[SPECTACLE] lancement de Chocolat (+la Fête), le Pantoum, 11 novembre 2016

Il y avait un monde fou au Pantoum vendredi dernier à l’occasion du lancement de Chocolat. Dès 20h30 c’était plein, et dès 21h le fun musical commençait. Compte-rendu d’une soirée où l’ambiance, comparable aux grilled-cheese Nutella servis pour l’occasion, était à la fois intense, insolite et délicieuse.

La Fête

La fête /Photos: Marion Desjardins
La Fête / Crédit Photo: Marion Desjardins

La Fête était en charge de mettre l’ambiance avant l’arrivée de la tête d’affiche. Cocktail composé d’Antoine Provencher (Hoboïï, Vague Station, Les Avalés), de Samuel Gougoux (Nimbes, Pure Carrière, Victime), de Jean-Michel Letendre-Veilleux (Mom Jeans, BEAT SEXÜ, Anatole, Pure Carrière, etc… ) et de Simon Provencher (Nimbes, Victime, Medora), le groupe peut être perçu comme l’aboutissement des influences de ses différents membres.

Pendant que les deux grosses caisses de son crachaient leur musique psycho-planante aux rythmes complexes, les spectateurs écoutaient attentivement ou dansottaient. Le groupe a joué quelques pièces de son dernier maxi, paru en juillet dernier en version numérique sous l’égide de Pantoum records. On a aussi eu droit à une poignée de nouveautés. La Fête a su nous tenir en haleine pendant presque une heure avec ses chansons qui surprennent au détour de certains accords. Le costume flamboyant et les mimiques de Simon Provencher y étaient peut-être aussi pour quelque chose.

La fête /Photos: Marion Desjardins
La Fête / Crédit Photo: Marion Desjardins

Entre les deux spectacles, la faune du Pantoum a eu un temps pour socialiser et se rafraîchir. Il y avait pour moi autant de visages connus que de visages nouveaux et l’ambiance était aussi festive que chocolatée.

Chocolat

Les membres de Chocolat sont arrivés sur scène vers 22h45, entourés du halo de leur renommée. Difficile à vraiment cerner, leur musique s’enroule autour du progressif, du rock psychédélique et d’un je ne sais quoi un peu déjanté qui fait leur charme. La voix de Jimmy Hunt ajoute une touche vaporeuse à des paroles décapantes ; synthés et saxophone colorient et enrichissent les chansons. Le tout est exécuté à merveille par des musiciens accomplis.

Chocolat /Photos: Marion Desjardins
Chocolat / Crédit Photo: Marion Desjardins

Bien qu’on ait appelé la soirée «Lancement de Chocolat», le programme du groupe s’est avéré être beaucoup plus riche qu’on pouvait le penser. Ils ont été généreux avec un public qui a su profiter de cette opportunité. On se rappellera que Jean-Étienne Collin Marcoux, dans une entrevue donnée précédemment, nous avait dit que le groupe avait été invité en partie pour faire un cadeau à leur clientèle et en partie parce que «la gang de Chocolat, ce sont des musiciens avec qui on travaille à d’autres moments dans l’année et qui avaient vraiment envie de faire ça ici parce que c’est un projet qui leur tient à cœur et qu’ils ont envie de le faire avec des amis plutôt que dans une salle de spectacle lucrative».

Alternant donc entre nouveautés et anciennes pièces, le groupe nous faisait osciller entre découvertes et retrouvailles. Ça n’a pas pris beaucoup de temps avant que ce mélange explosif fasse lever la foule. Sautant, se bousculant amicalement, chantant, hochant de la tête, dansant, les spectateurs ne pouvaient faire autrement que de bouger face à l’intensité délivrée par le groupe et qui n’a pas tarie avant la fin du spectacle. Le plancher en tremblait. Seul hic, à travers les chansons déjà bien connues de leur dernier album Tss Tss, il a été plus difficile de distinguer les nouvelles pièces du groupe ainsi que leur évolution par rapport aux anciennes. C’est une découverte qu’on pourra tous faire en écoutant l’album !

Chocolat /Photos: Marion Desjardins
Chocolat / Crédit Photo: Marion Desjardins

Toujours est-il que la soirée dans son ensemble a été un succès. Vers la fin de la soirée, les spectateurs ont pu reconnaître Ah Ouin, le simple du nouvel album qui était sorti un peu avant le disque complet. Au final, Chocolat nous a laissé sur notre faim même après un rappel de deux chansons, et on aurait bien pris un autre set complet pour nous enivrer davantage.

Témoignages

«Fuck Yeah!»
-Mario Tardif

«Chocolat c’est Pink Floyd qui a tourné à gauche au lieu d’à droite en 1971.»
– Hubert Michaud

Chronique n°3 par Simon Provencher [Extrait d’une vraie conversation]

«C’est comme ça que je cruise en fait» – Simon Provencher

La fête /Photos: Marion Desjardins
Votre chroniqueur dévoué / La Fête / Crédit Photo: Marion Desjardins

Veux-tu savoir quelque chose de cool? Je joue dans un band. Ouais on est pas pire je pense. Nos influences principales c’est U2, Linkin Park et Steeven Reich. Ouais je sais c’est quand même vraiment expérimental mais ça marche bien ensemble. Je suis tanné de voir des bands qui osent pas, il faut savoir être provocateur avec la musique, tu sais. Le public à Québec comprend pas vraiment.

Ouais on a joué avec Chocolat, ils sont correct là j’ai quand même hâte de moins jouer avec des groupes locaux. Messemble qu’on est un peu trop bons pour ça. Je sais pas trop ce qui s’est passé par contre, notre technicien de scène a du faire quelque chose à ma guitare, je sonnais pas trop accordé. Et c’est dur faire un bon spectacle quand j’ai pas de fromages dans la loge. Il y avait pas vraiment de loge en fait. Le Pantoum c’est pas la meilleure place, ils sont pas vraiment professionnels.

Si tu veux on a une chambre d’hôtel. Les trois autres gars sont là mais ils sont habitués.

Ah ouin.

Simon Provencher
– La Fête –

 

Crédit photo: Marion Desjardins

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[ALBUM] Floes et l’éclat de l’ombre

Le trio de Québec FLOES qui dévoilait deux extraits coup sur coup plus tôt ce printemps vient de publier un EP de 5 titres fort bien ficelé. Intitulé Shade & Mirror, le maxi récapitule et nous ramène les deux pièces présentées au public, en l’occurence «Showdown» et «Hooked», dévoilées respectivement à la fin avril et au début mai. Ces deux morceaux, dont le potentiel était vraiment intéressant et laissait augurer un projet mature et abouti, ils se sont avérés plutôt représentatifs de cette parution, qui conserve un niveau de qualité élevé.

FLOES (Crédit photo: Jacques Boivin)
FLOES (Crédit photo: Jacques Boivin)

 Il faut dire que les gars du band n’en sont pas à leur première initiative musicale et que ça se ressent bien. Le trio mené par Samuel Wagner (Harfang) et complété par Simon Tam (Émeraude) et Pierre-Philippe Thériault (PopLéon) sait comment produire une musique originale, captivante et accessible. Le niveau de production est très élevé et n’a pas grand chose à envier aux albums des majors de ce monde. Très léchée, leur pop fait une place à l’électro comme trame de fond et à des pistes vocales délicates qui viennent y occuper l’espace de fort belle manière. Le tout est complété par des rythmiques variées, passant sans problème de celles du hip hop à celles de l’indie rock.

Le titre qui ouvre l’album, «Shadows», est construit sur un lit de guitares bien fignolées et met progressivement la table en termes d’ambiance sonore et d’esthétisme. La seconde composition, la première à avoir été révélée au public, intitulée «Showdown», demeure probablement le moment fort de l’album, avec sa mélodie mémorable et sa production impeccable. La collaboration avec deux des hommes forts de la sphère sonore de Québec, surtout avec Dragos Chiriac (Men I Trust) mais on trouve également mentionné Jean-Étienne Collins-Marcoux (De La Reine), n’est probablement pas étrangère à cette réussite. La réalisation et le mix s’est passée surtout à deux, Dragos Chiriac venant épauler Samuel Wagner à réaliser le projet. «Hooked», la troisième piste du EP, était également connue du public, ayant servi de deuxième extrait, et elle conserve la cohérence esthétique et sonore tout en ajoutant une belle variété à la palette.

Le second moment fort de l’album à mon avis, c’est le quatrième ttire «Burning light», qui installe progressivement des couches sonores venant se compléter et se relancer, jusqu’au moment où le rythme change à l’amorce du dernier tiers, permettant aussi à la mélodie d’évoluer, d’incorporer des synthés qui sonnent comme une tonne de brique et de pousser les cordes vocales du chanteur-claviériste un peu plus loin. Un groove complètement captivant nous accompagne jusqu’à la fin, introduisant avec brio le dernier morceau du EP. Celui-ci, intitulé «A lifetime ago», rappelle au début certaines pièces de Radiohead, avec la voix qui rappelle plus que jamais celle de Thom Yorke, mais en plus serein. Tout de suite après le début, le style vocal change et le rythme aussi, dévoilant au final un titre un peu plus conventionnel mais avec une belle progression dynamique. Après le bridge, le morceau gagne en efficacité pour clore le disque en beauté.

FLOES (Crédit photo: Camille Gagnon)
FLOES (Crédit photo: Camille Gagnon)

C’est vraiment une belle grande parution que nous offre FLOES, malgré sa courte durée. Le disque démontre un savoir-faire indéniable derrière les compositions et l’interprétation est aussi au rendez-vous pour couronner de succès l’entreprise du groupe. Il leur est permis de rêver d’un succès international, le tout se déroulant en anglais, surtout si l’éventuel premier album complet relève le défi de garder un standard de qualité élevé et constant en plus d’élargir avec cohérence leur répertoire. Disons que la barre, ils se la sont fixée assez haute.

Un lancement au Pantoum à Québec est prévu pour le jeudi 2 juin – plus d’infos ici. 

[À VOIR CE WEEK-END] Québec

Les prochaines semaines seront complètement folles côté spectacles à Québec et la fin de semaine qui s’en vient en sera un bon exemple. Alors, quel est le menu du week-end?

On vous en présente un aperçu, mais vous pouvez toujours consulter Quoi faire à Québec pour plus de concerts de toutes sortes.

Jeudi 21 avril

Émile Bilodeau - Photo : Jacques Boivin
Émile Bilodeau – Photo : Jacques Boivin

On commence la soirée avec Émile Bilodeau au District St-Joseph dans le cadre des Apéros découverte du FEQ. On aime beaucoup ce jeune homme qu’on a pu voir un peu partout au cours de la dernière année. Vous aimez Mononc’ Serge? Vous trippez sur Philippe Brach? Vous allez adorer Émile. À 17 h 30. Entrée libre.

Il était à Lévis la semaine dernière (avec Émile, justement), le v’là de retour sur la rive-nord. Je parle bien sûr de Philippe Brach, qui nous interprétera les chansons de son magnifique Portrait de famine. Il reste encore quelques billets, mais on n’est pas sûrs qu’il va en rester à la porte. Décidez-vous rapidement! Portes : 19 h. Spectacle : 20 h. 22 $. **

Anatole
Anatole – Photo : Marion Desjardins

Quelle belle façon de finir sa soirée que d’aller voir Anatole et Yokofeu! Les deux groupes se produiront au sous-sol du Cercle à 22 h (ou après la fin du concert de Brach). Anatole va en profiter pour lancer son jeu de tarot. Que vous réserve la nouvelle L.A.? 10 $ (5 $ pour les détenteurs de billets de Brach) **

La formation pop de Québec Unknown Colour lancera son album Beat the Clock à L’Anti. Première partie : Tracer Flare. Portes : 20 h. 10 $

Vendredi 22 avril

L’auteur-compositeur-interprète Fred Labrie lance son album Dans la fumée claire à la Ninkasi en formule 5 à 7. Entrée libre.

Le groupe rap du 83 Taktika sera à L’Anglicane pour célébrer ses 20 ans. C’est complet, mais si vous avez déjà votre billet, on vous rappelle que le spectacle est à 20 h.

The Two Birdz profite également de ce vendredi pour lancer un nouvel album, No One’s a Stranger. Au Fou-Bar à 20 h 30. Contribution volontaire.

Amor et Willie - Photo : Jacques Boivin
Amor et Willie – Photo : Jacques Boivin

Les amateurs de musique qui sent la campagne iront assister au Barn Show à L’Anti, un show qu’on nous vend comme un show d’cowboys 100 % Québec. Au menu : The Free WalkersAmor & WillieLe Paparman Club Band et Tze Texas Redmecs. Ça va être festif et déjanté, nul doute à ce sujet, surtout que le tord-boyau va couler à flots. Est-ce que les gens de L’Anti vont oser garder le miroir derrière le bar? Une balle perdue, ça fait des dégâts! 20 h. 10 $ (à la porte).

Milk and Bone - Photo : Jacques Boivin
Milk and Bone – Photo : Jacques Boivin

Au Cercle, c’est le retour de Milk & Bone, qui avait fait un tabac à sa dernière visite à l’automne dernier. Cette fois, la première partie sera assurée par la sensation Geoffroy, qui devrait donner quelques frissons aux spectateurs avec sa jolie musique. 20 h, 20 $ (on nous souffle qu’il ne reste qu’une cinquantaine de billets… faites vite!).

Give Me Something Beautiful et Les Avalés sont au Bateau de nuit dès 20 h 30.

Samedi 23 avril

La jeune auteure-compositrice-interprète Marianne Poirier sera au Vieux bureau de poste. 20 h. Mais vous savez quoi? C’est complet! Yep. Même les artistes qui débutent remplissent les salles!

Samuele - Photo : Jacques Boivin
Samuele – Photo : Jacques Boivin

On l’a beaucoup aimée cet hiver au Cabaret festif de la relève, elle est de retour à Québec : Samuele sera au Pantoum! En première partie? Une pieuvre qu’on aime beaucoup : L’Octopus. Portes vers 20 h, BYOB. 10 $.***

 

[SPECTACLE] Saam, Ego Death et Los en programme triple au Pantoum

Hier soir je me rendais au Pantoum pour la première fois depuis un bon moment, à l’exception de ma visite dans la seconde partie du complexe musical lors du lancement VIP d’Anatole. J’allais donc gravir les marches en redoutant le capharnaüm des bottes et de manteaux qui semble-t-il est, depuis belle lurette, chose du passé. À la place, on trouve un sympathique vestiaire à mi-chemin pendant l’ascension et l’entrée de la salle est donc beaucoup plus dégagée qu’elle a pu être les années précédentes. La saison hivernale rendait habituellement mes visites au Pantoum à moitié périlleuses, ce qui fait que j’attendais une occasion en or pour retourner voir un concert sur place, mais aussi un concert qui ne commencerait pas trop tard, pour faire plaisir à mes vieux os.

Saam
SAAM (Photo: Marion Desjardins)

C’est un programme triple avec deux bands de Québec et un de Montréal qui m’a donné l’occasion que j’escomptais et la soirée fût très agréable. C’est la formation rock délurée et légèrement psychédélique montréalaise SAAM qui ouvrait la soirée. La bassiste de Ponctuation Laurence Gauthier-Brown accompagnait le groupe pour l’occasion, alors que le bassiste habituel était en voyage en France. Le groupe promet un nouvel extrait en plein coeur de l’été et une parution longue durée pour la fin août peut-être, et les pièces qui ont été interprétées hier vont, pour notre plus grand bonheur, en partie figurer sur la galette à venir. La performance s’est déroulée sans faux pas, les compositions sont originales, les paroles étaient parfois difficiles à comprendre mais le chant éclectique et théâtral du chanteur-compositeur avait quelque chose de très divertissant qui complétait bien les compositions pop-psychédéliques de son crû. Une demie douzaine de chansons se sont succédées et les gens réunis sur place ont eu l’air d’apprécier cette entrée en matière fort à propos. Le titre fort efficace Cheville Blanche, tiré d’un court EP de deux pièces qui porte le nom de l’autre titre, « Vacance », était un moment fort de la performance et le EP est disponible gratuitement sur le bandcamp de l’artiste, si vous voulez un support audio pour mieux comprendre la proposition artistique de Saam.

Ego Death
Ego Death (Photo: Marion Desjardins)

 Après une brève entracte arrive Ego Death, le projet de Joey Proteau (feu-Modern Primitive) mais à géométrie variable pendant le concert. En effet, l’auteur-compositeur-interprète originaire de Québec était parfois accompagné de Kevin Robitaille (Los) à la batterie, Symon Marcoux (feu-X-Ray Zebras) à la basse,  Maxine Maillet (Los, EP4) au clavier et Marie-Pier Gagné au violoncelle, mais aussi, pas mal toujours accompagné de son frère Jesse à la guitare et à la voix, qui venait admirablement bien compléter les harmonies vocales familiales. Les compositions très délicates mais mémorables qui figurent sur le EP « Grief » ont été pas mal toutes interprétées devant une assistance respectueuse et docile qui écoutait la performance avec un calme olympien. Une ovation chaleureuse et bien sentie faisait suite à tous les morceaux présentés et avec raison, la justesse de l’interprétation était très impressionnante. Une reprise d’Elliot Smith s’est glissée dans le set aussi, venant compléter le corpus avec d’autres sonorités. Les compositions au caractère très intimiste résultent d’un travail d’introspection créative qui a culminé avec la parution du EP l’automne dernier et il faut dire qu’avec un style de musique aussi dépouillé à la base, les mélodies de guitare et les vocaux feutrés en étaient l’apanage, il faut absolument que la précision soit au rendez-vous, parce que toute bourde si petite soit-elle a la chance de faire chavirer un moment magique et de nous ramener à la réalité. Toutefois, on peut déclarer que le spectacle était un succès car on aurait eu bien du mal à trouver des taches au dossier vocal des frères Proteau. En écoutant les pièces réunies sur « Grief », on peut craindre que leurs versions live perdent un peu en justesse mais le tout était vraiment impeccable et bien senti. Chapeau bas!

Le fait que Ego Death vienne après la performance plus mouvementée de Saam me paraissait étrange au début, mais l’alternance était au final fort intéressante pour le déroulement de la soirée, en plus de laisser la chance à la formation suivante de relever le niveau d’énergie dans l’assistance qui émergeait à peine d’un moment de contemplation béate.

Los
LOS (Photo: Marion Desjardins)

 Ce qui était annoncé comme le clou de la soirée, c’était la performance de la formation de Québec LOS, une formation qui a beaucoup changé ces derniers temps, délaissant le rock garage accrocheur et mordant des deux premières parutions pour un rock alternatif sophistiqué que leur dernier 7″ laissait augurer. Le line-up actuel est composé des membres fondateurs Kenny Turgeon à la guitare-voix et aux compositions et de Kevin Robitaille à la batterie, fidèles à eux-mêmes. Le groupe, désormais un quintet, était complété par Maxine et Symon qui avaient également accompagné Ego Death un moment, ainsi que par Jean-Daniel Lajoie (ex frère d’armes de Joey dans feu-Modern Primitive). La foule était déjà un peu plus clairsemée pour voir la performance de Los, qui ont présenté essentiellement des titres de leur nouveau répertoire, dont la consécration est prévue pour l’automne avec la parution de leur premier long-jeu. Ironiquement, les moments qui semblent le plus avoir été appréciés et insufflé d’énergie à la foule, c’est le titre « Jelly Spoon » qui les a procurés. C’était l’occasion de se rappeler du génial 7″ Romances sur lequel figure la pièce qui, avec la chanson titre de leur autre 7″ Peace in general, étaient les seules provenant de leur ancienne vie. Les nouvelles compositions semblent de qualité mais on peine à trouver un angle d’approche ou une clé pour les décoder, l’aspect global des pièces semblant parfois relayé au second plan derrière une recherche sonore tout de même intéressante. Le mordant catchy de leur premier répertoire se fait plus rare, comme celui de la géniale « Nature Boy », reprise par Beat Sexü sur Open House QC mais délaissée par Los au profit des pièces qui cadrent mieux avec l’esthétique indie-alternative qui est visée dorénavant. Si les gars ont l’air de savoir où ils vont, le trip a des allures de recherche personnelle et curieusement, alors qu’on semble vouloir se diriger vers des contrées plus facilement commercialisables et accessibles, le degré de raffinement atteint des niveaux qui font que plusieurs semblent peiner à comprendre où tout ça se dirige, comme en témoignaient à quelques reprises les applaudissements timides ou confus entre les pièces. Au niveau technique, la performance était somme toute impeccable mais cela ne semble pas tout à fait avoir suffi pour donner à l’assistance le goût d’embarquer à fond de train, hormis un slam aux allures ironiques qui a pris les mélomanes à bras-le-corps vers la fin du concert. Alors que l’assistance réclamait timidement un rappel, je descendais tranquillement les marches en me disant que j’avais hâte d’entendre la version endisquée des morceaux présentés ce soir, qui pourront peut-être me faire apprécier avec un oeil nouveau, ou une oreille nouvelle, les pièces du corpus 2.0 de Los. La parution, fort attendue, sera une gracieuseté de Sexy Sloth, et devrait voir le jour à l’automne, le pendant visuel restant à élaborer pour accompagner les pièces dont l’enregistrement vient d’être achevé.

C’est bien beau les mots, mais ça aide toujours d’avoir un support audio visuel pour mieux comprendre ce dont il est question. Allez donc faire un tour sur les pages bandcamp des artistes et écoutez ça en regardant la somptueuse galerie photo préparée par notre LLamaryon nationale!

https://saamsaam.bandcamp.com/releases

https://ego-death.bandcamp.com/releases

https://lostheband.bandcamp.com/

[SPECTACLES] Fet.Nat, CRABE, La Fête, Les Avalés, Renard Blanc. (2016). Introduction à la Métacritique. Pantoum, Québec.

Pour pouvoir se mettre à l’œuvre et manier « effectivement »,
c’est-à-dire se « perdre »
dans le monde d’outils,
le Soi-même doit
nécessairement s’oublier

– Heidegger

La critique de spectacles est un art dépassé. Vulgaire guerre de clics pour faire plaisir à deux ou trois artistes indépendants un peu mauvais mais pas trop.

Vous comprendrez évidemment que je suis allé voir des spectacles, section VIP, et que j’ai osé dépasser la critique musicale contemporaine. J’ai osé la métacritique, soit la critique de l’expérience, de l’affectivité et de l’intériorité.. Une critique osant l’oubli de ses référents culturels et de soi. Surtout l’oubli de l’être. Faisant ainsi mon grand post-critique, je me suis oublié. Et j’ai oublié les concerts que j’ai vu. Voici donc une récapitulative romancée de mon expérience interne, question de dépasser un peu mes contemporains. Question d’être à l’avant-garde.

Cette aventure s’étale sur deux spectacles. À l’un j’étais ivre, et au second, j’étais musicien. Dans les deux cas, une situation non-recommandable pour bien faire son travail de journaliste culturel impartial. Oups.

crabe
mtl no wave depuis 1988

Le 25 mars, au Pantoum, j’ai vu CRABE.

Je les aime beaucoup, ils sont bons, ils sont gentils, ils ont une Space Station de DigitechMertin et Gabriel sont énergiques, hilarants et généralement très appréciés par le public, sauf peut être les quelques parents qui comprennent un peu moins. L’expérience CBRAE est complète, et on retourne dehors fumer une cigarette avec la conviction qu’on doit manger plus de légumes.

Mais sérieusement j’étais vraiment très nerveux, peu attentif et j’écoutais d’une oreille en vomissant de l’autre. Les pièces, tirées principalement de leur album Anti-Vague, se succèdent dans un vent d’extase étrange. Ils invitent même l’ami PL chanter le hit Nouveau Document sur scène. Gros fun, gros stress, mais pourquoi es tu nerveux comme ça Simon? Est-ce ton énervement naturel, ou se passe t’il quelque chose de plus?

à suivre….

 

lafete
let’s go mange le ton hot dog

Le problème avec La Fête c’est que c’est moi à la guitare. Je vous parlerai donc de mon expérience. L’intériorité pi toute, on en jasait tantôt! Comme j’ai dit, évidemment j’étais sur le gros nerf, le projet est nouveau, c’est le troisième spectacle à notre actif. Je me fais confiance, blindé devant un mur d’ampli et une petite station spatiale de pédales. J’ai un haut-parleur qui lâche juste avant le show mais bon, ça sert à quoi. c’est une question rhétorique. ça sert à rien les hauts-parleurs, on les arrange simplement sur scène pour faire beau.

Le son est cool, j’ai du plaisir, je ne suis pas saoul. Il y a tout de même un moment dans le spectacle où j’ose attraper une bière entre mes dents pour la caler adroitement, mais bon, c’est pour le show biz. Ça et puis déposer doucement un ampli dans la foule et grimper nonchalamment sur la grosse caisse. show biz. Jean-Michel Letendre-Veilleux fait aussi dans l’intensité aux basses fréquences alors qu’Antoine Provencher danse beaucoup derrière les micros et les guitares et que Samuel Gougoux danse un peu derrière sa batterie.

J’ai fini la soirée au Jos Dion beaucoup trop tard et j’ai dormi sur un des divans du Pantoum avec mon manteau comme couverture. Mais avant ça j’ai vu Fet.Nat. woo.

 

fetnat
plus gros oeuf du monde: 2,59kg poulet moyen: 2,63kg

On ramasse notre matériel, on fait de la place. Ils s’installent. Séquenceur, deux caisses claires, attirail impressionnant de pédales d’effets, slogans cartonnés, DL4. La transe se prépare, la foule, maintenant compacte, survoltée, se prépare à boire les mots de JFNo.

Chanteur, ex-mascotte, homme à tout faire. Il en fait beaucoup déjà, mais il n’est pas seul. Les rythmes d’Olivier Fairfield (Timber Timbre, Last Ex, La Mort à La Mode, J’envoie) sont déjantés, irréguliers, mais toujours fondamentalement groovys et dynamiques. Sérieusement un des meilleurs percussionnistes que j’aie eu le plaisir de voir jouer. Il en manque deux, la section mélodique du lot. Linsey Wellman (Kobo Town, Craig Pedersen Quartet) s’inspire des grands du no-wave et du free jazz et nous donne un exercice de respiration continue constant. Inébranlable. Composant en contrepoint avec les guitares aiguisées, haletantes et les échantillonnages de Pierre-Luc Clément (J’envoie). 

La foule se déchaîne, je reçois des coups de poing. Fin de la soirée.
Ils étaient là pour lancer Please Stop Saying it’s So Beautiful

 

Je vous le dis : il faut encore porter en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez encore un chaos en vous

– NIETZsCHE

4loko
le chaos.

Bon, c’est ici que ça dégénère par contre. Je suis allé voir quelque chose il y a quelques semaines. C’était Renard Blanc et Les Avalés. Je sais pas ce qui s’est passé. En ce moment, j’ai un café, on est le matin, j’écoute l’excellent nouvel album de Frankie Cosmos et j’essaie de me souvenir du spectacle. Ça ne fonctionne pas du tout. C’était le 4 mars. Maudit.

 

Les Avalés lançaient Jean-Denis Vol.1, l’album le plus sous-apprécié de l’année.
Assumons à 100% la métacritique et lisons ensemble des extraits de mes notes de la soirée. Êtes-vous prêts?

le truc c'est que Renard Blanc utilisent la même guitare que William de feu-Nimbes. ouf la pertinence.
le truc c’est que Renard Blanc utilisent la même guitare que William de feu-Nimbes. ouf la pertinence.

C’était bon Renard Blanc, je m’en souviens un peu. Et Empire Onirique est franchement excellent.

Suite des citations!

ça commence à se corser on dirait. Tout ce que je sais c'est que j'aimais bien les basslines. Je pense que la chanson parlait de sexualité aussi.
ça commence à se corser on dirait. Tout ce que je sais c’est que j’aimais bien les basslines. Je pense que la chanson parlait de sexualité aussi. Et ça sonnait comme du Neu!? Pas mal, je suis capable de sortir des référents culturels quand même
j'abandonne. merci de m'avoir lu. je vous aime.
j’abandonne. merci de m’avoir lu. je vous aime.

illustrations botchées par Simon Provencher.
à venir:
Métacritique de la Raison Pure
Métacritique des Tubes

[ALBUM] Anatole et la cité des anges

La formation originaire de la ville de Québec qui se présente sous le nom d’Anatole, et qui se trouve à être menée par l’alter ego d’Alexandre Martel, chanteur et guitariste de la formation Mauves, a pris son précieux temps entre le moment où elle s’est révélée au public et le moment où elle a finalement accouché de la galette qui nous intéresse ici. La transfiguration du musicien en Anatole est telle que le type est pratiquement méconnaissable, ce qui ajoute à l’impression de nouveauté totale. L’invitation lancée par l’artiste pour son accouchement public était à l’image des thèmes récurrents et de l’aura mythique qui l’entoure. Admettant avoir voulu recréer l’ambiance d’un studio-appartement de Los Angeles où l’alcool coulait à flot, le sexe était décomplexé et les drogues dures tombaient du plafond, l’amuse-gueule servi par le combo et ses acolytes au Pantoum pour le lancement qui se déroulait à la mi-mars a parfaitement atteint son objectif: offrir une soirée ludique et festive, gratuite de surcroît, dans une ambiance survoltée d’énergie sexuelle et qui a pris au final les allures d’un coït interrompu incitant à répéter l’expérience bientôt, un Apéro découverte FEQ étant déjà annoncé pour le 7 avril prochain. (Pour les curieux, ÉCOUTE DONC  avait donné de ce lancement spécialement VIP un compte rendu détaillé en mots et en images, et il se trouve ici. )

Anatole-17
ANATOLE (Crédit : LLamaryon pour ecoutedonc.ca )

Après une performance énigmatique et embryonnaire au Festival OFF, performance qui fût tout de même appréciée, le public a dès lors surveillé l’évolution d’Anatole, personnage de poète dandy excentrique et sexuel qui est au centre du groupe et qui est personnifié par Alexandre Martel. Une pièce, Baladeur Sony, avait été présentée au public pour l’occasion, sur la compilation préparée par CHYZ pour le Festival, et on la retrouve à nouveau sur l’album, en version évoluée. Par la suite, un court EP de trois pièces dont deux figurent sur l’album et la troisième, Grosse Massue, est une reprise très réussie et assumée d’un hit que l’on doit à Peter Gabriel et qui est emblématique des années 80, décennie dont Anatole se fait l’apôtre, tant dans sa version visuelle que musicale.

D’emblée, les pièces s’avéraient prometteuses et les musiciens qui donnent vie aux créations d’Anatole procurent aux titres réunis ici un puissant pouvoir d’attraction et une force de rétention. Des mélodies accrocheuses, des sonorités assez poussées et une petite armée de synthétiseurs d’hier et d’aujourd’hui, c’est tout ce dont les musiciens avaient besoin pour donner toute la crédibilité requise à un exercice de style aussi audacieux.

Certains pourraient catégoriser l’album dans la « musique ironique » ou « joke music » de par son aspect loufoque, mais tout comme c’est le cas pour les chansons de Gab Paquet, un autre artiste de la vieille capitale au style rétro et aux performances ambigues, il y a indéniablement un côté sérieux et réussi dans les créations, l’étiquette serait donc réductrice. Il s’agit plutôt d’un exercice de style qui à la base est assez banal de nos jours, soit se projeter dans les années 80, mais qui est réussi ici à un niveau qui légitime la démarche, vue la qualité des résultats.  Comme pour Gab Paquet, Anatole pond des hits qui restent en tête longtemps après que la musique se soit tue, les paroles sont farcies de paraboles poétiques et de confessions  sur le quotidien et l’existence de ces êtres d’exception. Toutefois la comparaison se termine ici, puisque les artistes sont vraiment distincts l’un de l’autre, le premier avec une instrumentation plus rock et le second, Anatole, qui semble davantage féru d’électro planant et captivant.

Afin d’avoir une bonne idée de ce qui a été entrepris ici, il convient naturellement d’écouter l’album intégralement. Le tempo varie d’une pièce à l’autre, l’intensité sonore peut souvent varier à l’intérieur d’une même pièce et plusieurs couches de synthétiseurs, lorsque superposées avec précision, permettent d’atteindre des sonorités captivantes et euphorisantes, surtout si l’album est dégusté avec des écouteurs et un niveau de concentration adéquat. Les plus mémorables et efficaces compositions sur l’album sont à mon sens souvent les plus mouvementées, qui cadrent mieux avec l’hédonisme d’Anatole, mais même les pièces plus tranquilles sont sujettes à des couches superposées qui leur procure de l’aplomb malgré le rythme lent.   

Les performances d’Anatole semblent gagner en excentricité à chaque nouveau contact avec le public et bien que l’on doute que l’expérience du lancement VIP puisse être répétée à nouveau dans un contexte plus formel, l’invitation a été officiellement lancée lors de ce lancement-canapé et la majorité des gens réunis sur place semblaient déjà avoir inscrit à leur agenda la performance en apéro découverte du FEQ du 7 avril prochain ainsi que la véritable performance d’Anatole au FEQ, prévue pour le 13 juillet prochain. La stratégie voulant que la soirée de lancement VIP était une perche tendue pour la soirée du 7 avril et que celle du 7 avril en soit une pour celle du 13 juillet (ainsi que l’apparition surprise du 7 juillet dont on est en droit de rêver, l’instant d’une pièce qui aurait tout intérêt à être interprétée de concert par son créateur et son « réinventeur »), elle aurait pu en décourager plus d’un par son aspect marketing machiavélique, mais ce genre de manoeuvres qui raréfie sa musique et rend plus précieuses ses apparitions pour des longs concerts cadre parfaitement avec le personnage de dandy prétentieux d’Anatole.

1er extrait pour la formation Émeraude

émeraude pochetteLe 11 février, le groupe Émeraude lancera son premier mini-album après plusieurs mois de travail. Le premier extrait est « Phare ».

Originaire de Québec, la formation Émeraude propose une indie-pop aux saveurs électro. Projet de Marie-Renée Grondin qui, en 2013, s’est donné le défi de faire une composition par mois. Par la suite, les multi-instrumentistes Jean-François Breton et Philippe-Emmanuel Grattarola se greffent au groupe. Simon Tam complète le tableau.

La formation a pu compter sur le soutien de Stéphane Rancourt, à titre de conseiller artistique et au soutien de L’Ampli de Québec. Le EP a été entièrement enregistré au Pantoum/Le Phoque par Jean-Étienne Collin-Marcoux.

Les mélodies accrocheuses mettent en valeur les textes imagés et montre les relations interpersonnelles. La voix vaporeuse de Marie-Renée s’imprègne de l’électro-pop pour donner vie aux chansons.

Phare est le premier extrait de ce EP, lancé à l’Anti Bar & Spectacles en formule 5 à 7.

émeraude lancement

Lancement de Les Arômes, Medora (+ Les Louanges), 21 janvier 2016

Photos : Jacques Boivin

Le groupe local Medora présentait hier soir, et ce pour la première fois en spectacle, son tout dernier maxi intitulé Les Arômes. Ils en avaient fait le lancement officieux la semaine dernière au Pantoum dans un 5 à 7, mais l’évènement en grande pompe s’est déroulé au Cercle. Cet opus entraîne le groupe sur une nouvelle lancée, d’autant plus qu’ils sont accompagnés par une nouvelle équipe de qualité (Boîte Béluga, Pantoum, etc.),

20160121-04-Les LouangesAux alentours de 21h15, alors que la salle se remplissait tranquillement, c’est Les Louanges qui a commencé la soirée avec une entrée en matière rapide et efficace. Peu évidente à décrire, leur musique est composée d’une section rythmique (batterie, basse) plus groovy, qui est accompagnée par des mélodies (guitare, clavier, voix) plus planantes. La voix de Vincent Roberge, à qui on peut attribuer l’initiative du projet, est un élément crucial de l’originalité du groupe puisqu’elle est assez versatile et toujours hors du commun. Les Louanges ont joué des pièces d’un rock tantôt «plus suaves», tantôt plus festif, qui se retrouveront en bonne partie sur un maxi qu’on nous annonce en avril. Le tout était entrecoupé d’interventions du chanteur. Ce dernier, en bon amuseur de foules, a fait rire le public avec tours de magie, anecdotes et autres blagues.

20160121-29-MedoraMedora a ensuite pris place sur scène sous les applaudissements chaleureux du public devenu assez nombreux. Dès les premières pièces, qui figurent sur Les Arômes, on a pu constater que le nouveau maxi était un peu plus rock que le précédent. On y sent, en tout cas, une lourdeur du son ajoutée au planant et à l’éthéré caractéristique de Medora. Un mélange pour le moins percutant!

Dans les nouvelles chansons dans leur ensemble, on peut aussi noter quelque chose de progressif, notamment dans les variations fréquentes de dynamiques (volume) et de tempo (rythme). Le groupe a aussi étendu son répertoire de styles en y insérant notamment quelques éléments du punk dans la finale d’une de leurs pièces. Les mélodies vocales sont un peu plus catchy qu’avant, rendant celles-ci plus accessibles et leur donnant un arrière-goût de pop. Les crescendo d’intensité, déjà bien maîtrisés sur Ressac, se font encore ressentir sur Les Arômes.

En plus des pièces du nouvel album, on a pu entendre hier une section d’anciennes chansons tirées de leur premier maxi ainsi que quelques reprises bien choisies. Medora a notamment conclu son rappel avec un titre de Jimmy Hunt.

Le son était bon dans son ensemble, mais on a d’emblée fait face à quelques problèmes techniques (feedback, loops, etc.). Le groupe a cependant su faire abstraction de ces distractions pour se concentrer sur leur prestation. Ils ont joué avec intensité et avec un plaisir contagieux. Leur aisance sur scène, plus présente qu’avant, est sans doute le résultat du travail avec leur nouveau metteur en scène, Alexandre Martel (Mauves, Anatole).

Le public, qui a applaudi chaleureusement entre les pièces, m’a pourtant paru bien timide. Devant un groupe qui se donnait à fond, on aurait dû voir un peu plus d’action de sa part. Il a pourtant été assez attentif et enthousiaste.

Après le rappel, la soirée d’hier s’est conclue amicalement au Cercle avec bières, jasette, signatures d’autographes et félicitations sur un fond musical.

[SPECTACLE] Sébastien a été voir un show avant noël et il ne s’en souvient plus… Caltâr Bateau et Les Fleurs, Pantoum 18 décembre 2015

Je vais être franc avec vous, je n’ai pas une mémoire à tout casser. À chaque année, c’est de la torture. Vous voyez, mes parents ne sont pas sur facebook et je ne me rappelle jamais de leur date de fête et la seule raison pour laquelle je me rappelle celle de ma blonde, c’est qu’elle est très proche de la mienne. Ce que j’ai mangé pour souper hier soir ? Aucune idée. Où est-ce que j’ai laissé trainer ma carte SD ? Ishh …

Alors, quand vient le temps de me rappeler d’un show que j’ai été voir il y a 1 mois et demi, je me demande pourquoi je n’ai pas pris de notes ( ce que je fais normalement ) ? Il y a une partie de moi qui ne veut pas mettre un tel souvenir dans une boite, qui désire plutôt le laisser se perdre dans un torrent d’émotions et un stroboscope d’images explosant dans un kaléidoscope de glitter.

Ça vous est déjà arriver de vous réveiller d’une grosse cuite et de n’en garder aucun souvenir ? Vous essayez alors de reconstituer votre soirée à partir d’indices. C’est ce que je vais essayer de faire avec le show de Les Fleurs et Caltâr Bateau au Pantoum le 18 décembre 2015 en essayant de me le rappeler à l’aide des photos que j’ai pris pendant la soirée.

 

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L’esprit de noël semblait déjà bien installé et je suis prêt à parier que ce père-noël en a vu de toutes les couleurs. Simon a l’air content.

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Nous pouvons voir ici le claviériste et chanteur principal de Les Fleurs qui est accompagné de son animal totem, le corbeau. Parait-il qu’on ne doit pas regarder un corbeau trop longtemps dans les yeux, car il peut voler votre âme.

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Jim jouait très proche du spot, j’espère qu’il n’a pas été trop éblouit. Heureusement, ce sont des LED, alors il n’a pas eu chaud.

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Alexis communique aussi en langage des signes en plus de jouer du clavier et de chanter, ce qui rend l’expérience encore plus surréel. Ici, il fait la lettre O.

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Benoit joue de la batterie dans les fleurs.

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Le deuxième band, caltâr bateau, nous joue de la musique de chambre.

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Oh non, ça semble être du rock finalement.

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Ou du jazz … J’suis un peu mêlé …

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En tout cas, ça a l’air bien bon.

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Tout le monde chante dans le band. ça fait moins de chicane de même je crois.

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j’espère que les photos vous ont aidé à vous imaginer comment c’était, vous pouvez maintenant consulter le reste des photos que j’ai pris cette soirée-là pour vous faire votre propre interprétation du show.

 

[SPECTACLE] WTCHS, Albatros & Walrus, 20/11/2015, Le Pantoum

De par ma tradition de commentaires climatiques, je me dois de vous dire qu’il a fait chaud en novembre cette année. Le mois festif a enfilé sa veste de polar grise, encore un peu humide, même si elle a passé la nuit sur le calorifère. Au moins, il ne vente pas beaucoup; quand il y a trop de vent, les fenêtres calfeutrées DIY du Pantoum implosent vers l’intérieur dans un fracas hallucinant qui nous gâche un refrain.
Je suis d’ailleurs arrivé plus tôt qu’à mon habitude. Je suis en effet confiné au vestiaire et je dois donc commencer ma soirée à l’heure matinale de 19h30. Emmêlé dans les manteaux mouillés par une humidité ambiante, jonglant avec les gants, les mitaines et les coupons numérotés. Je continue, vaillant bénévole, dévoué à ma scène locale, alors que la salle se remplit en haut de ma tête.
Les bands mangent une soupe maison coriace, préparée avec amour. On discute, ils sont gentils. On parle du dernier passage de Walrus, et de WTCHS, tous deux ayant jadis joué avec mon ancien groupe, Nimbes. On me parle de Long, Long, Long, du dernier album d’Each Other. On reprend le temps perdu dans la longue route canadienne. Albatros tentent tant bien que mal de crever un ballon avec un fusil à ventouses. Ils doivent partir. Le spectacle va commencer.
Walrus
Je les écoute au travers du plancher de faux bois, réverbérés dans les hauts plafonds du studio. Ces échos que j’entends plaisent à merveille au rock psychédélique de Walrus. Ressortissants des vintages 13th Floor Elevators, des modernes Tame Impala et Pond et tout autre fou psychédélique, le groupe a sans aucun doute donné une performance exemplaire. J’entends, au travers des lattes et du préfini, des échos, des phases, des guitares s’emmêlant autour de batteries motoriques, peut être un peu plus post-punk qu’à mon souvenir, mais c’est tant mieux. Un succès retentissant dans les poutres du Pantoum.
Cigarette_DS
Pause cigarette.
Les gens courent dans les escaliers et s’étendent las sur le trottoir devant l’immeuble. J’accompagne une amie rapidement, et on parle un peu trop longtemps pour que je puisse qualifier mon bénévolat de compétent. Cigarettes à la bouche, la fumée envahit Saint-Vallier au dessus des fumeurs cools du Nouvo Saint-Roch. Albatros commence.
Albatros
Je redescends avertir les fumeurs oisifs. La salle semble bien remplie, je monte pour quelques chansons. Je suis encore impressionné par les vents qui soufflent l’emo / post-hardcore de la troupe. Utilisés en grande pompe, en mélodies directes, une fraîcheur agréable. Alexandre Landry, en plus de sa voix, manie une guitare au manche d’aluminium, une ECG, peut-être. Je devrais lui demander. On danse, on saute. C’est la fête, mais je dois redescendre. J’ai mangé un grilled cheese à l’hummus et bu une autre bière. Peut-être en trop. On verra.
WTCHS
La soirée des «peut-être» se termine tristement, avec la sortie tranquille, aux heures tardives, de plusieurs spectateurs. Il me semble ne pas avoir vu WTCHS passer. Je n’ai pas pu monter, et je n’ai entendu qu’à moitié leur habituel tonnerre fracassant qui me plaît tant. Les commentaires positifs ont pourtant envahi mes oreilles, et les gens sortaient, prenaient leurs manteaux et allaient se coucher le sourire aux lèvres. La prochaine fois, je veux danser dans la salle. Comme Marion Desjardins, qui a pris de magnifiques photos, encore une fois!