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Région : Mauricie

Joëlle Saint-Pierre et Sarah Toussaint-Léveillée en plateau double au Satyre de Trois-Rivières

J’ai passé une soirée très relaxe avec ma tasse de thé et une dizaine de personnes au Satyre Cabaret-Spectacle jeudi dernier. Au programme, de la musique douce, des voix envoûtantes et des mélodies singulières qui se distinguent par le vibraphone de Joëlle Saint-Pierre et les bruits de bouche qui accompagnent la guitare de Sarah Toussaint-Léveillée. J’ai aimé  découvrir ces deux artistes en spectacle puisque je ne connaissais pas beaucoup leur musique auparavant. Aujourd’hui, elles fredonnent dans mes écouteurs leur douceur et leurs mots remplis d’images du quotidien.

Joëlle Saint-Pierre

Joëlle Saint-Pierre a participé en 2014 aux Francouvertes ce qui lui a permis de lancer son premier album «Toi, tu fais quoi?». Le son de Joëlle se traduit autour d’un monde enfantin avec les sons du vibraphone et sa voix légère qui rappelle un monde féérique. Cette musique s’écoute très bien un dimanche après-midi d’hiver en guise de réconfort. Lorsqu’elle s’accompagne à la guitare acoustique, certaines chansons rappellent quant à elles l’éveil de l’été et des bourgeons fleurissants.

Accompagnée du batteur Vincent Carré et du bassiste Marc-André Landry, Joëlle bougeait de son vibraphone à son clavier où elle me faisait parfois penser à la folie lumineuse de Klô Pelgag dans son premier album L’Alchimie des montres. Par contre, ses textes restent plus réels et concrets, ancrés dans le quotidien et abordant un thème qu’elle assume pleinement: l’amour. « J’écris beaucoup de chansons d’amour, alors j’ai écrit une chanson sur les chansons d’amour » a-t-elle mentionné avant de nous jouer une comptine très simpliste sur le sujet et qui a bien fait rire l’auditoire.

Ses chansons représentent bien l’état d’esprit d’une fille lunatique prise dans sa tête entre son humour naïf et son questionnement existentiel. Elle a terminé son spectacle avec une chanson où sa voix était mise en valeur grâce à des vibratos à couper le souffle.

Sarah Toussaint-Léveillée

Je ne savais pas à quoi m’attendre de la prestation de Sarah, puisque j’avais très peu exploré son univers musical en me limitant à des prestations live sur YouTube. Son dernier album « La mort est un jardin sauvage » projette beaucoup d’images, que ce soit par les textes, son chant parlé ou le son feutré et lourd des instruments à cordes qui l’accompagnent. Elle était entre autres accompagnée de Marianne Houle au violoncelle, que vous pouvez aussi apercevoir en tournée avec Antoine CorriveauSes textes rappellent la poésie de Jean Leloup, surtout dans sa chanson Dans mon cahier où elle raconte l’histoire d’une personne qui ne s’identifie pas au monde qui l’entoure.

Ce que j’ai retenu et aimé de la démarche artistique de Sarah c’est qu’elle ne se limite pas à un style. Ancrée dans le folk, elle nous surprend avec des sons de beatbox et des couplets aux allures rap.

Au rappel, elle a demandé au public de choisir une chanson parmi plusieurs pièces de son premier album « La Mal Lunée».

Si vous voulez découvrir de la musique de qualité et ouvrir vos horizons je vous suggère de vous faire bercer par ces deux talents québécois et de vous procurer leurs albums. Voici les photos prises lors de la soirée par notre photographe Yoan Beaudet. Elles vous permettront de voir un peu à quoi ressemblait cette soirée intime au Satyre.

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[ALBUM] Joëlle Saint-Pierre – «Et toi, tu fais quoi?»

Et toi, tu fais quoi? (Coyote Records)
Et toi, tu fais quoi? (Coyote Records)

Les chansons de Joëlle Saint-Pierre se sont faufilées jusqu’à mes oreilles par une journée de grands vents. Vous savez, le genre de journée-tempête bruyante qui secoue les médias et les réseaux sociaux, où tout le monde s’indigne et s’empresse, sans réfléchir, de hurler son opinion? Où l’heure de pointe nous bouscule à coups de klaxons, de vélos qui circulent en fous sur les trottoirs et de zombies qui traversent la rue en regardant leur cellulaire, malgré cette petite main qu’ils devraient serrer plus fort?

Je ne sais pas pour vous mais moi, quand le poids du monde se fait trop lourd sur mes petites épaules, je n’ai qu’une envie: me rouler en boule dans mon lit, avec des bouchons dans les oreilles, et m’endormir au son de mon coeur qui bat. Arrêter le bruit. Sauf que ce soir-là, plutôt que m’endormir, j’ai trouvé refuge dans une merveilleuse bulle de paix.

Objet sonore unique dans le paysage musical québécois, Et toi, tu fais quoi?, le premier album de l’auteure-compositrice-interprète saguenéenne envoûte et surprend dès les premières notes de Choc Électrique. La voix est jolie, assurée, le timbre est clair, aérien, les mots sont pesés, sentis et déposés délicatement sur de ravissantes mélodies. Le son du vibraphone (trop peu utilisé en chanson) et la douceur de la musique apaisent alors que l’intelligence du propos invite et impose le silence. Résultat : malgré l’inconfortable chaise de bureau qui me torturait le bas du dos, je suis restée hypnotisée, dans un total état de flottaison, jusqu’à la fin de ma deuxième écoute (parce que 30 minutes, c’est parfois trop peu de paix).

Si, à l’image de la pochette, le contenu s’annonce minimaliste, on devine assez vite la somme de travail derrière l’écriture de ces petits bijoux de chansons (Stéphane Robitaille et Catherine Lalonde ont collaboré à certains textes alors que Louis Dugal a coécrit deux musiques) et le souci apporté aux détails. Je pense entre autres aux superbes arrangements de cors de Pietro Amato et au travail de Vincent Carré (batterie), Marc-André Landry (contrebasse), Stef Scheider (percussions), Alex Blais (contrebasse) et Cédric Dind-Lavoie (contrebasse) qui accompagnent Joëlle sur la pointe des pieds, en lui laissant toute la place. Soulignons d’ailleurs que la vibraphoniste, qu’on peut aussi entendre au piano et à la guitare, est particulièrement douée dans le maniement des baguettes (« oui, quatre, et oui, c’est lourd », précise-t-elle dans sa sympathique autobiographie).

Beaucoup de soin a également été mis dans la prise de son (Daniel Gélinas), faite dans une chapelle d’Ulverton, en Estrie et au studio The Pines, à Montréal. Je salue le choix d’avoir opté pour une captation spontanée (une seule prise) et d’avoir laissé traîner, dans les racoins de pistes, quelques souvenirs des lieux (bruits de chars et planchers qui craquent). Le  son de l’ensemble n’en est que plus vivant. J’ai aussi apprécié l’ordre des chansons, qui nous fait passer de la lumière (Choc électrique) à la noirceur (Rose, On a pleuré sur la lune), des amours impatientes (Cent pas) à la mort (Murs), permettant ainsi de révéler le talent d’interprète de l’artiste, sensiblement à l’aise dans tous les registres. J’ai très hâte de la voir sur scène (et mes collègues de Québec aussi car tout le monde semblait bien déçu qu’elle ne passe pas par la vieille capitale pour faire son lancement).

Mes coups de cœur : Souris, petite valse au texte délicieusement ironique, Jour doré (une chanson ne pourrait davantage séduire la fan de Gainsbourg que je suis) et la déchirante Jamais seule, dont la mélodie me hante depuis la première fois que je l’ai entendue. Mais ne vous fiez pas sur moi, je crois que je vais changer d’idée à tous les jours…

Lancement d’album à Montréal
MARDI 15 SEPTEMBRE – 17h
VERRE BOUTEILLE

Lancement d’album à Saguenay
JEUDI 24 SEPTEMBRE – 20h
CAFÉ-THÉÂTRE CÔTÉ-COUR

Pour plus d’infos :

http://joellesaintpierre.com/

http://www.coyoterecords.ca/artistes/