Festival d’été de Québec 2012, jour 2 : Compte-rendu

Très drôle, Festival d’été, très drôle. Quelqu’un dans l’organisation a eu pitié de mes pieds endoloris et décidé que l’Impérial serait disposé en formule cabaret, hier soir. J’ai donc dû m’assoir toute la soirée. Imaginez qui a mal au derrière. 😉

Alors, hier soir, j’ai vu un grand total de quatre prestations et franchement, une chance que j’ai passé les trois dernières assis, parce que les artistes que j’ai vus ce soir étaient tous aussi renversants qu’ils étaient vrais et généreux.

Comme la journée d’aujourd’hui est passablement remplie, allons-y sans plus tarder avec un compte-rendu des prestations vues hier :

Moriarty : Roots américaine avec un accent français

[singlepic id=53 w=320 h=240 float=left]Lorsque je suis arrivé au Cercle, il y avait déjà plus d’une cinquantaine de personnes qui faisaient la file pour entrer. Pas besoin de vous dire que ça n’a pris que quelques minutes pour que l’endroit se remplisse à ras bord. De toute évidence, de nombreux Français qui connaissaient Moriarty avaient investi l’endroit.

Moriarty, c’est un groupe dont les membres sont originaires de la France, de la Suisse et des États-Unis et dont le folk est teinté des divers courants roots américains (country, bluegrass, blues, etc.)… Leur dernier album, The Missing Room, est paru en 2011.

À part les Français qui étaient déjà fans, je crois que nous étions très nombreux dans ce Cercle bondé à se demander ce que Moriarty nous réservait. Ça n’a pas été long : après une chanson chantée et jouée tous autour d’un seul micro (ce qu’ils affectionnent particulièrement), le public était conquis. La musique du groupe est particulièrement entraînante, même quand le rythme est ralenti.

La chanteuse du groupe, Rosemary Standley, a sûrement beaucoup à voir avec cela. Air coquin, complicité incroyable avec ses partenaires, vaste registre de voix, même si elle se tient dans les aigües, disons qu’on comprend pourquoi ses hommes l’aiment tant. 😉

On a beaucoup aimé Jimmy (qui semble un classique du groupe) et Julie Gold’s Candy Cane Tale. On va beaucoup aimer les revoir. Novembre.

+10 pour l’usage de la guimbarde.

Excellent

Sophie Hunger : Jamais Bob Dylan n’a eu une aussi belle voix

[singlepic id=54 w=320 h=240 float=right]Vite, on quitte le Cercle à la course pour essayer d’avoir une bonne place à l’Impérial. Tiens, c’est la formule cabaret, ce soir… capacité réduite de moitié! Oh, chic, une table complètement libre à l’avant, c’est ma chance! Je prends place et en réserve une pour mon ami Jean-François, qui est arrivé 5 minutes avant la fermeture des portes, la salle étant pleine.

L’artiste n’était pas là pour nous présenter son matériel, mais pour visiter le répertoire de Bob Dylan. Ce qu’elle a fait dès son arrivée sur scène. Mais quelle visite de répertoire! La chanteuse campait carrément le personnage de Bob Dylan, s’exprimait dans un anglais des plus américains, et elle chantait et jouait comme son idole. Mon ami, qui ne connaissait pas Dylan, a bien apprécié l’entrée en matière. De mon côté, j’ai trouvé l’interprétation parfois un peu trop juste… mais je me demande encore si c’est un reproche.

Hunger est revenue à la fin du spectacle, habillée de manière plus féminine et s’exprimant cette fois-ci en français. En rappel, elle nous a offert une pièce qui figurera sur son prochain album, qu’elle aura enregistré en partie à Montréal avec des musiciens d’ici (qui? quelqu’un lui a demandé?).

Sophie Hunger sera de retour cet automne.
Excellent

Piers Faccini : Gros, gros coup de coeur.

[singlepic id=55 w=320 h=240 float=left]Prenez un gars qui réside en France, mais qui est de mère anglaise et de père italien. Faites-le chanter en anglais. Faites-lui préférer un folk atmosphérique que ne renierait pas Patrick Watson. Laissez-le ajouter des accents orientaux ou africains à sa musique. Vous obtiendrez Piers Faccini, que je ne connaissais pas du tout avant cette prestation, mais qui vient de gagner au moins un fan hier soir.

Dès le début, son entrée à travers la foule, a capella, a su nous captiver. Nos regards étaient figés sur l’auteur-compositeur-interprète, qui était accompagné d’un excellent batteur. À deux, ils ont réussi à remplir l’espace scénique et à nous envoûter.

Faccini a un registre superbe sur le plan vocal. On sentait parfois des pointes de Thom Yorke et de Patrick Watson dans les « ooooh » et les « aaaaaah ». Ses chansons se sont succédées et chacune nous faisait succomber un peu plus.

Pour le rappel, belle surprise : une reprise toute personnelle de Con Toda Palabra, de Lhasa. Une de ses plus belles chansons qui grandit grâce à la touche italienne de Faccini. L’auteur-compositeur-interprète a aussi dit qu’il serait de retour cet automne, lui aussi. Mais ne soyez pas surpris si vous le voyez mardi, lors de la carte blanche à Patrick Watson. Ce sont des potes.

Excellent

Adam Cohen : (enfin) Confortable dans ses grosses chaussures!

[singlepic id=56 w=320 h=240 float=right]Les attentes étaient immenses pour Adam Cohen et ses deux complices, et elles ont été plus que comblées. L’auteur-compositeur-interprète américain a enfin trouvé sa voie et assume pleinement son bagage génétique : le talent lui sort par les oreilles, il a une voix magnifique et une grande culture. Pourquoi ne pas en profiter?

C’est ce qu’il a fait hier soir avec ses deux complices dans un Impérial conquis d’avance. Les pièces du dernier album, l’excellent Like a Man, étaient entrecoupées de chansons du paternel, dont une So Long, Marianne chantée avec la foule qui a touché droit au coeur.

Ce qu’Adam Cohen a réussi, c’est de demeurer lui-même en assumant le lourd héritage qu’il doit porter. Et de communiquer toute la soirée avec la foule dans un français impeccable.

Cohen sera de retour… cet automne!

Excellent

Réflexions, trucs et conseils

Si vous allez voir un spectacle couru, ARRIVEZ TÔT. Rien ne sert de vous plaindre de la grandeur de la salle quand vous arrivez à 22 heures pour un spectacle qui commençait à 21 h 50. Surtout lorsqu’il y a deux premières parties et que les portes ouvrent à 20 heures.

Je vais aussi répéter mon conseil d’hier : BUVEZ BEAUCOUP D’EAU, surtout quand la foule est compacte. Vous manquez d’eau? QUITTEZ VOTRE PLACE. C’est mieux qu’un tour à l’hôpital. Et en 2012, plus d’excuses possibles : les sacs-gourdes de type CAMELBAK sont accessibles partout et j’en ai vu dans des boutiques de plein-air comme MEC à moins de 40 $. Le mien m’a coûté 50 $ et contient une gourde de trois litres. C’est assez pour toute une soirée sur les Plaines sans remplissage.

Ce soir, on va voir…

Orgone : J’ai manqué le spectacle qu’ils ont donné à Bonnaroo. Gros funk, ça va groover. 15 h 30, scène Hydro-Québec (pl. d’Youville)

Eight and a Half : Prenez deux anciens Stills, ajouter un ancien Broken Social Scene, mélangez. Indé planante à prévoir. Ça va groover, mais en introspection. 😉 19 heures, scène Loto-Québec (parc de la Francophonie)

Ron Sexsmith : Sexsmith ne réinventera pas la roue, son folk-rock non plus. C’est tout ce qu’il y a de plus canadien. Mais vous savez ce qu’ils disent là-bas… if it ain’t broke, don’t fix it. Et Sexsmith est un excellent mélodiste. On va se laisser emporter. Ça va hocher de la tête. 20 h 5, scène Loto-Québec.

City & Colour : Dallas Green attire les foules. Je l’ai manqué à Bonnaroo. Je suis mieux d’arriver tôt… L’ancien leader d’Alexisonfire a déjà plusieurs disques sous la cravate sous le nom City & Colour et son public lui est fidèle. Normal. Avez-vous entendu les chansons? Ça va chanter ses émotions. 21 h 30, scène Loto-Québec.

On va s’essayer…

Yuksek : Grosse électro-pop des années 1980… en 2012! J’ai l’impression que l’Impérial va être plein de jeunes cools et branchés qui voudront danser jusqu’à s’épuiser. On va quand même prendre une chance. Vers 23 h 15, à l’Impérial.

OU

Kid Koala : Dj set du célèbre DJ. À voir au moins une fois dans sa vie. 23 h 30, au Cercle.

On aurait aussi aimé voir :

Lionel Richie sur les Plaines (21 h 30), pour la légende. Et aussi parce que j’ai manqué sa visite surprise à ‘Roo. Soul Rebels et Deltron 3030 à la place d’Youville (18 h 30, 21 h 30). Les premiers pour leurs cuivres efficaces, les seconds parce que leur hip-hop va transformer l’endroit en immense piste de danse. Geneviève Toupin et Émilie Proulx, à 18 heures, au Cercle, parce que j’adore leur folk.

On va laisser faire :

RIEN. Une belle soirée vous attend, quel que soit votre choix! 🙂

Par Jacques Boivin

Propriétaire, rédacteur en chef, rédacteur, correcteur et photographe.

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