Tadoussac se dévoile : une 34e édition pas piquée des vers!

Tadoussac se met belle (vous me direz qu’elle est rarement laide et je vais humblement acquiescer) pour la 34e édition de son légendaire Festival de la Chanson. Coup de théâtre cette année : on brise le cycle. Le festival qui avait l’habitude d’avoir lieu pendant la deuxième semaine de juin aura lieu du 29 juin au 2 juillet prochain. Un changement bénéfique pour nous, éternels mélomanes que nous sommes, puisque cela bonifie la journée de dimanche avec l’ajout de pas moins de neuf spectacles.

Les Cowboys Fringants – Photo : Jean-François Desputeaux/Archives

Les grandes lignes de la programmation sont prometteuses : Les toujours très appréciés Cowboys Fringants en ouverture. Aussi, de gros noms comme Patrice Michaud, Vincent Vallières (qui présenteront leur nouveau spectacle respectif) et Louis-Jean Cormier se succéderont sur la scène Québécor. L’inimitable Cayouche sera aussi de la partie et foulera les planches de cette même scène, scène que Daniel Bélanger prendra aussi d’assaut afin de nous présenter son tout nouvel album. Karim Ouellet, Damien Robitaille et Saratoga (emoji de Jacques Boivin qui sourit) seront sous le chapiteau Desjardins lors du festival avec, aussi, le gagnant du prix du public du dernier Cabaret festif de la relève – Le Festif!, Émile Gruff.

Lydia Képinski – Photo : Marion Desjardins/Archives

En plus d’une certaine « résurrection » de l’Osstidtour, avec Koriass, Alaclair Ensemble et Brown au sous-sol de l’Église, le toujours populaire site Belle-Gueule du festival sera l’hôte de vos fins de soirée et vous offrira le rock ‘n’ roll énergique des Deuxluxes ainsi que le rock débridé et décapant de la bande des Hôtesses d’Hilaire. Le sommeil ne sera pas une option lors de ces soirées. De plus, une des nos « pref », Lydia Képinski, sera aussi de la partie sur la scène Hydro-Québec en compagnie de Samuele et de Maxime Auguste en première partie du rockeur français Dominé.

Bien sûr, le tout n‘est qu’un aperçu de la vaste et variée programmation de ce festival. Le reste de celle-ci sera disponible sur le site Internet du festival, et c’est hier qu’a débuté la mise en vente. Le Festival de la Chanson de Tadoussac est une expérience unique à vivre, un incontournable dans le tournée des festivals et toute l’équipe vous le conseille vivement parce qu’avoir les pieds dans le sable AVANT le brunch, ça n’as pas de prix !

[SPECTACLE] Gab Paquet nous invite à Santa Barbara

Écoutez mon vieux, j’ai pris un billet pour santa barbara, alors en route!

On a acheté nos billets d’avion, on a enfilé nos plus belles chemises et robes de soie, on est allé se poudrer le nez dans la salle de bain une dernière fois avant le commencement du party le plus pailleté de l’automne. Vol direct pour Santa Barbara, il fera chaud, il fera beau, la piscine sera chlorée et les sacoches pleines de cachets. C’est le lancement tant attendu du nouvel album de la légende à moustache Gab Paquet.

Gab Paquet

Je me mêle à la foule, fébrile dans un décor paradisiaque. Tableaux rococos, lumière tamisée, bouquets de fleurs qui sentent bon le plastique et banderoles aux couleurs du soleil couchant. De petites tables et nappes de dentelles ont été installées partout dans la grande salle pour le plus grand bonheur de nos fessiers délicats: une belle attention pour remplir l’espace multi de Méduse où faire le piquet est trop souvent le comportement de rigueur. Je parviens à me faufiler vers le plancher de danse pour m’assurer une place dans le feu de l’action quand la voix suave du narrateur Miguel Moran annonce l’arrivée imminente de l’homme.

C’est ainsi que Gab Paquet apparaît sur scène tout de blanc vêtu, tel un Jésus Christ ressuscité passé dans la laveuse à grand coups d’eau de Javel. Le coup d’envoi est donné avec l’excellent hymne national de ton coeur, j’ai nommé la pièce titre Santa Barbara. On connaît déjà très bien les choubidoubidou et les yabadabadou que l’on reprend tous ensemble avec l’entrain de fans conquis mais la grande surprise du morceau est l’ajout de ce son suave salivé de saxophone sexy. On l’avait adoré sur Relations sexuelles 2 et on le retrouve à Santa Barbara dans tout son éclat cuivré. Oh, joie.

Céline Dion pour aller se rhabiller puisque Gab la bat définitivement au temps alloué à se changer en coulisses. Et quelle garde-robe! Cette chemise en plumes de paon n’est-elle pas des plus élégantes ? Notre chanteur de charme est un coquet, il ne sors jamais sans son séchoir à cheveux. Il a les outils, il a le style, rien que le meilleur pour pomponner sa crinière de babine.

J’ai rencontré la femme en moi
Elle est venue nue dans mon rêve pour un clin d’œil timide du bout des lèvres

Ce qui est beau dans les concerts du crooner de Québec, c’est que son public se fait charmer à tout coup que l’on soit homme, femme, indécis, républicain ou athée. Après tout, qui donc refuserait de porter au cou un collier de diamant ? Et de finir la soirée en beauté dans une partouze avec nuls autres que Ginette Reno, Hank Williams et Nana Mouskouri? La vie est belle tant que l’on n’invite aucun voyou.

Gab Paquet

De chemises en pantalons de cuir en passant par la robe de chambre, Gab Paquet se donne tout entier à son public -pubique comme dirait Anne-Marie Losique-. Ça danse, ça chante et ça se déhanche. La foule est une mer houleuse qui embarque le chanteur sur son radeau de mains baladeuses. Elle recrache sur la scène un corps suitant de sueur salée et Barbara devient le nom de proue d’un fabuleux paquebot qui nous embarque dans la nouba. Son intimité est de la couleur du corail.

Après la première partie du spectacle consacrée entièrement à Santa Barbara, ce serait une hérésie de se priver des hits de Sélection Continentale. On s’est bien réchauffés en Californie et pour le reste de la fête on retrouve les très dansants Casio pad et moustache, Consommations, Soucoupes Volantes et Papa, maman, bébé, amour pour ne nommer que ceux-là. Partout autours de moi, je vois des minois souriants.

Ce fut un beau lancement très réussi.

Merci à notre précieuse Llamaryon pour les photos !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

[Spectacle] Peter Henry Phillips à Trois-Rivières

(Photo : archives – ecoutedonc.ca)

Jeudi soir dernier, Pierre-Philippe coté, mieux connu sous le nom de Pilou ou encore Peter Henry Phillips était en prestation à la maison de la culture de Trois-Rivières.

 L’artiste qui, depuis la sortie de son premier album en septembre dernier, connait une belle hausse de popularité; s’est présenté sur scène accompagné de trois musiciens. Ils étaient sur en prestation pour la première fois de l’année 2016 et en ont profité pour se faire plaisir. Les quatre complices ont enchaînés les chansons avec brio. On sentait la confiance du groupe, ainsi que le plaisir qu’ils avaient à être sur scène et à jouer. On pouvait également constater que Pilou a toujours son cœur d’enfant par les blagues qu’il lançait accompagné de son petit sourire charmeur. Le public s’est, entre autre, enflammé lorsque le chanteur a jeté quelques chocolats de loge qu’il s’était gardé en réserve dans la foule.

Pour ce qui est de la prestation, le spectacle reflétait la même profondeur présente sur l’album : The origin dont on avait fait la critique ici. La voix solide et émotive de Pierre-Philipe Coté côtoyait les solos rassurants de guitare et de base ainsi qu’un jeu de lumière hypnotisant. On ne pouvait demander mieux, et autant le rock que le folk a su trouver sa place et résonner dans l’intime salle au plus grand bonheur des spectateurs présents. En plus de toutes les chansons de l’album, Peter Henry Philips a également joué une reprise de la pièce «Repartir à zéro», ainsi qu’une chanson inédite qui, on espère, apparaîtra sur son prochain album.

 Peter Henry Phillips sera, en autre, en prestation à Montréal en lumières cette fin de semaine. Pour la liste des autres spectacles, cliquez ici.

[Spectacle] Safia Nolin, 19/11/2015, Salle Louis-Philippe Poisson

Jeudi soir dernier, à l’intime salle Louis-Philippe Poisson de Trois-Rivières, Safia Nolin rencontrait son public trifluvien pour la première fois depuis le lancement de son premier album. L’équipe d’écoutedonc Mauricie était au rendez-vous afin de rencontrer la jeune artiste en ascension.  

 

On peut dire avec certitude que le vent souffle dans les voiles de la charmante jeune femme originaire de Québec. Son premier opus, Limoilou, dont nous avons fait la critique ici, l’amène, depuis le début de l’automne, dans toutes les petites salles du Québec. Safia sillonne la province pour charmer les cœurs accompagnée de son guitariste, Joseph Marchand. À deux, ils envahissent l’espace scénique le temps d’un album et offrent un moment unique et coloré.

 

C’est entre deux gorgées de tisane aux Halls que la tendre Safia Nolin s’est présentée. Elle a joué quelques titres accompagnée de son Joseph, puis ce dernier s’est éclipsé en coulisses le temps de quatre chansons acoustiques, dont une nouvelle pièce inédite. Dès les premiers accords et  les quelques gags, la cinquantaine de personnes présentes sont tombées en amour avec cette artiste singulière. 

 

Première tournée et petite salle obligent un jeu de lumière tout en simplicité, bien qu’efficace. Par exemple, lors de sa toune de Noël, pas si joyeuse, Noël Partout, la lumière virait tout doucement du rouge au vert. Ceci dit, petite salle ne signifie pas nécessairement show cheap. Au contraire, la grande voix de Safia Nolin nous est parvenue et est « entrée en nous comme une arme », avec ou sans micro. Sa partie acoustique est probablement le moment le plus marquant de la soirée. La simplicité et la puissance de cette mise en scène n’était pas sans rappeler l’ambiance des musiciens de rue ou encore la Môme à ses débuts. 

 

Attrapez-la quand vous pourrez, faites-en votre nouvelle meilleure amie, ou likez simplement ses photos Instagram, mais de grâce, allez découvrir cette jeune artiste qui n’est qu’au début de la grande carrière qui l’attend. 

 

Safia Nolin sera en tournée au Québec jusqu’à la fin décembre et en Europe dès le début décembre, entre autre, en première partie de Lou Doillon. 

 

 

Charles F. et Gabrièle Lavallée 

[ENTREVUE] Pomme

DSC00087-Modifier

Photos par Jacques Boivin, entrevue réalisée par Jacques Boivin et Jessica Lebbe (CKRL 89,1)

DSC00082Retenez bien ce petit nom de cinq lettres : Pomme. Il s’agit d’une jeune artiste française de 19 ans, bourrée de talent, qui va très bientôt laisser sa marque avec un premier maxi intitulé En cavale qui sera lancé le 1er janvier 2016. Si vous écoutez beaucoup la radio, vous avez très probablement entendu sa voix sur la bombe pop de Matthieu Mendès intitulée Okay. Elle est venue faire un petit tour au Québec, question de se faire connaître, et Jessica et moi avons eu l’occasion de la rencontrer dans les studios de CKRL lundi dernier. Petit compte-rendu d’un gros coup de coeur.

DSC00083Pourquoi avoir choisi le nom Pomme? « Ça vient de mon nom de famille. C’est un surnom depuis que je suis au collège. C’est comme un deuxième prénom. Quand les gens m’appellent Pomme, je réponds aussi bien que lorsqu’ils m’appellent Claire. » Multi-instrumentiste autodidacte qui joue du violoncelle, de la guitare, du banjo et de l’autoharpe (comme ma tendre Basia Bulat), Pomme a de nombreuses influences qui ont touché une corde sensible dans mon coeur de vieux fan de folk et de country : « Mes influences sont à l’opposé. À 13, 14 ans, j’ai commencé à écouter de la pop, j’allais voir Lady Gaga en concert, j’aimais beaucoup Lily Allen. Vers 15 ans, à la fin du collège, le père d’une de mes amies m’a prêté une clé USB sur laquelle on trouvait plein d’albums de filles qui jouaient de la guitare. » À l’époque, Pomme commence à faire des clips. Sur cette clé, elle y découvre le country et le folk des années 1960-1970. Des albums d’auteures-compositrices américaines telles que Emmylou Harris, Dolly Parton, Allison Kraus et Linda Ronstadt. « Et il y a toujours eu la chanson française. Barbara. Mon père écoutait Michel Polnareff. Et il y a la chanson plus actuelle, comme Camélia Jordana et Coeur de Pirate. » Un bagage très varié.

DSC00084Pomme a d’ailleurs eu la chance de faire la première partie de Coeur de Pirate. D’Angus & Julia Stone (ah, ma tendre Julia!). De Yael Naïm. Et d’un certain Pierre… Lapointe. Est-ce que ces premières parties avec deux grandes vedettes d’ici expliquent ce lien avec le Québec? « Vers 16 ans, à l’école, je devais faire un exposé de deux heures sur un sujet, qu’on doit préparer pendant six mois. J’ai fait ça sur le Québec. À 16 ans, je savais déjà plein de trucs sur le Québec. La langue. L’histoire. J’ai toujours voulu y aller, ça date d’avant la musique, d’avant les premières parties, d’avant les rencontres. » Ce qui l’attirait? Les paysages, notamment le paysage musical. « J’ai l’impression qu’il y a un espèce d’amour pour la chanson française qui est moins évident en France. J’ai découvert pas mal d’artistes québécois que j’adore. » Parmi les artistes de chez nous, elle mentionne les Hay Babies, Les soeurs Boulay, Fanny Bloom, Karkwa, Monogrenade… Loin des clichés qui sont souvent mentionnés par les artistes de l’Hexagone qui débarquent ici.

En attendant la sortie du EP et une tournée de spectacles en formation complète (bientôt, on l’espère), Pomme vous offre la chance de la découvrir, seule avec sa guitare, ce samedi 21 novembre au Vieux Bureau de poste en première partie de Michael Sea (qui offrira une prestation toute spéciale en formule trio – ça va être joli, ça!). Un fort joli double plateau qui devrait vous faire passer une maudite belle soirée. INFOS

Page Facebook

Vous pouvez écouter la balado de l’entrevue (et écouter la jeune dame jouer ses jolies chansons) ici : http://balado.ckrl.qc.ca/podcast/download_mp3/104187.mp3 (à partir de 1 h 37)

[SPECTACLE] Daran au Centre culturel Pauline-Julien le 6 novembre à Trois-Rivières

Vendredi dernier, l’auteur-compositeur-interprète Daran était de passage en formule solo au Centre culturel Pauline-Julien de Trois-Rivières dans le cadre de sa tournée Le monde perdu, son plus récent album. Ce dernier a d’ailleurs remporté le plus récent Félix pour la mise en scène de l’année et l’on comprend vite pourquoi dès les premières minutes du spectacle. Car outre la musique, le spectacle est grandement axé autour des projections de films sur lesquelles l’artiste Geneviève Gendron dessine littéralement par-dessus par l’entremise d’un ordinateur, chose  qui parait assez audacieuse. Ce travail artistique vient compléter et enrichir les courts métrages propres à chaque chanson.

Le logiciel a même dû être créé, car il n’en existait aucun permettant de dessiner sur du vidéo a fait savoir Daran. La dimension multimédia que prend le spectacle a d’ailleurs agréablement surpris le public. C’est le genre de spectacle qu’on aurait pu présenter en pleine salle de cinéma tellement que l’attention des gens est portée sur l’écran plutôt que sur le musicien.

Au cours de sa performance de près d’une heure et demie, le Français qui a adopté le Québec il y a cinq ans a interprété l’intégralité des pièces de son plus récent album de même que quelques pièces qui datent comme Dormir dehors. Semblant timide au départ, le public s’est tout de même permis d’interagir et de participer avec Daran au fur et à mesure que la soirée avançait. Au final, les spectateurs ont grandement apprécié le passage du chanteur.

En guise de première partie, les spectateurs ont pu voir à l’œuvre Kensico qui présentait les pièces de son dernier album White Sage. Pour plus d’information ou pour connaître les prochaines dates de la tournée, vous pouvez visiter le www.daran.ca.

 

Crédit photo : Izabelle Dallaire

 

[ALBUM] Joëlle Saint-Pierre – «Et toi, tu fais quoi?»

Et toi, tu fais quoi? (Coyote Records)
Et toi, tu fais quoi? (Coyote Records)

Les chansons de Joëlle Saint-Pierre se sont faufilées jusqu’à mes oreilles par une journée de grands vents. Vous savez, le genre de journée-tempête bruyante qui secoue les médias et les réseaux sociaux, où tout le monde s’indigne et s’empresse, sans réfléchir, de hurler son opinion? Où l’heure de pointe nous bouscule à coups de klaxons, de vélos qui circulent en fous sur les trottoirs et de zombies qui traversent la rue en regardant leur cellulaire, malgré cette petite main qu’ils devraient serrer plus fort?

Je ne sais pas pour vous mais moi, quand le poids du monde se fait trop lourd sur mes petites épaules, je n’ai qu’une envie: me rouler en boule dans mon lit, avec des bouchons dans les oreilles, et m’endormir au son de mon coeur qui bat. Arrêter le bruit. Sauf que ce soir-là, plutôt que m’endormir, j’ai trouvé refuge dans une merveilleuse bulle de paix.

Objet sonore unique dans le paysage musical québécois, Et toi, tu fais quoi?, le premier album de l’auteure-compositrice-interprète saguenéenne envoûte et surprend dès les premières notes de Choc Électrique. La voix est jolie, assurée, le timbre est clair, aérien, les mots sont pesés, sentis et déposés délicatement sur de ravissantes mélodies. Le son du vibraphone (trop peu utilisé en chanson) et la douceur de la musique apaisent alors que l’intelligence du propos invite et impose le silence. Résultat : malgré l’inconfortable chaise de bureau qui me torturait le bas du dos, je suis restée hypnotisée, dans un total état de flottaison, jusqu’à la fin de ma deuxième écoute (parce que 30 minutes, c’est parfois trop peu de paix).

Si, à l’image de la pochette, le contenu s’annonce minimaliste, on devine assez vite la somme de travail derrière l’écriture de ces petits bijoux de chansons (Stéphane Robitaille et Catherine Lalonde ont collaboré à certains textes alors que Louis Dugal a coécrit deux musiques) et le souci apporté aux détails. Je pense entre autres aux superbes arrangements de cors de Pietro Amato et au travail de Vincent Carré (batterie), Marc-André Landry (contrebasse), Stef Scheider (percussions), Alex Blais (contrebasse) et Cédric Dind-Lavoie (contrebasse) qui accompagnent Joëlle sur la pointe des pieds, en lui laissant toute la place. Soulignons d’ailleurs que la vibraphoniste, qu’on peut aussi entendre au piano et à la guitare, est particulièrement douée dans le maniement des baguettes (« oui, quatre, et oui, c’est lourd », précise-t-elle dans sa sympathique autobiographie).

Beaucoup de soin a également été mis dans la prise de son (Daniel Gélinas), faite dans une chapelle d’Ulverton, en Estrie et au studio The Pines, à Montréal. Je salue le choix d’avoir opté pour une captation spontanée (une seule prise) et d’avoir laissé traîner, dans les racoins de pistes, quelques souvenirs des lieux (bruits de chars et planchers qui craquent). Le  son de l’ensemble n’en est que plus vivant. J’ai aussi apprécié l’ordre des chansons, qui nous fait passer de la lumière (Choc électrique) à la noirceur (Rose, On a pleuré sur la lune), des amours impatientes (Cent pas) à la mort (Murs), permettant ainsi de révéler le talent d’interprète de l’artiste, sensiblement à l’aise dans tous les registres. J’ai très hâte de la voir sur scène (et mes collègues de Québec aussi car tout le monde semblait bien déçu qu’elle ne passe pas par la vieille capitale pour faire son lancement).

Mes coups de cœur : Souris, petite valse au texte délicieusement ironique, Jour doré (une chanson ne pourrait davantage séduire la fan de Gainsbourg que je suis) et la déchirante Jamais seule, dont la mélodie me hante depuis la première fois que je l’ai entendue. Mais ne vous fiez pas sur moi, je crois que je vais changer d’idée à tous les jours…

Lancement d’album à Montréal
MARDI 15 SEPTEMBRE – 17h
VERRE BOUTEILLE

Lancement d’album à Saguenay
JEUDI 24 SEPTEMBRE – 20h
CAFÉ-THÉÂTRE CÔTÉ-COUR

Pour plus d’infos :

http://joellesaintpierre.com/

http://www.coyoterecords.ca/artistes/