[ALBUM] MC Paquin – « Deliver Love (side B) »

Le vendredi 21 avril, l’artiste MC Paquin a sorti Deliver Love (side B), qui fait suite à un autre mini-album au même titre (sous-titré Side A), sorti il y a trois ans.

Quand j’ai su que ma critique d’album était à propos d’une auteure-compositrice montréalaise qui se consacre à du folk et à de l’indie pop, mon cerveau s’est dit : « Ah non, pas encore une wannabe qui veut se prendre pour un mélange des Sœurs Boulay et de Patrick Watson… » Que j’ai été heureux de constater qu’avec MC Paquin, c’était plutôt la capacité de tisser sa propre toile de chansons ! La couverture de catalogne qui en découle ne semble pas du tout être achetée dans un marché au puce qui se met en mode liquidation.

La livraison d’amour qu’offre la chanteuse-musicienne sur ce maxi est loin d’une déclaration de fusion romantique qui s’étend de la Chine à Dublin. Dès la pièce-titre qui ouvre l’album, le sujet de la rupture subie par l’artiste introduit une galette de chansons où la solitude, le désir d’oublier, le besoin d’être consolée et les désillusions se succèdent. Ces sentiments sont toujours chantés avec une voix suave, jamais dans l’agressivité.

Cinq chansons, c’est court. Mais assez pour démontrer que MC Paquin est capable de cohésion tout en livrant une diversité musicale titre après titre. Your Rules, enrichie d’une touche pop baroque, fait penser un peu à la chanteuse américaine Aimee Mann et sa pop-rock rétro. Party’s Over se sert à la sauce country. Dans Unbelievable, on croirait que l’âme de The Papas and The Mamas s’est rendue dans le studio de MC Paquin.

Les amoureux du français et du réchauffement climatique pourront sans doute être heureux avec La fonte des glaces, pièce-clôture du mini-album. Cette pièce « karkwawienne » se glisse tout naturellement avec les quatre autres chansons. Les paroles « J’attends que fonde la glace, du soleil dans l’espace […] que quelqu’un me prenne dans ses bras. » ferment l’album avec un peu d’optimisme, mais avec l’impression que l’amour, ça se livre parfois avec des cicatrices et des défauts de fabrication. Des vices procéduraux donnant naissance à un excellent deuxième tome de Deliver Love.

[SPECTACLE] Rattrapage – Rosie Valland à Trois-Rivières le 27 novembre 2017

Même si ce spectacle s’est déroulé il y a près d’un mois, il est encore aussi frais dans ma mémoire, car il fait maintenant partie de mon top 5 de spectacle favori de l’année, et j’en ai vu une bonne cinquantaine. En parlant de tops spectacles, Rosie Valland fait également partie du top 5 de spectacle 2016 de Karina Tardif, mais cette fois-là au Festival de musique émergente en Abitibi.

Après avoir eu la jeune artiste en entrevue téléphonique, j’appréhendais beaucoup ce spectacle. Je n’ai pas du tout été déçue, j’ai plutôt été charmée par l’authenticité des émotions transmises par l’auteure-compositrice-interprète à travers ses chansons et la profondeur de sa voix. Elle était accompagnée de Jean-Philippe Levac (Pandaléon) à la batterie et Frédéric Levac (Pandaléon) au synthétiseur. Comme on l’a répété plusieurs fois ici, la musique de Rosie Valland suffit à créer un lien très fort entre elle et le public qui est pendu à ses lèvres et très attentif à la moindre note. La salle Louis-Philippe Poisson de la Maison de la Culture de Trois-Rivières était bien remplie de gens de tous âges appréciant visiblement la sensibilité des textes de la musicienne.

Elle a débuté le spectacle par l’une de mes pièces coup de cœur de son album Partir avant paru en septembre 2015, Noyer. Dans son interprétation à fleur de peau, elle a su mettre une ambiance très intime dans la soirée. Nous avions l’impression d’assister aux confidences d’une amie tellement on sentait l’émotivité dans chacun de ses mots.

Ce que j’apprécie de Rosie Valland, c’est son honnêteté envers elle-même, mais également envers son public. Elle n’aime pas entrecouper ses pièces d’intervention plus ou moins pertinente, donc elle ne se force pas à le faire et préfère s’exprimer par l’entremise de sa musique, ce que je respecte beaucoup. Trop souvent on a droit à des blagues répétitives d’artistes qui n’y croient plus tellement ils les ont dites, donc je préfère profiter de plus de musique que de préludes artificiels.

La soirée s’est poursuivie avec quelques chansons de son album tel que Rebound, Partir avant, Québec City, puis elle a interprété une pièce de son EP Nord-Est sortie en mars 2016, Concession. La sortie de Partir avant et nord-est s’est suivie d’assez près, car le premier fût un exutoire d’émotions plutôt sombre et le second un retour plus lumineux, selon la jeune artiste. Rosie a ensuite partagé un nouveau simple qui n’était pas encore sorti à ce moment, Sinon, paru un peu plus tôt en décembre. Elle a ensuite enchaîné Nord-Est, St-Denis et finalement Olympe, probablement la pièce la plus pop de son album. La chanson fait référence à l’une de pionnière du féminisme français, Olympe de Gouges et Rosie Valland confiant justement aimer particulièrement cette chanson de par son sujet toujours d’actualité.

Elle est revenue en rappel seule avec sa guitare pour interpréter Nos guerres suivies de Calmer le vent, première chanson qu’elle n’a pas écrite (le texte est signé Marie-Félix Baril-Nadeau) et qu’elle a eu envie de chanter.

Comme mentionné dans l’entrevue, Rosie Valland sera partie un moment en France dans le but d’écrire, mais sera de retour pour quelques spectacles comme le 12 janvier 2017 au Cercle à Québec.

 

Crédit photo : Alex Deschênes 

 

[ENTREVUE] Hollerado + LOS au cercle

Mercredi soir dernier, avant que toute la province gèle sur place (joke de météo), j’ai été voir Hollerado (ottawa) et LOS au cercle (PUNCH LINE, j’ai volé la surprise avec le titre).
Vous savez à quel point j’aime faire des articles ou des entrevues. Probablement pas, en

Hollerado au Cercle 14 décembre 2016
crédit photos: Catherine B photographie

fait, vous devez même pas savoir je suis qui. Mais bon, j’aime pas vraiment ça. Mais des fois, j’ai une bulle au cerveau ou quelqu’un d’autre en a une (merci Jean-Daniel), pis je suis assez folle pour la pousser jusqu’au bout. Merci à Jacques qui nous laisse faire à peu près ce qu’on veut.

Anyways…. pour en venir au fait, j’ai rencontré Menno, chanteur d’Hollerado, et Ken de Los, pour une entrevue vidéo SUPER PERTINENTE (et de qualité visuelle assez médiocre). Ben sec, pas de présentation et un accent aussi bon que la qualité visuelle.

J’ai aussi fais ce que je sais le mieux faire, prendre des photos du spectacle, que vous pouvez voir juste en bas. Accessoirement, c’était vraiment une belle soirée, on s’éclate avec Hollerado.

[ALBUM] JASON BAJADA- VOLCANO

Trois ans après son premier album en français (le très bien reçu par la critique « Le résultat de mes bêtises»), Jason Bajada a proposé sa deuxième offre complètement en français en février dernier. Le résultat est vaguement rétro et très riche musicalement.

Suite à un voyage en Islande et à des épreuves particulièrement difficiles pour lui, Bajada a écrit un album aux sons lumineux, malgré ce qu’il se passait dans sa vie. L’auteur-compositeur-interprète s’est allié aux musiciens Jocelyn Tellier (Dumas), Olivier Langevin (Galaxie) et François Lafontaine pour faire cet album. On sent l’apport de ces derniers sur le premier extrait «Pékin (les amitiés)».

«J’ai beau rêvé, mais mon sommeil n’est pas paisible, mon cœur de pierre fait l’imbécile pour toi» , ainsi amorce « Demain vendredi », la deuxième pièce de l’album. Les voix féminines de Marie-Pierre Arthur et de Camille Poliquin (Milk and Bone) qui font le chœur, les guitares d’Olivier Langevin et de Jocelyn Tellier, se couplent à un refrain accrocheur, signal que la chanson est une belle réussite.

Sur « Si je craque », c’est la plume de Jason Bajada qui ressort. Il présente un folk à la Dumas ou qui ressemble à Louis-Jean Cormier dans certaines tournures de phrases. Le thème des relations amoureuses épineuses est présent, comme tout au long de l’album. On ne réinvente pas le style musical, mais Bajada sait y mettre sa couleur.

Les ballades «Je ne termine jamais l’histoire» et «Alors on recommence» vont bien avec le timbre chaleureux de voix de l’artiste. «Jean-François» fait partie des moments forts de l’album, tant par la fragilité que l’on ressent que par le thème de la chanson, soit le suicide d’un ami du chanteur.

On tape du pied sur «Tiens le coup» et la tension monte sur «Des grenades dans les yeux» par le biais des guitares d’Olivier Langevin et de Jocelyn Tellier.

Bref, l’album a plusieurs moments forts et en mérite largement l’écoute, malgré le fait qu’on ne réinvente pas le style musical de Jason Bajada.

Un extrait de «Demain vendredi».

Étiquette: Audiogram

[ALBUM] Marie-Ève Roy- Bleu Nelson

Sorti le 4 mars dernier, l’album solo de Marie-Ève Roy, Bleu Nelson, propose un univers totalement différent de celui des Vulgaires Machins.

Le projet d’album solo ne date pas d’hier. En effet, lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande en 2010, Marie-Ève Roy a commencé à écrire son propre matériel.

Le changement d’univers musical auquel nous étions habitués avec les Vulgaires Machins s’entend dès la première pièce « Dis-moi tout ». Roy a fait appel au multi-instrumentiste Julien Mineau (Malajube, Fontarbie) pour l’appuyer à la réalisation et à l’enregistrement de l’album. Ce faisant une ambiance feutrée berce les pièces de Marie-Ève Roy.

Le style indie-pop va à ravir à l’auteure-compositrice-interprète. L’instrumentation laisse place à la voix de Roy. Elle est feutrée et sous le son d’un Wurlitzer, mais pas trop. Inspirée de The XX et de Julian Casablancas, elle fait son propre monde. On se sent caressé par la musique de Marie-Ève Roy.

Golden Bay, c’est un de mes coups de cœur sur l’album. On sent malgré le rythme de la chanson la douleur vécue par l’artiste. La suite la très touchante et intimiste Pleure dans mon cou. On sent la vulnérabilité de l’artiste.

Un autre de mes coups de cœur personnels Qu’allons nous faire. Le son vaguement seventy se porte bien aux textes de Marie-Ève Roy. La dernière pièce Sans manteau, est tout en douceur, qui contraste avec son texte aigre-doux.

 

Un bel album solo qui en vaut largement l’écoute.

 

Étiquette: Costume Records

Critique : Patrick Watson « Adventures in Your Own Backyard »

Patrick Watson
Adventures in Your Own Backyard
(Secret City)
17 avril 2012

Dans la vie, on croise deux genres de groupes : ceux qui passent leur temps à se renouveler (et à se perdre) et ceux qui peaufinent leur art jusqu’à ce qu’ils le maîtrisent parfaitement. Dans cette deuxième catégorie, on a trop souvent des groupes qui tombent trop facilement dans la redite, puis on a Patrick Watson.

Dès les premiers accords (de piano) de Lighthouse, on sait très bien à qui on a affaire. Les membres du groupe ne nous réservent pas vraiment de surprises (sauf cette petite saveur sud-américaine qui apparaît çà et là), se contentant plutôt de nous offrir des chansons incroyablement belles, qui s’écoutent un brin d’herbe au bec.

Ces chansons, Watson les chante joliment avec sa voix de fausset et les membres du groupe les jouent avec un plaisir contagieux. On devient accro très rapidement à des bijoux comme Quiet Crowd ou Words in the Fire.

Adventures in Your Own Backyard sera sans aucun doute un des albums les plus écoutés cet été chez les fans de pop indé. Il est parfait comme musique d’ambiance et en écoute active, c’est exactement le genre d’album qui fait rêver.

Ne reste qu’à souhaiter leur passage au Festival d’été!