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[ALBUM] Faudrait Faire la Vaisselle : Frenches et dégôut à Almos

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crédit photo : Jean-Martin Gagnon

 

Belle surprise musicale pour vous faire feeler l’automne comme il se doit : la sortie d’un premier opus, Frenches et dégout à Almos, par Faudrait Faire la Vaisselle, jeune trio folk montréalais.

Je vous le dis tout de suite, ça vaut la peine de dépasser la première impression qu’on a en pesant sur « play », celle qui nous fait nous dire « bon un autre groupe folk pas propre, genre Adamus/Redneck, rien de nouveau ».

Ça vaut la peine parce que plusieurs belles surprises sont offertes aux oreilles tout au long de l’album, à commencer par le talent manifeste des vocalistes. On se fait tour à tour bercer puis réveiller par des voix qui, tantôt graves et mélancoliques, tantôt criardes et déchirées (Kurt Cobain-style), racontent des petits moments de vécu dans lesquels on peine (pour le meilleur et pour le pire !) à ne pas se reconnaître.

Les textes, un peu inégaux par moments, valent tout de même, sans l’ombre d’un doute, la peine qu’on leur porte attention. Pour autant qu’on ne se formalise pas des nombreux sacres, on appréciera très certainement la franchise qui émane de la poésie montréalo-rurale du trio.

Autre élément d’originalité, l’usage d’un violoncelle (habilement) joué autant à l’archet qu’en mode pizzicato supplée à merveille à la trop habituelle contrebasse et meuble admirablement l’espace laissé vacant par les guitares et le banjo.

On sortira peut-être essoufflé de certaines chansons un peu plus garochées comme « divorce ». Fort heureusement, il y a, pour balancer l’ensemble, des moments plus introspectifs comme « accro » ou « les autres » qui sont sans contredit, avec « lâche ta job », mes coups de cœur.

L’album n’est définitivement pas fait pour ceux qui trippent chansons « vers d’oreille », mais vaut très certainement qu’on s’y arrête.

Une belle découverte. On a hâte d’entendre et de voir la suite !

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Entrevues

[Entrevue] La Gypsy Kumbia Orchestra : la danse pour changer le monde !

Lors de leur passage au Cercle, j’ai pu m’entretenir avec Anit, violoniste et directeur musical de Gypsy Kumbia Orchestra. Mon petit calepin de notes n’était cependant pas assez efficace comme moyen de prise de note, j’ai donc décidé de rejoindre Anit par téléphone afin qu’il me raconte un peu son groupe. Voici ce que ça a donné:

Salut Anit,

J’aimerais en premier lieu que tu me dises c’est quoi au juste l’histoire de Gypsy Kumbia.

Tout a commencé avec la Salsa descalza, un collectif de danseurs et de musiciens qui se sont donné pour objectif de faire connaître et partager la danse. Carmen et Sebastian du collectif avaient le rêve de créer le groupe afin de mélanger la musique des Balkans avec la musique Afro-colombienne. Et c’est Sébastien qui m’a demandé de faire la direction musicale du groupe. Avec un aussi gros groupe, c’est pratique d’avoir quelqu’un qui arrange les partitions et qui s’occupe de tout l’aspect musical. Ça fait maintenant trois ans depuis le premier concert. On a fait le tour de la Gaspésie, du Nouveau Brunswick et de l’Ontario. On est aussi allé un mois en Colombie en hiver 2014 ainsi qu’en France dans la vallée de la Loire ce printemps.


Parle-moi un peu plus des influences musicales du groupe.

C’est à part égale la musique afro-colombienne qui est très présente dans les percussions, particulièrement dans la tambora, l’alegre, le llamador et les maracas. Puis la musique des orchestres et fanfares de l’Europe de l’est. Normalement, dans les ensembles de l’Europe de l’est, on retrouve soit des cordes, soit des cuivres, mais avec la GKO on mélange les deux. Il y a bien quelques groupes qui font un peu dans cette veine, notamment Mahala Rai Banda, qui mélange violons, chants, cuivres, etc., mais ça demeure quand même hors du commun.


C’est quoi la musique Afro-Colombienne?

C’est un mélange de trois influences : les musiques autochtones avec la flute gaita et percussions, des musiques africaines noires et influences européennes. Il y a une cumbia plus traditionnelle avec percussions, flute, chants, et certains artistes reprennent ça aujourd’hui : Petrona Martinez, Toto La Momposina, puis los Gaiteros de San Jacinto, qui jouent la cumbia « ancienne », mais à une époque, dans les années 50 et 60, les gens faisaient des fanfares de big band pour faire danser les gens. Ça a donné une cumbia beaucoup plus arrangée avec la basse électrique et les cuivres. Puis la cumbia a eu une grande influence en Amérique latine. Plusieurs pays ont adopté leur propre version de cumbia comme, par exemple la chicha péruvienne. Le Mexique, la Bolivie, l’Argentine, le Chili et d’autres pays latino-américains ont tous aussi développé leur version de la cumbia. Des fois le rythme ressemble au reggae, son rythme polyvalent peut être repris tout en gardant la nature de base de la cumbia. La musique afro-colombienne englobe aussi une famille de plusieurs autres rythmes: porro, mapale, fandango, etc… On s’inspire de tout ce qui relève de ce genre de musique, autant du point de vue des mélodies que de l’instrumentation, mais aussi des rythmes et mélodies de l’Europe de l’est, notamment des rythmes impairs 9/8, 7/8, 9/4, qui sont des rythmes appartenant aux danses populaires de ces pays.

Quels sont les défis à surmonter quand on a un projet de cette envergure ?

Il ne manque pas de défis, tant au niveau de la gestion qu’au travail de création souvent collectif.
Booking des spectacles et des tournées, demandes de subventions, gestion des finances, graphisme et publicité sans oublier bien sûr tout le travail au niveau de la danse, de la mise en scène et de la musique ! Beaucoup de membres du groupe sont proactifs dans la gestion et dans l’accomplissement des différentes tâches à faire, alors on y arrive!


Comment ça se passe de ton côté pour la musique ?

J’essaie d’être à l’écoute de ce qui nous inspire, et de ce qui inspire les musiciens. Puis je vise un juste milieu. Je ne fais pas des arrangements inutilement complexes, mais plutôt efficaces. Notre objectif premier demeure danser et faire danser. D’ailleurs les musiciens dansent lorsqu’on joue les arrangements. On cherche à faire une musique dansante et ressentie, qui donne des émotions fortes. Il y a aussi eu 4-5 autres membres du groupe qui ont contribué à l’album en tant que compositeurs. Le directeur artistique, Juan Perditi, a l’idée de base derrière le spectacle. Il a une vision pour la mise en scène et le déroulement du spectacle et je m’organise pour que la musique soit fidèle à cela !


Est-ce que la réaction est la même partout ? Les gens dansent-ils toujours ?

Oui ! J’ai trouvé que non seulement ils dansent, mais le spectacle plaît à un auditoire très divers, jeune, vieux, québécois, latino, gens de l’Europe de l’est, même les hipsters! Tout le monde y trouve son compte. On reçoit aussi beaucoup d’appréciation des amis musiciens qui ont des oreilles critiques, qui ont vu le chemin qu’on a fait ensemble et qui expriment des bonnes choses. Il faut dire que le groupe est très jeune – trois ans seulement – c’est donc toujours en croissance, en apprentissage musical, scénique, et notre capacité à rejoindre le public est toujours plus forte. Depuis nos débuts on remplit une fois par mois la Sala Rossa, qui est une salle de plus de 300 personnes, et récemment on a rempli le Club Soda pour le lancement juste après celui de Québec.


Quand vous avez joué au Cercle en septembre, vous parliez de revenir jouer le mois prochain. Est-ce que ce sera le cas et à chaque mois? C’est quoi l’objectif pour les spectacles ?

Depuis quelques années on souhaite pouvoir avoir une journée mensuelle à Québec comme celle que nous avons à Montréal. À Montréal on n’a pas de trop de problème à avoir notre public. On va voir pour ce qui est de Québec, si le public est capable de remplir la salle. Il faut dire qu’il y a aussi une grande diaspora colombienne à Québec donc il y a certainement un bon potentiel.

Comment l’album a-t-il été produit ?

Autant que possible, on a enregistré tous en même temps. Les solos ont été enregistrés en même temps aussi, il n’y a donc pas d’overdub sauf pour des questions de logistique. Lorsqu’un musicien ne pouvait pas être là par exemple. Donc, pour la plupart des instruments, on a tout fait en même temps, mais chaque groupe d’instruments dans une pièce différente pour se garder un certain contrôle dans la sonorité. L’album a été enregistré au studio Tone Bender avec Olivier St-Pierre [N.d.r. : pas moi!]. Je ne sais pas ce que toi tu retires comme émotion en écoutant l’album, mais c’est voulu dans le spectacle et dans le disque que chacun puisse en tirer son propre message. Il reste libre à l’interprétation. C’est notre approche artistique. Je suis satisfait que l’on exprime avec cet album un certain besoin de changement du système de valeurs qui domine dans la société. On sent partout ce besoin de renouveler notre société, notre être, nos actions et d’y arriver en se responsabilisant soi-même, en se donnant le droit d’être artiste, d’être un héros, d’être un vecteur de changement et ne pas s’attendre à ce qu’un élément extérieur amène ce changement. C’est un message constant dans ce qu’on fait.

Est-ce que ça se reflète plus fortement dans une chanson particulière ?

C’est présent partout dans l’album et dans le texte. Mais il y a bien une série de quatre chansons qui commencent avec Gaïa Bolo. Ces quatre chansons symbolisent la mère terre qui exprime sa déception envers ses enfants. Est figurée ensuite une époque de cataclysme écologique qui dévasterait la surface de la terre et qui apporterait du nouveau. S’ensuit la renaissance de la vie et des prochains chapitres de la belle époque de la planète. Il y aussi Alta Cima, où le texte dénonce l’accumulation de plus d’argent que ce dont on a réellement besoin. Il y a Maxicumbia où on utilise cette phrase qui dit qu’on n’est pas tous des artistes, mais qu’en tant qu’êtres, on a besoin d’être artistes. On a tous le droit de s’exprimer artistiquement, sans forcément être de grands artistes chevronnés. Tout le monde a le droit de s’approprier ce qu’il y a de beau dans les arts et de l’appliquer dans sa vie.


Est-ce que tu veux dire quelques mots de l’album de ton autre groupe Ayrad ?

Oui ! Il s’agit d’un tout autre type de production, très studio, très raffiné. Et le projet connaît un bon succès. On a été nommés aux Juno pour l’album de musique du monde de l’année ainsi qu’au Canadian music awards et à l’ADISQ. On est allés jouer pour l’ambassade Canadienne au Qatar, puis en Écosse au « Mela » d’Édimbourg. C’est un projet très intéressant où on s’inspire des racines de musiques marocaines avec des chansons très vieilles qui sont reprises ou des styles de musique qui viennent des villages ou des confréries soufies. On mélange ça avec un ensemble urbanisé : drum, guitare et basse électrique, percussion, hautbois, violon. C’est une formation peut-être un peu plus rock mais qui reflète aussi des côtés « roots » marocaine.

Merci beaucoup pour ton temps Anit !

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[Festival] Envol & Macadam soir 3 – (pré) after-show de Despised Icon à l’Anti – Grand Morne

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Le problème quand on est le seul journaliste à couvrir un festival … ben c’est que c’est absolument impossible de tout couvrir. « Couvrir » ici n’a absolument pas le même sens dans un pareil cas que « recouvrir » au sens de « couvrir entièrement », vous me suivez ? Enfin, tout ça pour dire que je me suis pointé bien tard hier à l’Îlot Fleurie, juste à temps pour pouvoir écouter les gars de Wisdom in Chains.

Wisdom in Chains

Crédit : Jay Kearney et Caroline Perron

Wisdom in Chains est un groupe de hardcore américain qui sévit depuis 2002. Je ne suis pas un grand connaisseur du genre, mais le groupe, à mon avis, est l’un de ceux qui témoignent très bien de ce que le hardcore, bien plus qu’un simple genre musical, est à plusieurs égards un véritable mouvement de communauté. Du moins, c’est ce que laisse entendre leurs textes et attitude très « fraternalistes ».

Difficile de ne pas avoir l’impression, en voyant ces quatre durs à cuire se démener sur scène, d’avoir affaire à de « gentils tueurs » : à titre d’exemple, Mad Joe Black, le chanteur du groupe, véritable armoire à glace, a dédié tour à tour une chanson à son meilleur ami puis à sa femme… comme quoi on a le droit d’avoir l’air « badass » tout en demeurant sympa !

La musique du groupe mêle des influences punk et oi! et le tout est exécuté de manière très convaincante et efficace. De nombreux morceaux comportent des refrains accrocheurs, mais aussi des breakdowns puissants et bien sentis, typiques du hardcore. Probablement pas le type de groupe à séduire l’entièreté d’un public festivalier, mais je suis convaincu que les amateurs du genre qui étaient présents ont passé un très bon moment.

Despised Icon

Crédit : Jay Kearney et Caroline Perron

J’ai été surpris de voir Despised Icon sur la programmation du festival. À vrai dire, je croyais que le groupe avait fait son dernier show en 2011. En fait, le groupe a profité de l’été pour souligner les 10 ans d’anniversaire de leur album « The Healing Process ». Chose réjouissante à mon avis : je préfère de loin le vieux matériel de Despised au plus récent en raison de ses sonorités plus grind/death que deathcore. Pour l’occasion le groupe a d’ailleurs semblé renouer avec ces premières sonorités : à mon souvenir, les deux vocals, sur leurs efforts plus récents étaient très similaires, mais hier soir, on distinguait de manière très nette les vocalises grind émises par les cordes vocales de Steve Marois des growls plus typiquement deathcore d’Alex Erian. Le rendu d’ensemble était vraiment très loud et brutal. Les musiciens, tant le drummer que les cordistes, semblaient en pleine possession de leurs moyens. On aurait cependant pû s’attendre à une foule plus dense pour souligner le retour de ces vétérans de la scène métal à Québec. Les gens présents ont toutefois fait un accueil très chaleureux et énergique au band.

Crédit : Jay Kearney et Caroline Perron
Crédit : Jay Kearney

 

(pré) after-show de Despised Icon à l’Anti

Comme je le faisais remarquer plus haut, c’est pas évident de couvrir un festival tout seul. Hier soir, j’avais l’impression d’être pressé par le temps et ai quitté l’Îlot Fleurie avant la fin du show de Despised pour me rendre au nouvellement ouvert bar l’Anti à l’emplacement de feu-l’Agitée (snif ! snif !). J’avais envie de voir de quoi la nouvelle salle avait l’air, bon prétexte pour aller jeter une petite écoute aux groupes qui s’y produisaient hier soir. Je suis donc arrivé au milieu de la prestation du groupe Sex on Fire, un groupe hommage à Kings of Leon (!). Le spectacle ne faisait pas réellement parti de la programmation d’Envol & Macadam, mais je me permet quand même de souligner au passage la grande qualité de la prestation : une performance convaincante, énergique et très professionnelle. Avec autant de talent, le groupe pourrait songer à faire un hommage à un groupe un peu plus connu (et apprécié) que KoL. J’ai été quelque peu déçu cependant de voir que l’Anti avait des allures de salle communautaire. J’ai eu l’impression que les rénovations ont quelque peu refroidi l’ambiance qui régnait autrefois et qui était si caractéristique de l’Agitée. Enfin, il faudra que je lui donne une deuxième chance: il faut dire que le spectacle de Sex on Fire était quelque peu intime et familial, ce qui n’a surement pas contribué à ne pas me faire regretter ce repère de l’underground qu’était ce bon vieux bar-coop anarcho-communiste.

Amortal et Grand Morne

Je me suis ensuite rendu au show d’Amortal et Grand Morne au Scanner. J’avais déjà écrit sur Brightlight City qui jouait avant Amortal alors j’ai dispensé mes tympans de leur prestation. Amortal est un jeune groupe tout droit arrivé du Mexique, gagnant du concours local d’Envol & Macadam. Ceux-ci font dans un deathcore technique quelque peu générique, mais efficace. Les jeunes mexicains, ayant emprunté le gear de Grand Morne, ont eu quelques problèmes avec l’ajustement des amplis. Le guitariste, tout particulièrement, a semblé embêté pendant un long moment par ces difficultés. Les jeunes musiciens ont toutefois, avec beaucoup de cœur, livré une excellente performance. Leurs compositions gagneraient cependant à être épurées : on pourrait en effet se dispenser de vocals clean, surtout quand il s’agit de jouer aussi fort. (Au passage, je ne comprend pas pourquoi les amplis étaient mikés. Tant qu’à ce qu’ils servent de moniteur aux musiciens, les amplis auraient tout aussi bien put être dirigés vers le public. Dans un bar aussi petit, qu’autre chose que la voix soit amplifié me paraît vraiment superflu).

Vint le tour de Grand Morne. Je dois dire que j’ai été conquis à l’écoute de leur premier opus. Le groupe allie différentes influences sonores, allant du stoner (quoique n’aimant pas l’étiquette : voir l’entrevue que j’ai réalisée avec Max, le bassiste du groupe), au thrash, en passant par le doom et le punk. Parfois hypnotiques, les riffs lourds et sludgy – comme ceux de « Basalt Baron », mon coup de cœur personnel – laissent de temps à autre la place à des grooves bien sentis ou à des soubresauts frénétiques soutenus à grands coups de blastbeats le tout s’enchaînant de manière jamais prévisible et toujours avec bon goût. Avec Grand Morne, on a décidément affaire à un power trio : chacun des musiciens occupe une place essentielle au sein de l’ensemble sonore et aucun d’entre eux ne saurait être mis de l’avant plus qu’un autre. Les amateurs de distorsion de tout acabit y trouveront leur compte : qu’on soit un amateur de métal noir aux longs moments contemplatifs ou de rock puissant mêlant originalité, technicité et riffs qui pognent dans la tête. Si l’on voulait comparer Grand Morne à un autre groupe québécois, il est clair que le nom de Voïvod viendrait à l’esprit, tant à cause de l’esthétique générale des deux groupes que le zèle visiblement déployé afin d’éviter le kitsch et la facilité (mais veut-on vraiment comparer ?). Un band tant à écouter sur sa chaîne hi-fi qu’à voir en spectacle (auquel cas les bouchons sont un must – frileux sur le volume s’abstenir !)

Crédit: Marion Desjardins
Crédit: Marion Desjardins

Crédits photo : Jay Kearney , Caroline Perron et Marion Desjardins

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Entrevues

[Entrevue] Grand Morne

Entrevue : Grand Morne

Je me suis dis que pour Envol & Macadam, ça vaudrait la peine de faire une petite entrevue avec un band local. J’ai donc décidé de me gâter : Grand Morne étant, à mon avis (avec Millimétrik) l’un des efforts musicaux les plus intéressants de la Vielle Capitale, je me suis entretenu avec Max, le bassiste du groupe. Voyons ce que ça donne :

crédit photo : Jay Kearney
crédit photo : Jay Kearney

O : D’abord salut Max de Grand Morne, merci d’avoir accepté de piquer une jasette avec moi. Je voudrais pas paraître vieux jeu mais je vais devoir te poser des questions bien bien banales pour commencer. Faut dire que c’est pas comme si y’avait quelque part sur le net quelque chose comme une « biographie » de votre groupe … la seule chose que vous semblez dire de Grand Morne c’est qu’il s’agit d’un band, et je cite : « INALTÉRABLE ÉNIGMATIQUE POUILLEUX VOLATILE [&] HEAVY ». Je ne peux que vous donner raison sur « énigmatique » et « heavy », mais je me doute bien que cette description n’est pas à prendre trop au sérieux ou du moins, qu’elle ne résume pas le tout de l’affaire. Bref, je me permet un peu de voyeurisme pour vous demander : d’où ça sort Grand Morne ? De quoi c’est parti ? C’est quoi l’histoire (tous les bands en ont une non?) derrière votre musique ?

Max : L’histoire de Grand Morne est relativement simple, nous sommes trois boys de la région de l’amiante ayant fréquenté le même établissement scolaire. Bien des années plus tard notre passion pour la musique heavy nous a réunis et voici le résultat. Faut dire que nous avons eu un groupe avant qui se rapprochait plus d’un [groupe] punk garage francophone. Nous avons roulé notre bosse pendant quelques années et ensuite nous avons simplement splitté. Michel à décidé de partir son band Les Indiens et nous trois avons continué sous le nom de Grand Morne en accentuant le côté heavy. Je dois souligner que le Grand Morne en soi est un montagne située dans la région de l’amiante, un des rares vestiges des fonds océaniques existant il y a plus de 500 millions d’années. Les couches de laves basaltiques formant le Grand Morne sont plus qu’une simple « symbologie » pour nous.

O : Parlant de votre musique, celle-ci tient résolument du « stoner ». Ça ne serait pas lui rendre justice cependant que de s’en tenir à ce seul qualificatif. J’ai été surpris à l’écoute de votre album éponyme de retrouver des sonorités thrash, doom, death et même prog. J’imagine que pour jouer dans un registre aussi varié il faut être pas pire mélomanes ?

M: Je dois t’avouer que je trouverais fort déplaisant d’être confiné au stigma du « stoner » métal. Nous sommes fans de tout sorte de musique heavy en général et je crois important de ne pas se limiter aux contraintes d’un genre en particulier. Il n’y a rien de mal bien sûr à vouloir jouer dans un registre précis, mais je ne crois pas que c’est le cas avec Grand Morne. L’important est que les compos nous plaisent en premier lieu. Donc, aucun problème de notre part de juxtaposer un riff thrash à un plan Doom, à condition bien sûr que ça colle et que l’ensemble nous donne le goût de nous arracher la tête.

crédit photo : Jay Kearney
crédit photo : Jay Kearney

O : Quelles sont vos sources d’inspiration ? Et quel genre de processus créatif se joue derrière votre musique ?

M : Notre processus est assez typique je crois. Nous trois face à face dans notre petit local suintant à s’acharner avec des gros riffs sales. La bonne vieille méthode quoi ! Pour ce qui est de nos influences, je crois qu’elles sont assez variées, mais nous ne pouvons passer l’occasion de mentionner nos héros québécois VOIVOD et aussi les MELVINS qui est sans doute le groupe donc nous pouvons nous entendre le mieux comme étant un influence. Leur excentricité et le «je m’en foutisme » qui se dégage de leur imposante discographie est plus qu’inspirant pour nous.

O : Parlant de votre premier disque, vous avez sorti celui-ci en 2013 et fait paraître une nouvelle pièce sur votre bandcamp en avril 2014. J’ai cru comprendre en parcourant votre page facebook que vous travaillez sur un second album. C’est pour bientôt ?

M : En fait nous travaillons présentement sur un EP qui va paraître avant l’album. D’une durée de plus de 20 minutes, ce mini-album servira d’appetizer à l’album qui devrait paraître fin 2016. Nous travaillons présentement avec Ralp Malenfant qui a fait en autre l’excellent album de nos potes de Sandveiss. Nous avons aussi en tête de partager un split avec le groupe de Québec Crackgate. Bref, il y a plusieurs projets dans l’air pour l’instant, mais une chose certaine est que le EP va paraître dans les prochains mois. Sinon, nous allons continuer l’aspect visuel du band avec nos projections live, mais aussi avec un clip qui devrait paraître en parallèle avec la sortie de l’album.

O : À quoi on peut s’attendre de ce deuxième Opus ?

M : L’album sera sans aucun doute plus varié, nous voulons explorer des composantes que nous n’avions pas vraiment touchées jusqu’à maintenant. Sans changer la dynamique de Grand Morne, nous avons juste poussé nos idées à un autre niveau. Il y aura aussi quelques guests sur l’album dont au moins un qui saura prendre plusieurs par surprise. Malheureusement, je ne vais pas spoiler le punch mais chose certaine, nous sommes tous excités à l’idée de travailler avec d’autres musiciens qui ne sont pas nécessairement encrés dans le milieu métal. Je crois que c’est important pour nous de ne pas se limiter et d’explorer et ainsi inviter des amis à collaborer avec nous.

O : Vous vous produisez de temps à autre sur les scènes de Québec : vous avez participé aux Nuits Psychélédiques et au Festival Off et vous vous produirez ce week-end à l’occasion d’Envol & Macadam (sauf erreur, c’est votre deuxième fois à E&M). Avez-vous l’ambition de faire sortir Grand Morne de la Vielle Capitale prochainement ?

M : Avec les contraintes de la vie, c’est tough de réaliser tout ce qu’on voudrait, mais OUI nous avons bien l’intention de sortir de Québec. Avec la venue de l’album, cela va nous botter le cul à aller casser les oreilles au gens des autres régions.

Crédit photo : Jay Kearney
Crédit photo : Jay Kearney

O : Difficile de ne pas avoir l’impression que le groupe à un gros « UNDERGROUND » d’étampé dans le front (pour autant qu’un band puisse avoir un front … pardonnez les figures de style ratées). Y’a-t-il quelque chose comme une appartenance au milieu underground ? Comment percevez-vous ce milieu à Québec ? Y a-t-il encore, selon vous, quelque chose comme de la musique underground, avec les nouveaux moyens de diffusion notamment ? Est-ce que c’est important que Grand Morne demeure, à un certain point, un band underground ?

M : Nous avons partagé le stage autant avec des bands hardcore que death metal et l’idée de scène underground n’est pas vraiment une chose à laquelle nous pensons. Je vais même te dire franchement que l’étiquette underground pour moi est plus un fait inévitable qu’une idéologie à atteindre. Avec le style de musique que nous jouons, mes attentes sont plutôt réalistes envers la portée que peut atteindre Grand Morne. Nous préférons jouer devant une poignée de personnes qui saisiront vraiment notre band que devant des tonnes de gens qui ont aucune idée de quoi faire avec un band heavy instrumental. Cela dit, je ne voudrais jamais nous limiter à un public cible. Le fait d’être un band underground est plus une réalité qu’un but à conserver pour nous. Évidemment, c’est toujours le fun de performer devant de nouvelles personnes et c’est ainsi que nous entrevoyons la chose, un fan de gagné à la fois. De nos jours, ya tellement de bands qu’il est important de ne rien prendre pour acquis. L’important pour nous est de nous donner à 100% live et de se faire du fun. L’idéal reste tout de même de graviter autour d’autres bands appartenant à notre genre.

O : Un mot pour la fin ?

M : J’aimerais te remercier de prendre le temps de faire cet entretient avec nous. Comme nous en avons discuté ensemble, c’est toujours le fun de donner de l’exposure à de plus petit bands de la Vieille Capitale. Sinon, soyez à l’affut car plusieurs projets de Grand Morne devraient voir le jour sous peu. Peace.

O : Merci Max !

Québec, septembre 2015

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Envol & Macadam soir 2 : Rise Against … the Gypsies ?!?

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Ne vous inquiétez pas, j’allais vous donner des explications concernant ce titre loufoque. Je m’étais prévu, en cette seconde soirée de festival, itinéraire quelque peu rocambolesque, voulant à tout prix voir Gypsy Kumbia Orchestra au Cercle. Ce qui fait que pour une seconde soirée, je me suis retrouvé à chevaucher mon vélo d’un bout à l’autre de la rue St-Joseph, de l’Îlot Fleurie jusqu’au Lab Vivant.

Il faut croire que je ne suis pas très ponctuel en ce qui concerne (et qui concerne seulement) les spectacles. Je suis arrivé à l’îlot Fleurie à temps pour voir Avenues, mais ai raté les prestations de Rogue River et Streetwalker. Dommage.

Donc

1. Avenues

Première chose que je remarque : ce soir fût le grand retour des guitares. Alors qu’hier, celles-ci brillaient par leur quasi-absence sonore, les six cordes étaient bien présentes sous les viaducs en cette deuxième soirée de festival, ce qui n’a pas fait de tort à la qualité des spectacles. Avenues font dans un punk très expéditif et efficace. Le public a semblé apprécier. Pour ma part, j’ai un peu de difficulté avec ce genre de voix un peu forcée, qui plus souvent qu’autrement est caractéristique de la « Oi ! » du anglo-saxonne. Tout de même : une performance honnête et bon choix de band d’ouverture.

2. Big Wig

Ce fût ensuite au tour de Big Wig de faire résonner l’Îlot Fleurie. Après quelques ajustement sonores, le groupe n’a pas tardé à gagner le public avec ses compositions rappelant tantôt les vielles chansons d’Offspring, tantôt celles de Lagwagon. Performance très énergique, tant du point de vue des musiciens que du public qui commençait enfin à s’échauffer.

3. Gypsy Kumbia Orchestra partie 1

Comme je l’ai dis plus haut, j’avais très envie de voir Gypsy Kumbia Orchestra. J’ai donc abandonné l’Îlot Fleurie aux bons soins de Big Wig dans l’espoir d’attraper quelques moments de la prestation de cet énigmatique groupe de gitans. Dire que l’ambiance qui régnait au Cercle n’avait rien à voir (je vous l’accorde, c’est une évidence) avec celle de l’Îlot serait un euphémisme. Je dois avouer avoir été charmé par Gypsy Kumbia dès les premiers moments de leur prestation : le groupe a su utilisé de manière très originale la configuration de la salle de spectacle. La salle plongée dans l’obscurité, le narrateur (oui, le narrateur) perché sur un promontoire au milieu de la foule, pointa du doigt la mezzanine ou l’une des danseuses du groupe dansait langoureusement, détournant ainsi l’attention du public de la scène ou s’attroupait en silence la (populeuse) compagnie gitane. Suite à cette brève introduction, les festivités commencèrent et le groupe entonna ses mélodies endiablées qui ne manquèrent pas de réveiller la foule. Quant à moi, m’étant fait une idée du spectacle et bien décidé à revenir pour la deuxième partie, je retournai à l’Îlot Fleurie pour voir le show de Rise Against.

Rise Against

L’Îlot Fleurie était plein à craquer. Chose remarquable : le son durant la prestation de Rise Against était impeccable. Inutile de dire que la performance du band l’était tout autant. Le public était littéralement en feu et je crois qu’avoir été un fan du groupe, j’aurais passé un moment vraiment magique. Tim Mcllarth était particulièrement en voix et le band semblait très heureux d’être là. Ça se comprend facilement vu l’amour palpable et apparent dont faisait preuve la foule. Moment magique disais-je. Le chanteur – si j’ai bien compris – a même qualifié de « petite victoire » le fait qu’un tel rassemblement ait lieu (rappelons le côté plus « politique » du groupe) : Ah bon !

C’est sur ces bons mots – qui m’auront rendu quelque peu perplexe, me résignant à ne pas entendre « Give it all » (ma toune pref’ – je suis original n’est-ce pas ?) que je suis retourné au Cercle dans l’espoir d’attraper la fin du spectacle de Gypsy Kumbia.


Gypsy Kumbia Orchestra partie II

À ma grande joie, le spectacle de Gyspy Kumbia en était à l’entracte lorsque j’arrivai (pour une deuxième fois de la soirée) au Cercle. J’ai donc pu assisté à la seconde partie du spectacle. Je crois que tout le monde présent – moi y compris – est tombé en amour avec le groupe. Avant de vous dire pourquoi, je dois cependant vous faire part d’une anecdote qui vous convaincra du fait que, nécessairement, Gypsy Kumbia Orchestra est un groupe à entendre : votre humble serviteur (c’est moi ça) s’est rendu compte qu’il avait déjà vu quelque part la fille à la table de merch, ce qui l’a conduit à réalisé qu’il avait aussi déjà vu quelque part le violoniste du groupe, Anit, qui est aussi le directeur musical de l’orchestre. En fait, votre humble serviteur avait déjà vu jouer Anit dans un autre groupe, cet été aux Îles-de-la-Madeleine (pour les fins de l’anecdote : on a même joué au ultimate frisbee ensemble. Le monde est petit). Cet autre groupe, Ayrad, si ça vous intéresse, a été nominé au Junos Canada dans la catégorie Album de musique du monde de l’année. (Mais ce n’est pas ça mon argument pour vous convaincre qu’il faut que absolument que vous écoutiez Gypsy. Comme je vous le disais, le monde est pas mal petit et il se trouve qu’en plus de ces musiciens que j’avais rencontrés aux Îles, se trouvaient dans la place des gens(es) des Îles (Salut!). Or, les madelinots (madelinoises dans ce cas-ci) savent ce que « bonne musique » signifie. Donc, Gypsy Orchestra c’est nécessairement bon. Convaincus ? Bon d’accord, je vous donne plus de détails.)

Gypsy Kumbia font dans un mélange de musique balkanique et afro-colombienne. Le but affirmé du groupe est de faire danser – le titre de leur premier album est « Revuelta Danza Party » et la pochette affiche le slogan « A danzari por un mundo en libertiti » – chose qu’ils arrivent à faire à merveille (il en faut beaucoup pour me faire donner de la patte, mais ce soir je n’ai pas pu résisté, ce n’est pas peu dire !). Le son du Cercle a su rendre à merveille la musique fanfardesque du groupe et la scène a offert suffisamment d’espace pour qu’ils puissent nous livrer leurs entrainantes chorégraphies. Le groupe compte deux excellentes danseuses, ce qui rajoute au charme de la prestation. Les musiciens se donnent en spectacle avec un plaisir marqué et une énergie contagieuse. Les compositions sont originales, très imagées et le jeu des musicien leurs rend justice. La soirée a fini avec le groupe jouant au milieu de la foule, au grand plaisir de chacun. Un groupe qui n’en est certainement à son dernier passage à Québec. À voir et à revoir. (Entrevue à venir bientôt).

Crédits photo : Jay Kearney

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Envol & Macadam soir 1 : Mute alors !

Cette année le festival Envol & Macadam fête ses vingt ans, c’est pas rien ! Voici mon petit compte-rendu de cette première (de trois) soirée(s) d’anniversaire, qui faute d’avoir été mémorable – à mon humble avis, s’entend – aura eu ses bons moments !

Avant tout, je dois préciser que j’ai dû arriver quelque peu en retard pour le début des festivités à l’îlot Fleurie – c’est la faute de mon voisin trop bavard ! – ce qui fait que j’ai dû manquer la prestation de Fullcount. J’aurais vraiment aimé couvrir leur show, d’autant qu’ils sont de Québec. Enfin, désolé Fullcount, une prochaine fois, c’est promis !

Donc :

19h30 – Brightlight city

En arrivant sur le site, la première chose qui m’est passée par la tête c’est « ouain, les viaducs en béton ça doit pas être génial pour la sono … ». Je ne m’étais clairement pas trompé. Du début à la fin de la soirée, le son du spectacle aura oscillé entre « correct » et « carrément exécrable ». Je ne crois pas que le technicien ait fait un mauvais travail – quoique tout au long de la soirée, les guitares auraient gagné à être plus fortes – mais avec une telle acoustique, on ne peut clairement pas faire de miracle. Je ne sais pas si les années précédentes E&M se déroulait au même endroit, mais on repassera pour le choix de l’emplacement (dont le cachet quelque peu métropolitain n’est pas sans déplaire, j’en conviens). Enfin, je suis arrivé à temps pour voir Brightlight city, le deuxième groupe en liste. Malgré un début de spectacle au cours duquel le son des guitares brillait (non, je n’ai pas fini de m’en plaindre) par son absence, j’ai apprécié la prestation du groupe britannique. Faisant dans un punk rock indie assez léché, les gars de Brighlight ont donné une performance très honnête et énergique, visiblement très contents d’être au Québec et malgré une foule encore maigre et très peu réchauffée. J’ai apprécié la sonorité british du groupe qui – pour une raison qui m’échappe – m’évoquait la musique de Oasis (disons Oasis sur les amphétamines!) ainsi que l’originalité des compositions.

20h – The Dread Crew of Oddwood

Je me suis un peu fait plaisir en quittant pour un instant l’Îlot Fleurie, me rendant au complexe Méduse sur mon vélo pour assister au show de The Dread Crew of Oddwood. En jetant une écoute, via youtube, des différents groupes sur la programmation d’E&M, j’ai été agréablement surpris de tomber sur cette bande de joyeux pirates qui font dans ce que je qualifierais de Folk Metal Acoustique. Sérieusement, c’est gars là sont vraiment des crinqués et sont particulièrement crédibles dans leurs rôles de pseudo-pirates-gitans-vikings-barbares (dans l’ordre que vous voudrez). J’ai toutefois été quelque peu déçu du public qui ne semblait pas être d’humeur dansante ! Les gens oublient souvent que c’est aussi le public qui fait le show. C’est pourtant pas tous les jours qu’on a devant soi une bande de barbus sanguinaires munis d’instruments traditionnels qui se démènent comme des damnés pour nous raconter en chanson leurs sagas burlesques. Il me semble que c’aurait été une pas pire occasion pour donner de la patte un peu non ? En tout cas, une prestation tout de même très divertissante de la part du Dread Crew. À voir !

20h30 – Mute

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crédit photo : Jay Kearney

Mon coup de cœur de la soirée a indiscutablement été Mute. À mon sens, ils ont volé la vedette à Millencolin. Ici je dois faire aveu honteux : le petit gars du Saguenay que je suis n’avait jamais vu auparavant de concert de Mute. J’avais bien quelquefois jeté une oreille distraite à leurs albums, mais sans plus. Ce soir j’ai donc pris une solide claque sur la gueule ! Ces gars-là, tout vétérans qu’ils sont – sont littéralement des bêtes de scène. Ça parait qu’ils trippent à jouer, qu’ils ont ça dans le sang et qu’ils ont à cœur de donner un bon show. D’ailleurs, ça parait quand un groupe est supporté par une fanbase : le public de l’Îlot Fleurie – pas mal plus fourni à ce moment-là de la soirée – était en feu. C’était beau de voir les gens se jeter dans le pit tout sourire et les yeux brillants, chantant en chœur les paroles de chaque chanson.

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crédit photo : Jay Kearney

Encore une fois, j’aurais vraiment apprécié, à ce moment plus qu’à tout autre, que les guitares soient plus fortes. Les guitaristes de Mute sont vraiment excellents et les lignes de guitare sont tout à fait originales et intéressantes. Dommage à ce niveau. Autre remarque négative : c’est quoi l’idée de faire des tests de son sur l’autre scène pendant que Mute jouent ?!?! D’une part, il y avait surement eu des soundchecks durant la journée; d’autre part, il me semble que d’habitude, si vraiment besoin il y a, on fait ce qu’on appelle des « line check ». Certes ça dérange un peu le public, mais certainement moins que lorsque les tests de son enterrent le band qui est en train de jouer. Un peu de respect envers les musiciens n’aurait pas fait de tort ici.

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crédit photo : Jay Kearney

Enfin, ceci étant dit, les gars de Mute ont eu la gentillesse de nous apprendre qu’ils allaient prendre une pause pour se consacrer à leur prochain album. On a bien hâte d’entendre ça ! D’ici là, j’aurai surement acheté tous les albums précédents. Je n’ai que du positif à dire de cette performance. Si vous ne connaissez pas Mute, je vous assure que vous vous devez de pallier à votre ignorance. Chapeau bas !

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crédit photo : Jay Kearney

21h30 – Millencolin

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crédit photo : Jay Kearney

J’avais quand même hâte de voir Millencolin. J’ai passé pas mal de temps dans ma jeunesse à me péter la gueule en essayant (je dis bien essayant) de faire des kickflips sur leur musique. Malheureusement leur prestation m’aura laissé quelque peu indifférent. J’ai bien esquissé quelque chose comme un sourire lorsqu’ils ont joué quelques-unes de leurs vielles chansons, « Fox » notamment, mais de manière générale, bien que les gars aient donné un bon show, je ne peux pas dire que j’ai beaucoup apprécié. Je crois que ça avait un peu à voir avec l’attitude générale du groupe ou, peut-être à mes oreilles qui n’en pouvaient plus du son de la batterie qui résonne sur les viaducs. Enfin, le public a tout de même été très enthousiaste et a reçu le groupe avec beaucoup d’entrain. Une belle soirée, il me semble !

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crédit photo : Jay Kearney

 

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[Festival] Envol et Macadam, c’est ce week-end!

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Cette année encore, le festival Envol & Macadam offre une programmation qui ne risque pas d’être ennuyante :

si, ces dernières années, côté punk, E&M a vu passé sur ses planches de gros noms comme NOFX ou encore les Planet Smashers, ce sera maintenant au tour de Milliencolin, Mute et Rise Against de faire résonner l’îlot Fleurie le jeudi 10 et vendredi 11 septembre. À noter aussi la présence de Bigwig qui n’en sont pas à leur premier show dans la Vielle Capitale. D’ailleurs, parlant local, c’est Fullcount et Rogue River qui auront la lourde tâche de briser la glace lors de ces deux soirs.

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Millencolin – photo de presse / aucun crédit inscrit

Le jeudi soir, il faudra bien se piquer une petite course de l’îlot Fleurie au Cercle – c’est ce que je ferai en tout cas – pour ne pas manquer Suburban House Thieves. Ceux qui ne trippent pas punk – ou ceux qui ne se seront pas dit, comme moi « je ne peux tout de même pas rater Millencolin, je les ai tellement écouté me pétant la gueule en skateboard lors de mes jeunes années » – pourront avant cela jouer au bubblehead sur le beat de We Are Monroe et Men & Company.

 

Je parlais de piquer une course le jeudi soir. En fait, si vous êtes aussi curieux que moi, vous devrez peut-être porter vos espadrilles : je sais pas pour vous mais, même n’étant pas très « folk metal », j’apprécie voir une bande de pirates se faire aller la tignasse en grognant des récits de pêche au Kraken ou encore reprenant à leur sauce un maintenant classique remix youtubesque. En tout cas, ça se passe au Complexe Méduse avec Dread Crew of Oddwood, just sayin’.

 

Le samedi va décidément être une grosse journée pour les techniciens de l’Îlot Fleurie : de la musique de 14h à 22h, 13 bands en ligne… je soupçonne que le café et les boissons énergisantes vont être au rendez-vous ! Enfin …

Ça fait plusieurs années que j’ai pas vu Despised Icon et j’avoue être assez curieux de les revoir, ignorant que je suis de ce qu’ils ont fait récemment. D’ailleurs, je croyais qu’ils avaient fait leur dernier show en 2011. Faut croire que j’ai pas fait mes devoirs là-dessus : quelqu’un pourra peut-être mettre à jour mes données entre deux stage dive. En tout cas, pour ce que j’en sais, Despised ont toujours donné des spectacles d’une grande qualité, alliant un death metal technique rapide et brutal à une présence scénique très marquée. Amateurs de « pig squeals », de blastbeats et de breakdowns, c’est là que ça se passe samedi !

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Despised Icon – Photo de presse / aucun crédit inscrit

 

Il faudra ensuite – pour ceux, entre autres, qui auraient, en compagnie des techs, abusé du café ou de la boisson énergisante – se rendre à 23h30 au Scanner, ne serait-ce que pour entendre les gars de Grand Morne qui seront épaulés de Brightlight City et d’Amortal; ou bien encore au Complexe Méduse où Ben Caplan apaisera vos oreilles meurtries par les décibels et comblera, j’en suis certain, vos envies de folk bien chevelu.

Pour voir la programmation complète du Festival Envol & Macadam :

http://www.envoletmacadam.com/fr/festival/envol-et-macadam-2015/