Catégories
Albums

Critique : Chvrches – The Bones of What You Believe

CHVRCHES Debut

Avec son EP Recover, Chvrches arrivait en trois morceaux (et un remix) à piquer notre curiosité, ainsi que celle de la BBC, qui a placé le groupe en cinquième position de sa liste Sound of 2013 (artistes les plus prometteurs). On attendait donc avec impatience ce premier vrai album pour savoir si le trio synthpop écossais formé de Lauren Mayberry, Iain Cook et Martin Doherty allait nous électriser.

Dès les premières secondes, l’album joue au ping-pong avec nos oreilles, et on se dit que ça a déjà de l’allure. Puis Miss Mayberry entre en scène, et le groupe nous donne une (gentille) claque musicale : en effet, la myriade de sons et cette voix à la fois enfantine et puissante, loin de se faire concurrence, entrent en symbiose. Sur un pied d’égalité dans certaines pièces, ces deux trames s’écartent avec grande justesse dans d’autres, où la voix vole haut, très haut au dessus des notes. Un seul album, et Chvrches a déjà « un son ».

On a droit à plusieurs morceaux de bravoure, dont «The Mother We Share », qui ouvre l’album en beauté, suivie d’un « We Sink » accrocheur, où les deux gars de la formation ajoutent leur voix à l’harmonie. Puis soudain, le choc, avec « Gun » : les pièces du puzzle s’ajustent parfaitement pour nous donner un petit bijou pop, rythmé et enlevant, qui démontre une maîtrise surprenante chez un groupe vieux d’à peine deux ans.

Les bonnes surprises continuent avec « Tether », pièce mélancolique qui décolle ensuite comme une fusée, « Under the Tide », qui laisse la parole à Martin Doherty, et « Recover », le gros point fort de l’EP. À noter également, « Night Sky » et ses accents rock et « Science/Visions », hypnotique et majestueuse. Quid du reste? Malgré une petite baisse de régime vers la fin de l’album, on ne déplore aucun morceau raté ou expédié.

Vous l’aurez compris, cet album est très, très solide. On sent que Chvrches a voulu faire fort pour son premier opus en livrant un produit léché, ce qui augure bien pour la suite!

Ma note : offset_8

Catégories
Albums

Critique : Misteur Valaire – « Bellevue »

Misteur Valaire - BellevueNos amis champions de la fusion électro-cuivres sont de retour avec un nouvel album qui reprend exactement là où Golden Bombay nous avait laissés il y a quelque temps.

Sur le plan musical, c’est toujours aussi festif et dansant et comme on a pu le constater au spectacle de lancement, c’est toujours aussi explosif sur scène (là où le groupe est à son meilleur). Le groupe est même allé plonger dans ses racines plus instrumentales. Heureusement, les gars n’ont pas oublié de trouver quelques angles nouveaux pour éviter de tomber dans la redite (ce qui aurait été dommage).

Quelques bonnes collaborations, certaines volontaires (Jamie Lidell, Heems et Milk & Bone), d’autres à l’insu des victimes (Stephan Lebeau sur La nature à son meilleur), ajoutent du piquant à l’album.

Mention spéciale à El Kid, qui vous dresse les poils partout sur le corps.

Les fans apprécieront. Ça va danser cet automne.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=G2wDb_Keh-s&w=480]

Ma note : offset_7

Catégories
Albums

Critique : Filter – « The Sun Comes Out Tonight »

Filter-The-Sun-Comes-Out-TonightNostalgique des années 90? De l’alternatif-industriel? Des années phares de Nine Inch Nails, Marilyn Manson et Stabbing Westward, pour ne nommer qu’eux? Eh bien, si vous l’avez manqué à sa sortie en juin dernier, il est grand temps de vous procurer le dernier album de Filter!

Si, de son côté, Trent Reznor a musicalement grandement changé depuis Broken et The Downward Spiral, Richard Patrick offre avec The Sun Comes Out Tonight la suite logique à Short Bus et Title of Record. Après avoir erré pendant quelques albums s’échelonnant sur une décennie (le décevant The Amalgamut, le plutôt moyen Anthems for the Damned et le pas tout à fait The Trouble with Angels), Filter revient en force avec ce nouvel opus. On y retrouve toute la rage et l’énergie d’antan, avec une plus grande maîtrise des thèmes et une plus grande unité au sein de l’album. Le groupe a certainement gagné en maturité, mais il ne semble avoir rien sacrifié de sa formule initiale. Un vrai délice pour les fans et les nostalgiques du genre!

Pour ceux qui trouveront exactement ce qu’ils cherchaient dans cet album, celui-ci s’ouvre ironiquement sur « We Hate It When You Get What You Wanted ». Le ton est instantanément donné : alternatif, électro, industriel, la voix parfois mélodieuse de Patrick, et ses cris parfaitement contrôlés, sans oublier une touche d’obscénité avec un « Motherfucker » bien placé. « What Do You Say » lui succède et rappelle la sonorité générale des premiers albums, sans oublier le classique « Hey Man Nice Shot ». Après ces deux coups puissants, Filter enchaîne en douceur avec « Surprise », l’une des balades de l’album. Une fois de plus, de vieux incontournables comme « Take a Picture » reviennent en tête, mais la nouvelle chanson est toute aussi efficace que les succès souvenirs. Et le rythme de l’album ne semble aucunement brisé : l’enchaînement des balades et des morceaux plus endiablés se fait à merveille.

Quelques autres point forts : « Self Inflicted » et « Take That Knife Out of My Back », qui brillent par leur violence, et « It’s My Time », une balade incroyablement touchante sur la peur de la maladie ou d’un autre mal. Le « Please, not me… » de Patrick résonne telle une prière, avec force et émotion, et bouleverse à chaque fois. Heureusement, « It’s Just You », une chanson lumineuse remplie d’espoir, lui succède et termine l’album.

En somme, ce dernier opus de Filter est un nouvel incontournable de leur discographie. Moi qui préfère Title of Record, je place The Sun Comes Out Tonight en solide deuxième place. Et peut-être même en première place, selon l’humeur, puisque ce nouvel album triomphe là où peu d’albums de ce genre excellaient dans les années 90 : thématiquement, il n’est pas composé que de rage et de déprime, mais offre plutôt, par moment, quelques moments positifs. Et cela fait toute la différence.

Ma note : offset_9

Catégories
Albums

Critique : Thomas Fersen – « Thomas Fersen & The Ginger Accident »

Thomas Fersen - Ginger AccidentAprès huit albums aussi colorés qu’imaginatifs, Thomas Fersen a décidé de se payer la traite pour ses 50 ans. Pourquoi pas un album aux influences très pop-rock sixties? Pourquoi pas s’amuser avec son riche vocabulaire tout en se déhanchant? Pour ce faire, Fersen s’est offert les services du groupe The Ginger Accident.

Le résultat? On l’entend dès la première chanson, Donne-moi un petit baiser, tout droit sortie d’une parodie d’un vieux film français des années 1960 avec son big band et ses paroles un peu fofolles. L’inspiration? Les vieilles tantes qui nous demandent tout le temps de leur donner un petit bec.

C’est comme ça tout le long de cet album amusant, jamais ennuyant, où il faut plus d’une écoute pour saisir toute la richesse de la poésie qui compose l’univers de Fersen. La partie musicale est assurée de belle façon par The Ginger Accident, qui a toujours la note juste et accompagne parfaitement les paroles de notre poète à la voix rauque.

Si vous aimez les petites chansonnettes amusantes et colorées, vous aurez beaucoup de plaisir avec ce nouvel album de Thomas Fersen. D’un autre côté, si vous vivez avec un fan de Fersen et que vous le trouvez généralement trop tranquille et chanson française, la musique des Ginger Accident devrait vous donner une raison de tendre l’oreille et d’apprécier. Des fois, ça rappelle Belle and Sebastian (La boxe à l’anglo-saxonne). Et vous savez combien j’aime ce groupe…

Pari réussi!

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=mIWOryxTK7Y&w=480]
Site Web : http://thomasfersen.fr

Ma note : offset_8

Catégories
Albums

Critique : Jay Jay Johanson – « Cockroach »

Jay Jay Johanson CockroachLe crooner suédois à la mélancolie éternelle est de retour! Et il poursuit sur la lancée qu’il avait entreprise il y a deux ans avec Spellbound (qui avait fait partie de mon top 50 annuel). Si Spellbound marquait un retour aux sources relatif en revenant à un son très épuré, mais en étant essentiellement un album acoustique, Cockroach se rapproche des Tattoo, Whiskey et Poison qui ont marqué la fin du dernier millénaire en contrastant la voix unique de Johanson avec un son trip-hop qui n’était pas sans rappeler le Bristol Sound adopté par Portishead, Tricky et Massive Attack.

Évidemment, Johanson a beaucoup évolué depuis cette période (il a même eu une période dance plutôt difficile à supporter) et sa palette de tons de gris s’est grandement étendue. Il existe bien des chansons comme Mr Fredrikson, qui aurait pu se tailler une place sur les premiers albums, mais il va parfois plus loin, comme sur Orient Express, où on distingue bien chacun des instruments (plutôt que des boucles froides et impersonnelles).

Malgré la présence de quelques excellentes pièces (les deux pièces susmentionnées, Hawkeye, toute en finesse, Dry Bones, une de ces petites fantaisies a capella que se permet parfois Johanson, Laura, tendre pièce guitare-voix constituant un joli point final), on s’ennuie un peu à l’écoute de cet album. Bon, Johanson n’a jamais été du type jovial et sa mélancolie est un peu sa marque de commerce, mais alors que Spellbound avait assez de qualités pour nous garder attentifs du début à la fin, Cockroach semble surtout un excellent album à mettre en musique de fond lors d’un souper paléo (vous voyez bien que je suis cool et branché!).

C’est loin d’être un mauvais album, c’est juste un album qui s’écoute bien en faisant autre chose. Et je sais Johanson capable de beaucoup mieux. Petite déception.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=dDbZz5QA2m0&w=480]

Ma note : offset_6

Catégories
Albums

Critique : Placebo – « Loud Like Love »

PLACEBO_LOUD-LIKE-LOVE

Depuis les débuts du groupe, Placebo a chez moi un effet quasi instantané à chaque sortie d’album : j’accroche aussitôt, je deviens accro aux nouveaux morceaux, et le nouvel opus devient ma nouvelle pierre angulaire du groupe. Bien sûr, la nostalgie me fait revisiter mes classiques et les vieux albums, mais assurément, plutôt que l’effet placebo, je plane sur l’effet « nouveau ».

LOUD LIKE LOVE ne fait pas exception. Après quelques écoutes, ce qui frappe le plus, c’est le souci de finition et de cohésion de l’album. D’une part, on sent que Placebo offre un produit de plus en plus léché, sans toutefois tomber dans la surproduction, et sans nier pour autant leurs origines rock à l’état brut. Cet aspect très soigné se retrouve également dans leurs clips, et LLL en offre plusieurs. Celui du premier single, avec Bret Easton Ellis et un clin d’œil à la Vénus de Milo des Simpson, vaut le détour. D’autre part, tandis que LLL s’avère plutôt bref avec ses dix chansons, il gagne en force par son unité. L’écoute terminée, on en veut plus, et on réécoute.

Fidèle à ses traditions, Placebo renoue sur LLL avec certaines paroles des plus marquantes, frappant par une certaine originalité et une touche quasi publicitaire. Dans la même veine que « A friend in need is a friend indeed, A friend with weed is better », le premier single, « Too Many Friends », accroche avec sa première déclaration choc : « My computer thinks I’m gay ». Si de telles formules peuvent paraître très légères, ce n’est qu’un voile qui cache des sujets plus sombres et plus sérieux. Un peu à la manière du « Quelque chose de rectangulaire » de Jérôme Minière, « Too Many Friends » remet en question l’ère des réseaux sociaux et des amitiés virtuelles. Pour sa part, « Bosco », dernière balade déchirante et mélancolique de l’album, est petit chef d’œuvre sur l’alcoolisme et ses effets sur le couple.

En fait, si l’album se veut « loud like love », c’est que l’album brûle d’un désir de s’exprimer, de partager ce qui nous dévore de l’intérieur. La réussite de l’album, avec une telle thématique, c’est de ne pas sombrer dans le simple défoulement, ou la rage, mais plutôt de toucher, et d’inclure chacun dans un « nous » fort et répété : « We are loud like love! » À son meilleur, Placebo se veut thérapeutique.

En somme, un album à la fois sombre et lumineux, aux rythmes alternatifs plutôt lisses et parfois plus abrasifs (« Rob the Bank » et « Purify » en sont de bons exemples), et aux balades intimes et touchantes. Un bel ajout à la discographie du groupe, qui s’y inscrit sous le signe de la continuité.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=Y5cZvbOisk4&w=480]
Site Web : http://www.placeboworld.co.uk/

Ma note : offset_8

 

Catégories
Albums

Critique : Manic Street Preachers – « Rewind The Film »

Manic Street Preachers - Rewind The FilmDéjà 15 ans depuis This Is My Truth, Tell Me Yours, le meilleur album du groupe gallois Manic Street Preachers depuis la disparition mystérieuse de leur ancien chanteur Richey Edwards. C’était un album post-britpop superbe sur tous les plans. Les Manics (comme on les appelle affectueusement) ont lancé de nombreux autres albums depuis et les succès critiques se succèdent au rythme des albums.

Ce n’est pas parce que le trio est plus ou moins connu au Québec qu’on doit se priver du plaisir de vous en parler, surtout que leur petit nouveau, Rewind The Film, est intéressant du fait qu’il se démarque de ses prédécesseurs qui sont tantôt un brin punk, tantôt très pop britannique sur mesure pour Wembley. On n’entend presque pas de guitares électriques, le groupe fait la part belle aux instruments acoustiques et on y trouve de jolies orchestrations qui peuvent étonner quand on connaît le moindrement le groupe.

Ce qui ne veut pas dire que les Manics se sont mis à jouer de la musique de ma tante. Ce qu’on ressent surtout, c’est que les membres du trio ont vieilli et qu’ils se rendent compte qu’ils n’ont plus 20 ans. Pourtant, le chanteur James Dean Bradfield n’a que 44 ans (on est loin du vieux pet à l’article de la mort). Bon, la mort est omniprésente dans l’oeuvre des Manics (c’était également le cas avant la disparition d’Edwards), alors on n’est pas surpris. Mais c’est la maturité avec laquelle le sujet est abordé qui étonne. Comme si, en reculant le film, on n’y voyait pas que des regrets.

À écouter : Show Me The Wonder, Rewind the Film (encore plus touchante avec le vidéoclip qui l’accompagne), As Holy as the Soil (That Buries Your Skin) qui est un bel hommage à Edwards, 3 Ways To See Despair… mais l’album est fort égal et s’écoute très bien d’un bout à l’autre. Faut juste pas s’attendre à du gros rock. Cet album des Manic Street Preachers, c’est tout le contraire. Et c’est ce qui fait son charme.


Site Web : http://www.manicstreetpreachers.com/

Ma note : offset_8

Catégories
Albums

Critique : EL MOTOR – « Le monstre »

CDP403_4P_CDdigiP_TubeJ’écoutais Sorcière, la première pièce de l’album d’EL MOTOR, intitulé Le monstre, qui est déjà dans les bacs des disquaires depuis quelques semaines. Ça commence avec des riffs accrocheurs, puis tout à coup, j’entends une voix qui ne m’est pas étrangère qui demande « pourquoi as-tu une poupée vaudou de Filo sur ton frigo ». Puis cette mélodie… j’ai déjà entendu quelque chose du genre… encore un de ces groupes archi-référentiels qui pastichent tout ce qu’ils écoutent, me dis-je.

Je commence à lire la bio du groupe. Deux noms me rappellent quelque chose. Pierre-Alexandre Bouchard et Frédéric Boivin. Voyons, j’ai déjà vu ça quelque part…

Parenthèse : pendant une longue période, soit entre 2002 et 2008 environ, j’ai été totalement à l’extérieur du circuit musical. Bien sûr, j’écoutais quelques nouveautés de temps en temps, mais j’étais juste bien heureux avec tout le matériel accumulé pendant ma période radio étudiante. Je n’ai donc pas entendu ce premier EP d’EL MOTOR (dont on dit pourtant le plus grand bien). Et comme je suis un peu loin de la scène montréalaise (question de distance), je n’ai pas vu le groupe en spectacle. Fin de la parenthèse.

… quand j’ai lu qu’ils avaient fait partie de la formation Trémolo, qui a beaucoup tourné à CHYZ lorsque j’y sévissais.

OK, on est donc en terrain connu et ce que je croyais être des références, ben c’était Bouchard, Boivin et leurs comparses être eux-mêmes.

Je disais donc que j’écoutais Sorcière, qui ouvre Le monstre, le nouvel album d’EL MOTOR. Riffs accrocheurs, mélodie entraînante, beaucoup de répétitions dans les paroles, touche subtile de claviers. Si c’est votre genre de musique (c’est le mien), vous allez apprécier la première partie de l’album. Ça joue dans ces eaux-là pas mal tout le long du côté A

Autre parenthèse : C’est drôle, cette nouvelle mode de faire des albums qui semblent destinés au vinyle, avec deux parties distinctes bien coupées au milieu. Nevsky avait fait la même chose! Fin de la parenthèse.

À l’époque de Trémolo, j’avais un faible pour les textes de Bouchard, même s’ils étaient un peu naïfs. J’aurais peut-être dû écouter le premier EP d’EL MOTOR avant de préparer ma critique, question d’avoir quelques repères de plus dans l’évolution de l’écriture du chanteur. Il n’en demeure pas moins que la poésie qui me plaisait tant à l’époque est toujours présente, même qu’elle sert mieux la musique que jamais (je sais, je sais, ça devrait être l’inverse, mais bon, on est déjà à mille lieues des paroles ultra naïves d’un Julien Mineau).

Il est donc un peu ironique que la meilleure chanson de l’album soit la psychédélique et enivrante Avec le monstre, un bijou instrumental de six minutes qui raconte, sans paroles, une histoire fantastique à quiconque ferme les yeux et se laisse emporter. Voyage garanti, substances illicites pas nécessaires.

Avec le monstre marque un point tournant vers une pop plus psychédélique qui se poursuivra pendant la deuxième moitié de l’album. Saint-Boniface semble avoir été écrite en Angleterre en 1968, Le funiculaire est riche en pianos et en harmonies et Perte totale possède une belle énergie et des guitares qui rockent et Nos territoires ferme la marche tout en douceur, même si on a une montée soudaine d’intensité au milieu de la pièce.

Non, Le monstre ne réinvente rien, et franchement, c’est bien tant mieux. Je ne crois pas que c’était la prétention d’EL MOTOR, qui cherche plutôt à nous convaincre de sa capacité à livrer des pièces simples, mais efficaces. Riches, mais accessibles. Des chansons qui bougent, mais qui rendront pas votre voisin agressif. Quand on sait qu’ils ont jeté aux poubelles une première version de cet album, c’est peut-être une bonne chose, finalement.

Surtout, Le monstre, c’est un album qui sent le live. Tant mieux, parce que l’ampli au max avec quelques autres fans, ça va rocker pour vrai. Vivement la tournée.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=zZfDOUF39Ws&w=480]
Site Web du groupe : http://elmotor.ca

Ma note : offset_8

Catégories
Albums

Critique : Five Finger Death Punch – « The Wrong Side of Heaven and The Righteous Side of Hell, Volume 1 »

five finger death punch - the wrong side of heavenOn dirait que c’est trop demander… on peut-tu avoir un bon CD de métal puissant, agressif, pesant, primal et survolté, avec un chanteur qui a du coffre, une voix rauque de mâle qui couvre plusieurs gammes sans forcer, mais qui n’est pas toujours en train de crier? Oui. Five Finger Death Punch livre la marchandise.

Autant vous le dire tout de suite, si ce n’est pas votre style de musique, cet album mérite un 0/10. FFDP est pas mal trop métal pour vous. Ce qui va vous choquer, c’est que vous allez être obligés d’appeler ça de la musique (non, ce n’est pas juste du bruit). Pire encore : le chanteur, il chante! Ses paroles sortent du fin fond d’une âme écorchée à vif, mais on les comprend, et elles sont offensantes comme du sel sur la plaie. Sensibles s’abstenir. En fait, je recommanderais sincèrement de…

S’abstenir.

Tout court.

Sauf…

Si tu tripes métal. Ben là, je ne sais pas qu’est-ce que tu attends. Tu veux de la batterie de possédé, des riffs de guitare sale rythmés à la mitraillette, du gros fuzz et de la basse qui te pètent les tympans? Tu vas l’avoir à toutes les sauces. La recette est simple, mais FFDP démontre qu’elle n’est pas limitée. Il y a beaucoup de contraste entre les pièces : une veut vous blinder contre les émotions (Dot Your Eyes), l’autre veut vous arracher le cœur (M.I.N.E). D’un coup, on crée une atmosphère puissante (Wrong Side of Heaven), de l’autre l’arrache à coup de death metal (Burn MF). Une chanson mélodique en suit une rythmée. Il y a même un cover de LL Cool J (Mama Said Knock You Out).

Le tout, réglé au quart de tour. Ça vous rentre dedans, à la vitesse du son, directement dans le cerveau reptilien. C’est la dose de métal pesant dont vous aviez besoin. AAHHHH!

À écouter trop fort jusqu’aux acouphènes.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=X-2yuGgp_U8&w=480]

Ma note : offset_8

Catégories
Albums

Critique : Janelle Monáe – « The Electric Lady »

Janelle Monae - Electric LadyDire que Janelle Monae est une artiste talentueuse relève du cliché grossier. Cette jeune femme, qui fait tout pour qu’on se concentre sur son oeuvre, est tout simplement unique, ne serait-ce que par l’étendue de ses influences et de la grande versatilité de son R&B, qu’on classe dans la soul psychédélique (drôle d’étiquette…).

Son album précédent, The ArchAndroid, avait connu un grand succès critique et commercial. Il était donc normal que sa suite, The Electric Lady, soit plutôt attendu.

Les attentes sont plus que satisfaites et les rares sceptiques sont confondus. Pendant plus d’une heure, Monae nous fait danser, tripper, sourire, tout en poursuivant là où The ArchAndroid nous avait laissés. Voyez-vous, madame Monae ne pouvait pas se contenter de remodeler la pop, il fallait qu’elle fasse ça dans une série d’albums-concept où The Electric Lady constitue les quatrième et cinquième mouvements. Elle fait une fois de plus appel à des collaborateurs de talent (Prince, Solange, Erykah Badu, Miguel) qui viennent apporter leur touche personnelle.

C’est bon? Oh, oui! Dès les premières mesures de l’ouverture du mouvement (Suite IV Electric Overture), on est transportés dans un genre d’hybride R&B où le western-spaghetti semble croisé avec de la soul. Elle se paie ensuite le luxe d’une chanson sensuelle remplie de guitares et de… Prince dans Givin’ Em What They Love. Oui, message. Le premier simple, Q.U.E.E.N., avec Erykah Badu, est un bijou d’une grande beauté, et on ne parlera pas de la richesse de l’interprétation!

La pièce-titre, Electric Lady, interprétée en collaboration avec Solange, qui partage d’ailleurs un grand nombre de qualités avec Monae (dont une grande authenticité), est une autre bombe hybride qui sera un immense succès sur les pistes de danse.

Parlant d’immense succès sur les pistes de danse, des pièces beaucoup plus lentes comme Primetime (avec Miguel), sensuelles à souhait, mettent le gros plain cochon au goût du jour.

J’aurais envie de vous parler de toutes les chansons comme je l’ai fait pour d’autres albums, mais il y en a 19, elles sont pas mal toutes excellentes et franchement, je préfère les danser plutôt que les décrire.

Ce qui importe vraiment, c’est l’interprétation sans faille de Monae et de ses incroyables choristes. Et les guitares électriques. Man, le solo sur We Were Rock n’ Roll! Avec les choristes qui chantent limite gospel…

Bon, vous comprenez, c’est comme ça jusqu’à la fin. On veut arrêter d’en parler, mais il ressort toujours un petit détail ultra cool. Le ukelele sur Dance Apocalyptic. L’ambiance James Bond sur Look Into My Eyes. Et ainsi de suite. Pendant plus d’une heure.

Dans un univers pop où tout semble faux et fabriqué, et où les défauts sont corrigés, un long album riche comme The Electric Lady est une petite révolution en soi. Un album que vous allez encore écouter à pareille date l’an prochain.

Ma note : offset_9