[SPECTACLE] Hein Cooper et Foreign Diplomats séduisent la trifluvie

Le 8 avril dernier, j’ai été heureuse d’enfin vivre mon premier spectacle dans la nouvelle salle Ti-Petac au centre-ville de Trois-Rivières. C’est une soirée que j’attendais depuis longtemps pour voir le groupe montréalais Foreign Diplomats, avec Hein Cooper en première partie.

Hein Cooper est en train de devenir un artiste chouchou en Mauricie. Après un passage sur la scène de la rue Des Forges au FestiVoix 2015 et un spectacle en première partie de The Franklin Electric au Moulin Michel de Gentilly, il comment à se forger un public fidèle, un public qui était présent au Ti-Petac le 8 avril. Quelques jours avant le spectacle, il venait de lancer son premier album dans lequel on retrouve des chansons du EP sorti au courant de l’année précédente.

C’est un Hein Cooper bien fier qu’on a vu jouer devant un public assis et attentif à ses mots et à ses talents instrumentaux. Avant de nous quitter, Hein Cooper a fait monter les gars de Foreign Diplomats pour jouer une pièce avec lui. Ce fut un beau moment et surtout une belle façon de les introduire au public, qui ne semblait pas les connaître.

On est alors embarqué dans une ambiance disco/rock quand les gars de Foreign Diplomats, Élie Raymond (Guitare, Voix Principale), Antoine Lévesque-Roy (Basse) Thomas Bruneau Faubert (Trombone, Synths), Charles Primeau (Guitare) Emmanuel Vallieres (Drums), ont pris possession de la scène. C’est debout et en avant de la scène que j’ai pu apprécier et danser sur les chansons de leur album Princess flash sorti en octobre dernier. Les gars semblaient bien rodés et ont donné un spectacle sans artifices, authentique et plein d’énergie. J’ai ressenti le plaisir qu’ils ont de jouer et de nous voir danser sur leurs pièces, surtout sur Lily’s Nice Shoes! , ma pièce préférée sur album et en spectacle. Malgré mes attentes, qui étaient très hautes, j’ai été complètement comblé par cette soirée et ça m’a juste donner le goût d’aller les revoir en spectacle !

Photos de Charles Fontaine pour Hein Cooper:

Pour voir l’article et les photos de Hein Cooper et Foreign Diplomats à Québec le 30 mars dernier à l’Anti 

[SPECTACLE] Dans l’univers d’Elliot Maginot au Gambrinus (+ entrevue)

Ce n’était pas la première visite d’Elliot Maginot en Mauricie, et certainement pas, non plus, la dernière. En effet, le Gambrinus affichait complet le 23 février dernier pour une soirée en compagnie de l’auteur-compositeur-interprète et ses musiciens. J’ai eu la chance de m’entretenir avec lui avant sa performance, ce qui m’a permis d’en apprendre davantage sur les divers projets du jeune homme ainsi que sur ses nombreuses visites dans la région. Au début de sa carrière, Elliot Maginot avait joué au Zénob, salle qui peut recevoir tout au plus 100 personnes. Plus récemment, il a eu l’opportunité d’ouvrir pour Bobby Bazini au Festivoix de Trois-Rivières 2015 devant un public de 15 000 personnes. Comme il l’a fait remarquer : «On a tellement joué dans des setups différents, on a fait tout le spectre des publics possible ici. En plus, le Festivoix c’était notre premier spectacle de festival de grande envergure qu’on faisait avec Gabriel notre nouveau claviériste. On commence à avoir une crowd dans le coin ».

Après s’être produit en France, en Australie et en Californie, Elliot Maginot était de retour pour quelques spectacles au Québec, pour ensuite repartir vers la France en avril pour une série de concert en première partie de Cœur de pirate (qui sera au Festivoix le 26 juin prochain). Ouvrir pour une artiste comme Cœur de pirate en France, ce n’est pas rien. Comme il m’expliquait : « Tu sais, les tournées, surtout quand tu commences à tourner à l’étranger souvent c’est assez dur, les petites salles et tout. Sauf que là, j’ai eu la chance énorme énorme d’ouvrir pour Cœur de pirate. C’était de grosses salles, la technique était incroyable. Il y avait un chef en résidence, c’était des repas 5 services pour le band. C’était comme pas la vraie vie là! C’était assez hot ».  Il a également eu l’opportunité d’aller jouer dans un festival qui s’appelle Culture Collide en Californie, événement/magazine et agence créative contemporaine qui lui a permis de se créer un réseau dans cette partie des États-Unis. On peut donc dire que les choses vont assez bien pour Elliot Maginot et pas seulement au Québec.

Lors du spectacle, la première partie était assurée par Afrakite, jeune musicien (et batteur d’Elliot Maginot) qui présentait quelques pièces, dont l’excellente Grown apart qui a plusieurs vues sur Youtube. Son style folk acoustique et mélancolique était une bonne entrée en matière pour la soirée.

Malgré l’espace restreint qu’offre le Gambrinus pour les artistes, cela n’a pas affecté la performance d’Elliot Maginot et son groupe. Le public, très calme et attentif, était pendu aux lèvres du jeune homme qui, d’après ses dires, avaient la voix mal en point, car il avait cessé de fumer dernièrement. Pour les amateurs de sa musique, la différence était à peine perceptible. Comme à son habitude, Elliot Maginot a su offrir une performance à la hauteur du succès de son album Young/Old/Eveything.In.Between, et a même dévoilé un avant-goût de son prochain album. Il est présentement dans l’écriture des nouvelles pièces, mais il est également très occupé côté spectacle entre la France (avec Cœur de pirate) et le Québec.

Elliot Maginot sera de retour au Québec au mois de mai pour une série de spectacles qui sont déjà annoncés. En terminant, je lui ai demandé s’il y avait un endroit où il aimerait particulièrement jouer prochainement et l’Islande est la première place qui lui est venue à l’esprit: « C’est un pays vraiment  musical et on a quand même beaucoup de contacts là-bas. J’ai des amis qui sont déjà allés. Tu connais Emilie & Odgen ? Et bien elle est allée jouer là-bas il y a quelques mois. J’aimerais aussi aller en Afrique du Sud, mais c’est un marché beaucoup plus difficile à percer que l’Europe, l’Asie et l’Amérique, qui sont plus traditionnels». Il est donc possible de conclure qu’il n’y a pas grand-chose qui n’est pas réalisable pour Elliot Maginot !

Voici les photos d’Adrien Le Toux:

[ENTREVUE] Foreign Diplomats

Foreign Diplomats, deux mots à retenir. Cinq gars qui, malgré leur jeune âge, ne sonnent comme personne. Élie Raymond (voix principale, guitare), Antoine Lévesque-Roy (basse), Thomas Bruneau Faubert (trombone, synthétiseurs), Charles Primeau (guitare) et Emmanuel Vallières (batterie) façonnent un son bien à eux, un amalgame harmonieux d’électro et de rock, où les cuivres s’introduisent brillamment. Après un EP autoproduit en 2013, leur premier album complet, Princess Flash, est paru en octobre dernier sous l’étiquette Indica Records. L’unicité de leur son et l’anticonformisme de leur proposition artistique les distinguent, dans une marée musicale montréalaise en pleine expansion. Selon moi, c’est digne de mention.

Je tenais donc à discuter avec ces musiciens pour en apprendre plus sur leur processus de création, leurs inspirations, la signification de leur musique. On s’était donné rendez-vous dans le hall d’un hôtel, quelques heures avant qu’ils ne mettent le feu aux planches du Cercle, dans le cadre de la Bourse Rideau. Je suis arrivée à la course. Ils m’attendaient relax dans les divans en mangeant de la pizza sur un coin de table. Ils m’en offrent gentiment. Des petits gars polis. Je les aimais déjà. Élie et Thomas restent avec moi, alors qu’Emmanuel, Charles et Antoine quittent à pied avec le reste du repas. Belle jasette avec deux membres fort sympathiques d’un «bébé band» (pour reprendre les mots d’Élie) qui pourrait grandir bien vite.

Le baptême
Les gars me racontent les débuts du projet, alors qu’ils étaient au secondaire. Ils avaient des amis en commun, puis se sont regroupés. À un moment, ils étaient neuf dans le groupe. «On était juste une grosse gang, un trop gros orchestre. C’était con, c’était juste du fun. C’est tough de gérer ça», confie Élie, chanteur de la formation. Thomas, Antoine et lui sont là depuis les premiers balbutiements du projet. Originaires des Laurentides, les garçons m’expliquent qu’une «sélection naturelle Darwin style» s’est produite. «Notre sélection s’est vraiment faite quand on a bougé le local de pratique de plus en plus proche de Montréal. Il y a du monde qui trouvait ça loin, on a vraiment fait l’entonnoir avec le monde qui voulait vraiment», explique Thomas.

C’est à l’aéroport, au retour d’un voyage scolaire, que le groupe a été baptisé. «En revenant à Montréal, on a vu le nom Foreign Diplomats qui guide les vrais diplomates étrangers où ils doivent aller. Ça sonnait bien», soutient Élie. Le titre de l’album, lui? «Veux-tu la vraie histoire?», me demande Thomas. «Je pense que la fausse est vraiment meilleure.» Évidemment, je veux entendre les deux. Il commence par la vérité. Poussés par leur maison de disques pour nommer l’opus, ils ont délibéré en route vers Toronto pour un show. «On s’est dit, bon ben on va tous dire des mots, un après l’autre dans la van. Quelqu’un a dit princess, quelqu’un a dit flash

Foreign DiplomatsC’est après coup que les musiciens ont réalisé que ce titre prenait tout son sens. Les mots à connotation royale sont omniprésents dans les textes des chansons. «C’est utilisé très sarcastiquement. Prendre quelqu’un trop important pour ce qu’il est vraiment. C’est vraiment le thème de l’album. Princess Flash est devenue cette personne-là», explique Élie. «C’est une personne qui passe vraiment vite dans ta vie pis, pendant qu’elle est là, tu lui accordes vraiment beaucoup d’importance. Dans le fond, elle passe comme un flash (claquement de doigts)», renchérit Thomas. La pochette de l’album illustre d’ailleurs cette princesse-éclair. «Je voulais qu’on voit quelqu’un, parce que je trouve que tu peux plus relater», précise Élie. Thomas poursuit : «On trouvait ça le fun aussi de rajouter un personnage dans l’univers du groupe, de notre imagination.»

La quête sonore
Le jeune quintette a eu l’opportunité de collaborer avec le réalisateur américain de renom Brian Deck. Ensemble, ils ont travaillé les chansons en pré-production, puis Deck les a accompagnés pendant le processus d’enregistrement. «Brian Deck est comme vraiment devenu notre ami. Au début, c’était un peu froid, c’était intimidant. Finalement, on niaisait avec lui. Il nous a tout le temps dirigés où il pensait que ça devait aller, mais sans nous restreindre», mentionne Thomas.

«Nous, on avait notre identité», ajoute Élie. «Autant qu’on est des petits bébés pis qu’on n’avait pas d’expérience en studio pis on voulait juste faire n’importe quoi, lui il nous a juste ramenés, tout en nous laissant expérimenter un peu, jouer pis avoir du fun. La recherche sonore était déjà pas mal faite avant l’album.»

Je leur demande ensuite si, musicalement parlant, c’était important pour eux de sortir des sentiers battus. Élie me répond sagement : «[Le défi], c’est de ne pas tout le temps sonner pareil. En ce moment, j’écris encore beaucoup pis j’essaie de me pousser à faire des affaires que je n’ai jamais faites. Juste gosser avec les sons comme je n’ai pas fait avant, écrire d’une façon différente. Je pense que le plus important pour moi, c’est de nous démarquer de nous-mêmes.» Thomas enchaîne : «Pour un premier album aussi c’est important de se démarquer plus je crois, parce que c’est vraiment la première étiquette que les gens vont voir. Si c’est pareil à quelqu’un d’autre, c’est quoi vraiment le point de ton groupe, tsé.» «True that boy», acquiesce Élie.

La composition

Côté composition, créer une pièce à cinq, ça se passe comment? «C’est Élie qui lead pas mal la composition pis les arrangements des chansons», réplique spontanément Thomas. «Dans le fond, il y a comme [différents] scénarios possibles. Number one : Élie arrive avec tout déjà fait. Un démo de A à Z. Il va même avoir fait les arrangements de brass. Le deuxième scénario : Élie va arriver avec guitare-voix pis on va tout builder ensemble chacun nos instruments…plus en jammant

Foreign Diplomats

«Il faut que ça soit spontané. Personnellement, j’haïs ça travailler en band sur une nouvelle chanson, ça devient tellement chaotique. On est encore un bébé band, on commence à se connaître très bien musicalement, mais on a tous des idées différentes qui ne vont pas nécessairement ensemble, pis c’est important de l’accepter», complète Élie. Le chanteur ajoute qu’il serait ouvert à ce que d’autres personnes dans le groupe composent. «L’affaire, c’est qu’Élie écrit beaucoup, beaucoup… il est dur à suivre», affirme Thomas. «Moi j’en écrirais une [chanson] en un mois, lui il en a déjà écrit six. (rires) Si on veut créer une identité, c’est sûr qu’Élie va prendre le lead.» «Le fait que j’écris beaucoup et depuis pas mal longtemps, je commence à avoir ma plume», précise Élie en toute humilité. «Je me connais pis je sais où je m’en vais. J’ai déjà eu des démos qui ressemblaient vraiment exactement à un band pis ça les prenait pour m’amener ailleurs.»

Les musiciens qualifient leurs influences de «pas mal éclectiques.» Ils s’entendent pour dire que la musique de LCD Soundsystem a été particulièrement marquante pour eux. «C’est un gros band pour nous. C’est un band qui, pour vrai, a changé ma vie», explique Élie. «Chacun de nous a vraiment trippé fort», ajoute Thomas. Élie poursuit : «Broken Social Scene, Bowie énormément dans comment j’aimerais chanter.» Pour ce qui est du maquillage? «Ça va venir! (rires)»

«Coffee brought me to the conclusion that some people don’t deserve to live.» 

Lies (of November)

La musique de Foreign Diplomats est très festive, mais lorsqu’on porte attention aux textes, on se rend compte que les propos sont assez sombres. «Quand j’ai commencé à aimer les textes que j’écrivais, j’ai réalisé que, souvent, c’est dark ou c’est vraiment méchant. (rires) C’est une grosse contradiction, les paroles pis la musique», analyse le chanteur. «Il y a des affaires là-dedans, pas que je ne crois pas, mais que je ne dirais pas dans la vraie vie. C’est aussi une raison pourquoi j’écris en anglais, parce qu’en français, je ne serais pas capable de dire des affaires aussi poussées que ça. L’anglais permet de m’éloigner de moi-même», précise-t-il.

Sur scène, la musique prend le dessus et vient atténuer la lourdeur des paroles. «Quand on est en show, quand on joue de la musique, on a le goût que les gens dansent, qu’ils aient du plaisir. On a le goût aussi d’avoir du plaisir», mentionne Thomas. «On n’est pas des gens dark non plus. Sur scène, on niaise pis on a du fun. Quand je chante ces textes-là, oui je rentre dans mon genre de personnage… mais quand même ce n’est pas lourd», assure Élie.

La scène, l’exutoire
Quand Foreign Diplomats embarque sur un stage, ça déménage pas rien qu’un peu. Où vont-ils puiser cette énergie débordante? «Je suis quand même quelqu’un de smooth dans la vie. Je pense que le fait d’arriver sur scène pis de pouvoir juste tout lâcher qu’est-ce qui peut me faire chier dans la vie ou whatever, de ne juste pas penser à qu’est-ce que tu as à faire demain. Tu t’es pogné avec ta blonde ou il faut que tu déménages la semaine prochaine, t’as pas payé ton Hydro la semaine passée… Pendant que tu joues, tu ne penses pas à ça pantoute, t’es juste vraiment ailleurs», explique Thomas.

Foreign Diplomats

Êtes-vous stressés de vous produire devant les gens de l’industrie ce soir ? «Oui, quand même. Mais on fait beaucoup de showcases, on sait c’est quoi. Faire un show de 20 minutes, ce n’est pas facile. Nos shows, c’est un build-up. À la fin, on se dit plus t’es mouillé, plus tu t’es fait mal, plus t’as eu du fun. On n’a pas beaucoup de temps pour se faire du mal (rires)», plaisante Élie. «On a joué avec notre setlist jusqu’à ce matin. Il y a un petit stress, un peu plus, parce que les gens viennent nous juger. On s’en vient se faire reluquer un peu.»

Shows, répétitions, entrevues, déplacements : les gars ont un horaire relativement chargé. Sont-ils toujours disciplinés? «Oui. On est à un niveau où est-ce qu’on veut vraiment faire ça tous les cinq, également. Ça nous tente tous autant, donc on veut tous mettre le même effort», assure Élie. «Ça fait longtemps qu’on veut faire ça, pis ça fait longtemps qu’on le sait», enchaîne Thomas.

Les diplomates à l’étranger

En octobre dernier, les garçons ont présenté leur spectacle dans deux villes françaises : Nantes et Paris. «C’était malade!», résume Élie. «A1!», ajoute Thomas. Leur musique a reçu un accueil inespéré. «Avant de partir, j’étais comme hey les gars, ça se peut qu’on joue devant huit personnes à ces shows-là. Mais on s’en fout, on est en France!», se rappelle Élie. Toutefois, lors d’un festival à Nantes, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit. «C’était comme 1500 personnes, c’était complètement fou. Ça a vraiment cliqué, on a fait une grosse prestation. Charles est descendu dans la foule avec la cloche à vache, on s’est pitché à terre!», raconte-t-il en revivant l’excitation du moment. À Paris, le petit club dans lequel ils se produisaient était rempli. «On a été vraiment surpris de ces prestations-là parce qu’on a eu des répercussions par après, des gens qui ont vraiment aimé ça, puis qui nous ont écrit…on ne s’y attendait tellement pas», souligne Thomas.

En terminant, qu’est-ce qu’on leur souhaite pour 2016? «Des shows!», me répondent-ils en chœur. Ils feront d’ailleurs quelques spectacles avec l’australien Hein Cooper, un autre talent brut que je vous suggère de découvrir. Gens de Québec, ça se passe le 30 mars prochain à l’Anti! «On est vraiment des bons amis avec Hein Cooper. Ça va juste être le fun de partager la scène avec lui. Il est vraiment beau en plus», lance Thomas. «On va jouer des tounes avec lui et il va sûrement venir jouer avec nous. Ça va être un show long, on fait le temps qu’on veut. Nous on va avoir du fun, ça va être facilement partageable», indique Élie.

Pour vivre l’expérience Foreign Diplomats, rien de mieux que de se déplacer pour les voir sur scène. Les dates de tournée sont disponibles via leur page Facebook. Et pour danser dans votre salon, Princess Flash est la trame sonore idéale.

Photos : Marion Desjardins/ Llamaryon

[SPECTACLE] Busty and the Bass, 3/12/2015, La Chasse-Galerie de l’UQTR

Jeudi le 3 décembre dernier, Les Soirées Cachées CFOU ont fait vivre un moment unique aux spectateurs. Après avoir parlé avec plusieurs d’entre eux et après avoir espionné plusieurs conversations, j’ai vite constaté que la majorité des gens présents ne connaissaient pas le groupe qui se produisait devant eux, ce qui n’est pas une mauvaise chose puisque c’est le but premier de ce genre de soirée, c’est-à-dire, de faire découvrir des nouveaux artistes.  Certains sont venus par curiosité, après avoir écouté deux ou trois chansons sur le web. D’autres étaient présents au test de sons par hasard et ont décidé de rester parce qu’ils avaient adoré les bribes de chansons qu’ils avaient entendues. Quand les gens applaudissent après chaque morceau de chanson lors du test de son, c’est signe que la soirée sera bonne.

 

En effet, la salle était remplie pour le dernier spectacle de la série Les Soirées Cachées CFOU. Après seulement 10 minutes de spectacle, on ne voyait que des têtes qui sautaient dans la salle et les gars sur scène transmettaient leur plaisir fou à jouer ensemble.

Ce qui est remarquable avec ce jeune groupe, composé de 9 membres, c’est qu’ils font tout ensemble.

« On écrit tous les chansons ensemble. Il y a beaucoup d’influence et on met tout ça ensemble », me disait Éric lors de mon entrevue avec lui.

À chaque spectacle, ils invitent les gens à danser et on embarque rapidement dans l’ambiance de fête. On remarque tout de suite la chimie entre eux, qui est là depuis la première fois qu’ils ont jouée ensemble, lors d’un party à la première semaine d’école à l’Université de McGill.

Ce groupe, qu’on tente de définir le style par Electro soul/ hip-hop, faisait son dernier spectacle de la tournée avec nous à Trois-Rivières, avant de rentrer pour les fêtes et préparer leur premier album complet. Avec un record de vente de CD depuis le début des Soirées Cachées CFOU il y a cinq ans, on espère les revoir en Mauricie après la sortie de l’album. Vraiment, c’est un spectacle qui est resté gravé dans ma tête et c’était la meilleure façon de clore l’année 2015 avec Busty and the bass.

Vous pouvez écouter l’entrevue complète que j’ai réalisée avec la radio CFOU 89,1 juste ICI et écouter l’album ICI

Membres:

Scott Bevins – Trumpet.

Mike McCann – Trumpet

Chris Vincent – Trombone

Nick Ferraro – Alto Sax, Vocals

Louis Stein – Guitar

Milo Johnson – Bass

Julian Trivers – Drums

Eric Haynes – Piano, Keyboards

Alistair Blu – Keyboards, Synths, Vocals

 

Voici les photos d’Izabelle Dallaire:

[Entrevue] Caféïne – En spectacle à Québec ce samedi!

Crédit Photo : John Londono
Crédit Photo : John Londono

C’est ce samedi que Xavier Caféïne, maintenant appelé Cafeïne, revient visiter Québec pour un des derniers spectacles de l’ère New Love. Il est fraîchement de retour d’une expérience hors du commun au États-Unis pour lancer son album. Il nous a offert une entrevue dans le but de savoir ce qui se prépare dans sa vie professionnelle, mais aussi comment se déroulera sa visite à Québec de ce samedi.

Caféïne - «New Love»  (Indica Records)
Caféïne – «New Love»
(Indica Records)

En ouverture, nous revenons sur son passage en Californie en hiver 2015. En effet, l’album New Love, qui fut lancé en 2013 ici, est maintenant disponible partout chez nos voisins du sud depuis février 2015. Xavier affirme que l’album a été très bien reçu par les Américains. Les radios universitaires ont vraiment aidé à créer un petit hype. Quelques pièces ont eu un bon quota de roulement et les critiques ont été généralement très positives. Certes, pour utiliser ses mots, la réaction est à petite échelle. Mais il est vrai d’affirmer que la vague Caféine, malgré la petite réaction, fut ressentie par plusieurs Américains cet hiver.

Il est certain que le lancement et les réactions ont été différents du Québec. Il affirme lui même « être un petit nouveau là-bas». En comparant le Québec et les États-Unis, le chanteur aborde sa notoriété publique. Ici, «je suis un vétéran, mais là-bas, je ne suis qu’un parmi tant d’autres. L’accueil des médias est totalement différent». Les deux expériences sont vraiment différentes.

Typique de tous les albums anglophones créés par des artistes francophones, la question linguistique était sujet de discussion. Je lui ai demandé s’il avait ressenti une certaine réticence du public et des médias face à son album anglophone (New Love). Il répond que non. « Beaucoup moins qu’il y a dix ans », ajoute-t-il. La question linguistique est un débat plutôt en retrait ces dernières années, donc il n’a pas eu de problème. Il ajoute même une réflexion très intéressante sur le sujet. « Connais-tu des chanteurs ou groupes suédois qui chantent en suédois? », me demande-t-il. La réponse est non. « Par contre, tu connais The Hives, tu connais ABBA. Ce sont tous des groupes anglophones qui sont originaires de la Suède. Le Québec n’est pas plus niaiseux qu’un autre. Il a compris que les représentants à l’étranger [lire ici : pays non francophone] devaient chanter en anglais ».

Nous abordons maintenant sa série de spectacles à venir. Il y a un concert à Québec, un à Montréal et quelques showcases à Toronto pour la Canadian Music Week (CMW). C’est d’ailleurs en vue de ces showcases que les concerts de Montréal et Québec ont été ajoutés à l’horaire pour repartir la machine, car les derniers concerts datent de quelques mois. À quoi peut-on s’attendre samedi au Scanner? Il répond simplement que ce sera «l’album New Love avec deux pièces inédites et quelques vieux succès francophones tirés d’albums précédents». Xavier Caféine affirme ne pas être nostalgique de ses pièces plus anciennes. « J’adore encore beaucoup jouer ces chansons. Par contre, je ne suis pas nostalgique. Faut s’entendre que je n’ai pas de hits comme Iron Maiden ou encore Éric Lapointe. J’aime beaucoup aller de l’avant et présenter mon nouveau matériel. Je ressors le vieux stock dans le rappel ». Le show est dans une plus petite salle pour pouvoir adapter le concert au lieu et le faire par passion. Ce sont les derniers concerts de l’ère New Love. Caféine ajoute que les prochains concerts suivront vraisemblablement le prochain album.

Xavier Caféine lors de son passa à Osheaga 2013. Crédit Photo : Matthieu Paquet-Chabot / www.écoutedonc.ca
Xavier Caféine lors de son passage à Osheaga 2013. Crédit Photo : Matthieu Paquet-Chabot / www.écoutedonc.ca

En parlant du concert, nous avons aussi abordé le sujet de la première partie : Gateway Drugs. Le groupe est de passage au Canada pour la CMW et en profitera pour faire quelques concerts avec le roi du punk québécois. La connexion s’est faite rapidement entre les deux groupes grâce à John Kastner, gérant du groupe de L.A et ami de Xavier Caféine. Ayant ouvert pour le groupe lors de son séjour aux États-Unis, la faveur est maintenant inverse au Canada. En plus d’avoir une connexion musicale, ils sont maintenant des amis. En parlant du groupe, Xavier ajoute que les deux groupes «sont de la même famille, mais qu’ils n’ont pas vraiment le même son. Les deux shows seront donc totalement différents, mais dans le même esprit punk-rock».

Qu’est-ce qui attend Xavier Caféine dans le futur? «Décidément un album en anglais. J’ai déjà des maquettes de faites et j’aime ça. C’est différent». Lancer New Love aux États-Unis était pour montrer qu’il existait. « Maintenant, le gros reste à faire avec le prochain album », me dit-il. Par contre, il n’abandonne pas la langue de Molière. «J’aimerais beaucoup lancer un EP en français prochainement. Peut-être même avec un concept flyé de cassette ou quelque chose du genre, quelque chose de collection».  Il avoue adorer le français et surtout écrire en français. Il ne se sentirait jamais capable d’abandonner cette langue. Pourquoi un EP? Parce qu’il n’y a plus personne qui achète des albums lance-t-il. «Je les comprends, quand tu as le choix entre la gratuité ou payer 15$, je ne peux pas leur en vouloir de choisir la gratuité sur le web». À suivre…

Pour conclure, je lui demande de convaincre les gens, en quelques mots, de venir assister à son spectacle. Il me répond qu’il ne veut pas essayer de convaincre personne. « Si vous ne m’avez jamais vu, vous devriez aller au spectacle. » Le show est très physique et enflammé. Il ajoute qu’il est difficile de décrire l’expérience Caféine sur scène.

Caféine sera en spectacle au Scanner samedi 2 mai prochain à 21h00. Les billets sont en vente sur www.lepointdevente.ca. Il sera aussi le lendemain du côté de Montréal à La Vitrola. Le spectacle de Québec est présenté par District 7 Production. 

Merci à Xavier Caféïne d’avoir accepté de répondre à nos questions. Je vous conseille vivement d’aller voir le groupe en spectacle, c’est toute une expérience!