[Rideau] Compte rendu, 15 février 2017

La Fête – Photo : Nicolas Padovani

Dernière journée de couverture de la 30e Bourse Rideau pour nous. On voit enfin la ligne d’arrivée du marathon. Nous n’avons quand même pas boudé notre plaisir : nous avons encore vu plusieurs artistes que vous aimerez peut-être découvrir ou redécouvrir!

OFF Rideau – 5 à 7 présenté par Le Pantoum au Cercle

Par Nicolas Padovani

Georges Ouel – Photo : Nicolas Padovani

Georges Ouel

Venu de Montréal seul avec sa guitare acoustique, Georges amène avec lui un folk très doux, parfois triste et des paroles fantastiques. L’intonation de la voix, les accords manouches et le tempo rapide des chansons m’ont fortement rappelé un autre Georges du passé (Brassens de son nom). En 20 minutes, l’homme a réussi à créer une intimité pendant sa performance avec un public extrêmement attentif. Humain.

Renard Blanc – Photo : Nicolas Padovani

Renard Blanc

La claque dans la gueule du Off Rideau en ce qui me concerne. Je n’arrive pas à les classer tellement ils mélangent beaucoup de genres musicaux : c’est progressif, post-rock, ambient et ils réussissent à garder le mélange très dynamique et propre. Le lien avec l’audience est facilement maintenu.

Animal.

La Fête – Photo : Nicolas Padovani

La Fête

Pendant toute leur performance, j’ai bien aimé le pull du bassiste.
Mais non mais honnêtement ca me gêne, je tombe sur le groupe que je suis depuis leur premier show au Pantoum, dont j’ai fait un remix de leur chanson Gagner Rien et un des membres est rédacteur sur le site où tu te trouves présentement, tu me vois franchement dire du mal ? Ah si, le seul t-shirt qu’ils avaient à la table de merch, c’était des horloges avec des testicules. Monstre.

Vitrine Rideau – Impérial Bell

Par Jacques Boivin

Dalton Télégramme – Photo : Jacques Boivin

Dalton Télégramme

Nous avons commencé cette vitrine avec une formation liégeoise, Dalton Télégramme, qui fait du folk à saveur européenne. Contrebasse, banjo, guitares, flûte à bec, planche à laver, tout y passe, comme on devait s’y attendre. On reconnaît dans les compositions du groupe les moments les plus festifs Louise attaque (sans le côté parfois bordélique), mais il y a une petite touche bien nord-américaine qui vient rendre le tout plus accessible à nos chastes oreilles. Paraît que les gars ont été fortement inspirés par Lisa! Le chanteur, Quentin Maquet, ponctue les chansons d’interventions humoristiques et bien chaleureuses (les gars sont belges, après tout).

Dawn Tyler Watson – Photo : Jacques Boivin

Dawn Tyler Watson

On passe du folk au blues : au tour de la bête de scène Dawn Tyler Watson de nous montrer l’étendue de son talent. L’artiste née en Angleterre, mais résidant à Montréal, est venue accompagnée de Ben Racine et de son excellent band de blues. On a eu droit à un 20 minutes d’une rare intensité qui a connu son meilleur moment avec un brin de gospel qui a fait bondir les (si sages) délégués de leurs sièges! Elle sera de retour au Théâtre Petit-Champlain en mars prochain.

Bellflower – Photo : Jacques Boivin

Bellflower

J’avais bien hâte de voir Em Pompa et ses amis sur une scène où ils allaient pouvoir respirer un peu (ils sont huit, après tout)! Ceux qui craignaient la baisse d’énergie qui aurait pu découler de la succession de la machine de guerre qu’était Dawn Tyler Watson ont dû ravaler leurs paroles, parce que la pop orchestrale de Bellflower a été du bonbon, tant pour nos oreilles que pour nos yeux. Une des formations à surveiller si jamais le groupe passe dans votre coin (notamment en première partie de Bears of Legend le 11 mars).

Vitrine présentée par Heavy Trip – Le Cercle

Helena Deland – Photo : Marion Desjardins

Helena Deland

Pour débuter cette dernière fin de soirée à la Bourse Rideau, on opte pour la douce et magnifique voix d’Helena Deland accompagnée de ses comparses, dont Mathieu Bérubé qu’on a pu voir plus tôt cette semaine.

Foule attentive et très nombreuse, les quelques pièces de Deland ouvrent en beauté la porte au rock de Heat.

Heat – Photo : Marion Desjardins

Heat

J’ai manqué les quelques opportunités de revoir le groupe dans la dernière année. J’étais donc bien heureuse de voir leur nom sur la programmation de la soirée. Armés de leur magnifique enseigne néon, Heat débutent leur prestation avec leur sérénité habituelle qui m’a d’ailleurs toujours intriguée. L’assistance hoche la tête, les membres de Deland et Chocolat dansent: on sent bien l’effervescence qu’a créé Rideau cette semaine.

Chocolat – Photo : Marion Desjardins

Chocolat

Le clou de la soirée: Chocolat ! Je dois l’avouer, depuis la sortie de leur nouvel album Rencontrer Looloo, c’est pas mal ce qui tourne en boucle chez moi sans que je me tanne. Ils étaient prêts pour nous faire un set d’une heure et demie, mais malheureusement ils ont été limités à 40 minutes: ce qui est déjà plus que ce à quoi je m’attendais. Et quel set ! C’était complètement fou! On n’aurait pu demander mieux. Rendez-vous ce soir au Cercle pour un spectacle complet, satisfaction assurée !

[Rideau] Compte rendu, 14 février 2017

Les Deuxluxes – Photo : Marion Desjardins

Cette journée de fête des amoureux (qu’on a passé loin de nos tendres moitiés) était particulièrement chargée. Des vitrines un peu partout en 5 à 7 et en fin de soirée, plein de monde partout… et ça a encore vraiment fini tard. À travers tout ça, nous avons pris le temps d’assister au spectacle de lancement de Raton Lover (on vous en reparle un peu plus tard!)

OFF Rideau – 5 à 7 Société oblique/Boîte Beluga à La Ninkasi

(Par Marie-Ève Duchesne)

San James. Crédit photo : Nicolas Padovani.

La Ninkasi présentait mardi soir un spectacle en collaboration avec La Société Oblique et Boîte Béluga. Tour à tour, ce sont San James, Val Thomas, Nicolas Patterson et le groupe Floes qui ont réchauffé les amoureux (et amoureuses) de musique.

San James, projet solo de Marilyse Senécal, a été la première à entrer sur scène. Sa douce pop aux accents de synthétiseurs qu’on a pu entendre sur son EP No One changes overnight a un quelque chose de Charlotte Cardin dans la voix. Elle en a interprété quatre pièces, soit I Never Do, Winter Again, Please Don’t Say et In the End. Une belle présence scénique et quelques conversations avec le public ont conquis bien des coeurs.

Val Thomas. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Puis c’est la révélation pour plusieurs médias, Val Thomas qui a monté sur scène. Elle a joué la chanson Maze, qui est son premier extrait d’un EP à venir en mai. Les pièces étaient plus courtes et seulement à la guitare lors du spectacle, mais cela permettait de mettre de l’avant la voix chaude de Thomas.

Nicolas Patterson a été lui aussi chaudement accueilli par le public. Lui qui sortait dernièrement son EP Everything is Changing n’a pas manqué de discuter avec le public et de les faire chanter dans sa dernière chanson. S’accompagnant de sa guitare comme instrument de percussion et de rythme, les gens ont tout à gagner à le découvrir.

Le groupe de Québec Floes a fermé le bal avec son électro-pop évolutive et bien planante. Samuel, Simon et Pier-Philippe étaient en plein contrôle de leurs instruments et ont aussi charmé le public de la Ninkasi.

En somme, beaucoup de belles découvertes!

Rideau – Vitrine, Théâtre Petit-Champlain

(Par Jacques Boivin)

Thomas Hellman – Photo : Jacques Boivin

Thomas Hellman

Le défi de Hellman était assez corsé : présenter en vingt minutes un aperçu convaincant d’un show théâtral tiré de ses Rêves américains. Hellman et ses deux musiciens se sont parfaitement tirés d’affaire grâce aux belles chansons tirées du vieux répertoire blues et folk américain.

Samuele – Photo : Jacques Boivin

Samuele

La jeune Montréalaise est débarquée avec toute sa gang pour interpréter quelques belles chansons. Toute souriante, Samuele a rapidement mis les délégués dans sa petite poche de derrière en jouant comme une fille (faut la voir réciter Égalité de papier devant un public toute ouïe, qui boit ses paroles revendicatrices), en se permettant une petite chorégraphie avec ses musiciens (après tout, il n’y avait pas d’enjeu, hein?) et en s’éclatant ferme à la guitare sur La sortie. M’est d’avis qu’on va la revoir souvent!

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

Antoine Corriveau

Petit plaisir égoïste pour votre humble serviteur qui n’était plus en mode découverte, mais en mode total groupie. Accompagné de ses fidèles musiciens, Corriveau nous a présenté quelques pièces qui se voulaient un aperçu de son spectacle régulier, pièces tirées de Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter, mon album préféré de 2016. Que ce soit avec Les contours clairsDeux animauxParfaite ou Les Trous à rats, Corriveau a su convaincre de nombreux délégués qui ne tarissaient pas d’éloges dans l’autobus du retour! Sourire en coin, je me disais qu’ils n’avaient encore rien vu…

Rideau – Vitrine présentée par Bonsound au Cercle

(Par Marion Desjardins)

Les Deuxluxes – Photo: Marion Desjardins

Les Deuxluxes

Après plusieurs compte-rendus sur des spectacles des Deuxluxes, quoi dire de plus ? Sinon, qu’ils sont toujours et autant des bêtes de scène. Ils ne sont que deux, et ça sonne comme 10. Ils entraînent plus que facilement la foule avec eux (foule qui d’ailleurs semblait être venue en partie pour eux) et bien sûr, il sont magnifiques ! Bref, un début de soirée OFF rideau parfait.

I.D.A.L.G – Photo: Marion Desjardins

I.D.A.L.G

De retour dans la ville quelques jours seulement après leur dernier passage, ils ont déployé une fougue que j’avais vue oui, au OFF cet été, mais jamais autant ! Je dois avouer être déjà vendue à I.D.A.L.G côté musique, mais leur présence sur scène mardi soir a dû en convaincre plusieurs autres.

Shash’U – Photo: Marion Desjardins

Shash’U

Fin de soirée digne des festivals qui finissent très tard: IDALG cède la place à Shash’U. On a perdu quelques personnes en cours de route, mais ceux qui sont restés ont tous dansé ! Mention spéciale à l’intégration de la pièce Ce matin de Safia Nolin: je ne m’y attendais pas et c’était absolument parfait ! Je serais pas mal prête à parier qu’on va le revoir encore une fois sur quelques programmations cet été!

OFF Rideau – Vitrine de fin de soirée à La Ninkasi

(Par Nicolas Padovani)

Les Passagers. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Les Passagers

Elle porte bien son nom cette formation de Montréal. On se sent embarquer dans un navette spatiale : c’est planant, c’est rapide et ca bouge beaucoup. Arrive un moment où l’on rentre effectivement dans l’espace grâce aux multiples synthétiseurs. Et vu que c’était la St-Valentin, la chanteuse nous a recommandé de flatter la cuisse de notre voisin pendant qu’on se laisser entraîner dans leur nouvel univers. C’était un décollage.

Fuudge. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Fuudge

Que dois-je dire de nouveau sur ces 4 fantastiques à part qu’ils continuent à impressionner et à accrocher automatiquement leur public avec leur son lourd et psychédélique. Moi même qui porte un bonnet de King Crimson sur le crâne en permanence, je ne peux juste plus les détester. Ca va chercher le King, Queens of the Stone Age et chatouiller les Beatles en même temps. Ca te secoue. C’était les turbulences.

Violett Pi. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Violett Pi

Et à partir de là, la navette de la Ninkasi était bien complète pour venir voir les 4 violettes toutes vêtues de robes et de jupes. On entend  »en apesanteur, en apesanteur avec toi » rappé en boucle sur fond de punk facon Les Goules, mais c’est encore plus énervé et plus vilain que les prédécesseurs de la soirée. On s’accroche du mieux qu’on peut, on se répète  »Jusqu’ici, tout va bien » et on finit par atterrir. C’était un voyage.

Phoque OFF – Le Pantoum

(Par Jacques Boivin)

Anatole – Photo : Jacques Boivin

Anatole

Paraît qu’Anatole a fait une petite virée Nouvelle L.A.-Québec juste pour montrer aux diffuseurs québécois ce qu’il avait dans le ventre (et montrer son ventre aussi). Version condensée du spectacle qu’on a eu l’occasion de voir une ou deux (centaines de) fois. Évidemment, Anatole s’est montré sensuel, salace, lascif et décadent. Comme on l’aime. Et de nombreux fans s’étaient déplacés aussi, question de pouvoir danser comme des déchaînés sur Discollins avec votre humble serviteur qui, l’espace d’une chanson, s’est totalement abandonné.

Gab Paquet – Photo : Jacques Boivin

Gab Paquet

Autre favori du blogue, Gab Paquet est venu nous présenter quelques chansons de son cru, dont la désormais classique Consommations. Évidemment, le public, déjà émoustillé par Anatole, s’est déchaîné et chanté en choeur avec Paquet et son band de feu. Encore une fois, on a chanté, dansé, fait la fête et on a voulu faire l’amour avec Gab, qui nous l’a bien rendu en faisant quelques tours sur le parterre pour nous dire quelques mots doux dans le creux de l’oreille…

Mauves – Photo : Jacques Boivin

Mauves

Question de finir la soirée en beauté, Mauves est venu présenter quelques chansons très coco. On s’est amusés à faire du headbanging au rythme de J’ai tout essayé, on a chantonné sur Nouvelle-Calédonie, et on a trippé sur les morceaux plus atmosphériques du groupe. On en aurait juste pris un peu plus, question de faire durer le plaisir…

 

[Rideau] Compte rendu, 13 février 2017

Caravane – Photo : Jacques Boivin

Le marathon Rideau se poursuivait un peu partout à Quebec en ce doux lundi de février. Même si à notre grand regret, nous n’avions pas encore le don d’omniscience (on laisse ça à notre collègue de CHYZ Émilie Rioux), nous avons encore découvert et redécouvert un florilège d’artistes tous aussi intéressants les uns que les autres. Compte rendu :

OFF Rideau Route d’artistes – Le Fou Bar

Par Jacques Boivin

Guillaume Arsenault – Photo : Jacques Boivin

Guillaume Arsenault

Accompagné de Charles Imbeau aux vents, Arsenault nous a présenté quelques extraits tirés principalement de son plus récent album, l’excellent De l’autre côté des montagnes. Du folk tout en douceur, parfois aux accents dignes d’un western-spaghetti, qui a plu aux nombreux spectateurs présents qui se sont bercés au son des chansons d’Arsenault.

Sarah Toussaint-Léveillé – Photo : Jacques Boivin

Sarah Toussaint-Léveillé

La jeune (et talentueuse) auteure-compostrice-interprète était accompagnée d’un trio de cordes pour l’occasion. Après avoir dédié sa première chanson à Donald Trump, Sarah et ses complices nous ont bercé dans un univers où les sonorités folk traditionnelles étaient croisées par la créativité des arrangements. Malgré quelques petits pépins techniques qui, loin de démonter la jeune femme, lui ont plutôt permis de montrer sa candeur, on a eu droit à une vingtaine de minutes de magie.

Mathieu Bérubé – Photo : Jacques Boivin

Mathieu Bérubé

On était bien content de revoir le grand Mathieu, sa voix grave et ses chansons qui font pleurer (parlez-en à ma voisine de table). Accompagné de tout son beau monde sur la minuscule scène du Fou-Bar (on peinait à voir le géant Cédric Martel à l’arrière, c’est tout dire), Bérubé nous a balancé quelques chansons de Saudade (maudit bel album, vous savez?) en plus de nous tirer quelques larmes avec une toute nouvelle chanson. C’était juste trop beau.

Émile Gruff – Photo : Jacques Boivin

Émile Gruff

J’étais bien content de le voir, celui-là, même si on a rendez-vous dans deux semaines au Cabaret Festif de la relève (j’ai donc découvert la relève avant le monde qui découvre la relève avant tout le monde). Si Bérubé nous a fait pleurer, Gruff, lui, nous a fait rire avec ses chansons qui ne se prennent pas trop au sérieux. On connaît quelques spécimens du genre, mais il faut l’admettre, Gruff est à un niveau supérieur question présence scénique. Et il est beaucoup plus… tight.

OFF Rideau – Le Cercle

Par Nicolas Padovani

Zagata. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Zagata

Première performance du 5 à 7 et mon premier show de Zagata. J’ai été assez impressionné par la présence scénique de Jesse Proteau, moi qui ai l’habitude de le voir plus réservé à côté de son frère dans Ego Death. Synthés analogues, guitare électrique et batterie aux teintes électro, j’ai eu l’album Power Windows de Rush en tête à certains moments. Fait notable : le bonhomme prend l’opportunité d’annoncer un contrat avec le label Coyote Records. Solide.

Laura Lefebvre. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Laura Lefebvre

Elle aussi je la découvrais pour la première fois. Une guitare acoustique à la main, elle vient accompagnée d’un Joey Proteau sur guitare électrique et d’un Mathieu Rompré (Harfang, Men I Trust) sur batterie. Zagata nous vendait sa belle voix auparavant, il n’a pas menti. Quelques chansons bien folk dont son récent morceau Alcaline viennent apaiser le public du Cercle. Sage.

Ego Death. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Ego Death

Grosse soirée pour Joey Proteau puisqu’il revient sur scène pour la 3ème fois, cette fois accompagné de Jesse, Gabrielle Shonk, Symon Marcoux à la basse (Los) et le batteur de Zagata (dont j’ai oublié le nom et je m’en excuse). Une première fois ici aussi puisque je n’avais pas eu l’occasion de le voir avec autant d’instrumentation sur scène, et ca marche tout aussi bien que quand il est juste avec son frère. On a eu droit à une poignée de morceaux de l’EP Grief plus une toute nouvelle chanson qui se retrouvera sur un nouveau disque à paraître vers la fin de l’été. Tranquille.

Ghostly Kisses. Crédit photo : Nicolas Padovani.

Ghostly Kisses

J’avoue, j’ai dû voir le groupe au moins 5 fois maintenant mais cette fois-ci je voyais Louis-Etienne Santais (Fjord) au clavier et non à la batterie, ca compte aussi comme une première fois techniquement. Accompagnée également d’Antoine Angers (Harfang), Margaux Sauvé enchaîne ses anciens et nouveaux morceaux avec la délicatesse qui caractérise si bien sa musique. Ca allait tellement bien que le groupe a décidé de jouer Back to Black d’Amy Winehouse en plus pour ne pas finir abruptement leur performance.
Rappel: le premier EP sort le 24 mars. Gracieux.

Vitrine Rideau – Impérial Bell

Par Marion Desjardins

Klô Pelgag – Photo : Marion Desjardins

Klô Pelgag

Hier, nous avons eu la chance de voir un aperçu de ce qui nous attend le 2 mars prochain à l’Impérial avec Klô Pelgag. Nouveaux costumes, nouvel album, nouvelle énergie, je confirme que c’est à ne pas manquer. L’Étoile Thoracique est déjà très excellent à l’écoute et l’est encore plus en spectacle. Un début de soirée qui commence en grande force !

ILAM – Photo : Marion Desjardins

ILAM

Pour continuer dans l’énergie débordante on nous présente ILAM. Nouveauté qui a déjà fait ses preuves, il a été nommé « Révélation Radio-Canada 2016-2017 » et vous l’avez peut-être même vu passer entre quelques annonces dans votre boîte noire à la maison. Impossible de rester inactive dès les premières notes, entrainée par la musique et le groupe qui ont un plaisir très contagieux sur scène. Le public semble avoir plus qu’apprécié aussi bien que quelques uns se sont laissé tenter par quelques pas de danse.

Elliot Maginot – Photo : Marion Desjardins

Elliot Maginot

Dernière mini performance de la soirée: Elliot Maginot. Malgré ses multiples passages dans le ville je n’avais pas encore eu la chance de le voir ni même d’écouter son travail. J’ai été très charmée par sa voix, sa prestance et le beau sentiment de calme/nostalgie qui terminait magnifiquement bien ma journée. Merci Rideau !

Phoque OFF – L’Anti Bar et spectacles

Par Jacques Boivin

Caravane – Photo : Jacques Boivin

Caravane

Troisième vitrine en deux soirs pour la formation de Québec. Si les gars étaient fatigués, ça n’a pas trop paru alors qu’ils ont offert une prestation déchaînée aux spectateurs présents. Beaucoup plus rock que celle qu’ils avaient offerte la veille, les gars ont fait danser le Père Noël de Limoilou et permis aux fans (nombreux) de hocher la tête rageusement. En finale, les gars ont interprété Démons d’une façon très explosive. Ne manquait que les flammes et les feux d’artifice!

Sandveiss – Photo : Jacques Boivin

Sandveiss

Premier constat : mes bouchons n’étaient pas dans mon sac! Heureusement, on avait eu pitié des oreilles des délégués de Rideau et le son était moins fort que d’habitude. Parce qu’on l’a répété à plusieurs reprises : Sandveiss, ça s’écoute dans le piton pis ça te rentre dedans jusqu’aux os. Luc Bourgeois et sa bande ont offert une prestation rythmée qui a su satisfaire les amateurs de bon gros stoner. Solide, comme toujours.

The Damn Truth – Photo : Jacques Boivin

The Damn Truth

Entourée de ses trois musiciens, madame Baum a une fois de plus donné une leçon de rock avec une prestation enlevante. Il y a de l’action partout sur scène avec The Damn Truth et si on se fie à l’accueil enthousiaste réservé au groupe, les pièces de Devilish Folk (un méchant bon disque, en passant) devraient être entendues à nouveau dans quelques salles québécoises!

[Rideau] Compte rendu, 12 février 2017

Le Winston Band – Photo : Jacques Boivin

Et voilà, en plein milieu d’une grosse bordée de neige, les activités de la Bourse Rideau, notre SXSW local, sont lancées!

Et nous nous sommes promis une soirée des plus éclectiques! On a quand même commencé ça tranquillement avec une vitrine officielle et une vitrine off.

Compte rendu d’une soirée qui a su gâter le mélomane en moi :

Impérial Bell

Drôle de mélange dans la grande salle de la rue Saint-Joseph : des délégués de Rideau, tout sages et professionnels, se mélangeaient aux fans de Rouge Pompier, prêts à danser en rond autour du duo de choc.

D-Track – Photo : Jacques Boivin

D-Track

Le rappeur de Gatineau n’avait que 20 minutes pour montrer aux diffuseurs présents qu’il était plus qu’une suite de beaux mots. Mission accomplie : L’auteur de Message texte à Nelligan a montré, avec ses complices, qu’il avait une belle présence scénique et que ses pièces étaient complètes. Réussir à faire taper des mains les délégués de Rideau, ce n’est pas toujours une tâche facile…

Nicolas Pellerin et les grands hurleurs – Photo : Jacques Boivin

Nicolas Pellerin et les grands hurleurs

Clairement un favori des des diffuseurs présents. Pellerin et ses musiciens n’ont eu aucune difficulté à faire chanter et danser le public présent dans la salle. Il faut dire que le trad de Pellerin et ses grands hurleurs (Stéphane Tellier et Simon Lepage) est très accrocheur! De quoi donner le goût de ressortir 3/4 fort… En tout cas, les gars ont tout donné… pour célébrer l’anniversaire de Pellerin!

Rouge Pompier – Photo : Jacques Boivin

Rouge Pompier

Jessy et Alex Pompier avaient mobilisé leurs fans et ceux-ci avaient répondu à l’appel. Tant mieux, parce que les gars ont décidé de montrer de quoi avait vraiment l’air un show de Rouge Pompier et ils se sont installés au parterre, comme ils le font d’habitude. Ça a donné de drôles de résultats : aux tables, les délégués étaient pour la plupart amusés pendant qu’autour du band, les fans chantaient les chansons à l’unisson. Fait important : la prestation de Rouge Pompier a donné lieu au premier circle pit de l’histoire de Rideau, au grand bonheur des spectateurs et des diffuseurs! Évidemment, j’ai Autobus dans la tête depuis…

OFF Rideau, L’Anti Bar et Spectacles

Tout de suite après le merci, bonsoir de Rouge Pompier, nous sommes partis en courant dans la neige et nous sommes dirigés vers L’Anti où une belle vitrine OFF nous attendait. On vous le dit tout de suite : on a manqué le dernier groupe, Caravane, parce qu’on sait qu’on va les voir le lendemain.

Olivier Bélisle – Photo : Jacques Boivin

Olivier Bélisle

En trio, l’auteur-compositeur-interprète (et membre de la formation Canailles) nous a présenté quelques douces chansons de son répertoire. Chansons qui furent visiblement appréciées par les spectateurs qui étaient toute ouïe! Faut dire qu’on a bien aimé son album Une fois par jamais nous aussi…

Chassepareil – Photo : Jacques Boivin

Chassepareil

On a poursuivi tout en douceur avec la formation Chassepareil, venue présenter quelques extraits de son joli album folk Les oiseaux d’hiver. Belles sonorités, esthétique auditive très intéressante. La formation manque encore un peu d’expérience (on le constate parfois dans la présence scénique), mais l’avenir est prometteur, surtout que les chansons sont si belles!

Le Winston Band – Photo : Jacques Boivin

Le Winston Band

On a vu Le Winston Band à quelques reprises et on avait bien hâte de les voir animer la salle avec leur son cajun qui pige dans diverses influences! Papi Limoilou, qui était là pour voir son band préféré (Caravane), a dansé (voire skanké) comme un déchaîné, comme une bonne partie du public qui commençait à être pas mal réchauffé! On ne les a vus que pendant 20 minutes, imaginez ce que ça donne un concert complet. La meilleure façon de dépenser toutes les calories prises à coups de pintes d’IPA!

Rideau se poursuit aujourd’hui et nous sommes toujours là pour vous en parler! Vous voulez en savoir plus? Allez voir notre article

Spectacles à voir à Québec – 12 au 15 février 2017

On vous l’avoue, les sept prochains jours seront un peu fous à Québec. Normal, avec la Bourse RIDEAU, tout ce qui a une scène et un espace pour le public présente des vitrines! Il y a aussi quelques lancements attendus, des retours d’artistes qu’on aime et quoi encore? Tellement de choix qu’on va diviser notre semaine en deux. En première partie, on vous rappelle ce qui se passe autour de Rideau!

Voici nos suggestions :

Dimanche 12 février

Rouge pompier – Photo : Jacques Boivin

Rideau

OFF

Liana – Photo : Jacques Boivin

Phoque OFF

  • Le Phoque OFF démarre sur les chapeaux de roues au District Saint-Joseph avec The Home Team, Millimetrik et Medora. Contribution volontaire. 22 heures.
  • Au Pantoum, c’est avec Liana, De la Reine et Harfang qu’on pourra se faire bercer. Contribution volontaire. BYOB. 23 heures.

13 février

Elliot Maginot – Photo : Jacques Boivin

Rideau

Ghostly Kisses – Photo : Marion Desjardins

OFF

Sandveiss – Photo : Marion Desjardins

Phoque OFF

14 février

IDALG – Photo : Nicolas Padovani

Rideau

Canailles – Photo : Jacques Boivin

OFF

Mauves – Photo : Marion Desjardins

Phoque OFF

  • Difficile de passer à côté de cette soirée 100 % locale avec quelques-uns de nos préférés : Anatole, Gab Paquet et Mauves vont faire vibrer le Pantoum comme eux seuls savent si bien le faire. On se demande si Anatole va rester pour assister au spectacle de Mauves… Contribution volontaire. 22 h.

Lancement

  • Raton Lover lance son excellent deuxième album Le sens du vent au District Saint-Joseph. Plusieurs invités sont au programme et comme toujours, il va y avoir bien de l’agrément. Gratuit. 17 h.

15 février

Chocolat – Photo : Jacques Boivin

Rideau

La Fête – Photo : Marion Desjardins

OFF

Phoque OFF

Apéros FEQ

  • Laurence Castera profite de son passage aux Apéros FEQ pour lancer son album au District Saint-Joseph. Gratuit. 17 h.

Autres spectacles

  • Pour ceux qui auraient envie de voir un spectacle complet en ce milieu de semaine, Bleu Jeans Bleu jouera à L’Anti Bar et spectacles. Portes : 18 h. Billets

 

Aw, Phoque OFF!

Organisé en marge des activités de la Bourse RIDEAU, le Phoque OFF, qui en est à sa troisième édition, présentera aux professionnels du spectacle et au grand public de nombreux artistes et groupes (dont une douzaine de Québec) dans plusieurs salles de la basse-ville de Québec du 12 au 15 février prochain.

Les habitués d’ecoutedonc.ca reconnaîtront plusieurs des noms à l’affiche : LianaDe la ReineHarfangMedoraSandveissJérome CasabonAnatoleGab PaquetMauves et plusieurs autres seront de la fête.

12 février

23 h, Le Pantoum

Liana – Photo : Jacques Boivin

Notre loft préféré présentera en vitrine LianaDe la Reine et Harfang. Liana vient de lancer un nouvel extrait et nous offrira son premier EP en mars prochain. De la Reine a présenté son premier EP à la fin de l’automne dernier. Enfin, Harfang vient à peine de lancer le magnifique Laugh Away the Sun. Une belle fin de soirée en perspective.

23 h, District Saint-Joseph

Proposition fort éclectique au District Saint-Joseph : on plonge dans le rock très électrique de The Home Team, dans l’indie de Medora et les sonorités atmosphériques de Millimetrik.

13 février

23 h, L’Anti Bar et spectacles

The Damn Truth – Photo : Jacques Boivin

Vitrine tout en rock avec les chansons blues-rock de Caravane, le stoner de Sandveiss et l’énergie débridée de The Damn Truth. Ça va jouer fort, et c’est comme ça qu’on aime ça!

23 h, District Saint-Joseph

Les organisateurs du Phoque OFF ont prévu une solution de rechange pour ceux qui désirent ménager leurs tympans : Jérome Casabon sera là pour assurer une ambiance bon enfant, un match parfait pour Pépé et sa guitare et ses chansons qui donnent soif. Enfin, la musique des Fransaskois de Ponteix devrait charmer tous les amateurs de pop atmosphérique.

14 février

23 h, Le Pantoum

Anatole – Photo : Jacques Boivin

Une fin de soirée à ne pas manquer. Absolument. Parce que tsé… AnatoleGab Paquet et Mauves vont se succéder et ça va être complètement DÉBILE! Y’a beaucoup de musiciens qui vont faire des affectations doubles!

15 février

23 h, L’Anti Bar et spectacles

Never More than Less proposera son rock lourd, pesant et assez métallique (n’est-ce pas), tandis que Krief présentera une indie pop qui devrait plaire aux fans de The Dears (dont il était membre). Enfin, l’alter-ego (encore plus) dansant et 100 % électronique de Valaire, Qualité Motel, va vous donner envie de vous shaker le popotin avec style.

Le Phoque OFF, organisé par DOZE Management avec le soutien financier de Première ovation, est une magnifique occasion de découvrir (ou de redécouvrir) tous ces bands de Québec et d’ailleurs. Ce qui est encore plus le fun, c’est que tous les shows sont gratuits pour le public et les délégués Rideau (qui ont priorité… désolé!). Ne boudez pas votre plaisir!

Une 30e Bourse Rideau plus accessible que jamais

Ce matin, les organisateurs de RIDEAU (Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis) ont annoncé la programmation de la 30e Bourse Rideau qui se déroulera à Québec du 12 au 16 février prochain.

Si la Bourse Rideau s’adresse principalement aux membres du milieu des arts de la scène (artistes, producteurs, diffuseurs) en présentant de nombreuses conférences et vitrines à ses 1200 participants, celle-ci comporte aussi un volet grand public où les gens comme vous et moi peuvent assister à de nombreux mini-concerts où nous pourrons découvrir (ou redécouvrir) de nombreux talents.

Klô Pelgag

Le public est invité à assister gratuitement à 36 vitrines de spectacles de la série Entrées libres. Au menu, de la chanson, de la musique, du théâtre, de la danse et des arts du cirque. Les mélomanes pourront voir, entre autres : Gazoline, Rouge Pompier, The Brooks, Alexandre Désilets, Misc, Klô Pelgag, Elliot Maginot, Sara Dufour, Betty Bonifassi, Les Deuxluxes, IDALG, Dalton Télégramme, Bellflower, Helena Deland, Heat et Chocolat. Les spectacles sont présentés dans différentes salles de la ville (notamment le Palais Montcalm, l’Impérial Bell, Le Cercle et le Capitole). On peut se procurer des billets auprès des salles participantes. Attention : le nombre de billets est limité!

En outre, il y aura également des activités spéciales pour célébrer le 30e anniversaire de la Bourse Rideau. La plupart de ces activités sont réservées aux délégués, mais nous essaierons de vous en parler!

La grande soirée des prix RIDEAU aura lieu le jeudi 16 février au Capitole. En tout, ce sont 17 prix qui seront remis aux diffuseurs, producteurs, artistes et artisans du spectacle. Enfin, le prix hommage RIDEAU sera remis cette année aux Cowboys fringants qui ont célébré récemment leurs 20 ans de carrière (ça ne rajeunit personne, ça).

Bien entendu, ecoutedonc.ca surveillera attentivement cet événement et comme de nombreuses autres personnes, nous y ferons de belles découvertes. À suivre!

Vitrines à surveiller (selon les membres de notre équipe)

Rouge pompier
12 février
  • Palais Montcalm (21 h 30) : Jean-Michel Blais, Sonia Johnson, Caroline Planté
  • Impérial Bell (21 h 30) : D-Track, Nicolas Pellerin et les grands hurleurs, Rouge Pompier
  • Le Cercle (23 h) : Gazoline, The Brooks, Lydia Képinski
Alexandre Désilets
13 février
  • Capitole (17 h 30) : Ian Kelly, Ingrid St-Pierre, Elisapie, Luc De Larochellière
  • Palais Montcalm (21 h 30) : Alexandre Désilets, Misc, Piano Caméléons
  • Impérial Bell (21 h 30) : Klô Pelgag, ILAM, Elliot Maginot
Les Deuxluxes
14 février
  • Impérial Bell (21 h 30) : Sara Dufour, Guy Bélanger, Betty Bonifassi
  • Le Cercle (23 h) : Les Deuxluxes, IDALG, Shash’u

 

Helena Deland
15 février
  • Impérial Bell (21 h 30) : Dalton télégramme, Dylan Tyler Watson, Bellflower
  • Le Cercle (23 h) : Helena Deland, Heat, Chocolat

Pour en savoir plus : http://www.rideau-inc.qc.ca/

[ENTREVUE] Foreign Diplomats

Foreign Diplomats, deux mots à retenir. Cinq gars qui, malgré leur jeune âge, ne sonnent comme personne. Élie Raymond (voix principale, guitare), Antoine Lévesque-Roy (basse), Thomas Bruneau Faubert (trombone, synthétiseurs), Charles Primeau (guitare) et Emmanuel Vallières (batterie) façonnent un son bien à eux, un amalgame harmonieux d’électro et de rock, où les cuivres s’introduisent brillamment. Après un EP autoproduit en 2013, leur premier album complet, Princess Flash, est paru en octobre dernier sous l’étiquette Indica Records. L’unicité de leur son et l’anticonformisme de leur proposition artistique les distinguent, dans une marée musicale montréalaise en pleine expansion. Selon moi, c’est digne de mention.

Je tenais donc à discuter avec ces musiciens pour en apprendre plus sur leur processus de création, leurs inspirations, la signification de leur musique. On s’était donné rendez-vous dans le hall d’un hôtel, quelques heures avant qu’ils ne mettent le feu aux planches du Cercle, dans le cadre de la Bourse Rideau. Je suis arrivée à la course. Ils m’attendaient relax dans les divans en mangeant de la pizza sur un coin de table. Ils m’en offrent gentiment. Des petits gars polis. Je les aimais déjà. Élie et Thomas restent avec moi, alors qu’Emmanuel, Charles et Antoine quittent à pied avec le reste du repas. Belle jasette avec deux membres fort sympathiques d’un «bébé band» (pour reprendre les mots d’Élie) qui pourrait grandir bien vite.

Le baptême
Les gars me racontent les débuts du projet, alors qu’ils étaient au secondaire. Ils avaient des amis en commun, puis se sont regroupés. À un moment, ils étaient neuf dans le groupe. «On était juste une grosse gang, un trop gros orchestre. C’était con, c’était juste du fun. C’est tough de gérer ça», confie Élie, chanteur de la formation. Thomas, Antoine et lui sont là depuis les premiers balbutiements du projet. Originaires des Laurentides, les garçons m’expliquent qu’une «sélection naturelle Darwin style» s’est produite. «Notre sélection s’est vraiment faite quand on a bougé le local de pratique de plus en plus proche de Montréal. Il y a du monde qui trouvait ça loin, on a vraiment fait l’entonnoir avec le monde qui voulait vraiment», explique Thomas.

C’est à l’aéroport, au retour d’un voyage scolaire, que le groupe a été baptisé. «En revenant à Montréal, on a vu le nom Foreign Diplomats qui guide les vrais diplomates étrangers où ils doivent aller. Ça sonnait bien», soutient Élie. Le titre de l’album, lui? «Veux-tu la vraie histoire?», me demande Thomas. «Je pense que la fausse est vraiment meilleure.» Évidemment, je veux entendre les deux. Il commence par la vérité. Poussés par leur maison de disques pour nommer l’opus, ils ont délibéré en route vers Toronto pour un show. «On s’est dit, bon ben on va tous dire des mots, un après l’autre dans la van. Quelqu’un a dit princess, quelqu’un a dit flash

Foreign DiplomatsC’est après coup que les musiciens ont réalisé que ce titre prenait tout son sens. Les mots à connotation royale sont omniprésents dans les textes des chansons. «C’est utilisé très sarcastiquement. Prendre quelqu’un trop important pour ce qu’il est vraiment. C’est vraiment le thème de l’album. Princess Flash est devenue cette personne-là», explique Élie. «C’est une personne qui passe vraiment vite dans ta vie pis, pendant qu’elle est là, tu lui accordes vraiment beaucoup d’importance. Dans le fond, elle passe comme un flash (claquement de doigts)», renchérit Thomas. La pochette de l’album illustre d’ailleurs cette princesse-éclair. «Je voulais qu’on voit quelqu’un, parce que je trouve que tu peux plus relater», précise Élie. Thomas poursuit : «On trouvait ça le fun aussi de rajouter un personnage dans l’univers du groupe, de notre imagination.»

La quête sonore
Le jeune quintette a eu l’opportunité de collaborer avec le réalisateur américain de renom Brian Deck. Ensemble, ils ont travaillé les chansons en pré-production, puis Deck les a accompagnés pendant le processus d’enregistrement. «Brian Deck est comme vraiment devenu notre ami. Au début, c’était un peu froid, c’était intimidant. Finalement, on niaisait avec lui. Il nous a tout le temps dirigés où il pensait que ça devait aller, mais sans nous restreindre», mentionne Thomas.

«Nous, on avait notre identité», ajoute Élie. «Autant qu’on est des petits bébés pis qu’on n’avait pas d’expérience en studio pis on voulait juste faire n’importe quoi, lui il nous a juste ramenés, tout en nous laissant expérimenter un peu, jouer pis avoir du fun. La recherche sonore était déjà pas mal faite avant l’album.»

Je leur demande ensuite si, musicalement parlant, c’était important pour eux de sortir des sentiers battus. Élie me répond sagement : «[Le défi], c’est de ne pas tout le temps sonner pareil. En ce moment, j’écris encore beaucoup pis j’essaie de me pousser à faire des affaires que je n’ai jamais faites. Juste gosser avec les sons comme je n’ai pas fait avant, écrire d’une façon différente. Je pense que le plus important pour moi, c’est de nous démarquer de nous-mêmes.» Thomas enchaîne : «Pour un premier album aussi c’est important de se démarquer plus je crois, parce que c’est vraiment la première étiquette que les gens vont voir. Si c’est pareil à quelqu’un d’autre, c’est quoi vraiment le point de ton groupe, tsé.» «True that boy», acquiesce Élie.

La composition

Côté composition, créer une pièce à cinq, ça se passe comment? «C’est Élie qui lead pas mal la composition pis les arrangements des chansons», réplique spontanément Thomas. «Dans le fond, il y a comme [différents] scénarios possibles. Number one : Élie arrive avec tout déjà fait. Un démo de A à Z. Il va même avoir fait les arrangements de brass. Le deuxième scénario : Élie va arriver avec guitare-voix pis on va tout builder ensemble chacun nos instruments…plus en jammant

Foreign Diplomats

«Il faut que ça soit spontané. Personnellement, j’haïs ça travailler en band sur une nouvelle chanson, ça devient tellement chaotique. On est encore un bébé band, on commence à se connaître très bien musicalement, mais on a tous des idées différentes qui ne vont pas nécessairement ensemble, pis c’est important de l’accepter», complète Élie. Le chanteur ajoute qu’il serait ouvert à ce que d’autres personnes dans le groupe composent. «L’affaire, c’est qu’Élie écrit beaucoup, beaucoup… il est dur à suivre», affirme Thomas. «Moi j’en écrirais une [chanson] en un mois, lui il en a déjà écrit six. (rires) Si on veut créer une identité, c’est sûr qu’Élie va prendre le lead.» «Le fait que j’écris beaucoup et depuis pas mal longtemps, je commence à avoir ma plume», précise Élie en toute humilité. «Je me connais pis je sais où je m’en vais. J’ai déjà eu des démos qui ressemblaient vraiment exactement à un band pis ça les prenait pour m’amener ailleurs.»

Les musiciens qualifient leurs influences de «pas mal éclectiques.» Ils s’entendent pour dire que la musique de LCD Soundsystem a été particulièrement marquante pour eux. «C’est un gros band pour nous. C’est un band qui, pour vrai, a changé ma vie», explique Élie. «Chacun de nous a vraiment trippé fort», ajoute Thomas. Élie poursuit : «Broken Social Scene, Bowie énormément dans comment j’aimerais chanter.» Pour ce qui est du maquillage? «Ça va venir! (rires)»

«Coffee brought me to the conclusion that some people don’t deserve to live.» 

Lies (of November)

La musique de Foreign Diplomats est très festive, mais lorsqu’on porte attention aux textes, on se rend compte que les propos sont assez sombres. «Quand j’ai commencé à aimer les textes que j’écrivais, j’ai réalisé que, souvent, c’est dark ou c’est vraiment méchant. (rires) C’est une grosse contradiction, les paroles pis la musique», analyse le chanteur. «Il y a des affaires là-dedans, pas que je ne crois pas, mais que je ne dirais pas dans la vraie vie. C’est aussi une raison pourquoi j’écris en anglais, parce qu’en français, je ne serais pas capable de dire des affaires aussi poussées que ça. L’anglais permet de m’éloigner de moi-même», précise-t-il.

Sur scène, la musique prend le dessus et vient atténuer la lourdeur des paroles. «Quand on est en show, quand on joue de la musique, on a le goût que les gens dansent, qu’ils aient du plaisir. On a le goût aussi d’avoir du plaisir», mentionne Thomas. «On n’est pas des gens dark non plus. Sur scène, on niaise pis on a du fun. Quand je chante ces textes-là, oui je rentre dans mon genre de personnage… mais quand même ce n’est pas lourd», assure Élie.

La scène, l’exutoire
Quand Foreign Diplomats embarque sur un stage, ça déménage pas rien qu’un peu. Où vont-ils puiser cette énergie débordante? «Je suis quand même quelqu’un de smooth dans la vie. Je pense que le fait d’arriver sur scène pis de pouvoir juste tout lâcher qu’est-ce qui peut me faire chier dans la vie ou whatever, de ne juste pas penser à qu’est-ce que tu as à faire demain. Tu t’es pogné avec ta blonde ou il faut que tu déménages la semaine prochaine, t’as pas payé ton Hydro la semaine passée… Pendant que tu joues, tu ne penses pas à ça pantoute, t’es juste vraiment ailleurs», explique Thomas.

Foreign Diplomats

Êtes-vous stressés de vous produire devant les gens de l’industrie ce soir ? «Oui, quand même. Mais on fait beaucoup de showcases, on sait c’est quoi. Faire un show de 20 minutes, ce n’est pas facile. Nos shows, c’est un build-up. À la fin, on se dit plus t’es mouillé, plus tu t’es fait mal, plus t’as eu du fun. On n’a pas beaucoup de temps pour se faire du mal (rires)», plaisante Élie. «On a joué avec notre setlist jusqu’à ce matin. Il y a un petit stress, un peu plus, parce que les gens viennent nous juger. On s’en vient se faire reluquer un peu.»

Shows, répétitions, entrevues, déplacements : les gars ont un horaire relativement chargé. Sont-ils toujours disciplinés? «Oui. On est à un niveau où est-ce qu’on veut vraiment faire ça tous les cinq, également. Ça nous tente tous autant, donc on veut tous mettre le même effort», assure Élie. «Ça fait longtemps qu’on veut faire ça, pis ça fait longtemps qu’on le sait», enchaîne Thomas.

Les diplomates à l’étranger

En octobre dernier, les garçons ont présenté leur spectacle dans deux villes françaises : Nantes et Paris. «C’était malade!», résume Élie. «A1!», ajoute Thomas. Leur musique a reçu un accueil inespéré. «Avant de partir, j’étais comme hey les gars, ça se peut qu’on joue devant huit personnes à ces shows-là. Mais on s’en fout, on est en France!», se rappelle Élie. Toutefois, lors d’un festival à Nantes, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit. «C’était comme 1500 personnes, c’était complètement fou. Ça a vraiment cliqué, on a fait une grosse prestation. Charles est descendu dans la foule avec la cloche à vache, on s’est pitché à terre!», raconte-t-il en revivant l’excitation du moment. À Paris, le petit club dans lequel ils se produisaient était rempli. «On a été vraiment surpris de ces prestations-là parce qu’on a eu des répercussions par après, des gens qui ont vraiment aimé ça, puis qui nous ont écrit…on ne s’y attendait tellement pas», souligne Thomas.

En terminant, qu’est-ce qu’on leur souhaite pour 2016? «Des shows!», me répondent-ils en chœur. Ils feront d’ailleurs quelques spectacles avec l’australien Hein Cooper, un autre talent brut que je vous suggère de découvrir. Gens de Québec, ça se passe le 30 mars prochain à l’Anti! «On est vraiment des bons amis avec Hein Cooper. Ça va juste être le fun de partager la scène avec lui. Il est vraiment beau en plus», lance Thomas. «On va jouer des tounes avec lui et il va sûrement venir jouer avec nous. Ça va être un show long, on fait le temps qu’on veut. Nous on va avoir du fun, ça va être facilement partageable», indique Élie.

Pour vivre l’expérience Foreign Diplomats, rien de mieux que de se déplacer pour les voir sur scène. Les dates de tournée sont disponibles via leur page Facebook. Et pour danser dans votre salon, Princess Flash est la trame sonore idéale.

Photos : Marion Desjardins/ Llamaryon

[Bourse RIDEAU] KROY + Mouse On The Keys, Le Cercle, 16 février

Ce jour-là, Dame Nature avait décidé qu’on allait payer pour l’hiver clément qu’on avait eu jusqu’à présent. Mais, pas question de manquer ma première soirée à la Bourse Rideau! J’ai connu cet évènement l’année dernière, alors que j’en assurais la couverture pour un autre média, et le concept m’avait véritablement charmée.

Les artistes présentent des extraits de leur spectacle afin d’inciter les gens de l’industrie à les inclure dans leurs programmations. C’est l’endroit idéal pour faire des découvertes artistiques et rencontrer des gens passionnés de culture. Il y a une frénésie dans l’air quand Rideau débarque à Québec, c’est palpable.

Après avoir vaincu le cocktail météo, Marion et moi sommes finalement arrivées saines et sauves au Cercle pour les vitrines de KROY et Mouse On The Keys. À la seconde où je suis entrée dans la salle de spectacle, les premières notes de clavier séduisaient déjà mes tympans.

 

KROY

KROY

Projet solo de Camille Poliquin (moitié du duo Milk & Bone), KROY livre une proposition musicale électro-pop, ancrée dans la mélancolie. Accompagnée de Guillaume Guilbault aux claviers et de Maxime Gosselin aux percussions, Camille a ouvert la soirée avec l’entraînante pièce River, tirée de son EP Birthday.

Après s’être brièvement adressée à la foule clairsemée, mais attentive du Cercle, l’artiste a enchaîné avec Bones, composition à la fois envoûtante et torturée qui se retrouvera sur son premier album complet. «Je viens de signer avec Dare To Care Records, ce qui veut dire que je sors un album à l’automne prochain, ce que j’ai très hâte de faire», a lancé Camille, visiblement enthousiaste à l’idée de franchir cette étape marquante dans sa carrière.

Nous avons ensuite eu droit à une version revisitée de Birthday, pièce-titre du EP de KROY. Des effets sonores, rappelant le bruit clair de gouttes d’eau qui tombent, et une finale quasi psychédélique, où les couches sonores s’empilent, donnaient un nouveau souffle mélodique à la chanson.

J’avais déjà vu KROY sur scène en octobre dernier, lorsqu’elle assurait la première partie de Cœur de Pirate à l’Impérial. À ce moment, un seul musicien était à ses côtés et les mélodies étaient plutôt minimalistes et rêveuses. Bien que le côté aérien demeure, j’ai entendu un son beaucoup plus percutant et des arrangements davantage étoffés au Cercle. Les compositions ont évolué musicalement pour gagner en richesse et en maturité. C’était déjà beau. C’est maintenant d’une beauté poignante.

Sur le plan vocal, c’était impeccable : tout en nuances et d’une rare puissance pour une voix cristalline. L’auteure-compositrice-interprète atteint des notes vertigineuses avec une aisance impressionnante et ose quelques acrobaties vocales qui font frissonner. Malgré une performance scénique somme toute statique (Camille et ses musiciens demeurent derrière leurs instruments), KROY a réussi à garder l’attention des spectateurs du début à la fin. Monstrosity, une autre chanson qui se retrouve sur le EP, est venu clore en délicatesse cette (trop) courte prestation.

 

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Mouse On The Keys

Ayant seulement écouté la première pièce du concert de 40 minutes, complètement à l’arrière de la salle en raison de mon entrevue avec KROY, je ne peux pas vous livrer un véritable compte-rendu de l’expérience musicale. Mais, je peux quand même vous en glisser quelques mots!

Le trio japonais, formé d’Akira Kawasaki (batterie), Atsushi Kiyota (piano, claviers) et Daisuke Niitome (piano, claviers), s’est installé sur scène dans l’obscurité presque totale avant d’ouvrir avec la composition Spectres de Mouse, tirée de leur premier album complet An Anxious Object. Ils sont demeurés dans le noir comme pour laisser toute la lumière sur la musique (chapeau à Marion qui a réussi à prendre de belles photos quand même). Des projections s’apparentant tantôt à des messages d’erreur indéchiffrables, tantôt à une pluie d’étincelles où la bichromie noire et blanche dominait, tapissaient les écrans du Cercle.

Du sous-sol, où je me trouvais pour la majorité du spectacle, la prestation m’a paru comme une seule et même chanson, certes avec des variations, mais sans véritable coupure. Même si je ne suis pas adepte de musique instrumentale, j’ai quand même perçu un immense talent et une complexité musicale dans l’œuvre de ces artistes.

Il s’agissait d’une deuxième présence au Cercle en quelques jours pour Mouse On The Keys. D’ailleurs, notre collaborateur Simon Provencher était sur place à leur première venue. Vous pouvez consulter son compte-rendu (beaucoup plus complet que le mien) juste ici.

Photos : Marion Desjardins/ Llamaryon

[Off RIDEAU] Soirée LABEL FOR RENT, L’Anti Bar et spectacles, 14 février 2016

J’ai commencé mon expérience Rideau un peu en marge alors que je suis allé assister à la méga-vitrine préparée pour l’occasion par Label For Rent. Dix artistes/groupes allaient se succéder tout au long de cette soirée très éclectique : GourouxAdmiralsMachines GéantesBoris CasablancaGénéral K-OSara DufourTHE FALLINGMatt TomlinsonTomy Paré et Geneviève Binette.

Je me suis dit que j’allais en voir quelques-uns puis me diriger vers les activités plus officielles de la Bourse. Finalement, j’ai vu 9 artistes/groupes sur 10, et si je n’ai pas vu le dixième, c’était de peur de manquer mon dernier bus. Voici donc, en quelques mots, les cinq artistes préférés de ma soirée de la Saint-Valentin :

Tomy Paré : Sylvain Cormier du Devoir a déjà écrit de Tomy Paré qu’il était comme un col bleu du country-folk. C’est l’impression que j’ai également eue lorsque je l’ai vu présenter ses chansons simples, mais efficaces. Du beau travail d’artisan.

Geneviève Binette : Quand elle ne prête pas sa plume à d’autres (Isabelle Boulay, Willows), Geneviève écrit et compose de fort belles chansons aussi folk que féminines. Elle revient au Sacrilège le 31 mars prochain pour présenter son nouvel album. Le premier extrait, Whisky, a un petit côté seventies avec ses textures funky! Un beau moment.

Matt Tomlinson : Folk-pop intelligent, un brin atmosphérique, . Les paroles sont parfois un peu simplistes, mais pour un gars qui n’a pas le français comme langue maternelle, c’est de la maudite belle job. Belle présence scénique. On va le surveiller de près!

Sara Dufour : Étonnante Sara, dont le country-folk teinté de bluegrass goûte le Red Champagne (les gens du Lac la comprendront, celle-là). Belle présence scénique, excellentes chansons, un beau petit coup de coeur!

Général K-O : À la base, j’avais compris, il s’agit d’un groupe à l’esprit punk. Mais à certains moments, on y retrouvait des éléments de trad, de progressif et de hardcore qui m’ont surpris. Un genre d’amalgame qui me rappelait un peu l’esprit d’un System of a Down. Pis Stéphane Audet… il déménage pas rien qu’à peu près!

Quelques photos (y compris des autres bons groupes dont je ne vous ai pas parlé) :