[FEQ] Compte rendu, 9 juillet 2017

Les soirées se suivent, mais elles ne se ressemblent pas au Festival d’été de Québec! Si, hier, nous avions opté pour la pop feutrée et le country-folk apaisant, aujourd’hui, nous étions surtout dans le rock énergique et la pop très dansante. Désolé, Michel Fuguain et les Backstreet Boys!

Fred Fortin – PopUP FEQ, Le SPOT

Fred Fortin – Photo : Jacques Boivin

On voyait le gros nuage noir s’approcher dangereusement de la ville et on craignait le pire pour cette prestation surprise qui avait tout pour faire rêver. Fred Fortin à droite, son fidèle complice Olivier Langevin à gauche. Le ciel de plus en plus gris en haut. « C’est ça que ça fait, de pas être fin avec le petit Jésus! »

Les moins chanceux ont eu deux chansons et trois quart avant l’arrivée de la pluie. La toujours jolie Oiseau, puis deux vieilles tounes de Gros Mené, soit L’amour à l’échelle et Venus. On soupçonne d’ailleurs la Vénus de Milo d’avoir pleuré toutes les larmes de son corps pour que cesse ce doux moment avec Fred.

De nombreuses personnes, dont votre pas très humble serviteur, sont allées se réfugier dans les voûtes voisines. D’autres, qui auraient pu se croire moins chanceuses, se sont cachées sous un petit chapiteau où Fortin et Langevin sont venus les rejoindre, guitare à la main, pour une Ultramarr acoustique qui n’a pas suffi pour faire réapparaître le soleil.

Fuck you, Venus! (Jacques Boivin)

Heat – Scène Fibe

Heat – Photo : Jacques Boivin

L’orage s’était calmé, direction la haute ville dans un autobus en folie où le chauffeur faisait jouer les grands succès des Backstreet Boys, au plus grand plaisir des jolies trentenaires nostalgiques de leur adolescence. Pour ma part, je me disais que j’allais me reprendre avec la formation montréalaise Heat, qui se produisait sur la scène la plus propice pour les découvertes locales, soit la jolie scène Fibe.

La pluie est revenue nous narguer après seulement deux chansons du groupe, qui ont dû quitter la scène quelques instants avant de revenir rocker les gens qui sont restés. Ouf! Susil Sharma et ses complices avaient tant à offrir, ça aurait été dommage de ne pas en profiter encore quelques minutes!

Pas trop d’artifices sont nécessaires quand on a du bon stock à proposer! Et c’est exactement ce que Heat avait à offrir, entre autres, avec les chansons de l’excellent Overnight. De l’indie rock qui goûte un peu le new wave et qui, dans leur exécution sur scène, peuvent parfois faire penser à du War on Drugs, ce qui est loin d’être un défaut. (Jacques Boivin)

Samito – Scène Hydro-Québec

Samito – Photo : Jacques Boivin

C’est un Samito généreux et chaleureux, ravivé par le soleil suite à un orage vigoureux, qui s’est pointé sur la Scène Hydro à D’Youville. Par sa fougue et sa vibe positive, l’artiste a su démontrer pourquoi Radio-Canada en a fait sa Révélation 2015-2016 en musique du Monde. C’est pas simple d’ouvrir au grand soleil, devant une place presque vide, mais le chanteur a tout donné pour ravir ses fans qui ont fini par emporter tout le monde avec. Avec son électro dansant aux saveurs cosmopolites, le Montréalais est un ambassadeur multiculturel émérite, lui qui livre une performance en plusieurs langues. (Christian St-Pierre)

Geoffroy – Scène Fibe

Geoffroy – Photo : Jacques Boivin

Au tour de Geoffroy de prendre d’assaut la Fibe. Contrairement à ses prédécesseurs, le beau temps est au rendez-vous et le public a répondu à l’appel (le site était rempli!). Parmi les nombreux curieux (qui avaient probablement entendu son nom lorsqu’il participait à l’émission La Voix – OK, mon quota de « La Voix » est épuisé pour le FEQ), on retrouvait également une foule de fans qui connaissaient les paroles des chansons par coeur et qui groovaient sous la pop électro de l’artiste. La prestation avait pour fondation l’excellent album Coastline. Un album qu’on aurait pu croire difficile à rendre sur scène tellement il est riche en textures. Mais non, Geoffroy et ses trois musiciens y arrivent facilement! On a les bleus, mais les hanches bougent toutes seules. On aurait peut-être aimé un peu moins de timidité de la part de l’artiste, qui donne l’impression de se servir de ses claviers comme une barrière entre lui et son public. Un bémol très mineur quand on considère toute la belle musique qu’on a entendue pendant une bonne heure! (Jacques Boivin)

Mydy Rabycad – Scène Hydro-Québec

Mydy Rabycad – Photo : Jacques Boivin

Définitivement, le glam et le glitter sont en vogue en ce 50e Festival d’été. Dans sa bio, le groupe tchèque Mydy Rabycad était annoncé comme faisant un électro-swing rappelant celui de Caravan Palace. Certes, on a eu droit à quelques pièces du genre, mais la prestation allait dans un registre beaucoup plus large, passant du funk au disco, rappelant même parfois les envolées planantes de Donna Summer. D’autant plus que l’argenté, le rose et les paillettes étaient bien présents et que la chanteuse y va joyeusement en ce sens. C’est donc un band ultra motivé et intense qui s’est présenté sur la scène Hydro-Québec, et les spectateurs sur place n’ont pas hésité à lui emprunter le pas avec des applaudissements nourris.

(Christian St-Pierre)

IDALG – Impérial Bell

IDALG – Photo : Philippe Ruel / FEQ

C’est à IDALG, un sextuor de Montréal que revenait la tâche de réchauffer la foule pour cette soirée sous le thème du rock. Leur musique emprunte au rock garage et au post-punk avec un penchant pour des mélodies inquiétantes. La présence d’un tambouriniste évoque bien sûr les légendaires Breastfeeders, sans toutefois emprunter leur touche rock n’roll/yéyé. IDALG a présenté plusieurs pièces du récent Post Dynastie dont l’excellente Demi-Serpents en début de concert. Ils se sont bien acquittés de la tâche, alternant des chansons instrumentales par d’autres chantées généralement par Yuki Berthiaume-Tremblay. La foule était à l’écoute, même si le groupe n’est jamais véritablement parvenu et créer un contact fort. Il faut dire que la présence scénique timide des membres du groupe entretient une certaine distance. (Julien Baby-Cormier)

Le Couleur – Scène Fibe

Le Couleur – Photo : Jacques Boivin

On ne pouvait espérer mieux pour terminer la soirée sur la plus belle scène du Festival d’été de Québec. Un coucher de soleil magnifique accompagnait la formation Le Couleur, quelques fans prêts à danser leurs vies sur le bord de la rampe, et de la pop entraînante pendant près d’une heure. La formation menée par Laurence Giroux-Do a montré, une fois de plus, pourquoi son plus récent album P.O.P. se trouvait sur la liste longue du Polaris, mais cela ne rend aucunement justice à l’énergie déployée par la formation sur scène. Il faut voir Laurence s’élancer sur la scène, sautiller partout, inviter le public à danser avec elle, pour vraiment vivre l’expérience Le Couleur. Une bête de scène qui se cache sous des traits de jeune femme sage!

Le Couleur – Photo : Jacques Boivin

Évidemment, une prestation de Le Couleur ne serait pas complète sans les succès du groupe et c’est avec un grand bonheur qu’on a pu entendre les Club italienConcerto rock et autres Voyage amoureux (dans une finale enlevante). Sans surprise, un nombre grandissant de curieux s’est massé sur le parterre, préférant rester quelques minutes de plus, quitte à manquer La Chicane ou Nick Jonas. À notre avis, c’était un excellent choix.

La vie est belle quand elle est aussi colorée. (Jacques Boivin)

Death From Above – Impérial Bell

Death From Above – Photo : Philippe Ruel / FEQ

La dernière présence de DFA1979 remontait à la tournée conjointe avec les rednecks d’Eagles of Death Metal. Ce soir-là, le chanteur/batteur Sebastien Grainger présentait certains signes de fatigue inhérents aux fins de tournée. Hier soir, dès les premières notes de Right On, Frankenstein!, nous avons compris que ce spectacle serait pas mal plus énergique et épique. Ils ont enchainé les pièces de leurs deux albums, Grainger étant en mesure de chanter avec l’énergie nécessaire à ce genre d’exercice et avec l’attitude rock très assumée de Jesse Keeler à la basse nous avons la chance de prendre plein la gueule. La foule s’est particulièrement réveillée lors de la 3e pièce, Turn It Out, qui ouvre l’album culte du duo You’re A Woman, I’m A Machine. Ils ont puisé également dans leurs deux albums jouant même Dead Womb une petite bombe de leur premier EP. Ils ont également performé deux nouvelles pièces, dont le simple Freeze Me, qui suit la mode actuelle de flirter davantage avec la pop. Heureusement, sur l’autre pièce, Caught Up, Death From Above semble ne pas avoir totalement vendu son âme au mercantilisme ambiant dans le monde de la musique.

Ils ont poursuivi leur set le pied au plancher, nous servant deux des pièces les plus efficaces de l’album Physical World en rappel: la pièce titre et l’excellent Government Trash. Reste à espérer qu’ils reviennent nous voir avec en main un album qui ne dénature pas ce qu’on aime du groupe, c’est-à-dire leur énergie brute quasi juvénile avec leur fameux son de basse fuzzé à souhait. (Julien Baby-Cormier)

Pink Martini – Scène Hydro-Québec

Pink Martini – Photo : Jacques Boivin

Quand on pense au jazz et au big bands, il nous vient tout suite le mot raffinement en tête. Et c’est le mot exact pour qualifier la prestation qu’à donnée Pink Martini hier soir sur la Scène Hydro-Quebec. C’est devant ce qui est est peut-être la plus grande foule jusqu’ici à Place D’Youville que le petit orchestre américain a déroulé son matériel dans des saveurs jazz, évidemment, mais aussi latin et lounge. Non seulement le groupe assure par sa virtuosité, mais c’est par ses chansons polyglottes. Je ne le suis pas moi-même, mais il me semble avoir entendu de l’anglais, du français, de l’espagnol et peut-être même de l’italien… je n’est suis pas 100% sûre. Mais toujours est-il que c’est à une prestation très classe et distinguée que nous avons assisté sous la lune plus tout à fait pleine. Une soirée où il fait bon entendre la vie en rose. (Christian St-Pierre)

[OSHEAGA] Il va faire chaud cet été à l’Île Notre-Dame

On avait eu un avant-goût de la programmation d’Osheaga la semaine dernière alors qu’une soixantaine de noms ont été dévoilés dans le cadre d’un jeu de mémoire (plutôt amusant). Les organisateurs du festival, qui se déroulera à Montréal du 4 au 6 août prochain, viennent de dévoiler leur affiche.

Et il va faire chaud!

En tête d’affiche : The WeekndMuse et Lorde, en plus de Major LazerAlabama ShakesJusticeSolangeCage the Elephant et Die Antwoord.

Osheaga a toujours eu la réputation d’avoir beaucoup de profondeur et le festival continue dans la même veine : Foster the People, MGMT, Father John Misty, The Shins, Belle and Sebastian, Run the Jewels, Liam Gallagher, Broken Social Scene, London Grammar, Crystal Castles, De La Soul, Tegan and Sara, Death From Above 1979, Local Natives, Arkells, Danny Brown, Phantogram, Foxygen, Angel Olsen, Dawes (!!!), Badbadnotgood, Andy Shauf, Pup, Bernardino Femminelli et plusieurs autres ont également répondu à l’appel!

La scène québécoise sera fichetrement bien représentée cette année : Plants and AnimalsHeatCRiKROY, Le CouleurSamitoGeoffroyHeartstreetsMen I Trust et Rosie Valland seront de la fête.

Les laissez-passer pour le week-end (admission générale : 320 $) sont en vente dès maintenant sur Osheaga.com.

[FESTIVAL] FME 2015: Une journée éclatée !! (jour 2)

Quand tu dois regarder tes photos pour te remémorer les événements, c’est signe que ça a été une belle et grosse deuxième journée au FME.

Jeanne AddedAlors, ce vendredi 4 septembre, au studio du CFME 91,9, on a eu droit à la performance en direct de Debbie Tebbs. Nicolas Tittley, en entrevue à l’émission Les deux Mathieu presque Parfa’, a annoncé la performance-surprise de Jeanne Added à 16h dans une ruelle. Je m’y suis rendu, mais comme ça a commencé 45 minutes en retard, j’ai dû partir après avoir seulement vu les tests de sons. Pour ceux qui ne seront pas au spectacle hip-hop ce soir, il faut se rendre à l’Agora des arts pour la voir en spectacle principal.

Phil BrachJe me suis empressé de me rendre à La Légion pour assister au lancement de Philippe Brach. Un Phil Brach « toasté de la veille » a commencé son sa performance les bras en l’air avec quelque chose qui ressemblait à des incantations. Avec Louis-Jean Cormier comme guitariste, le public, très nombreux, était ravi. Avec le même t-shirt que pour le lancement de son premier album et, évidemment, sans souliers dans les pieds, il nous a offert un lancement digne de son imaginaire créatif. Tout de suite après, on l’a rejoint sur la terrasse de la chocolaterie Le Gisement pour une entrevue et une performance acoustique.

Après avoir rapidement mangé, je me suis rendu à l’Agora des arts pour entendre les dernières chansons de Fire/Works. Je suis arrivée au moment où la foule était complètement sous le charme.

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Il fallait se dépêcher pour se rendre au tant attendu spectacle de Ropoporose au Cabaret de la dernière chance. Après une attente de 20 minutes à l’extérieur, on a finalement pu rentrer pour voir la dernière moitié de leur performance. Une performance solide, juste, intense et charmante à la fois. Heureuse d’avoir pu enfin voir leur spectacle.

 

S’en est suivi le groupe Heat avec la voix grave de Susil, qui accentue d’autant11920332_10153102919820950_1074679783_n plus les mélodies de guitares et qui rend le tout plus intense. Après quelques chansons, j’aurais aimé un peu plus de dynamisme, mais j’ai tout de même été très heureuse d’avoir pu assister à ce qu’on croyait être le dernier spectacle de la journée.

 

On s’est déplacé par la suite vers le Morasse pour remplir nos petits ventres de poutine et, en chemin, nous avons croisé la bataille de crêpes… Arrivé à destination, il y avait des gens qui jouaient sur le piano public installé à côté des tables de pique-nique. Une belle fin de soirée pour une journée qui a été intense et éclaté en styles musicaux.

 

 

[La Grosse Lanterne] Samedi 8 août 2015

La foule pendant Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)
La foule pendant Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)
Bernhari (crédit photo : Marion Desjardins)
Bernhari (crédit photo : Marion Desjardins)

Béthanie : pas de chance de tomber là par hasard. Ceux qui s’y sont rendus voulaient vraiment y être et ça paraissait dans l’écoute et la bonne humeur générale. La Grosse Lanterne récidivait donc pour une deuxième édition relevée. C’est devant quelques curieux que Gabrielle Papillon a amorcé la journée avec son folk intime.

Il y avait déjà un peu plus de monde pour Bernhari. Il a livré avec son excellent groupe une performance étincelante, et ce malgré la foule assise (qui semblait somme toute apprécier). Un coup de coeur arrivé tôt dans la journée;une de ces fois où on maudit le format « courte prestation » des festivals!

Face-T (crédit photo : Marion Desjardins)
Face-T (crédit photo : Marion Desjardins)

J’ai entendu le reggae de Face-T au loin, profitant d’un moment pour visiter le site. Tu sais que tu es dans un festival spécial quand tu peux aller acheter ta viande fraiche dans un petit stand local (ou des pops super granos (et délicieux)) et la faire cuire sur des BBQ mis à la disposition de tous. Les gens semblaient aussi apprécier la présence de deux food-trucks qui servaient de la bonne bouffe en plus d’ajouter du cachet à l’évènement. Pour ma part, gros coup de coeur pour tous ces petits à côté!

Dear Denizen (crédit photo : Marion Desjardins)
Dear Denizen (crédit photo : Marion Desjardins)

Retour vers le devant de la scène pour découvrir Dear Denizen. Le chanteur, Chris Ngabonziza, très charismatique a offert une excellente performance pendant le plus chaud moment de la journée. Les enfants dansaient déjà lorsqu’il a exhorté la foule de se lever et bouger sur les rythmes rock et groovés de leurs entrainantes chansons. Très bon moment.

Ponctuation
Ponctuation (crédit photo : Marion Desjardins)

Ponctuation a également tout donné devant une foule emportée par les riffs accrocheurs du trio. On était déjà vendu à leur cause, ils n’ont pas déçu. Après, Heat est arrivé avec son rock un peu paresseux. Ça tuait un peu le mood établi par les groupes précédents alors après quelques chansons, nous sommes allés tester le BBQ.

Milk & Bone
Milk & Bone (crédit photo : Marion Desjardins)

Ensuite la pop rêveuse de Milk and Bone a été la première a attirer une plus grande foule. Je trouve que le format à deux claviers montre rapidement ses limites, mais à voir la qualité de l’écoute des spectateurs, on peut dire que les deux filles ont déjà une base de fan solide. La reprise de « Death with dignity » de Sufjan Stevens était très réussie.

Heat (crédit photo : Marion Desjardins)
Heat (crédit photo : Marion Desjardins)
Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)
Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)

Je n’ai jamais su apprécier le hip-hop; impossible d’expliquer pourquoi. Pourtant Koriass a réussi à me mettre sur le cul avec une performance énergique, tantôt drôle, tantôt émouvante. Beaucoup de subtilité dans un style qui en manque parfois (mon avis de non-initié ici… je sais). Phil Roy et Safia Nolin ont tous deux fait un caméo dans son spectacle. Il a aussi rendu hommage à Sean Price décédé plus tôt dans la journée. Il est très impressionant à voir rapper. Wow!

Karim Ouellet (crédit photo : Marion Desjardins)
Karim Ouellet (crédit photo : Marion Desjardins)

Karim Ouellet avait pour sa part une impressionnante cohorte d’admirateurs. Il n’avait aucune difficulté à faire chanter les spectateurs (surtout -trices). Son style désinvolte et sympathique est contagieux. Judidieux ajout à la programmation. « Marie-Jo » en finale, d’abord seul à la guitare, puis accompagné de son orchestre (les 2 gars de Mister Valaire offrent une dimension ultra-festive à sa musique) fut un des très beaux moments de cette journée. Beaucoup de monde se démenait dans la foule pendant Loud Lary Ajust. J’avais déjà eu ma (bonne) dose de hip-hop pour la journée, alors on s’est reposé en attendant Malajube.

Loud Lary Ajust (crédit photo : Marion Desjardins)
Loud Lary Ajust (crédit photo : Marion Desjardins)
Malajube (crédit photo : Marion Desjardins)
Malajube (crédit photo : Marion Desjardins)

Les visages ont changé quelque peu au-devant de la scène entre les deux groupes, mais la performance du quatuor était décidément fort attendue. Les gens autour pariaient sur la première chanson de la soirée (c’est finalement Casse-Cou qui aura été choisie par le groupe), scandaient le nom du groupe et s’agitaient. On a aussi entendu le magique: « Julien Mineau, tu es mon chum pis tu le sais pas! » La foule à l’avant a embarqué à pieds joints dans cette performance fort bien ficelée. Plusieurs classiques furent joués tout au loin du spectacle parmi lesquels se sont faufilés 2 nouvelles chansons (Suzanne aux yeux noirs et Mélotrope), deux pièces prometteuses à la fois complexes, lentes et lourdes qu’il faudra réentendre pour se faire une véritable idée. Après l’énergique Robot sexy, Julien Mineau de s’écrier: « C’est du sport Malajube ». On approuve. Critobald en clôture de programme a été comme d’habitude un exemple de la puissance sonore du groupe et de l’apport de tout un chacun. Puis, le groupe est revenu sous les acclamations pour une version absolument époustouflante et épique d’ursuline. La quantité de commentaires élogieux sur Malajube en sortant de la Grosse Lanterne prouvait bien que tout le monde venait de passer un excellent moment. Vivement le prochain disque!

La grosseur de la foule (malgré la qualité) n’était probablement pas à la hauteur des attentes des organisateurs, mais j’espère te revoir Grosse Lanterne parce que tu es un festival différent avec une âme et visiblement mené par des gens passionnés.

[FESTIVAL] La Grosse lanterne, 2e édition

TourneeÉcoutedonc.ca profitera de la présence de Jacques à Gaspé, mais il y aura aussi les jeunes cools et branchés qui se feront bouffer par les mouches à La Grosse Lanterne ce samedi 8 août. Ce sera une première expérience pour nous et sur papier le festival a tout pour plaire. Expérience nature, camping, concerts, bonne bouffe avec une pléiade de groupes et de DJs qui jouent de midi à (passé) minuit. C’est somme toute assez intime (on pourrait accueillir jusqu’à 3000 personnes semble-t’il) et en plus, c’est proche de plusieurs villes; les organisateurs ayant établi leurs pénates à Béthanie, proche de Sherbrooke, Drummondville et Granby et pas si loin de Montréal et Québec.

Vendredi, sa commence tranquillement avec une soirée de courts métrages et la projection de l’excellent documentaire Montage of a heck, sur la courte vie de Kurt Cobain. Ce sera suivi de DJ sets.

Nous arriverons le samedi. Ça débute à midi avec Gabrielle Papillon (ce sera une première pour ma part) et elle sera suivie d’une incroyable et éclectique brochette d’artistes: Bernhari, Face-T, Dear Denizen, Ponctuation, Heat, Milk & Bone, Koriass, Karim Ouellet, Loud Lary Ajust qui se succèderont sur scène sous un chaud soleil; la météo semblant vouloir coopérer pas à peu prêt!! Ça se termine par le retour sur scène de Malajube après 3 ans d’absence. Si on se fie aux entrevues données cette semaine par les membres du groupe, ce sera un spectacle assez unique, avec un setlist mélangeant les pièces que les membres du groupe préfèrent jouer en concert avec quelques nouvelles chansons un peu grunge (selon Julien Mineau) et assez complexes (selon Francis Mineau). Les vidéoclips du Jus de Citron et du Blizzard avez été tous deux tournés dans le bois d’ailleurs… un présage?

Existe-t’il un mot pour décrire à quel point on a hâte?

[FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC] Compte rendu, jour 9 (scène Loto-Québec)

J’ai eu un énorme choix à faire lors de ce 9e jour au Festival d’été de Québec: les plaines, l’Impérial et le Pigeonnier m’intéressaient grandement ! Je dois avouer que mes préférences photographiques m’ont fait trancher sinon je crois que je serais encore en train d’essayer de choisir !

Heat

Heat
Heat – Photo : Marion Desjardins

J’avais manqué les Montréalais lors de leur dernier passage dans la ville, j’avais donc bien hâte de voir ce qu’ils allaient nous offrir. Le site était tout d’abord beaucoup moins plein que ce à quoi je m’attendais et il y avait à peine de l’excitation lorsque le groupe est entré sur scène. Ils enchaînent les pièces une à une, sans interaction, ni contact avec la foule, quelques soucis techniques, les gens n’embarquent pas du tout ou presque, malheureusement. Je suis encore mitigée sur cette performance: le côté musical était très intéressant mais après avoir vécu des expériences plus personnelles dans les derniers jours, ça pèse fort dans la balance !

Viet Cong

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Viet Cong – Photo : Marion Desjardins

J’étais impatiente de revoir Viet Cong, découvert l’an dernier lors du Festival Off de Québec. Je voulais pouvoir juger plus objectivement leur prestation sans le parti pris de la « nouveauté ». Déjà lors de l’annonce, le public semblait plus motivé et aussi plus nombreux. Enfin ça lève… jusqu’à la 3e pièce ! Un amplificateur a sauté et doit être changé ! Les membres en profitent pour exprimer leur gratitude envers le FEQ et le fait d’être à Québec. Le tout est finalement rétabli, un retour en force en plein dans notre face ! Musicalement parlant, il s’agit sans doute, pour ma part, d’un des meilleurs spectacles auquel j’ai assisté au Festival; c’était vraiment excellent. J’aime leur fougue, leur originalité, les voix et Mike Wallace est un des drumers que j’aime beaucoup regarder s’amuser ! C’est à noter que cette année il s’est même exécuté au SXSW avec seulement un bras disponible, l’autre étant blessé ! Malheureusement, j’aurais aimé voir un public plus enthousiaste et encore une fois un peu plus d’interactions pour atteindre le statut de spectacle parfait !

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Viet Cong – Photo : Marion Desjardins

Interpol

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Interpol – Photo : Marion Desjardins

Curieusement je pensais aimer Interpol. En fait ,j’ai dû attendre un peu avant de rédiger cet article pour être un peu plus impartiale dans mes pensées.

Petite anecdote de photographe: lors des spectacles il y a certaines conditions à respecter, pour celui-ci il s’agissait de prendre des images des trois premières chansons seulement. La première débute, tous les membres sont dans la noirceur complète excepté les visages qui sont couvert de lumière rouge opaque. On attend tous le changement de chanson en espérant un meilleur éclairage: ça sert presqu’ à rien de faire des photos pour le moment. La deuxième commence, même scénario mais du rose/fushia au lieu de rouge. On s’occupe comme on peut, quelques photos de la foule, on se regarde avec un peu de frustration. Troisième et dernière pièce, encore la même chose mais en bleu, c’est un peu moins pire mais quand même c’est fâchant quand le but est d’avoir une belle image et qu’on n’arrive pas à ses fins !

Donc bref, au début du spectacle j’étais un peu déçue de ce fait, mais j’ai tout de même essayé de rester centrée afin d’être critique. Les pièces se suivent, la voix nasillarde de Paul Banks devient agressive à mes oreilles, aucune interaction encore une fois, la noirceur persiste et rien ne m’accroche malheureusement. C’est donc à la moitié du spectacle que je décide de quitter les lieux pour aller terminer le tout en beauté sur les plaines avec Patrick Watson: une valeur plus sure dans mon cas. Jacques nous en a d’ailleurs fait un beau compte rendu juste ici.

Agrirock : de la musique (émergente) pour tous les goûts

 

11377313_892677704127921_5007675033110135146_nNos amis maskoutains du festival Agrirock ont annoncé une partie de leur programmation officielle dans le cadre d’un après-midi de mini-putt endiablé ce week-end.

La troisième édition de ce festival qui met en vedette des artistes dits émergents dans toutes sortes de domaines se déroulera du 24 au 27 septembre prochain à Saint-Hyacinthe. Parmi les premiers noms dévoilés, mentionnons : We are Wolves, Chocolat, Saratoga, Canailles, Heat, Organ Mood, Santosh Lalonde, Désiré Renard, Mon doux Saigneur, Oktoplut, Belmondo, Avec le soleil sortant de sa bouche, Automatisme, L’Algorythme et Les Enfant du feu.

Saratoga
Saratoga

Ajoutez à cela un volet arts visuels, un après-midi littéraire et des séances d’information citoyenne et tout à coup, St-Hyacinthe devient, le temps d’une fin de semaine, capitale culturelle du Québec. D’ailleurs, on a déjà surnommé cette ville qu’on se contente trop souvent de traverser à 119 km/h la Liverpool du Québec et les organisateurs ne s’en cachent pas : ils veulent reprendre ce titre!

Disons qu’ils sont bien partis pour reprendre ce titre…

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter le site Web du festival. Une campagne de sociofinancement est présentement en cours sur indiegogo, où vous pourrez vous procurer à l’avance votre laissez-passer pour le festival. Belle façon de soutenir un festival qui s’arrange tout seul, comme un grand.

Pas besoin de vous dire qu’on a ajouté Agrirock à notre liste de festivals à visiter cet été/automne.

[FESTIVALS] Le déluge a eu raison du festival Hops & Rock

Tournee

Toute une soirée dans la petite municipalité de Dunham. Le 30 mai, cette petite ville de l’Estrie accueillait une soirée rock digne de ce nom avec Heat, Solids, Dany Placard, Le Trouble et Galaxie! Tous ses noms seront faire taire certaines mauvaises langues qui pourraient dire que le rock est mort au Québec. Ne pouvant prévoir la météo, l’organisation a eu quelques surprises une fois le moment venu. Retour sur une soirée que je ne suis pas prêt d’oublier.

Heat au festival Hops & Rock - photo par Matthieu Paquet-Chabot
Heat au festival Hops & Rock – photo par Matthieu Paquet-Chabot

Il est 18h00 et la prestation de Heat n’est toujours pas commencée. Pourquoi? C’est dû à un orage qui a retardé les tests de son dans l’après-midi me dit un technicien de scène. Le parterre du site parle tout seul : il y a plusieurs endroits ensevelis d’eau et de nombreux sentiers boiteux. C’est donc près de trente minutes plus tard que les quatre membres du groupe montréalais ont foulé la scène du festival. Enchaînant les sept pièces de leur EP Rooms, le groupe est plutôt statique et peu enthousiaste, comme le public. Par contre, l’indie-rock du quatuor est très intéressant sur album. Peut-être l’endroit était-il mal choisi pour bien comprendre la musique de ce groupe. Une performance correcte, mais sans plus.

Solids au festival Hops & Rock - photo par Matthieu Paquet-Chabot
Solids au festival Hops & Rock – photo par Matthieu Paquet-Chabot

Une heure plus tard, soit 15 minutes après Heat, le groupe montréalais Solids prend d’assaut la scène du Hops & Rock. Le duo amène avec lui un troisième membre : la pluie. Un déluge hallucinant s’abat sur Dunham, mais cela n’affecte en rien l’excellente performance de Xavier Germain Poitras (guitare et voix) ainsi que celle de Louis Guillemette (batterie et voix). Le duo nous livre une excellente dose de rock, parfois très punk, d’une façon très agréable. Les instruments sont à l’honneur, plus que la voix. Leur dernier album, Blame Confusion, paru en 2014, a reçu des critiques des plus favorables partout dans le monde. Après 45 minutes de rock intense et de pluie battante, le duo se retire en beauté, avec les applaudissements de la foule et quelques mosh-pit dans la bouette. Avant de quitter, le batteur salue sa mère, qui est présente au concert pour vendre des chandails à la table de marchandise. Ce fut un moment cocasse et agréable qui a su en faire rire plus d’un. Les sourires sont plus que visibles sur les visages des artistes et du public. Mission accomplie pour le duo montréalais.

C’est après la performance de Solids que les choses se gâtent. La pluie s’intensifie, les orages débutent et les techniciens en ont plein la tête. Il est 20h10 à ce moment-là. Après quelque temps de réflexion des organisateurs, à 20h30, la nouvelle est tombée : les concerts sont déplacés à l’intérieure du Pub de la brasserie Dunham. L’organisation, avec l’aide de l’équipe de Dany Placard, s’active pour faire profiter les spectateurs des concerts sans occasionner trop de retards. À ce moment précis, le concert de GALAXIE est sur la glace. L’équipe d’Olivier Langevin s’affaire a trouver une solution.

Il est 21h00, le pub est rempli, Dany Placard et ses trois musiciens débutent le concert. L’énergie est magnifique et le chanteur est en forme. D’emblée, il demande une bière et entame Chanson Populaire. Le public est conquis dès le départ et l’ambiance est festive. Le public danse et chante avec Placard. Avant de chanter la pièce titre de son dernier album Santa Maria, Dany Placard lève son verre à l’organisation du festival ainsi qu’au public. Il lance, d’un ton vif et fier : Salut tout le monde! Longue vie au festival Hops & Rock! Le public est conquis… mais ne sais pas ce qui se trame en coulisse.

En effet, parti prendre l’air pendant quelques secondes, je croise l’équipe de Galaxie en discussion avec le festival. Sans en dévoiler trop, il est impossible pour le groupe de jouer à l’intérieur du pub ce soir-là. Il se voit donc contraint de remettre le concert à plus tard.

Je quitte les lieux quelque temps après, sans avoir pu voir Le Trouble, qui est monté sur scène une heure plus tard au Pub. Malgré la météo, j’aimerais souligner l’excellent travail de l’organisation du festival Hops & Rock. Ce ne fut pas une journée facile, mais je garde d’excellents souvenirs de ce magnifique festival. Les fondateurs du festival sont des passionnées, des gens près de leur public. Les décisions ne furent pas faciles, mais elles se devaient d’être prises. Je lève mon chapeau à ce magnifique festival qu’est le Hops & Rock. Merci beaucoup de m’avoir accueilli dans votre coin de pays et au plaisir de se revoir l’an prochain… ou encore cet été pour la reprise du concert de Galaxie!

La tournée des festivals 2015 d’écoutedonc.ca est officiellement commencée! Elle se poursuit la semaine prochaine avec le festival torontois Field Trip qui sera couvert par Jacques!

Vous avez manqué le Hops & Rock et vous désirez revoir un des groupes? Voici une petite liste des occasions qui vous sont offertes :

Heat sera de retour dans la ville de Québec le 17 juillet dans le cadre du Festival d’Été de Québec et la semaine suivant au Festif de Baie St-Paul.

Solids n’a aucun concert de prévu au Québec dans les mois à venir. Le duo sera, par contre, du Sappy Fest en août.

Dany Placard sillonnera les routes du Québec cet été. Aucun arrêt n’est prévu à Québec, mais il sera du Festivoix de Trois-Rivière et du Festif de Baie St-Paul.

Finalement, Galaxie sera sur les plaines en ouverture des Rolling Stones le 15 juillet prochain.

Le Festif annonce une programmation de feu pour sa sixième édition

Je ne sais pas où vous serez du 23 au 26 juillet prochains, mais pour ecoutedonc.ca, cette année, ça se passe au Festif de Baie-Saint-Paul (sorry Wayhome, maybe another year… particularly if you move your festival later in the summer!).

Pour sa sixième présentation, les organisateurs du Festif ont mis le paquet :

Affiche officielle

Vous pensiez qu’on niaisait, mercredi, avec notre petit teaser un brin agace? Ben non! Il y a tout ce qu’on avait dit qu’il y aurait!

  • Des vedettes établies? Les Trois accords, Alex Nevsky, Radio Radio, Bernard Adamus, Galaxie, Marie-Pierre Arthur, Mara Tremblay, ce sont des noms qu’on est content de voir sur l’affiche d’un tel festival.
  • Une légende? Au Québec, présentement, on ne fait pas plus légendaire que Robert Charlebois.
  • Une soirée qui fera danser Tout Baie-Saint-Paul? The Planet Smashers et Reel Big Fish vont nous faire danser, sauter, crier, nous énerver pendant toute une soirée. Oui Manon, viens danser le ska!
  • Un centre-ville super animé? Le samedi, la rue St-Jean-Baptiste sera piétonne et les amuseurs, dont le fameux Orchestre d’hommes-orchestres, se l’approprieront.
  • Plein de découvertes? Heat! Odeur de Swing! Dylan Perron et Elixir de Gumbo! Et plein d’autres, ça dépend juste de votre degré de connaissance de la scène musicale québécoise!

Des shows jusqu’à très tard dans la nuit? Fanny Bloom, The Franklin Electric, Loud Lary Ajust, We Are Wolves, Mononc’ Serge, Qualité Motel… ces crinqués jouent tous une fois les douze coups de minuit bien sonnés!

On ne vous a pas parlé des surprises, hein? Comme cette prestation surprise donnée par Louis-Jean Cormier l’an dernier devant une poignée de chanceux autour du feu à La ferme? Paraît qu’il y aurait quelques lieux secrets du genre cette année.

Vous voyez bien qu’on était sérieux!

Vous voulez plus de détails? Passez à la page suivante!

 

Le Pantoum

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5 juin 2014, première partie

Je m’engouffre dans une petite entrée bien modeste qui se situe juste à côté de la porte du Jos Dion, où quelques hommes bedonnants se tiennent à tirer des puffs de leurs cigarettes à plumes. À quelques pas d’eux se trouvent une dizaine de jeunes de toutes les origines possibles. Il y a des barbus à lunettes, deux dudes aux cheveux longs et une poignée de hipsters nonchalants. Ces deux univers sont à quelques pas l’un de l’autre et pourtant ils n’entreront jamais en collision, car ils ont chacun leur raison d’être. Les serveurs du Jos Dion savent très bien ce qui se passe à la porte d’à côté et ils sont prêts à accueillir les jeunes qui en sortent en masse dans la nuit.

Une fois entré, je monte deux étages dans une cage d’escalier sombre bordée par des posters sur lesquelles nous pouvons voir les talents de dessin et de design de Thomas B. Martin (superstar locale de posters et membre du groupe punk-un-peu-con MOM Jeans). Au premier palier, je passe devant une porte derrière laquelle nous pouvons entendre des rires et de la musique. Le Loft I. Anciennement le repaire d’un collectif de rap un peu sketchy qui organisait paraitrait-il des partys légendaires, maintenant il héberge les membres fondateurs du Pantoum et leur sert de studio d’enregistrement.  Le hall d’entrée du Loft I sert aussi de vestiaire l’hiver, une mesure qu’ils ont pris après une congestion monstre alors que le vestiaire était non-existant pour un show de Suuns qui avait accueilli un nombre record de spectateurs pour la salle.

Je continue mon chemin vers le deuxième palier, le Loft II, alias Le Pantoum. Il y a un petit line up, tous des visages que je ne reconnais pas. Il y a un portier. Il ne laisse plus personne entrer. Le show est sold out. Les gens dans le line up rebroussent chemin. Je m’avance vers lui. ‘ Salut, je connais les gars. Je prends les photos, je suis sensé être sur la guestlist. ‘ Le jeune homme ne semble pas trop comprendre, ni comment réagir. Ce que je lui dis est une demi-vérité, je ne suis pas sur la guestlist, par contre je compte bien prendre des photos de la soirée. Il se retourne, essaie de trouver l’un des organisateurs, l’air un peu perplexe. J’en profite pour m’infiltrer et je vois Antoine et Vincent assis à une table sur lequel est dessiné un gigantesque jeu de bingo. Ils utilisent ce procédé pour empêcher les gens de sortir avec leur bière, tout en les assurant qu’ils vont la retrouver à leur retour de leur puff de santé. Le principe est assez simple : tu poses ta bière sur le G64, les gars à la table s’assurent que personne ne met quelque chose dedans, tu mémorises ton numéro et lorsque tu es de retour, tu reprends ta bière où tu l’as laissé. Antoine m’aperçoit enfin et il fait signe au portier de me laisser entrer. Ouf …

 

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( Crédit : Sébastien Ouellet )

 

26 mars 2012, les shows secrets

Sur facebook, je reçois une invitation de Jean-Michel Letendre-Veilleux pour un show dans un endroit qui s’appelle le LOFT II. J’ai rencontré le jeune homme l’été passé en tournant une capsule pour le Festival OFF de Québec avec Sophie Bernier avec son band Leafer pour une série qu’elle avait créé, OFF Sur le Toit.

Les gars étaient un peu fous, jeunes et la tête pleine de projets. Alors que nous tournions la capsule sur le toit d’un appartement gigantesque et bordélique sur la rue Gabriel-Marchand dans St-Jean-Baptiste, des gens étaient en train de déménager des lieux. Ils allaient emménager dans ce qu’ils allaient nommer le LOFT II.

L’événement auquel Jean-Michel m’invite sur Facebook s’appelle Softspot + Crinkles + Leafer. C’est un show secret dans un appartement appelé le LOFT II, situé à la limite de St-Roch et St-Sauveur. Deux bands de Brooklyn bookés avec un band local. Je suis super excité, c’est la première fois que j’assiste à un show d’appartement et je vais connaitre personne.

 

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( crédit : Sébastien Ouellet )

Tout le monde fume. Il y a des gens assis par terre partout, des musiciens, des poètes, des anarchistes, des étudiants de toutes sortes. Je traverse ce qui semble être un salon, parsemé de plusieurs grands divans dépareillés. La pièce est trouées d’environ cinq portes qui mènent à des chambres. C’est alors que je réalise la grandeur de cet appartement. Un 11 et demi, qui fait toute la longueur de l’étage du bâtiment qui héberge aussi le Jos Dion. Au-delà du salon se trouve une cuisine qu’ils ont barricadée et un salon en forme de L dans le milieu duquel se trouve un espace improvisé avec des instruments et des amplis. À l’autre extrémité du L, il y a une énorme salle de bain aux murs tapissés de miroirs et au centre de laquelle émerge un gigantesque bain tourbillon. Ce que je vais apprendre plus tard, c’est que ce loft avait autrefois servi de centre d’escortes ( pas toutes majeures ) et qu’un certain animateur de radio y aurait été arrêté… Les hommes faisaient monter les escortes grâce à un ascenseur qui montait directement dans le loft et elles déambulaient sur un tapis rouge alors que les clients les scrutaient pour choisir leur préférée pour ensuite aller s’amuser avec elle dans le bain tourbillon. Je ne sais pas si c’est la vérité, mais comme a dit Tony Wilson ‘ Si vous avez à choisir entre la réalité ou la légende, choisissez la légende. ‘

Cette soirée fut ma première immersion et non la dernière dans ce qui allait devenir la communauté du Pantoum. J’y ai rencontré Jean-Étienne Collin-Marcoux. Il était soundman pour le show et lui aussi ne connaissait quasiment personne, à part Jean-Michel. Les deux jeunes hommes avaient grandi sur la rive-sud de Québec. Jean-Étienne faisait aussi partie d’un band électro-rock appelé les X-Ray Zebras et allait fonder le Pantoum un an plus tard avec Jean-Michel dans ce même loft.

 

20 juillet 2012, quelques mois plus tard

C’est l’ouverture officielle du Pantoum, quelques mois après les shows secrets qu’ils y organisaient. L’endroit a beaucoup changé depuis le Loft II. Le premier band à fouler les planches d’un stage bâti pendant l’été par Jean-Michel, Jean-Étienne et leurs amis, est TOPS, de Arbutus Records de Montréal.

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La place est pleine à craquer, l’excitation est palpable et des gens de tous les milieux de la scène émergente de Québec sont venus saluer l’initiative. Les gars me font faire le tour du loft, qui a été transformé pour sa renaissance. Ils ont défoncé des murs, créé de nouvelles pièces, tout ça avec l’accord du propriétaire. Du bon travail. Il y a un studio d’enregistrement, une régie, un local de jam, deux chambres et une salle de lavage. Jean-Étienne est tellement dédié qu’il a décidé d’habiter la salle de lavage en y construisant une mezzanine, tout ça parce qu’elle mène à la régie et qu’il va être le grand manitou sonore de la place. Dans ce loft à multiples utilisations, trois membres fondateurs du Pantoum y habitent en permanence, leur vie évoluant en symbiose avec les différents bands qui viennent y enregistrer, jammer ou juste faire le party. Jean-Étienne et Jean-Michel bûchent fort pour faire rouler l’endroit, en plus d’essayer de finir leurs études en musique à l’université.

 

5 juin 2014, deuxième partie

Il y a du va et vient dans le couloir qui mène à la scène. Comme d’habitude, avant les shows, la moitié des spectateurs se retrouvent à fumer dehors. Ils débordent jusqu’à l’autre côté de la rue, ils s’assoient sur des gros blocs de béton qui bordent un stationnement tout ce qu’il y a de plus banal et sans vie. Le premier band, Heat, n’est pas encore commencé. Je décide alors d’aller rejoindre mon amie qui se trouve justement sur un des blocs de béton. Elle s’esclaffe, danse dans le stationnement et parle aux gens déambulant sur le trottoir. Elle est pas mal saoule. On déconne un peu, on danse ensemble. Je la vois interpeller une voiture de police qui vient se stationner non-loin de notre emplacement. Elle est suivie de deux autres auto-patrouilles. Les policiers viennent nous parler un peu, s’assurent que personne ne boit de bière sur la voie publique. Ensuite, comme c’est arrivé à quelques reprises depuis les débuts du Pantoum, ils vont faire leur ronde à l’intérieur. Ils sont toujours très polis et respectueux et ils n’ont jamais donné l’ordre d’arrêter la musique ou quoi que ce soit. Ils vont surtout s’assurer qu’il n’y a pas de vente de drogue, de prostitution et de bière en vente. Jean-Michel et Jean-Étienne ont toujours fait attention pour respecter toutes ces conditions étant donné que Le Pantoum est dans une zone grise de la légalité. La police et la ville semblent être au courant de ce qu’ils font et les tolèrent tout aussi longtemps qu’ils marchent les fesses serrées.

Une fois les voitures de police repartie, nous entrons dans l’édifice juste à temps pour le début du premier band, Heat.

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Encore une belle découverte musicale signée Le Pantoum. C’est Jean-Michel qui booke les bands. Des bands qu’il a soit connu en tournée avec son band leafer, ou bien des bands dont il est fan. De plus en plus, c’est maintenant les bands qui le contactent pour y jouer, ayant entendu parler des soirées mythiques qui s’y déroulent. C’est Jean-Étienne qui y est encore soundman. Une job qu’il exerce avec la même passion qu’il y a trois ans, toujours à l’écoute des musiciens et débrouillard comme un scout. À la console d’éclairage, il y a installé son ami Kevin Savard, qui possède sa propre compagnie d’éclairage et qui enrichit les shows du Pantoum d’une expertise qu’on retrouve rarement dans la scène de shows underground de Québec.

La soirée atteint son apogée avec l’arrivée sur scène d’un excellent band de Montréal, Passwords, un secret un peu trop bien gardé de la métropole. C’est le party dans la place et le monde danse, boit et il y a des gens qui se french sur les divans. Une ambiance que l’on retrouve seulement dans les meilleurs shows d’appart.

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Cette soirée clôture la deuxième année d’existence du Pantoum. Deux ans de découvertes musicales, de belles rencontres, de nouvelles amitiés, de moments fous à danser sur des DJ sets après les shows, de frenchs dans les toilettes. Les gars ont pris un peu de repos cet été, espérons-le et ils nous reviennent en force cet automne avec une nouvelle programmation toujours axée sur des bands émergents d’ici et d’ailleurs. Pour plus de détails, allez aimer leur page facebook.