Vernissage de Gaspard Eden – Maelstrøm Saint-Roch, 11 janvier 2017

Gaspard Eden nous a entraînés au confluent des arts jeudi dernier : à l’occasion de son vernissage, l’artiste aux multiples visages offrait une performance musicale pour le moins psychédélique.

Gaspard Eden nous a entraînés au confluent des arts jeudi dernier : à l’occasion de son vernissage, l’artiste aux multiples visages offrait une performance musicale pour le moins psychédélique.

Accompagné par Alexandre Martel au synthé et vêtu d’habits dignes des prophètes du désert, Eden a rapidement installé une ambiance envoûtante à coup de sitar, d’encens, de cierges et de lumières tamisées. Le spectacle était certes bien captivant, mais la musique faisait surtout la part belle à l’art en se mettant à son service. Comme de fait, l’atmosphère lourde et voluptueuse qui se dégageait du duo semblait donner vie aux œuvres accrochées sur les murs.

Visuellement, l’expérience Gaspard Eden a quelque chose de sucré et de tordu à la fois, de profondément psychédélique en soi. La répétition incessante de motifs et les thèmes qui se communiquent d’un tableau à l’autre nous plongent dans cet univers qui, aidé par l’ambiance, faisait l’effet d’une expérience altérée de la réalité. Un univers fait de chairs qui fondent – trop organiques – de formes géométriques déformant ou stéréotypant l’usuel, de couleurs saturées et répétées, de symboles et de leitmotivs. Difficile, à travers cet ensemble, d’identifier les influences artistiques, qui doivent sans doute passer de l’héraldique médiévale aux figures anonymes de Keith Haring en passant par les profondeurs torturées des préraphaélites.

S’il y a une conclusion à tirer de l’événement qui, pour le moins qu’on puisse dire, a attiré une foule de curieux, c’est bien que Gaspard Eden, tout en décloisonnant les possibilités, se présente comme un tout cohérent à la recherche de sa logique interne.

(Photos : Jacques Boivin)

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Apéros FEQ: Gaspard Eden – District Saint-Joseph, 30 novembre 2017

On est passés par toute une gamme de sensations musicales en compagnie de Gaspard Eden jeudi dernier au District Saint-Joseph. Né des cendres d’Ego Death, le projet de Joey Proteau présente une évolution originale et prometteuse.

On est passés par toute une gamme de sensations musicales en compagnie de Gaspard Eden jeudi dernier au District Saint-Joseph. Né des cendres d’Ego Death, le projet de Joey Proteau présente une évolution originale et prometteuse.

Gaspard Eden – Photo : Jacques Boivin

Arrivée en plein milieu de la deuxième pièce – les Apéros FEQ ça commence vraiment à l’heure parce que «c’est un concours, right ?» – j’entendis, au moment de franchir le seuil, la distorsion des guitares et une voix qui grondait. «Est-ce que je suis au bon endroit ?», me suis-je même presque demandé. Avec une entrée en matière franchement grunge, le groupe faisait une coupure radicale d’avec la musique introspective et folk du Ego Death initial. Petit vent de fraîcheur dans le paysage musical local que ces chapes de plomb brutes et torturées.

Après, le groupe s’est replongé dans une atmosphère un peu plus planante en reprenant notamment d’anciens titres. Mais rien à voir avec ce qui se trouve sur Grief, duquel le groupe s’est éloigné encore davantage comparé à l’été dernier. Ainsi, Troubles s’est conclue sur une finale instrumentale on ne peut plus rock, tandis que Lucid Dreams s’était enrubanné de sonorités psychédéliques. Au passage, Proteau nous rappelait que, s’il a de l’aplomb, il sait aussi impressionner par la clarté de ses chants mélismatiques. Dans la même veine, il a présenté Heavy Burden, une nouvelle pièce chantée en compagnie de Clara Bernier Turgeon.

Gaspard Eden – Photo : Jacques Boivin

 

Les dernières pièces, elles, se sont démarquées par leur esthétique singulièrement psychédélique, qui rappelle la vibe de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Même la cithare était au rendez-vous sur une pièce intitulée Milk Crush.

Décidément, Gaspard Eden sait se revêtir de n’importe quel style et se l’approprier. Le chanteur change de style vocal comme il change de mimiques ou encore de guitares. Et il sait s’entourer: ses musiciens – guitariste (Antoine Angers), bassiste (Alexandre Martel), claviériste (Olivier Bresse), batteur (Olivier Beaulieu), percussionniste (Yuri dit «le dragon») – assurent solidement ses arrières à coup d’instruments et d’harmonies vocales.

 

Timber Timbre (+Organ Mood et Gaspard Eden) – L’Impérial, 19 novembre 2017

Timber Timbre – Photo : Jacques Boivin

Timber Timbre était déjà de retour à Québec après un passage au Cercle l’automne dernier, mais cette fois pour nous présenter son nouvel album Sincerely, Future Pollution. Le groupe habitué au Cercle ou au théâtre du Petit-Champlain allait-il faire courir une foule deux fois plus imposante? La réponse est oui et le mystère d’une popularité exponentielle soudaine a encore frappé, l’ambiance étant fort agréable pour cette audacieuse Nuit FEQ. C’est la pièce titre qui a ouvert cette performance sans artifice qui laisse une place prépondérante à la musique. Rapidement les nouvelles pièces comme Velvet Glove & Spit ou Moment ont prouvé la tangente beaucoup plus sensuelle qu’a prise la musique de Timber Timbre. Que dire de l’incroyable Hot Dreams sur laquelle Christophe Lamarche-Ledoux, de la formation Organ Mood, est venu ajouter l’indispensable solo de saxophone! Plus tard, l’ancienne Magic Arrow a été présentée dans un habillage beaucoup plus rock que folk, une efficace évolution ajoutant même une couche inquiétante de claviers à cette chanson issue du disque éponyme du groupe sorti dix ans plus tôt. Un autre moment fort de la soirée fut assurément l’enchainement des nouvelles pièces Grifting et Bleu nuit (avec en prime une autre présence de Lamarche au saxophone).

Si initialement le projet semblait être un truc plutôt solitaire, Kirk a bâti au fil des albums un solide groupe autour de lui et du guitariste Simon Trottier. Maintenant, autant le batteur Mark Wheaton que Trottier ou le claviériste Mathieu Charbonneau (ces deux derniers étant aussi musiciens de tournée pour Avec Pas d’Casque) supportent ce projet qui est résolument une affaire de gang. Au rappel, on a eu droit à la première pièce francophone du groupe: Les égouts. Tout ça s’est terminé fabuleusement bien avec les pièces revampées I Get Low et Trouble Comes Knocking, point d’orgue a une performance inspirante et exécutée à merveille. Comparativement à la performance timide, mais agréable du dimanche midi au Festif! sur le quai de Baie-Saint-Paul, Timber Timbre a livré un magistral concert dans une configuration qui sied beaucoup mieux à sa musique sombre.

En ouverture de soirée Gaspard Eden a présenté avec de nombreux musiciens son rock puisant souvent dans des inspirations grunge devant une foule attentive, mais discrète. Si musicalement la performance était impeccable, les rares interactions avec la foule étaient parfois maladroites. Ensuite c’est le duo Organ Mood qui est venu présenter sa performance peu orthodoxe au milieu de la foule. Il y avait ces projections acétates sur un immense écran qui couvrait l’entièreté de la scène, puis cette musique surtout instrumentale et très cinématographique qui a envoûté la foule rassemblée à l’Impérial. J’en aurais pris plus tant leur musique est efficace et envoutante.