Paupière, Mon Doux Saigneur, Zagata et Simon Kearney – Le Cercle, 14 septembre 2017

Photos : Ève Méquignon

Ouf, ça en fait du monde qui passe sur une scène! Pour le lancement de leur premier album, Mon Doux Saigneur a décidé de s’organiser un mini festival au Cercle en cette chaude soirée de septembre. La soirée était belle, le monde était content, les groupes étaient en feu, on a donc tous passé un très beau moment.

 

Simon Kearney

Le rock de Simon est sincère, sans détour et puissant. Il est à base de solides compositions supportées par une brochette de bons musiciens et assaisonné par une belle présence scénique. Laissez le tout mijoter et savourez sans modération. En effet, les musiciens savent très bien se débrouiller, en particulier le sujet principal du groupe, qui livre des solos de guitare agiles et bien sentis. Il a présenté des mélodies accrocheuses tout au long de son (court) moment sur scène qui ont réuni, en chantant et en tapant des mains, le public sans cesse grandissant. Du rock, il y en a beaucoup à Québec, mais peu de groupes arrivent à la qualité que Simon et sa bande proposent. Le trio guitare, basse et batterie a bien réchauffé la foule pour le début de cette belle soirée.

 

Zagata

Ce groupe, c’est le projet de Jesse Proteau (oui, oui, le frère de Joey). D’ailleur, Joey (Ego Death de son petit nom) participe à son projet comme guitariste. Zagata propose une musique très pop où les beaux synthés de Marie-Pierre Bellefeuille apportent une petite touche rétro années 80 au groupe. Les musiciens sont tous très bons, ils exécutent à la perfection leur rôle et Jesse prend celui de rock star très au sérieux. Leur musique détonnait cependant lors de cette soirée. Elle m’a semblé un peu superficielle, vide de contenu artistique. Les textes sont très pauvres: ils décrivent souvent la vie urbaine avec des histoires d’amours qui ne fonctionnent pas ou des histoires de boîtes de nuit. Ce groupe n’avait pas vraiment sa place juste avant Mon Doux Saigneur, on les aurait beaucoup plus appréciés au Show de la Rentrée (la veille) ou dans une soirée dansante au District. C’est une pop rassembleuse et commerciale qui divertit plus qu’elle satisfait notre appétit de mélomane.

 

Mon Doux Saigneur

L’anticipation était palpable. Je pensais qu’on serait une poignée d’adeptes à boire leur musique lors de la soirée, mais finalement, c’est devant un Cercle bien rempli que la formation Mon Doux Saigneur a débuté le spectacle de lancement de leur premier album. Leur musique est sincèrement délicieuse, elle vient chercher exactement ce dont on a besoin, parfois en nous réconfortant et parfois en nous faisant danser. Ce rock franco comme on l’aime a une petite touche folk grâce au lapsteel, manié d’une main de maître par David Marchand. Les gars ont vraiment l’air doux avec leurs barbes, les petites lunettes du bassiste Étienne Dupré, leurs bières sans gluten. On pourrait qualifier cet indie-rock de «rock sans gluten» (aucunement péjoratif). On a eu droit a de belles balades qui évidement, se sont fait couvrir par les discussions trop fortes du Cercle (maudit…). Le groupe nous a remerciés plusieurs fois pour notre écoute, alors que le public ne le méritait vraiment pas. Merci à cette très belle formation d’être passée par Québec nous livrer leur album (procurez-vous le maintenant!) ainsi qu’un spectacle flamboyant.

 

Paupière

Peut-être que c’était une erreur de placement des groupes, peut-être que quatre groupes pour un jeudi soir à Québec, c’est un peu ambitieux, mais la salle s’est drôlement vidée avant Paupière. C’est dépassé minuit que le trio électro-pop a foulé les planches un peu fatiguées de cette soirée. L’heure tardive et le manque d’énergie de la foule n’a pas empêché le groupe de livrer une performance énergique, mais quand même marquée par quelques moments de découragement dû au caractère passif des auditeurs. Vers la moitié du spectacle, deux des musiciens ont ensevelit une des chanteuses sous une montagne de gros rubans roses, ce qui a ajouté un caractère un peu excentrique à leur prestation. Avec les synthés et les séquences, Paupière a présenté une synth-pop très actuelle avec un son 80’s tant à la mode ces temps-ci. C’était tout de même un bon spectacle, bien que je suis convaincu que la formation soit capable de beaucoup plus.

 

[SPECTACLE] KROY (+ Ego Death), L’Anti Bar et spectacles, 29 septembre 2016

Photos : Loredana Beauchamp

Si on se fie à la foule massée près de la petite scène de L’Anti Bar et spectacles jeudi dernier, la visite de KROY, alias Camille Poliquin, était fort attendue. La jeune femme vient tout juste de lancer un joli premier album intitulé Scavenger, une proposition promise à un bel avenir autant ici qu’à l’étranger.

Accompagnée de deux musiciens, Poliquin s’installe derrière sa quincaillerie, qu’elle ne quittera qu’à la fin du concert. La bande est entourée de petits poteaux qui forment ensemble un système d’éclairage sophistiqué tout en conservant un caractère intimiste. Pas besoin de plus, nous sommes là pour écouter. De toute façon, c’est pas comme si Camille allait se mettre à faire des chorégraphies à la Beyoncé.

Dès les premières notes de Hull, qui commence également l’album, les spectateurs se taisent et ouvrent grands leurs yeux et leurs oreilles. Sur Bones, on commence à taper joyeusement du pied. Sur scène, le trio prend son pied, Poliquin chante ses airs tristes avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles.

KROY - Photo : Loredana Beauchamp
KROY – Photo : Loredana Beauchamp

Toutes les fois que j’ai croisé Poliquin (avec KROY, Milk and Bone et autres), j’ai eu la même réflexion : Quelle voix! Douce, cristalline, juste, une voix de petite fille qui raconte des histoires un brin macabres. Et sur Stay, Poliquin réussit sur scène à faire ce qu’elle fait si bien sur disque : nous faire planer et nous préparer à la très trip-hop Days et son groove langoureux.

Poliquin glisse quelques mots çà et là entre les chansons avec une chaleur qui détonne avec la froideur de la musique. Elle nous présente ses musiciens (Guillaume Guilbault, fidèle au poste aux claviers, et Charles Blondeau, véritable métronome à la batterie), avec qui elle a déjà beaucoup de plaisir (nous n’en sommes qu’au deuxième concert de ce cycle, après tout).

Fallait s’y attendre, KROY n’a pas une grosse discographie et après près d’une heure, tout était déjà terminé. On en aurait tellement pris davantage! On se reprendra à son retour. Et en attendant, on pourra se rabattre sur la venue de Milk and Bone au Cercle en décembre prochain.

Scavenger est disponible dès maintenant sur vos plateformes et chez vos disquaires préférés.

Ego Death

Quelle belle idée que de programmer Joey Proteau (et frangin Jesse, dont on va vous parler très bientôt) et son projet Ego Death avant KROY! À première vue, on aurait pu croire que le folk très intimiste d’Ego Death s’éloignerait trop de la pop électro de KROY, mais non, au contraire, ce sont deux univers qui se sont complétés à merveille.

Les voix douces des deux frères Proteau créent ensemble de magnifiques harmonies accompagnées de guitares totalement au service des mots. On n’a qu’une envie : écouter ce que Proteau a à dire et souhaiter une suite à Grief, un EP aussi court qu’excellent (vous comprendrez que je le trouve trop court). Ce fut sûrement une belle découverte pour plusieurs.

[SPECTACLE] La fête avec Maude Audet, Orkestar Kriminal et Bateau Noir à L’Anti le 29 avril 2016

Soyons clairs: vous avez tous raté une belle soirée vendredi dernier. Ça sentait le beau temps, c’était la fête de Dare to Care Records et le Festival Sainte Cécile était en visite à Québec. Je sais bien que Charlotte Cardin, Pandaléon et Yann Perreau faisaient danser l’Impérial pendant que Les Goules détruisaient Le Cercle, mais ça ne veut pas dire qu’il  fallait s’y précipiter comme des poules sans tête ! Non non non ! Fallait aller goûter différent et sortir de la masse pour écouter le cadeau de Dare to care : trois excellents groupes de Montréal venus expressément pour nous. J’ai osé et je tiens à réécouter cette chaleureuse Maude, ces joyeux Orkestar Kriminal et ce Bateau noir en métal hallucinogène.

Maude Audet

Maude AudetLa salle n’était pas encore à sa pleine capacité, Maude nous a présenté ces nouvelles compositions avec enthousiasme, accompagnée de son talentueux groupe. Ce dernier étant d’ailleurs composé de l’excellent Mat Vezio aux percussions et du productif Navet Confit à la basse (en passant, il vient tout juste de sortir un EP !). Une magnifique allure, une voix berçante et des paroles bien choisies. Tout pour nous rappeler les fois où nous avons dansé un slow collé dans le sous-sol des parents. La description de « chansons lo-fi, romantico-mélancolique » lui sied alors très bien, effectivement. On adore définitivement cette Maude Audet !

Orkestar Kriminal

Orkestar KriminalUne dizaine d’instruments, sept musiciens et une chanteuse dont le corps bougeait autant que le flux de musique qu’ont pouvait entendre. Cette voix unique, le plaisir palpable sur la scène, le chant mélancolique de la scie musicale et la puissance de l’orchestre nous transportaient littéralement dans une autre époque. Et ce aussi grâce à ces classiques grecs, mexicains, marocains et yiddish revisités. C’était un peu comme si plusieurs décennies de personnes nous entraînaient par les bras et les jambes et nous forçaient à danser ! Personnellement de mon côté j’avais aussi l’impression de me retrouver directement dans un film d’Emir Kusturica, « La vie est un miracle » comme il dirait !

Bateau noir

Bateau NoirIl y a eu un léger changement d’horaire, Les guerres d’l’amour ont été remplacés par Bateau Noir quelques jours avant l’évènement.  Ceci n’enlevait rien à cette magnifique soirée; d’autant plus que nous avions raté leur dernière présence dans la ville. Et cette performance était comment dire… Certains groupes ont parfois un son qui à le don de vous faire décrocher de la réalité pour quelques instants. Dans ce cas-ci, pas besoin de paroles, seulement de voir la passion du bassiste, le dynamisme entre les membres et d’entendre ce post-rock envoûtant, vous laisse perplexe face aux détails inutiles de la vie. Philosophique vous direz ? Oui, absolument et très planant !

Quoi de mieux maintenant pour accompagner ces mots ? Et bien voilà quelques photos !

Texte: Ismael Moreau et Marion Desjardins  –  Photos: Llamaryon/ Marion Desjardins

[ENTREVUE] KROY

Camille Poliquin n’a définitivement pas chômé ces dernières années. Plus d’une décennie après avoir été choisie pour interpréter le rôle de Zoé dans la production Quidam du Cirque du Soleil, l’artiste dans la jeune vingtaine multiplie les expériences musicales. En plus d’avoir collaboré aux projets de Jason Bajada, David Giguère et Elliot Maginot à titre de choriste et de mener de front, avec sa complice Laurence Lafond-Beaulne, le duo Milk & Bone, Camille prépare actuellement son premier album solo sous le nom de KROY. Une musique directement extraite de son âme.

Quelques minutes après sa sortie de scène, à l’occasion d’une vitrine à la 29e Bourse Rideau, Camille s’est assise avec moi pour jaser de musique, de son amour infini pour le noir et de ses moments plus sombres. Hyper généreuse, elle a levé le voile sur quelques détails entourant la création du premier opus complet de KROY. Une rencontre sans filtre, ponctuée de fous rires, où on parle de choses qui font pleurer.

KROYBien installées dans le fauteuil rouge du sous-sol du Cercle, on parle d’abord de façon informelle. Je lui laisse quelques instants pour décompresser. Décontractée, souriante et visiblement satisfaite de son expérience à Rideau, elle souligne l’excellente qualité du son dans la salle. Sur scène, elle est entourée des musiciens Guillaume Guilbault et Maxime Gosselin. «Mon premier spectacle que j’ai fait à vie avec ces gars-là, c’était il y a plus d’un an je pense, au cabaret du Lion d’Or. C’était des versions toutes nues de ces chansons-là», se remémore-t-elle. Malgré les conditions routières exécrables, elle doit retourner à Montréal tout de suite après notre entretien, car Laurence et elle s’envolent vers New York pour faire la promotion de la tournée de Milk & Bone aux États-Unis. «J’aimerais tellement ça rester! J’ai croisé plein d’amis, mais j’ai un vol demain à huit heures du matin. I have to go», mentionne-t-elle avec un peu de déception dans la voix.

La genèse

D’emblée, je la questionne sur la naissance de KROY. «C’est l’aboutissement de ce que j’écris depuis un peu toujours. C’est mon projet super personnel», explique-t-elle. Camille affirme toutefois avoir nommé son projet en 2012. «Je m’en rappelle parce que ma page Facebook me le dit (rires).» Pourquoi ce mystérieux pseudonyme? L’auteure-compositrice-interprète raconte qu’il résulte de plusieurs essais, sans véritable signification particulière. «Il vient de nulle part. J’aimais beaucoup les mots à quatre lettres. Je suis restée avec KROY parce que je trouvais que c’était le plus gender neutral. Quand tu vois le nom, tu ne sais pas trop ça va être quoi. Je le trouvais aussi assez agressif dans sa nature avec le ‘’KR’’. J’aimais ça, ça. Il y a plein d’évocations auxquelles j’ai pensé par la suite : que ça ressemble à crow comme une corneille, ça ressemble un peu à cry, mais pas trop.»

KROYCamille me parle ensuite du son de KROY, qu’elle qualifie de «synth-pop un peu dark». Cette identité musicale, elle l’a forgée en travaillant avec son ami montréalais Marc Bell sur son EP Birthday, paru à l’été 2014. Pour l’album en chantier, on peut s’attendre à une évolution sans dénaturation des sonorités. «Il y a encore beaucoup de synths, mais vraiment plus analogues, plus organiques. Il y a un peu de Vampire Weekend, Youth Lagoon, Portishead. […] Un peu de Beach House dans la sonorité des synthétiseurs. Des choses que j’écoute beaucoup et je pense qu’elles ont un peu transparu là-dedans, tout en évoquant l’esprit du premier EP. Je pense que le son a pas mal maturé», confie-t-elle. River et Monstrosity, deux chansons que l’on retrouve sur le EP, seront d’ailleurs revisitées sur cet opus.

Le premier bébé

L’album sortira quelque part à l’automne 2016. Quelques jours après notre entrevue, Camille retournait en studio pour peaufiner le tout et enregistrer les voix finales. «Toutes les chansons ont une structure de faite déjà. Il y a des chansons qu’on a retravaillées le mois dernier, mais, pour la majorité, on a arrêté le chantier il y a peut-être cinq mois. On a eu l’opportunité de les écouter et moi de savoir ce qui me gosse (rires).»

Initialement prévue plus tôt, la sortie de l’opus a été repoussée en raison de la signature de KROY avec la maison de disques Dare To Care Records et les horaires chargés de la musicienne et de ses gars de studio. «Ça a pris plus de temps qu’on pensait. Mais, je suis super contente parce que ça me donne l’opportunité de prendre un step back et de réaliser que je l’aime encore l’album, encore plus maintenant qu’avant. Je suis vraiment contente du fait que ça vieillisse bien pour moi et j’ai l’impression que ça va peut-être le faire aussi pour les gens.»

KROYLes sentiments tristes ont, encore une fois, inspiré l’auteure-compositrice-interprète à créer. Lequel domine sur l’album? «La douleur, la haine (rires)! Non, ce n’est pas vrai. C’est en majorité une étape de ma vie qui a duré pendant des années et cet album-là a résulté un peu de ça. Il y a peut-être quelques chansons qui sont ailleurs. Je ne pourrais pas te donner un sentiment qui domine, c’est plein d’affaires. Je pense que c’est tout ça qui fait qu’on est tellement mélangé qu’on a besoin d’essayer d’en dire quelque chose, qu’il résulte quelque chose de ce genre de pêle-mêle d’émotions (silence). Genre, une relation si je peux dire…»

Ses lignes favorites sur l’album? «On dirait que c’est une question que j’ai rêvé qu’on me pose! Mais, c’est bizarre venant de moi. J’aurais envie que quelqu’un me dise : ma phrase préférée de toi, c’est ça», pense-t-elle tout haut. Après une longue période de réflexion, elle tranche : «Une phrase que j’aime beaucoup, ça dit : Where there were ink on my fingers, now there’s blood on my hands.» On pourra entendre ces paroles, laissant libre cours à l’interprétation, à l’écoute de la chanson Bones.

Le paradoxe

En discutant avec Camille, je me rends vite compte du contraste qui existe entre les textes qu’elle livre sur scène et ce qu’elle dégage en personne. La mélancolie de sa poésie semble cohabiter harmonieusement avec sa personnalité lumineuse et son rire contagieux. J’aborde la question : est-ce que c’est par la musique que tu canalises tes parts d’ombre? «La réponse est oui! Je pense qu’avec les gens, je peux être quelqu’un de très enjoué, de bonne humeur. Je pense que dans la vie, j’ai ça comme énergie. Mais, je n’ai jamais écrit une toune contente (rires). Même si ça sonne un peu plus joyeux dans la mélodie, il reste que, si on lit le message qui est en arrière, il y a soit une déception, soit quelque chose qui est dit un petit peu dans l’ironie. C’était la balance que j’avais besoin dans ma vie je pense, d’avoir ce projet-là sur le côté et de savoir qu’il y a ça qui me permet de vivre ce côté sombre de moi.»

KROYLorsque je demande à Camille qu’est-ce que KROY lui apporte que ses autres projets musicaux ne peuvent combler, je saisis que ses compositions sont à son âme, ce que l’air est à ses poumons. «Ce projet-là, c’est vraiment mon core. Peut importe ce qui se passe dans ma vie, s’il y avait quelque chose qui avait à rester, ça aurait pas le choix d’être ça. Le fait d’écrire et de créer ces chansons-là et de faire un son qui me ressemble tellement et qui me procure autant de satisfaction, c’est quelque chose qui, pour moi, est essentiel. C’est pas un choix, c’est des chansons que j’ai besoin d’écrire», exprime l’artiste avec sincérité. «De me permettre de les faire devant les gens, de les montrer aux gens, ça c’est tellement un plus exceptionnel», ajoute-t-elle les yeux brillants.

L’inspiration

Ce qui me fascine le plus dans la musique, c’est la rapidité avec laquelle les artistes composent une chanson. «Souvent, je l’écris en trois minutes et demie», lance Camille. Alors que je n’en reviens tout simplement pas, elle m’explique son processus d’écriture. «J’arrive au piano, il y a quelque chose qui roule dans ma tête et il faut que je m’installe. Ça prend deux minutes pour que je me place dans la tonalité, puis ça arrive. Sinon, j’ai souvent besoin d’écrire des phrases dans mon cell. Je les relis, puis peu à peu, il y a comme une mélodie qui s’installe en les lisant. Je peux partir de cette phrase-là pour écrire le reste de la chanson, une fois que j’ai un univers de setté

Les influences de la musicienne sont variées. «J’écoute beaucoup, beaucoup de musique classique. J’écoute énormément de Mozart, de Chet Baker. Tout ça vient un peu changer la manière dont je fonctionne. Toutes mes playlists que j’écoute sur Spotify ou Songza, ça vient jouer dans comment je crée et le son. Même si c’est Drake ou Sorry de Justin Bieber, je pense que ça influence ce que j’aime après quand je vais en studio», soutient Camille.

Le visuel

Il n’y a pas que la musique qui distingue KROY. Le visuel très léché, qui gravite autour du projet, complémente l’expérience auditive. «J’essaie de faire transparaître, dans mon esthétique, quelque chose de très architecturé, tout en restant super minimaliste, mais toujours réfléchi. It looks effortless, mais ce l’est vraiment pas. C’est calculé, mais autant que possible, on le sent pas», précise-t-elle. Ses inspirations? «J’adore l’architecture, big time. Toute la journée, je suis sur des blogues, des Instagram ou des sites web d’architecture, de design. J’aime beaucoup les éditoriaux qui ont une ligne directrice très épurée, très claire. Ça me fait vivre des émotions vraiment intenses (rires).»

À l’image du côté sombre de sa musique, la couleur de prédilection de l’artiste est le noir. Depuis plus d’un an, Camille ne porte que des vêtements noirs. Lorsque je lui parle de cet exploit, elle me raconte une anecdote savoureuse. «Après un an, j’ai essayé de porter un top rayé. Je n’ai pas été capable de sortir de la maison. Je l’ai enlevé et j’ai remis un chandail noir. Pour vrai, j’aime tellement ça et je m’ennuie zéro de la couleur.» Compte-t-elle exploiter la couleur à nouveau? «Pour l’instant, je ne suis pas prête! Peut-être dans une dizaine d’années!», répond-elle spontanément.

Personnellement, je suis curieuse de voir les vidéoclips qui mettront en images les compositions de KROY. Un d’entre eux, réalisé par les génies de chez Roméo & Fils, a été tourné au Nevada dans un désert de sel et dans Death Valley. «On était basé à Vegas dans un hôtel des plus crades qui se fait sur la Terre. Une grande expérience, j’ai vécu beaucoup de choses», raconte Camille en rigolant. «J’ai eu la chance de tourner avec une équipe incroyable, c’était vraiment super. J’ai tellement hâte que ce clip-là sorte!» C’est pour bientôt? «Idéalement, il est presque fini.»

En attendant la sortie de l’album de KROY, prévue à l’automne prochain, vous pouvez découvrir et vous procurer le EP Birthday via son Bandcamp. Et si, comme les miennes, vos oreilles tombent en amour avec ses pièces, je vous conseille de la suivre sur sa page Facebook pour connaître les éventuelles dates de tournée.

Camille sera également de retour au Cercle avec Milk & Bone le 22 avril prochain en supplémentaire. Elle avait d’ailleurs ce message pour vous : «On a tellement eu de fun la dernière fois. Revenez, amenez vos amis. On va avoir du fun, encore plus que la dernière fois!»

J’y serai, et vous? Pour patienter, on écoute leur sublime petite dernière Poison.