Double Date With Death / DEAF / Oromocto Diamond – Le Pantoum, 24 Novembre 2017

Pendant l’hiver, les Nuits Psychédéliques ne chôment pas. On a eu droit vendredi dernier à un rappel de deux groupes de l’édition 2017, les bien nommés DEAF et Double Date With Death. Les compères Sam Murdock et Jean-Sébastien Grondin de la formation Oromocto Diamond ont assuré l’ouverture de la soirée en 14 minutes 30 bien sautillantes. Le 2ème duo DEAF est allé directement dans le bruit et la fureur, à coup de voix sous échos et riffs bien placés. Double Date With Death conclua la soirée avec brio avec leur punk rapide et dynamique, parfois planant.

C’était très bien.
Des photos type psychédéliques sont juste en-dessous.

Men I Trust / Toddler – Le Cercle, 22 Novembre 2017

Désolé si vous ne regardez pas Twin Peaks, mais je me dois de dire que le Cercle avait presque des allures de Roadhouse hier soir : 2 groupes à la musique tranquille, le rideau derrière la scène était éclairé en rouge, la salle était pleine à craquer de monde venu entendre et se perdre dans la vibe, ou alors, j’assume, discuter autour d’un verre d’eau minérale non pétillante à 3 dollars 50 pendant les 2 performances. Il ne manquait plus qu’un annonceur vêtu d’un costard-cravate et on avait notre mise en scène façon David Lynch.

Au début, il y avait Toddler : 3 garçons de Montréal, une batterie, une guitare acoustique, 2 bonnets, une moustache et 4 claviers. Le tempo est lent, les sons s’emmêlent, les claviers s’échangent entre les musiciens après un morceau, la performance dure pas loin de 45 minutes, c’est doux et ça démarre bien.

Et puis, Men I Trust a débarqué vêtus de pulls, marinière et t-shirt du Mont Saint-Michel, on allait voir la mer. Des chansons comme Break for Lovers ou You Deserve This me maintenaient dans cet espace à la Twin Peaks avec ce mélange de calme et nostalgie qui agrippe aisément les cœurs. D’autres morceaux comme Lauren ou Tailwhip (leur meilleur à mon avis) viennent faire bouger les corps avec ces sons plus groovy, se rapprochant plus de la French Touch. À noter, le morceau Your Name provenant de Bernache (l’autre projet de la chanteuse Emmanuelle) a été joué pour la première fois en live – et ca sortait tellement bien, tandis que Thirsty de Geoffroy a conclu (en rappel) la dernière performance du groupe chez eux pour cette année. Ils démarreront une tournée aux États-Unis l’année prochaine. On leur dit bon vent !

Daran / Alicia Deschênes – Le Cercle, 7 Novembre 2017

C’était la deuxième fois à vie que je voyais Daran sur scène, et pourtant j’écoute sa musique depuis que j’ai environ 7 ans, depuis ces riffs de guitare déments au début de Déménagé, sa voix poussée à l’extrême dans 35 ans à Moscou, ses accords de guitare acoustique et ses paroles simples et efficaces dans L’eau (mon morceau préféré), entre autres.

Avant qu’il prenne place au Cercle, il y avait Alicia Deschênes en première partie, seule avec sa guitare acoustique, avec un folk mélancolique dont le dernier EP est produit par Daran. Elle reçoit un accueil extrêmement chaleureux parmi une foule bien remplie.

Vient ensuite le chanteur français et sa performance en deux parties : son dernier album Endorphine en intégralité et des morceaux de sa discographie récente (Il y a un animal, L’exil) et plus vieille (Dormir Dehors, Trous Blancs, En bas de chez moi…). Qu’est-ce que je peux dire ? J’écoute ses albums depuis tellement longtemps, il a plus de 20 ans de carrière derrière lui, il fait du rock tellement efficace, sa voix ne faiblit pas, ni ses paroles, il a convaincu tout le monde.

C’est à la toute fin, après une sublime performance acoustique du morceau Une Sorte d’Église que Daran se confesse douloureusement au micro: son ancien bassiste Erik Fostinelli est décédé le jour même. Il a joué dans plusieurs de ses albums et figure sur la pochette de Augustin & Anita (que tu devrais écouter). C’était très surprenant de l’apprendre d’autant plus que l’on voyait les 4 musiciens très survoltés tout le long du concert.

On s’est sentis obligés, de dire merci.

Bellflower – Théâtre du Petit Champlain, 21 Octobre 2017

C’était mon troisième concert de Bellflower et mon premier en tant que presseur de boutons sur boîte noire à objectif ajustable. Cette soirée au théâtre du Petit Champlain pour le groupe montréalais était spéciale puisqu’ils n’avaient pas de première partie, ce qui signifiait que pour les nombreux curieux, une découverte des 8 musiciens pendant 2h (comptant entracte de 10 minutes) leur était proposée, tandis que pour les connaisseurs du groupe, c’était l’occasion de les voir dans un espace plus intime.

Allons-y tout de go, c’était certainement leur meilleure performance à vie. Ils ont rempli leurs 120 minutes de la meilleure manière avec notamment des introductions longues et planantes comprenant des notes d’instruments à vent en boucle, mais aussi et surtout des solos fabuleux pour tous les instruments pendant les chansons. L’énergie débordait, tous les morceaux et les musiciens étaient convaincants et Em Pompa aimait beaucoup taper sur la cloche et chanter les notes des autres instruments.

Tout était fantastique.
J’ai un peu pleuré aussi tellement c’était bien.

Truckfighters / Telekinetic Yeti / Floating Widget – L’Anti Bar et Spectacles, 7 octobre 2017.

Truckfighters est probablement le meilleur groupe au monde, et pourtant une tournée américaine n’arrive pas assez souvent, encore moins un passage à Québec puisque leur dernier show dans la ville date d’il y a 3 ans sur les Plaines d’Abraham en première partie de Soundgarden. Samedi soir, ils étaient venus avec 2 autres représentants du stoner rock pour venir transpirer de la bière, et moi de voir les lumières fumantes de l’Anti Bar fusionner avec eux.

 

Floating Widget – Photo : Nicolas Padovani

Floating Widget, Montréal, Canada. 

1er groupe sur la scène à 20h30 pétantes, ce groupe de Montréal à l’influence Sabbathique et Voivoidienne (note : ils ont fait un morceau avec le chanteur). L’énergie est là, les riffs sont lourds, la voix est rauque, les échanges avec le public tout fonctionne.

 

Telekinetic Yeti – Photo : Nicolas Padovani

Telekinetic Yeti, Dubuque, Iowa, USA.

Quand soudain, 2 barbus aux cheveux longs s’installent sur scène. Grosse batterie, grosse guitare à 7 cordes et des pédales à n’en plus finir. Un effort de mise en scène se fait sentir avec 2 spotlights, dont un contrôlé manuellement par le pied du chanteur/guitariste. Musicalement, c’est assez fort, ca part nettement dans le psychédélique avec toutes sortes de wah-wah et de distortion, ca reste lourd et efficace.

 

Truckfighters – Photo : Nicolas Padovani

Truckfighters, Örebro, Suède. 

Ozo, Dango et Pezo prennent le relai. Une setlist de 7 morceaux sur une assiette en carton, ca parait court comme concert, mais le secret des chasseurs de camions réside surtout dans l’improvisation. Des morceaux d’en moyenne 7-8 minutes se voient rallonger de 5-6 minutes avec des sections plus légères et atmosphériques. L’interaction avec le public est toujours aussi démente avec Dango pouvant se permettre un bain de foule sans souci de câblage, même si quelques fois c’était le public qui éteignait accidentellement ses pédales pour cause de bousculade excessive. Le groupe s’est aussi permis de donner le micro à des fans pour chanter ou hurler les paroles. Et puis question énergie, comment te dire ? C’est assez difficile de prendre en photo un guitariste qui saute toutes les 10 secondes, surtout si tu es complètement devant la scène.
J’ai encore mal à ma nuque quand je me penche en avant.

 

[PHOTOS] Apéros FEQ – Tous Azimuts, 24 Mai 2017

Et donc c’était le dernier Apéritif Festival d’Eté de Québec (ou Apéros FEQ) pour la route avant la finale du 1er juin à l’Impérial, et il y avait Tous Azimuts.
Je les ai jamais vus avant mais – déjà je trouve que c’est un bon nom pour un groupe de musique – mais il faut un peu trop forcer des joues quand il faut prononcer Azimuts, surtout quand tu manges des bonbons Haribos en même temps (ceux qui sont enrobés de sucre), là ça picote un peu.

Mais bref, ils étaient six au total sur la toute petite scène du District St-Joseph pour un public d’environ plein de gens super attentifs (c’est rare à l’heure du plat de spaghettis de 18h30). Leur musique prend plusieurs directions : il y a le rock, le folk, le demi-folk, le blues, le quasi-jazz, le presque-jazz et l’indie. Ils ont joué des chansons anciennes, des chansons inédites et une chanson de Tom Waits (si j’en ai oublié, je m’en excuse).

C’est un groupe qui amène une ambiance festive avec eux, on ne sait pas ce qu’on fête mais on le fête avec eux, et c’est sans doute cet aspect de leur musique qui les rendent populaires, à tel point que le public a demandé un rappel, ce qui est assez rare de mon expérience aux Apéros FEQ.
Aussi, après 2 chansons je crois, le chanteur/guitariste déclare avec humour « Bonsoir, on est là pour gagner les Apéros FEQ », le twist c’est qu’ils en sont fort capables.

Tous Azimuts sort un nouvel album le 1er juillet, on sait pas encore où exactement.
Sûrement à Québec.
C’est une bonne ville pour faire de la musique.

[PHOTOS] Apéros FEQ – La Fête, 8 mars 2017

Qu’est-ce que La Fête?
Une fête est, par définition, une célébration ou un festival.
Cependant, dans le cas présent, La Fête (note le F majuscule) est ce qu’on pourrait appeler communément un super-groupe.

Qu’est-ce qu’un super-groupe?
[Source : Wikipédia] Terme né à la fin des années 1960 pour désigner un groupe (de rock à la base) formé de musiciens ayant déjà acquis une certaine notoriété au sein d’un ou de plusieurs autres groupes.
La Fête est donc un super-groupe composé de personnes (sympathiques) ayant plusieurs projets musicaux à leur actif, incluant celui-ci.
Ils sont, par ordre alphabétique de nom de famille : Samuel Gougoux / batteur agile (Portage, Pure Carrière, Victime), Jean-Michel Letendre Veilleux / bassiste barbu (Anatole, Beat Sexü, Portage, Pure Carrière), Antoine Provencher / chanteur-guitariste bien habillé (HoBoii, Portage, Vague Station) et Simon Provencher / guitariste mixologue (ex-Medora, Victime).

C’est quoi comme musique, La Fête?
Ça va dans tous les sens (pas les cinq sens de ton corps, quoique…). Le batteur tape vite. La guitare doit produire au moins douze notes différentes en six secondes. La basse prend un chemin légèrement différent, parfois pour faire coucou. Et la voix est forte sans aller aux hurlements, grave et prononcée. Dès qu’un morceau part, c’est un train lancé à toute vitesse qui t’emmène voir des endroits que tu ne connais pas. Parfois, tu vas juste avoir des loops de guitare qui vont se superposer, ça t’emmène haut sur une montagne, et puis la batterie revient petit à petit, et on redescend la pente vite vite.
Peu importe La Fête, tout ira bien.

Et le public du District Saint-Joseph a applaudi, ça voulait sans doute dire qu’ils ont aimé ce qu’ils ont entendu.

La Fête devrait sortir de nouveaux morceaux dans pas longtemps.
Écoute l’album Entropiques ici (mon morceau préféré, c’est Gagner rien).