Show de la rentrée 2017 – Université Laval, 13 septembre 2017

À Québec, il n’y a pas plus gros événement après le Festival d’été et Envol et Macadam que le Show de la rentrée de l’Université Laval organisé par la CADEUL. Chaque année, la population estudiantine (et les mélomanes de Québec) envahit les diverses scènes du pavillon Alphonse-Desjardins pour acclamer de nombreux groupes d’ici dans une variété de styles. L’affiche de l’édition 2017 était plutôt alléchante, présentant entre autres The Franklin Electric, Chocolat et Koriass… et plusieurs autres!

Sans plus tarder, voici notre compte rendu de la soirée.

Jérome Casabon – Photo : Jacques Boivin

Jérome Casabon – Pub universitaire

Jérome Casabon et ses trois acolytes se sont occupés de mettre l’ambiance sur la terrasse du pub universitaire en début de soirée. Le musicien a poussé ses chansonnettes avec énergie et enthousiasme, et ce malgré la timidité du public. On a aimé réentendre des classiques tirés de son projet précédent (Casabon) tels que en bas dans rue ou encore hamac, mais aussi découvrir quelques titres de Pas pire content, son dernier album paru en mars dernier. Anciennes comme nouvelles pièces ont un caractère très entraînant et s’accompagnent de paroles calembouresques relatant les évènements improbables d’un quotidien. (Marie-Ève Fortier)

Bleu Jeans Bleu – Photo : Jacques Boivin

Bleu Jeans Bleu – Pub universitaire

C’est à 20 h (O.K., 20 h 10) que la joyeuse bande de Claude Cobra a investi la terrasse du Pub Universitaire. En grande forme, les gars de Bleu Jeans Bleu ont interprété toutes les pièces de leurs deux albums, Haute Couture (Gold) et Franchement Wow. Le public a eu droit à de solides interprétations des plus grands succès radiophoniques du groupe (Vulnérable comme un bébé chatCashmereJ’te gâte all dressed et Fifth wheel), ainsi qu’à un avant-goût de leur prochain opus. La bonne humeur était contagieuse, entretenue par les anecdotes et les questions loufoques adressées aux étudiants entre chaque chanson. Le groupe s’est offert quelques clins-d’œil empruntés à des classiques par des solos des plus endiablés. L’hilarant spectacle a également été ponctué de moments tendres, tels que l’interprétation de C’est en Speedboat que je t’aime et Épile-moi le dos, lesquelles furent dédiées aux vieux couples formés pendant les premiers jours de la session. À la fin de la prestation, j’avais mal aux joues à force d’avoir trop souri. (Jean-Philippe Grenier)

Helena Deland – Photo : Jacques Boivin

Helena Deland – Grand Salon

La dernière fois que nous avons vu, la température n’était pas du côté d’Helena Deland. J’ai retrouvé l’auteur-compositrice-interprête au Grand Salon. En grande forme, avec ses acolytes Alexandre, Cédric et Marc-Antoine, elle m’a rapidement charmée par sa bonne humeur contagieuse. À la fois, plus douce dans des moments comme Baby ou encore plus rock avec Aix, je ne savais pas à quoi m’attendre en entrant dans le Grand Salon. Helena nous a réservée plusieurs nouvelles chansons à paraître prochainement sur un album et s’amusait réellement sur scène. La native de Québec a repris avec sa touche rock la chanson Dreams (originalement de Fleetwood Mac). Un énorme coup de coeur pour A Stone is a Stone jouée durant cette performance qui me donne hâte à la suite. (Marie-Ève Duchesne)

Zagata – Photo : Jacques Boivin

Zagata – Atrium

Tiens, entre le folk-pop tendre d’Helena Deland et le gros rock abrasif de Victime, il y a la pop vitaminée de Zagata. On va en profiter pour tendre l’oreille quelques minutes (pas plus, j’étais quand même un peu à la course). Jesse Proteau et sa bande ne réinventent peut-être pas la roue, ce n’est pas du gros folk introspectif, mais pour se déhancher dans un contexte festif, difficile de faire mieux, même si certains morceaux sont un peu plus sombres et méritent pleinement une oreille attentive. En plus des chansons qu’on a entendues à quelques reprises (en anglais), Zagata a proposé quelques nouveaux morceaux en français (yeah!). Citons Marie-Ève Fortier à propos de la « genre quatrième toune » (désolé Jesse, on ne connaît pas encore les titres par coeur) : « Ca allait jouer avec les profondeurs sombres de mon âme en me chatouilant les années 80! » Le genre de prestation qu’on était bien content de rattraper en sortant de l’Amphithéâtre HQ! (Jacques Boivin)

Victime – Photo : Jacques Boivin

Victime – Salle Hydro-Québec

Le trio de Victime a lancé la soirée en grand sur la scène CHYZ avec son dance-punk déjanté. Dans la même lignée que Suuns, le groupe semble déconstruire la musique et lui donner une gueule brute. Résultat : une masse violente d’énergie presque pure qui sort des motifs rythmiques répétés de la basse, des rythmes de batterie élaborés et des effets discordants de la guitare.

La chanteuse, Laurence Gauthier-Brown, surprend par la diversité de ses intonations alors qu’elle crie, murmure, s’exclâme – tout ça en français, s’il vous plait. «Mais je vous jure que ça se danse», assure-t-elle d’ailleurs au public juste avant la fin. Et elle a raison, même si le public s’est montré un peu trop timide pour le prouver. (Marie-Ève Fortier)

Bellflower – Photo : Jacques Boivin

Bellflower – Grand Salon

Le groupe Bellflower continuait la soirée avec indie-pop riche en textures a rapidement accroché mes oreilles. La chanteuse, Em Pompa, m’a surprise par le nombre d’instruments qu’elle jouait. Il a fallu de deux chansons pour embarquer la foule et la faire danser. Accompagnée par huit autres musiciens, l’énergie qu’ils dégageaient, nous soulevait et nous imprégnait. Impressionnant, le trio d’instruments à vents (trompettes, saxophones et flûte traversière) ponctuait joliment les chansons à grande intensité. Le groupe montréalais en a profité pour faire plusieurs chansons de son EP The Season Spell comme Cryin’ Shame et Strangers. En somme, une autre belle découverte musicale. (Marie-Ève Duchesne)

The Blaze Velluto Collection – Photo : Jacques Boivin

The Blaze Velluto Collection – Salle Hydro-Québec

C’était au tour de The Blaze Velluto Collection de prendre le relais. Les six musiciens ont tôt eu fait de m’impressionner par la versatilité de leur musique. Bien campé dans la vibe qu’il devait y avoir à Woodstock en 1969, le groupe de Québec a d’abord présenté des pièces qui flirtaient avec un country enjoué et dansant. On a ensuite glissé vers un rock et un folk digne des Dylan de ce monde, puis quelques pièces ont même revêtu leur plus bel habit progressif et psychédélique.

La diversité des pièces était bien rendue par l’exécution des musiciens, que ce soit en matière de choristes, de flûte traversière, de congas ou d’instruments plus traditionnels. L’énergie du groupe a tôt fait de se communiquer aux premières rangées, qui semblaient déjà connaître plusieurs titres, tirés pour la plupart de Weatherman, leur long-jeu paru en mars dernier. (Marie-Ève Fortier)

The Franklin Electric – Photo : Jacques Boivin

The Franklin Electric – Grand Salon

Considérant la quantité de spectacles se déroulant en même temps, il est rare qu’un groupe fait salle comble lors du Show de la Rentrée. Ce sera donc mission accomplie pour The Franklin Electric, qui aura testé la capacité maximale du Grand Salon, forçant même quelques retardataires à rebrousser chemin. C’est sur la barre des 23 heures que les quatre musiciens se sont lancés sur scène, où le chanteur Jon Matte y a entonné ses refrains pop qui ont fait vibrer le Grand Salon du début à la fin de la prestation. Aucune différence à faire entre les pièces de premier et du plus récent opus paru, tout le monde y était et battait le rythme en chantant tels des hymnes les refrains d’Unsatisfied, Old Piano ou encore Someone Just Like You. S’il fallait forcer pour trouver un point négatif (tiens, faisons-donc l’exercice) : quelques adaptations live ou quelques jams lors du spectacle auraient été fort appréciés, qui a semblé sonner en tout point comme les albums. (Anthony Fournier)

Mauves – Photo : Jacques Boivin

Mauves – Salle Hydro-Québec

Les vilains garnements originaires de Limoilou précédaient d’autres vilains garnements (Chocolat) et ils n’allaient pas s’en laisser imposer! Offrant, comme d’habitude, une prestation énergique, le quatuor s’est laissé aller comme si la vie de chacun des membres en dépendait. On n’a pas pu rester jusqu’à la fin (question d’attraper quelques minutes de Koriass avant d’aller se coucher… on n’a plus vingt ans), mais on a eu le temps d’apprécier les quelques chansons très Coco qu’on a entendues, dont l’échevelée J’ai tout essayé et la beatlesque Nouvelle-Calédonie. Ce n’est que partie remise, parce qu’un show de Mauves, ça te recrinque le squelette! (Jacques Boivin)

Koriass – Photo : Jacques Boivin

Koriass – Atrium

La scène hip-hop fait très bonne mine au Québec par les temps qui courent, et le Show de la Rentrée utilise le populaire créneau musical de grande façon pour remplir ses salles (peut-on leur en vouloir ?). C’est un Koriass early bird qui s’est présenté sur scène, devant une scène gonflée à bloc par la prestation précédente de Brown, qui a toutefois quitté la scène 20 minutes plus tôt que prévu. Problème pour Koriass ? Absolument pas. Le rappeur, aussi co-porte-parole de campagne Sans oui, c’est non! a sauté sur scène avec l’appétit du loup pour lancer succès par-dessus succès de son large catalogue musical, accompagné par un house band qui peinait à se faire remarquer (outre le batteur, qui peinait à tenir la cadence) derrière toute la place que prenait Koriass, occupé à donner une leçon de théâtre à n’importe qui voulant apprendre comment utiliser l’espace de scène. Bodysurfing, public sur scène, refrain résonnant dans l’atrium, tout y était pour la tête d’affiche du Show de la Rentrée. (Anthony Fournier)

Brown – Photo : Jacques Boivin

Malheureusement, nous n’avons pas eu la chance d’assister aux prestations de Brown (trop pris à courir partout pour prendre des photos) et de Chocolat (il se faisait tard… on se reprendra dans quelques jours à Agrirock… où on ne donne pas cher de ce qui restera du Zaricot après leur passage). Somme toute, nous en avions assez vu pour constater à quel point les jeunes universitaires sont de party, même lorsque la musique est plus tranquille. On aurait peut-être apprécié que le monde lâche son hamburger pendant la prestation du pauvre Jérome Casabon, qui jouait sur une terrasse pleine, mais devant un parterre composé de vos humbles serviteurs… Heureusement que certaines personnes sont venues danser en ligne à la fin de la prestation!

À l’an prochain, même si à chaque année, on se dit qu’on est too old for that shit!

Gros party au Show de la rentrée de l’Université Laval!

La CADEUL, en collaboration avec CHYZ 94,3 et Impact Campus vous invitent à célébrer la rentrée le 13 septembre prochain au Show de la rentrée, un événement gratuit qui se déroulera au pavillon Alphonse-Desjardins! Avec près de 10 000 visiteurs sur place, il s’agit du deuxième événement en importance à Québec après Big FEQ!

Au menu, de la musique pour tous les goûts, et ce, sur cinq scènes différentes : The Franklin ElectricKoriassChocolatBleu Jeans BleuBrownMauvesBellflowerZagataHelena DelandBabinsYokofeuVictimeFunk Connection et The Blaze Velluto Collection.

Dès 15 heures, sur le stationnement en face du pavillon Desjardins, les visiteurs pourront déguster ce qui se fait de mieux comme bouffe et bière sur le campus!

L’événement est complètement gratuit – 18 ans et plus!

Pour plus de détails : http://cadeul.com/showdelarentree/

[FESTIVAL OFF] La Méduse, Compte rendu 7 juillet 2017

Louis-Solem ayant ressenti un appel incontrôlable pour Kendrick Lamar, sa coloc l’a remplacé le temps d’une soirée pour couvrir le OFF à la Méduse. Voici donc un texte de Rébécca Marois.

La troisième soirée du Festival Off à la Méduse nous a présenté d’entrée de jeu un programme double: le quatuor américain d’Anton Dvoràk (1841-1904), tout d’abord revisité dans un rock très personnel par Yonatan Gat, guitariste virtuose, et ses musiciens, puis présenté en version originale avec le quatuor Ondée. Le rock de Gat, parfois positivement cacophonique, était toujours très satisfaisant pour l’appétit des auditeurs présents, qui ont été de plus en plus nombreux et curieux au fil de la performance. Pas de discours de présentation, pas de fioritures, que de la musique. Mais quelle musique ! Le défi d’adaptation a été relevé avec brio par Gat et ses musiciens. Mention spéciale au batteur Greg Saunier, de Deerhoof, pour son énergie et sa présence enivrante.

Bien que j’aurais préféré entendre en premier la version originale du quatuor américain pour en avoir les mélodies en tête avant la revisite de Gat, la formule a tout de même été un succès. La performance du quatuor Ondée nous est apparue comme un oasis de paix en cette soirée autrement dévouée à des artistes prônant un tout autre type d’intensité. Je n’ai toutefois pas été convaincue de la nécessité de l’amplification et de la réverbération dans la salle intime qu’est le studio d’Essai, mais je dois lever mon chapeau à l’organisation pour avoir intégré à la programmation une œuvre classique dans un contexte si différent de celui auquel on est habitué pour ce type de musique. Le public, comprenant la différence de ton, s’est rapidement mis à son aise.

S’enchaînait non sans contraste une performance déchaînée du groupe les Gouroux, avec une pop hard rock qui a su bien préparer le terrain aux combats de lutte de la NSPW qui allaient suivre dans un impressionnant ring installé au centre de la salle Multi. Ce fut sans aucun doute le spectacle qui a attiré le plus grand public en cette troisième soirée du OFF à la Méduse. L’anticipation était palpable quelques minutes avant l’entrée des premiers lutteurs. Un spectacle divertissant, mais somme toute quelque peu éloigné de l’approche artistique des autres propositions. La nuit s’est poursuivie avec Victime et Vulvets, mais après déjà deux soirées de shows, le sommeil s’imposait.

Le festival OFF de Québec dévoile la programmation de sa 14e édition

À l’occasion du dévoilement de leur programmation, les organisateurs du OFF de Québec ont choisi cette année de troquer les vinyles du Knock-Out contre les fûts bien remplis de la Barberie. C’était leur façon de souligner un nouveau partenariat qui prendra notamment la forme d’une bière co-brassée par le festival et la microbrasserie de Saint-Roch.

En sirotant une bière, donc, médias, artistes et autres invités ont pu découvrir hier midi avec nous les autres surprises que nous réserveront le OFF, festival qui se tiendra du 5 au 8 juillet prochain dans la ville de Québec.

 

Un éventail d’artistes locaux et émergents

En marge du Festival d’Été de Québec, cet événement regroupe chaque année une multitude d’artistes émergents – dont au moins 50% qui résident dans la Vieille Capitale – et de projets qui se démarquent par leur originalité. Cette année ne fait pas exception.

Brève apparition de Beat SEXÜ pour mettre l’ambiance lors du dévoilement. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Parmi les artistes locaux, on peut souligner autant la présence de groupes relativement récents comme VICTIME ou encore les déstabilisants Martyrs de Marde, que celle d’acteurs plus établis tels que Beat SEXÜ, officiellement le «porte-étendard à paillettes de la scène locale», et Julien Déry (Mauves), qui présente un projet solo sous le nom de Notre père.

 

Ouverture sur le monde et rencontres improbables

Dans l’ensemble, la programmation de cette année se démarque par deux grandes caractéristiques, nous explique Sophie Bernier. La première serait «L’ouverture sur le monde, mais tout en restant local», mentionne la directrice à la programmation.

Sophie Bernier, directrice à la programmation, festival OFF de Québec. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

«Il y a beaucoup d’artistes de la programmation cette année qui sont influencés par la musique africaine», explique-t-elle. C’est apparemment le cas de DJ Diaspora, qu’on pourra entendre le premier soir au complexe Méduse, ainsi que de Poirier, qui lui assurera le spectacle de clôture au même endroit.

Ensemble Afrovibes, dévoilement du festival OFF de Québec. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Nous l’a d’ailleurs confirmé l’Ensemble Afrovibes, qui était présent sur place lors du dévoilement pour mettre un peu de soleil, de ukulele et de congas dans notre journée de pluie. «On a d’autres groupes locaux aussi qui amènent aussi des instruments provenant d’ailleurs, ajoute Sophie Bernier. Sans être tendance world, il y a de ça.»

D’autre part, la diversité – qui ne manque jamais d’impressionner au OFF – prendrait cette année une dimension nouvelle: «On y va toujours dans la mixité des genres, mais encore plus», commence la directrice à la programmation. En effet, offrant plus que des styles musicaux variés, la quatorzième édition du OFF crée des rencontres improbables:

Rencontre du classique contemporain et du rock avec le quatuor américain par Dvořák (prononcer Vorjak pour avoir l’air de savoir de quoi tu parles) à la sauce de Yonatan Gat; rencontre du jazz expérimental tourmenté de FET.NAT et du rock psychédélique de Wizaard avec le public «soft» du Parvis de l’Église Saint-Jean Baptiste; rencontre de la musique avec d’autres formes d’art autant dans l’impro multi que dans certains spectacles multimédias comme le Gala de lutte avec Gouroux. Il y en aura donc pour tous les goûts (même pour les goûts roux).

 

Change de sauce!

Comment les organisateurs du OFF sont-ils parvenus à de tels mariages ? «On va carrément prendre des choses qui ne vont pas ensemble pour les mettre ensemble, explique Sophie Bernier. On va à l’extérieur de la musique, en fait : la lutte, les arts visuels, etc., ce ne sont pas des choses qui vont nécessairement avec la musique et on les met ensemble. »

De quoi assurer un cocktail éclaté et explosif, certain de nous sortir de notre zone de confort. Le slogan de cette année, change de sauce !, fait justement référence à ce désir d’amener les spectateurs à dépasser leurs habitudes musicales pour découvrir de nouvelles choses (comme quand ton ami te fait réaliser que dans le fond c’est bon le fromage et le nutella ensemble).

Guillaume Sirois, directeur général, festival OFF de Québec. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Un festival enraciné dans la communauté locale

En somme, après 14 années de découvertes musicales, le festival OFF parvient encore à surprendre et à offrir une programmation qui dépasse les attentes. Le tout dans une formule qui reste plus qu’accessible : pour 10$, on peut obtenir une passe donnant accès aux 40 spectacles de l’événement qui s’étendent dans cinq lieux différents.

Trois de ces cinq endroits – le parvis de l’Église Saint-Jean-Baptiste, le Fou-Bar et le Sacrilège – sont d’ailleurs en accès libre. Les spectacles du complexe Méduse sont disponibles «à la pièce» au prix de 5$ par soir. Les brunchs musicaux, qui auront lieu à la Barberie, coûtent eux aussi 5$ chacun. L’idée, comme nous l’a expliqué Sophie Bernier, c’est de favoriser la rencontre de la musique émergente et d’un public – souvent plus jeune – qui n’a pas toujours les moyens de se payer ce genre de spectacles.

Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Plus qu’un simple festival, le OFF souhaite donc vraisemblablement s’impliquer dans la communauté locale. C’est aussi ce qui aurait poussé le directeur général Guillaume Sirois à s’associer à la microbrasserie locale la Barberie pour fournir la bière lors de cet événement :«Le OFF c’est un festival qui est vraiment enraciné dans son milieu. On est un festival qui essaye d’être un élément positif dans notre communauté, donc ça allait un peu de soi qu’on finisse par travailler toujours de plus en plus avec des fournisseurs les plus locaux possible», explique-t-il.

 

Ce qu’il faut savoir

On ne vous a nommé que quelques noms. Afin de connaître la programmation complète et les autres surprises qu’elle réserve, vous pouvez consulter la page web du festival OFF de Québec. Il est aussi possible de commencer à découvrir le OFF 2017 en musique grâce à une compilation qu’ils ont concoctée en collaboration avec l’équipe de CHYZ.

Si vous êtes déjà convaincus, vous pouvez acheter vos passes pour le Festival OFF soit en ligne, soit dans l’un des points de vente suivants (qui offrent chacun une petite surprise de leur cru en prime) : le Knock-Out, Érico chocolaterie, le Bonnet d’Âne et le Deux22.

 

 

 

[SPECTACLE] Preoccupations, Walrus et Victime, Le Cercle, 30 avril 2017

Le Cercle accueillait dimanche soir dernier trois groupes rock venus pour contribuer à l’apparition de nombreux acouphènes de début de semaine chez le mélomane négligeant. Il y avait d’abord Victime, un trio de Québec mené par la polyvalente Laurence Gauthier-Brown qui vient tout juste de faire paraître un premier EP intitulé Mon VR de rêve. Ils ont tôt fait de nous balancer leurs chansons nerveuses à mi-chemin entre le noise-rock et le punk. La foule déjà nombreuse et attentive a pu apprécier les rythmes ingénieux de Samuel Gougoux à la batterie, qui a souvent capté l’entièreté de mon attention tant ses motifs étaient hallucinants. Le collabo Simon Provencher complète le portrait avec des textures empruntant davantage à l’indie-rock (voir au math-rock) qu’au punk. La similitude entre les différentes inflexions vocales de la chanteuse rend le tout un peu homogène, mais c’est assurément un groupe local dont on réentendra parler.

Walrus, groupe originaire d’Halifax, n’en était pas à sa première visite en sol québécois, étant entre autres un habitué du Pantoum. Pour ma part, je ne savais rien de ce groupe. À l’aube de sortir son premier album complet Family Hangover, il a présenté un rock ingénieux et difficile à décrire. Les structures des chansons sont souvent progressives et éloignées du traditionnel couplet-refrain-couplet. Les influences sont si nombreuses qu’elles s’intègrent parfaitement dans le son du groupe sans que la musique ne sombre dans un pastiche interchangeable. Les mélodies empruntent au folk, mais sont trempées dans une lourdeur psychédélique (merci aux trois guitares électriques), et les nombreux changements de direction amènent l’auditeur à savourer autant de segments aussi savoureux qu’inattendus. Le quintette a donc poursuivi la mission entreprise par Victime plus tôt dans la soirée, tout en faisant assurément le plein de nouveaux fans.

Preoccupations (anciennement Viet Cong) revenait en ville après une première performance sous leur nouveau nom au show de la rentrée de l’université en septembre dernier. Il jouait cette fois dans une salle parfaite pour leur musique hypnotique et légèrement claustrophobique. Ils ont d’abord puisé une pièce de leur premier EP, Select Your Drone, un morceau en deux temps d’abord porté par un rythme calme et répétitif, puis soudainement entrainé dans un délire psychédélique jouissif. Très bonne façon de démarrer ce bref concert qui, de la première à la dernière minute, verra le groupe performer huit chansons en une heure, et ce, sans rappel. Chaque musicien faisait preuve d’un investissement total dans la musique. À mon avis, le chanteur Matt Flegel a possiblement donné sa meilleure performance à Québec, alors que le reste du groupe jouait comme si leur vie en dépendait. Le batteur Mike Wallace maîtrise ses baguettes avec précision et puissance, et la cohésion entre son jeu et le reste des membres frôle la perfection. De rares nouvelles pièces telles Zodiac et Stimulation ont très bien fonctionné. Il est assez curieux que le groupe n’ait pas visité davantage le disque éponyme sorti en septembre dernier, lui préférant plutôt les pièces parues sur l’album précédent Viet Cong. Il faut dire que Continental Shelf ou autre March of Progress sont absolument fabuleuses en spectacle. Près du tiers du spectacle était réservé aux monstrueuses Memory et Death, cette dernière toujours servie en épilogue. Ces deux morceaux d’une dizaine de minutes permettent à Preoccupations de s’assurer que personne ne reprendra son souffle avant la fin de ce sprint. Le genre de visite qu’on ne peut se permettre de refuser à Québec.

 

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[ALBUM] VICTIME – « Mon VR de rêve »

J’ai besoin de vacances. Oui. J’ai le goût de prendre un moment pour moi. Comme VICTIME, visiblement, puisque je crois que le groupe de Québec a lu dans mes pensées. Je doit de me procurer un véhicule motorisé de rêve pour cet été. Hormis ce  »sujet amené » (je salue mes professeurs de littérature) douteux, le fait est là : le groupe VICTIME, formé de Laurence Gauthier-Brown, Simon Provencher et Samuel Gougoux (qu’on a pu voir individuellement avec Ponctuation, La Fête et (feu) Les Nimbes), nous offre leur premier EPMon VR de Rêve, sortie le 3 mars dernier. Un court EP. « Court », ici, n’est pas péjoratif; le tout est hautement efficace afin de faire le travail qu’un EP doit faire, c’est-à-dire donner le goût à l’auditeur d’en vouloir plus. En effet, ce EP short and sweet confirme la pertinence d’un groupe comme VICTIME dans le paysage musical de Québec : une scène diversifiée et qui gagne à être connue.

Ce sont cinq pièces énergiques et assez décalées pour me permettre d’entendre des bribes du légendaire duo CRABE dans un son moins chaotique et plus accessible. Le son post-punk de VICTIME valse avec plusieurs influences, empruntant des sonorités plus surf-punk (à la WAVVES) sur la première pièce Tout est de ma faute, par exemple. Quand je parle d’accessibilité, c’est que les cinq pièces ont des mélodies assez accrocheuse et entraînantes mais qui peuvent nous surprendre, comme la conclusion de la pièce Voir dans le noir. Celle-ci résume assez efficacement ma pensée; une mélodie accrocheuse avec une belle twist ending assez noise, un chaos très bien contrôlé. La pièce titre, Mon VR de rêve, une pièce instrumentale, est un statement pour le style exploité et est techniquement très intéressantE.

On finit Mon VR de rêve et on est essoufflé. Dans le bon sens du terme. On apprécie et on recommence puisque on a encore un peu faim et il est intéressant de décoder la voix, les paroles de Laurence Gauthier-Brown. À la première écoute, de mon côté, je n’ai pas pu tout saisir, mais cela m’importait peu : je me laissais aller, point, dans le tourbillon que VICTIME avait créé. Un « tourbillon ». Enfin une bonne analogie.

Dire que ça m’a pris quasiment deux semaines la trouver, celle-là. Mieux vaut tard que jamais…

Mon VR de rêve by VICTIME