Apéros FEQ : Mat Vezio – District Saint-Joseph, 23 novembre 2017

Il n’en a pas toujours l’air quand il tape sur sa batterie avec d’autres artistes, mais Mat Vezio est un tendre. Difficile de ne pas l’être quand on est le créateur d’Avant la mort des fleurs cueillies, un des beaux albums de chamber pop de 2017 rempli de chansons qui te brassent doucement le dedans.

Vezio était à Québec jeudi dernier pour lancer la deuxième vague des Apéros FEQ au District Saint-Joseph. Jouant devant un public épars, mais attentif, l’auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste semblait en pleine forme derrière sa batterie et sa guitare, tandis qu’Antoine Corriveau, qui l’accompagnait à la guitare (tant qu’à jouer le lendemain, aussi bien rentabiliser le voyage), avait la mine (et la posture) fort détendue.

Si les chansons de Vezio n’étaient pas enrobées de ces magnifiques arrangements et choeurs qu’on retrouve sur l’album, elles avaient un peu plus de mordant, probablement en raison de la présence des deux deux guitares. Les chansons plus costaudes de l’album comme Adèle se distinguent justement dans cette prestation pourtant lancée tout en douceur avec les Au nord, Fukushima et La mort est une comédienne qui vous ignore.

Vezio aurait très bien pu se débrouiller tout seul sur la scène, ses chansons sont aussi belles dépouillées (Ce jour-là, notamment, ainsi que Les appeaux, qu’il a chantée tout seul parce que tu sais, Laura Sauvage n’était pas là) que toutes emballées (atmosphérique Ton cinéma). Mais il faut quand même admettre que la présence de Corriveau à ses côtés est un gros plus. Ne serait-ce que par les ambiances qu’il réussit à installer avec sa guitare. Et par son gros rire contagieux qu’on pouvait entendre à presque toutes les interventions (parfois « malhabiles » – les guillemets sont importants) de Vezio.

Somme toute, une prestation complètement différente de celle qu’on avait vue en mai dernier (on s’en souvient encore…), où Vezio était également accompagné de deux choristes en plus de Corriveau. Quelque chose d’un peu moins chambre, un peu plus rock, mais qui s’apprécie aussi bien.

En attendant son retour, on écoutera à nouveau son excellent disque.

 

Les Apéros FEQ se poursuivent au District Saint-Joseph ce jeudi, 18 heures, avec une prestation de Gaspard Eden. Les fans d’Ego Death et les amateurs de rock à saveur grungy (et crunchy) vont être gâtés!

 

[SPECTACLE] Mat Vezio, Librairie Saint-Jean-Baptiste, 24 mai 2017

Mercredi dernier, l’auteur-compositeur-interprète-batteur-sans-sa-batterie Mat Vezio est venu faire un petit tour à Québec pour nous présenter les magnifiques chansons de son excellent album Avant la mort des fleurs cueillies. Accompagné d’Antoine Corriveau, de Sarah Bourdon et d’Amylie, tous collés contre lui, charmante Librairie Saint-Jean-Baptiste et ambiance intime obligent, Vezio a chanté une dizaine de pièces aux spectateurs venus l’entendre et autres curieux qui se demandaient à quoi ça pouvait bien ressembler, du « deep folk ».

J’avais vu Vezio donner sa toute première prestation au Cabaret Festif! de la relève l’année dernière. Il était tellement nerveux et crispé qu’il avait du mal à balbutier deux ou trois mots de suite entre ses chansons. Cette fois, le jeune homme était beaucoup plus détendu et souriant. Mais bon, on n’était pas venus pour les monologues, ce qui nous intéressait, c’était la musique!

Sur ce plan, la magie opérait comme on s’y attendait. Les voix de Sarah Bourdon et Amylie se superposent en parfaite harmonie à celle, douce et aérienne, de Vezio. Le public de la Librairie écoute dans un silence religieux. Corriveau joue de la guitoune dans sa bulle. Même sans les riches arrangements de cordes qu’on retrouve sur l’album, les chansons s’envolent. Moins pop de chambre, plus (« deep ») folk, mais l’essentiel demeure : on écoute, on savoure la jolie poésie et on se laisse bercer par les jolies mélodies mélancoliques de Vezio.

Quand Vezio a joué Ce jour-là, j’ai eu des frissons, comme la première fois que je l’ai entendue. Sauf que cette fois, Mat Vezio n’est pas qu’une promesse. Il est aussi un fait accompli. Le genre devant lequel on aime se retrouver!

Si vous êtes aux Francofolies cet été, allez donc le voir le 11 juin.

[ALBUM] Mat Vezio – « Avant la mort des fleurs cueillies »

On a envie de crier IL ÉTAIT TEMPS!

Après nous avoir donné un avant-goût prometteur l’année dernière au Cabaret Festif! de la relève (« Le genre de prestation qui nous fait dire J’ai hâte à l’album, je vais pleurer tout le long en l’écoutant »), Mat Vezio nous présente enfin Avant la mort des fleurs cueillies, une magnifique collection de douze pièces logées à l’enseigne de la pop de chambre.

Pour l’occasion, Vezio s’est drôlement bien entouré : Antoine Corriveau à la réalisation et à divers instruments, Mélanie Boulay et Amylie aux choeurs, Marianne Houle au violoncelle et aux arrangements de cordes, ainsi que quelques autres musiciens talentueux se sont joints à lui pour enregistrer l’album.

Dès les premières notes d’Au nord, on devine assez bien où Vezio veut s’en aller et on monte sans réserve dans le train. Les choeurs d’Amylie et de Mélanie Boulay rappellent ceux qu’on peut retrouver sur certaines pièces de Cohen. Vezio, lui, chante un brin nonchalemment. C’est doux, c’est beau, et ça contraste joliment avec Fukushima, un folk langoureux aux guitares bluesées (salut Louis-Philippe Gingras).

L’étiquette « pop de chambre » colle particulièrement à La mort est une comédienne qui vous ignore, avec ses cordes luxuriantes qui accompagnent la voix de Vezio (qui me rappelle Stuart Murdoch de Belle and Sebastian, ici). Y’a de la couleur ici, ça complète bien les paroles tristounettes. Sur L’automne de Buffalo, Rose Normandin ajoute beaucoup de chaleur avec son cor français. Le mélange avec les cordes se fait savoureux tout en étant complètement différent de ce qu’on pouvait entendre la dernière fois qu’on avait entendu pareille combinaison (salut Antoine Corriveau). On se sent léger.

On avait déjà entendu Ce jour-là, le premier extrait de l’album qui nous a déjà fait verser quelques larmes. Cette chanson-là, elle serait déjà parfaite juste guitare-voix, mais on est content que Corriveau ait convaincu Vezio d’ajouter quelques textures à ses compositions. Les choeurs sont encore parfaits et ajoutent beaucoup d’émotion au texte déjà assez chargé.

L’ambulancière est un oreiller

L’ambulancière est une orchidée

Après tant de légèreté musicale, il fallait bien quelque chose d’un peu plus lourd. Encore une fois, Gingras se joint à la bande pour jouer de la guitare électrique sur Adèle, probablement le morceau le plus rock de l’album. De son côté, Ton cinéma réussit à être à la fois aérienne et groovy. On se ferme les yeux, on tape du pied, on écoute Vezio inviter son interlocuteur à regarder en avant et prendre son temps.

Pour Les appeaux, Vezio a invité Laura Sauvage à l’accompagner. Belle chanson toute dépouillée qui laisse toute la place aux deux chanteurs et au texte fort imagé.

Une réflexion s’impose une fois arrivé à la chanson Les files d’attente : on voyage beaucoup sur cet album. Après être allé à Fukushima, on parle d’avions, de files d’attente, de l’Île des naufragés, de l’Arizona… tout ça avec une toute petite touche de country dans le ton. Réparer les départs a un titre assez évocateur. Ça commence en douceur, mais cette fois, le refrain gagne en intensité et prend un petit air de Beck période Morning Phase. C’est aussi hot que ça en a l’air. Assez en tout cas pour réussir à mettre le feu à l’eau.

L’album se termine sur Paranoïa, une autre chanson qui serait parfaite toute nue, mais qui prend une tournure majestueuse avec l’ajout du piano et du cor français.

Mat Vezio a travaillé trois ans sur cet album. Ça paraît. On doit chercher très fort pour trouver des points faibles, soulever tous les tapis pour trouver un brin de poussière ou deux. Vezio a composé de belles chansons qui auraient sûrement été très satisfaisantes sans tous les riches arrangements qui les accompagnent. Mais voilà, ces arrangements, ils semblent s’être intégrés tout à fait naturellement. Il n’y en a pas trop, et il n’en manque pas du tout non plus. Elles ajoutent une grande valeur à la proposition, tout en permettant à Vezio de les jouer seul à la guitare si jamais le coeur lui en dit.

Avant la mort des fleurs cueillies est un bel album, tant sur le plan de la musique que des textes, qui révèlent que Vezio ne sait pas manier que des baquettes, il est également très bon avec une plume. Pour un premier opus complet, c’est une maudite belle réussite. OK, les attentes étaient quand même élevées, Vezio n’est pas une recrue sur la scène musicale, loin de là. Il est toutefois allé chercher les bonnes personnes pour l’accompagner et créer avec lui un univers qu’on a envie d’explorer. Un univers bien à lui, par dessus le marché.

À écouter pendant qu’on rêvasse en regardant la neige fondre doucement.

[SPECTACLE] Deuxième soirée de qualifications du Cabaret Festif! de la Relève.

C’est samedi dernier, le 6 février, qu’avait lieu la deuxième de trois soirées de qualifications du Cabaret Festif! de la Relève. La première soirée avait couronné Samuele (prix du public) et Gab Paquet (prix du jury) afin de débuter le portrait de la finale qui se déroulera le 26 mars prochain. Cette deuxième mouture du concours de cette année était marqué par une belle variété dans les styles musicaux présentés au jury, formé pour l’occasion de Émilie Rioux, de CHYZ FM, Christian St-Pierre (de Coyote Records) ainsi qu’Andréanne Sasseville, qui représentait un des partenaires majeurs du concours, Sirius XM.

06022016-202112-04-Blond CeriseLes premiers a fouler les planches furent Blond Cerise, jeune formation de la  »banlieue d’Alma » (selon leurs dires) [NDLR : en fait, Saint-Coeur-de-Marie est un quartier d’Alma qui a été fusionné au tournant des années 2000] qui ont ouvert la soirée avec une bonne dose d’absurdité qui a su dérougir le public qui ne semblait toutefois pas prêt à ce genre d’interactions. Des chansons rock loufoques, qui abordent souvent les femmes, l’amour et la passion (en général) étaient musicalement teintées de ska (oui, oui, j’en entendais un peu, moi!). Les deux chanteurs collaboraient bien sur scène, ce qui leur permet de se démarquer, dans l’immédiat. Par contre, leur  »personnage » (si je peux me permettre), n’étais pas assumé et leurs anecdotes rocambolesques entre les chansons prenaient une place trop importante. Globalement, le groupe manque de maturité musicale et doit peaufiner son identité afin que tout cet amalgame d’absurdité, tout de même bien construit et justifiable, brille.

De Blond Cerise on passe à un tout autre registre. Plus atmosphérique, Mat Vézio vient sur 06022016-210123-12-Mat Vezioscène avec un bagage d’expérience beaucoup plus vaste que ses prédécesseurs. Accompagné par Antoine Corriveau et Marianne Houle, Vézio nous transporte dans son monde avec des paroles imagées et très introspectives, où chaque mot est visiblement pesé. Une voix  »feutrée » et un présence sur scène calme, très statique, a créé un certain décalage pour le public. De plus, Mat Vézio n’interagissait que très peu avec celui-ci, ce qui faisait que sa prestation était relativement hermétique. Un produit travaillé, certes, mais qui nécessite d’être aussi mieux travaillé pour la scène afin que le mur qui se dresse entre nous et l’artiste se brise, et nous laisse transparaitre sa personnalité qui semble riche. [NDLR : Le genre de prestation qui nous fait dire « J’ai hâte à l’album, je vais pleurer tout le long en l’écoutant », ce qui n’est pas la réaction qu’on veut dans un concours du genre… Vézio est un pro, avec un peu de rodage, tout va bien aller pour lui, je ne suis pas inquiet.]

06022016-214707-19-Lydia KepinskiLydia Képinski y est allée d’un vidéo assez décalé pour capter rapidement l’attention du public avant même qu’elle monte sur scène. La jeune montréalaise a rapidement donné le ton, et son charisme étais très tangible aussitôt sur scène. Ces chansons françaises, parfois drôles, parfois tristes, ont charmé le public qui cherchait ce genre de contact depuis le début. Le charme de Lydia a fait sa magie, au point où elle a même oser demander aux gens de chanter avec elle le refrain d’une de ses chansons. En passant de la guitare à la basse, au clavier et au Ukulélé, elle a su créer une ambiance adéquate pour accompagner ses paroles, parfois trop abstraites mais très imagées.

06022016-220148-20-Le Winston BandFinalement, des chouchous de Baie-Saint-Paul ont clos la soirée. Le Winston Band s’est amené sur scène avec toute l’énergie qu’on lui connait pour  »swinger la barque ». Un groupe qui exploite un filon musical peu exploité : un  »punk cajun » avec des références bien de chez nous, ce qui crée un agréable mélange et confirme le groupe comme étant un groupe  »festif » (no pun intented) et il s’assume en tant que tel. On constate rapidement que le groupe connait la scène, se l’approprie et interagit beaucoup avec le public qu’il connait et qui s’est même permis de danser, vers la fin de la prestation. Par contre, le stigmate des groupes dits  »festif » est la répétion, la redondance et le Winston Band n’y échappe pas : musicalement très semblable, j’avais de la difficulté à distinguer les chansons l’une de l’autre. Par contre, leur énergie contagieuse m’a fait taper du pied! [NDLR : Je hochais joyeusement de la tête en prenant mes photos!]

06022016-224032-26-Cabaret du FestifAu finale de cette soirée, les juges ont récompensé Lydia Képinski, qui se rend directement et finale et le public, lui, a bien sûr récompensé ses chouchous, le Winston Band qui devra se soumettre au votre par internet qui aura lieu du 22 février au 14 mars prochain. Pour compléter le carré d’as des finalistes, nous aurons bien sûr droit à la dernière soirée de qualifications le 20 février prochain.