ENTREVUE AUDIO : CASUAL RITES

C’est devant un large public attentif et conquis que Casual Rites a sorti son premier album homonyme jeudi passé au District Saint-Joseph. Depuis, l’album s’est attiré des critiques élogieuses, notamment celle de Sylvain Ménard sur les ondes du 98.5 Montréal dans le cadre de l’émission Puisqu’il faut se lever.  À l’occasion du lancement d’album, les membres du groupe; Phil Matte (voix & guitare), Michael Lavoie (basse), Nathan Vanheuverzwijn (clavier), Pascal Denis (batterie) et David Saint-Germain (guitare) ont accordé une entrevue à ecoutedonc.ca dans laquelle on en apprend davantage sur l’évolution du band et sur le processus créatif de l’album. 

Bonne écoute! 

(Photos: Marion Desjardins)

Les membres du groupe se sont également prêtés au jeu du quiz musical dans lequel on découvre qu’il existe clairement un lien à faire entre la musique qu’ils produisent et leurs goûts musicaux.

Quiz musical

Quelle est la première cassette ou quel est le premier disque que vous avez acheté?

Michael: Les premières cassettes que je me suis fait offrir en cadeau est L’amour est sans pitié de Jean Leloup et le premier album des Vilains Pingouins. Le premier disque compact que j’ai eu c’est le disque du Club des 100 Watts.

Phil: Moi, le premier disque que j’ai eu c’est mon frère qui me l’a acheté pis c’est Dookie de Green Day. Un grand classique de 1994.

David: Ma première cassette que j’ai eue c’est Bad de Michael Jackson. Je me souviens que j’allais chez mes grands-parents et que j’écoutais ça dans mon walkman Sony jaune.

Nathan: Moi je pense que le premier CD que je me suis fait offrir était le disque de Mixmania. Sinon, à 5 ans je me souviens que ma grand-mère m’avait donné des cassettes de classique et j’écoutais ça un peu. Mais moi je suis né à l’époque des MP3 et mes frères downladaient beaucoup de musique. Je me souviens que je trouvais que Metallica c’était du bruit au début, mais comme j’savais pas comment éteindre Winamp sur mon ordi, j’étais obligé de supporter Metallica jusqu’à ce que finalement je n’écoute que ça!

Quels sont vos 5 albums cultes?

Michael: Moi, c’est pas un secret que c’est Plume en noir et blanc. J’ai écouté ça en accoté, je le connais par coeur! Dark Side of The Moon de Pink Floyd, Apostrophe (‘) de Frank Zappa, Crime of The Century de Supertramp et le premier album de Rage Against the Machine. Mais Plume en noir et blanc c’est vraiment celui qui a été le plus important.

David: J’ai réfléchi longtemps à ce genre de question là. C’est dur de répondre, donc je me suis mis un critère ; les albums qui ont été les plus significatifs pour moi et que je vais apporter avec moi sur mon île déserte. Fait qu’il y a The Wall de Pink Floyd, Yield de Pearl Jam, Ok Computer de Radiohead, pis dans le québécois, Tricycle de Daniel Bélanger, Boom Boom de Richard Desjardins et Harmonium d’Harmonium.

Phil: Tout ce qui est Pink Floyd, principalement Dark Side of The Moon parce que c’est l’album qui définit mieux l’oeuvre du groupe selon moi. Je dirais Lost in A Dream de The War On Drugs. C’est un album que j’écoute encore beaucoup et qui a été ben marquant. Only By The Night de Kings of Leon et I Forget Where We Were de Ben Howard. Harvest de Neil Young et L’heptade d’Harmonium.

Nathan: Ce qui fait partie de ma genèse musicale, je dirais Dark Side of The Moon de Pink Floyd. Je pense que je ne me tannerai jamais d’écouter ça! Breakfast in America de Supertramp, Harvest de Neil Young, L’heptade d’Harmonium et Portrait In Jazz de Bill Evans.

Qu’est-ce que vous aimez écouter sur la route?

Michael: J’écoute beaucoup Radio-Canada parce qu’il parle de sujet que je penserais jamais entendre. J’écoute plus ou moins de musique en char, mais Déjeuner sur l’herbe des Breastfeeders j’aime ça! Mais ça rend ma conduite un peu plus stressée.

Phil: J’écoute beaucoup de musique, mais plus de la musique du moment. Sinon j’écoute beaucoup Radio-Canada aussi pis des fois quelques podcasts quand la route est plus longue.

David: Moi, toute la musique que j’écoute, je l’écoute en char. Je pense à mon été et à la musique de roadtrip et j’ai écouté beaucoup les deux derniers albums de The War on Drugs et Jonathan Wilson dans le tapis.

Nathan: Des fois j’aime ça rien écouter et rester dans le silence. J’aime ça écouter Radio-Canada et les nouvelles. Sinon, ces temps-ci j’écoute beaucoup le dernier album de Félix Dyotte qui s’appelle Politesse. J’adore vraiment ça!

Qu’est-ce que vous aimez écouter quand vous êtes dans le mood for love?

David: Portishead. J’avais déjà essayé ça avec Sigur Ross aussi et c’était ben plaisant.

Phil: Le best c’est l’époque Motown. Marvin Gay, Al Green, Barry White. À cette époque, il y avait une vraie sensualité dans la musique et c’était pas forcé.

Nathan: Ça dépend tout le temps de la vibe.

Quelles sont les chansons qui vous font pleurer?

Michael: Dernièrement, j’ai eu de l’eau dans les yeux en écoutant Le tour de l’île de Félix Leclerc. Et dans une bonne dépression, j’ai déjà braillé en écoutant L’heptade.

Phil: Richard Desjardins, en général. Ses chansons viennent me chercher parce que c’est tellement vrai. C’est facile de se mettre à la place du personnage. Je dirais la chanson Jenny particulièrement.

David: J’ai eu souvent les larmes aux yeux les premières fois que j’ai écouté Spaceship (Casual Rites). Je ne l’ai jamais dit avant aux gars, mais la première fois que j’ai lu le texte et entendu la musique et avec le court métrage Astro de Sébastien Corriveau…

Nathan: La dernière chanson qui m’a vraiment rentrée dedans c’est une chanson de Léo Ferré et ça s’appelle La mémoire et la mer. Le texte est incroyable.

 

Olivier Bélisle – Librairie Saint-Jean-Baptiste, 27 septembre 2017

On peut dire que les astres étaient bien alignés le 27 septembre dernier : Olivier Bélisle (auteur-compositeur-interprète à l’imagination fertile) se produisait à la Librairie Saint-Jean-Baptiste (lieu idéal pour voir des prestations intimistes) dans le cadre de Route d’artistes (des tournées qui amènent les artistes jouer à quelques pouces de votre grosse face).

Pour un gars qui donnait son septième show en huit soirs, Bélisle n’avait pas l’air trop fatigué! L’auteur d’Une fois par jamais nous a joué ses chansons à personnages de sa douce voix un brin grave, chansons qu’il a présentées avec humour, notamment en nous lisant des extraits de livres qui se trouvaient sur les rayons de la bibliothèque derrière lui. C’est un peu ça, Route d’artistes et Olivier Bélisle : du monde qui sait nous mettre à l’aise pour qu’on passe un beau moment.

Voici quelques clichés de la soirée.

Tire le coyote – « Désherbage »

Tire le coyote
Désherbage
(La Tribu)

Dire que Désherbage, le quatrième album studio de Tire le coyote (Benoît Pinette), le troisième sur l’étiquette La Tribu, était un album attendu est un pas pire euphémisme. Mitan et Panorama ont été acclamés par la critique (dont votre humble serviteur) et au fil du temps, Pinette et sa bande se sont bâti un public de plus en plus large, qui apprécie sa voix particulière, ses musiques douces pour l’oreille, mais surtout ses textes d’une grande beauté.

Si vous aviez peur que tous ces éléments ne soient pas réunis sur Désherbage, je vous rassure immédiatement : tout est là, la voix, la musique et la poésie! Faut dire que l’équipe au complet est toujours dans le navire… les mains habiles de Shampouing à la guitare, le groove de Cédric Martel à la basse et les rythmes subtils de Jean-Philippe Simard, auxquels s’ajoutent cette-fois ci d’autres mains habiles, soit celles de Simon Pedneault à la guitare (également à la coréalisation avec Pinette et Shampouing) et de Vincent Gagnon au piano et aux claviers.

Cet ensemble de dix titres montre un Tire le coyote en pleine possession de ses moyens, autant sur les plans de la musique que de la poésie. L’évolution se poursuit, Désherbage se démarque autant de Panorama que celui-ci se démarquait de Mitan. Musicalement, Pinette et ses complices demeurent résolument folk, mais l’ajout d’un deuxième guitariste et d’un pianiste ajoutent une profondeur qui permettent à Tire le coyote d’étendre sa palette de couleurs et de prendre une tangente beaucoup plus rock (d’ailleurs, certains morceaux font joyeusement taper du pied). C’est un peu comme si Bob Dylan avait branché sa guitare au Festival de musique folk de Newport. C’est ici que l’apport de Simon Pedneault prend toute son ampleur. D’un autre côté, les morceaux les plus doux bénéficient grandement de la finesse du jeu de Vincent Gagnon sur les touches d’ébène et d’ivoire. D’autres font même penser à du Dylan des années 2000 (je me suis même demandé si mon lecteur audio n’avait pas fait des free games aux premières notes de Toit cathédrale… jusqu’à ce que j’entende la voix aiguë de Pinette!).

Cependant, avec Tire le coyote, on porte une attention toute particulière aux textes. Parce que, comme d’aucuns l’affirment, Benoît Pinette est un de nos meilleurs paroliers (avec Stéphane Lafleur) à l’heure actuelle. Il a le don de créer des images fortes et colorées en utilisant un vocabulaire riche et des métaphores savantes, mais il ne tombe pas dans le piège de l’intellectualisation à outrance, faisant plutôt appel à des mots que tout le monde comprendra facilement. Pinette a cette facilité de trouver des rimes originales (fuck les rimes faciles toutes en « é ») qui rythment ses chansons. Et il y a cette diversité de sujets… oui, il y a l’amour (notamment Tes bras comme une murailleToit cathédrale), mais il y a aussi les pertes douloureuses (Pouvoirs de glace), la maladie (bouleversante Le ciel est backorder – qui à elle seule me rentre dedans comme un album de Corriveau; cette pièce est tout simplement parfaite et se hisse avec Confetti au sommet de ma liste de chansons préférées de Tire le coyote), la sagesse (mélancolique Chanson d’eau douce, qui conserve une belle lueur d’espoir) et la nostalgie (DésherbageFifille)… Ah, il y a cette savoureuse adaptation de Video Games de Lana Del Rey où Pinette réussit à ploguer Camus et Grand Theft Auto dans la même chanson!

Avec Désherbage, Tire le coyote prouve une fois de plus qu’il est un phare pour le folk d’ici. Plus ça va, moins on a envie de parler de ses influences et plus on a envie de parler de tous ceux et celles que Benoit Pinette va influencer tout au long de sa carrière (qu’on souhaite encore longue et prolifique). Ses chansons aussi personnelles qu’universelles, riches, complexes, colorées, mais tout à fait accessibles à tous méritent qu’on s’y attarde longuement, qu’on se laisse bercer par les douces (et moins douces) mélodies et par les mots qui les composent.

Vous pouvez être certains que je vais tout faire pour ajouter Désherbage à ma pile de vinyles et que je vais l’écouter jusqu’à usure complète.

Merci Benoit. Tu m’as encore fait du bien.

Medora (+ Choses Sauvages) – Le Cercle, 31 août 2017

C’était jeudi le 31 août que Medora lançait son album Ï en compagnie de Choses Sauvages, un band de Montréal, au Cercle. 

Dans un écran de fumée et sous un éclairage coloré, le groupe montréalais ne cachait pas son plaisir d’être là pour ouvrir la piste de danse pour Medora. Très vite, Choses Sauvages a fait le bonheur des spectateurs avec sa ligne de guitare à la sauce funk. L’énergie de Félix Bélisle, Marc-Antoine Barbier, Tommy Bélisle, Philippe Gauthier Boudreau et de Thierry Malépart était contagieuse. Le groupe a invité plusieurs fois les gens à danser. Leur punk-funk en français m’a beaucoup plu. Il a réussi à survolter l’ambiance qu’il y avait au Cercle.

Le clou du spectacle a été Medora, qui lançait son Ï. Déjà un succès médiatique (et aussi sur notre blogue), le quatuor de Québec a joué l’entièreté de l’album. Son chanteur, Vincent Dufour, est authentique et charismatique. Le plaisir était véritablement là sur scène, mais aussi dans la salle de spectacle. Je sentais de la maturité et des inspirations diverses dans l’interprétation musicale de Charles Côté, Vincent Dufour, Guillaume Gariépy et Aubert Gendron Marsolais. Les sonorités indie-rock ont réchauffées la température extérieure, ramenant l’été alors que l’automne approche à grands pas. Je m’étais délectée de l’album, et la même chose s’est produite au Cercle. La salle bien remplie ne laisse entrevoir que de belles perspectives pour eux.

 

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[Spectacle] Mélanie Venditti, Librairie St-Jean-Baptiste, 28 juin 2017.

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Comment ne pas passer une belle soirée à la Librairie St-Jean-Baptiste? L’accueil toujours sympathique de Stéphane, les quelques réguliers et bien sûr, les murs tapissés de livres. Les recueils de philosophie, d’histoire, de manifestes anarchistes et de poésie nous invitent à recevoir de belles chansons et être à l’écoute des paroles. Mélanie Venditti a très bien su profiter de l’espace et rendre honneur aux mots avec sa douce poésie imagée et sa guitare Gretsch noire de rockeuse aquatique.

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Mélanie Venditti a lancé en grand sa carrière solo cette année. Elle a sorti son EP sans titre (est-ce rendu une mode, ne plus nommer son album? *Voir EP et EP2 de FUUDGE) le 21 février dernier. Elle a de plus participé à la plus récente édition des Francouvertes et du Cabaret Festif cette année où elle s’est fait remarquer pour son « rock aquatique » et ses paroles imagées. Avant de proposer ses chansons, elle jouait déjà comme altiste auprès de d’artistes comme Klô Pelgag, Philippe Brach, Caltâr-Bateau et Mathieu Bérubé (d’ailleurs présent dans la salle, fidèle compagnon de route). Formée en musicienne classique, Mélanie Venditti m’a avoué avant le spectacle être un peu nerveuse à l’idée de chanter ses chansons seule, sans groupe pour l’appuyer, alors que la guitare et la voix ne sont pas ses instruments premiers. Nous sommes tous bien content qu’elle ait foncé, car nous avons tous été touchés par ce spectacle chaleureux.

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Compte rendu d’une très belle soirée.

Dans l’intimité des quelques personnes présentes à ce spectacle de rodage, une atmosphère décontractée planait sur le public, tous très heureux d’être au rendez-vous.

« On est comme chez quelqu’un » s’exclame Mélanie en commentant le décor accueillant de la librairie.

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Elle ouvre d’abord son spectacle avec une magnifique version de Sous la loupe, chanson présente sur son premier EP. Sa voix veloutée et douce nous a tout de suite transporté dans un état apaisant. Le spectacle regorgeait de chansons ne figurant pas sur son EP (on a déjà hâte à l’album!) et elles nous ont permis de plonger et mieux apprécier son univers. Nous avons eu droit à une chanson sur « quelqu’un qui sack des assiettes par terre », une autre sur l’expression cogner des clous, une autre sur le triangle de débauche montréalaise entre les célèbres Quai des brumes, L’esco et La Roquette. Les thèmes abordés dans ses chansons sont créatifs et différents entre eux. Ceux-ci sont rafraîchissants parmi toutes les chansons d’amour un peu redondantes qui existent depuis trop longtemps. Le titre très rock de son EP, Pompéi, était joué en version balade avec des arpèges à la guitare. Mélanie nous avoue que cette chanson rendait hommage à ses racines italiennes (Venditti, nom très peu commun au Saguenay), mais aussi qu’elle a composé cette chanson à la suite de son passage à l’exposition du Musée des Beaux Arts de Montréal sur la ville ensevelie par le Vésuve. Cette interprétation épurée nous a permis de saisir toute la complexité de ses accords, plus difficile à déceler avec sa formule full band.

Mélanie Venditti – Photo : Jacques Boivin

Cette soirée fut ressourçante, empreinte du bonheur simple de se rassembler pour se laisser bercer par une musique sincère avec des amis dans un lieu hautement anticapitaliste, comme on les aime. Prendre du temps pour profiter de la beauté d’une chanson, n’est ce pas une forme de non-conformisme, de révolution?

Merci pour ce beau moment, Mélanie Venditti et un gros merci spécial à Stéphane de continuer à faire vivre ce sanctuaire des mots!

 

Cinq de nos chansons québécoises préférées!

Cette semaine, j’ai invité nos camarades à partager une de leurs chansons québécoises préférées. Y’a du vieux stock, quelques valeurs sûres, mais certaines personnes réussiront encore à vous surprendre!

Bonne fête nationale à tous les Québécois, et bonne Saint-Jean-Baptiste à tous les francophones du Canada!

Les Cowboys Fringants – « Les étoiles filantes »

Le nombre de fois que je l’ai écoutée et réécoutée! Les paroles me réchauffent le cœur. En spectacle, les Cowboys se sont appropriés la chanson et on fait que la chanson reste un incontournable dans la chanson québécoise. (Marie-Eve Duchesne)

Richard Desjardins – « Akinisi » ou « Nataq »

Pour ma part, je suis incapable de choisir entre Akinisi et Nataq de Richard Desjardins! C’est deux chansons où la partition de piano est magnifique, où les paroles sont merveilleuses, où le chant est de toute beauté, où la voix de Desjardins est parfaite! Ça fait des années que je les connais et que je les écoute à profusion pis je m’en tanne pas! (Marc-Antoine Auger)

Harmonium – « Corridor »

Je dirais Corridor, par Harmonium. La douceur et la force de cette chanson me donnent des frissons à chaque fois. Le texte est poétique et touchant tandis que la musique est recherchée et sentie à la fois. Voilà, mais c’est un dur choix! Belzébuth des colocs est presque à égalité, Échapper au sort de Karkwa n’est pas loin derrière! Et si on leur laisse le temps de faire leur chemin, je crois que plusieurs pièces plus récentes ont aussi beaucoup de potentiel. (Marie-Eve Fortier)

Galaxie – « Loop »

Loop de Galaxie… Mélodiquement, c’est une de mes chansons préférées de tout le temps. C’est l’exemple typique d’une chanson d’ouverture d’album exemplaire. Ça représente bien l’état d’esprit du jeune adulte à cheval entre le party et le côté plus sérieux de la vie adulte à venir. De plus, le travail combiné de Langevin et Lafontaine sur cette pièce rend le tout absolument inoubliable. À mon humble avis, bien que plutôt court, c’est le meilleur solo de guitare dans une chanson québécoise. (Julien Baby-Cormier)

Fred Fortin – « Oiseau »

Elle vient me musicalement et encore plus en spectacle. Il est accompagné de musiciens fabuleux sur l’album Ultramarr. Je trouve que cet album est un des plus beau chef d’oeuvre de musique québécoise actuelle. De plus, les paroles sont racontées plutôt que d’être amenées de manière conventionnelle avec un refrain. (Marianne Chartier-Boulanger)

Jean Leloup – « Le monde est à pleurer »

Je voulais aller au-delà des évidences, nommer Corriveau ou Pinette, mais après mûre réflexion, il n’y avait que cette chanson de Jean Leloup. Une chanson universelle, qui sort du je pour nous raconter une histoire comme seul Leloup peut le faire. Une chanson toujours aussi d’actualité, même 20 ans plus tard. Même constat : les humains sont méchants et la Terre est cruelle, alors aussi bien s’éclater, comme Dieu le père, Manitou, Krishna et Bouddha! Et on s’éclate sur cette chanson entraînante avec ses riffs hyper accrocheurs et son refrain aussi bref qu’extatique.

Juste dommage qu’on ait censuré le vidéoclip… Allez hop, un peu de sincérité. (Jacques Boivin)

 

[SPECTACLE] Destination Chanson Fleuve, cour intérieure du Grand Théâtre, 20 juin 2017.

C’est dans la cour intérieure du Grand Théâtre qu’a eu lieu la présentation d’un laboratoire d’essai de matériel par les huit artistes sélectionnés par Destination Chanson Fleuve (Juste Robert, MCC, Laura Babin, Rose Bouche, Étienne Fletcher, Boule, Simon Daniel et Lou-Adrianne Cassidy). Ce stage regroupe en fait des ateliers, des formations, du coaching, des rencontres et des spectacles s’étalent sur une période d’un mois. Tout ceci prenant vie grâce à une collaboration entre le Festival en Chanson de Petite-Vallée et celle du Festival de la Chanson de Tadoussac. La bande d’artistes est déjà montée sur les planches à l’occasion des Francofolies le 12 juin passé et elle nous présentait cette fois-ci le résultat de leur travail durant ce séjour à Québec, sous la direction du chanteur folk québécois Benoît Pinette (Tire le Coyote).

Parmi la série d’exercices prévue par leur formateur, l’un d’eux consistait à créer une chanson en équipe de deux en seulement deux heures. Le résultat de cette activité ayant eu lieu la veille nous était présenté, de même qu’une chanson faisant déjà partie du répertoire de l’artiste en performance. Ce spectacle nous a donc offert des formations variées : en solo, en duo, en trio et même, tout le monde ensemble, pour notre plus grand bonheur. La complicité entre les membres s’est fait sentir dès l’instant où je suis arrivé sur place, pour la fin de leur test de son.

Petit résumé d’un spectacle charmant où le talent était au rendez-vous.

Le spectacle a débuté par une pièce de Tire le Coyote, accompagné par son fidèle guitariste Shampoing et Paule-Andrée Cassidy en tant qu’invitée surprise. Le trio nous a livré une belle balade folk avec un micro central comme seul outil de captation. J’ai vraiment un faible pour ce type d’amplification, qui demande un habile savoir-faire pour jauger et jouer avec les distances afin de créer des nuances très subtiles.

Laura Babin a ensuite présenté un duo ambiant avec Étienne Fletcher, accompagnés par Simon Daniel au cajun, avant d’enchaîner avec la chanson titre de son premier EP «Water Buffalo». La jeune artiste nous a présenté ses chansons de sa voix grave et chaude. Sa chanson en solo comportait de belles dissonances ainsi qu’une belle alternance entre une ambiance plus atmosphérique et plus rock.

Par la suite, Étienne Fletcher, un franco-saskatchewanais fier de parler français, nous a offert à la guitare un duo très solide avec MCC (Marie-Claudel Chenard) au piano. Leur timbres de voix s’harmonisaient à merveille pour laisser briller un beau texte aux couplets francophones et refrain anglophone. Cette chanson a été un des grands moments du spectacle, avec sa douce finale de berceuse.

Simon Daniel, natif de Moncton, parle le chiac. Ceci apporte à sa musique une richesse incroyable, qui l’a certainement démarqué positivement par rapport à ses pairs. Sa voix, bien maîtrisée, porte ses beaux textes aux accents maritimes. Sa chanson en solo (Rue Jones) était sincèrement incroyable. Son texte, finement ficelé, démontrait une maîtrise impressionnante de la plume.

Juste Robert nous a présenté sa poésie humoristique et rafraîchissante. Son duo avec Boule nous a tous bien fait rire avec son propos un peu vulgaire, tandis que sa chanson solo, accompagnée par MCC, était plus candide. L’ajout des claquements de doigts des autres musiciens a contribué à l’atmosphère bon-enfant de cette chanson. Le manque de maîtrise de son instrument, admis par l’artiste même, ne le limite pourtant pas dans la créativité de ses accords et de ses mélodies!

Munie de son accordéon, Rose Bouche, quant à elle, nous a d’abord fait entendre une berceuse aux accents de musique traditionnelle québécoise, avant d’enchaîner avec un duo très pop avec Lou-Adrianne Cassidy, au piano. Sa voix puissante et très bien contrôlée nous a gardé attentifs tout au long de sa performance.

Rose Bouche et MCC – Photo: Ann-Lydia Plourde

MCC, artiste de haut niveau, nous a charmés par sa voix au timbre réconfortant et sa présence honnête sur scène. L’auteure-compositeur-interprète de Valleyfield a livré avec Laura Babin une composition intime où le mariage des voix était envoûtant. Sa personnalité captivante nous a accompagnés tout au long de sa très jolie pièce solo.

Lou-Adrianne Cassidy, personnalité exubérante, pleine de confiance en elle, est arrivée très à l’aise sur scène, faisant des blagues avant de nous en mettre plein la vue avec deux compositions de très haut niveau. Cette jeune musicienne joue du piano avec une certaine aisance et surtout, arrive à construire des schémas mélodiques et harmoniques incroyables. Sa première chanson avec Juste Robert nous présentait une mélodie soignée au texte très prenant, l’atmosphère étant quasi post-apocalyptique. Elle s’est ensuite retrouvée seule au piano pour interpréter Ça va, Ça va une chanson que Philémon Cimon a écrit pour elle.

Le dernier artiste à présenter ses compositions est certainement mon coup de cœur de la soirée! Boule, visiblement plus âgé et plus expérimenté que le reste du groupe, vient de la France. Dans sa première chanson, qu’il a interprétée avec Lou-Adrianne, l’accent de la grande chanson française du milieu du XXe siècle se fait entendre. Les influences jazz, les descentes harmoniques typiques ainsi que de grandes phrases mélodiques posent tout de suite le ton du langage musical de cet artiste. Son deuxième morceau

Boule et la chorale – Photo: Ann-Lydia Plourde

était grandiose. Ses accords étendus et complexes à la guitare lui donnait une large possibilité de mélodies. Dans cette chanson, les autres participants de Destination Chanson Fleuve s’étaient réunis autour du micro central pour chanter les refrains tous en chœur et donner ainsi au public, un moment unique et émouvant.

Ce magnifique événement s’est clôt avec deux chansons de Tire le Coyote qui nous a bercés avec sa voix haute perchée et son folk apaisant.

Je vous invite à découvrir chacun des artistes ayant pris part à cette soirée:

MCC : https://marieclaudelchenard.bandcamp.com/

Laura Babin : https://laurababin.bandcamp.com/

Lou-Adrianne Cassidy: https://www.facebook.com/Lou-Adriane-Cassidy-1647451795504273/

Juste Robert : https://justerobert.bandcamp.com/releases

Rose Bouche : https://rosebouche.bandcamp.com/releases

Étienne Fletcher : http://www.etiennefletcher.com/fr/

Simon Daniel : http://www.simondaniel.ca/

Boule : http://www.sitedeboule.com/

Nouvelle chanson pour Medora!

Il y avait quelque temps qu’on n’avait pas entendu parler du groupe de Québec Medora. La raison est fort simple : Aubert Gendron-Marsolais, Charles Côté, Guillaume Gariépy et Vincent Dufour étaient occupés à enregistrer le successeur du EP Les arômes, soit leur premier album complet, Ï, qui sera lancé le 25 août prochain.

En attendant, le groupe nous offre un premier extrait prometteur intitulé Terrasse, qui devrait avoir l’effet d’un hameçon sur les fans du groupe. On reconnaît sur cette chanson les sonorités propres à Medora : guitares abondantes, percussions assumées et la voix unique de Vincent Dufour.

Pour l’enregistrement de l’album, les gars ont recruté nul autre qu’Alexandre Martel (Mauves, Anatole) à la réalisation et David Boulet Tremblay (Harfang) à la prise de son et au mixage.

On va attendre le reste de Ï avec impatience…

 

[SPECTACLE] Pierre-Hervé Goulet et La Grande Traversée à l’Anglicane de Lévis !

C’est dans un cadre enchanteur que l’auteur-compositeur-interprète Pierre-Hervé Goulet livra son spectacle devant une salle conquise d’avance.

L’Anglicane ne pouvait pas être mieux décorée pour la soirée qui s’annonçait plus que prometteuse.

C’est avec Jérôme Casabon que le public fut dégourdi dès les premières notes. Son humour, sa musique entraînante et son énergie ne pouvaient pas mieux tomber pour mettre le sourire aux lèvres à chacune des personnes présentent dans la salle.

Puis ce fut le tour de celui que tout le monde attendait avec impatience! Bourré aux Advil en raison d’un virus, personne n’aurait pu deviner que sa performance y était touchée. Il enchaîna les succès de son premier album l’un après l’autre, et nous avons même eu droit à une nouvelle chanson, fraîchement terminée la semaine passée! Son décor incroyable, son band, avec qui il était sur scène pour la toute première fois, et sa familiarité donna au spectacle une touche magique! Les gens étaient très réceptifs et l’ambiance de party resta en place jusqu’à la toute fin.

Lors du rappel, il invita sa soeur, Marie-Gabrielle, à le rejoindre sur scène. Ils interprétèrent un medley du célèbre chanteur Eminem qu’ils avaient concocté ensemble. Les gens ont adoré.

Bref, soirée réussie pour celui qui se promène un peu partout au Québec avec son album Faut qu’on bouge!

 

 

 

[ALBUM] Ghostly Kisses – «What You See»

Margaux Sauvé, l’artiste qui se cache derrière le pseudonyme de Ghostly Kisses, nous prouve à nouveau qu’elle maîtrise le sens de l’esthétique et de l’ambiance. Ghostly Kisses a fait paraitre quelques chansons au fil des deux dernières années et celles-ci ne passèrent pas inaperçues, atteignant notamment deux millions d’écoutes sur Spotify. Avec ce premier EP, intitulé What You See, la chanteuse et violoniste Québécoise nous propose de revisiter trois de ses chansons déjà parues et d’en découvrir trois nouvelles.

Dès la première chanson, «Garden», le son caractéristique de Ghostly Kisses est au rendez-vous : textures aériennes, rythmes effacés mais propulsifs, voix éthérées et feutrées ainsi que violons langoureux se font entendre et forment un paysage sonore très agréable. Ces éléments se retrouvent sur presque toutes les six chansons de cet EP, ce qui le rend très (trop?) cohésif, à la fois pop et ambiant. En effet, l’artiste ne dérogera jamais vraiment de cette formule. Je n’ai toujours pas décidé si je trouvais cela admirable ou un peu trop conservateur.

Qu’à cela ne tienne, la facture électro du projet, bien que subtile, agrémente très bien les compositions et ajoute un petit côté pop contemporain aux chansons, les rendant un peu moins abstraites. Je dis abstraites car ces chansons le sont évidemment par leur lyrisme, mais aussi par leur rejet apparent des normes de la pop vocale commerciale. Sauvé est dotée d’une voix alto toujours tendrement voilée, ce qui rend les paroles inintelligibles, soit, mais qui plane toujours doucement au dessus de la musique, ce qui créé un effet enivrant.

Les paroles sont à l’image de la musique qui les accompagne : tristes, rêveuses, pensives et toujours un peu vagues. Les paroles du refrain de «Such Words» sont un bon exemple de ce que j’avance:

Can it stay between us?
(But we do not say such words)
Among the other things you know
(But we do not say such words)
In this endless “in between”
(But we do not say such words)
I will never learn, I know
(But we do not say such words)

Le titre de cet EP est trompeur. Le plus captivant avec Ghostly Kisses, ce n’est pas ce que tu peux voir, mais bien ce que tu peux ressentir. On peut souvent deviner un sentiment de regret, mélancolique sans être viscéral, qui hante les paroles de Sauvé. Les journées pluvieuses n’auront jamais eu d’aussi parfaites trames sonores.