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[ALBUM] Sunny Duval – « New Wave de plage »

Si vous n’aviez pas déjà compris que New Wave de plage était un joli extra-terrestre en regardant la pochette de l’album, la première chanson (pièce-titre) ne laisse place à aucun doute : Sunny s’amuse!

New Wave de plage est une collection de douze chansons inspirées par les séjours de Duval en Louisiane et dans les Antilles. Ces pièces ont souvent peu en commun entre elles, à part le fait qu’elles ont soit un petit côté new wave, soit un petit côté tropical. Certaines ont même les deux! Si à la première écoute, on peut être un brin surpris, les écoutes subséquentes révèlent plusieurs petits morceaux pleins de soleil.

Des pièces comme New Wave de plage ou Dominos (funky à souhait) peuvent rappeler la folie de Pied de poule. Parlant de Pied de poule, vous ne trouvez pas que Sunny a un timbre de voix qui peut rappeler celui de Marc Drouin? Bon, OK, j’ai compris, on quitte les années 1980 et on retourne en 2016! Aux côtés des chansons plus ludiques comme Bananana ou Noix de coco sur la tête, on retrouve des slows sirupeux comme La fièvre martiniquaise ou des pièces un peu gospel comme la fort jolie In the Sea.

On avait déjà entendu les efficaces Masque de rhum et Midi-Minuit, mais rien ne laissait présager cette Sand Bar, qui semble sortie tout droit d’une comédie musicale déjantée.

Duval n’a pas fait New Wave de plage tout seul : Marie-Anne Arsenault, Mara Tremblay, Jonathan Gagné, Jérôme Dupuis-Cloutier et le rappeur Yabock ont aussi mis la main à la pâte. Et tout le monde a eu du plaisir, bien entendu!

On peut comprendre pourquoi certains peuvent ne pas aimer, reculer en écoutant les premières notes de l’album, qui ressemble davantage à un exercice ludique de création qu’à un produit culturel. New Wave de plage est un ovni, je l’ai dit au début. Mais c’est un ovni qui s’apprivoise et qui, avec quelques écoutes derrière la cravate, risque fort de devenir un hit sur le bord de la… plage cet été.

Sunny Duval sera au Festif! de Baie-Saint-Paul les 22 et 23 juillet prochains.

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[ENTREVUE] Mara Tremblay

Mara Tremblay - Photo : Gabrielle Desmarchais
Mara Tremblay – Photo : Gabrielle Desmarchais

Les anglophones ont une expression pour les gens comme Mara Tremblay : What you see is what you get. On l’a constaté à de nombreuses reprises tout au long de sa carrière. Le chihuahua était cru, mais il était vrai, authentique. On souffrait avec elle sur Les aurores. On la sentait contemplative sur Grande est la vie. Sur Tu m’intimides, elle s’est littéralement dévoilée. La voilà, maintenant, à 46 ans (bonne fête en retard, Mara!), qui vit À la manière des anges. Ce n’était pas un personnage, c’était elle tout le long, et c’est ce qui rend son dernier album si joli : enfin, on la sent bien, en pleine possession de ses moyens.

Mara se livre facilement, comme en témoignent les nombreuses entrevues de fond qu’elles a données ces dernières années, dont celle-ci, réalisée il y a très peu de temps, avec René Homier-Roy. Elle parle ouvertement de sa bipolarité, qui n’a été diagnostiquée qu’il y a quelques années et avec laquelle elle compose beaucoup mieux depuis qu’elle est capable de donner un nom à ses troubles. Ça a fait du bien, ça paraît.

C’est une Mara Tremblay à la voix radieuse qui répond au téléphone en ce vendredi un peu gris. Une éclaircie dans ma journée de coureur des festivals. C’est justement de ça que je voulais parler avec elle : son expérience unique comme participante à la dernière représentation de Légendes d’un peuple le 11 juillet dernier au Festival d’été. Et sa participation, vendredi, au Festif.

Lorsque je lui dis que je faisais partie des (pas si) rares qui avait choisi d’aller voir Légendes d’un peuple plutôt que les Foo Fighters, Mara me répond en riant que j’ai assisté à quelque chose de rare! « On était vraiment heureux, c’était une belle soirée pour tout le monde! Il y avait de l’euphorie avant, pendant et après. Bravo, c’était très touchant! » Pour les 3-4 qui ne s’en souviennent pas, il y a eu un déluge ce soir-là, un orage violent qui a causé l’annulation d’un des spectacles les plus attendus à Québec (celui des Foo). Quand je demande à Mara ce qui a poussé Alexandre Belliard et ses amis à donner le spectacle malgré la pluie, elle répond tout simplement que c’était pour les courageux qui sont restés là, qui criaient chaque fois que quelqu’un montait sur scène. « C’est l’équipe du Festival qui prend les décisions, jamais les artistes, ils ont observé les conditions et ils ont vu que ça allait se calmer. » Oui, l’orage s’est calmé, mais la pluie, elle, n’a jamais cessé de tomber. « Quand je chantais, j’avais de gros éclairs dans la face! Quand je chantais, je voyais un gros orage rose, j’avais la pluie dans la face. Je me sentais comme une guerrière » Un compromis a été trouvé et on a offert une version réduite et acoustique du spectacle. Malgré tout, les artistes ont été contents de leur soirée, une expérience unique selon Mara. Avouons que même si vous aviez déjà vu le spectacle, celui-là, différent, avait une couleur particulière. Une finale en beauté pour un spectacle tout aussi beau.

À la manière des anges, son dernier album.
À la manière des anges (Audiogram), son dernier album.

Cela dit, la raison de notre appel, c’était le spectacle du Festif! Je l’avoue, ça fait une dizaine d’années que je n’ai pas vu Mara sur scène. Ces dernières années, j’ai laissé à ma conjointe, fan finie et assumée, la chance d’aller voir ses spectacles. Yep, Mara est un peu comme une amie de la famille, ses chansons sont au coeur de notre trame sonore. C’est donc avec un plaisir renouvelé que je la retrouverai samedi. Je lui demande à quoi je dois m’attendre du spectacle qu’elle va donner vendredi : « On a vraiment du plaisir. C’est le groupe avec qui j’ai le plus de plaisir. Je suis avec mon chum, mon fils, c’est ma cousine qui est à la direction de tournée. C’est vraiment hyper familial et je me sens super bien. Y’a quelque chose dans la compréhension de la musique de ces gens-là qui fait que je me sens bien avec eux. Et puis, c’est un grand privilège que de pouvoir faire de la musique avec mon fils pis mon chum! »

Multi-instrumentiste reconnue, Mara nous apprend qu’elle a ajouté la guitare électrique à son arsenal. « À chaque fois, y’a comme un nouvel instrument qui entre dans ma vie, pis là, ben c’est la guitare électrique. J’ai bien du plaisir. » Paraît justement que le spectacle est beaucoup plus rock que ce qu’on a entendu précédemment. « Pas comme dans le temps du Chihuahua, quand même! Mais comme je revisite beaucoup de vieilles chansons, il y en a du premier album, quoiqu’elles sont plus développées… j’ai au moins quinze ans de plus! Je m’ennuyais beaucoup du rock. J’ai fait trois ans de tournées solo, à raconter ma vie. C’est un côté de moi qui existe, puis je m’ennuyais de faire ça! C’est pas juste rock, mais dans un contexte de festival, on coupe quelques chansons plus douces… c’est dehors! » La seule chose qui inquiète Mara, c’est le nombre de personnes qui risquent d’être là en fin d’après-midi. Je la rassure, nous sommes nombreux à avoir hâte de la voir et elle joue sans opposition. Elle ajoute un mot sur Le Festif : « J’y suis allée avec les Colocs, avec Sunny, c’est incroyablement débile! J’ai vraiment hâte d’y aller! »

Mon amoureux est une maison d'automne (Les 400 coups)
Mon amoureux est une maison d’automne (Les 400 coups)

Avant de terminer, comme on lit parfois des livres en écoutant notre musique, une question nous turlupine : est-ce que Mara va poursuivre sa carrière d’écrivaine? « Ben oui, je suis en train d’écrire! Un deuxième roman, pas mal dans le même style que le premier (Mon amoureux est une maison d’automne, 400 coups). J’ai aussi écrit beaucoup de poèmes, je pourrais publier un recueil de poèmes en parallèle. J’ai plein de projets, je suis en écriture en ce moment! J’aime beaucoup écrire, je suis toujours là-dedans! »

Si vous manquez le spectacle de vendredi, après avoir ralenti (un tout petit peu, vraiment) pendant quelques semaines (on t’a vue aller, Mara l’hyperactive!), la tournée qui accompagne À la manière des anges reprend de plus belle. « J’en ai pour encore au moins un an, c’est génial! » Plein de dates ont déjà été annoncées (maratremblay.com), d’autres suivront sans doute. Si vous n’avez jamais vu Mara en spectacle, sautez sur l’occasion. Vous aurez la chance de voir une des artistes les plus authentiques et généreuses de notre génération, qui a défriché tout un pan de notre scène musicale à coups de recettes de sauce à spaghetti et d’appels bouleversants.

Si #jaihateaufestif, c’est un peu beaucoup à cause de Mara. À vendredi!

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Festival d'été de Québec

Festival d’été de Québec 2014 – Compte-rendu du 8 juillet

Pis? Tout va bien jusqu’à présent? Désolé pour le retard, une vilaine toux m’a empêché de dormir toute la nuit et j’ai fait de la radio à l’heure des poules pour faire mon bilan de mi-festival.

Vous pouvez écouter ce bilan ici.

Allons, ne perdons pas de temps.

SerynSeryn, midi, scène Hydro-Québec

Gros coup de coeur pour ce groupe folk texan qu’on nous avait comparé aux Lumineers et à Mumford & Sons. Peut-être que sur leur album (et les simples parus depuis), c’est une comparaison qui se tient. Pourtant, en écoutant les chansons jouées pendant leur prestation hier midi, j’avais plus l’impression de me trouver dans l’entourage de Zach Williams et de son Lone Bellow, ne serait-ce que pour l’intensité avec laquelle ils interprètent leurs chansons. Et vous savez, le meilleur truc pour me faire fondre de bonheur, c’est de me faire écouter de belles harmonies vocales. Sur ce plan, Seryn nous gâte.

La petite foule présente pour écouter le groupe a grossi considérablement pendant la prestation du groupe et certains ont dû retourner au bureau en retard après un lunch qui les a fait rêver… Groupe parfait pour attirer l’attention des touristes vers le festival. Et j’espère de tout coeur que nous aurons la chance de les revoir à Québec bientôt.

En passant, quelle reprise de We Belong, de Pat Benatar.

 

Patrice MichaudConférence de presse, Prix de la chanson SOCAN 2014

Après cette prestation éclairante de Seryn, je suis monté à la boîte Bell pour la remise du Prix de la chanson SOCAN 2014 à Patrice Michaud pour sa pièce Mécaniques générales. Le public, qui était invité à voter, a préféré la chanson du Gaspésien à Andromède (Louis-Philippe Gingras), La fièvre des fleurs (Klô Pelgag), Nos corps (Jimmy Hunt) et Soleil blanc (Philémon Cimon).

Félicitons Patrice Michaud pour cette belle reconnaissance.

 

MarièmeMarième, 18 h, Scène Hydro-Québec

Il y a deux ans, alors que la pluie menaçait et que Marième était enceinte, le soleil est apparu juste au moment où elle s’est mise à interpréter Le soleil emmène au soleil. En partant de chez moi vers 17 h 15, alors que la pluie venait de tomber et que le ciel était encore gris, je me demandais si la jeune Limouloise serait en mesure de répéter l’exploit : fastoche. Après seulement quelques notes, v’là Galarneau qui se pointe et qui demeure avec nous pour la durée de la prestation.

MarièmeMarième était venue nous présenter son Petit tonnerre, un album pop aux accents reggae, rempli d’amour, de bonheur et de bonne humeur, qui a été fort apprécié par un public qui est arrivé lentement, mais sûrement à Place d’Youville. De la belle musique faite pour danser, avoir chaud et suer tout en ayant du plaisir, interprétée par une artiste de talent accompagné de ses complices de longue date.

Belle entrée en matière.

 

Alex NevskyAlex Nevsky, 19 h 30, Scène Hydro-Québec

C’est que monsieur Nevsky était attendu! Dix minutes avant l’entrée en scène de l’auteur-compositeur-interprète derrière Himalaya mon amour, on bouclait les entrées et j’ai dû me contenter de la tente des médias à l’arrière plutôt que de me mêler à la foule! Ce n’est pas grave, parce qu’il fallait la voir, cette foule, pour comprendre tout le charisme de Nevsky, qui a mis le public dans sa petite poche à coups de blagues bien placées et d’appels déjantés à la participation (« Frenchez-vous, touchez-vous les fesses » sur Shalalala (l’amour n’est pas qu’un slogan) – ou le duel entre le guitariste et le bassiste sur l’air d’Eye of the Tiger…).

Alex NevskyEn plus de ses belles chansons tirées de ses deux excellents albums (De l’une à l’aube et Himalaya mon amour), Nevsky a interprété une pièce d’Emily Loizeau et Help Myself de Gaëtan Roussel, sans compter quelques lignes d’I Think of You, d’un certain… Gregory Charles.

Après une prestation bien garnie, Nevsky joue On leur a fait croire, remercie le public et s’en va. Il revient sous un tonnerre d’applaudissements : « C’est vraiment con, on a oublié deux tounes. » Le public les attendait, celles-là. Surtout Les coloriés. Nouveau tonnerre d’applaudissements. Ça ressemblait à un triomphe.

 

Damien RobitailleDamien Robitaille, 21 h 30, Scène Hydro-Québec

Après les fans de Nevsky, ce sont les fans de l’auteur-compositeur-interprète originaire de Lafontaine, en Ontario, qui ont rempli la Place d’Youville. Car oui, les entrées ont été bouclées de nouveau et le petit blogueur que je suis a de nouveau été confiné à la zone des médias, dans le fond, à l’arrière (vous pouvez arrêter de dire qu’ils sont privilégiés, c’est pas vrai).

Dès les premières notes de Serpents et échelles, le public survolté a tapé des mains, dansé et chanté comme si la fin du monde arrivait demain. C’est que notre crooner sympathique est encore plus efficace sur scène que sur disque. Ses chansons aux mots simples et aux rythmes chaleureux ont résonné chez les jeunes et les moins jeunes (il y avait au moins quatre générations de festivaliers à Place d’Youville pour Robitaille, c’est pas rien!).

Damien RobitailleRobitaille n’était pas seul. Non! Pour son Mambo métissé, il s’est payé des invités : la chanteuse Marie-Christine, avec qui il a réalisé son fantasme en interprétant Les chinois, de Mitsou, le rappeur/chanteur Boogat, qui n’a pas manqué de nous rappeler que malgré ses accents latins, il était originaire de Beauport, et Sunny Duval, qui nous a mené d’Amour d’amour à la Nouvelle-Orléans.

Les classiques d’Homme autonome (Le mot de passe, Homme autonome) ont permis à la chorale d’Youville de s’époumonner, mais ce n’était rien en comparaison du rappel, quand Robitaille a lancé Plein d’amour, qui est presque devenu un hymne du Festival d’été il y a quelques années.

À la fin du spectacle, au retour, les petites dames derrière moi, qui le voyaient pour la quatrième fois, m’ont dit que c’était sa meilleure prestation. Je vous crois, mesdames, je vous crois. C’était encore une fois une belle célébration de notre langue.

 

D’ailleurs, va falloir qu’on s’en parle, de notre langue. Et de Louis-Jean. Et du Three Days Gate. Un moment donné.

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Critique : Sunny Duval – « Amour d’amour »

Sunny Duval - Amour d'amour

Vous avez certainement déjà vu ou entendu Sunny Duval. Il est omniprésent. Il a fait partie des Breastfeeders, remplacé brièvement Jean-François Pauzé des Cowboys Fringants, fait la fête avec de nombreux artistes montréalais, écrit des livres et des chroniques et il a même osé enregistrer deux albums solo.

Amour d’amour est le troisième album de François « Sunny » Duval, un album enregistré en partie en Louisiane (et ça paraît) et où le rock n’ roll côtoie le country et la musique cajun. Disons-le tout de suite, Duval n’est pas un chanteur à voix. Elle est juste, elle est correcte, mais ce n’est pas l’instrument de Placido Domingo, mettons. Cependant, notre cowboy rockeur, séduisant comme dix, sait s’adjoindre de jolies voix : Victoria Lord (qui a fait partie de Jolie Jumper) et une certaine Mara Tremblay (qui a vraiment l’air de s’amuser comme jamais… et d’avoir à nouveau vingt ans… ah, l’amour!).

À votre avis, de quoi peut bien parler un album qui s’appelle Amour d’amour? Dix points pour tous ceux qui ont répondu l’amour! Duval chante l’amour, plus particulièrement le bonheur d’être en amour. Les déchirures, la douleur, la peine, à quelqu’un d’autre. Lui, il est fou d’elle, il aime ça quand on l’appelle son amour, il trouve donc que ça sent bon les fleurs d’oranger et il chante son country quand il est loin d’elle. Il donne à Ta face un air cajun irrésistible.

Pas de doute, le gars est heureux en amour.

La musique est à l’avenant : rock and roll uptempo, cuivres, guitares, mélodies entraînantes, beaucoup d’accents du Sud (country, cajun), exactement le genre de musique parfaite pour se remonter le moral.

Non, ce n’est pas parfait, mais c’est sincère et sympathique. On n’est pas obligés de pleurer à chaque album, hein?

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=JGe9MXAkzcw&w=480]

Ma note : offset_7