Tire le coyote – « Désherbage »

Tire le coyote
Désherbage
(La Tribu)

Dire que Désherbage, le quatrième album studio de Tire le coyote (Benoît Pinette), le troisième sur l’étiquette La Tribu, était un album attendu est un pas pire euphémisme. Mitan et Panorama ont été acclamés par la critique (dont votre humble serviteur) et au fil du temps, Pinette et sa bande se sont bâti un public de plus en plus large, qui apprécie sa voix particulière, ses musiques douces pour l’oreille, mais surtout ses textes d’une grande beauté.

Si vous aviez peur que tous ces éléments ne soient pas réunis sur Désherbage, je vous rassure immédiatement : tout est là, la voix, la musique et la poésie! Faut dire que l’équipe au complet est toujours dans le navire… les mains habiles de Shampouing à la guitare, le groove de Cédric Martel à la basse et les rythmes subtils de Jean-Philippe Simard, auxquels s’ajoutent cette-fois ci d’autres mains habiles, soit celles de Simon Pedneault à la guitare (également à la coréalisation avec Pinette et Shampouing) et de Vincent Gagnon au piano et aux claviers.

Cet ensemble de dix titres montre un Tire le coyote en pleine possession de ses moyens, autant sur les plans de la musique que de la poésie. L’évolution se poursuit, Désherbage se démarque autant de Panorama que celui-ci se démarquait de Mitan. Musicalement, Pinette et ses complices demeurent résolument folk, mais l’ajout d’un deuxième guitariste et d’un pianiste ajoutent une profondeur qui permettent à Tire le coyote d’étendre sa palette de couleurs et de prendre une tangente beaucoup plus rock (d’ailleurs, certains morceaux font joyeusement taper du pied). C’est un peu comme si Bob Dylan avait branché sa guitare au Festival de musique folk de Newport. C’est ici que l’apport de Simon Pedneault prend toute son ampleur. D’un autre côté, les morceaux les plus doux bénéficient grandement de la finesse du jeu de Vincent Gagnon sur les touches d’ébène et d’ivoire. D’autres font même penser à du Dylan des années 2000 (je me suis même demandé si mon lecteur audio n’avait pas fait des free games aux premières notes de Toit cathédrale… jusqu’à ce que j’entende la voix aiguë de Pinette!).

Cependant, avec Tire le coyote, on porte une attention toute particulière aux textes. Parce que, comme d’aucuns l’affirment, Benoît Pinette est un de nos meilleurs paroliers (avec Stéphane Lafleur) à l’heure actuelle. Il a le don de créer des images fortes et colorées en utilisant un vocabulaire riche et des métaphores savantes, mais il ne tombe pas dans le piège de l’intellectualisation à outrance, faisant plutôt appel à des mots que tout le monde comprendra facilement. Pinette a cette facilité de trouver des rimes originales (fuck les rimes faciles toutes en « é ») qui rythment ses chansons. Et il y a cette diversité de sujets… oui, il y a l’amour (notamment Tes bras comme une murailleToit cathédrale), mais il y a aussi les pertes douloureuses (Pouvoirs de glace), la maladie (bouleversante Le ciel est backorder – qui à elle seule me rentre dedans comme un album de Corriveau; cette pièce est tout simplement parfaite et se hisse avec Confetti au sommet de ma liste de chansons préférées de Tire le coyote), la sagesse (mélancolique Chanson d’eau douce, qui conserve une belle lueur d’espoir) et la nostalgie (DésherbageFifille)… Ah, il y a cette savoureuse adaptation de Video Games de Lana Del Rey où Pinette réussit à ploguer Camus et Grand Theft Auto dans la même chanson!

Avec Désherbage, Tire le coyote prouve une fois de plus qu’il est un phare pour le folk d’ici. Plus ça va, moins on a envie de parler de ses influences et plus on a envie de parler de tous ceux et celles que Benoit Pinette va influencer tout au long de sa carrière (qu’on souhaite encore longue et prolifique). Ses chansons aussi personnelles qu’universelles, riches, complexes, colorées, mais tout à fait accessibles à tous méritent qu’on s’y attarde longuement, qu’on se laisse bercer par les douces (et moins douces) mélodies et par les mots qui les composent.

Vous pouvez être certains que je vais tout faire pour ajouter Désherbage à ma pile de vinyles et que je vais l’écouter jusqu’à usure complète.

Merci Benoit. Tu m’as encore fait du bien.

[SPECTACLE] Kermess (+ Nova Spei et Ripé), La Shop du Trou du diable – Wabasso, 22 avril 2017

C’est d’une façon totalement anodine que j’ai été informé samedi d’un spectacle de musique au salon Wabasso, plus connu sous le nom de La Shop du Trou du diable. Mon collègue Joé Lacerte m’a en effet appelé vers 19 h pour me demander si cela m’intéressait d’aller voir un spectacle à Shawinigan. « On part vers 20 h », qu’il m’a dit. Hum! va donc pour le show.

À vrai dire, le concert en question était un concert reporté. En effet, il devait à l’origine avoir lieu à la salle le Satyre, située au centre-ville de Trois-Rivières. Le spectacle a cependant été annulé en raison de la fermeture de l’établissement. Heureusement pour les fans, le concert a, en fin de compte, été reporté quelques mois plus tard au salon Wabasso par l’initiative de Nicolas, le bassiste de Nova Spei.

Ripé. crédit : Joé Weller

Cela dit, trois groupes étaient sur place, le premier étant Ripé, qui vient de Montréal. Ripé joue, selon les dires du groupe, du « rock de badass », comme c’est inscrit dans le centre d’intérêts de la formation sur leur page Facebook. La désignation est assez pompeuse à mon avis, mais il est vrai que leur chanson Spin a été bien accueillie par le public, avec, à l’heure actuelle, plus de 55 000 visionnements sur Youtube, d’autant plus que le groupe est pris en charge par le label Slam Disques.

 

Le premier concert de la soirée commence donc vers 21 h 15. Pour ma part, j’aime bien l’univers satirique dans lequel Ripé nous plonge. Ça me fait presque penser à du Mononc’ Serge lorsqu’il collaborait, par exemple, avec Anonymus. La guitare groove; il y a quelques jurons dans les paroles, et la voix du chanteur m’a même surpris. Le public était toutefois surtout passif face à la musique de Ripé. Enfin, le seul hic par rapport au concert de hier soir demeure, selon moi, que leur musique n’avait pas de grand lien avec celle des deux autres groupes.

Nova Spei, crédit : Joé Weller

Le second groupe en prestation, Nova Spei, vient de Trois-Rivières. Bien qu’il soit moins connu sur la toile que Ripé, j’ai trouvé que leur musique était un peu plus mature et aboutie que le groupe d’ouverture. Prenons, par exemple, quelques paroles de la chanson Les vivants-morts, premier EP sorti sur CD et aussi disponible sur Youtube :

Les vivants-morts dans leurs têtes, leurs idées

contrôlés par une bête.

Les humains nous considèrent comme des traîtres

quand on n’acquiesce pas à toutes leurs requêtes.

 

Les vivants sont morts dans leurs quêtes,

Leurs images contrôlées par une bête

Les humains nous considèrent comme des traîtres

quand on

s’éloigne de leur beau paraître.

Nova Spei (« nouveau départ ») dresse donc par ces quelques lignes un portrait pessimiste de l’individu contemporain, qui serait d’une certaine façon dépossédé de sa nature humaine. Pour revenir au spectacle, je dois dire qu’il a été très bon, mais malheureusement, le son n’était pas tout à fait bien ajusté à mon goût. Cela dit, ça n’a pas empêché les spectateurs de se lever.

Le troisième groupe, Kermess, joue du rock alternatif francophone. Il fut actif de 1995 à 2004. Ils ont eu un succès intéressant, comptant à leur actif trois albums vendus à 22 000 exemplaires, plus de 300 spectacles, deux nominations au Gala de l’ADISQ et deux succès radio, soit Y’a pas grand-chose dans l’ciel à soir et Le nouveau millénaire. Toutefois, je dois dire que je ne les connaissais que de nom. Leur spectacle a été agréable à voir et à entendre, sans parler de leur énergie sur scène. J’ai bien aimé la participation du chanteur de Nova Spei pendant l’une des chansons du concert. La foule, quant à elle, réagissait bien à l’énergie de Kermess. J’ai personnellement été content de découvrir l’univers du groupe, car après le spectacle, je suis allé creuser leur discographie, disponible gratuitement en ligne, et franchement, ça en vaut le détour.

Voici les photos de Joé.

[SPECTACLE] Charles Garant, Café-bar le Zénob, 1 avril 2017

C’est au Zénob, à Trois-Rivières, qu’a eu lieu la prestation de Charles Garant, jeune chanteur de 19 ans, en provenance de Québec. Ce 1er avril, le chanteur a réalisé sa première prestation de son second album : The Blurs, sorti en décembre 2016. Il en a aussi profité pour survoler son premier album, sorti en février 2016 : An Archaic Melancholy.

Avec de bonnes transitions aux airs de rock progressif qui lui confèrent de l’originalité, Charles Garant partage sa musique, un rock alternatif, accessible, ponctuée de touches de grunge et de punk. Quoiqu’un peu en retard, Charles Garant et le bassiste s’installent rapidement, le batteur étant déjà près. Dans l’ambiance conviviale et intime du Zénob (lumière tamisée et tapis au sol obligent), les musiciens et le chanteur font leur entrée en scène avec énergie.

Après deux chansons, le chanteur passe aux présentations : ses musiciens, ses deux albums et lui-même. Il enchaîne avec des chansons des deux albums confondus et occupe pleinement l’espace. Il tourne, saute, se déplace, sort même de la scène. Son dynamisme se fait sentir. Le bar est bien rempli, pourtant, malgré l’énergie présente, la plupart des spectateurs sont assis.

La partie acoustique a permis une transition vers le milieu de la soirée, entre deux parties jouées à la guitare électrique. Des sonorités douces, ponctuées de passages plus dynamiques qui tiennent en éveil. Une partie intéressante qui a permis à Charles Garant de montrer de la diversité dans son registre, même si des difficultés d’accordage ont momentanément coupé le chanteur dans son élan.

Après une courte chanson de son dernier album, Calm after the Storm, Charles Garant termine avec un rappel. Il joue avec émotion une chanson qui l’inspire, Say Yes d’Elliot Smith.

La répartition des chansons était équilibrée, tout au long de la soirée. On ne voit pas le temps passer. Celles du premier album comme du second se sont mélangées avec fluidité.

Petit bémol de la soirée : le chanteur s’écartait rapidement du micro lorsqu’il parlait, de sorte qu’on ne comprenait pas toujours ce qu’il disait, principalement les titres joués. Quelques explications, des détails sur les chansons et le concept du nouvel album auraient été appréciés. Le contexte convivial s’y prêtait bien et cela aurait permis de mieux comprendre l’ensemble. Une petite touche francophone aurait aussi été la bienvenue afin de diversifier le spectacle d’un point de vue linguistique : l’intégralité des albums est en anglais, même la chanson Monsieur le président, dont le titre laisse imaginer une chanson écrite en français.

Ne manquez pas le spectacle au Cercle à Québec le 8 juin 2017 !

[Spectacle] Omerta : Gazoline, Caravane et Rednext Level, Salle Multi de Méduse, 30 mars 2017

Jeudi dernier, le comité Production Culturelle du baccalauréat en communication publique présentait son événement final Omerta sous le thème de la prohibition, où tous les fonds amassés étaient remis à la Fondation de Lauberivière, qui vient en aide aux sans-abris de la ville de Québec. En plus d’y découvrir plusieurs artisans et le groupe Swing Bazar durant le cocktail culturel, nous avons pu apprécier Gazoline, Caravane et Rednext Level, qui ont complètement enflammé la soirée.

 

Cocktail culturel

Verre de cidre rosé de la Cidrerie Michel Jodoin à la main, j’ai profité du début de la soirée pour découvrir les artisans exposants. Des artistes tatoueurs, des artistes visuels multidisciplinaires ainsi que Clav’s Workshop avec ses longboards personnalisés y étaient entre autres présents. Le groupe Swing Bazar a quant à lui assuré la partie musicale avec son jazz manouche.

Quoi de mieux pour commencer une soirée?

 

Gazoline

C’est avec une foule un peu timide que Gazoline est enfin monté sur scène en interprétant deux chansons de leur dernier album « Brûlensemble » : Parfaite et L’amour véritable est aux rebelles.

Un peu surprise d’entendre ces chansons dès le début, je me suis laissée emporter par leur rock’n’roll influencé par les années 80. Avec cet album, on peut ainsi remarquer la maturité du quatuor : un style un peu plus recherché qui sort assurément des sentiers battus. Le groupe a aussi franchement bien interprété la chanson When you were young de The Killers. En fin de spectacle, l’énergie du groupe était à son comble.

 

Caravane

Caravane a complètement fait exploser la salle Multi de Méduse ce soir-là. L’ambiance était à son apogée; la foule était très réceptive, et les musiciens ont donné une prestation à couper le souffle. Je qualifierais même ce spectacle de l’un des meilleurs jusqu’à maintenant, et ce, même avec un drummer en remplacement. On pouvait même croiser William, drummer actuel, à l’avant de la scène prêt à rocker malgré une blessure à la cheville.

Dominic, le chanteur du groupe, a littéralement tout donné, il était en feu!
Que dire de son maquillage noir dans le visage, déchirant son chandail tout en dansant à genoux au milieu de la foule? Une intensité très grande qui dépasse la mesure de l’ordinaire, du genre paroxysme! C’est aussi ça, LE rock.

Les musiciens, comme toujours, maîtrisaient à merveille leurs instruments. Évidemment, le groupe a interprété plusieurs chansons de leurs deux albums.

Quel show!

 

Rednext Level

Maybe Watson est arrivé finalement sur scène en s’installant sur une chaise de barbier prêt à se faire tailler la barbe.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que dès la première chanson, la foule était complètement déchaînée sous les airs du tropical gangsta house pop rap. Avec leur album « Argent Légal » qui fait preuve de légèreté, les deux MC d’Alaclair Ensemble y interprètent des chansons toutes aussi accrocheuses les unes que les autres. On a d’ailleurs pu entendre Get Lit, Baby Body, Sri Lanka et Passerelle.

Cette soirée où la musique francophone était à l’honneur fut franchement réussie!

[PHOTOS] Rouge Pompier (+Frank Custeau, + Noé Talbot), Bistro Côté-Sud de Bécancour, 31 mars 2017

Vendredi dernier, le 31 mars, je suis allé prendre des clichés de la soirée rock au Bistro Côté-Sud de Bécancour. Nos amis de Rouge Pompier étaient en spectacle avec Frank Custeau et Noé Talbot.

[SPECTACLE] Les Deuxluxes (+ They call me Rico), la Shop du Trou du diable, 4 mars 2017

Vendredi dernier, la Shop du Trou du diable nous a submergé dans une ambiance typiquement blues en accueillant They Call Me Rico en première partie des Deuxluxes. Seul avec sa guitare et son bassdrumThey Call Me Rico nous a fait une performance qui valait beaucoup plus qu’une simple première partie. Il a su rendre le blues traditionnel plus festif avec des pièces rythmées qui ont donné un effet de fébrilité sur la foule dès le début de sa prestation.

They Call Me Rico – Photo : Adrien Le Toux

Tout de même, il a abordé des thèmes relatifs à ses influences, comme les séparations, dans son propre univers musical et avec une belle énergie de scène. En effet, on ressentait honnêteté et sincérité à travers sa musique, qu’il nous livrait avec passion, les yeux fermés et le sourire aux lèvres. La participation du public semblait être très importante pour lui lorsqu’il s’avançait sur les devants de la scène pour le faire chanter davantage, public qui semblait connaître les paroles à quelques reprises. Par moment, il a quitté ses créations blues pour nous plonger dans quelque chose de plus country par la présence de son acolyte au lap steel. C’est avec une reprise adaptée à sa personnalité du classique de Led Zeppelin Whole Lotta Love qu’il a laissé la place aux Deuxluxes.

Les Deuxluxes – Photo : Adrien Le Toux

Étonnamment, je m’attendais à ce que le duo arrive sur scène avec un grand dynamisme et leur couleur rock ’n’ roll, mais ils ont commencé le spectacle modérément avec Bomb of Time. À mon avis, c’est une pièce qui met très bien en valeur la voix aux influences blues d’Anna Frances Meyer.  « On va se gâter et vous livrez du vrai rock ’n’ roll », a-t-elle mentionné avant de se laisser déchaîner avec Queen of Them All, le deuxième extrait de leur premier album Springtime Devil. Ça n’a pas pris de temps qu’elle s’est mise à l’aise en faisant preuve de lascivité. La température a monté assez rapidement dans la salle et la foule dansait autant sur leurs nouvelles pièces que sur celles qui se retrouvent sur leur premier EP, Traitement Deuxluxes, dont The Name of Love et On The Road, avec lesquelles ils ont enchaîné.

Bien qu’il se sont baladés​ entre leur nouvel album et leur EP, ils nous ont choyés avec une exclusivité francophone. C’est le genre d’initiative que je respecte beaucoup pour un groupe québécois, mais qui, à mon avis, ne se concilie pas très bien avec le style rockabilly des Deuxluxes.

Ils ont dédié la chanson I’m in love à la fameuse équipe de la Shop du Trou du diable durant laquelle la salle était particulièrement présente : « Je pense que la cabane va exploser, en 300 shows, j’ai jamais eu un I’m In Love aussi fort. »

Ils ont terminé avec So long, Farewell et leur chanson titre Springtime Devil avec une folle énergie qui donnait envie d’en entendre encore plus. Leurs deux chansons en rappel faisaient honneur au duo avec des pièces qui les rendaient plus que complices, comme Tunnel of Love, une chanson qui dégage une sensualité à travers ses mélodies. Ils se sont rapprochés l’un et l’autre pour finir avec une reprise de Johnny Cash et June Carter, Long Legged Guitar Pickin’ Man, qu’ils ont teinté de leurs couleurs.

Les Deuxluxes continuent d’être en tournée un peu partout au Québec; suivez-les sur Facebook pour connaître leur prochain passage en Mauricie. Voici les photos de la soirée prises par notre photographe Adrien Le Toux.

[PRIMEUR] Extrait du premier EP d’Aramis

Comme le blogue a pour mission de promouvoir la scène musicale émergente, l’équipe d’écoutedonc.ca vous offre en exclusivité le premier single d’un groupe qu’elle qualifie de prometteur. Cette formation des Laurentides nommée Aramis ne se définit pas par un style particulier, mais comme du contenu à découvrir.

Tous amis depuis l’adolescence, ils ont décidé de former Aramis en 2014 au courant de leur parcours collégial lorsque leurs intérêts musicaux se sont rencontrés. Composé de deux anciens de Foreign Diplomats (Simon Charette à la batterie et Mickaël Gagné au piano et à la guitare), Aramis c’est également l’initiative d’Urhiel Madran-Cyr (principale voix et claviers), de Jeremy Richer-Légaré (guitare), de Louis-Jean Rivest (saxophone), ainsi que d’Anthony Larose (basse). La fierté découlant de leurs nombreuses expériences sur scène les ont propulsés vers la composition et l’enregistrement d’un premier EP, Rorschach. C’est aujourd’hui qu’ils nous présentent un avant-goût de leurs créations avec ce premier simple nommé Ma rive.

Crédit photo : Étienne Poulin – Atomic Café, Montréal

À travers l’écoute de cette pièce, on ressent les inspirations folks qui se teintent à travers la voix du chanteur et claviériste Urhiel Madran-Cyr par ses élans de voix feutrés. Autrement dit, il nous offre à quelques reprises un chant parlé qui nous rappelle celui d’Antoine Corriveau ou encore, Violett Pi. Deux artistes totalement divergents, mais qui, par leur authenticité, influencent ces nouveaux groupes à assumer leur couleur comme le présente bien Aramis. La subtilité du saxophone de Louis-Jean Rivest, quant à lui, donne un effet plus recherché au son. La guitare de Jeremy Richer-Légaré et les rythmes de Simon Charette, qui siège derrière la batterie, nous plonge dans un univers musical planant. L’ambiance que nous pouvons connaître en spectacle est bien divulgué dans ce premier extrait enregistré et donne envie de se balader dans ces mélodies singulières.

Crédit photo : Étienne Poulin – Atomic Café, Montréal

Afin de vous fondre dans cette atmosphère, je vous invite à découvrir cette nouveauté lors de leur lancement d’EP au Cabaret du Lion d’or (Montréal) le 1e mai prochain, où projection et décor seront également à l’honneur. La projection sera assurée par Philippe Marquis, qui a également travaillé auprès de Foreign Diplomats et Choses Sauvages, alors que le décor sera effectué par Raymond Légaré qui a participé au tournage de The Fountain (Darren Aronofsky).

 

[SPECTACLE] Perséide + IDALG +Chocolat au Café Frida

Vendredi dernier, le café Frida était rempli de fans de musique émergente en accueillant IDALG et Chocolat, de Montréal, accompagnés de la formation locale de Trois-Rivières, Perséide. Ce plateau triple a teinté le Frida en soirée festive, ces trois groupes au style analogue, mais se distinguant tout autant par des particularités rock propre à leur identité.

Perséide

Composé de musiciens de la région, c’est Perséide qui a lancé le bal avec leur rock psychédélique. En effet, leur style planant est bien défini, et ce, grâce au guitariste Olivier Durand et au claviériste Daniel Quirion, qui s’amusait au synthétiseur.  Malgré le fait que le son des voix n’était pas au niveau tout au long de la soirée, j’ai pu remarquer les influences du chanteur qui s’arriment avec celui du fameux Alexandre Martel, alias Anatole (également chanteur de Mauve).

Bien qu’ils nous aient fait planer durant leur spectacle, j’ai apprécié que leurs chansons soient ornées d’autres genres de rock. Étant parfois plus progressif, et d’autres moments plus alternatif, on sent que les gars de Perséide ne cherchent pas à se définir, mais à expérimenter plusieurs univers musicaux. Ils ont terminé avec une pièce au timbre plus traditionnel grâce à quelques lignes de mélodica jouées par le guitariste.

Claudine Bérubé – Perséide – Café Frida

Perséide reste un band local qui mérite de persister dans le cheminement de la musique émergente, mais qui, à mon avis, se définit plutôt par leurs influences que leurs créations. Pour les écouter, il suffit de suivre leur page Facebook et d’assister à leur prochain spectacle.

IDALG

L’arrivée sur scène d’IDALG m’a surprise. Ils sont arrivés sur scène avec aucune prétention et ont commencé leur performance sans préambule. Dès la première chanson, j’ai senti qu’ils étaient festifs, et ils ont transmis cette énergie à la salle. Autrement appelés Il danse avec les genoux, IDALG s’est approprié un style qui s’oriente plus vers le rock garage que le psychédélique. Après deux EP, ils ont lancé un album en 2015, Post Dynastie, qui reflète très bien leur acronyme, surtout en spectacle. Lors de l’écoute de cet album, j’ai été étonné de découvrir des influences orientales que l’on n’a pas retrouvées lors de leur performance au café Frida.

Claudine Bérubé – IDALG – Café Frida – 17 février 2017

J’ai particulièrement apprécié l’harmonie de voix féminine/masculine de Yuki Berthiaume au synthétiseur qui venait s’ajouter à celle du chanteur Jean-Michel Coutu. Présent également à la guitare, il agissait en tant que leader du groupe, mais une chimie régnait sur l’ensemble des membres. Ils ont su transmette cette complicité à travers la qualité musicale qu’ils livraient.

Chocolat

Mené par Jimmy Hunt, c’est le groupe Chocolat qui a conclu la soirée. Ils semblaient être les plus attendus vu la fébrilité de la foule à leur arrivé sur scène. Chocolat se distingue du projet solo de Jimmy Hunt, qui se qualifie plutôt comme pop-rock francophone. En spectacle, nous étions loin de ce genre musical, avec des poussés instrumentales très planantes. Les sonorités de Chocolat sont à mon avis un mélange d’influence de différents groupes de musique rock psychédélique contemporains, tel que King Gizzard & The Lizard Wizard, mais dans un contexte francophone.

Claudine Bérubé – Chocolat – Café Frida – 17 février 2017

C’était beau de voir les groupes précédents se mêler aux spectateurs pour apprécier de manière égale le rappel non-imposé par l’audience, en particulier lorsque le chanteur de Perséide fut porté à bout de bras en bodysurfing.  On a pu savourer les quatre pièces que Chocolat nous a offert généreusement dans ce rappel. L’une d’elles a notamment fait éclater la foule dans un mush pit.

Somme toute, cette soirée a été un très grand succès malgré une qualité de son et un éclairage qui ne permettaient pas de porter une attention particulière au talent des artistes invités. Il serait intéressant que le café Frida exploite davantage leur rôle de diffuseur culturel dans un contexte plus professionnel. C’est principalement en nous offrant des soirées comme celle-ci où la musique émergente sera mise en valeur dans une programmation plus régulière qu’ils pourront certainement venir à bout de ces lacunes.

Voici les photos de la soirée prises par notre photographe, Claudine Bérubé.

Un rendez-vous psychédélique à ne pas manquer – Gladys Lazer, Tendre et Déception

Nos visages de mélomanes affamés avaient fondus au show de Yonatan Gat des Nuits Psychédéliques deux-mille-seize. On les a revus au FME en Abitibi durant l’été et cet automne à l’Anti avec toujours plus d’enthousiasme car le speed-psychédélisme de ces gars-là est un puissant addictif. Un an après, la formation de New York nous donne en cadeau son seul et unique batteur au nom de scène aussi stylisé que ses brûlantes apparitions sur scène. Gladys Lazer, fraîchement débarqué de la grosse pomme, viendra défoncer les planches du Temps Partiel ce prochain samedi quatre mars.

Tu te demandes, spectateur éberlué, mais de quoi peut bien avoir l’air un batteur solo sans aucune guitare, sans voix, sans basse? Je vous confirme que notre homme n’a besoin d’aucune de ces béquilles pour monter un show d’une flamboyante intensité. Voyez plutôt.

Veuillez noter qu’il sera également accompagné d’un projectionniste, qui titillera nos yeux de fioritures super-atomiques. L’expérience sera totale ou ne le sera pas.

Les premières parties seront assurées par le groupe de Montréal, j’ai nommé Tendre, qui décrivent leur musique comme un « empilement de soft-garage-psychédélique qui rend cocktail ». Moi, ça me donne soif. Leur vidéo réalisée par Geneviève Lebleu est un délicieux voyage dans la pâte à modeler. Et pour clore un line-up déjà chargé, le petit nouveau band de Québec, Déception, viendra faire ses preuves sur les planches, c’est un sac à surprises que j’ai hâte de déballer.

[PHOTOS] Sandveiss, Prieur&Landry, Bronco à l’Anti

Je suis donc allée au party de noël de Sexy sloth seulement en tant que photographe. (Je n’ai malheureusement pas d’entrevue vidéo cette fois pour toi).

Bronco, qui vient de sortir un album Modern Mythology, ouvre la soirée. Groupe local, Bronco se déchaine comme à l’habitude au son de sa distortion lourde.
Ensuite, au tour de Prieur&Landry. Les deux gars sont toujours à la hauteur de mes attentes. J’entends plusieurs personnes dans la foule être complètement stoked par leur son et leur prestance.
Suivi par Sandveiss et leur set up assez intense. Ce que tu veux quand tu vas voir un spectacle de rock heavy comme le leur. Quand même fou dans une petite salle comme l’Anti! Ils ont sorti un EP en avril 2016 que vous pouvez écouter sur leur bandcamp