[Le Festif!] Notre bilan

Daniel Bélanger – Photo : Jacques Boivin

C’est la même chose après chaque édition. On revient à la maison, on se demande comment les organisateurs du Festif vont réussir à surpasser ce qu’ils nous ont fait vivre au cours de la fin de semaine. Comment vont-ils évoluer, grossir sans perdre leur personnalité, conserver leur belle créativité qui génère de si beaux moments pendant 72 heures?

Chaque année, on se dit que Le Festif! vient d’atteindre le sommet et qu’il ne peut plus que redescendre.

Et pourtant, chaque année, dès notre arrivée le jeudi après-midi, on ressent une grande euphorie qui ne nous quittera que le lundi matin, quand on se rend compte que le rêve est fini et qu’il faut retourner travailler.

Comment ont-ils fait?

La réponse est simple : passion et créativité. Le Festif, c’est pas une entreprise qui est là pour faire un maximum de profit en mettant le moins d’argent possible. C’est un groupe de personnes fières, créatives et passionnées qui ont leur région tatouée sur le coeur. C’est une locomotive dont Charlevoix a bien besoin pour maintenir les jeunes dans la région et renouveler son tourisme (qui serait un brin grisonnant, avouons-le). C’est une petite ville qui vit au rythme de son festival, où toute la population est mobilisée. Faut aller dans les nombreux restaurants et autres commerces de Baie-Saint-Paul pour bien comprendre l’ampleur de l’événement. Tout le monde, déjà dans le gros jus en pleine saison estivale, redouble d’ardeur tout en gardant le sourire.

La créativité du Festif passe par l’évolution de son offre musicale. On ne pourra pas emplir davantage la grande scène, c’est maintenant impossible (deux des trois soirées étaient présentées à guichets fermés). Le sous-sol de l’église et les chapiteaux étaient tous passablement remplis eux aussi! Alors, qu’est-ce qu’on fait?

Antoine Corriveau – Photo : Jacques Boivin

On ajoute un nouveau lieu (qui a été mis à l’essai cette année), soit la chapelle des Petites Franciscaines de Marie. Un lieu où ceux qui avaient envie de se faire brasser le coeur plutôt que de se faire brasser tout court avaient rendez-vous avec un Antoine Corriveau qui était parfaitement à sa place dans ce décor majestueux. On s’en était glissé un petit mot en mai dernier, Antoine et moi, et on avait quelques craintes sur la sonorisation. Oubliez ça, le son était tout simplement parfait, où qu’on soit installé dans la grande chapelle. Visuellement, c’était beau, les éclairages simples, mais efficaces, étaient un match parfait pour la musique. Je vous avoue être allé me cacher à l’arrière pendant Les trous à rats, cette chanson qui me bouleverse tant sans que je comprenne encore tout à fait pourquoi. Et cette finale, à l’orgue, sur le jubé, pour Les hydravions de trop. Je vais m’en rappeler encore très, très, très longtemps. Ce lieu doit rester dans la programmation du Festif, ne serait-ce que pour ceux, quand même très nombreux, qui ne sont pas encore imbibés d’alcool en fin de soirée et qui auraient envie de voir quelque chose de plus tranquille.

Lisa LeBlanc – Photo : Jacques Boivin

On équilibre bien la programmation de la grande scène, par exemple en offrant Bernard Adamus, Lisa LeBlanc et Daniel Bélanger le même soir, ce qui permet un certain renouvellement de foule tout en rassasiant tout le monde. On offre aux festivaliers des artistes en demande depuis toujours (Xavier Rudd). On fouille partout dans le monde et on trouve une petite perle qui frappe les cymbales avec les cornes de son masque tout en jouant, seul, un rock and roll complètement dément qui ferait pâlir d’envie Jerry Lee Lewis (Vurro).

Dany Placard – Photo : Jacques Boivin

On présente des maudites belles surprises comme ces DJ Sets dans un autobus (Valaire, Karim Ouellet, Paupière) ou ce spectacle de Placard à côté d’une shed à bois, où tout le monde avait la gorge nouée par l’émotion, y compris le grand gaillard avec la guitare en avant de nous. On s’associe avec Le Pantoum et La Bête pour présenter ce qu’il y a de mieux du côté des artistes émergents (allô Lydia!). On casse la baraque au sous-sol en présentant un spectacle de Chocolat qui n’avait rien à voir avec la timide prestation qu’on avait vue au FEQ (pauvre Jésus en croix) ou en invitant Voivod à nous défoncer les tympans une semaine après que le groupe ait joué sur la plus grande scène au Québec. On réalise des fantasmes en invitant Leif Vollebekk et Martha Wainright nous chavirer avec leurs belles chansons. On invite L’Ampli de Québec à nous présenter ses quatre finissants dans un décor enchanteur. On programme Yonatan Gat à jouer son rock psychédélique dans un garage parfait pour l’occasion. On occupe une fois de plus le quai de la meilleure manière qui soit, avec la douce musique de Philippe B et le rock tendre de Timber Timbre qui donne le goût d’embrasser son partenaire ou son voisin.

On reste soi-même en multipliant des partenariats avec des acteurs locaux plutôt que des multinationales. C’est pour ça qu’on boit l’excellente bière de la Microbrasserie de Charlevoix plutôt qu’une insipide Canadian ou Coors Light. Ça rapporte moins financièrement, mais ça rend les consommateurs bien plus heureux (qui se reprennent sur le volume). On respecte ses valeurs environnementales en vendant des gourdes et en servant la bière dans des ecocup réutilisables. Cette année, on invite même les gens à jeter leurs mégots aux endroits appropriés plutôt qu’à terre (et les gens ont généralement répondu à l’appel). On invite les gens à prendre la navette pour se rendre au quai (le message s’est rendu, les navettes étaient bondées, à notre plus grand bonheur). On invite les gens à faire du covoiturage, à prendre la navette Québec-Baie-Saint-Paul ou à tout simplement prendre le train (c’est ce qu’on a fait… ET C’ÉTAIT BEAU).

Vurro – Photo : Jacques Boivin

On trouve des solutions pour répondre à une demande d’hébergement qui ressemble à celle de Bethléem en plein recensement en faisant ouvrir l’Auberge des Balcons un peu plus tôt que prévu et en demandant aux citoyens d’accueillir un nombre grandissant de festivaliers-campeurs. Et ça, c’est en plus du camping officiel et de l’offre hôtelière généreuse (mais saturée)! On vous avertit, si vous comptez aller au Festif, RÉSERVEZ TÔT!

On compte sur une magnifique équipe, que ce soit à la technique, à l’accueil, aux communications, et de nombreux bénévoles fiers de leur t-shirt rouge! On demeure plutôt permissif (la bière dans la rue), on fait appel à un service de sécurité qui en a vu d’autres et qui est pas mal relax (sans être laxiste).

Batailles de fanfares – Photo : Jacques Boivin

On a la chance d’avoir les meilleurs festivaliers. Festifs à fond tout en étant généralement respectueux des autres, prêts à se coucher à 5 heures du matin et à se relever deux heures plus tard, les yeux encore petits, mais tout sourire. Des gens de tous âges et de toutes les régions du Québec (on a même entendu pas mal d’anglais en fin de semaine, et ce n’étaient pas Lemon Bucket Orchestra qui prenait un break entre ses 18 prestations). Une foule qui répond à l’appel partout, qui sait brasser comme il faut, mais qui sait aussi (généralement) se taire quand vient le temps d’écouter.

On fait tout ça, pis on garde le sourire quand ça va moins bien, quand l’orage s’invite, quand y’a des pépins techniques, quand un groupe brasse un peu trop ou arrive avec des restrictions surprises.

Des premières notes de Richard Séguin aux dernières de Timber Timbre, de notre côté de la clôture, tout était parfait. Juste parfait.

Le cousin sympa du Rockfest, que me disait un ami. On est bien d’accord.

Yonatan Gat – Photo : Jacques Boivin

Maintenant, Clément, Charles, Anne-Marie et tous les autres, LA question : comment allez-vous réussir à surpasser ce que vous nous avez fait vivre au cours de la fin de semaine? Comment allez-vous évoluer, grossir sans perdre votre personnalité, conserver votre belle créativité qui génère de si beaux moments pendant 72 heures?

Cette année encore, Le Festif! vient d’atteindre le sommet et il ne peut plus que redescendre.

Naaaaaaah. Si y’a du monde qui peut nous faire mentir une fois de plus, c’est vous autres. Allez, on se revoit en juillet prochain, les amis. On peut pas manquer le plus beau party de famille de l’année!

Merci pour tout.

J’aimerais profiter de l’occasion pour remercier l’équipe d’ecoutedonc.ca qui a, une fois de plus, été particulièrement active cette année. Nous avons couvert 40 prestations, pris plus de 5 000 photos (et publié près de 500 d’entre elles), arpenté presque toutes les scènes avec un professionnalisme qui me rend fier de notre travail. N’oublions pas que nous sommes tous bénévoles et que tout ce travail, nous le faisons par pure passion. Alors merci à Julien Baby-Cormier, Louis-Solem Perot, Valérie Vinet, Tatiana Picard, Émile Brassard-Gourdeau, Jean-Philippe Grenier et Marie-Laure Tremblay pour votre travail acharné.

[LE FESTIF] Compte rendu, 22 et 23 juillet 2017

Après à peine quelques heures de sommeil, la ville de Baie-Saint-Paul était prête pour une troisième journée dense et éreintante qui allait remplir nos coeurs d’un grand bonheur. On a manqué les imprévisibles de la journée, mais hey, ce n’est pas grave, on en a eu pour notre argent en ti-péché pareil!

Cohorte L’Ampli de Québec

Pendant que mes collègues allaient pleurer de joie en écoutant les jolies chansons de Philippe B, je suis allé au gîte Terre-Ciel pour entendre les propositions de la cohorte 2017 de L’Ampli de Québec. Au menu, quatre artistes/groupes de Québec dans quatre styles différents. Un vrai brunch du samedi matin dans un décor enchanteur.

Lou-Adriane Cassidy – Vitrine Ampli de Québec – Photo : Jacques Boivin

Le tout a commencé avec Lou-Adriane Cassidy, accompagnée de Simon Pedneault. Celle qui a participé à La Voix et à Destination Chanson Fleuve a montré que malgré son jeune âge, la musique coule dans ses veines. De jolies compositions, de belles envolées, la jeune femme rappelle parfois Klô Pelgag dans son exécution (même si les voix sont bien différentes). En plus de chanter ses propres chansons, Cassidy a interprété une pièce écrite juste pour elle par Les Soeurs Boulay. D’une simplicité désarmante, la prestation n’en a pas moins été accrocheuse. Comme le petit verre de mimosa qui commence tout bon brunch.

Gilles – Vitrine Ampli de Québec – Photo : Jacques Boivin

Le trio Gilles a suivi. Du bon rock en français, un son qui rappelle parfois une version épurée de Karkwa. Des interventions remplies d’humour. Gilles a montré une fois de plus (je les avais vus au FEQ) qu’il avait un sens de la mélodie assez marqué, ainsi qu’une présence scénique pas piquée des vers du tout. Un groupe qui a déjà toute une chimie (les membres jouent ensemble depuis leur enfance). Un bel avenir!

Émeraude – Vitrine Ampli de Québec – Photo : Jacques Boivin

Nous avons ensuite retrouvé nos amis d’Émeraude. Eux, on les connaît bien. Si Marie-Renée, Philippe-Emmanuel, Simon et Jean-François nous avaient déjà conquis, il leur restait à conquérir le coeur de la cour arrière du gîte. Ce qu’ils ont fait aisément avec leurs chansons pop électro lumineuses qui ont même convaincu quelques spectateurs d’envahir l’espace à l’avant pour danser un brin! Si on se fie à ce qu’on a entendu, le successeur du premier EP du groupe devrait être de la bombe!

Amélie No – Vitrine Ampli de Québec – Photo : Jacques Boivin

La vitrine s’est terminée par une prestation de l’ancienne I.No, Amélie No. Changement total de registre : Amélie roule sa bosse depuis un certain temps, on sait de quoi elle est capable elle aussi, mais on a quand même été agréablement surpris par la puissance de l’organe vocal de la jeune femme. Des chansons tout en soul, pleines d’émotions, une attitude pleine d’énergie, un excellent groupe de musiciens chevronnés pour la soutenir, on avait le sourire aux lèvres lorsqu’on a quitté Terre-Ciel! (Jacques Boivin)

Sarah Toussaint-Léveillé

Sarah Toussaint-Léveillé – Photo : Marie-Laure Tremblay

Ce n’est pas un, mais plutôt deux concerts qui nous attendaient au quai en ce samedi matin plutôt frais, mais ensoleillé. C’est d’abord Sarah Toussaint-Léveillé qui a foulé les planches de la petite scène avec un superbe trio de cordes (Jérémie Roy, Fany Fresard et Marianne Houle). Ses chansons intimistes ont tôt fait de conquérir la foule hautement attentive. Si les premières chansons semblaient légèrement moins inventives, le spectacle a gagné en efficacité, entre autre avec les pièces J’ai perdu un ami et Wake up Without a Passion. Sympathique moment aussi lorsqu’elle a blagué en disant avoir des références à Jean Leloup partout sur son album après avoir incorporé un segment de Je joue de la guitare dans une de ses pièces. On va entendre parler d’elle à nouveau. (Julien Baby-Cormier)

Philippe B

Philippe B – Photo : Marie-Laure Tremblay

Philippe B a suivi avec Guido del Fabro et Laurence Lafond-Beaulne pour nous présenter en quasi primeur les pièces de son excellent dernier disque La grande nuit vidéo. Quel plaisir de retrouver l’artiste dans ce décor bucolique. Lui-même disait être intimidé de voir tous les visages, mais il n’en a rien laissé paraître. Il était toujours aussi sympathique, expliquant ses chansons, y allant d’anecdotes, tout ça avec spontanéité. Côté musical, nous avons eu droit à un généreux concert puisant généralement sur le nouvel album, mais aussi quelques anciennes comme Archipel, Calorifère, Hypnagogie et « la chanson la plus lente de son répertoire ce qui n’est pas peu dire », dixit Philippe B, La nuit est un fantôme. Au rayon des coups de cœur, chaque duo avec Laurence Lafond-Beaulne (Rouge-Gorge, Sortie_exit et Anywhere) m’a fait parcourir des frissons… quelle voix! Ce fut donc une autre grande réussite pour le Festif! au quai. (Julien Baby-Cormier)

Tiens, pour vous permettre de souffler, petite pause à la rue festive :

Rue festive – Photo : Marie-Laure Tremblay

Peter Peter

Peter Peter – Photo : Jacques Boivin

C’est un Peter Peter en très grande forme qui est débarqué sur la scène Hydro-Québec. Sous un soleil plombant, son groupe et lui nous ont livré un spectacle rythmé, explosif, alliant des pièces de Noir éden et quelques succès de ses précédents albums. Bien qu’une majorité du public ne semblait pas connaître cet artiste en arrivant, on s’est vite mis à danser sur l’électro-pop de Peter Peter. De riches empilades de synthétiseurs et un jeu de guitare bien dosé soutenaient une voix très juste, et le chanteur Québécois a dansé, crié et tout donné pour le public de Baie-Saint-Paul.

Peter Peter a livré une version particulièrement percutante de Venus, et est plus tard descendu dans la foule chanter Bien réel à un public charmé par cette proximité. L’ambiance était telle que le groupe est resté un peu plus longtemps que prévu, juste assez pour nous laisser repartir avec le refrain accrocheur de Beauté baroque en tête. (Émile Brassard-Gourdeau)

Lydia Képinski

Lydia Képinski – Photo : Marie-Laure Tremblay

C’est devant une foule compacte que Lydia vient récolter le prix qu’elle a reçu aux Francouvertes avec sa verbe légendaire (oui oui, déjà). Départ en force avec sa reprise personnalisée du thème des Cités d’Or, avant d’enchaîner avec M’attends-tu suivie d’une reprise de Daniel Bélanger et de son émotif Brise-glace. Malgré un tout petit EP à son actif, elle déborde d’assurance et n’hésite pas à mélanger voix claire à des extraits de discours ou des solos un brin pesants. Le voyage de Lydia ne fait que commencer. Bravo à la scène Pantoum/La Bête pour sa superbe vitrine qui prouve que lorsqu’on se donne de la peine de présenter de la musique d’artistes dits émergents, les gens embraquent et en redemandent. (Marie-Laure Tremblay)

Leif Vollebekk

Leif Vollebekk – Photo : Jacques Boivin

L’artiste en lice pour le prix musical Polaris était de passage sur la scène de Radio-Canada pour présenter ses pièces planantes et aérées. Derrière ses Rhodes, il est entré dans la matière avec l’excellente Into the Ether de son album Twin Solitude sorti en février sur l’étiquette Secret City Records. Une timidité charmante semblait habiter Leif qui a enchaîné quelques chansons telles que All Night Sedans, Big Sky Country et Elegy avant de s’adresser à la foule venue assister à son concert. Or, Leif n’a pas besoin d’avoir recours au small talk pour conquérir son public : on a juste à l’observer livrer ses chansons avec tant d’émotions pour être captivé. Les grimaces et les contorsions du corps derrière les claviers sont loin de nous rebuter, au contraire. C’est absolument rafraîchissant de voir un musicien interpréter ses chansons plutôt que de les jouer de la même manière qu’elles ont été enregistrées sur l’album. Une belle anecdote de Prince avec le cover de sa chanson How Come U Don’t Call Me Anymore et une improvisation grunge sur Heart-Shaped Box de Nirvana ont ponctué la performance de Leif qui a été, somme toute, sans faille et rassurante. (Valérie Vinet)

Vincent Vallières

Vincent Vallières – Photo : Jean-Philippe Grenier

Le Festif, c’est aussi être au bon endroit, au bon moment. C’est par hasard qu’un festivalier m’a demandé où se déroulait le spectacle de Vincent Vallières. Après l’avoir renseigné (grâce à l’application du Festif), j’ai moi-même mis le cap sur la rue Breton! C’est installé sur le muret délimitant la propriété de Kim que j’ai assisté à ma première prestation surprise. Totalement à l’aise devant la cour bondée, Vallières a livré une solide performance devant un public déjà conquis. Le répertoire de l’auteur-compositeur-interprète convient parfaitement à ce type de spectacle intimiste. Entre deux classiques, l’artiste nous a raconté quelques anecdotes remontant au début de sa carrière. Avant de conclure avec On va s’aimer encore, Vallières a souligné le plaisir qu’il avait de voir grandir le Festif en harmonie avec la communauté de Baie-St-Paul. L’émotion était palpable lorsque Kim, notre hôte, a remercié la foule pour cet instant mémorable. Je crois qu’il s’agira pour tous d’un souvenir inoubliable. (Jean-Philippe Grenier)

Bernard Adamus

Bernard Adamus – Photo : Jacques Boivin

Au rayon des premières parties de luxe, le Festif! pouvait compter sur Adamus. Une foule déjà massive est venue constater que, peu importe l’heure de la journée, Adamus et ses très capables et fidèles complices vont être et mettre le party dans la place. Comme toujours, les morceaux issus de Brun ont mis particulièrement le feu à la place. La table était mise. (Julien Baby-Cormier)

Lisa LeBlanc

Lisa LeBlanc – Photo : Jacques Boivin

Pour une deuxième soirée consécutive, la place Desjardins affichait complet, et avant même l’arrivée sur scène de Lisa LeBlanc, on sentait dans la foule compacte une vague d’excitation sans précédent. On aura pratiquement tout vu : des enfants faisant du bodysurfing, des personnes dans la cinquantaine dans un moshpit ou de nombreuses brassières tirées sur la scène pendant Kraft Dinner, déconcentrant au passage la principale intéressée qui a décroché de façon tout à fait hilarante. Lisa avait l’air de tripper solide et la foule ultra participative (surtout pendant les chansons en français) le lui rendait à merveille. Bon moment aussi lorsqu’elle a réfléchi à voix haute : « T’en rappelles-tu Bernard quand c’est moi qui faisais tes premières parties? » On n’a pas entendu la réponse d’Adamus, mais à voir Lisa LeBlanc rire à gorge déployée, on peut supposer qu’il existe une véritable camaraderie entre les deux. Comme d’habitude, Ma vie c’est de la marde, aujourd’hui élevée au statut de véritable hymne, a mis le feu aux poudres. Ce fut d’ailleurs une splendide idée de la jouer en milieu de programme, parce qu’après ça, rien n’aurait pu mettre fin à l’immense party qui sévissait sur le parterre de la cour d’école. (Julien Baby-Cormier)

Daniel Bélanger

Daniel Bélanger – Photo : Jacques Boivin

Comment suivre un tel début de soirée? Comment tous ces jeunes gens qui se garochaient dans tous les sens quelques minutes plus tôt réagiront à la proposition somme toute plus sage de Daniel Bélanger? Les craintes se sont évanouies dès le départ. Au son de Tout viendra s’effacer, une pièce vieille d’à peine quelques mois, la foule s’est mise à chanter en cœur sans jamais s’arrêter. Tout au long du concert, le monument Bélanger a pu compter sur cette immense chorale qu’était le public du Festif! déjà bien réchauffé. Quel honneur de voir Bélanger et son groupe puiser dans ce qui semble être une discographie sans fond. Impossible de choisir des faits saillants, tant chaque pièce ou presque transportait la foule visiblement heureuse. Les temps fous, Fous n’importe où, Opium, Le parapluie, Rêver mieux, Intouchable et immortel avec son solo d’ondes Martenot et surtout Dans un spoutnik, furent autant de magnifiques moments où on ne voudrait en aucun cas être ailleurs. Les nouvelles pièces issues de Paloma furent également systématiquement bien accueillies, ce qui démontre bien que cette légende est loin d’avoir atteint son épilogue. (Julien Baby-Cormier)

Klô Pelgag

Klô Pelgag – Photo : Marie-Laure Tremblay

L’artiste s’est présentée sur scène avec cinq musiciens (dont Marianne Houle qui a donné l’impression de performer avec la moitié des artistes présents au Festif!) pour présenter les pièces de L’étoile thoracique, son dernier album adulé par la critique et ses fans. Malheureusement, malgré une performance quasi irréprochable, Klô Pelgag s’est butée à deux problèmes hors de son contrôle. D’abord le son ordinaire dans la tente Radio-Canada était souvent enterré par des spectacles aux alentours. Ensuite, plusieurs personnes avaient visiblement envie de discuter de leur incroyable journée à Baie-Saint-Paul. Rarement aura-t-on vu une foule aussi irrespectueuse. Les inconditionnels à l’avant (somme toute la majorité des gens présents) auront toutefois pu profiter des merveilleuses pièces offertes par Klô Pelgag. Que ce soit les nouvelles Samedi soir à la violence, Insomnie et Le sexe des étoiles ou les anciennes Nicaragua et La fièvre des fleurs, la talentueuse musicienne donne une performance impeccable appuyée par de solides arrangements musicaux. La prochaine fois, une scène extérieure lui permettra sans doute de laisser sa marque dans l’historique des meilleurs concerts du Festif. (Julien Baby-Cormier)

Yonatan Gat

Yonatan Gat – Photo : Jacques Boivin

Hier soir… ce matin très tôt, dis-je, les irréductibles qui ont su braver le sommeil, la fatigue et l’état d’ébriété issus d’une longue journée de promenade et de spectacles en ont eu pour leur argent – façon de parler puisque c’était gratuit – au garage du curé. Il fallait être là pour comprendre l’ambiance qui régnait, puisqu’il est bien difficile de la décrire en quelques mots. Même s’il s’agit d’un trio d’instruments des plus classiques (guitare-basse-batterie), il n’en est rien du style musical de Yonatan Gat, lequel sera tentativement qualifié d’exploration improvisatoire post-punk. Même si c’est difficile à croire, malgré l’heure tardive, la foule ne cessait de grandir (ou de se densifier) plus le spectacle avançait. C’est peut-être en raison d’un son complètement déjanté et d’une foule carpe diem qui s’en donnait à cœur joie dans des mouvements parfois louches de rock’n’roll aux accents psychédéliques. Tels des papillons de nuit attirés par la lumière et la chaleur, les festivaliers étaient happés par l’antre du garage, endroit parfaitement indiqué pour cette prestation délicieusement singulière. L’une de mes belles découvertes du Festif!. (Tatiana Picard)

Timber Timbre

Timber Timbre – Photo : Jacques Boivin

Le tout dernier spectacle du Festif! de Baie-Saint-Paul, sous la tente de la Fabrique culturelle au quai, est toujours un moment fort du festival. Cette année, la formidable équipe des organisateurs a eu la brillantissime idée d’y produire Timber Timbre. Le trio folk-rock ontarien a offert sa prestation en toute simplicité sous un ciel fabuleux, devant une foule attentive mais qu’on devinait très enthousiaste. Pour capter autant que possible l’attention de son public pour ce qu’il s’apprêtait à vivre, le groupe a d’ailleurs demandé de s’abstenir de prendre de photos. D’ailleurs, les photographes officiels n’ont pu en prendre que pendant la première chanson, et c’était parfait ainsi!
Les trois musiciens, généralement peu bavards mais visiblement contents d’être là, ont offert les pièces savamment orchestrées de leur tout dernier opus acclamé par la critique, Sincerely, Future Pollution. La voix quasi onirique du chanteur mêlée aux rythmes hypnotisants, envoûtants de la guitare appuyée par des effets de distorsion vraiment uniques a tôt fait de nous faire plonger dans un état réflexif paisible et de nous faire tanguer doucement vers notre douce moitié. Bref, un spectacle tout en beauté, tout en finesse, réconfortant. Mention spéciale à la fluidité exemplaire des déplacements pour se rendre et revenir du quai, qui a rendu l’expérience encore plus sur la coche! (Tatiana Picard)

[LE FESTIF] Compte rendu, 21 juillet 2017

Si la météo s’est faite un brin bipolaire en cette deuxième journée de Festif, le public, lui, était sur la même longueur d’ondes!

Plein de beaux shows (prévus et imprévisibles). On vous raconte ce que vous avez manqué.

Miss Sassoeur et les Sassys

Miss Sassoeur & Les Sassys – Photo : Marie-Laure Tremblay

Le Motown est pas mort!

C’est dans le cour arrière du gîte Terre-Ciel que Miss Sasseur & les Sassys, récipiendaires du prix ecoutedonc.ca lors du dernier Cabaret Festif!, ont parti le bal de la deuxième journée du festival. Entre le framboisier pis l’shed, les quatre artistes, visiblement dans un mood champêtre, étaient heureux de performer devant un public hétérogène. Pieds nus dans l’herbe, ben chill, Miss Sasseur a réussi à charmer la foule avec ses pièces intelligentes chargées de soul. Soutenue par ses backvocals de feu, Féline Dion, Rose Royce et Tiny Turner, la chanteuse nous a offert une prestation solide qui a mis en valeur son grain de voix de la trempe de Billie Holliday ou d’Etta James. Le band nous a présenté onze chansons au total dont les excellentes Rengaine, le Rythmitou et l’émouvante En même temps. Le public a pu découvrir également une nouvelle chanson dont le titre n’est pas encore canné et une reprise de Niagara adaptée à l’univers charmant de Miss Sassoeur & Les Sassys. (Valérie Vinet)

Louis-Jean Cormier

Louis-Jean Cormier – Photo : Jacques Boivin

L’ancien leader de Karkwa avait l’heureux honneur d’ouvrir la série de concerts sur le quai. Ce concert en formule solo permet spécialement aux spectateurs d’apprécier le talent de guitariste de Cormier. Les chansons prennent des allures différentes : Tout le monde en même temps est présenté avec une nouvelle rythmique soutenue par le public alors que Si tu reviens a pour sa part un enrobage plus rock fort intéressant. Nous avons aussi eu droit à deux chansons de Karkwa, un aparté visiblement fort apprécié par les festivaliers. Il a aussi profité de l’occasion pour essayer une nouvelle pièce solo, tâche facile lorsque la foule est sous le charme dès les premiers accords de L’ascenseur jusqu’à la finale de la superbe Fanfare, jouée avant le rappel. Seul bémol, on sent rapidement (encore plus si on déjà vu Louis-Jean Cormier lors de cette tournée solo) que le show est scénographié au quart de tour. Une plus véritable spontanéité, autant dans l’ordre des chansons que de les « lignes qui font rire » serait un atout non négligeable. (Julien Baby-Cormier)

Peter Henry Philips

Peter Henry Philips – Photo : Jacques Boivin

Damn. Le bout du quai, c’est vraiment l’endroit parfait pour nous faire verser quelques larmes! Le bon vieux Pilou, qu’on connaît mieux maintenant sous le nom de Peter Henry Philips, était seul à la guitare et au piano devant un des paysages les plus majestueux qu’un festivalier peut voir. Le fleuve, les montagnes, les gens tout sourire, la fille du chanteur qui vient spontanément voir papa, les magnifiques chansons du non moins magnifique The Origin, tout était parfait. Même mes coups de soleil ont le sourire! (Jacques Boivin)

Beyries

Beyries – Photo : Marie-Laure Tremblay

Sous le nom de Beyries, la programmation indiquait simplement rue St-Adolphe; aucun indice sur l’allure de cette nouvelle scène avant d’y arriver. En entrant sur ladite rue, racoin de Baie-Saint-Paul rarement visité mais extrêmement charmant, on découvrait un piano et quelques percussions juchées sur la galerie d’une citoyenne, la foule assise sur l’herbe d’un joli jardin minutieusement aménagé.

Amélie Beyries et Judith Little-Daudelin nous ont livré une performance sincère et solide, leur évidente complicité contribuant à la bonne humeur générale qui régnait sur la rue St-Adolphe. Quelques interruptions, de l’envol d’un setlist à une courte pause pour réunir un enfant esseulé et son parent, n’ont en rien nui au spectacle, renforçant simplement l’ambiance intime et décontractée qui y régnait.

Enrichie du passage de Louis-Jean Cormier sur J’aurai cent ans et de la performance fougueuse d’un très jeune danseur à quelques pas d’Amélie Beyries, cette première expérience sur la rue Saint-Adolphe fut un immense succès; musique et décor s’alliaient à merveille et personne ne se serait plaint si Beyries avait continué de nous y bercer tout l’après-midi. (Émile Brassard-Gourdeau)

Lemon Bucket Orchestra

Lemon Bucket Orchestra – Photo : Jacques Boivin

Qualifié comme étant le meilleur band de Toronto par Now Magazine, Lemon Bucket Orchestra a envoûté l’auditoire présent à la scène Hydro-Québec. Le soleil nous dardait de ses rayons, la bière coulait à flots et une belle ivresse semblait gagner les gens sur place. Tous dansaient au rythme de la musique balkan-klezmer-gypsy-party-punk que les onze musiciens jouaient avec beaucoup d’entrain. Le groupe nous a livré des pièces de ses trois albums précédents et nous a offert une exclusivité qui paraîtra sur son prochain opus. Descendus dans la foule vers la fin du spectacle, les musiciens nous ont permis de vivre un moment fort et rassembleur. LBO se dirigera vers le Royaume-Unis après le Festif! pour une tournée estivale. Parions qu’ils gagneront certainement plusieurs nouveaux fans. (Valérie Vinet)

De la Reine

De la Reine – Photo : Marie-Laure Tremblay

Vous le savez. Écoutedonc et le Pantoum ont une relation d’amour depuis leur rencontre. Il est donc normal qu’on vienne dire coucou à la famille musicale de la basse-ville. La petite scène organisée en collaboration avec Le Pantoum/La Bête, derriere le légendaire Tony et Charlo, était parfaite pour accueillir une bonne foule. Le premier groupe, De la Reine, a ouvert le bal avec un style bien particulier. Manquant le fidèle Marco Noël à la basse, Jean-Étienne joua, en plus de son jeu de batterie impeccable, des basses sur un clavier. Odile, la magnifique chanteuse, n’avait pas ses séquences électroniques et chantait dans un micro sans reverb. C’est très rafraîchissant de pouvoir entendre très bien le grain de la voix et constater à quel point De la Reine a une chanteuse incroyable, c’était tout à son avantage. C’est donc dans cette formule « acoustique » qu’on a passé un très beau moment en compagnie de la formation pantoumesque. (Louis-Solem Pérot)

VioleTT Pi

VioleTT Pi – Photo : Jacques Boivin

Ah ben, regarde donc, Karl Gagnon qui troque sa chaise pour un balcon! Le fougueux VioleTT Pi est venu présenter une petite prestation surprise sur le balcon du presbytère. Et quelle prestation! Toujours aussi énergique que lorsqu’on le voit full band, le jeune homme a montré que ses chansons ne faisaient pas que rocker : elles vous arrachent le coeur, surtout quand l’interprète se montre un peu plus vulnérable (et nerveux) que d’ordinaire. Entre les chansons (pas toujours jojo, mais toujours fichtrement bien écrites), on a eu droit à quelques moments d’humour (la crème solaire, c’est essentiel pour un roux… et quand Gagnon boit au pichet, c’est pas le verre qui est gros, ce sont les mains qui sont petites). Un maudit beau moment, full sympa. (Jacques Boivin)

Martha Wainwright

Martha Wainwright – Photo : Marie-Laure Tremblay

Martha Wainwright s’est présentée seule à la scène Radio-Canada avec sa guitare acoustique, sans même avoir de costume de scène. Elle nous a expliqué qu’elle avait traîné une robe mais qu’elle avait finalement conservé son look « Gerry Boulet » par paresse, et pourquoi pas. Visiblement très confortable devant un public conquis d’avance, elle nous a offert une prestation sans faute, envoûtant le chapiteau de sa voix si bien maîtrisée.

Après une entrée en matière assez douce, l’artiste Montréalaise a redoublé d’énergie sur This Life, dansant sans retenue et arrachant de sa guitare tout le mordant qui pouvait s’y cacher. Tirant des pièces de l’ensemble de son répertoire, elle nous a aussi livré quelques reprises en français, dont une vibrante Le cœur est un oiseau qui a grandement plu à la foule. Elle a aussi tenu à nous parler en français tout au long du spectacle, et ce même si elle devait parfois chercher ses mots, nous présentant ses chansons avec quelques histoires cocasses et merveilleusement bien tournées. Nous nous sommes finalement quittés sur Bloody Mother Fucking Asshole, avec un sentiment beaucoup plus positif que celui que l’on semble déceler dans ce dernier titre, soyez-en assurés. (Émile Brassard-Gourdeau)

Dany Placard

Dany Placard – Photo : Jacques Boivin

Le bonheur du Festif c’est aussi d’assister à des concerts d’artistes que l’on n’attendait pas. À vingt minutes d’avis, les incroyables organisateurs nous on convié devant la shed de la rue de la Tannerie pour une performance intime avec Placard. C’est un type vrai et vulnérable qui est venu nous présenter ses chansons, vieilles et nouvelles, devant une foule totalement à l’écoute. Des spectateurs étaient littéralement émus devant cette performance tant il y avait de l’émotion dans l’air. Quelle solide façon de meubler cette fin d’après-midi. Au rayon des bonnes nouvelles, il y a d’ailleurs ce 11e album qui sera présenté cet automne. On a hâte! (Julien Baby-Cormier)

Chassepareil

Chassepareil – Photo : Marie-Laure Tremblay

C’est toujours un immense plaisir de voir Chassepareil en spectacle. Ils sont rayonnants, leurs douces voix sont réconfortantes et très agréables à entendre. La jeune formation du Saguenay se solidifie vraiment à chaque fois qu’on va les voir. Ils ont désormais une justesse incroyable pour leurs harmonies vocales bien recherchées qui nous rappellent Beau Dommage. À la grande surprise du groupe, plusieurs (on est aussi coupable) chantaient leurs paroles en chœur et plusieurs se risquaient même à faire les harmonies vocales. On a même eu droit à une apparition surprise du très sympathique Mathieu Bérubé pour leur Kyrie (magnifique d’ailleurs, chapeau à la chorale). Un spectacle de Chassepareil c’est une communion folk/trad où le public peut puiser du bien être et du bonheur pur dans ce moment magique…. (Louis-Solem Pérot)

Tintamare

Tintamare – Photo : Marie-Laure Tremblay

La foule était maintenant impressionnante dans la cour arrière du Tony et Charlo. Devant la scène, une bonne population de hippies semblait prête pour le moshpit qui s’en venait. Nous sommes allés les rejoindre très vite naturellement pour profiter de l’expérience folk sale à fond! La musique part et le public ne se fait pas prier pour danser et chanter en chœur « Dooowwwntooowwnn ». La fanfare était en forme et voulait faire la fête avec nous! C’est alors qu’il s’est mis à tomber quelques gouttes de pluie sur les musiciens et la foule qui voulaient clairement que le spectacle continue. Un élan d’entraide s’est propagé dans la foule pour installer une grande bâche blanche au dessus des musiciens. Je lève mon toupet à tout ceux qui ont tenu l’abri à bout de bras durant tout le reste de leur prestation. On m’a dit que le Festif est rempli de petits moments magiques. Chanter l’importance de la communauté dans un moshpit, sous la pluie, à Baie-Saint-Paul quand des arc-en-ciels appairassent derrière le public, je pense que ça se qualifie pour un  de ces moments uniques et incroyables propres au Festif. (Louis-Solem Pérot)

Laura Sauvage

Laura Sauvage – Photo : Jacques Boivin

C’est à Laura Sauvage qu’incombait la tâche d’ouvrir le gros concert du vendredi. Accompagnée de trois musiciens, dont Dany Placard à la basse, Laura a présenté ses petits brûlots rock à une foule de plus en plus trempée par l’averse de fin de journée qui sévissait pendant son moment sur scène. Si on se fie à ce qu’on a entendu, le prochain disque (aussi sur les tablettes cet automne) sera encore plus rock, avec même un soupçon de psychédélisme. Certaines nouvelles pièces étaient d’ailleurs encore en rodage. Laura nous a expliqué que ce n’était pas grave, nous aurons les paroles dans le livret avec le nouvel album! Le reste des pièces était issu de son premier disque Extraordinormal, dont la puissante Rubberskin offerte en début de concert. La jeune femme a une attitude très rock, malgré sa tenue diseuse de bonne aventure, ce qui prouve qu’être « badass » ça ne s’improvise pas. La finale un peu scato, sous un immense arc-en-ciel, en aura laissé certains perplexes, mais dans l’ensemble c’était un moment d’une belle intensité. (Julien Baby-Cormier)

Plants and Animals

Plants and Animals – Photo : Jacques Boivin

La nuit n’était pas encore tombée quand Plants and Animals est entré en scène. Profitant d’un hiatus d’enregistrement de son prochain album pour performer au Festif!, le groupe a ouvert le bal avec la chanson No worries tirée de leur dernier album Waltzed in from the Rumbling sorti l’année dernière. Se sont enchaînés ensuite plusieurs tubes tels que Good Friends, Stay, Flowers, All the time et la magnifique pièce Je voulais te dire. L’amour était in the air dans la salle à ciel ouvert, les gens dansaient et chantaient en choeur. C’est dans ces moments qu’on réalise que le festival porte bien son nom. Avant de quitter, le groupe nous a offert la toujours très populaire Faerie Dance de Park Avenue paru en 2008. Solide performance, on sent que le show est rodé au quart de tour. (Valérie Vinet)

Xavier Rudd

Xavier Rudd – Photo : Jacques Boivin

À entendre les cris qui ont accueilli cet artiste australien sur scène, les attentes étaient hautes. Elles ne semblent pas avoir été déçues; même selon les standards considérablement élevés du Festif, la foule a conservé une énergie débordante tout au long du spectacle, chantant, sautant et criant sans répit. Xavier Rudd et ses deux acolytes avaient du jus eux aussi. Encadré d’un batteur implacable et de synthétiseurs conviant une nouvelle couleur à plusieurs titres, ce maître du didgeridoo arrivait avec un spectacle dansant et explosif. Nous avons eu droit à un très beau moment dans Breeze, alors que la foule reprenait deux lignes de voix simultanément, et cette soirée aux couleurs reggae s’est terminée sur une excellent interprétation de Spirit Bird avec Xavier Rudd seul à la guitare devant son public. (Émile Brassard-Gourdeau)

 

Vurro

Vurro – Photo : Jacques Boivin

On ne s’attendait à rien, devant un garage. Il faisait froid, on s’est collé. La porte du s’est ouverte et une lumière jaune nous a aveuglé, mais un crâne bovin est apparu. Maigrichon derriere une batterie, véritable homme orchestre, l’homme de Barcelone cognait fort sur les cymbales avec… ses cornes. Rock N’ Roll à souhait, la musique nous faisait danser une fois qu’on avait réussi à se remettre de la scène qui était devant nous. (Valérie Vinet)

Les Dales Hawerchuk

Les Dales Hawerchuk – Photo : Marie-Laure Tremblay

Des rockeurs du Lac dans un sous-sol d’église de Charlevoix, qu’est-ce que ça donne? Ça donne de la bière qui coule à flots, un moshpit, du body surfing pis un mur de décibels comme on les aime. Les frères Séguin ont beau être en Désavantage numérique, ils scorent à tout coup avec leurs gros rock bien gras et vitaminé. Prestation des plus généreuses, rappel copieux, tout ça s’est terminé avec un des Séguin qui s’est laissé transporter par la foule à travers la salle.

On n’en demandait pas mieux! (Jacques Boivin)

Le Couleur

Le Couleur – Photo : Jacques Boivin

De retour à la scène Radio-Canada, on avait monté le volume pour Le Couleur. Avec leur musique aux fortes inspirations disco, ces quatre musiciens ont fait bouger une foule assez nombreuse. La chanteuse Laurence Giroux-Do était toute en danse, et son énergie a fait passer le spectacle en un clin d’œil; malgré l’heure tardive, tout le monde sautait dans le chapiteau quand le groupe montréalais a clos avec une solide Voyage Amoureux(Émile Brassard-Gourdeau)

Karim Ouellet

Karim Ouellet – Photo : Marie-Laure Tremblay

Karim Ouellet et ses musiciens sont donc arrivés devant une foule bien réchauffée, qui les appelait d’ailleurs en criant depuis un bon moment. Ils ont livré la marchandise, offrant une performance électrisante aux courageux qui étaient encore debout. Olivier Beaulieu, à la batterie, ancrait solidement une formation où trompette et saxophone apportaient une belle richesse. La version de « Cœur Gros » à laquelle nous avons eu droit fut pour moi un gros coup de cœur, et quand la dernière note de « Karim et le loup » a résonné, Karim lui-même étant couché dos au sol, pieds en l’air, cela semblait presque trop tôt, malgré les jambes et l’horloge qui affirmaient le contraire. (Émile Brassard-Gourdeau)

Xavier Caféïne

Xavier Caféine – Photo : Jacques Boivin

Elle est loin l’époque où j’assistais au lancement de Gisèle, au Petit Campus! C’est dans le sous-sol de l’église de Baie-St-Paul que Xavier Caféine nous interprétait hier l’entièreté de cet album punk rock qui a marqué les années 2000. Accompagné pour l’occasion du batteur de Voivod, l’artiste nous a démontré que Gisèle a très bien vieilli. C’est depuis un mosh pit continuel que j’ai assisté à la représentation. Quelle énergie! Le public était survolté et en redemandait. Le chanteur, très heureux de faire passer par le Festif la tournée 10e anniversaire de Gisèle, n’a pas eu à se faire prier (haha) pour livrer tous les classiques de cet album phare. Épuisée mais contente, la foule à eu droit à un rappel de deux chansons qui ont su satisfaire les plus nostalgiques : Oh! Chérie et Tu ne peux pas partir(Jean-Philippe Grenier)

Avant d’oublier…

On a aussi vu un duel de fanfares entre Lemon Bucket Orchestra et Tintamare. C’est d’ailleurs un peu pour cette raison que notre article est un brin en retard aujourd’hui. Tsé, quand le boss fait la fête au lieu de traiter ses photos…