Choses Sauvages (+ Pure Carrière + L’Étrange Ray) – Le Fantoum, 29 octobre 2017

Halloween. Jour fatidique où, selon la légende, la paroi qui sépare le monde des morts de celui des vivants se fragilise. Par définition, c’est une soirée où tout est permis, où les costumes ajoutent à la frénésie du moment. Un moment magique. C’est dans cette ambiance que nous a accueillis le Pantoum le 29 octobre dernier. Si l’an dernier nous avions eu droit aux frayeurs du gore, cette fois c’est le mystique qui a pris l’avant-scène – littéralement.

 

Pure Carrière

Pure carrière – Photo : Jacques Boivin

Pure Carrière était chargé de lancer le bal masqué. Accompagnés par Kenton Mail à la batterie, Jean-Michel Letendre Veilleux et Laurence Gauthier-Brown ont fait vibrer leur pop impressionniste juste assez déjantée. Bien qu’ils nous aient avoué avoir peu pratiqué ensemble, on pouvait apprécier la précision avec laquelle les rythmes du batteur venaient appuyer les lubies des deux autres musiciens.

 

Au cours de leur prestation, on a pu entendre quelques classiques comme Bolero, avec ses «Ben oui, ben non !», ou encore Né Fucké. Mais le groupe nous a aussi fait cadeau de trois gros bonbons; si les trois nouvelles pièces présentées avaient toutes cette saveur rock-psych-slacker délavé qu’on aime, elles exploraient aussi des sujets originaux. À dire vrai, contrairement aux plateformes électorales des candidats à la mairie de Québec, des pièces telles que Ménage magique ou Hiro nous parlaient de sujets qui nous intéressent vraiment et qui nous concernent. Sérieusement, tout le monde aimerait se réveiller et que son ménage se soit fait tout seul, non ?

 

Place à la magie !

Photo : Jacques Boivin

Après cette belle entrée en matière, le public a profité d’un moment de pause pour discuter et boire dans l’ambiance chaleureuse du Pantoum. Comme chaque fois, on s’est retrouvés à mi-chemin entre le party de famille, la soirée dans une confrérie d’étudiants et le spectacle émergent classique. On a pu admirer les costumes des spectateurs et du personnel jusqu’au moment de l’entrée sur scène de L’Étrange Ray.

Photo : Jacques Boivin

L’Étrange Ray – communément appelé Monsieur Dionne –  c’était la petite douceur que le Pantoum nous offrait cette année : eh oui ! pourquoi pas un spectacle de magie entre deux sets musicaux ? Littéralement massés devant la scène, les spectateurs incrédules ont observé le drôle de bonhomme qui s’exécutait devant eux d’abord avec un regard sceptique, puis successivement amusé, étonné, surpris et hilare. On a eu droit à tous les classiques – la pièce de monnaie, les cartes, les foulards… – et encore plus. De quoi faire plaisir à la majorité.

 

Choses Sauvages

Choses sauvages – Photo : Jacques Boivin

Malgré tout, l’envie de faire la fête et de danser nous démangeait bien fort au moment où Choses Sauvages est finalement monté sur scène. Et on a été servis ! Les ayant vus pour la dernière fois en compagnie d’Anatole au Sous-Sol du Cercle il y a belle lurette, je ne pouvais savoir à quoi m’attendre. Quelle n’était pas ma surprise de les voir débarquer habillés tout pareil comme les apôtres du squelette dandy, le chanteur parodiant Anatole lui-même ! Sur cette belle blague d’Halloween, le groupe s’est lancé dans un tourbillon de musique entraînante et irrésistible.

Choses sauvages – Photo : Jacques Boivin

Avec maintenant six musiciens sur scène, Choses Sauvages savent doser parfaitement le groovy et le planant, maniant autant la flute traversière que les synthés ou encore les classiques guitares et basse. Le groupe a présenté par pelletées ses nouvelles chansons – cette fois en français, s’il vous plait! On a notamment pu reconnaître l’Épave Trouée, un simple paru l’année dernière. Les chansons les plus marquantes restent celles qui, ralentissant le rythme, se sont mérité le titre de «tounes sexy». Mais impossible de réentendre ou connaître le nom de cette musique enivrante qui, distribuée seulement aux fidèles spectateurs, sera éventuellement cristallisée sous la forme d’un album à paraître l’année prochaine.

 

 

J’aimerais vous en dire davantage, mais j’étais bien trop occupée à danser pour prendre des notes ! Le tout s’est fini de façon improbable sur un medley de Green Day avec un mosh pit rempli de couleurs et d’étoffes déguisationnelles. De quoi bien finir cette soirée carnavalesque.

 

 

À voir à Québec – 26 octobre au 1er novembre 2017

Les mélomanes de Québec seront gâtés ces prochains jours alors que de nombreux concerts seront présentés un peu partout. C’est l’Halloween – déjà une occasion de faire la fête, mais l’offre de spectacles va beaucoup plus loin! On pour vous aider à naviguer à travers tout ça, on a fait une petite sélection :

 

Jeudi 26 octobre

Tout d’abord, il nous faut parler des Apéros FEQ qui sont de retour après une pause d’une semaine. Le groupe de la semaine : Zen Bamboo, un groupe de Saint-Lambert (pas celui du 83, mais plutôt celui du 450) qui propose un rock indé assumé. Avec sa prestation, la formation saura-t-elle convaincre le jury? Pour le savoir, il faudra aller constater par vous-mêmes. Dès 18 heures – GRATUIT

Quand il n’est pas en train de composer de la musique de film, l’auteur-compositeur-interprète Martin Léon compose ses chansons, qu’il interprète devant un public captif. Il viendra nous raconter les origines des chansons qui composent Les atomes. 20 heures – COMPLET

Les amateurs de folk rock à la Half Moon Run et cie ont rendez-vous au Cercle, qui présente le spectacle de Will Driving West, qui est à la veille de lancer son quatrième album. La formation sera précédée en première partie par Equse, un groupe originaire de Rimouski qui joue pas mal dans les mêmes eaux éclatées. Portes : 20 h / Spectacle : 21 h. BILLETS

Charles-Auguste lance son EP en trio au Fou-Bar. 20 h 30. CONTRIBUTION VOLONTAIRE

 

Vendredi 27 octobre

Les Chercheurs d’or lancent leur nouvel album Apollo (qui mérite une bonne écoute, on vous le dit d’avance) au Bar le Détour du Grand Théâtre de Québec. Pour le lancement, on nous a promis une prestation complète avec sept musiciens sur scène. Ça devrait être de toute beauté. 17 heures. GRATUIT

On a bien envie d’aller à la Librairie Saint-Jean-Baptiste voir de quoi a l’air Alexandra Lost, le nouveau projet d’inspiration eighties de Jane Ehrhardt et Simon Paradis. La première partie sera assurée par Megabat, de la synth-pop australienne menée par Harley Young. On va se shaker le popotin entouré de livres. Yeah! 20 heures. CONTRIBUTION VOLONTAIRE

Martin Léon présente le même spectacle que la veille, cette-fois de l’autre côté du fleuve, à L’Anglicane. 20 heures. COMPLET

Une nouvelle série de spectacles s’amorce au Café Wazo du Cégep de Sainte-Foy : le Franco Chaud. Pour sa première édition, on a eu la bonne idée d’inviter Mathieu Bérubé et Chassepareil. Portes : 18 h 30 / show : 19 h. 3 $ à la porte

Le rappeur Loud sera à la salle multi du Complexe Méduse. Entrée : 19 heures. BILLETS

 

Samedi 28 octobre

Qui dit fin de semaine d’Halloween dit ROCK et c’est ce qu’on va avoir au Cercle, dans le cadre du Rock City Horror Party 2017, alors qu’on pourra assister à une soirée qui déménage avec Les Breastfeeders et Xavier Caféïne (ainsi que Sweet Tooth et Chucky Macdonald). Portes : 20 heures / show : 21 heures. BILLETS

Aurore et Fria Moeras seront au Bar Jules et Jim, sur la rue Cartier. 21 heures. GRATUIT

La légende raconte que Jael Bird Joseph, découvert à l’émission La Voix en 2013, est un excellent auteur-compositeur-interprète. On pourra le constater par nous-mêmes au Vieux Bureau de poste de Saint-Romuald. 20 heures. BILLETS

 

Dimanche 29 octobre

Qui dit fin de semaine d’Halloween dit également SHOW AU PANTOUM et cette année ne fera pas exception puisque la petite salle du centre-ville accueille Choses Sauvages et Pure Carrière pour ce qui devrait être une Halloween magique. 20 heures. 10 $ À LA PORTE. BYOB

 

Lundi 30 octobre

Une belle soirée folk-pop en perspective alors que l’Australien Hein Cooper et la Française Pomme viennent nous rendre visite. Le premier achève son deuxième album, la deuxième va vous étonner avec les chansons pleines de sensibilité de son premier long-jeu. À voir, même si c’est un lundi soir. Portes : 19 heures / show : 20 heures. BILLETS

 

Mardi 31 octobre

Qui dit Halloween dit ROCKY HORROR PICTURE SHOW! Et cette année, ça se passe au Cinéma Cartier! En première partie de ce film-culte, nul autre que le célèbre usurpateur Anatole! 21 h 30. BILLETS

 

Mercredi 1er novembre

C’est le grand retour de l’Européen Piers Faccini et de ses magnifiques chansons au Cercle. La première partie sera assurée par Laura Lefebvre (qui s’est fait un pas pire lot de nouveaux fans en première partie de Philippe B samedi dernier). Soirée émouvante en perspective! Portes : 19 heures / show : 20 heures. BILLETS

 

ecoutedonc.ca se munit ENFIN d’un babillard pour annoncer les différents concerts qui auront lieu à Québec et en Mauricie. Vous voulez qu’on inscrive votre événement? Écrivez-nous à babillard@ecoutedonc.ca. Vous devez nous fournir : titre de l’événement, lieu, description (la plus détaillée possible), lien vers la billetterie (le cas échéant), lien vers l’événement Facebook et image (s’il s’agit d’une oeuvre ou d’une photo, veuillez nous mentionner son auteur – sinon nous ne publierons pas l’image).

[SPECTACLE] Pure Carrière, Brave Radar, The Submissives, Le Pantoum, 12 mai 2017 

Les côtés sombres de la pop nous ont été révélés vendredi dernier tandis que trois groupes plus déjantés les uns que les autres se sont succédé sur les planches du Pantoum.

The Submissives. Photo : Nicolas Padovani

22h15. Le sol de la scène est jonché de draps, les micros décorés de tulle. Une lumière rouge inonde la scène. Telles six mariées cadavériques, les musiciennes toutes de blanc vêtues font leur entrée : The Submissives. Elles s’exécutent à la manière de pantins, sans parler, sans sourire, en se regardant à peine. Mise en scène qui accompagnait bien leur musique : une pop à saveur très sixties, mais où il semble toujours y avoir un hic. Le groupe cultive le malaise à coup d’accords et de notes presque justes, de rythmes décalés. Comparable à une boîte à musique déglinguée, la performance cringe des Submissives avait quelque chose de fascinant qui a su captiver l’auditoire.

 

Brave Radar. Photo : Nicolas Padovani

On est restés dans une atmosphère similaire avec Brave Radar, qui savait toujours placer quelque chose de décalé dans sa musique uptempo et accrocheuse. Même en tapant du pied et en hochant de la tête, les spectateurs étaient ainsi tenus en haleine par cette imprévisible musique. Dans l’esthétique, la musique du groupe montréalais pouvait se rapprocher de celle de Genesis ou encore de Caravan. Si on comparait The Submissives à une vieille boîte à musique, on pourrait dire de Brave Radar qu’ils avaient le charme étrange du vinyle usé qu’on fait jouer un peu trop lentement.

 

Pure Carrière. Photo : Nicolas Padovani

Du pop déconstruit et déjanté, il n’y avait qu’un pas vers le chaos expérimental. Pure Carrière, un pied dans chacune de ces catégories, nous a fait basculer. «Ben oui, ben non, ben oui», le public a suivi le groupe de Québec dans son délire musical, chantant avec eux les paroles et sautant sur place. Fuckés, festifs, planants, jouant avec une énergie contagieuse, les trois musiciens ont présenté du contenu varié et aux allures changeantes. On s’est tous assis spontanément pour la «toune introspective», juste avant d’être surpris par un Kyrie nouveau genre, puis animés par l’ivresse de solos déjantés. Pour les deux dernières pièces, un invité surprise s’est même montré la binette. Il faut taire son nom, mais on peut révéler qu’il joue dans VICTIME et qu’il écrit mes chroniques.

Chronique no.?: Mélodies gentilles et pommes fermentées

Par Simon c’est-pas-difficile-être-journaliste-culturel Provencher

Pure Carrière. Photo : Nicolas Padovani

Bon bon, il me reste 10 minutes pour écrire une chronique avant que Mary se fâche. Elle vient de revenir après une longue absence.. je me force pas vraiment pour raviver la flamme de nos aventures culturelles. Perpétuelle déception que d’être en relation avec moi. La vérité vraie c’est que, suite à une gentille dégustation de cidre et de vin blanc, les mémoire sont un peu houleuses. Le fan #1 de Brave Radar en moi s’excite comme un petit enfant, comme un véritable poupon sur le party. C’était quand même une soirée qui se prêtait bien au cidre, admettons-le ensemble. Mélodies gentilles et pommes fermentées.

J’ai chanté avec Pure Carrière aussi. Deux chansons à ce qu’on raconte. Comme quoi le party rock est pas mort à Québec. À quand LMFAO? La question est lancée. District 7 est sur le cas. Le Pantoum se propose pour les inviter à dormir. Je serai first row avec probablement pas de chandail.

[SPECTACLE] Chocolat et Pure Carrière au Cercle, 16 février 2017

Pure Carrière – Photo : Nicolas Padovani

Le Cercle s’offrait une maudite belle soirée de rock aux tendances psychédéliques jeudi soir. D’abord, le groupe local pantoumois Pure Carrière a offert ses pièces aux tendances slacker-math-rock (si une telle chose peut exister) devant une foule hautement attentive.  Les pièces sont courtes et punchées, les lignes mélodiques de Jean-Michel Letendre-Veilleux sont volontairement brouillonnes; ajoutons à cela la basse convaincante (et certaines fois le vocal) de Laurence Gauthier Brown et on se retrouve  avec un power-trio pas mal efficace et qui était en harmonie avec le spectacle principal qui allait suivre. Ils présentaient essentiellement les pièces de leur premier EP intitulé E.P.1 peuplé de pièces aux noms savoureux tel POP LA PILL et surtout Né Fucké qui nous a permis d’avoir une belle discussion post-concert à savoir si la toune parlait de naissance ou d’un nez bizarre.

Chocolat – Photo : Nicolas Padovani

Bien que j’aie assisté à de nombreux concerts de Jimmy Hunt, c’était la première fois depuis une lointaine vitrine de la Bourse Rideau (avec les défunts Bonjour Brumaire et Mimosa) que je voyais le quintette Chocolat. Après avoir entendu d’excellents commentaires au sujet de leur spectacle donné au Pantoum cet automne, c’était un devoir de ne pas les manquer cette fois. C’est un groupe en parfaite cohésion qui est venu défendre le matériel issu de l’excellent Rencontrer Looloo paru l’automne dernier. L’album qui flirte avec un classic-rock bien assumé en se gardant de tomber dans les clichés propres au genre gagne sans surprise en puissance sur scène. Les gros riffs enterrent comme sur l’album les vocaux délicieusement nonchalants et réverbés de Hunt et une grande cohésion était audible pendant l’ensemble de la performance. L’ajout de saxophone par Christophe Lamarche-Ledoux pendant les pièces Les pyramides et Golden Age est fort pertinent et il y a Emmanuel Éthier qui fait comme toujours un travail splendide à la guitare notamment pendant Ah Ouin et Les géants. Le groupe est complété par Ysaël Pépin à la basse et Brian Hildebrand à la batterie qui se démènent quant à eux sans relâche. Parfois avec d’aussi talentueux musiciens on se retrouve devant un rock un peu cérébral, mais Chocolat c’est une affaire viscérale. Le fait saillant de la soirée est survenu en ouverture du rappel lors de la prestation de la pièce Looloo; une grosse chanson qui permet à chacun des membres de s’éclater. Le groupe a offert une généreuse performance le pied au plancher toute la soirée devant une très belle foule au Cercle que j’aime particulièrement en formule rock comme lors de cette délicieuse soirée de février.

Pour écouter le nouveau EP de Pure Carrière c’est ici.

Spectacles à Québec du 16 au 18 février – Chocolat, Les Soeurs Boulay, Keith Kouna et LA LIGUE ROCK!

Xavier Caféïne – Photo : Elias Tahan

Début de semaine cinglé, n’est-ce pas? Et pourtant, on n’a eu que quelques heures pour reprendre notre souffle : le week-end sera chargé en concerts de toutes sortes dans notre belle grande ville!

Voici nos suggestions :

Jeudi 16 février

Chocolat (+ Pure carrière), Le Cercle

Chocolat – Photo : Adrien LeToux

L’amour de plusieurs de nos collaborateurs pour Chocolat est indéfectible. Quelle que soit sa personnalité du moment, la troupe menée par Jimmy Hunt nous emmène toujours en voyage vers des univers trop rarement exploités dans notre petite bulle québécoise. On a trippé sur Rencontrer Looloo, on s’est laissé aller lors de leur dernière visite au Pantoum, et cette fois, on devrait littéralement s’envoler. La première partie sera assurée par Pure Carrière. Les habitués de la scène locale reconnaîtront ces trois êtres déjantés et ludiques qui pourraient vous inviter à pop la pill. On a déjà parlé d’eux ici.

Portes : 20 heures /14 $ en prévente (billetterie du Cercle, Knock-Out et lepointdevente.com), 17 $ à la porte

Vendredi 17 février

Les Soeurs Boulay – Photo : Jacques Boivin

Les soeurs Boulay (+ Amylie), Impérial Bell

Mélanie et Stéphanie Boulay sont de retour à Québec, cette fois à l’Impérial Bell. Les deux jeunes femmes nous proposeront une fois de plus leurs douces chansons folk aux mélodies accrocheuses et leurs harmonies vocales uniques. Tout ça avec un humour des plus charmants. Vous connaissez déjà leurs chansons de Le poids des confettis et de 4488, de l’Amour par coeur. L’Impérial a eu la bonne idée de réserver des sièges au balcon pour ceux et celles qui aimeraient assister au spectacle assis. En première partie, Amylie présentera ses chansons à la fois toutes douces et mordantes.

20 heures. Billets : 35 $ (billetterie ou site Web de l’Impérial Bell)

Pascale Picard – Photo : Jacques Boivin

Pascale Picard et invités, L’Anti Bar et spectacles

On vous en parle, mais c’est juste pour tourner le fer dans la plaie puisque c’est complet. Pascale Picard célèbrera en grand le dixième anniversaire de son album Me, Myself and Us.

Portes : 19 heures. COMPLET

Samedi 18 février

LIGUE ROCK VI (Xavier Caféine, Les Hôtesses d’Hilaire, Royal Caniche), Le Cercle

Oh mon Dieu. La Ligue Rock est de retour et elle frappe plus fort que jamais avec une première soirée qui ne manquera pas d’énergie!

Tout d’abord, on pourra voir Royal Caniche (qu’on avait manqué à notre grand regret au Coup de Grâce de Saint-Prime), groupe qui propose du… grunge de grange. On vous avertit : les gars fabriquent leurs propres instruments. Difficile de faire plus artisan que ça. Au fait, les gars vous conseillent de ne pas vous habiller trop propre ou de prévoir du linge de rechange… On dit ça de même.

Les Hôtesses d’Hilaire – Photo : Jacques Boivin

Ensuite, a-t-on vraiment besoin de vos présenter nos amis acadiens Les Hôtesses d’Hilaire, qui sèment le chaos avec leur rock psychédélique à saveur de poutine râpée? Encore une fois, Serge Brideau et ses solides acolytes vont mettre le feu au Cercle et laisser la tête d’affiche jouer sur un tas de cendres.

Enfin, Xavier Caféïne vient célébrer le dixième anniversaire d’un classique du rock québécois, l’excellent album Gisèle. Au menu : un rock solide et bien sucré, des mélodies accrocheuses dont seul Caféïne a le secret et une présence scénique hors du commun. On ne peut pas demander mieux. Même Langevin et Peake seront là!

Portes : 20 h. Billets : 20 $ (+ frais) – disponibles au Cercle, au Knock-Out ou sur liguerock.com.

Avec pas d’casque, Salle Octave-Crémazie, Grand Théâtre de Québec

Avec pas d’casque – Photo : Jacques Boivin

Stéphane Lafleur et ses complices reviennent chatouiller nos oreilles tout en douceur avec les chansons de leur magnifique éloge à la lenteur, Effets spéciaux. Nous avons vu ce concert à quelques reprises l’automne dernier et nous avons été tout simplement transportés.

20 h. Billets : 29,50 $ à 38 $

Le Scanner célèbre ses 20 ans avec Keith Kouna

Dans un milieu où les bars et les salles de spectacles vont et viennent, on peut dire que Le Scanner est un vrai survivant. Le bistro qui succédait à un bar-cinéma et qui avait ouvert ses portes comme bistro multimédia (c’est pas tout le monde qui avait Internet en 1997) a toujours présenté des spectacles et diverses activités en son sein, et la musique punk et underground y a toujours été bien reçue. Pour célébrer son vingtième anniversaire, le Scanner reçoit nul autre que le chanteur et parolier des Goules Keith Kouna. Allez acheter vos billets au Knock-Out avant qu’il n’en reste plus! Ça ne coûte que 10 $! 23 h.

Autres spectacles

  • Maryanne Côté et Joey Robin Haché sont au Vieux Bureau de poste. 20 h. Billets
  • Emilie Claire Barlow est à l’Impérial Bell. 20 h. Billets
  • We Are Monroe, Men & Company et Guidestones sont à L’Anti Bar et spectacles. 20 h. Billets
  • Ego Death et Mathieu Bérubé sont à la Librairie St-Jean-Baptiste. 20 h. Gratuit (ça ne vous empêche pas de donner une petite contribution ou de payer une petite bière!).

[SPECTACLE] Elephant Stone, Pure Carrière et Tracer Flare à l’Anti

Je me suis pointé à l’Anti mardi soir pour un concert qui s’annonçait fort intéressant: trois bands qui semblaient faire de la musique de qualité, si je me fie à leur bandcamp ou encore aux performances que j’avais déjà vues dans les second et troisième cas. La place, quelques minutes avant que le concert ne commence, était toutefois pratiquement déserte, alors que les mélomanes profitaient encore des derniers rayons de soleil sur l’agréable terrasse de la place. À un moment donné, je crois que c’est le bassiste de Tracer Flare, le groupe qui ouvrait la soirée, qui est venu sur la terrasse nous inviter à le suivre à l’intérieur, le groupe qui s’était déplacé de Montréal pour l’occasion trouvait à juste titre un peu déconcertant de jouer devant une salle vide, et a donc pris les devants pour rameuter l’assistance qui était bien peinarde et profitait du grand air jusqu’alors.

PURE CARRIÈRE (Crédit: Boubou Paquette)
TRACER FLARE (Crédit: Boubou Paquette)

À peine quelques minutes après que l’invitation fut lancée, les gens ont emboîté le pas au musicien et la performance a officiellement débuté. Leur musique semblait aux premiers abords relativement solide quoique pas tout à fait originale, mais la performance était comme mal assumée, oscillant entre des musiciens au beau fixe et un chanteur qui semblait se réveiller de temps à autre et tâcher de montrer qu’il avait du plaisir sur scène. Relativement timides dans leur présence scénique, les musiciens du groupe se montraient davantage efficaces et créatifs dans les portions instrumentales, alors que le vocal rendait la chose plus conventionnelle et diminuait le niveau de qualité générale, sans que des failles techniques précises soient à l’origine de la déconvenue du vocal. En fait, les styles empruntés étaient souvent juste pas très stimulants, on aurait envie de dénoter ses influences quelque part entre Creed, Muse et U2 (props à Boubou qui signe aussi les photos pour la comparaison un peu forte mais éclairante avec ces mal-aimés du rock), et mes impressions sur la performance oscillaient entre « c’est pas trop mal » à « je pense qu’ils tiennent quelque chose! » avant de retomber à « ça fait un peu pitié sur les bords ». Quant à la musique, le tout est très conventionnel et prévisible mais l’exécution en général assez soignée pour garder l’attention des gens sur place un minimum. Si on veut continuer avec la comparaison précédente, je dirais que parfois je trouvais que le guitariste avait un petit edge dans sa création, une twist intéressante, et parfois, je trouvais qu’il me faisait penser À The Edge. Certaines pièces procurent des moments musicaux plus intéressants, les lignes de basse sont généralement groovys et les synthés parfois vaporeux ajoutent une petite touche au son du groupe, qui prenait alors un déploiement plus progressif intéressant, mais qui reste autrement assez banal dans l’ensemble. Le chanteur, sans être spécialement mauvais, prend peut-être juste des grosses bouchées qu’il a ensuite de la difficulté à mastiquer: il n’a peut-être pas les moyens de ses ambitions et on s’en rend compte lors de quelques unes des envolées vocales dont était ponctué le set de Tracer Flare.

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JIM de PURE CARRIÈRE (Crédit: Boubou Paquette)

Le groupe suivant détonnait vraiment beaucoup avec le premier en plus d’être le seul de Québec dans le line-up de la soirée, et j’ai nommé Pure Carrière, le power trio pas mal ludique qui est récemment sorti des murs du Pantoum, entre autres lieux. Mené par un des hommes forts de la scène locale, Jean-Michel Letendre-Veilleux (Beat Sexü/La Fête), et complété par Samuel Gougoux (La Fête) à la batterie et Laurence Gauthier-Brown (Victime), le trio a offert la performance la plus dégourdie de la soirée. D’abord, ces jeunes étaient les seuls qui semblaient manifestement avoir du plaisir sur scène et s’amuser un peu à foutre le bordel, vêtus de leurs habits traditionnels chinois. Jim s’est rapidement retrouvé derrière le bar à jouer de la musique, en plus de s’adresser à la foule presque exclusivement en anglais pendant le set, ajoutant un côté comique qui était le bienvenue dans cette soirée autrement un peu fade. Heureusement, l’offre musicale déconstruite aux changements souvent abruptes et aux mélodies inusitée m’a permis d’être diverti et stimulé davantage que pendant ma première heure sur place. Les changements abrupts font souvent une place pour les vocaux fragiles et d’aspect négligés de Jim, expressifs et un tantinet désordonnés, le tout étant toutefois très bien assumé. À un certain point de la performance, le théâtre s’est invité sur scène, la pièce « Pop la pill » étant entre coupée de dialogues faits de banal et de surréel en parts et égales, peut-être partiellement improvisés. La musique du groupe est difficile à classer, assez variée tout en ayant une cohérence esthétique, et nous fait passer de moments plus conventionnels et enjoués à des moments vraiment plus champ gauche, le tout avec un bon dosage. On pouvait penser à Crabe par moments, mais ça devenait souvent plus imprévisible encore, ce qui n’est vraiment pas peu dire. C’est aussi beaucoup moins abrasif que Crabe, ce qui fait que ma comparaison est pas tout à fait bien avisée, mais j’en ai pas beaucoup d’autres en tête. Chose certaine, c’était de loin la proposition artistique la plus risquée et la plus originale de la soirée, ce qui, jumelé à l’absence de prétention du groupe, faisait quelque chose de beau à voir.

ELEPHANT STONE (Crédit: Boubou Paquette)
ELEPHANT STONE (Crédit: Boubou Paquette)

Après une autre brève intermission, le groupe en tête d’affiche d’origine montréalaise Elephant Stone a pris la scène pour donner un aperçu de leur répertoire rock-pop-psychédélique. Le début est un peu mal assumé, un espèce de malaise s’installe, le son connaît quelques ratés. Le choix des pièces par le groupe aussi était un peu décevant, eux qui se sont en général concentrés sur le matériel plus conventionnel et pop au lieu des pièces plus exploratoires et psychédéliques, mais même ces pièces plus banales proposent des transitions où l’inventivité du groupe est davantage mise à l’épreuve et à l’honneur. Le côté pop-rock-indie a toutefois dominé en général tout au long de la performance, homis pendant une pièce interprétée au sitare par Rishi Dhir, le frontman, chanteur et autrement bassiste du groupe. Le troisième titre, encore un peu pop, a quand même installé de belles ambiances festives qui ont délié quelques bassins qui s’agitaient timidement sur le rock groovy du groupe. On passe du jam au rock très clean et scripté, en couvrant au moins un peu les deux premiers albums du groupe et l’éventuel nouveau long-jeu qui s’enligne pour être plus pop et léché que les précédents qui l’étaient déjà parfois un peu trop. De brèves interruptions écorchent un peu le rythme de la soirée mais des excuses sont poliment demandées chaque fois par le chanteur qui semblait reconnaître qu’ils n’étaient pas en train d’offrir la performance de leur vie. S’ensuit une chanson à la rythmique presque hip hop au début, généralement très léchée et banale encore, mais qui évolue vers un jam plus rétro qui a fait appel aux talents de sitariste de Rishi Dhir, pour la seule fois du set malheureusement. En l’absence du sitare, la guitare douze cordes procurait juste assez d’exotisme pour que les pièces gardent un côté stimulant et pour que les ambiances sonores générées par le groupe deviennent intéressantes. Le vocal, pas mal toujours efficace et bien stylé, était beaucoup mieux intégré que dans les compositions du premier groupe, procurant à Rishi la palme du meilleur chanteur de la soirée, qui tirait bientôt à sa fin. Une brève interruption-réflexion sur la mort à l’ère 2.0 (et les situations auxquelles donnent à penser un like accordé à un status relatant un décès) a précédé une finale efficace et bien montée, qui a toutefois pris l’assistance par surprise lorsqu’elle s’est avérée être la dernière du show. Malgré que le peu de gens présents aient réclamé un rappel et que j’ai fait un bon canadien billingue de moi-même en criant « more sitar », le groupe n’a pas jugé bon de revenir sur scène en offrir un peu plus pour leur argent aux gens réunis sur place, qui ne se sont tus que lorsque les speakers du bar ont recommencé à cracher la musique d’ambiance, marquant définitivement la fin de cette performance.

La soirée, sans être un parfait désastre, s’est avérée assez décevante, mais heureusement que Pure Carrière était là pour brasser et pimenter un peu la sauce qui était autrement légèrement trop fade.