Festival SOIR MTL 2017, 11 août 2017

SOIR, c’est un pop-up festival d’un soir qui est diffusé dans divers arrondissements de Montréal. Leur but est de faire rayonner des artistes émergents au sein d’espaces alternatifs, tout en favorisant la création d’un réseau multidisciplinaire au sein de la relève. C’était un bel amalgame de disciplines artistiques que nous présentait la programmation de SOIR ce vendredi, pour l’édition dans Rosemont-La Petite-Patrie. C’est pourquoi nous sommes partis à la découverte d’expériences musicales dans les différents lieux de diffusion de la rue Beaubien.

Église Saint-Édouard partie 1

Le Havre – 18h00

Lorsqu’on écoute la musique de Le Havre dans le confort de notre salon, nous comptons les instruments et pouvons très bien imaginer quatre ou cinq musiciens. Pourtant, la formation se compose de deux musiciens très polyvalents et inventifs qui réussissent le pari de sonner fort et complets en si petite formation. Leur secret? Les séquences actionnées par David Dubé et Oli Bernatchez donnent l’impression d’avoir plusieurs musiciens jouant en temps réel. La mauvaise utilisation des séquences est souvent remarquée au sein de plusieurs formations qui essaient de sonner «full band», hélas, de manière non-concluante. Dans leur cas, c’est avec brio qu’ils assument ce son électro très lourd qui fait hocher plus d’une tête. En plus des séquences, Oli Bernatchez à la batterie s’occupe aussi de la basse à l’aide d’un clavier qui assoit leur musique sur un tapis de basses fréquences bien confortable. Tout au long du spectacle, le duo s’amuse avec les rythmiques pour créer des groove déstabilisants et enlevants. Lorsqu’ils jouent, ils maintiennent notre attention grâce à leur énergie unique et contagieuse. On pouvait difficilement mieux demander comme début de soirée. -Louis-Solem Pérot 

Julien Sagot – 18h45

L’atmosphère de rock lourd s’est poursuivie avec le spectacle de Julien Sagot. Ses chansons rock expérimental partent dans tous les sens tout en conservant une esthétique commune. Ce qui m’impressionne de cet artiste, c’est sa grande recherche sonore, alors qu’il aborde plusieurs styles différents, parfois même lors d’une seule chanson. Sa voix un peu nonchalante à la Stefie Shock récite ses poèmes de manière plus ou moins chantée. Il nous semblait un peu détaché du lieu où nous étions, comme dans un autre univers. Plus on l’écoute et plus on pense au personnage de Gainsbourg. Il propose une musique expérimentale avec une certaine esthétique qui fait très France, années 60-70. L’octaver sur sa voix ajoute encore plus à la lourdeur de ses textes et à l’ambiance générale de ses chansons. Nous reconnaissons bien les influences de recherche sonore qu’il a pu laisser à Karkwa à l’époque. La foule, grandissante au fur et à mesure de la prestation, s’est laissée emporter par le rock pesant de Julien Sagot. -Louis-Solem Pérot 

Scène CISM

Mort Rose – 19h30

J’ai un faible pour les gars de Mort Rose. Leur musique appelle aux rapprochements ainsi qu’aux déhanchements. Une petite foule de fans s’était amassée devant la scène pour chanter avec enthousiasme leurs paroles racontant des histoires d’amours torrides et sexy. La jeune formation de Montréal a sorti son premier album au début de l’été et leur single La Femme Flamme s’est maintenant frayé un chemin jusqu’au #1 du Palmarès Franco CISM. J’ai tellement aimé leur album que j’en ai fait une critique que vous pouvez retrouver ici. En prestation, ils conservent leur son très rock et réussissent très bien à faire lever la foule. Les compositions solides et les très énergiques interprètes forment une recette gagnante pour un bon spectacle. On a tout d’abord chanté (pour ne pas dire crié) les paroles de leur premier EP (sérieux les gars, on ne pourra pas attendre trop longtemps avant le prochain!) avant de se laisser charmer par quelques nouvelles chansons qui nous ont fait danser. On le répète, on a très hâte de les voir à Québec (avec Beat Sexü, Anatole ou Gab Paquet, please) et si vous n’avez pas encore écouté leur album, allez-y maintenant! -Louis-Solem Pérot 

Brasserie Beaubien 

Les Louanges – 20h 

Pour Les Louanges, ce finaliste des Francouvertes 2017, la scène, c’est comme une deuxième maison. Les Louanges a une aisance incroyable et un charisme qui lui permet de dire à peu près ce qu’il veut, et le public est conquis. La soirée à la Brasserie n’a pas fait exception, alors qu’Étienne Dupré, bassiste de talent qui est de tous les projets, accompagnait Vincent Roberge. C’est Gabriel Morin-Béland qui se chargeait des percussions avec un bras cassé, alors que les Louanges a invité le public à donner généreusement à la « Fondation des batteurs qui font du skate ». Après quelques concerts en solo, Vincent était très heureux d’enfin partager la scène « pour que ça sonne », comme il disait. Et pour sonner, ça a sonné! Son rock francophone est vraiment bien ficelé, que se soit un peu plus doux ou vraiment rythmé comme le  »hit de l’été » La Bombe Atomichaëlle. En chantant les paroles  »fait jamais trop chaud » j’avais envie de lui dire que ça s’peut, des fois, qu’il fasse légèrement trop chaud, comme dans la Brasserie Beaubien, au moment où je dansais au-travers de la foule attroupée devant la scène. J’aime beaucoup le projet de Vincent Roberge et j’ai bien hâte que le natif de Lévis nous offre un album complet! – Caroline Filion 

Laurence-Anne – 20h45

Ils avaient déjà pris un peu de retard quand Laurence-Anne a pris d’assaut la scène de la brasserie. L’ayant déjà vu à la finale des Francouvertes 2017, je m’attendais au personnage un peu awkward qu’elle est sur scène. Plutôt discrète cette soirée-là, elle a misé sur sa musique pop-rock-alternative lors de sa prestation. Le son n’était peut-être pas à la hauteur de la qualité instrumentale, mais on a pu découvrir ses pièces, dont deux se retrouvent sur Session live, disponible sur son bandcamp. Elle a toutefois semblé couper court à son set qui m’a semblé beaucoup plus bref que celui de Les Louanges, peut-être en raison du retard accumulé plus tôt. – Caroline Filion 

Violett Pi – 21h30 

La foule s’est compactée à l’avant. Les gens étaient prêt à accueillir Karl Gagnon et ses acolytes sur la scène de la Brasserie. Étrangement, dès la première chanson, j’ai été étonnée que ça sonne bien en maudit, qu’on comprenne les paroles et qu’on puisse les crier en chœur. Manifeste contre la peur, sorti il y a un peu plus d’un an, est aussi efficace en live que dans mes écouteurs. De l’électro-alternatif-rock qui déménage et un leader qui sait capter l’attention. Sur plusieurs pièces, il marmonne à toute vitesse des mots autant poétiques qu’explicites, et ce sont ces moments que je préfère. La foule danse, saute et se bouscule sous les notes des musiciens et les cris intenses de Karl Gagnon alias Violett Pi. Je l’avais déjà vu dans un contexte assez différent, et je dois dire que le phénomène est souvent le même. Les gens présents perdent le contrôle d’eux-même lors d’un concert de Violett Pi! C’est probablement les sonorités qui se rapprochent parfois du punk-rock qui font cet effet. Bien que les spectacles à la Brasserie duraient en moyenne 45 minutes, ils ont joués plus d’une heure pour les fans présents qui n’ont visiblement pas été déçus. – Caroline Filion 

L’Hémisphère Gauche

LaF – 22h

La dernière fois que LaF était à l’Hémisphère Gauche, c’était en novembre 2016 pour leur lancement d’album Monsieur-Madame qui a fait beaucoup jaser cette année dans le milieu du hip-hop montréalais. Le principal thème récurrent dans leurs chansons: le parcours d’un jeune dans la vingtaine à Montréal. Plusieurs jeunes de la métropole s’identifient à leurs textes, qui font la part belle aux questionnements du parcours, du travail, des relations sociales. Sur scène, ils exécutent leurs chansons irréprochablement, une rime n’attendant pas l’autre. Ils ont chacun leur style distinctif: Jah Maaz avec son rap français au débit en général très posé, nous laissant le temps de bien assimiler les subtilités de son texte. BK, c’est le rap franc, sans détour. Il a un son bien à lui tout en s’inscrivant dans une voix rap bien montréalaise. Quand à Mantisse, c’est le musicien. Il chante des backs vocals tout au long du spectacle de sa voix de ténor quasi soul et très expressive en plus de rapper à son tour en y ajoutant des contours mélodiques originaux. Ensemble, c’est LaF (La Famille). Ils ont donné un très bon spectacle devant une bonne foule qui prenait plaisir à chanter quelques bribes de textes. -Louis-Solem Pérot 

Église Saint-Édouard partie 2

L’ambiance au sous-sol de l’église Saint-Édouard de Rosemont- La Petite-Patrie était synonyme de disjonctée en nous présentant trois groupes rock et des projections psychédéliques. On s’est laissés emporter par les sonorités de Renard Blanc, de Zen Bamboo et de Corridor qui n’ont fait qu’amplifier l’écho que permet ce type de salle.

Renard Blanc – 23h

C’est Renard Blanc qui a débuté cette soirée aux tonalités psychédéliques. Leur son plus planant était une belle entrée à la soirée puisque qu’il laissait un effet délassant sur la foule.  J’ai effectivement abandonné tout ce que j’avais en tête, car c’était eux qui nous guidaient.  Pour ma part, j’étais une auditrice vulnérable à me laisser emporter dans leur création, car la formation nous a présenté de nouvelles pièces que l’on retrouve seulement sur format cassette. Cet opus comprend trois pièces avec lesquelles ils ont terminé le spectacle, dont Hôtel qui prend la totalité du SIDE B de la cassette avec 9 minutes 26 secondes de musique. Voilà une bonne raison d’aller assister à l’un de leur spectacle. Marianne Chartier-Boulanger

Zen Bamboo – 23H45

La formation était solidaire envers leur guitariste blessé à la clavicule en jouant le jeu des malades eux aussi. Seulement vêtu d’une robe d’hôpital, le chanteur­­­ s’est pris soit pour un fou ou il nous a simplement livré tout ce qu’il pouvait donner. Zen Bamboo, c’est d’abord un groupe de musique, mais aussi un trip de gang. Je dis ça parce que le lien amical passe non seulement entre les membres, mais également avec leur public qui est là à chaque spectacle pour chanter les compositions du groupe par cœur, ainsi que pour se déchaîner sur le devant de la scène. Somme toute, c’est un groupe qui résume bien les influences musicales de la jeune relève artistique. Marianne Chartier-Boulanger

Corridor – 00H30

C’est le style de Corridor qui m’a le plus accroché pour la maturité de leur création et leur expérience de scène. C’est également un style rock qui se démarque de ce que l’on peut entendre sur la scène émergente ces jours-ci. C’est la subtilité surf rock qui se mélange au progressif qui les différencient. On peut très bien l’entendre sur la pièce Coup d’épée sur leur dernier et troisième album Supermercado qui se prend bien un soir d’été. Marianne Chartier-Boulanger

Ne manquez pas également la prochaine itération du festival, qui sera annoncée au mois d’août et qui aura lieu le 6 octobre, sur les rues Ontario et Sainte-Catherine ! Pour en savoir plus sur SOIR MTL, rendez-vous sur leur page Facebook.

Photo : Alicia Lemieux 

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[ÉVÉNEMENT] La Noce – 8 juillet 2017 – Zone Portuaire de Chicoutimi

Comme nous n’arrivons pas à être partout en même temps, mais qu’on a des bien bons amis, on a demandé à Camille Goulet, ancienne trifluvienne, mélomane et jeune femme à la plume magnifique, de nous faire un résumé de son expérience à La Noce. 

Salut La Noce, veux-tu ben m’épouser?

Je n’ai jamais rêvé secrètement d’un mariage irréaliste comme ceux qu’on voit dans les films. Mais à ma grande surprise, en ce samedi 8 juillet 2017, l’envie d’épouser, non pas un homme en particulier, mais plutôt un événement musical au grand complet, s’est emparée de moi.

En avril dernier, le divertissant et futé Philippe Brach, porte-parole de l’événement, nous invitait via un vidéo en direct du Pakistan, à La Noce du Saguenay, un événement auquel « faudrait être cave en osti pour pas se pointer » selon ses dires. Déjà « teasée » solide par sa publicité et la programmation qu’il annonçait, je me suis dépêchée de me trouver des billets. Quelques mois plus tard, le jour de La Noce arrivait.

Après de multiples péripéties et quelques heures de route, j’arrive à Chicoutimi, l’âme emballée. La Zone Portuaire s’ouvre à moi. Accueillie par ceux qu’on appelle les Clowns noirs et un décor construit avec les personnages colorés que l’on retrouvait sur toutes les publicités de l’événement, j’entends déjà Le Gros Groupe offrir à une foule éclectique, quelques mélodies instrumentales. Il y a des « food trucks » pour tous les goûts et des artisans locaux qui occupent des kiosques pour nous offrir leurs produits. Les festivaliers se déplacent avec le sourire pendant qu’un célébrant offre des mariages à 10 $. C’est La Noce, t’sé. L’organisation a poussé le concept jusqu’au bout, au plaisir de tous. De mon côté, je me prends une bière et je me promène sur le site pendant que Mordicus pousse la note.

L’horaire de l’événement était partagé sur deux scènes qui se succédaient merveilleusement. Après le spectacle de Mordicus sur la grande scène, Le Gros Groupe accompagné de Philippe Brach, prennent place sur la petite scène pour quelques chansons. Vers 15 h 30, le groupe éclaté Violett Pi (que j’adore) anime la grande scène. Tous costumés, les membres jouent des pièces tirées de leur premier EP ainsi que de leurs deux albums, devant des fans extasiés. S’en suivent des prestations alternées de LAB, Gazoline, puis Martel Solo en Duo qui nous offre de la musique pour nous accompagner pendant l’heure du repas.

En début de soirée, c’est l’entrée en scène des Hôtesses d’Hilaire. En plus des pièces interprétées, on a droit à un spectacle d’humour de la part du chanteur Serge Brideau. Les fous rires éclatent sous une pluie fine qui nous quitte aussitôt. Sur la petite scène, les festivaliers assistent aux prestations de Chantier, Soucy et La Famille Bédard qui se relayent toujours avec celles de la grande scène. Vers 19 h 30, le très attendu Philippe Brach est acclamé par la foule. L’artiste offre comme toujours, un spectacle extraordinaire. Il parcourt la scène en sautillant et en dansant au travers de ses musiciens talentueux, tout en étant en parfait contrôle de sa voix à la fois puissante et mélodieuse. Sa chanson Si proche et si loin à la fois, interprétée en duo avec Klô Pelgag a su mettre en appétit les spectateurs pour la performance subséquente de cette dernière. La toute petite femme au talent immense, accompagnée de ses multiples musiciens chevronnés a su offrir un spectacle fabuleux. La clôture de La Noce s’est faite avec Les Goules, qui attirent, à chaque fois, de nombreux admirateurs nostalgiques et ardents. Tous hurlaient les chansons à l’unisson avec Kouna au micro. Pour les plus coriaces, La Noce prenait fin aux petites heures au Sous-Bois avec un « after ».

C’est avec de beaux souvenirs, un léger mal de tête et le sourire aux lèvres que je lève mon chapeau et mon verre aux initiateurs de l’événement, les gars d’Ambiances Ambiguës, Éric Harvey et Fred Poulin ainsi qu’à Diffusion Saguenay pour cet événement original, festif, agréable et orchestré à merveille. Longue vie à La Noce!

Camille Goulet, rédactrice invitée

Crédit Photo : La Noce – Le Petit Russe 

Ça va nocer à Saguenay le 8 juillet – avec Philippe Brach, Klô Pelgag, Les Goules et plusieurs autres!

On va avoir beaucoup envie de tout laisser tomber et de traverser le Parc le 8 juillet prochain pour aller à Saguenay. Diffusion Saguenay et Ambiances Ambiguës ont annoncé ce matin la venue d’un nouvel événement qui aura lieu le 8 juillet dans la Zone portuaire de Saguenay, La Noce, un événement musique, arts bouffe et plus qui possède une affiche fort impressionnante pour un événement d’une journée!

Du côté des prestations musicales, on pourra voir (et entendre) Philippe BrachKlô PelgagLes GoulesGazolineLes Hôtesses d’HilaireMordicusVioleTT Pi et Le Gros Groupe.

On peut s’attendre à des numéros assez spéciaux… Quand on sait que Philippe Brach a participé à l’élaboration du menu, ça risque d’être éclaté! La journée, qui commencera à 13 heures, pourrait s’étirer jusque tard dans la nuit si on compte les nombreux afters qui risquent de se tenir après l’événement.

Les billets sont déjà en vente et si cette journée vous intéresse, on vous invite à ne pas perdre trop de temps : les 500 premiers billets ne coûtent que 15 $ (une fucking aubaine!). Le prix régulier en prévente est de 20 $. Et si jamais vous vous décidez à la dernière minute, c’est 25 $ qu’il vous faudra payer à la porte (vous voyez pourquoi je parle d’une aubaine!).

Pour acheter vos billets ou obtenir plus de renseignements, visitez le site Web de La Noce au http://lanoce.net

[Rideau] Compte rendu, 14 février 2017

Les Deuxluxes – Photo : Marion Desjardins

Cette journée de fête des amoureux (qu’on a passé loin de nos tendres moitiés) était particulièrement chargée. Des vitrines un peu partout en 5 à 7 et en fin de soirée, plein de monde partout… et ça a encore vraiment fini tard. À travers tout ça, nous avons pris le temps d’assister au spectacle de lancement de Raton Lover (on vous en reparle un peu plus tard!)

OFF Rideau – 5 à 7 Société oblique/Boîte Beluga à La Ninkasi

(Par Marie-Ève Duchesne)

San James. Crédit photo : Nicolas Padovani.

La Ninkasi présentait mardi soir un spectacle en collaboration avec La Société Oblique et Boîte Béluga. Tour à tour, ce sont San James, Val Thomas, Nicolas Patterson et le groupe Floes qui ont réchauffé les amoureux (et amoureuses) de musique.

San James, projet solo de Marilyse Senécal, a été la première à entrer sur scène. Sa douce pop aux accents de synthétiseurs qu’on a pu entendre sur son EP No One changes overnight a un quelque chose de Charlotte Cardin dans la voix. Elle en a interprété quatre pièces, soit I Never Do, Winter Again, Please Don’t Say et In the End. Une belle présence scénique et quelques conversations avec le public ont conquis bien des coeurs.

Val Thomas. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Puis c’est la révélation pour plusieurs médias, Val Thomas qui a monté sur scène. Elle a joué la chanson Maze, qui est son premier extrait d’un EP à venir en mai. Les pièces étaient plus courtes et seulement à la guitare lors du spectacle, mais cela permettait de mettre de l’avant la voix chaude de Thomas.

Nicolas Patterson a été lui aussi chaudement accueilli par le public. Lui qui sortait dernièrement son EP Everything is Changing n’a pas manqué de discuter avec le public et de les faire chanter dans sa dernière chanson. S’accompagnant de sa guitare comme instrument de percussion et de rythme, les gens ont tout à gagner à le découvrir.

Le groupe de Québec Floes a fermé le bal avec son électro-pop évolutive et bien planante. Samuel, Simon et Pier-Philippe étaient en plein contrôle de leurs instruments et ont aussi charmé le public de la Ninkasi.

En somme, beaucoup de belles découvertes!

Rideau – Vitrine, Théâtre Petit-Champlain

(Par Jacques Boivin)

Thomas Hellman – Photo : Jacques Boivin

Thomas Hellman

Le défi de Hellman était assez corsé : présenter en vingt minutes un aperçu convaincant d’un show théâtral tiré de ses Rêves américains. Hellman et ses deux musiciens se sont parfaitement tirés d’affaire grâce aux belles chansons tirées du vieux répertoire blues et folk américain.

Samuele – Photo : Jacques Boivin

Samuele

La jeune Montréalaise est débarquée avec toute sa gang pour interpréter quelques belles chansons. Toute souriante, Samuele a rapidement mis les délégués dans sa petite poche de derrière en jouant comme une fille (faut la voir réciter Égalité de papier devant un public toute ouïe, qui boit ses paroles revendicatrices), en se permettant une petite chorégraphie avec ses musiciens (après tout, il n’y avait pas d’enjeu, hein?) et en s’éclatant ferme à la guitare sur La sortie. M’est d’avis qu’on va la revoir souvent!

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

Antoine Corriveau

Petit plaisir égoïste pour votre humble serviteur qui n’était plus en mode découverte, mais en mode total groupie. Accompagné de ses fidèles musiciens, Corriveau nous a présenté quelques pièces qui se voulaient un aperçu de son spectacle régulier, pièces tirées de Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter, mon album préféré de 2016. Que ce soit avec Les contours clairsDeux animauxParfaite ou Les Trous à rats, Corriveau a su convaincre de nombreux délégués qui ne tarissaient pas d’éloges dans l’autobus du retour! Sourire en coin, je me disais qu’ils n’avaient encore rien vu…

Rideau – Vitrine présentée par Bonsound au Cercle

(Par Marion Desjardins)

Les Deuxluxes – Photo: Marion Desjardins

Les Deuxluxes

Après plusieurs compte-rendus sur des spectacles des Deuxluxes, quoi dire de plus ? Sinon, qu’ils sont toujours et autant des bêtes de scène. Ils ne sont que deux, et ça sonne comme 10. Ils entraînent plus que facilement la foule avec eux (foule qui d’ailleurs semblait être venue en partie pour eux) et bien sûr, il sont magnifiques ! Bref, un début de soirée OFF rideau parfait.

I.D.A.L.G – Photo: Marion Desjardins

I.D.A.L.G

De retour dans la ville quelques jours seulement après leur dernier passage, ils ont déployé une fougue que j’avais vue oui, au OFF cet été, mais jamais autant ! Je dois avouer être déjà vendue à I.D.A.L.G côté musique, mais leur présence sur scène mardi soir a dû en convaincre plusieurs autres.

Shash’U – Photo: Marion Desjardins

Shash’U

Fin de soirée digne des festivals qui finissent très tard: IDALG cède la place à Shash’U. On a perdu quelques personnes en cours de route, mais ceux qui sont restés ont tous dansé ! Mention spéciale à l’intégration de la pièce Ce matin de Safia Nolin: je ne m’y attendais pas et c’était absolument parfait ! Je serais pas mal prête à parier qu’on va le revoir encore une fois sur quelques programmations cet été!

OFF Rideau – Vitrine de fin de soirée à La Ninkasi

(Par Nicolas Padovani)

Les Passagers. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Les Passagers

Elle porte bien son nom cette formation de Montréal. On se sent embarquer dans un navette spatiale : c’est planant, c’est rapide et ca bouge beaucoup. Arrive un moment où l’on rentre effectivement dans l’espace grâce aux multiples synthétiseurs. Et vu que c’était la St-Valentin, la chanteuse nous a recommandé de flatter la cuisse de notre voisin pendant qu’on se laisser entraîner dans leur nouvel univers. C’était un décollage.

Fuudge. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Fuudge

Que dois-je dire de nouveau sur ces 4 fantastiques à part qu’ils continuent à impressionner et à accrocher automatiquement leur public avec leur son lourd et psychédélique. Moi même qui porte un bonnet de King Crimson sur le crâne en permanence, je ne peux juste plus les détester. Ca va chercher le King, Queens of the Stone Age et chatouiller les Beatles en même temps. Ca te secoue. C’était les turbulences.

Violett Pi. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Violett Pi

Et à partir de là, la navette de la Ninkasi était bien complète pour venir voir les 4 violettes toutes vêtues de robes et de jupes. On entend  »en apesanteur, en apesanteur avec toi » rappé en boucle sur fond de punk facon Les Goules, mais c’est encore plus énervé et plus vilain que les prédécesseurs de la soirée. On s’accroche du mieux qu’on peut, on se répète  »Jusqu’ici, tout va bien » et on finit par atterrir. C’était un voyage.

Phoque OFF – Le Pantoum

(Par Jacques Boivin)

Anatole – Photo : Jacques Boivin

Anatole

Paraît qu’Anatole a fait une petite virée Nouvelle L.A.-Québec juste pour montrer aux diffuseurs québécois ce qu’il avait dans le ventre (et montrer son ventre aussi). Version condensée du spectacle qu’on a eu l’occasion de voir une ou deux (centaines de) fois. Évidemment, Anatole s’est montré sensuel, salace, lascif et décadent. Comme on l’aime. Et de nombreux fans s’étaient déplacés aussi, question de pouvoir danser comme des déchaînés sur Discollins avec votre humble serviteur qui, l’espace d’une chanson, s’est totalement abandonné.

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Gab Paquet

Autre favori du blogue, Gab Paquet est venu nous présenter quelques chansons de son cru, dont la désormais classique Consommations. Évidemment, le public, déjà émoustillé par Anatole, s’est déchaîné et chanté en choeur avec Paquet et son band de feu. Encore une fois, on a chanté, dansé, fait la fête et on a voulu faire l’amour avec Gab, qui nous l’a bien rendu en faisant quelques tours sur le parterre pour nous dire quelques mots doux dans le creux de l’oreille…

Mauves – Photo : Jacques Boivin

Mauves

Question de finir la soirée en beauté, Mauves est venu présenter quelques chansons très coco. On s’est amusés à faire du headbanging au rythme de J’ai tout essayé, on a chantonné sur Nouvelle-Calédonie, et on a trippé sur les morceaux plus atmosphériques du groupe. On en aurait juste pris un peu plus, question de faire durer le plaisir…

 

[SPECTACLE] VioleTT Pi donne un spectacle déchaîné à La Taverne de Saint-Casimir

Vendredi soir j’étais enchantée de me rendre à La Taverne de St-Casimir non seulement parce j’apprécie personnellement cet endroit, mais parce qu’on y annonçait le spectacle de VioleTT Pi. Qui est ce fameux VioleTT Pi me direz-vous? C’est un artiste que j’ai appris à découvrir et à apprécier au fil du temps et des écoutes. Les mélanges d’électro et de grunge, ainsi que ses textes sombres et débauchés nous demande de prêter attention particulière à son œuvre. On ne peut pas se limiter à une écoute sommaire. J’ai eu personnellement la chance d’assister à plusieurs concerts de cet artiste polyvalent qu’est Karl Gagnon, alias VioleTT Pi. Il va s’en dire que chaque fois l’énergie, l’émotion et un son de qualité sont au rendez-vous.

Le Granbyen est entré sur scène vers 23h00 avec la chanson La mémoire de l’eau qui se retrouve sur son 2e album Manifestre contre la peur sortie en avril dernier. Il a par la suite réchauffé la foule avec Fleur de Londre et Princesse Carnivore qui apparaissent sur son premier album eV.

Malgré les 25 personnes présentes à La Taverne, l’ambiance était festive et les gens ne se sont pas empêchés de se défouler ni de faire du bodysurfing. Le personnel de La Taverne a bien reçu VioleTT Pi et ses musiciens en leur offrant une tournée de bières et de shooters à plusieurs reprises.  Ils ont même été le quérir sur scène pour le porter à son tour à bout de bras.

Je qualifierais les spectacles de VioleTT Pi comme déjantés par l’effet que procure sa musique au style indéfinissable sur ses auditeurs. Cette musique est parfois planante, de par les courants électroniques qui surgissent de nulle part et à d’autres moments elle devient plutôt violente par les sonorités métal. C’est le cas sur des chansons comme Biscuit chinois et Pluie du dragon qui font autant sortir le synthétiseur qu’un  scream punk provenant de la voix de Karl. C’est également durant Pluie du dragon que nous avons eu droit à un effet de slow motion captivant faisant probablement office de pont.

Étendu sur les moniteurs devant la scène qui transmettaient sa musique électroclash, il gaspillait de la bière un peu partout et semblait être partie dans un autre monde, celui de l’ivresse. Cette fin de spectacle était inattendue, mais digne de lui.

Il reprit quelque peu ses esprits lors du rappel et il a satisfait la foule avec Petit singe robot ainsi qu’en terminant avec de sages paroles. «La musique c’est pas grand-chose, mais c’est tout ce que l’on a».

VioleTT Pi est, et restera toujours dans mon top trois de spectacle à voir. Il suffit d’ouvrir son esprit et se laisser guider dans son univers unique. La démarche artistique de VioleTT Pi est, selon moi, un art qui n’a jamais été créé au Québec et qui mérite d’être connu davantage sur la scène émergeante.

Comme il n’y avait pas photographe à La Taverne, voici les photos de VioleTT Pi lors de son dernier passage à Québec le 15 novembre dernier dans l’article du spectacle ici.

 

[SPECTACLE] VioleTT Pi, Rock & Pabst, 10 novembre 2016

Les Rock & Pabst, «une initiative lorettaine», animent depuis quelques années la vie étudiante du Cégep Sainte-Foy. C’est en général l’occasion de découvrir des groupes locaux ou émergeants dans une ambiance pour le moins festive. Jeudi dernier, les organisateurs faisaient un légère entorse à la règle en présentant un groupe déjà assez bien établi parmi la relève à Québec : VioleTT Pi.

Seul nom sur l’affiche, le groupe a attiré une bonne quantité de spectateurs, de sorte que le café Wazo était bien rempli. La soirée s’annonçait mouvementée et assez bien arrosée, à voir aussi l’achalandage au bar (qui vend maintenant autre chose que de la Pabst !) dès le début de la soirée. Les musiciens, dans leurs meilleurs accoutrements, ont pu commencer à jouer vers 20h45. On a d’autant plus pu apprécier leur musique que le réglage du son était réussi, ce qui faisait parfois défaut dans les Rock & Pabst précédents.

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VioleTT Pi / Crédit photo: Gabriel Potvin Caissy

Comment décrire la musique de VioleTT Pi ? C’est vraiment un défi. C’est avant tout un punk-rock franco éclectique, avec un côté fête foraine déjantée. Les musiciens y mêlent parfois des mélodies à saveur électro, tandis que le chanteur à la voix pour le moins versatile fait tantôt des vocalises suraiguës, tantôt du rap ou du scream assez expérimental. Le tout, assez dissonant, déborde d’énergie en raison de l’intensité et de la précision des musiciens.

Le public des Rock & Pabst, qu’on connaît aussi pour son intensité, n’a pas mis trop longtemps avant de sauter partout, transformant le parterre presque en entier en moshpit festif. Plusieurs spectateurs connaissaient les paroles des chansons du groupe, les chantaient avec lui. On a eu autant droit à des pièces de Ev, leur plus ancien album, qu’aux nouvelles chansons de Manifeste contre la peur, paru à la fin d’avril.

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VioleTT Pi / Crédit photo: Gabriel Potvin Caissy

VioleTT Pi n’est pas resté de glace devant l’admiration et l’intensité de ses spectateurs. À la fin du spectacle, alors que le public en demandait encore, les musiciens sont montés une deuxième fois sur scène pour jouer Petit singe robot, un classique de leur répertoire. Selon certaines sources informées, le groupe ne fait pas systématiquement des rappels. Il faut croire que si la foule du Rock & Pabst a été charmée par VioleTT Pi, elle a aussi quelque chose de charmant pour les groupes au son desquels elle vibre.

Crédit photo: Gabriel Potvin Caissy

[SPECTACLE] Des VioleTT Pi De La Reine à l’Anti

En cette veille de fête du Canada, le français était à l’honneur à l’Anti le 30 juin dernier, avec deux formations, la première de Québec et la seconde de Granby, qui chantent dans la langue de Molière et qui lui font honneur en l’ayant bien déliée. Sans cérémonie, La Reine prend la parole armée de son séquenceur, appuyée par un fond minimal fourni par les musiciens qui tranquillement montent un build-up dont le point culminant donnera le coup d’envoi officiel à leur première chanson. La finesse, la subtilité, la retenue et la sensualité font partie de leur arsenal sonore, ce qui ne les empêche pas de jouer avec l’intensité pour dynamiser les choses. Les beats de Jean-Etienne Collin-Marcoux font appel au drum électronique et sont continuellement imaginatifs et groovys, alors que les riffs de Vincent Lamontagne tirent de sa guitare des hooks mémorables. Quant à Odile Marmet-Rochefort, elle occupe le centre de la scène et s’occupe très bien des vocaux, qui étaient toutefois moins mixés à l’avant-plan que sur disque, laissant plus de place à la musique constituée en grande partie par le synthétiseur dont elle jouait tout en chantant.

Les pièces choisies par De la Reine pour ce show en ouverture de Violett Pi mettaient davantage à contribution un vif déploiement d’énergie, qui bien que tout à fait de mise dans les circonstances, n’était pas ce à quoi j’aurais pu m’attendre. C’était mon baptême en show donc je ne connaissais que les deux titres de la cassette-EP parue plus tôt ce printemps, qui sont moins mouvementés que les pièces avec lesquelles ils ont lancé les festivités. L’intensité du jeu des musiciens étant montée d’un cran, ils mettaient ainsi très bien la table côté ambiance pour accueillir les sautes d’humeur de VioleTT Pi. La seconde pièce ne diminue pas le niveau d’énergie déployée, la musique est groovy et l’interprétation est très sentie de toutes parts et un nouveau build-up bien monté nous mène jusqu’à un canon vocal partagé entre la chanteuse-claviériste et le batteur-blagueur et « roux de secours », dixit Odile. La musique est très progressive et laisse une grande place aux vocaux, sans qu’elle fasse pour autant office de faire-valoir, l’équilibre étant bien maintenu entre musique et paroles. Le synthé, souvent à l’arrière-plan, devient tonitruant par moments, alors que des gros hooks de guitare et des beats variés, ludiques et lourds par moments continuent de former les chansons interprétées pendant le set. J’en suis encore à me dire que c’est pas mal plus intense que ce à quoi je m’attendais avec les pièces que je connaissais déjà quand l’occasion de comparer arrive officiellement, alors que le groupe amorce une interprétation intégrale de leur EP-cassette homonyme.

De la reineC’est donc d’abord « Danse » qui enchaîne, groovy comme toujours et plus captivante avec les musiciens qui la jouent devant nous. Le guitariste a troqué la six cordes pour la basse et on percevait des petites modifications ou variations d’intensité qui ajoutaient de l’impact à certaines transitions bien amenées. La face B poursuit sans transition avec « S’élever », où on apprécie encore une fois la version live, les différentes phases de la chanson étant bien mises à l’honneur, comme le moment où Odile joue avec des effets de machines pour rendre saccadés ses vocaux, durant le bridge un peu après le milieu de la pièce. Le set se poursuit avec une pièce simplement présentée par la chanteuse comme une chanson qu’elle aime beaucoup, et qu’on devine assez rapidement être la reprise de Destiny’s Child qui, selon ce qu’on m’avait dit, agrémentait généralement leurs sets, parce que « la reine fait ce qu’elle veut » après tout. C’est donc « Say my name » qui a été la seule pièce interprétée en anglais ce soir là, et elle semble avoir plu autant aux musiciens, qui avait l’air de bien s’amuser sur scène, et aux gens réunis à l’Anti, peut-être en bonne partie pour VioleTT Pi, mais malgré tout le plus souvent assez attentifs et respectueux pendant le set De La Reine. Après une généreuse dose d’applaudissements leur étant destinée, ces derniers ont amorcé leur ultime titre, présentée comme la petite nouvelle, qui nous prouvait encore une fois que leur truc est bien ficelé, avec une amorce toute en douceur et en retenue pour faire place à une belle montée en intensité jusqu’à un moment de déploiement encore une fois tout en retenue, surtout comparé à celui des pièces en début de set, plus mouvementées, ce qui a permis de terminer en beauté cette première moitié de soirée.

VioleTT PiEncore beaucoup moins cérémonieux que De la Reine en guise d’amorce de concert, VioleTT Pi ont tout de suite balancé la sauce dès les premières secondes, avec une intro à moitié spokenword et à moitié rap-core, prenant l’auditeur par surprise alors que les lumières étaient toujours éteintes. L’intro, montée sur l’instrumentale de la pièce « Guillotine » des aventuriers de l’extrême que sont les californiens Death Grips, donnait bien le ton de la suite de la soirée, qui promettait de nous en faire voir de toutes les couleurs. Si les bands de ce soir étaient des couleurs, De la Reine auraient des teintes métallisées comme l’or et l’argent alors que Violett Pi aurait pour effigie un arc-en-ciel incluant une bonne dose de noir. Le bassiste-claviériste Sylvain Deschamps apparaît au coin de la scène, vêtu d’une robe rose fluo, alors que le chanteur-guitariste-compositeur Karl Gagnon arrive en short sport, l’autre guitariste Daniel Baillargeon en bobettes de vidange et grand châle noir et le batteur avec ce qui semble être un kit de boxeur. Le tout se déroule dans une ambiance très festive, les gens sont manifestement vendus d’avance et ils entonnent les paroles en coeur avec le chanteur de ce que je crois reconnaître pour « Héroïne », le morceau qui ouvre véritablement leur nouvel album Manifeste contre la peur, et qui donne une bonne idée du mélange des styles assez inusité qui constitue presque toutes leurs compositions, alliant le rock-électro-pop, la chanson et le noise au vocal presque porno-grind par moments. Le titre qui suit sur l’album enchaîne aussi ici, soit « La mémoire de l’eau », interprété avec intensité, le pop et le noise flirtant à qui-mieux-mieux encore une fois. Ils ont ensuite fait un retour en arrière avec le titre qui ouvre Ev, leur album de 2013, soit « Petit Singe Robot », tantôt rapcore, dancepunk ou encore gros rock avec une twist glam, avant un break deathcore presque crabcore. S’ensuit la pièce très appréciée du public « Princesse Carnivore », comme c’est le cas sur Ev, avant un retour au nouveau matériel avec « Bondage » et « Calude Gravol » encore très appréciées du public en délire. Plusieurs morceaux qui s’enchaînent bien et qui déploient la plupart du temps une énergie presque déconcertante, que le public canalise allègrement pour partir des slams festifs, qui carburaient au côté bien dans-ta-face de la musique de VioleTT Pi.

VioleTT PiLes musiciens ont une forte présence scénique, et en viennent à un certain moment à quitter la scène pour animer la foule et le slam, laissant le chanteur seul sur scène pour un moment avant de le rejoindre pour relancer le bal après avoir aspergé l’assistance d’eau puis d’entonner éventuellement le titre « Opinel », qui peut rappeler Loco Locass pour son usage du phrasé saccadé et de l’allitération. Bien que sur disque aussi, on ait droit à des pointes explosives, la déflagration se fait beaucoup plus ressentir lorsqu’on en est témoin en personne. Toutefois, la charge sonore et le niveau d’intensité restent relativement constants, ce qui crée parfois à la longue un effet de monotonie, tout comme le fait que le mélange de styles, d’abord très inusité, finisse par dévoiler sa recette qui demeure dans des proportions similaires tout au long du concert, doublant l’effet de monotonie. À la longue, je constate que l’assistance apprécie manifestement plus que moi et semble encore capable d’en prendre alors que pour ma part, le long set réunissant presque tous les titres de leurs deux albums aura eu raison de moi avant la fin du concert. Reste que quelque chose d’aussi énergique et précis tout de même, l’amour et la violence distribués en parts égales, le tout avec des paroles originales et créatives, relève de l’exploit. Le succès du groupe est mérité et il y a manifestement beaucoup de travail derrière les compositions du groupe. Reste qu’au final, je crois que j’ai davantage apprécié la performance De La Reine, plus mature, avec son set un peu mieux dosé en ce qui a trait à l’intensité déployée, alors que Violett Pi fonctionnait toujours à plein régime.

Quoiqu’il en soit, vous avez vraiment manqué quelque chose si vous n’avez vu aucun de ces deux bands le 30 juin dernier. Vous avez toutefois la chance d’avoir un beau prix de consolation, avec les magnifiques et spectaculaires photos de Llamaryon.

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[SPECTACLE] Violett Pi, L’Anti Bar et Spectacles, 3 mai 2016

Mardi soir, le groupe Violett Pi nous conviait au lancement du vibrant Manifeste contre la peur. C’est devant une foule nombreuse mais d’abord timide que le groupe mené par Karl Gagnon a entamé le spectacle. Il a annoncé d’emblée que le groupe jouerait l’intégralité du nouveau disque avant de nous balancer une couple de vieilles chansons. Dès la deuxième chanson La mémoire de l’eau, deux constats s’imposent. De un, les amateurs du groupe présents avaient déjà écouté le nouvel album à quelques reprises malgré sa sortie toute neuve puisqu’on pouvait en observer plusieurs qui chantaient les paroles déjantées des morceaux encore frais. De deux, le groupe est déjà très à son aise avec le nouveau matériel. Malgré les structures parfois labyrinthiques des chansons, l’exécution était à la fois irréprochable et détendue (en autant qu’on puisse être détendu en jouant du Violett Pi!).

28-20160503-Violett PiOn a donc pu découvrir la force de frappe des nouvelles pièces et on soupçonne déjà que des pièces comme Singe de ville et Les huîtres de Julie Payette auront une place de choix dans la grille des chansons du groupe. Calude Gravol (dédiée à Claude Gauvreau) et Six perroquets séchés dans un tiroir en bois seront quant à elles de merveilleux moments de défoulement collectif. À voir le parterre s’enflammer et danser comme il le faisait, il était bien difficile de croire que nous étions un mardi de mai.

À la conclusion de cet intégral, le groupe a pris une petite pause avant de revenir faire bouger l’Anti comme il se doit avec des classiques comme Petit singe robot, Princesse Carnivore, Fleur de Londres ou la brutale Le clown est triste. Une belle leçon de rock par un groupe qui ne fait pas dans la dentelle tout en étant capable de saupoudrer ses pièces d’une touche sucrée. On imagine bien le party lever dans les festivals cet été!

On pourra revoir Violett Pi en juillet prochain au Festif! de Baie-Saint-Paul.

 

[ALBUM] Violett Pi – Manifeste contre la peur

On aurait dû s’y attendre dès les premières notes du Prélude… ce deuxième long-jeu de Violett Pi, il allait tirer dans toutes les directions. N’est-ce pas le propre de cet auteur-compositeur-interprète capable de tout, du meilleur comme du plus imbuvable?

Si quelques morceaux plairont facilement au plus grand nombre (dont Héroïne, qui attire autant l’attention par ses textes que par sa musique amorphe… puis qui explose), d’autres demandent plus d’une écoute, ne serait-ce que pour bien saisir l’univers particulier de ce jeune homme torturé. Violett Pi partage même quelques instants son avec sa chum Klô Pelgag, qui vient chanter avec lui sur Les huîtres de Julie Payette, pièce un peu grungy sur les bords.

Fidèle à lui-même, Karl Gagnon (c’est son vrai nom) peut aussi être déroutant dans sa façon de se lancer dans toutes les directions. Hip-hop, musique de cirque, punk, pop, rock, heureusement que la basse est là pour donner une certaine ligne directrice rythmique!

Néanmoins, ce qui pourrait être déroutant pour certains risque de s’avérer un véritable coffre au trésor pour le mélomane averti.

Violett Pi sera à L’ANTI Bar & Spectacles ce mardi 3 mai. Portes : 19 h, spectacle : 20 h. 12 $ (porte) – Une belle occasion de voir ce talentueux auteur-compositeur-interprète à l’oeuvre!

[Annonce] Lancement de VioleTT Pi à l’Anti le 3 mai

Après plus d’une année loin des planches, VioleTT Pi sera de retour à Québec pour lancer son nouvel album Manifeste contre la peur le 3 mai prochain. Ce deuxième opus qui suivra eV, paru en 2013, sera lancé le 29 avril.

 

Après avoir vécu l’expérience Ligue Rock l’an dernier, Karl Gagnon, aussi appelé VioleTT Pi, s’est retiré pour créer cet album. Encore une fois dans une sonorité lourde mais très mélodique, avec des textes cinglants, le style de VioleTT Pi est difficile à décrire avec précision. Les deux extraits de l’album, Héroïne et Les huîtres de Julie Payette sont de bons amuses-gueules pour nous faire patienter avant la soirée haute en couleur du 3 mai.

 

Le rendez-vous est lancé : le lancement de Québec aura lieu le 3 mai prochain à l’Anti – Bar et spectacles. Le prix est de 12$ aux portes et le tout débute à 20h00. Trois autres soirées de lancement auront lieux à Montréal, Chicoutimi et Sherbrooke les 28 avril, 29 avril et 13 mai respectivement. Tous les détails sont disponibles ici.