à nouveau.

[QUOI FAIRE] Mauricie: Les suggestions de l’équipe du 15 au 19 avril 2016

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas.. wow ! Bons spectacles en Mauricie :

15 avril:

  • Happening électro avec Biobazar au Centre culturel Pauline Julien
  • Victor Wainwright au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco
  • Matt Hulobowski au Magasin Général Le Brun (Supplémentaire)

16 avril:

  • Philippe Brach et Émile Bilodeau à La Taverne de Saint-Casimir
  • Matt Hulobowski au Magasin Général Le Brun
  • J.P.Soars And The Red Hot au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco
  • Fire/Work au Moulin Michel de Gentilly
  • La Valérie et Cosmophone au Zénob
  • Stefie Shock à la Maison de la culture Francis-Brisson

17 avril:

  • Greg Regus + We told you so + Charlie Letendre au Ti-Petac

19 avril:

  • SUUNS + Pang attack au Café Frida

 

[Entrevue] Suuns

IMG_1398À l’aube de lancer leur 3e album Hold/Still, le groupe montréalais Suuns s’embarque dans ce qui sera sans doute une éreintante tournée. Des mélomanes partout en Amérique du Nord et en Europe vibreront dans les prochains mois au son de la musique oppressante, entêtante et singulière du quatuor. À l’écoute de ce 3e chapitre, un disque exigeant, mais tout aussi magistral que le précédent, il semble que le groupe n’avait qu’un but: outrepasser ses propres frontières. J’ai eu l’opportunité de rencontrer Ben Shemie (chanteur et guitariste) et Joseph Yarmush (guitariste et bassiste) avant une représentation à la sympathique taverne de Saint-Casimir.

(Photos de l’entrevue Simon Desjardins / Concert Julien Baby-Cormier)

IMG_1404Si le groupe avait enregistré les deux disques précédents à Montréal, ils ont cette fois décidé de sortir de leur zone de confort et d’aller enregistrer au Texas dans un modeste studio. «Nous avions l’option d’enregistrer n’importe où, mais l’idée était de sortir de Montréal pour nous concentrer 100% sur l’album chaque jour», explique Ben. Ils ont enregistré avec John Congleton, un réalisateur réputé (il a réalisé des albums pour des artistes de tout acabit, tels War on Drugs, St Vincent, Erykah Badu ou Sigur Ros). Questionné à ce sujet il poursuit: «On l’avait rencontré une ou deux fois, c’était un fan, il nous avait contactés pour nous dire qu’il voulait travailler sur notre prochain album. C’était super.» Le groupe a aussi modifié sa façon d’enregistrer, essayant de donner vie aux chansons en direct dans le studio plutôt que d’y aller avec des superpositions (overdubs). «Les chansons, nous les avions jouées, mais ce n’était pas des versions finales, on espérait que John nous aide à les finir et à choisir les meilleures versions(…) c’était plus comme des répétitions enregistrées». En parlant du processus de sélection, on apprend que certaines pièces dataient des débuts du groupe. «Translate (le premier extrait) par exemple était complètement différente, on l’avait déjà enregistré 3 fois», explique Joseph. Ils ont ainsi considéré autour de 17 chansons pour arriver à ce tout extrêmement cohérent et concis qu’est l’album Hold/Still.

IMG_1405Le groupe voyage énormément pour supporter ses albums et si pour la première tournée (pour le disque Zeroes QC) le groupe faisait surtout des premières parties, celle derrière Image du Futur à vu le groupe être propulsé en tête d’affiche dans la plupart des grandes villes où il passait. Lorsqu’on leur demande s’ils avaient hâte d’embarquer dans cette tournée, Ben se fait convaincant: «on fait tellement de « prod » sur l’album et là c’est beaucoup de presse et de (répétitions) prétournée que je me dis : Let’s just fucking play some shows, et on est habitués maintenant (aux multiples allers-retours)». Suuns tente aussi de modifier la grille de chansons tous les soirs pour tenter de capter l’énergie parfois très changeante du public avec en trame de fond le désir de ne pas sombrer dans la facilité. «Ce ne sont pas toujours les mêmes chansons qui fonctionnent d’une place à l’autre», explique-t-il. Lorsqu’on leur demande quel a été le spectacle le plus marquant de la précédente tournée, ils élaborent sur un festival européen en particulier: «Glastonbury  (immense festival en Grande-Bretagne) c’était comme un rêve, c’est magique. C’est comme une ville-festival massive, c’est incroyable. On a été chanceux d’être sur un stage super-cool avec un bon line-up.» Ce n’est pas toujours le cas. Dans la catégorie des concerts bizarres, il y a celui au festival d’été en première partie de Marillion. «On jouait devant leurs fans… they hated it… Ils nous avaient demandé si on voulait faire ce spectacle-là et on a répondu oui sans hésiter. On a fini par avoir du « hate-mail » à cause de ce show-là.» Cependant, ils ont aussi leur part de louanges. Les Inrocks, célèbre magazine parisien, n’hésite pas à qualifier Suuns de groupe qui évolue dans une classe à part; parmi les meilleurs groupes du monde, rien de moins. À Saint-Casimir, malgré la maigre foule, ils ont projeté sur scène une unité qui transcende celle de bien des groupes de haut calibre; il fallait les voir enchainer les nouveaux morceaux dans ce spectacle avec une maitrise digne des fins de tournée. Des pros.

Questionnaire musical en vrac:

Y a-t’il un album qui a fait l’unanimité dans la van lors de la dernière tournée?

Joseph:«Yes, Kendrick»

Ben: «C’était la thématique de l’année cet album (To Pimp a Butterfly)»

Dernier album acheté?

Joseph:«L’album de Pang Attack» (un groupe de Montréal qui assure la première partie de Suuns pour quelques concerts)

Ben: «Kaitlyn Aurelia Smith, tu connais? C’est vraiment bon, c’est de la musique électronique avec un peu de chant… it’s cool!»

Quel serait votre album exutoire?

Ben: «Du techno ou AC/DC»

Joseph: «Des fois quand je suis stressé je joue Undertow de Tool, souvenirs d’adolescence…»

Avez-vous des plaisirs coupables?

Ben: «Probablement Madonna, l’album True Blue.»

Joseph: «N’importe quoi de Rihanna.»

Finalement la fameuse question. Quel serait votre album-île déserte?

Joseph: « That’s tough… it’s a impossible question… White Album?»

Ben: « Impossible Spaces de Sandro Perri, je l’écoute encore régulièrement, j’adore cet album-là»

Suuns joue en compagnie de Moon King, Buck Gooter, Rishi Dhir, Pang Attack et Yonathan Gat au complexe Méduse, le vendredi 15 avril à partir de 20h dans le cadre des Nuits Psychédéliques.

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[QUOI FAIRE] Mauricie: Suggestions de l’équipe du 7 au 9 avril 2016

Encore une grosse fin de semaine en Mauricie !

7 avril:

  • Philip Sayce au Ti-Petac

8 avril:

  • Les Portageux et David Robert au Nord-Ouest Café (à 17h)
  • Foreign Diplomats et Hein Cooper au Ti-Petac
  • Tina-Ève à la Salle Louis-Philippe Poisson
  • Galaxie au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco
  • Street Meat au Zénob

9 avril:

  • Les Cowboys Fringants à la Salle J.Anthonio Thompson
  • Dumas au Magasin Général LeBrun
  • Suuns et Pang attack à La Taverne de St-Casimir
  • Rosie Valland, Pandaléon et Cosmophone au Ti-Petac
  • Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant au Zénob

[ANNONCE] Dévoilement de la programmation des Nuits psychédéliques

On avait une belle invitation à vous transmettre dans notre boîte de courriel ce matin!

Fort du succès de ses deux premières éditions, l’équipe des Nuits Psychédéliques de Québec revient en force avec son Volume III qui aura lieu du 13 au 16 Avril 2016 a la salle Multi de Méduse. Les Nuits psychédéliques c’est 4 jours de découvertes musicales oscillant autour du thème psychédélique sous toute ses facettes, du stoner a l’électro en passant par la musique indienne, expérimentale ou garage. Chaque année depuis 2014, le festival accueil une quinzaine de groupes, artistes, DJ et performeurs, notamment The Fleshtones, The Besnard Lakes, Organ Mood, Odonis Odonis, Hellshovel et Shawn Mativesky pour ne nommer que ceux-la. L’évènement est également riche visuellement, chaque édition proposant des décors fascinants et déroutants ainsi que des projections magnétisantes, un travail collaboratif entre les artistes Isabelle Demers et Tania B Lacasse.

On sait déjà que Les Indiens, Sandveiss, Strange Broue et SUUNS feront partie de la programmation de cette année. Pour savoir le reste, il faudra être au Knock-Out ce jeudi 3 mars à 17 heures!

[ALBUM] SUUNS & Jerusalem In My Heart

Qu’arrive-t-il lorsque deux projets montréalais unissent leurs force le temps d’une session studio d’une semaine? Une collision entre deux univers sonores assez riches dont les protagonistes sortent non seulement indemnes, mais grandis.

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Radwan Ghazi Moumneh de JIMH (au centre) entouré des membres de SUUNS.

C’est exactement ce qui est arrivé lorsque le quartet anglo-montréalais SUUNS s’est retrouvé en studio avec leur ami de longue date Radwan Ghazi Moumneh, l’homme à tout faire derrière la musique de Jerusalem In My Heart, un duo complété par un projectionniste. Ils ont uni leurs forces pour composer et enregistrer un projet collaboratif visant à faire bénéficier leurs créativités respectives d’une rencontre au sommet. Bien que l’enregistrement remonte à 2012 et qu’un premier concert commun ait été tenté dans le cadre de Pop Montreal 2013, il a fallu attendre le printemps 2015 pour en voir la publication. Ça s’est passé sur l’étiquette Secretly Canadian, une étiquette américaine reconnue pour dénicher des artistes à la fois très originaux et divertissants, comme Animal Collective ou Here We Go Magic. Les artistes ne sont pas demeurés inactifs entretemps, loin de là. SUUNS nous a offert Images du futur en 2013, le second album complet depuis la fondation du groupe en 2006, après l’excellent Zeroes QC en 2010. De son côté, Radwan Ghazi Moumneh a lancé son premier effort solo, l’ovni musical dénommé Jerusalem In My Heart, en plus de continuer son travail d’ingénieur de son au studio Hotel 2 Tango, qu’il a co-fondé avec des membres de Godspeed You! Black Emperor. Ces derniers ont également fondé l’étiquette Constellation Records sur laquelle l’album de JIMH, Mo7it Al-Mo7it, est également paru en 2013.

Alors que la musique du quartet est généralement construite à l’aide d’une masse de synthétiseurs (Max Henry), de guitares abrasives (Ben Shemie) et de rythmes tissés serrés propulsés par une machinerie rock psychédélique réglée au quart de tour (Liam O’Neill à la batterie, et Joseph Yarmush à la basse), celle de l’ingénieur de son est davantage mystérieuse, déconstruite, fascinante et évocatrice. Bien que les moyens diffèrent grandement, l’effet de leurs compositions respectives est similaire: on se trouve envoûté, captivé, hypnotisé par la musique et ramenés à nos esprits par des vocaux à la fois fragiles et sensuels, aussi assumés dans le style qu’ils semblent vulnérables et chargés d’émotion dans l’exécution.

Sur l’album, tout simplement intitulé SUUNS & Jerusalem In My Heart, on trouve des pièces qui semblent être tantôt davantage l’oeuvre des uns, tantôt celle de l’autre. La pièce « Self » par exemple nous montre ce qui arrive quand une pièce de JIMH intègre des rythmes dansants et des sonorités électro, avec un résultat qui n’est pas sans rappeler la musique du légendaire Omar Souleyman. Lorsque c’est plutôt le son de JIMH qui vient influencer une pièce où l’on devine davantage l’influence de SUUNS, on se retrouve avec un drone très électrique et répétitif qui évoque la musique des non-moins légendaires gars de Godspeed. Sur certains morceaux, les coutures sont moins nettes et on se retrouve avec un bel hybride de leurs univers, comme sur « Gazelles in flight », la pièce proposée comme premier extrait accompagné d’un clip. Chacun semble donc bénéficier du contact de l’autre pour intégrer des nouvelles sonorités et des nouveaux procédés à son exercice créatif, en plus de permettre aux deux formations d’élargir leurs publics. La musique indie rock électronique aux accents krautrock de SUUNS rejoint ainsi des mélomanes aux oreilles affûtées et aux esprits ouverts alors que JIMH peut faire contribuer la richesse de ses explorations sonores au sein d’oeuvres construites sur des bases rythmiques plus conventionnelles.

Le fruit issu de la rencontre ouvre l’appétit, la musique qui en résulte nous fascine, mais on reste un peu sur notre faim. Le projet, très prometteur, semble parfois inachevé, ce qui nous permet toutefois d’imaginer à quoi il aurait pu ressembler avec un séjour prolongé en studio. Parions que les concerts aideront les collaborateurs à développer leur complicité. Chose certaine, on attend avec impatience les prochains albums des différents protagonistes et d’y évaluer l’impact de cette rencontre sur les trajectoires de chacun. D’ici là, on se prépare pour la performance prévue le 14 mai prochain au Colisée de Victoriaville, dans le cadre de la 31e édition du Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville.

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Liens pertinents:
secretlycanadian.com/artist.php?name=suuns
cstrecords.com/jerusalem-in-my-heart