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Région : Mauricie

[SPECTACLE] Gypsy Kumbia Orchestra à la Taverne de St-Casimir, le vendredi 7 avril

Encore une fois, l’équipe de la Taverne de St-Casimir a su frapper dans le mille avec le groupe multiculturel Gypsy Kumbia Orchestra. En entrant en plein soundcheck, je m’aperçois que les 14 membres du groupe seront tous dans la Taverne elle-même. Un beau défi pour les 14 musiciens, car il n’y a pas seulement les deux danseuses de salsa qui ont une chorégraphie, mais tout le monde.

Dès les premières notes de musique, on capte tout de suite l’énergie du groupe. Venant d’une peu partout au Québec, de Colombie et de Europe de l’Est, le groupe a été fondé à Montréal. La passion de la musique les a réunis sous une même style, qui rappelle beaucoup le Sud, la chaleur, les rythmes endiablés et la danse. Ce n’est donc pas étonnant de voir les deux jeunes demoiselles, Andrea Nino et Sandra Bustos, bouger sur des chorégraphies rappelant la salsa.

C’est au son de ses maracas que Juan Sebastian Mejia,, aka Perditi, guidait le groupe vers les chansons, toutes plus dynamiques les unes que les autres. L’assistance ne pouvait s’empêcher de bouger et de participer au spectacle. Avec les clarinettes de Zillien Biret et d’Aurelien Tomasi, les trombones d’Étienne Lebel, d’Eli Camilo et de Blaise Margail, les trompettes de Guillaume Garant et de Bertrand Margelidon, l’accordéon de Laurence Sabourin, le violon d’Anit Ghosh, les percussions d’Ivan Banford, de Maxime Ethier et de Sergio Barrenechea, on peut dire que la musique était très nuancée et complète. Le fait de voir autant de musiciens s’amuser réellement à transmettre leur passion était totalement contagieux.

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ma soirée, c’est que le groupe faisait beaucoup participer le public, que ce soit en le faisant danser, s’accroupir devant la scène, faire semblant de se battre ou taper dans ses mains. Le public ne s’ennuyait pas du tout. On voyait également le sourire dans le visage de chacune des personnes présentes. Je crois que c’est ce qui est le plus magistral avec ce groupe. Ils dégagent une telle confiance, une telle énergie et une telle aisance, que ça rend heureux. On a soudainement envie de participer, de danser, de chanter, de crier des mots en espagnol qu’on ne comprend pas toujours. Bref, on s’amuse.

J’ai su remarquer l’effort considérable qui est fait dans la mise en scène et dans les chorégraphies des musiciens et danseuses. Malgré l’espace restreint, ils y sont allés d’acrobaties, de pyramides, de mouvements répétitifs et de danses très élaborées. Un moment super intéressant également, c’est lorsqu’ils ont joué de la flûte colombienne (gaïta), instrument très original qui ne m’avait jamais été donné de voir.

En l’espace d’une soirée, j’ai eu l’impression que l’été était arrivé à St-Casimir. J’ai été transportée dans le Sud au son d’une musique festive, très multiculturelle et ne se définissant pas par un style particulier, mais mariant à merveille toutes les cultures qui se regroupent sous le nom Gypsy Kumbia Orchestra.

Crédit Photo : Adrien Le Toux 

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Région : Québec Spectacles

[SPECTACLE] Gypsy Kumbia Orchestra, Le Cercle, 16 septembre 2016

Soyez prêts à danser! Soyez prêts à danser et accueillez la Gypsy Kumbia Orchestra! On y danse du début à la fin, sans pouvoir s’arrêter. On voudrait que jamais ça ne finisse, on voudrait danser toujours sous leurs rythmes énergiques et hypnotisants, accompagnant la fascinante danseuse qui est si belle qu’on la regarderait danser toujours. Les quelque dix musiciens sur la scène ont une énergie débordante, et on les sent comme une grande famille à la fois exotique et accueillante. Le mélange des musiques gitanes d’Europe de l’Est et des rythmes afro-colombiens entraîne dans son esprit extrêmement festif. Le groupe était composé cette fois-ci de trompettes, de trombones, d’un saxophone, d’un tuba de fanfare, de clarinettes, de percussions variées, et d’un violon. La puissance des cuivres résonne et emporte: C’est la fête!

Je n’avais pas prévu écrire un article, je n’avais pas de temps, disais-je. Je ne savais pas comment faire, paraît-il. Mais là, il fallait que j’en parle.

Les musiciens avaient une connexion extraordinaire avec la foule, et ils se mêlaient même au public en descendant de la scène. Ils guidaient la danse; le chanteur parlait pour inviter à la fête. Trouvant la salle du Cercle un peu vide, ils sont sortis pendant l’entracte jouer leur musique sur le trottoir et ont ramené parmi nous une partie des gens qui prenaient l’air devant le District et l’Impérial. En effet, pendant la première partie, la salle était loin d’être pleine. On voyait que les autres spectacles qui avaient lieu vendredi soir avaient su attirer bien des gens, mais tous ceux qui étaient au Cercle y étaient pleinement, ce qui est l’essentiel. Et puis ça faisait plus de place pour danser.

Cette musique est enthousiasmante. C’est une « révolution par la fête », comme dit mon amie Célia. Il y a quelque chose de symbiotique entre les musiciens et la foule. Je n’ai vu personne qui ne dansait pas. La danse fait partie intégrante de cette musique-là.

revuelta-danza-partyD’ailleurs, Gypsy Kumbia Orchestra est un groupe basé à Montréal, composé de musiciens aux origines diverses (Colombiens, Québécois, Français, et bien d’autres). La formation existe depuis trois ou quatre ans et son premier album, Revuelta Danza Party, est paru il y a un an.

Alors vous, je comprends que c’était St-Roch Expérience et tout, mais vous avez manqué quelque chose! Heureusement qu’ils reviennent relativement souvent à Québec, vous allez pouvoir vous reprendre la prochaine fois!

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Entrevues

[Entrevue] La Gypsy Kumbia Orchestra : la danse pour changer le monde !

Lors de leur passage au Cercle, j’ai pu m’entretenir avec Anit, violoniste et directeur musical de Gypsy Kumbia Orchestra. Mon petit calepin de notes n’était cependant pas assez efficace comme moyen de prise de note, j’ai donc décidé de rejoindre Anit par téléphone afin qu’il me raconte un peu son groupe. Voici ce que ça a donné:

Salut Anit,

J’aimerais en premier lieu que tu me dises c’est quoi au juste l’histoire de Gypsy Kumbia.

Tout a commencé avec la Salsa descalza, un collectif de danseurs et de musiciens qui se sont donné pour objectif de faire connaître et partager la danse. Carmen et Sebastian du collectif avaient le rêve de créer le groupe afin de mélanger la musique des Balkans avec la musique Afro-colombienne. Et c’est Sébastien qui m’a demandé de faire la direction musicale du groupe. Avec un aussi gros groupe, c’est pratique d’avoir quelqu’un qui arrange les partitions et qui s’occupe de tout l’aspect musical. Ça fait maintenant trois ans depuis le premier concert. On a fait le tour de la Gaspésie, du Nouveau Brunswick et de l’Ontario. On est aussi allé un mois en Colombie en hiver 2014 ainsi qu’en France dans la vallée de la Loire ce printemps.


Parle-moi un peu plus des influences musicales du groupe.

C’est à part égale la musique afro-colombienne qui est très présente dans les percussions, particulièrement dans la tambora, l’alegre, le llamador et les maracas. Puis la musique des orchestres et fanfares de l’Europe de l’est. Normalement, dans les ensembles de l’Europe de l’est, on retrouve soit des cordes, soit des cuivres, mais avec la GKO on mélange les deux. Il y a bien quelques groupes qui font un peu dans cette veine, notamment Mahala Rai Banda, qui mélange violons, chants, cuivres, etc., mais ça demeure quand même hors du commun.


C’est quoi la musique Afro-Colombienne?

C’est un mélange de trois influences : les musiques autochtones avec la flute gaita et percussions, des musiques africaines noires et influences européennes. Il y a une cumbia plus traditionnelle avec percussions, flute, chants, et certains artistes reprennent ça aujourd’hui : Petrona Martinez, Toto La Momposina, puis los Gaiteros de San Jacinto, qui jouent la cumbia « ancienne », mais à une époque, dans les années 50 et 60, les gens faisaient des fanfares de big band pour faire danser les gens. Ça a donné une cumbia beaucoup plus arrangée avec la basse électrique et les cuivres. Puis la cumbia a eu une grande influence en Amérique latine. Plusieurs pays ont adopté leur propre version de cumbia comme, par exemple la chicha péruvienne. Le Mexique, la Bolivie, l’Argentine, le Chili et d’autres pays latino-américains ont tous aussi développé leur version de la cumbia. Des fois le rythme ressemble au reggae, son rythme polyvalent peut être repris tout en gardant la nature de base de la cumbia. La musique afro-colombienne englobe aussi une famille de plusieurs autres rythmes: porro, mapale, fandango, etc… On s’inspire de tout ce qui relève de ce genre de musique, autant du point de vue des mélodies que de l’instrumentation, mais aussi des rythmes et mélodies de l’Europe de l’est, notamment des rythmes impairs 9/8, 7/8, 9/4, qui sont des rythmes appartenant aux danses populaires de ces pays.

Quels sont les défis à surmonter quand on a un projet de cette envergure ?

Il ne manque pas de défis, tant au niveau de la gestion qu’au travail de création souvent collectif.
Booking des spectacles et des tournées, demandes de subventions, gestion des finances, graphisme et publicité sans oublier bien sûr tout le travail au niveau de la danse, de la mise en scène et de la musique ! Beaucoup de membres du groupe sont proactifs dans la gestion et dans l’accomplissement des différentes tâches à faire, alors on y arrive!


Comment ça se passe de ton côté pour la musique ?

J’essaie d’être à l’écoute de ce qui nous inspire, et de ce qui inspire les musiciens. Puis je vise un juste milieu. Je ne fais pas des arrangements inutilement complexes, mais plutôt efficaces. Notre objectif premier demeure danser et faire danser. D’ailleurs les musiciens dansent lorsqu’on joue les arrangements. On cherche à faire une musique dansante et ressentie, qui donne des émotions fortes. Il y a aussi eu 4-5 autres membres du groupe qui ont contribué à l’album en tant que compositeurs. Le directeur artistique, Juan Perditi, a l’idée de base derrière le spectacle. Il a une vision pour la mise en scène et le déroulement du spectacle et je m’organise pour que la musique soit fidèle à cela !


Est-ce que la réaction est la même partout ? Les gens dansent-ils toujours ?

Oui ! J’ai trouvé que non seulement ils dansent, mais le spectacle plaît à un auditoire très divers, jeune, vieux, québécois, latino, gens de l’Europe de l’est, même les hipsters! Tout le monde y trouve son compte. On reçoit aussi beaucoup d’appréciation des amis musiciens qui ont des oreilles critiques, qui ont vu le chemin qu’on a fait ensemble et qui expriment des bonnes choses. Il faut dire que le groupe est très jeune – trois ans seulement – c’est donc toujours en croissance, en apprentissage musical, scénique, et notre capacité à rejoindre le public est toujours plus forte. Depuis nos débuts on remplit une fois par mois la Sala Rossa, qui est une salle de plus de 300 personnes, et récemment on a rempli le Club Soda pour le lancement juste après celui de Québec.


Quand vous avez joué au Cercle en septembre, vous parliez de revenir jouer le mois prochain. Est-ce que ce sera le cas et à chaque mois? C’est quoi l’objectif pour les spectacles ?

Depuis quelques années on souhaite pouvoir avoir une journée mensuelle à Québec comme celle que nous avons à Montréal. À Montréal on n’a pas de trop de problème à avoir notre public. On va voir pour ce qui est de Québec, si le public est capable de remplir la salle. Il faut dire qu’il y a aussi une grande diaspora colombienne à Québec donc il y a certainement un bon potentiel.

Comment l’album a-t-il été produit ?

Autant que possible, on a enregistré tous en même temps. Les solos ont été enregistrés en même temps aussi, il n’y a donc pas d’overdub sauf pour des questions de logistique. Lorsqu’un musicien ne pouvait pas être là par exemple. Donc, pour la plupart des instruments, on a tout fait en même temps, mais chaque groupe d’instruments dans une pièce différente pour se garder un certain contrôle dans la sonorité. L’album a été enregistré au studio Tone Bender avec Olivier St-Pierre [N.d.r. : pas moi!]. Je ne sais pas ce que toi tu retires comme émotion en écoutant l’album, mais c’est voulu dans le spectacle et dans le disque que chacun puisse en tirer son propre message. Il reste libre à l’interprétation. C’est notre approche artistique. Je suis satisfait que l’on exprime avec cet album un certain besoin de changement du système de valeurs qui domine dans la société. On sent partout ce besoin de renouveler notre société, notre être, nos actions et d’y arriver en se responsabilisant soi-même, en se donnant le droit d’être artiste, d’être un héros, d’être un vecteur de changement et ne pas s’attendre à ce qu’un élément extérieur amène ce changement. C’est un message constant dans ce qu’on fait.

Est-ce que ça se reflète plus fortement dans une chanson particulière ?

C’est présent partout dans l’album et dans le texte. Mais il y a bien une série de quatre chansons qui commencent avec Gaïa Bolo. Ces quatre chansons symbolisent la mère terre qui exprime sa déception envers ses enfants. Est figurée ensuite une époque de cataclysme écologique qui dévasterait la surface de la terre et qui apporterait du nouveau. S’ensuit la renaissance de la vie et des prochains chapitres de la belle époque de la planète. Il y aussi Alta Cima, où le texte dénonce l’accumulation de plus d’argent que ce dont on a réellement besoin. Il y a Maxicumbia où on utilise cette phrase qui dit qu’on n’est pas tous des artistes, mais qu’en tant qu’êtres, on a besoin d’être artistes. On a tous le droit de s’exprimer artistiquement, sans forcément être de grands artistes chevronnés. Tout le monde a le droit de s’approprier ce qu’il y a de beau dans les arts et de l’appliquer dans sa vie.


Est-ce que tu veux dire quelques mots de l’album de ton autre groupe Ayrad ?

Oui ! Il s’agit d’un tout autre type de production, très studio, très raffiné. Et le projet connaît un bon succès. On a été nommés aux Juno pour l’album de musique du monde de l’année ainsi qu’au Canadian music awards et à l’ADISQ. On est allés jouer pour l’ambassade Canadienne au Qatar, puis en Écosse au « Mela » d’Édimbourg. C’est un projet très intéressant où on s’inspire des racines de musiques marocaines avec des chansons très vieilles qui sont reprises ou des styles de musique qui viennent des villages ou des confréries soufies. On mélange ça avec un ensemble urbanisé : drum, guitare et basse électrique, percussion, hautbois, violon. C’est une formation peut-être un peu plus rock mais qui reflète aussi des côtés « roots » marocaine.

Merci beaucoup pour ton temps Anit !