[En route vers le Festivoix, ép. 1] Un forum rassembleur

enroutefestivoixEn route vers le Festivoix, c’est une série d’articles sur quelques-uns des artistes de la programmation du Festivoix de Trois-Rivières, qui se déroulera du 26 juin au 5 juillet prochains. Parmi les artistes et les groupes à l’affiche, on note la présence de Patrick Watson, The Franklin Electric, Zachary Richard, Bernard Adamus, Pierre Lapointe, Fanny Bloom, Adam Cohen, Vincent Vallières, The Barr Brothers et Les Cowboys fringants. Pour notre série, nous vous parlerons des liens particuliers entre quelques-uns de ces artistes et leur public. Quel est le secret de leur proximité? Cette semaine, les Cowboys fringants.

Source : www.cowboysfringants.com
Source : www.cowboysfringants.com

Parmi les groupes qui ont une relation toute particulière avec leurs fans, il y a ce petit groupe de joyeux lurons originaires de Repentigny qui a toujours su mettre son public dans sa petite poche : les Cowboys fringants. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette proximité, dont le fait que la troupe a eu une croissance très organique favorisée par le bouche à oreille. À l’époque, Facebook et Twitter n’existaient pas, le mot blogue n’était pas encore entré dans l’usage et chaque fan se gagnait un par un, à la sueur du front de Karl Tremblay et ses acolytes. Bien sûr, les grands médias ont fini par monter dans le train déjà en marche, mais cela n’explique toujours pas ce lien si fort entre nos cowboys et leurs fans, surtout ceux de l’autre côté de l’Atlantique (où ils sont complètement absents des ondes, mais remplissent toutes les salles qui font partie de leur programme!).

cowboys1
Source : www.cowboysfringants.com

J’ai un secret pour vous : dans les années 2000, nous, fans des Cowboys fringants (dont je fais partie), avions notre lieu de rassemblement sur Internet : un forum de discussion, le Forum du peuple! Dans la seule année 2007, le forum des Cowboys a compté plus d’un million de pages vues; il a même fait les manchettes, comme on peut le constater ici!

Des gens de partout étaient membres du forum. Quand je dis « partout », j’exagère à peine! Bien sûr, le forum était composé en majorité de Québécois (principalement du 514 et du 450, ce qui est logique), mais il comptait également son lot de Français, de Belges et de Suisses (les fans européens ont d’ailleurs créé leur propre forum en 2003, les Cousins fringants, qui existe encore!). Certains fans écrivaient même de l’autre bout du monde! Et malgré le penchant socio-environnementaliste des membres du groupe, les membres du forum avaient, pour leur part, des opinions extrêmement diverses.

Les Cowboys fringants avec le célèbre forumeux funfestivals
Les Cowboys fringants avec le célèbre forumeux funfestivals

De quoi parlait-on sur ce fantastique forum? De tout. VRAIMENT tout. Des photos de chats (bien avant que ça ne soit à la mode sur YouTube!), des discussions passionnées sur la politique locale, nationale et internationale, des débats extrêmement sérieux sur la formation partante du prochain match du Canadien (par des passionnés allumés et éclairés qui auraient fait passer Patrice Brisebois pour euh… oubliez ça, Patrice Brisebois est déjà un amateur au micro!), le départ de domlebo, tout était matière à discussion! Comme vous avez pu le constater dans la petite vidéo que j’ai liée plus haut, les discussions sur la politique et la société étaient fort nombreuses et passionnées. Malgré les fréquentes prises de becs, il y avait une relative harmonie sur le forum.

Dès le début, le forum a servi à s’organiser des road trips pour suivre les Cowboys fringants un peu partout. Il y en a qui ont voyagé de Val-d’Or à Gaspé pour voir leurs préférés!

Photo : funfestivals
Photo : funfestivals

Des liens d’amitié ont commencé à s’établir entre forumeux (oui, c’est le nom qu’on se donnait!). Des couples se sont brisés, d’autres se sont formés (plusieurs durent encore aujourd’hui et on est toujours heureux quand il y en a un qui montre les photos du petit dernier sur Facebook). Des vies ont été changées. Une ancienne forumeuse aujourd’hui en Europe m’a raconté que n’eût été du forum, elle ne serait jamais déménagée à Montréal après son secondaire et elle aurait plutôt suivi ses amis. Le forum a aussi mené à la formation des Fringants de Verdun, une ligue de hockey composée principalement de forumeux! Nous avions même notre propre gala où des prix étaient remis aux forumeux de l’année (les Louphoques)! OK, c’était plus un prétexte pour prendre une bière en gang, mais bon.

La )(&*!%&! de tuque de bison. Photo : funfestivals
La )(&*!%&! de tuque de bison. Photo : funfestivals

Y’avait aussi funfestivals (yep, lui je le nomme, c’est rendu une célébrité) et sa @)(&%)! de tuque de bison. Vous en avez sûrement entendu parler, il l’a fait porter à à peu près tout ce qui bouge et respire au Québec. On aimait bien rire de lui et de son enthousiasme, moi le premier, mais il faut reconnaître que sans lui, sa tuque et son $)!&)$ de Thunderbolt, y’a bien des partys qui n’auraient pas levé autant. Et puis il a vu les CF 143 fois! Oui, oui, 143 fois! C’est beaucoup.

Il y a bien eu quelques dérapages sur le forum. Des photos coquines ont circulé. Des gars déguisés derrière un pseudonyme féminin ont alimenté bien des débats et même mené à la fermeture temporaire du forum. Une tempête de sobriquets factices a mené à encore d’autres débordements, et même votre humble serviteur avait le sien qui distribuait les pénalités à qui mieux mieux sous son déguisement d’Yvan Ponton. Notons aussi la présence de JF Pauzé sous le nom de Katmandou Paul, un être extrêmement mystérieux!

Yvan Ponton, un faux nick.
Yvan Ponton, un faux nick.

Ces quelques dérapages ont montré que le forum avait atteint une trop grande popularité pour éviter toute modération, comme c’était le cas depuis le début. Faut dire qu’avec le temps, on a pas mal fait le tour de la question de l’identité québécoise et pas mal tout a été dit, même des choses qu’on regrette peut-être un peu des fois. L’arrivée de la modération, que je souhaitais personnellement, a lentement mené à son déclin. Plusieurs personnes considéraient le Forum du peuple comme un havre de liberté où pas mal tout pouvait se dire. On venait de leur dire que ce n’était plus le cas. La montée en popularité des réseaux sociaux comme Facebook a achevé le travail. Pourquoi conserver un forum de discussion dont l’hébergement coûtait cher et qui était maintenant un passif plutôt qu’un actif alors qu’une page Facebook ne coûte rien et permet de garder le contact avec les fans en ne gardant que la partie du forum la plus facile à gérer?

En novembre 2011, les Cowboys fringants ont demandé à leur administrateur réseau de tirer la plogue sur le forum. D’autres forums ont été ouverts, les groupes qui avaient fini par se former investissant chacun le leur. Il existe bien encore une version du Forum du peuple, mais celle-ci n’a plus grand chose à voir avec le groupe de Repentigny.

Reste que de belles amitiés se sont formées sur le forum. Des contacts se sont établis. Je suis heureux d’avoir conservé des liens avec bon nombre d’entre eux depuis la fermeture du forum, avec qui je partage plein de trucs en commun. Si je trippe encore sur la musique en 2015, c’est beaucoup grâce à ces amis et à leur curiosité. Et il y a bien des chances que lorsque je prendrai des photos du groupe le 26 juin au Festivoix de Trois-Rivières, quelques-uns d’entre eux seront là, à leur place habituelle, dans les premières rangées, dont funfestivals et sa tuque de bison.

[FESTIVAL] Programmation du Festival OFF de Québec

off1

_DSC9915
Photo : Marion Desjardins

C’est au Knock-Out que la programmation du Festival OFF de Québec nous a été dévoilée ce matin. En entrée, on a eu droit à deux pièces de la charmante Sarahjane Johnston, qui s’occupera du spectacle d’ouverture le mercredi 8 juillet prochain. Puis le directeur général, Guillaume Sirois, et la directrice de la programmation, Sophie Bernier, nous ont révélé quelques détails croustillants sur la prog et le festival en tant que tel.

Tous azimuts
Tous azimuts. Crédit photo : ecoutedonc.ca

Toujours en accord avec la mission qu’ils se sont donnée il y a quelques années, les membres du festival nous offrent cette année une programmation à 50% locale locale. C’est-à-dire que la moitié des artistes présentés viennent non seulement de notre province, mais aussi de notre belle ville où, comme ils l’ont mentionné, on sent de plus en plus d’effervescence dans le milieu musical. C’est ainsi que performeront Nimbes, Medora et Tous Azimuts, qui font partie de ce que Mme Bernier a appelé la «jeunesse d’or» d’ici, ainsi que de nombreux autres.

Photo : Marion Desjardins
Photo : Marion Desjardins

Autre chose, ne vous inquiétez pas si vous ne connaissez pas beaucoup de noms cette année, c’est prévu ! L’équipe du OFF au aussi voulu que la moitié des spectacles soient des «premières fois», en accord avec le slogan de 2015 : «C’est toujours la première fois!». Différents artistes n’ayant jamais mis les pieds à Labeaumeville pourront donc venir nous émerveiller les oreilles. Pour ne donner que quelques noms, seront de passage Paupière, Fonkyson, Felix Dyotte et She Serpent. Et de ce que Mme Bernier en a dit, il y en aura pour tous les goûts: du disco funk au shoegaze en passant, oui, par la musique classique contemporaine.

Photo : Marion Desjardins
Photo : Marion Desjardins

Cette dernière est d’ailleurs le fruit d’un projet qui titillait l’équipe du OFF depuis longtemps. Le public de ce festival étant pour la plupart des mélomanes, ils ont voulu aller chercher la richesse musicale du classique et se rapprocher de la faculté de musique de l’Université Laval. Résultat : en guise de spectacle d’ouverture du soir, on nous présentera Music for 18 musicians de Steve Reich, suivi d’un spectacle de Burlesque (oui oui) !

Photo : Marion Desjardins
Photo : Marion Desjardins

Bref, beaucoup de bonne musique est au rendez-vous; vous pourrez le constater par vous-même ici, sur le site du festival. Il faut aussi savoir que ce festival, en plus de présenter de nombreux futurs grands talents – vous seriez surpris de voir quels étaient les artistes présentés il y a de cela quelques années, à leurs débuts, et qui sont maintenant assez établis – met de l’avant l’expérience en soi. Plus de 40 spectacles en 4 jours, du 8 au 11 juillet, c’est de l’intensité !

Pour bien terminer la présentation, SYZZORS, un groupe de Montréal, a fait son agace et nous a laissé l’eau à la bouche après leur unique chanson, qui groovait déjà pas mal. Chose certaine, je ne manquerai pas leur show. En espérant donc vous croiser là-bas, à l’une des différentes scènes du festival, en train d’apprécier de la bonne musique, une bonne bière ou une bonne sieste entre deux spectacles(recommandée par l’équipe pour une meilleure expérience) !

TourneePS : Si vous êtes intéressés à entendre encore parler un peu du OFF, Jacques et Mathieu de notre équipe aborderont le sujet plus en profondeur dans une balado qui devrait sortir d’ici la semaine prochaine.

 

[SPECTACLE] Caravane (+ We Are Monroe et The Damn Truth), Le Cercle, 16 mai 2015

Caravane
Caravane

C’est toute une leçon de rock qui nous a été servie par les gars de Caravane samedi soir au Cercle! Ils ont beau avoir joué à 2 heures du matin au PouzzaFest de Montréal (une prestation surprise de The Hunters), Raphael Potvin, Danahé Côté, William Drouin et Dominic Pelletier étaient en feu et ont offert une prestation sans faille. Faut dire que le spectacle est bien rodé et que les gars ont une expérience plus que manifeste de la scène!

Le plaisir d’être de jouer tout près de la maison était palpable. Faut dire qu’ils avaient deux charmantes invitées (Odile Marmet-Rochefort et Gabrielle Shonk étaient venues donner un coup de main aux choeurs) venues ajouter une touche de douceur

Caravane

Le programme de la soirée était d’ailleurs bien équilibré. On commence fort, les gros canons comme Chien noir, Maxyme, Harmony Rocket et Minuit sont bien répartis et le public a eu droit à quelques reprises, dont une plutôt surprenante de MGMT (quoique j’aurais dû me douter en entrevue quand les gars m’ont parlé de ce band- leur version d’Electric Feel n’était pas piquée des vers!).

Potvin et Pelletier se sont échangé les interventions au micro, Côté était dans sa zone avec sa six-cordes et Drouin battait la mesure. Si on peut parfois trouver Chien noir bien poli, il faut admettre que sur scène, Caravane est dans un autre monde. Surtout, il faut reconnaître qu’il sait atteindre un public varié. Les jeunes hommes à peine sortis de l’adolescence côtoyaient joyeusement les (fort jolies) rockeuses quadragénaires fans finies du quatuor et tout le monde vibrait au même rythme, qui était très propice à la danse.

Caravane-150515-64
Caravane

Au rappel, en plus de Minuit, on a eu droit à une version plus que déchaînée de Lonely Boy, des Black Keys, en déployant une énergie que même Auerbach et Carney auraient applaudie. Magnifique!

Simplicité, efficacité, belle présence sur scène, choristes à la voix d’or et au sourire désarmant, on remet ça quand, les gars?

Allez consulter leur calendrier de tournée, vous allez voir que les occasions de vous reprendre sont nombreuses!

We are Monroe

We Are Monroe
We Are Monroe

En toute première partie, alors que le parterre du Cercle était encore clairsemé, les Montréalais We Are Monroe sont venus offrir leur post-punk vitaminé et solide. Si la plupart des gens ne les connaissait pas à leur entrée sur scène, on peut dire que nous étions convaincus à leur départ.

Le groupe nous a offerts les pièces de son premier EP ainsi que de son plus récent simple, Funeral, lancé en grandes pompes la veille dans le 514. Leur rock indé à la Strokes, Interpol et cie détonnait un peu du blues rock offert par les deux autres formations au programme, mais l’esprit était le même : faire danser et headbanger le public présent, ce qui était fort réussi.

Il est juste dommage que le public soit arrivé plus tard. Mais bon, tant pis pour eux, parce que les personnes déjà présentes ont eu du rock solide à se mettre dans leurs oreilles.

Maintenant, on en veut un plein album, les gars!

The Damn Truth

The Damn Truth
The Damn Truth

Après le post-punk de We Are Monroe, c’était au tour d’une autre formation montréalaise, The Damn Truth, menée par la très charismatique Lee-La Baum, qui était accompagnée de Tom Shemer (guitare), David Massé (basse) et Dave Traina (batterie). Pendant près d’une heure, nous avons eu droit à un blues-rock solide, d’esprit extrêmement seventies et fortement inspiré par les Led Zeppelin de ce monde.

Faut dire que Lee-La Baum a une voix qui se trouve quelque part entre la soul pleureuse de Beth Gibbons (de Portishead, avouez que vous ne l’attendiez pas, celle-là) et le cri primal d’un Robert Plant ou d’une Janis Joplin. En mille fois plus sexy, ben sûr. De son côté, Shemer est possédé du démon sur sa guitare et n’hésite pas à venir nous le montrer sur le bord de la scène, où il se tient à plus d’une reprise!

The Damn Truth
The Damn Truth

De nombreuses personnes autour de moi connaissaient bien la formation et se sont déplacées à l’avant-scène pour pouvoir profiter de leur prestation ma foi fort électrique.

 

En tout cas, si Marjo avait été dans la salle, elle aurait sûrement regretté ses paroles de la veille. Trois jeunes groupes rock d’ici qui font autant de flammèches pis d’étincelles que Corbeau dans ses meilleures années. Je ne veux rien enlever au groupe de madame Morin, je veux juste signaler que le rock au Québec, il est très loin d’être mort.

Au contraire, il est plus vivant que jamais.

Rock on.

Photos : Jacques Boivin/ecoutedonc.ca

[foogallery id= »7322″]

 

[SPECTACLE] Bengale + X-Ray Zebras, Sous-sol du Cercle, 16 mai 2015

BXRZ-150515-38Le Sous-sol du Cercle nous a engouffré une fois de plus de sa gueule de béton béante pour nous faire entrer dans le monde musical de Bengale et d’X-Ray Zebras. C’est avec plaisir qu’on s’est attablés, vers neuf heures, pour attendre le spectacle.

Fait plutôt commun avec la foule de ce soir-là, foule habituelle du Pantoum et initiée : elle se laisse toujours désirer. Conséquence, à 10h rien n’est encore commencé. Au moins, on sait nous faire attendre avec un peu de funk délirant, au son duquel les membres de Bengale, survoltés, dansent avant leur partie. Puis ça commence, on se lève.

BXRZ-150515-28Bengale se rend ensuite sur le pas-de-scène et commence le spectacle en force avec son single Dernier Tramway. Originaires de Bordeaux en France, ses membres offrent un électro-pop teinté de 80s, avec quelques relents de funk et de LSD (dans la musique, là). Leurs pièces étaient variées, quoique toujours dans la ligne directrice de l’électro. Les voix étaient mises de l’avant et il faut donner une mention d’honneur au guitariste du nom de Romain pour sa performance. Le public leur a donné pas mal d’amour, entrecoupés d’«envoye la base !», peut-être un inside que je n’ai pas compris, auxquels ils ont répondu par leur plaisir d’être sur scène et par un «criss de merci, ça se dit ici ?». Bravo, c’était presque ça ! Ça s’est terminé avec une reprise de Je danse le mia d’IAM alors que la foule commençait à se dégourdir les jambes.

BXRZ-150515-54Puis, X-Ray Zebras, dans la même vibe mais très différemment, nous livre sa musique. Dès la première pièce, le groupe nous rappelle la force de la batterie et de la basse, éléments beaucoup moins mis de l’avant chez l’autre groupe (n’ayant d’ailleurs pas de batteur). Le reste, les mélodies de la guitare, des synthés et les quelques lignes de chant, enrobent modestement la ligne de drum & base et le tout donne un résultat percutant, plus instrumental et plus rock. Pour avoir vu X-Ray Zebras il y a un bon moment, j’ai pu faire la comparaison entre ce nouveau matériel qu’ils présentaient ce soir-là (attendez-vous, peut-être, à quelque chose d’enregistré bientôt !) et leur ancienne musique, plus 80s et pop que maintenant. Comme me l’a confirmé Jean-Étienne, le batteur, cela paraît que ce groupe en particulier vise principalement l’expérimentation. Ça donne des concerts plus jammés, mais aussi beaucoup de diversité dans les influences de création. Dans tous les cas, le résultat est réussi, et j’avoue avoir préféré les nouvelles pièces aux anciennes.

BXRZ-150515-67Bien sûr, le public a aussi lâché son fou pour la plupart, résultat évident devant de la musique aussi survoltée ! Fait intéressant, j’ai pu noter que le deuxième groupe avait joué plus fort que le premier, et en discutant avec Bengale, j’ai pu apprendre qu’en France on joue moins fort qu’ici. On va donc se coucher moins niaiseux, et peut-être un peu plus sourds ! D’ici là, avant d’aller vous coucher, je vous laisse avec les traditionnelles entrevues à une question des deux groupes.

 

L’entrevue à une question :

Bengale : Qu’est-ce que vous pensez que le Québec va vous avoir apporté à vous et à votre musique ?

«De la joie, de la bonne humeur et de la gentillesse !» annonce tout de suite la chanteuse, répétant à peu de mots près les mots du bassiste interrogé un peu avant. Ce dernier nous a qualifié de «personnes complètement incroyables et pleines de gentillesse, à l’inverse des Français qui peuvent être de temps en temps très très froids». On constate qu’on est un bon public selon eux, et ils tiennent à ce que cette générosité la paraisse dans leurs spectacles si ce n’est dans leur musique : «On se rend compte un peu de cette chance qu’on a quand même», ajoute la chanteuse.

X-Ray Zebras : Votre nouvelle musique semble avoir des influences qui diffèrent de celles de votre ancienne musique, vous vous inspirez de quoi ? Est-ce que ça a changé ?

Le batteur nous répond: «On reste toujours avec le même background, on sait un peu ce que tous les gars connaissent, mais c’est plus les mêmes personnes dans le band qui composent par rapport à avant ; c’est sûr que c’est pas les mêmes influences. […] On mise plus sur les atmosphères, on mis plus sur le groove […]. C’est plus Hip Hop, plus Trip Hop qu’avant…On s’inspire juste du moment en fait.»

Crédit photo : Jacques Boivin/ecoutedonc.ca et Sebastien Ouellet/ecoutedonc.ca

[ENTREVUE] Caravane

web_caravane@cercle_150516

(Photos : Maxyme Gagné)

Il y a à peine quelques années, on disait que le rock était à l’agonie. Qu’il allait mourir de sa belle mort. Le hip-hop, l’électro, le country, le folk, la pop ont tous gagné du terrain contre le bon vieux guitar, bass, drum. Moribond, le rock?

Pourtant, non, le rock se porte bien. Très bien, même. De plus en plus d’artistes et de groupes sont retournés à la base. Des mélodies simples, mais efficaces, des riffs accrocheurs qui déménagent, un rythme entraînant et beaucoup d’émotions. Du blues, quoi. Si hier, on pensait aux Stones ou à Led Zep, aujourd’hui, The Black Keys et Jack White viennent immédiatement à l’esprit. Plus près de nous, nous sommes de plus nombreux à associer le nom Caravane à cette liste de rockeurs sans compromis.

Ça tombe bien, Raphaël Potvin (bassiste) et Dominic Pelletier (chanteur) avaient quelques minutes à me consacrer à quelques jours de leur spectacle de samedi au Cercle. Toute une chance, quand on sait que les gars sont presque constamment sur la route! Je leur demande à la blague s’il leur arrive de prendre congé. « On prend souvent congé de nos jobs », répond Dominic. Selon Raphaël, c’est pour cette raison qu’ils ont mis sur pied le projet Caravane et lancé un album. « Aller le plus possible sur la route, se faire connaître partout, pour que le monde retienne le nom Caravane. » Il ajoute : « T’as beau jouer à la radio, si tu ne fais jamais de spectacles, les gens ne peuvent pas mettre de faces sur les chansons. » Pour Dominic, même avec les Hunters, les gars n’en avaient pas assez. C’est pour ça qu’ils ont mis sur pied ce deuxième projet. Pour être tout le temps partis jouer de la musique.

Pourtant, les gars ont plus de 300 spectacles derrière la cravate avec The Hunters. Raphaël me corrige : « 400. On n’a pas fait beaucoup de trucs cette année, mais le band n’est pas mort.

Tant qu’à parler des Hunters, je fais remarquer à nos rockeurs qu’il y a une belle différence sonore entre The Hunters, plus punk, et Caravane, qui fait du blues-rock. Pour Dominic, la transition était normale. Quand ils ont commencé il y a près de 10 ans, ils étaient plus jeunes, donc plus portés à jouer des trucs qui bûchent un peu plus, mais avec le temps, les goûts ont changé, la musique écoutée en tournée a changé. Raphaël ajoute : « Caravane est assez près de ce qu’on écoute, de nos influences communes. »

Caravane_GaspesieÇa n’a pas empêché Caravane de faire appel à deux gars qui ont une impressionnante feuille de route punk pour la réalisation de Chien noir : Hugo Mudie (The Saint Catherines) et Guillaume Beauregard (Les vulgaires machins). Selon Dominic, « ça fait au moins dix ans que je crie, s’assagir, ça fait du bien, au moins à la gorge! » Raphael poursuit : « Ces deux gars-là, ce sont des contacts qu’on s’est fait du temps des Hunters. C’était naturel d’aller vers eux pour notre nouveau projet. Guillaume, c’est un ami d’Hugo, il a une belle plume. » Il était plus pratique pour Caravane de travailler avec des gens qui étaient passés par le même chemin qu’eux, qui comprenaient leur virage. C’est pas comme s’ils avaient fait appel à des spécialistes de la pop. J’ajoute à la blague : « comme Danger Mouse! »

Justement, il y a un côté très pop, très dansant à Chien noir. Les paroles, très toi et moi. Le côté presque disco de Maxyme. On dirait que comme Franz Ferdinand, Caravane fait de la musique pour faire danser les filles. Je demande aux gars si c’est le but visé. En riant, Raphaël et Dominic répondent que ça vient tout simplement d’eux, de leurs expériences. L’amour, l’amitié, les sentiments humains, ça a toujours été leurs thèmes, tant chez The Hunters que chez Caravane. Dominic ajoute : « Au début, on essayait d’écrire des textes qui rejoignaient tout le monde, mais on s’est rendu compte que plus on écrit des trucs personnels, plus on touche les gens. »

Si je posais la question, c’est parce que la plupart des fans de Caravane dans mon entourage sont des filles. Elles se sentent interpellées, que ce soit par les paroles ou par la musique, tandis que mes chums de gars trouvent ça un peu emo à leur goût. Pourtant, Dominic, Raphaël et moi, nous sommes d’accord : les chansons d’amour, c’est la base du rock, en français comme en anglais! Pour Dominic, « les meilleures tounes sur la Terre, ce sont les tounes d’amour! » Raphaël apporte une réflexion intéressante : « Il y a, depuis quelques années, un certain snobisme par rapport aux chansons d’amour. Pourtant, si on fouille dans les discothèques, tout le monde en a et en écoute! Qu’il y ait du monde qui associe musique et combat politique, c’est super cool, mais en même temps, ça ne sert à rien d’être snob envers les chansons personnelles. Les deux peuvent apporter quelques choses. »

429couleurOn passe au spectacle. Chaque passage de Caravane amène le groupe dans des salles de plus en plus grandes. Samedi, ils seront les maîtres du Cercle pour un soir. À quoi devrait s’attendre un gars, comme moi, qui n’a pas encore eu l’occasion de voir le groupe sur scène? « Contrairement à ce que tes amis de gars peuvent penser », soutient Dominic, « on fait pas juste danser les filles, sur scène, on est assez rock and roll!. Ça déménage. » Pour Raphaël, un des objectifs de Caravane, c’était de ramener le rock sur la scène québécoise sans que ce soit quétaine. Les gars veulent que leurs spectacles soient des party rock and roll. « C’est ça que ça fait », ajoute Raphaël. Hugo, le directeur de tournée nous interrompt : « Y’a un disquaire à Rouyn qui est arrivé longtemps d’avance parce qu’il ne voulait pas manquer le show. Il a vu The Who à New York dans les années 1960, il a vu un paquet d’autres artistes avant qu’ils ne deviennent des stars. Il m’a dit que les gars de Caravane étaient, avec Pagliaro, les plus grands rockeurs du Québec. Pour lui, il fallait que Caravane aille encore plus loin parce que ça se comparait à ce qu’il avait vu des Who et des Stones à leurs débuts. »

On revient à mon introduction. On assiste depuis quelque temps à une recrudescence du rock. Dominic : « Oui, même les radios! » Raphaël : « C’est vraiment inespéré! On s’est ramassés dans toutes les radios commerciales du Québec. Ça nous a surpris parce qu’on ne voulait pas faire de compromis. On voulait faire un projet rock, même s’il y a un petit côté pop, et toutes les radios nous ont tourné. » Y’a pas que les radios commerciales qui aiment Caravane, les médias plus orientés vers les groupes émergents apprécient également beaucoup. Bonne chose pour le rock. D’autres groupes, comme Gazoline, commencent aussi à pousser. Raphael : « C’est comme une nouvelle vague de rock québécois, on profite de la vague de fond qui vient des États-Unis, des groupes comme les Black Keys font maintenant partie des plus grands groupes au monde. » En effet, sinon, ils ne viendraient pas jouer devant des dizaines de milliers de Québécois pour une septième fois en cinq ans. Plus près de nous, un groupe champ gauche comme Galaxie, qui roule sa bosse depuis longtemps, a joué récemment au gala Artis devant plus d’un million de personnes! Les membres de Caravane reconnaissent que Langevin et sa bande ouvrent de nombreuses portes.

Petite question sur le label, Ste-4 Musique, qui est comme la petite étiquette indie de l’Empire Québecor. C’est comment, avoir un pied dans l’empire? « Non seulement, t’as pas l’impression de faire partie de l’empire », répond Dominic, « en fait, t’es pas dans l’empire quand t’es sur Ste-4. L’équipe est formée de gens comme nous, des passionnés de musique. » Raphaël ajoute : « Quand t’es plus jeune, tu te fais une image d’un gros label avec des gens en veston-cravate. C’est vraiment pas comme ça que ça se passe. C’est rempli de jeunes comme nous, qui viennent d’horizons musicaux complètement différents. Tout le monde, jusqu’à la haute direction, est super smatte, super gentil. » Dominic conclut en disant qu’à Ste-4, il y a des gens qui savent ce que ça représente, faire de la musique, qui ont fait des tournées, pué pendant quelques jours.

Cet automne, le groupe devrait retourner en studio travailler sur son deuxième album, qui devrait avoir quelques pièces plus garage. Raphaël indique que les nouvelles chansons ont le même esprit que celles de Chien noir, mais la lettre, elle, ressemble plus aux membres du groupe. « C’est sûr que quand tu commences un projet, tes influences sont plus apparentes, mais plus tu travailles ton propre son, plus ça vient naturellement. » Vous êtes avertis : le prochain album va sonner comme du Caravane.

243couleurJ’aurais pu continuer à écouter Raphaël et Dominic pendant encore de nombreuses minutes, mais bon, nos bols de chips et nos bières étaient vides, ce qui signalait le retour à nos activités régulières chacun de notre côté. J’ai quitté le Cercle en remettant Chien noir dans mon iPhone. Je pense qu’avec ces gars-là dans la locomotive avec les autres Galaxie et Gazoline, le rock québécois est entre de bonne mains. Vivement samedi.

Caravane sera au Cercle le samedi 16 mai à 20 heures (portes : 19 h). En première partie, We Are Monroe et The Damn Truth. Quelques surprises attendent les fans. On n’en dit pas davantage, sinon, ça ne serait plus une surprise! Les billets (15 $ + frais) sont disponibles au Cercle, chez EXO et sur lepointdevente.com. Bien sûr, nous serons là!

*** CONCOURS ***

Nous faisons tirer une paire de billets pour le spectacle de samedi. Tout ce que vous avez à faire, c’est aimer notre page Facebook et nous dire, dans le billet qui parle de cette entrevue, qui a réalisé Chien noir. Question facile, non? Nous indiquerons le nom des gagnants vendredi à midi.

[ALBUM] Félix Dyotte – « Félix Dyotte »

Félix Dyotte Félix Dyotte Coyote Records
Félix Dyotte
Félix Dyotte (Coyote Records)

Vous avez probablement connu Félix Dyotte au sein de Chinatown, dont il était un membre fondateur. Plus récemment, vous l’avez peut-être croisé alors qu’il faisait partie de l’équipe de Pierre Lapointe. Voyez-vous, ça fait quand même près de 20 ans que Dyotte roule sa bosse dans des groupes ou avec d’autres artistes. Aujourd’hui, c’est à son tour de briller, et il le fait de belle façon avec un premier album solo homonyme qui arrive juste à temps pour mettre de l’ambiance dans votre cour arrière, sangria bien fraîche à la main.

L’auteur-compositeur-interprète n’y est pas allé de main morte : s’il s’agit de son album à lui, il n’a pas hésité à demander un coup de main à ses talentueux camarades! On trouve sur cet album un quatuor à cordes supervisé par Philippe Brault, la voix de Kandle Osborne, ainsi qu’une petite touche de Francis Mineau (Malajube).

Le résultat est cet album romantique et coloré, qui peut passer de la pop de chambre à la synth-pop dans la même chanson. À la première écoute, si ce n’était pas de l’accent typiquement québécois de Dyotte, on aurait pu croire qu’un nouvel artiste français s’essaie à la chanson! Ce sentiment est renforcé par la voix de Dyotte, un filet doux, mais grave, qui rappelle énormément celle d’Étienne Daho (allez écouter une pièce comme Saudade de Daho après Calme-toi de Dyotte, c’est frappant!). Et comme la légende française, Dyotte passe avec une grande aisance d’un genre à l’autre.

On le savait déjà, mais Dyotte manie habilement la plume. Sans être spectaculaire, il est efficace. Faut dire que les relations difficiles et la déprime sont des sources intarissables de chansons, mais encore faut-il savoir les écrire en maintenant l’intérêt de l’auditeur. Dyotte y arrive facilement.

Pour accompagner ces paroles tristounettes, Dyotte nous fait le coup des mélodies légères où les cordes se mélangent fort bien aux guitares et aux synthés. Le refrain de Les gens sont décevants est un ver d’oreille qui s’incruste joyeusement dans nos têtes. Hologramme a un petit côté rêveur loin d’être désagréable. On valse sur Feu nous deux. Et Petite esthète pourrait devenir un classique des feux de joie chez les hipsters.

Cet album de Dyotte, à la réalisation impeccable, est fort généreux selon nos standards actuels : 47 minutes de chansons de toutes sortes se succèdent jusqu’à plus soif.

En résumé, le premier album solo de Félix Dyotte devrait se trouver une place privilégiée dans nos listes de lecture estivales. Sur la route, à la plage, dans le potager, c’est un match parfait. Avec un petit verre de cidre sur une terrasse, c’est encore mieux. Que ce soit pour les mots ou pour les mélodies, chacun devrait y trouver son compte.

[ENTREVUE] Socalled nous parle de son nouvel album « Peoplewatching »

Socalled à l'émission Chéri-e, j'arrive, diffusée sur les ondes de CHYZ 94.3 Crédit photo : Matthieu Paquet-Chabot / www.ecoutedonc.ca
Socalled à l’émission Chéri-e, j’arrive, diffusée sur les ondes de CHYZ 94.3
Crédit photo : Matthieu Paquet-Chabot / www.ecoutedonc.ca

C’est dans les studios de CHYZ 94.3 que Josh Dolgin, alias Socalled, nous accueille. Il est en performance et en entrevue avec Émilie Rioux pour Chéri-e, j’arrive. Après un magnifique rap et plus de 10 minutes d’entrevue, il vient s’asseoir avec nous pour environ vingt minutes. Nous en profitons donc pour parler de son nouvel album Peoplewatching, de sa longue liste de collaborateurs et de son spectacle du 8 mai au Cercle.

Juste au moment où nous débutons la conversation, un invité plutôt inattendu se joint à nous. Il se nomme Poopsie. C’est le chien du chanteur, qui le suit partout où il va. Nous débutons notre ménage à trois en parlant du nouvel album qui est disponible depuis le début du mois. Josh Dolgin m’explique le processus complexe de la création de Peoplewatching dans un bon français, mais alternant en anglais de façon régulière. Revenons donc à l’album. Il collecte, en tout temps, des échantillons sonores. Il réfère à ce processus comme étant une collection de samples. Il les prend de vinyles et de divers rythmes hip-hop. Cela fait plus de vingt ans qu’il fait grandir sa collection. Il qualifie même cela de «Fucking Pretty Scary». Il choisit ensuite quelques sons et s’inspire. C’est de là qu’émergent les idées, les contes de chansons et d’albums. Il garde d’ailleurs un carnet de notes avec lui en tout temps pour pouvoir y écrire des idées, des sentiments et des jeux de mots pour les transformer en chansons par la suite.

Socalled - Peoplewatching (Dare To Care)
Socalled – Peoplewatching
(Dare To Care)

La prochaine étape du processus d’album de Peoplewatching est de trouver les collaborateurs disponibles. Socalled m’a confié avoir voulu réduire le nombre d’invités sur l’album. Il a donc réussi a couper et n’avoir qu’une …. trentaine d’invités! C’est tout un casse-tête de tout coordonner. C’est, entre autres, pour cela que l’album est en chemin depuis 2011. Il enregistre divers morceaux ou diverses partitions avec ses collaborateurs. Socalled s’occupe du clavier et collection tous les échantillons pour la prochaine étape du projet… le montage.

Le montage se déroule à Ottawa. Josh a un attachement à ce studio de la Capitale fédérale, car il est là bas depuis les tout débuts de sa carrière musicale. Puisque tout est virtuel, dans sa collection, le montage est une étape importante et longue. Il doit tout mettre bout à bout ses extraits pour en faire un album. Une fois le casse-tête réussi, il s’envole pour Paris afin de mixer le tout avec nul autre que Renaud Letang (Feist, Amadou et Mariam, Gonzales).

Finalement, nous y sommes, me dit-il. Il a masterisé l’album ici, à Montréal, pour ensuite le diffuser au public. Il n’y a rien de facile avec Socalled. Il est un passionné, et ça parait. Il y a toujours quelque chose qui lui passe par la tête, une idée folle et originale.

Nous restons sur l’album Peoplewatching. Je suis encore sous le choc du nombre d’artistes invités qu’il implique dans son projet. Je lui demande donc pourquoi il aime tant s’entourer sur album. Il me répond simplement : « Ça, c’est ce que je fais »! Il aime s’entourer des maîtres me confient-ils. Il a une liste de contact ou d’artistes qu’il considère comme étant des maîtres de leurs instruments et il souhaite ardemment travailler avec eux. Josh est un homme si humain et sympathique. Il aime les rapports humains et les contacts. Il me dit qu’il adore collaborer avec des gens avec qui ça clique autant humainement que musicalement. C’est à la fois un défi me raconte-t-il… et il aime ça! Il essaie toujours de pousser plus loin les sons, les amalgames, les mélanges de style et de genre. Ça ne marche pas toujours me raconte-t-il, mais il persiste pour que le tout soit agréable à l’oreille. Il rajoute, pour clore le sujet, que le tout demande une grande « vigueur hybride ».

Suite à l’écoute de l’album et de la performance du MC sur les ondes de CHYZ, je lui demande pourquoi il a enfin décidé sur son cinquième album de mettre l’accent sur le rap. Josh me raconte donc qu’il est un mordu de musique du genre et que c’est ce qu’il fait tous les jours. Rappelons-nous que Socalled aime beaucoup les beats. C’est donc un retour aux sources pour l’artiste. De plus, sur Sleepover, son album paru en 2011, il y avait très peu de rap. Il a donc voulu faire de Peoplewatching  son album le plus axé sur le rap pour pallier le tout. Il y a un aspect spectacle à cette décision aussi. Il voulait arrêter d’apprendre les raps des autres et les faire lui-même.  En concert, ce sera plus vrai, plus sincère et plus enflammé.

Bannière publicitaire du concert de Socalled par District 7 Production
Bannière publicitaire du concert de Socalled par District 7 Production

Parlons-en du spectacle. Ce vendredi, au Cercle, ce sera la première du spectacle Peoplewatching. Il ne semble pas nerveux à l’idée de présenter pour la première fois son nouveau matériel devant public. Il est même excité, car il avait hâte de jouer du nouveau stock. Il aime encore jouer ses plus anciennes pièces (il y en aura vendredi!), mais il avait hâte de renouveler son spectacle qu’il roulé pendant quatre ans. Les anciennes pièces amènent un niveau de confiance, Socalled aime les défis. Il a donc très hâte de relever ce défi au Cercle. Les membres du groupe n’ont pas encore pratiqué le spectacle ni les pièces. Il me confie donc que vendredi sera un show en bon et du forme, mais un peu improvisé. Les cinq membres du groupe (six au total avec Josh) vont avoir du bon temps sur scène tout en présentant / répétant les pièces. Qui sont ces cinq comparses? Il y a Jamie Thompson (du groupe The Unicorns) à la batterie, Patrice Agbokou à la basse, JS Williams à la guitare, Erik Hove au saxophone et sa comparse Katie Moore à la voix.

Il met aussi l’accent sur le choix de la salle. Socalled a joué plusieurs fois au Cercle depuis le début de sa carrière. Il a toujours du bon temps, le public est enflammé et généreux à chaque représentation et il est toujours prêt à faire le party. Ce sera certainement un concert à ne pas manquer. C’est avec ces belles paroles que l’on se quitte après vingt minutes. Socalled et Poopsie doivent reprendre la route vers Montréal.

Vous voulez assister au concert? Ça se passe au Cercle le vendredi à 20h00 avec Mehdi Cayenne Club en première partie. C’est 20$ et présenté par District 7 Production!

Merci énormément à Socalled d’avoir répondu à nos questions. Un merci particulier à Dare To Care pour la rencontre et à CHYZ (et son animatrice Émilie Rioux) pour l’accueil dans leur studio.

[SPECTACLE] Ariane Moffatt | 22h22 | Impérial Bell |1er mai 2015

Ariane Moffatt 22h22 1er Mai 2015 Impérial Bell
Ariane Moffatt 22h22 1er Mai 2015 Impérial Bell

GÉNÉREUX 22H22

« On va partager ensemble ma nouvelle musique», s’exclama Ariane Moffatt en entrant sur scène avec enthousiaste et très contente de reprendre une tournée. Contrairement à la première partie où un léger brouhaha gâchait un peu la magie de la prestation, un silence presque de mort s’est installé quand la chanteuse s’est mise à chanter 22h22 sur son piano. Généreuse, elle cherchait le regard de son public à maintes reprises, même si elle devait se coincer la tête parfois. Sur Tireurs fous et Je veux tout, son groupe (seulement 3 musiciens) s’est laissé aller avec des versions live expérimentales pour la première et plus électro-rock pour la deuxième.

Plus en douceur, avec un projecteur, elle nous a interprété en piano-voix avec Laurence Lafond-Beaulne la très belle chanson Hôtel Amour. On aurait bien aimé être emporté par toute l’émotion des voix harmonieuses et des belles paroles, mais le public près du bar gâchait la magie.

On a été gâté par une réinterprétation plus électro-rock de In the Air Tonight de Phil Collins et surtout par l’apparition du rappeur Eman (Eman X Looper) qui ajouté son flow sur Mon corps. L’heure fatidique des 22h22 est passée dans un bordel instrumental apocalyptique.

Lors des chansons du rappel, avec une simple guitare, elle a chanté ou plutôt le public a chanté Point de mire. La fille de Charny a aussi retouché quelques paroles de Montréal pour s’amuser avec son public.

Les premières dates de tournée ont toujours leur petit rodage, on pardonnera l’erreur d’éclairage de la fin et l’oreillette d’Ariane qui est tombée à deux reprises.

La même formule sera présentée le 22 mai au Métropolis de Montréal et un peu partout au Québec (les dates). Elle a aussi annoncé qu’elle serait présente au Festival d’été le 14 juillet, en première partie de Patrick Bruel, sur les Plaines.

Première partie **** Milk and Bone

La voix d’Ariane Moffatt a présenté le charmant duo Milk and Bone qui ont sorti leur premier album à la mi-mars et qui avait été salué par la critique. Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin nous ont offert leur douce électro-pop de manière intimiste et un tantinet timide. Elles n’ont pas encore l’habitude d’être en avant de la scène, les anciennes collaboratrices de Misteur Valaire, des Sœurs Boulay, de David Giguère et j’en passe, et préféraient rester concentrées. Dans un éclairage feutré, avec seulement quelques spots de lumière, on a pu apprécier l’harmonie de leur voix notamment sur Coconut Water ou Pressure. Elles nous également offert une chanson inédite, interprétée seulement deux fois en concert, Poison qui respecte leur univers minimaliste, ponctué de beats un peu trap. Leurs voix envoutantes ont certainement charmé un public plus large ce soir.

 

[Entrevue] Caféïne – En spectacle à Québec ce samedi!

Crédit Photo : John Londono
Crédit Photo : John Londono

C’est ce samedi que Xavier Caféïne, maintenant appelé Cafeïne, revient visiter Québec pour un des derniers spectacles de l’ère New Love. Il est fraîchement de retour d’une expérience hors du commun au États-Unis pour lancer son album. Il nous a offert une entrevue dans le but de savoir ce qui se prépare dans sa vie professionnelle, mais aussi comment se déroulera sa visite à Québec de ce samedi.

Caféïne - «New Love»  (Indica Records)
Caféïne – «New Love»
(Indica Records)

En ouverture, nous revenons sur son passage en Californie en hiver 2015. En effet, l’album New Love, qui fut lancé en 2013 ici, est maintenant disponible partout chez nos voisins du sud depuis février 2015. Xavier affirme que l’album a été très bien reçu par les Américains. Les radios universitaires ont vraiment aidé à créer un petit hype. Quelques pièces ont eu un bon quota de roulement et les critiques ont été généralement très positives. Certes, pour utiliser ses mots, la réaction est à petite échelle. Mais il est vrai d’affirmer que la vague Caféine, malgré la petite réaction, fut ressentie par plusieurs Américains cet hiver.

Il est certain que le lancement et les réactions ont été différents du Québec. Il affirme lui même « être un petit nouveau là-bas». En comparant le Québec et les États-Unis, le chanteur aborde sa notoriété publique. Ici, «je suis un vétéran, mais là-bas, je ne suis qu’un parmi tant d’autres. L’accueil des médias est totalement différent». Les deux expériences sont vraiment différentes.

Typique de tous les albums anglophones créés par des artistes francophones, la question linguistique était sujet de discussion. Je lui ai demandé s’il avait ressenti une certaine réticence du public et des médias face à son album anglophone (New Love). Il répond que non. « Beaucoup moins qu’il y a dix ans », ajoute-t-il. La question linguistique est un débat plutôt en retrait ces dernières années, donc il n’a pas eu de problème. Il ajoute même une réflexion très intéressante sur le sujet. « Connais-tu des chanteurs ou groupes suédois qui chantent en suédois? », me demande-t-il. La réponse est non. « Par contre, tu connais The Hives, tu connais ABBA. Ce sont tous des groupes anglophones qui sont originaires de la Suède. Le Québec n’est pas plus niaiseux qu’un autre. Il a compris que les représentants à l’étranger [lire ici : pays non francophone] devaient chanter en anglais ».

Nous abordons maintenant sa série de spectacles à venir. Il y a un concert à Québec, un à Montréal et quelques showcases à Toronto pour la Canadian Music Week (CMW). C’est d’ailleurs en vue de ces showcases que les concerts de Montréal et Québec ont été ajoutés à l’horaire pour repartir la machine, car les derniers concerts datent de quelques mois. À quoi peut-on s’attendre samedi au Scanner? Il répond simplement que ce sera «l’album New Love avec deux pièces inédites et quelques vieux succès francophones tirés d’albums précédents». Xavier Caféine affirme ne pas être nostalgique de ses pièces plus anciennes. « J’adore encore beaucoup jouer ces chansons. Par contre, je ne suis pas nostalgique. Faut s’entendre que je n’ai pas de hits comme Iron Maiden ou encore Éric Lapointe. J’aime beaucoup aller de l’avant et présenter mon nouveau matériel. Je ressors le vieux stock dans le rappel ». Le show est dans une plus petite salle pour pouvoir adapter le concert au lieu et le faire par passion. Ce sont les derniers concerts de l’ère New Love. Caféine ajoute que les prochains concerts suivront vraisemblablement le prochain album.

Xavier Caféine lors de son passa à Osheaga 2013. Crédit Photo : Matthieu Paquet-Chabot / www.écoutedonc.ca
Xavier Caféine lors de son passage à Osheaga 2013. Crédit Photo : Matthieu Paquet-Chabot / www.écoutedonc.ca

En parlant du concert, nous avons aussi abordé le sujet de la première partie : Gateway Drugs. Le groupe est de passage au Canada pour la CMW et en profitera pour faire quelques concerts avec le roi du punk québécois. La connexion s’est faite rapidement entre les deux groupes grâce à John Kastner, gérant du groupe de L.A et ami de Xavier Caféine. Ayant ouvert pour le groupe lors de son séjour aux États-Unis, la faveur est maintenant inverse au Canada. En plus d’avoir une connexion musicale, ils sont maintenant des amis. En parlant du groupe, Xavier ajoute que les deux groupes «sont de la même famille, mais qu’ils n’ont pas vraiment le même son. Les deux shows seront donc totalement différents, mais dans le même esprit punk-rock».

Qu’est-ce qui attend Xavier Caféine dans le futur? «Décidément un album en anglais. J’ai déjà des maquettes de faites et j’aime ça. C’est différent». Lancer New Love aux États-Unis était pour montrer qu’il existait. « Maintenant, le gros reste à faire avec le prochain album », me dit-il. Par contre, il n’abandonne pas la langue de Molière. «J’aimerais beaucoup lancer un EP en français prochainement. Peut-être même avec un concept flyé de cassette ou quelque chose du genre, quelque chose de collection».  Il avoue adorer le français et surtout écrire en français. Il ne se sentirait jamais capable d’abandonner cette langue. Pourquoi un EP? Parce qu’il n’y a plus personne qui achète des albums lance-t-il. «Je les comprends, quand tu as le choix entre la gratuité ou payer 15$, je ne peux pas leur en vouloir de choisir la gratuité sur le web». À suivre…

Pour conclure, je lui demande de convaincre les gens, en quelques mots, de venir assister à son spectacle. Il me répond qu’il ne veut pas essayer de convaincre personne. « Si vous ne m’avez jamais vu, vous devriez aller au spectacle. » Le show est très physique et enflammé. Il ajoute qu’il est difficile de décrire l’expérience Caféine sur scène.

Caféine sera en spectacle au Scanner samedi 2 mai prochain à 21h00. Les billets sont en vente sur www.lepointdevente.ca. Il sera aussi le lendemain du côté de Montréal à La Vitrola. Le spectacle de Québec est présenté par District 7 Production. 

Merci à Xavier Caféïne d’avoir accepté de répondre à nos questions. Je vous conseille vivement d’aller voir le groupe en spectacle, c’est toute une expérience!

Le Festif annonce une programmation de feu pour sa sixième édition

Je ne sais pas où vous serez du 23 au 26 juillet prochains, mais pour ecoutedonc.ca, cette année, ça se passe au Festif de Baie-Saint-Paul (sorry Wayhome, maybe another year… particularly if you move your festival later in the summer!).

Pour sa sixième présentation, les organisateurs du Festif ont mis le paquet :

Affiche officielle

Vous pensiez qu’on niaisait, mercredi, avec notre petit teaser un brin agace? Ben non! Il y a tout ce qu’on avait dit qu’il y aurait!

  • Des vedettes établies? Les Trois accords, Alex Nevsky, Radio Radio, Bernard Adamus, Galaxie, Marie-Pierre Arthur, Mara Tremblay, ce sont des noms qu’on est content de voir sur l’affiche d’un tel festival.
  • Une légende? Au Québec, présentement, on ne fait pas plus légendaire que Robert Charlebois.
  • Une soirée qui fera danser Tout Baie-Saint-Paul? The Planet Smashers et Reel Big Fish vont nous faire danser, sauter, crier, nous énerver pendant toute une soirée. Oui Manon, viens danser le ska!
  • Un centre-ville super animé? Le samedi, la rue St-Jean-Baptiste sera piétonne et les amuseurs, dont le fameux Orchestre d’hommes-orchestres, se l’approprieront.
  • Plein de découvertes? Heat! Odeur de Swing! Dylan Perron et Elixir de Gumbo! Et plein d’autres, ça dépend juste de votre degré de connaissance de la scène musicale québécoise!

Des shows jusqu’à très tard dans la nuit? Fanny Bloom, The Franklin Electric, Loud Lary Ajust, We Are Wolves, Mononc’ Serge, Qualité Motel… ces crinqués jouent tous une fois les douze coups de minuit bien sonnés!

On ne vous a pas parlé des surprises, hein? Comme cette prestation surprise donnée par Louis-Jean Cormier l’an dernier devant une poignée de chanceux autour du feu à La ferme? Paraît qu’il y aurait quelques lieux secrets du genre cette année.

Vous voyez bien qu’on était sérieux!

Vous voulez plus de détails? Passez à la page suivante!