[ALBUM] Alaclair Ensemble et «Les Frères Cueilleurs»

Chaque parution de la troupe de post-rigodon bas-canadienne préférée de tout le monde me rend fébrile. Il faut dire qu’Alaclair Ensemble a frappé fort dès sa première parution, en plus de permettre que soit galvaudé le terme « ovni musical » pour décrire 4.99 la galette cosmique sortie tout droit de nulle part selon bien des observateurs, mais qui se trouvait être le fruit de plusieurs années de collaborations et d’échanges entre des membres influents des deux scènes rapqueb, la plus underground et la plus commerciale. Diverses parutions officielles et moins officielles se sont succédées, accompagnées par des tas de ces shows ultra divertissants qui ont fait leur marque de commerce, un peu partout au Québec. Si leur première parution a été transposée sur vinyle cet été, rebaptisée pour les circonstances en 24.99, gracieuseté de la boîte locale P572 qui offrait au groupe sa première aventure dans les sillons, c’est vraiment Les Frères Cueilleurs qui marque un nouveau chapitre à bien des égards pour le groupe cette année.

Il y a deux mois et demi, lorsque le compte de l’étiquette rapqueb par excellence, les Disques 7ième Ciel, a publié la vidéo d’ «Alaclair High» sur son compte youtube, on a compris que les gars faisaient pour la première fois affaire avec une étiquette de disque, après avoir été courtisés et avoir refusé des offres que d’autres auraient, et ont effectivement accepté. Ils semblaient jusqu’alors préférer conserver intégralement leur indépendance, vendre des CDs et donner la musique en ligne. Est-ce désormais chose du passé?

Malgré certaines appréhensions, on devait admettre que les gars étaient de retour en force avec le clip de leur premier extrait. La pièce occupe le centre de l’album qui est très bien monté et constitué à 100% de pièces fort intéressantes ; all killer no filler comme ils disent. D’entrée de jeu, on constate que l’album est très hip hop, moins axé sur le post-rigodon-bas-canadien, étiquette signifiant pour moi la signature musicale plus éclatée que le groupe a fait connaître, alliage électro-rap-r&b déjanté festif et groovy, souvent dansant. Certains pourraient être tentés d’employer le terme «linéaire» pour décrire l’album, mais je préférais de loin «cohérent» et garder le terme «linéaire» pour référer au fait que le groupe nous propose une véritable ligne du temps du hip hop, une leçon d’histoire à moitié réinventée en mieux. Est-ce que c’est un hasard si l’arrivée du groupe sur une étiquette rap précède la parution de leur album le plus rap à date, et si c’en est pas un, est-ce que ça signifie une perte d’indépendance? En fait on s’en fout de tout ça, à condition que la musique soit bonne et cet album, c’est de l’or pur.

Même s’il est un peu moins éclectique, le disque est loin d’être monotone. Diverses facettes du hip hop sont mises à l’honneur, des sonorités oldschool aux plus modernes, et le groupe joue avec tout ça en prouvant une fois de plus qu’il a de la culture et une créativité foisonnantes. Les pièces changent souvent boutte pour boutte en plein milieu, mais chaque changement même abrupt va de soi, l’album étant très bien monté, et les transitions, dans les pièces ou entre les pièces, étant toutes soigneusement calculées. Certains hits ressortent plus particulièrement du lot, mais le disque s’écoute très bien d’un couvert à l’autre. Les excellents, variés et hautement divertissants beats, en partie gracieuseté de Mash, un des fondateurs du groupe qui est moins présent aujourd’hui (d’ailleurs son visage ne figure pas aux côté des six autres sur la pochette), mais surtout de VLooper, l’homme-fort qui accompagne également Eman dans ses aventures solo et qui a également produit trois albums de beats en collaboration avec KenLo, le troisième disque figurant dans le triple faux-album Musique bas-canadienne d’aujourd’hui sous l’intitulé Un Piou Piou parmi tant d’autres. Assez parlé du passé, maintenant on parle du présent et du futur.

ALACLAIR ENSEMBLE (Photo et montage par Claude «Claude Bégin» Bégin)
ALACLAIR ENSEMBLE (Photo et montage par Claude «Claude Bégin» Bégin)

«Coucou les coucous», c’est beaucoup plus qu’une intro, avec un refrain tiré du cahier de règlements du studio loué pour enregistrer l’album, chanté/susurré en post-dub par Eman, accompagné des chants auto-tunés de KenLo, suivi de remerciements de Maybe Watson, et d’un beau petit verse de Robert Nelson aka Ogden. Celui-ci montre quant à lui divers styles sur cet album, délaissant un peu le personnage et son accent folklorique pour adopter un style plus sérieux pas mal efficace aussi, et ce dès le début de la pièce suivante, «La chicane». Celle-ci est une pièce un peu plus sombre avec trois des gars, qui coupe aux deux tiers pour introduire un nouveau beat, Eman étant sur le premier beat juste après Ogden et KenLo complétant le trio sur le deuxième beat. Encore une fois, on n’entend pas systématiquement tous les gars sur chaque morceau, mais leur présence est quand même bien balancée d’un bord à l’autre du disque. La courte «Mash» enchaîne d’ailleurs avec Maybe Watson mis à l’avant-plan dans la première partie, sur un beat aux accents nostalgiques qui change aussi aux deux tiers pour un truc vraiment nice et plus lumineux sur lequel, je crois, un Eman sur l’hélium virtuel vient répéter quelques mots imagés. «Fouette» s’ouvre et se ferme avec KenLo, qui fait encore des prouesses, surtout dans le dernier verse, et les trois autres MCs y font aussi de très bonnes performances. À date, les beats sont variés et imaginatifs, un peu dans tous les spectres du hip hop, mais sans qu’un moment particulièrement « oomph » se soit imposé particulièrement. «Est-ce que l’album sera plus linéaire?», ose-je me demander à ce point de mon écoute, pour avoir la réponse en double, et pas à peu près, dès le refrain de la prochaine chanson.

«Ça que c’tait» c’est vraiment une grosse bombe sale, super grimy-trap-je-sais-pu-trop catchy à mort et parfaite pour hocher de la tête à s’en décrocher une cervicale. Encore une fois, y a un changement abrupt à la fin qui est introduit avec brio pour présenter Eman un peu autotuné pour chanter, puis Maybe Watson qui chante l’autre partie avec sa vraie voix après un bon petit verse, le monde à l’envers par rapport aux habitudes de chant. Ce cinquième morceau ouvre une suite de purs hits qui dure jusqu’à la fin et qui donne envie de réécouter tout de suite l’album, avec l’intuition que la seconde écoute va révéler une exclusivité de hits finalement sur ce disque, et donc un album à écouter en loop. La leçon d’histoire rap susmentionnée prend une tangeante plus explicite avec la pièce «Les infameux» où les références aux canons du hip hop sont plus ou moins claires selon, mais où on peut entendre les gars émuler entre autres tantôt Snoop et Nate Dogg (Claude Bégin est moins présent sur cet album mais flamboyant ici en Nate Dogg), tantôt Biggie Smalls,  Bootie Brown de Pharcyde et Prodigy de Mobb Deep, le groupe auquel le titre réfère.

Ensuite, ben c’est «Alaclair High» qui est complètement hypnotisante et qui gagne pas mal la course de la meilleure track, un peu de justesse avec deux-trois autres pièces redoutables qui la talonnent, et grâce peut-être à la longueur d’avance qu’elle avait par rapport aux autres et à l’effet accoutumance-amour. Le tempo reste pas mal bas sur «Mes gars shoot» qui enchaîne à merveille après le single-déjà-classique, la vibe est excellente et les refrains chantés sont toujours appréciés. «Humble French Canadians» est un autre highlight, avec un beat sombre et groovy qui accueille des petits verses-showcase qui s’enchaînent rapidement et montrent le talent d’Eman, KenLo et Ogden, avec un bridge émotif gracieuseté d’Eman, puis un autre de ces bienheureux changements de fin de track qui permettent à presque deux fois de beats d’entrer sur l’album, accompagné d’un verse plus long et bien serré de la part de Maybe Watson.

En faisant penser à du vieux rap français mais avec un rythme très minimaliste, l’instru de «Bazooka Jokes» offre une excellente séance de chillage aux oreilles et un excellent support pour les refrains et le verse final de Kenlo, seules parties avec un drum pour faire le beat, et les verses des trois autres gars, qui se couchent pas sur un drum mais sur une grosse basse et un court échantillon. La pièce suivante profite de la séance de relaxation préalable pour jeter un beat lent sombre et gangsta bien tonitruant, qui achève les vertèbres cervicales amochées par «Ça que c’tait». La pièce, qui est un autre des moments forts de l’album et qui s’appelle «Sauce pois», nous propose encore un changement de beat vers la fin et un long extrait au pitch changé, tiré d’une entrevue de Claude Dubois à propos de l’enregistrement de Mellow Reggae, c’est plutôt comique et ça s’achève sur une citation de circonstance après le beat qu’on vient d’entendre, où «y avait des basses qui bouffaient toute» sans que ce soit négatif dans ce cas-ci.

Encore une autre pièce au tempo assez bas s’ensuit, «Sous-sol po fini», une autre belle occasion d’apprécier le mix hallucinant de l’album, avec les backs vocaux vraiment ludiques et bien localisés dans les oreilles. Le beat propose encore un excellent mélange de rétro et de futuriste et c’est l’occasion pour Eman de prouver une fois de plus sa versatilité, lui qui impressionne du début à la fin de l’album et qui raflerait probablement l’étoile du match si ce genre de truc existait pour les disques, ce qui n’enlève rien à la performance des autres qui sont également au sommet de leur forme.  C’est aussi la deuxième sur trois pièces consécutives avec des skits à la fin, celle-ci qui semble présenter KenLo imitant quelqu’un qui trip pas mal. Lorsque la dernière commence, on sent un peu plus le post-rigodon-bas-canadien refaire surface, «DWUWWYL» ou dowhatyouwantwithyourlife, plutôt dansante et dans le sillage lointain de «Fastlane», une pièce de leur plus récent «Toute Est Impossible» réalisée sur un beat du producteur montréalais Kaytranada. Au milieu de la pièce, la musique baisse un peu et une histoire vraiment l’fun est racontée par ce que je m’aventurerais à identifier comme Eman avec le pitch vocal baissé. La présence d’une pièce plus dansante en fin d’album laisse-t-elle augurer un prochain disque de cet acabit? Est-ce qu’il est beaucoup trop tôt pour y penser? Est-ce que les gars vont ben faire ce qu’ils veulent avec leurs vies? Et moi avec la mienne? En tous cas, je sais ce que je vais faire: réécouter l’album de ce pas, peut-être un peu parce qu’il se termine abruptement et nous donne envie d’en avoir plus, le défaut de sa qualité étant de donner l’impression d’être court, mais juste parce qu’il passe trop vite, en étant aussi bon.

ALACLAIR ENSEMBLE (Crédit photo: Pigeon)
ALACLAIR ENSEMBLE (Crédit photo: Pigeon)

 Je pense que la vaste majorité des fans de la première heure vont aimer cet album et que celui-ci leur permettra par ailleurs de se faire des nouveaux fans dans la scène rap plus traditionnelle, étiquette de disque aidant. Avec ça, le groupe est allé chercher tout le streetcred qu’ils avaient besoin pour fermer une fois pour toutes le caquet à ceux qui disent que les gars font pas du rap. S’ils étaient dans une sphère à part, ils appartiennent maintenant de plein droit à l’univers rapqueb et dominent maintenant sans contredit cette planète aussi. D’une part c’est plus classique, la bride est tenue plus serrée, les délires se font assigner des cases horaires, on jongle moins avec les styles, mais d’autre part, ça reste totalement Alaclair Ensemble, c’est truffé de références à leur musique et à d’autres trucs, et leur imagination débordante trouve dans les diverses versions du hip hop «normal» un terrain de jeu où l’innovation reste permise et l’expérimentation valorisée.

Allez voir le pendant spectaculaire de ce nouveau disque et vous le procurer par la même occasion, dans la grosse ou dans la petite ville, ou encore sur leur page bandcamp.

[FESTIVOIX] Retour sur la huitième journée (2 juillet 2016)

Voici les critiques de spectacles de notre équipe pour la journée du samedi 2 juillet.

Basile Seni

Ce chanteur trifluvien originaire du Burkina Faso est venu présenter ses chansons qui parlent d’espoir, de solidarité et d’amour. Que les chansons de Basile Seni soient chantées en dioula (langue parlée par 20 millions d’Africains) ou en français, les pièces reggae et pop, elles semblent avoir fait plaisir aux gens qui garnissaient les estrades de la Scène Métro des Voix de la Famille. Muni de son ngoni (un instrument à cordes) et de son balafon (sorte de xylophone) qu’il a lui-même fabriqués, les pièces nous entraînent vers un beau voyage. Voyage qui est le bienvenu vu la température caractérisée par le vent et les nuages ! Concernant les chansons, dont la plupart sont issues du plus récent album La vie a son secret, il faut dire qu’elles ont sur scène une nouvelle énergie, avec un son plus rock. Par exemple, la pièce Fou de toi, ballade acoustique sur l’album, a un ton alternatif en raison de la guitare électrique de Daniel Lemay et du clavier de Jimba Brunelle. On peut résumer ce spectacle par trois éléments : enthousiasme, complicité et chansons accrocheuses. C’est la troisième que je vois Basile Seni en spectacle, et on est prêt pour une quatrième ! (David Ferron)

The Cuban Martinez Show

crédit photo: Jean-François Desputeaux (The Cuban Martinez Show)
crédit photo: Jean-François Desputeaux (The Cuban Martinez Show)

Plus d’une centaine de curieux et d’amoureux de musique cubaine se sont réunis sur la Scène Rythme FM des Voix Libres. Bien que désirant rester assise au début du spectacle, et ce, malgré les efforts du groupe à la faire danser, la foule a finalement succombée à la fièvre musicale. Elle n’a donc pu s’empêcher de danser au rythme de la musique ! Les membres du Cuban Martinez Show, groupe récipiendaire du Syli d’Or 2011 (remis par le Festival des Nuits d’Afrique) ont présenté en bonne partie des classiques de la salsa et du répertoire de la musique latine. Il y avait même des reprises surprenantes, notamment C’est la vie de Khaled. À ce moment, la pluie qui s’abattait ne pouvait plus éliminer l’enthousiasme des gens ! Les musiciens du groupe, accompagnés du saxophoniste trifluvien Vincent Pelletier, ont donc mené la barque malgré les défis. Ils ont même pu compter sur la collaboration spéciale de Dominique Hudson le temps d’une chanson. Les pièces telles que Carnaval, Idilio ou Oye como va, présentées selon une liste musicale improvisée, ont finalement conquis le cœur, les pieds et les mains des spectateurs !  (David Ferron)

Claude Bégin

Claude Bégin Crédits Photos : Izabelle Dallaire Photographe
Claude Bégin
Crédits Photos : Izabelle Dallaire Photographe

Comme c’était la chanson « Des cœurs par la tête » que l’équipe du Festivoix 2016 avait choisie, les gens attendaient le spectacle de Claude Bégin avec impatience. Nous avons également eu droit à une surprise : Karim Ouellet était de la partie. Réchauffé la foule avant Hedley? Claude Bégin a pris ça aux mots en faisant faire des étirements au public, comme il avait quelques problèmes techniques. Il a profité du fait qu’il y avait une immense foule pour exiger la participation de tous pour danser un slow, frapper des mains et chanter avec lui. On peut dire qu’il a réussi son mandat avec brio, car lors de son interprétation de la pièce Avant de disparaître, les gens chantaient les paroles à l’unisson, prêts pour la suite de la soirée. (Caroline Filion)

 

 

Busty and the Bass

crédit photo: Jean-François Desputeaux (Busty & The Bass)
Busty and the Bass à la scène des Voix Jazz. crédit photo: Jean-François Desputeaux

Ce que l’on ressent lorsqu’on voit ce groupe en spectacle, c’est du plaisir pur. Ils font de la musique pour faire danser, divertir et faire du bien. La foule de l’embuscade était conquise dès la première chanson. Il faut dire que ça dégage de l’énergie neuf gars sur la scène de l’embuscade. Le mélange de funk, blues et de hip-hop se marie à merveille et il est difficile de ne pas apprécier le groove du groupe. C’est exactement ce qui me plaît chez eux, la diversité des instruments qui se retrouvent et forment un tout qui fonctionne tellement. On en a jamais assez et pour une soirée de Festivoix, qui commence aux alentours de 23h30, c’est tout à fait approprié. J’avais déjà vu le groupe lors d’une Soirée cachée CFOU, qui est un contexte semblable, et je crois qu’encore une fois ils ont su conquérir de nombreux nouveaux fans à Trois-Rivières. Nous sommes chanceux, car ils venaient tout juste de sortir un nouveau EP, Lift, donc avaient un répertoire beaucoup plus étendu que lors de leur passage à la Chasse-Galerie de l’UQTR. Busty and the Bass commence à se promener un peu partout au Canada et en Europe. On n’a clairement pas fini de parler et d’entendre parler d’eux. (Caroline Filion)

Voyez les superbes photos en lien avec les critiques de spectacles et plus encore:

[ALBUM] Rednext Level et Argent Légal : quarante mille nuances de rouge

Bien que le terme d’ovni musical commence à être galvaudé lorsqu’on parle de la musique produite par la grosse gang de chums qui gravite dans l’univers déluré de la seule troupe post-rigodon bas-canadienne, Alaclair Ensemble, force est d’admettre qu’il commence à peine à décrire la provenance conceptuelle de cette galette cosmique que nous offrait Rednext Level le 15 avril dernier, gracieuseté de Coyote Records. D’emblée, on se doutait que les sonorités allaient explorer d’autres territoires, que les thèmes et les textes seraient la suite logique du projet précédent et que globalement, le groupe serait le théâtre de toutes les audaces pour les deux MCs bien connus et appréciés du public québécois, Maybe Watson et Ogden AKA Robert Nelson, pour le DJ Tiestostérone ainsi que pour le producteur Tork, un ami d’enfance de Maybe Watson qui gravitait davantage dans les sphères électroniques que dans le territoire rap-queb-champ-gauche occupé d’habitude par nos deux moineaux lyricaux.

On pourrait dire qu’Argent Légal est un album concept, bien que les pièces réunies ici sont assez diversifiées, mais construites la plupart du temps autour d’un noyau dur fait d’un savant alliage de house, funk, rap, trap, r&b et pop. Les thématiques coulent d’une pièce à l’autre, le voyage, la fête et l’argent occupent le centre névralgique des textes, qui sont par ailleurs truffés de références et de pointes d’ironie. Des pièces pouvant rappeler Maroon-5, un autre verse rap emprunté à Madonna, amenant un côté électro et pop au rap que laissait déjà préfigurer des titres d’Alaclair Ensemble, notamment «Mon Cou», qui pastichait déjà la reine du pop et son phrasé saccadé. Ici, on pousse vraiment la dose jusqu’au niveau suivant, et même jusqu’à l’autre d’après, le post-post-rigodon étant une sorte d’enfant bâtard surdoué qui serait né de l’union entre le rap-queb et Rouge-FM. La seule raison pour laquelle l’enfant en question, on le trouve beau au final, c’est que les parents sont assez talentueux pour donner la cohérence, l’authenticité et la qualité à un projet aussi audacieux et risqué à la base. Les mélodies et les refrains risquent d’en faire sourciller plus d’un, advenant le cas où on en venait à prendre au pied de la lettre et au premier degré les compositions de Rednext Level, qui sont par ailleurs à peu près toujours caractérisées par un jeu d’ironie et de références pouvant rendre hommage et faire dommage aux sources d’inspirations. La simplicité apparente du produit cache pourtant un travail de confection et de création assez novateur et cohérent avec leur parcours.

Deux titres ont été révélés au public cet hiver, accompagnés de clips mémorables et créatifs, et c’est d’abord l’hyperactive et watatatowesque «Sri Lanka»,  infusée au dance et house des années 90 et bardée d’autotune, tout comme c’est d’ailleurs le cas de la majorité des onze titres réunis ici, qui a charmé les mélomanes en manques de sonorités estivales, au plus creux de l’hiver. Quelques semaines plus tard, ce fût au tour de ce qui est devenu entre temps le véritable hymne national de la classe moyenne, la géniale «40K», qui fait l’apologie d’un taxe-payeur, d’un costco-magasineur, d’un Ford-Escape-conducteur, d’un rapport-d’impôts-faiseur et d’un carnet-Desjardins-à-jour-metteur. La pièce, qui est à mon goût le titre le plus réussi, est aussi le porte-étendard du concept de l’album Argent Légal, axé de A à Z sur le contratste entre l’activité et le résultat, la lutte au quotidien et l’amour de la fête, la vie d’un quidam avec des rêves de jet privé, et finalement, le réalisme et la résilience qui vient avec le fait de rentrer dans les rangs, en quelque sorte, et adopter une activité mature et productrice en vue de s’assurer un confort matériel relativement modeste mais pourtant difficile d’accès pour un rapper voulant vivre de son art.

L’album a des visées commerciales évidentes mais n’a pas tout sacrifié à l’aune de son éventuel potentiel radiophonique, les titres gardant un caractère fort ludique, original, novateur, enjoué et vivant, qui manque souvent cruellement aux créations musicales de l’industrie culturelle qui occupent la majorité du temps d’antenne des radios commerciales. Deux habituels collaborateurs d’Ogden et Maybe viennent mettre l’épaule à la roue pour aider les gars, issus d’un milieu habituellement boudé par les radios commerciales, le hip hop, à pénétrer le coffre-fort des succès radiophoniques et entrer en rotation. Avec des refrains aussi accrocheurs et des mélodies estivales de ce type, si aucun de ces deux titres n’en vient à passer à la radio de manière assez soutenue, titres où apparaissent respectivement Claude Bégin et Karim Ouellet, deux chouchous des ondes ces dernières années, je ne sais pas comment les artistes de ce milieu pourront faire une percée dans le domaine grand public. Pour les deux collaborations, d’abord la très sucrée et funky «Faible pour toi» avec Claude Bégin au refrain et à la production, et ensuite, la mélancolique et mélodique «Partir» avec Karim Ouellet, les artistes ont concocté des refrains qui respectent les canons de la pop et se mémorisent à la vitesse de l’éclair pour rester bien incrustés dans les molles fibres du cerveau, même plusieurs heures ou jours plus tard, ce qui leur confère à mes yeux un potentiel radiophonique que j’aurais difficilement pu imaginer possible, en tous cas pas avec un tel aplomb, et tout autant compatible avec l’univers décalé et juvénile qui accompagne leur groupe Alaclair Ensemble depuis les tous débuts.

Argent Légal a parfois le défaut de ses qualités. Pour la plupart d’entre nous, les onze titres réunis ici sont très très sucrés, ce qui pourrait faire sourciller les plus réfractaires à la musique pop, dont j’ai longtemps fait partie. L’exploit réussi par Rednext Level, c’est de faire écouter et aimer une musique construite à la base sur du dance plutôt kitch et très 90s, à des gens qui n’auraient jamais osé imaginer qu’une musique de ce type aurait des chances de leur plaire. On succombe assez facilement aux charmes du groupe, mais l’expérience est assez contre-intuitive au début, surtout pour un mélomane aguerri qui écoute autant du grindcore que du free jazz. Le niveau de qualité ici est assez élevé pour justifier l’intérêt qui doit être porté à la galette pour bien l’apprécier. Celle-ci gagne sans contredit à être écoutée dans des écouteurs, sans quoi la production tonitruante de Tork et les références ludiques et brillantes mises sur la table par les deux MCs pourraient passer à côté de l’expérience et ôter la riche subtilité de leur bébé sucré. On se croirait souvent au beach-club de Pointe-Callumet ou dans les quartiers populaires de Laval, si on en restait au premier degré, mais le tout prend plus souvent des allures de caricatures pince-sans-rire de tout ce qui tombe dans leur mire. La pièce testament de l’album, «Tatouer» est un bon exemple de cette approche à la fois sérieuse et trollesque, avec sa faute d’orthographe (« le rap québécois, je l’ai tatouer »). Le résultat est une superbe pastiche d’une chanson qui aurait pu exister sérieusement, à quelques détails près, comme confession d’un rappeur-couleuvre.

La direction empruntée ici par Ogden et Maybe Watson pour ce projet parallèle est à des années lumières de celle préconisée par Eman et VLooper, lauréats hip hop à l’Adisq pour 2015, mais on peut facilement remonter à une source commune avec Alaclair Ensemble, dont les aspects constituants ont été hypertrophiés différemment par ces deux projets. Alors que les gars prévoient enregistrer un nouvel opus d’Alaclair Ensemble à l’automne, l’album Argent Légal semble pour eux un parfait mélange de 9-à-5 et de récréation, soit une très divertissante activité parallèle qui pourrait s’avérer lucrative. Le travail acharné et le plaisir coupable qui ont donné naissance à cet album très estival devraient permettre aux trois protagonistes de se payer des Ah! Caramel, des cannes de thon et de la Bud-light en masse, à condition que les gens osent les suivre dans cette aventure – et ils ont tout intérêt à le faire. Fake pas l’funk pis boude pas l’fun, prends une portion de ton salaire horaire et va chez le disquaire acheter ta copie pis payer tes taxes dessus, surtout que tu viens juste d’avoir ton retour d’impôts el gros.   

[ALBUM] Karim Ouellet – « Trente »

C’est en 2014, dans la foulée de son album Fox, que le chanteur de Québec Karim Ouellet a atteint la trentaine. Fidèle à son habitude de s’inspirer de sa vie pour composer ses pièces, il nous propose son troisième opus Trente abordant, entre autres, l’amour, la rupture et la trentaine. En entrevue récemment avec le magazine Elle Québec, Karim affirmait : «Je me satisfais de moins en moins de mon travail. Je veux toujours faire mieux. Selon moi, les chansons de Trente sont les meilleures que j’ai composées jusqu’à présent». Est-ce vrai ?

D’un point de vue strictement lyrique, Karim Ouellet nous offre son œuvre la plus réussie de sa discographie. Les thèmes abordés, les métaphores et la poésie des textes sont évoquants et parfois émouvants. Nous ressentons la peine, voire une interrogation profonde sur l’amour en général, de sa plus récente rupture sur Cœur gros. Paradoxalement, sur Cœur de pierre, le chanteur espère qu’une fille « brisera son cœur de pierre » tout en s’aventurant par la suite sur un récit sexuel.

Malgré la force des textes, le mélange de genre et quelques prouesses audacieuses de la réalisation de Claude Bégin peuvent parfois être agressants. En effet, le mois dernier, les quelques centaines de spectateurs des spectacles Karim Symphonique présentés à Laval et Québec en collaboration avec Alain Trudel et l’Orchestre Symphonique de Québec ont pu entendre quelques pièces de Trente, interprétées de façon intime et pratiquement acoustique. Nous pouvions entendre la musique et les paroles d’une façon très simple (voix + guitare). Avec la réalisation de Trente, nous perdons parfois cette simplicité qui était présente sur Fox. L’émotion véhiculée des textes est parfois perdue dans une réalisation et des effets trop présents. Le meilleur exemple est probablement la pièce La mer à boire. La distorsion (?) de la voix de Karim Ouellet et les rythmes électroniques viennent nous éloigner de ce que nous avions vécu lors des deux spectacles symphoniques.

Outre cela, Karim Ouellet assume cette tournure électronique, parfois même reggae, visiblement inspirée de son complice King Abid, qui risque d’apporter un effet rafraîchissant à la version concert de cet album. Parlant de concert, les habitués des spectacles de Ouellet souriront au début de la magnifique comptine Il était une fois. Je n’en dirai pas plus, mais cette pièce plaira certainement aux amateurs du premier album du chanteur.

En résumé, pièce par pièce…

Prélude : Ouverture calme et tout en douceur avec les imperfections volontaires de la guitare pour nous ramener à la simplicité de la musique de Ouellet. Cette chanson aurait pu facilement être sur Fox, elle est dans le même esprit que son deuxième opus.

Oh ! Non : Magnifique chanson, qui risque fort d’être un des prochains simples de l’album. La mélodie reste ancrée en nous longtemps, avec la petite chorale en arrière-plan. Je vois déjà Karim se dandiner devant son pied de micro, guitare à la main et sourire aux lèvres en fredonnant le refrain.

Cœur gros : Cette pièce est très émotive dans ses textes, mais le produit fini peut laisser perplexe. Les répétitions des textes et la réalisation sont peut-être un peu grosses, mais il sera difficile de ne pas apprécier cette chanson quand même, car la voix de Karim est très juste et les textes sont magnifiques.

Il était une fois : Cette comptine est très agréable à l’écoute et nous présente un Karim Ouellet seul avec sa guitare nous récitant un poème de son cru et philosophant un peu sur la vie et sur les rêves. Les accords de guitare sont doux et en harmonie avec la voix du chanteur.

La mer à boire : Pièce rythmée et forte de l’album. C’est sans contredit la plus électronique du lot. Malgré le fait que je la considère trop complexe dans les arrangements et beaucoup trop grande dans la réalisation, j’ai bien hâte de voir quelles versions le chanteur choisira en concert. La version acoustique ? La version de l’album ? Un hybride entre les deux ? Je pencherais pour la dernière option, car elle a un potentiel monstre, cette Mer à boire.

Karim et le loup : Premier simple paru il y a quelques mois. Suivant le thème du renard de Fox, un animal se devait d’être présent dans Trente. C’est le loup qui est privilégié cette fois. Le mélange d’une chanson plutôt traditionnelle du registre de Karim et d’une chorale nous donne un petit bijou. Le refrain est un vers d’oreille sans fin.

Dans la nuit qui tombe : Nous avons ici une pièce qui plaira certainement aux amateurs de Fox. Nous sommes dans le même registre que le précédent album. La mélodie répétitive peut être agaçante par contre après quelques écoutes…

Trente : Pièce titre de l’album abordant évidemment le thème de la trentaine. Le chanteur ne voit pas cela d’un œil négatif du tout, mais plutôt comme une brève rétrospective de sa vie, et il y aborde son sujet préféré : l’amour. En prime, voici une version acoustique présentée par Ici Musique où on le voit dans son nouveau costume qui semble le suivre dans toute la promo de cet album. Est-ce le futur du masque de renard?

La course : Bonjour King Abid! Une pièce reggae très agréable qui nous rappelle que l’été approche à grands pas.

Cœur de pierre : Karim s’aventure dans un récit sensuel entre un homme et une femme qui s’aiment et qui vont faire tomber les inhibitions. Le refrain est très accrocheur et rempli d’espoir et de joie.

Les roses : Nous avons ici la pièce la plus dansante de l’album qui nous laisse sur une note bien joyeuse en fin d’album.

En conclusion, ce troisième opus de Karim Ouellet intitulé Trente comprend des petits bijoux qui se grefferont très bien à sa discographie. C’est encore une fois très réussi pour le chanteur qui risque de tourner beaucoup dans les prochains mois. Karim Ouellet s’aventure sur un terrain beaucoup plus rythmé et dansant qu’il nous a habitués au préalable. Il sera très intéressant de voir le résultat sur scène! D’ailleurs, seulement une date figure au calendrier du chanteur : le 17 juin prochain au Métropolis de Montréal dans le cadre des Francofolies avec son complice Claude Bégin.

 

[SPECTACLE] Claude Bégin de passage à Trois-Rivières le 15 octobre 2015

12170646_10153181783560950_1635266622_nDepuis la sortie de la programmation de la Maison de la culture de Trois-Rivières, j’ai mis le spectacle de Claude Bégin dans mon agenda. L’ayant vu dans les spectacles avec Alaclair ensemble, je pensais savoir à quoi m’attendre. Quelle surprise j’ai eue en me rendant compte que je me suis totalement trompé.

Dans la petite salle Louis-Philippe-Poisson, jeunes et moins jeunes étaient bien assis devant Claude et ses musiciens, dont faisait partie Karim Ouellet à la guitare et Élise Bégin, sa sœur, au clavier et au chant. Après une grande introduction instrumentale, Claude est arrivé sur scène, tout heureux et souriant d’être là. « Ça commence petit et bien » dit-il, puisque c’est sa première fois à Trois-Rivières. Visiblement, peu de gens connaissaient ses chansons, mais tous avaient le sourire et étaient attentifs comme j’ai rarement vu.

 

La première chanson qu’il a faite, Des cœurs par la tête, a mis la place pour un spectacle rempli d’amour et de chaleur. On a eu droit à un Claude Bégin qui a pris sa place sur scène, qui a mis de l’avant ses musiciens, tout en enlevant des pelures de vêtements (veston et tuque) au fur et à mesure que le spectacle avançait et que la salle se réchauffait.

En plus des pièces de son album Les magiciens, on a eu droit à Calinours et Montagnes russes de Alaclair ensemble ainsi que sa reprise, fait pour Pop the jam, de Les chinois, de Mitsou.

En plein milieu du spectacle, on a eu droit à quelques chansons acoustiques où Claude et ses musiciens étaient rassemblés autour de deux micros. Karim Ouellet a même fait sa chanson MariJo, avec le public qui faisait les harmonies vocales.

12166736_10153181783565950_1123065566_nJe dois vous avouer que j’ai été plus que ravie d’assister à ce beau moment et il compte parmi les spectacles les plus diversifiés, complet et bien construit que j’ai vu depuis des mois.

12167611_10153181783570950_865173122_n 12165766_10153181783550950_1484753504_n

 

[FESTIVAL] Une virée au bout du monde

Les gentils organisateurs du Festival de musique du bout du monde nous ont invités à passer la fin de semaine dernière chez eux, à Gaspé. Ça tombe bien, nous disons-nous, on fait justement une tournée des festivals qui nous mène d’un bout à l’autre du Québec (et d’ailleurs!). C’est donc avec un grand plaisir que nous acceptons l’invitation.

Fred Péloquin
Fred Péloquin

Faut dire que le haut de l’affiche était tentant : Karim Ouellet, Alex Nevsky, Loco Locass, Betty Bonifassi, Angélique Kidjo et Marie-Pierre Arthur, ça promettait déjà! Ajoutez un paquet d’artistes émergents et vous avez déjà un événement hors du commun. Mais le coup de grâce, c’était l’annonce du spectacle de Martha Wainwright, à l’aube, au cap Bon-Ami du parc Forillon. J’avais déjà entendu parler de ces prestations uniques (Jorane et Florent Vollant sont passés par là avant Martha) et tout le monde qui a déjà vécu l’expérience m’a dit qu’il fallait que je le vive au moins une fois moi aussi.

J’ai cru tout ce beau monde sur parole et je me suis tapé un voyage de 12 heures en autocar, destination Gaspé.

On continue le tout à la page suivante!

[FESTIVAL] Le bout du monde, c’est ce week-end!

Tournee

FMBDMCe week-end, pendant que les jeunes cools et branchés iront se faire bouffer par les moustiques à Béthanie, je vais de mon côté à Gaspé où se déroulera le Festival Musique du bout du monde du 5 au 9 août prochain. Un cadre enchanteur, une organisation remplie de passionnés et une programmation riche et variée qui vise à transmettre aux citoyens de la Gaspésie et aux visiteurs une belle curiosité et une ouverture sur le monde digne d’une ville située sur le bord de la mer. Tout pour me plaire.

Pour vous mettre l’eau à la bouche (il reste des laissez-passer si vous voulez descendre!), voici notre plan de couverture pour le week-end. Nos seuls regrets : manquer Dumas mercredi et Marie-Pierre Arthur dimanche (une chance qu’on vient de la voir, mais on sait qu’en Gaspésie, elle s’éclate toujours très fort).

Jeudi 6 août

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Alex Nevsky

Comment passer à côté de la soirée des beaux jeunes hommes? Claude Bégin, Karim Ouellet et Alex Nevsky à tour de rôle? Oui, on les a vus tous les trois très récemment, mais Ouellet et Nevsky donnent toujours un bon show. Et Bégin? Mettons que je l’aime un peu plus que d’autres membres de l’équipe, peut-être trouvera-t-il grâce à mes yeux. Est-ce que le feu sera là?

En fin de soirée, on se laissera très probablement tenter par Le Winston Band, qui offre un sympathique mélange de cajun, de country et de bluegrass. Dans mes cordes, tu dis?

Vendredi 7 août

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Pierre Kwenders

On ira jeter un coup d’oeil au spectacle des Andino Suns, un espèce de croisement entre la musique traditionnelle des Andes et le folk-rock de l’Ouest canadien. On va ensuite voir la Kermesse du bout du monde, une fête foraine avec des diseurs de bonne aventure et des jongleurs de couteaux. Belle façon de se préparer pour le duo de choc Pierre Kwenders-Loco Locass. Après avoir vu Kwenders plusieurs fois cet été, on peut vous dire sans nous tromper qu’il s’agit d’un incontournable du festival. Quant à Loco Locass, le rap festif et engagé des trois gars devrait faire sautiller la foule à la grande scène. On va terminer la soirée avec un groupe de Québec, imaginez-vous donc : Raton Lover. On les rate toujours à la maison, on va profiter de l’occasion pour aller les voir.

Samedi 8 août

Les Deuxluxes - Photo : ecoutedonc.ca
Les Deuxluxes – Photo : ecoutedonc.ca

Vous savez ce qu’on va faire, samedi? On va se promener dans le centre-ville de Gaspé, d’une activité à l’autre, pis on va déguster. Ça va être la fête! La seule certitude, c’est Joseph Edgar en fin d’après-midi, parce qu’on aime bien le sympathique Acadien et ses histoires bien racontées. En soirée, on va célébrer deux grandes dames : Betty Bonifassi (ça avait été tout un show au FEQ) et Angélique Kidjo (une autre légende!). On aurait bien aimé ça terminer la soirée avec Steady Swagger ou Dylan Perron et elixir de gumbo, mais on a besoin de notre traitement deuxluxe et on va aller se faire brasser la cage avec Les Deuxluxes. Nul doute qu’il va faire très chaud au Brise-Bise.

Dimanche 9 août

On va se lever très tôt (en fait, je crois qu’on ne se couchera tout simplement pas) et se diriger vers le Cap Bon-Ami où nous aurons la chance de voir le soleil se lever sur le majestueux golfe St-Laurent pendant que Martha Wainwright chante ses plus belles chansons. Le spectacle est à guichets fermés depuis au moins une semaine, on ne se gênera pas pour vous montrer ce que vous aurez manqué.

Le reste de la journée dépend malheureusement de notre retour vers Québec. Mais si on reste encore un peu, on va profiter encore une fois de l’animation dans les rues de Gaspé.

Le festival Musique du bout du monde s’annonce très prometteur et l’hospitalité des Gaspésiens n’est plus à prouver. On a bien hâte d’aller voir ça. À jeudi!

[LE FESTIF] Photos du 23 juillet

Oh, on a tellement de beaux souvenirs à vous montrer qu’on a finalement décidé de les séparer en plus d’une galerie (une galerie par jour). Pour vous, voici notre galerie photos du 23 juillet.

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[OSHEAGA] Plus de détails sur STARS et Karim Ouellet

Oshe et Aga, les deux mascottes du festival
Oshe et Aga, les deux mascottes du festival

Aujourd’hui, en plus d’annoncer que le festival affiche complet, evenko en a profité pour donner plus de détails sur la carte blanche remise à Karim Ouellet ainsi que sur les invités qui seront avec Stars sur scène. Rappelons qu’après l’annulation de Stromae, l’organisation a sorti les gros canons avec la présence de Stars interprétant en intégralité un de leur plus grand album, soit Set Yourself On Fire. 

Les invités du groupe, selon la Gazette de Montréal, seront Kevin Drew, du collectif Broken Social Scene, Patrick Watson, Of Monsters and Men, Murray Lightburn du groupe The Dears, Andrew Barr (la moitié des Barr Brothers) ainsi que Bahamas. Aux instruments, notons l’ajout de Marika Anthony-Shawet et Erik Hove, qui ont tout deux participé à l’album. Plusieurs pièces de Set Yourself n’ont pas été interprétés depuis un quelques années, il sera très intéressant de voir le groupe se lancer dans une aventure aussi unique. Je vous conseille, pour en savoir plus, cette super entrevue réalisée par Erik Leijon sur le site web de la Gazette. Ce concert unique sera sur la scène de la Montagne le vendredi 31 juillet à 18h25.

Karim Ouellet - Photo : Jacques Boivin
Karim Ouellet – Photo : Jacques Boivin

En ce qui concerne la carte blanche de Karim Ouellet, un communiqué de la part d’Osheaga annonce qu’Ariane Moffat, Claude Bégin, Loud Lary Ajust, Sarahmée, King Abid et Kandle seront tous sur scène avec le chanteur. Cette nouvelle survient seulement quelques jours après le concert surprise du chanteur de Québec au Festif! de Baie-St-Paul. Il sera super intéressant de voir tous ces invités sur une même scène avec le chanteur. Nous lui avons d’ailleurs parlé la semaine dernière. Le concert, unique en son genre aussi, sera présenté le samedi 1er août à 14h00 sur la scène Verte.

Nous serons du festival cette année pour une couverture complète! Suivez-nous sur les réseaux sociaux et sur le blogue pour des comptes-rendus détaillés ainsi que quelques entrevues.

[SPECTACLE] Le Noël du campeur au SPOT

Le Noël du campeur

Alaclair Ensemble
On connait tous cette tradition typiquement québécoise du Noël du campeur. Le SPOT a eu la merveilleuse idée d’en faire la thématique de ce deuxième spectacle officiel de l’été en ce 25 juillet. Seront présents dès 17h, un DJ set par le Pantoum suivi de Gab Paquet, Caltâr-bateau et Alaclair Ensemble, ça sonne comme la parfaite soirée.

Gab Paquet

Gab PaquetC’est au son de la pièce « Soucoupes volantes » que je me suis laissée entraîner à l’intérieur de ce magnifique lieu quelques minutes passées 19h. Malheureusement, les gens étaient encore en train de souper et/ou « chiller » dans le carré de sable du SPOT, laissant donc l’avant scène peu garnie pour le majestueux Gab Paquet. Ce dernier ainsi que son groupe, vêtus pour l’occasion de rouge, ont enchainé leurs plus grands succès pour le bonheur des fans présents. On n’en n’est pas à notre première expérience ici: on a déjà vu un spectacle où les gens embarquaient plus ! Gab Paquet s’est même assis sur le bord de la scène afin d’interpeller l’assistance qui était très distante. Ça a fonctionné ! À cet instant précis on sentait que le groupe était plus motivé à continuer leur beau travail ! Gab Paquet est descendu dans la foule pour interpréter « Fais l’amour avec moi » et ça s’est terminé par la pièce thème du « Noël sous les lasers ». Une performance très agréable certes, mais il manquait un peu d’enthousiasme de la part du public.

Caltâr-Bateau

Caltâr-BateauJe dois avouer que je ne connaissais pas Caltâr-Bateau avant ce soir et j’ai adoré ! Ils étaient au Festif hier comme l’a aussi mentionné le bassiste pour expliquer leur fatigue. Par contre, je n’ai pas du tout été témoin de cette dernière ! J’ai adoré l’énergie du groupe qualifiée de « rock-tourtière » et les agencements de voix étaient absolument parfaits. Le SPOT nous avait gardé une autre belle surprise lors de cette prestation en plus des décorations sur le site: de la neige artificielle s’est mise à tomber ! Cette dernière nous a accompagnée pour le reste de la soirée. C’était magique et magnifique ! Il est certain dans mon cas que je vais suivre ce groupe que j’ai bien aimé. Une mention spéciale à la violoncelliste Eugénie qui avait beaucoup trop l’air d’avoir du plaisir sur scène et c’était beau à voir !

Alaclair Ensemble

Alaclair Ensemble - Maybe WatsonC’était maintenant au tour des très connus Alaclair Ensemble. Ceux-ci ont certainement leur public ici à Québec puisqu’il m’était rendu impossible d’aller à l’avant dès la première pièce ! Toujours avec le même entrain, la même fougue et ce pouvoir de faire lever l’assistance, ils ont fait de cette soirée une magnifique réussite. Une excellent sélection des titres a été faite, passant par l’hymne du bas-canada, la pièce « mon cou » et « St-roch », un choix qui en a satisfait plus d’un ! Ils se sont promenés dans la foule avec une caméra en faisant le train au son de la pièce « Mammifères » pour ensuite faire assoir l’assistance pour « Capoté ». Le monde s’est par la suite levé avec entrain tous en même temps pour le refrain, un magnifique moment au SPOT !

À ne pas oublier que non seulement le DJ set par le Pantoum se déroulait officiellement entre 17h et 19h, il a aussi assuré l’ambiance entre les groupes d’une main de maître avec des pièces de Noël judicieusement sélectionnées !

La soirée s’est terminée dans la folie, la neige et des sourires affichés dans tous les visages. La clientèle du SPOT continue d’être aussi diversifiée et curieuse, vraiment une magnifique initiative des étudiants de l’école d’architecture ! Le prochain spectacle est pour le 15 août, mais gageons qu’on risque de s’y rendre avant, vu les activités toujours intéressantes qui s’ajoutent chaque semaine à la programmation!

Alaclair Ensemble