Lancement Bad Dylan (+Talfast) – Le Pantoum 27 Janvier 2018

La gang de Ville-Marie venait nous dévoiler la nouvelle galette écléctique POGOGO samedi dernier! C’est chez leurs amis du Pantoum qu’ils ont étalé leurs panoplies de textures éléctroniques. Talfast, duo électro éclaté rimouskois, s’occupait de réchauffer le plancher sous nos bas de laine.

Talfast – Photo : Alice Chiche/Le Pantoum

Talfast

Décrire l’ambiance d’une prestation de Talfast, ouvrant pour Bad Dylan, n’est pas l’exercice le plus facile en ville. Néanmoins, la paire Bas-Laurentienne nous en met plein les oreilles. En toute humilité stylistique, je dirais que leurs épopées musicales gigotent entre le «chiptune» futuriste et le «Dubstep». 

«Je sais pas si vous avez remarqué, mais on joue du clavier» 

J’y vais rarement de comparaison du genre, mais leurs sons me fait drôlement penser à The Glitch Mob. On peut clairement affirmer que les gars sont amateurs de jeux vidéos rétros par les trames en 8-bits qu’ils produisent. Les principaux intéressés, Antoine Létourneau-Berger et Robert Auclair adorent aussi les cassures de rythmes. Passant d’une aventure de science-fiction complètement désaxée sur fix my bike à une ballade numérique et progressive comme Collapse.

 

De façon déphasée, synthétique et accélérée, ils profitent du dernier tableau pour balancer du nouveau matériel.

Talfast nous propose une course contre la montre en 2075, la somme d’une belle découverte en ce samedi pantoumien.

Bad Dylan – Photo : Alice Chiche/Le Pantoum

Bad Dylan – Lancement de POGOGO

Dire que le dernier album de Bad Dylan n’est pas complexe serait un drôle de mensonge. Troquant la métropole pour rendre visite à leurs potes du Pantoum, le trio Bilodeau, Payant-Hebert, Pépin avait à peine joué ses premières notes alors que nous étions quasiment tous assis en tailleur.

Les trois gaillards nous ont subjugués de leurs nouveaux sons qui exploitent une multitude de couches électroniques. Explorant un nombre incalculable de styles différents, je dirais que que le disco et l’afrobeat sont prédominants dans l’ensemble de l’oeuvre. L’ambiance? En m’aventurant dans une analogie un peu folle, j’avais l’impression d’un party futuro-disco sur une île d’Hawaii. Les pistes Ain’t No sorry et Annunaki reflètent particulièrement cette vision.

 

Dans une prestation entièrement Instrumentale, ils ont joué la pièce Fièvre mentionnant qu’Anatole s’occupe habituellement du vocal. Respectant une certaine convention de longueur en terme de lancement, leur prestation de courte durée a été purement efficace.

L’univers de Bad Dylan est aussi très fort en textures, eux qui s’associent à l’artiste visuel FVCKRENDER. Normalement, c’est ce dernier qui aurait garni le décor lors du spectacle mais pour l’occasion, Émilie Tremblay s’occupait de l’impressionnant mur de néons en arrière-scène. Notons aussi la sono impeccable, une gracieuseté de Simon Provencher. Un remerciement notoire à Alice Cliche d’avoir prêté ses clichés pour le bien de notre cause!

KROY (+Ghostly Kisses) – Impérial Bell, 26 janvier 2018

Pour une soirée intime, on ne peut demander mieux qu’une introspection aux confins des univers aériens de Margaux Sauvé et Camille Poliquin. Initialement prévu au Cercle, ce rendez-vous électro-pop était donc déplacé trois portes plus loin, à l’Impérial Bell. Moment immersif et touchant qui ne laisse personne indifférent!

Ghostly Kisses – Photo : Jacques Boivin

Ghostly Kisses

D’une douceur apaisante, une voix éthérée a plongé l’audience dans une obscurité sonore, celle de Margaux Sauvé. Difficile et quasi impossible d’être passif envers une voix si envoûtante. Le trio complété par Antoine Angers (guitare, voix) et Louis-Étienne Santais (clavier) a su captiver l’attention des impérialistes présents.

Générant une foulée de lents hochements de têtes, le trio a enchaîné les pièces du EP What You See. Suite à la relaxante Gardens, Sauvé y est allée d’une première et courte intervention, mentionnant l’honneur d’ouvrir pour KROY. Continuant l’hypnose ambient, elle a repris avec brio Running To The Sea de Susanne Sundfør et de la formation norvégienne Röyksopp. Devant une audience quelque peu évasée, Ghostly Kisses a poursuivi avec Such Words, particulièrement frissonnante. Chaque note jouée de celle-ci saisissait et la tristesse romantique des paroles donnait froid dans le dos. Sans compter les passages au violon qui amplifient le vertige.

 

I felt this instant of desire
Before I went back to my head
And then I crawl back
Into your arms

Que dire de ce dénouement alors que Sauvé, émue, nous a raconté l’admiration qu’elle avait pour Dolorès O’Riordan avant de nous offrir une reprise downtempo de Zombie. Un hommage touchant qui clôturait une heure planante signée Ghostly Kisses.

KROY – Photo : Jacques Boivin

KROY

«On aime Québec, on voudrait que tout les shows soient comme ceux à Québec.» Comment ne pas aimer Camille Poliquin, alias KROY? La Montréalaise et moitié de Milk & Bone a conquis les néophytes et comblé les initiés. Ses ambiances trip-hop combinées aux couches synthétisées ont fait vibrer l’Impérial. Pour l’occasion, elle s’est entourée de Guillaume Guilbault aux claviers et de Charles Blondeau à la batterie électronique.

Elle est entrée en scène avec Hull, titre initial de son album Scavenger. La table était bien mise! Tapant de plein fouet sur son « Drum Pad Machine » elle a continué avec Learn, morceau semi-langoureux et dansant où elle propulse sa voix très haute. Alternant les pièces de son opus, elle s’est aussi gâtée en déconstruisant In my mind des Killers.

La force de sa performance réside certainement dans les contrastes de styles qui s’agencent drôlement bien. Elle peut nous enlacer avec une mélodie dream pop pour finalement casser le rythme avec des sons trance accélérés. En plus de mélanger les sonorités, elle nous amène parfois à rêver ou planer, à travers des nuages analogiques (non ce spectacle n’est pas en VR).

Un des moments forts du concert est l’exécution de Monstrosity, cette pièce phare de son album. Sur cette dernière, Poliquin nous récite carrément un conte d’amour sur une ambiance électronique. Vous comprenez déjà, ou comprendrez à l’écoute audio, mais l’entendre de vive-voix est une expérience en soi.

 

Constat? Ce fut une sacré belle aventure dans l’univers flottant de KROY!

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Apéros FEQ : Alexandra Lost – District Saint-Joseph, 11 janvier 2018

La deuxième moitié de saison des Apéros FEQ débutait jeudi dernier au District St-Joseph. Alexandra Lost, projet électro-pop de Jane Ehrhardt et Simon Paradis, a plongé l’auditoire dans une mer synthétisée. Accompagnée par Hugo Le Malt, la formation a offert son premier single Stranger Game en début de prestation. Une heure de musique planante qui nous a fait voyager dans le passé, quelque part entre les années 80 et 90.

La beauté d’Alexandra Lost prend son essence dans les ambiances new wave et se peaufine par le vocal grave mais ô combien paisible de Jane. D’ailleurs, pour les pièces Towers et Fleeting Dance, elle récite des intros quasi subliminales qui collent drôlement bien à leurs musiques. Chaque chanson est une sorte d’épopée parfois disco, tantôt ambient. On ressent une certaine répétition aux claviers qui donne un fil conducteur à leurs variations. Quelques morceaux avaient des cadences ralenties qui rappelaient le downtempo anglais. Sans manquer d’originalité, ils explorent aussi le blues et Le Malt se paie même un solo de guitare dans le processus.

«I’ve been trying to wake up

from this dream I had»

Extrait que j’ai noté de Trying to grow où la voix d’Ehrhardt est particulièrement envoutante et ce, même sur une trame accélérée. Au final, un apéritif concocté avec brio pour la formation qui en était à son quatrième spectacle depuis sa création.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le trio entame bien 2018!

 

Prochain apéro FEQ : jeudi 18 janvier avec Lou-Adriane Cassidy

Photos : Jacques Boivin

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Koriass (+KNLO) – La Source de La Martinière, 16 décembre 2017

Hé oui! C’était bel et bien le dernier chapitre de la saga Love Suprême, tournée du charismatique MC Koriass. Pour cette clôture en sol limoilois, Korey était précédé par KNLO, ce fameux post-rigodoneux. Clin d’oeil à Watts et son rap/rock, chargé de mettre la table avant l’arrivée des principaux intéressés.

Remerciements spéciaux à Jacques Boivin d’avoir prêté son talent de photographe pour le «rap jeu» et à Sabrina Martin pour ses notes dans mon calepin de gribouillis.

KNLO

KNLO – Photo : Jacques Boivin

Que ce soit en solo ou collectivement avec Alaclair Ensemble, on doit s’attendre à un moment groovy quand KNLO est dans les parages. Pour l’occasion, M. Craquenuques s’est entouré de la famille. En compagnie de Caro Dupont et Sev Dee (K6A), Ogden alias Robert Nelson est monté sur scène pour compléter B.B.I.T.C. «On représente Hochelaga, Ste-Foy, Limoilou, le Bas-Canada» s’écria Akena avant l’excellente justecayinque. L’auditoire se dégourdissant les jambes tranquillement, on a eu droit à une panoplie de belles chorégraphies des artistes. Principalement sur Tabac Indien dont l’exécution était digne d’un cours de zumba. Par la bande, il a poursuivi avec un bel hommage à la métropole et à son pote Lou Phelps sur Ville-Marie. Personnellement, mon petit velours de la prestation fut clairement Merci alors que mademoiselle Dupont l’accompagna à la flûte traversière. Non, Eman n’y était pas pour sa partie, mais on ne peut pas toujours beurrer notre pain avec du caramel à l’érable. Une perfo déconstruite parsemée de freestyles sortant drôlement de l’ambiance créée sur sa galette Long jeu. Un honnête prélude pour l’arrivée du deuxième «K» de la soirée.

Koriass

Koriass – Photo : Jacques Boivin

Après presque deux ans à répandre le love suprême aux quatre coins de la province et même en France, Emmanuel Dubois a choisi son quartier de résidence pour clore cette belle tournée. Pour ma part, il s’agissait de ma troisième séance de «cœurs avec mes deux mains» et la plus intime sans aucun doute. Malgré la proximité, on ressentait une réticence du public sur quelques chansons et Korey ne s’est pas caché pour le mentionner. Malgré tout, la marchandise a été livrée d’une main de maître par Koriass et ses musiciens. D’entrée de jeu, on a été frappé au visage par l’incisive Pardon. Ensuite, la foule a été particulièrement captivée par Zombies, cette hymne ou critique sociale aux milles et une références. Se sont succédé par la suite Nulle part, Sorry, Endurance et Légendaire. Constat après cet enchainement, «Korey Hart» n’a pas oublié son flow à la maison. Par la suite, on a fait notre «baby shower dans un after hour» sur la version modifiée de Blacklights. Nous sommes allés dépenser nos «comptes épargnes sur des onces de Jack» sur la puissante Devenir Fou issue de Rue des saules.

Koriass – Photo : Jacques Boivin

Le MC s’est permis quelques courtes pauses pour des anecdotes de famille, ainsi que sur son entourage dans le quartier. À la quête d’une serviette par cette chaleur accablante, il continua avec «ouvre ta fenêtre» et son gag d’en ouvrir une au même instant. Toujours près de son public, il a l’habitude d’amener un fan sur scène pour rapper avec lui. Cette prestation à la frontière de Limoilou et Vanier ne faisait pas exception à la règle. Belle récompense et expérience pour cet amateur particulièrement attentif comparativement à certains de ses homologues.«Est-ce qu’il y a des enfants de l’asphalte dans la salle ici ce soir?». Difficile d’imaginer une meilleure fin que celle-ci, avec ce titre phare de son répertoire. Simulant un rappel, il cracha une deuxième fois pardon, cette fois, sans instruments et sur un rythme effréné.

Soulignons la perfomance de Gabriel «Gabou» Lajoie à la basse, de DJ Nerve aux platines et le travail de son, pas toujours simple, de Gregory Carrier Bonneau. Somme toute, La Source de La Martinière aura été théâtre d’une représentation finale non sans embuches, mais plus que satisfaisante.

Sur ce, attendons son prochain matériel de pied ferme et d’oreilles impatientes!

 

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Les Hôtesses d’Hilaire (+Garnotte) – La Taverne de St-Casimir, 2 décembre 2017

À l’occasion du spectacle des Hôtesses d’Hilaire et de Garnotte ayant lieu à la Taverne de Saint-Casimir samedi dernier, une délégation d’ecoutedonc.ca Québec a œuvré en territoire contesté (meilleure chance la prochaine fois, délégation de Mauricie). Tandis que Marie-Ève Fortier (chaperon) et Jacques Boivin (photographe) découvraient le lieu pour la première fois, notre nouvelle recrue Gabriel Tremblay y faisait ses premières armes. Compte-rendu d’une soirée on ne peut plus festive.

À l’occasion du spectacle des Hôtesses d’Hilaire et de Garnotte ayant lieu à la Taverne de St-Casimir samedi dernier, une délégation d’ecoutedonc.ca Québec a œuvré en territoire contesté (meilleure chance la prochaine fois, délégation de Mauricie). Tandis que Marie-Ève Fortier (chaperon) et Jacques Boivin (photographe) découvraient le lieu pour la première fois, notre nouvelle recrue Gabriel Tremblay y faisait ses premières armes. Compte-rendu d’une soirée on ne peut plus festive.

PS : Mention honorifique à Madeleine Aubin, chauffeuse attitrée de la délégation ecoutedonc.ca Québec et presque gagnante du concours de limbo.

Garnotte

Garnotte / Photo: Jacques Boivin

Quelle belle découverte que fut Garnotte, ouvrant le bal pour Les Hôtesses d’Hilaire samedi dernier à l’intime Taverne de St-Casimir. À son 2e hiver d’existence, la formation montréalaise nous a agréablement surpris par leur rock progressif variant une multitude de mélodies différentes tout au long de leur prestation. Timide en début de perfo, les gars se sont dégênés à la 3e pièce et on peut clairement entendre des influences du groupe folk The Sheepdogs dans leur musique.

Le leader du groupe David Bourbonnais y va de quelques interventions toujours très drôles et pertinentes pendant le set mentionnant entre autres le fait qu’il a brisé une de ses cordes de guitare au même moment que son batteur (Dominic Matthews) a perdu une baguette. Langoureux par moments, heavy à d’autres occasions, les contrastes de style sont intéressants et les ambiances créées par le claviériste Félix Rioux font voyager le public. Une finale presque country garnie de sifflements a même transformé la taverne en saloon western. La table était mise pour les Hôtesses, et ce de belle façon par les «busboy» de Garnotte.

 

Les Hôtesses d’Hilaire

Arborant une splendide robe aux motifs fleuris, Serge Brideau le chaman acadien nous a offert une multitude de claques dans le visage! Non loin de déplaire au public, Les Hôtesses d’Hilaire ont donné tout un spectacle. Misant sur une ambiance groovy, mais toujours aussi psychédélique, Léandre Bourgeois au clavier, Michel Vienneau à la basse, Mico Roy à la guitare et Maxence Cormier alias le «jeune» nous en ont donné pour notre argent.

De son côté, Serge a complètement converti la Taverne de par son franc-parler et ses critiques sociales, notamment sur Fais faillite et C’est Glen qui l’a dit. Sur cette dernière, le déhanchement du Néo-Brunswickois combiné à la complainte anti-technologique fut une expérience audiovisuelle incroyable. Nous avons également eu droit à une sacrée belle tranche de vie sur Eastbound and Down, qui parle de la naissance de Mico. Dans un 18e roue en plein highway. Brideau a même joué au prof de yoga sur J’me souviens des p’tits bouttes, méditant assis en indien pendant la déroute de ses musiciens. Après plus de deux heures de démence, on pourrait penser que les gars n’ont plus de gaz… Eh bien détrompez-vous. Qu’on tape du pied, qu’on danse ou qu’on se rentre dedans, personne ne peut rester indifférent à la musique des Hôtesses.

 

Comment le spectacle s’est terminé? La légende raconte qu’il ne s’est jamais achevé. Non, sérieusement, la finale se voulait un super jam de 15-20 minutes où les musiciens ont lâché leur fou pendant que Brideau, admiratif, les écoutait en notre compagnie. La cerise sur le sundae déjà all dressed, un DJ set de Serge jusqu’au petit matin qui nous a fait danser comme s’il n’y avait pas de lendemain et pourtant… il y en avait en bel et bien un. Au final, un baptême des Hôtesses plus que concluant pour ma part et une première à la taverne pour Jacques et Marie-Ève. On s’en souviendra longtemps.