[FESTIVAL] LE ROYAL de l’Île d’Orléans, 17 juin 2017

Photos : Marion Desjardins

La coïncidence des anniversaires du FME (15 ans) et de Cassis Monna (25 ans) & Filles (15 ans) a été l’occasion, le 17 juin dernier, de réunir de nombreux artistes de la scène indépendante québécoise dans la toute première édition d’un festival conjointement organisé.

Les Hay Babies, Jesse Mac Cormack, Louis-Jean Cormier, Julien Sagot, Aliocha, Patrick Watson, [The Seasons] se sont succédé en alternance sur scènes extérieure et intérieure. Portant le nom de ROYAL, ce festival à la programmation solide a su marier l’énergie de la musique émergente aux décors bucoliques de l’île d’Orléans.

Le résultat : un événement complet, qui offrait autant rafraîchissements et «bistronomie» qu’expérience musicale variée. Le tout dans une ambiance conviviale : la ferme de Cassis Monna & Filles avait été judicieusement décorée pour l’occasion et ses espaces extérieurs offraient des replis invitants.

Mais on n’a pas trop eu le temps de profiter des installations, puisque les généreux sets des nombreux artistes se sont enfilés les uns après les autres. Compte-rendu d’une soirée dont on ne voulait pas perdre une goutte.

 

17h30 – Les Hay Babies

Accompagnées de trois musiciens supplémentaires, les triplettes néo-brunswickoises ont commencé la soirée en force. Prenant tour à tour les devants, parfois toutes en harmonie, Vivianne Roy, Julie Aubé et Katrine Noël chantaient tantôt en français, tantôt en anglais sur une musique fortement inspirée par l’histoire du rock américain. Le tout était d’ailleurs exécuté à merveille et avec une profusion d’instruments différents (banjo, ukulélé, lap steel, ribambelle de guitares, etc.).

Explorant une variété de styles allant du rock psychédélique au country en passant par le blues, les Hay Babies nous ont fait balancer avec lui dans une autre époque, celle de Woodstock. Il fallait voir leurs habits aux couleurs des années 70 et leurs danses des années 60 pour comprendre cette expérience immersive et en goûter la joie contagieuse.

 

Le groupe a su plaire au public qui, timide mais attentif, s’était regroupé autour de la scène extérieure devant le beau paysage de l’île. L’expérience parfaite de fin d’après-midi, avec les rayons de soleil qui chassaient progressivement les nuages. Ça s’est terminé avec une reprise de la chanson Bennie and the Jets d’Elton John, ce qui nous a bien réchauffés pour la suite.

 

19h00 – Jesse Mac Cormack

Tout de suite après, on s’est dirigé vers le deuxième étage de la grange centenaire des Monna pour Jesse Mac Cormack. Tout en bois et assez exigu, l’intérieur du bâtiment offrait une atmosphère feutrée et chaleureuse.

Seul à la guitare – ce qui n’est pas arrivé souvent cette année – l’auteur-compositeur-interprète a déballé ses pièces avec assurance et sans prétention. Que ce soit celles qu’on connaissait déjà où encore de toutes nouvelles créations, chaque titre révélait le travail minutieux du musicien. Et le travail a porté ses fruits : les spectateurs, dont la moitié s’étaient assis, écoutaient en silence, comme subjugués par la musique.

Tout en dégageant une vibe très naturelle, Mac Cormack semblait avoir pensé à chaque rythme, à chaque fluctuation des dynamiques. Sa musique s’en est fait ressentir : minimaliste en version solo, elle allait droit à l’essentiel. Et malgré cette efficacité impressionnante, les sonorités de sa guitare étaient exploitées avec une richesse expressive dans un tout à la fois introspectif et indie-folk sur lequel se posait ses mélodies blues/soul.

 

20h00 – Louis-Jean Cormier

Pas de répit pour nos oreilles enchantées, car à peine Mac Cormack a-t-il terminé de jouer que Louis-Jean Cormier entamait une J’hais les happy end uptempo sur la scène extérieure. Accompagné de Robbie Kuster à la batterie et de Mathieu Désy à la contrebasse, Cormier a redonné un visage nouveau à ses chansons déjà connues, qu’il pigeait autant dans Le treizième étage que dans Les grandes artères. On a pu notamment apprécier une version blues rock de Faire semblant qui n’était pas piquée des vers.

Le temps de deux pièces, on nous a aussi fait le plaisir de ressusciter Karkwa. Bien que Julien Sagot ait manqué à l’appel, Stéphane Bergeron a pour sa part repris les baguettes pour jouer Pyromane et Moi-léger. La brise légère et le ciel bleu clair brodé d’or n’ont fait qu’ajouter à l’émotion du moment, qui a passé comme un courant d’air, comme dans la chanson.

Le set s’est merveilleusement terminé avec une reprise acoustique de Le tour de l’île par Félix Leclerc, délicate à en donner des frissons. On se rappellera aussi les mots de Louis-Jean Cormier pour nous dire adieu : «Je vous souhaite de rester curieux, et de continuer à écouter de la musique francophone de temps en temps.»

 

21h30 – Julien Sagot

En passant de la musique de Louis-Jean Cormier à celle de Karkwa, on avait déjà commencé à basculer lentement vers l’univers déjanté de Julien Sagot. Une fois de retour à la grange, on a pu plonger plus avant, et ce dès les premières notes largement psychédéliques des quatre musiciens.

On retrouvait Kuster aux tambours ainsi que Mishka Stein à la basse, section rythmique solide qui accompagne habituellement Patrick Watson. Un claviériste – dont on se rappellera les soli virtuoses – et Julien Sagot lui-même complétaient le tableau. Il n’en fallait pas plus pour que le résultat soit explosif. Et pourtant, on a eu la surprise de voir Frannie Holder (Dear Criminals) monter sur scène pour chanter notamment Blue Jane, pièce titre du tout dernier album de Sagot.

 

La voix de Julien Sagot est sans contredit aussi originale que le reste de sa musique : lourde, elle s’élève pour mieux retomber dans les graves. Elle murmure des phrases répétées qui prennent parfois des allures aliénantes sur la musique inusitée et juste assez dissonante des instrumentistes. On a particulièrement apprécié Ombres portées, un autre titre de l’album paru en mars dernier et qui s’est emporté dans une finale abracadabrante.

 

22h30 – Aliocha

Encore au tout début de sa carrière musicale, Aliocha s’est présenté sur scène avec une belle assurance qu’il savait mêler au charme honnête de ses interventions. Il nous a présenté plusieurs de ses pièces, fraîchement tirées d’Eleven songs.

Accompagné par trois autres musiciens, ses chansons où la guitare prédomine restent principalement dans le registre de la musique pop rock aux accents folk. Évoquant la musique qu’on entendrait le soir autour d’un feu, elles se prêtaient bien à l’occasion et au décor charmant de l’île d’Orléans. Seul hic, on aurait aimé voir ses compositions se démarquer davantage dans ce genre déjà beaucoup exploité.

 

En terminant, l’artiste a joué le simple The Start, qui figure lui aussi sur l’album sorti en juin dernier. On a retrouvé quelques connaisseurs dans le public, qui pouvaient déjà entonner les paroles avec le chanteur.

 

23h30 – Patrick Watson

J’ai été étonnée qu’on y parvienne, mais on s’est tous retrouvés dans la grange pour le clou du spectacle : Patrick Watson et ses musiciens en formule intime. Juste avant, les filles de Cassis Monna et Sandy Boutin du FME nous ont brièvement adressé la parole, la bouche pleine de reconnaissance et les yeux remplis d’enthousiasme.

Le quatuor est ensuite monté sur scène : Patrick Watson s’est dirigé vers le piano droit, Kuster et Stein ont pris d’assaut la section rythmique et le [insérez ici un compliment] Joe Grass (je suis fan) a empoigné l’une de ses fidèles guitares. Avec une introduction tout en douceur, ils ont glissé subrepticement vers Love Songs for Robots, pièce titre de leur dernier album. On a ensuite monté en intensité avec Hearts. Le reste a déboulé avec un calibrage savant entre des montées enivrantes, dégoulinantes d’intensité et de force, et de doux retours au calme, aux mélodies oniriques et éphémères.

On ne peut souligner suffisamment la créativité – écoutez, j’ai vu Kuster jouer sans baguettes – et l’intensité de ces quatre musiciens, qui ont même improvisé une chanson sur place pour le plaisir de nos oreilles. La scène semblait être leur terrain de jeu et leur camaraderie était contagieuse.

Tout cela a donné fruit à des moments magiques, comme la version acoustique de Man Like You pendant laquelle Joe Grass et Patrick Watson se partageaient le micro tandis que Kuster maniait l’égoïne. On a aussi chanté tous en chœur sur Adventures in Your Own Backyard, au cours de laquelle la soirée a atteint son paroxysme musical. En terminant, Patrick Watson a été généreux dans ses rappels pour un public qui était plus que conquis.

 

1h00 – The Seasons [show caché]

En sortant de la grange comme d’un rêve, plusieurs ont pu être agréablement surpris de constater que la soirée n’était pas encore tout à fait terminée. On pourrait étirer encore la magie avec The Seasons, chargés de clore le festival avec leur performance surprise.

Fiers et uniques représentants de la ville de Québec samedi soir, les quatre jeunes musiciens ont montré en formule condensée toute l’énergie dont ils étaient capables. Commençant en force avec The Way it Goes, tirée de leur album Pulp, ils ont enchaîné avec Junk, une nouvelle pièce qui montre bien leurs couleurs.

Avec leur attitude assumée et le reflet de leurs influences 70s, la performance de The Seasons offrait un spectacle dynamique et festif. Se démenant à la guitare, se déhanchant sur Animal Song et nous crachant même de l’eau au visage, Hubert Chiasson nous a clairement démontré qu’Alexandre Martel n’a pas le monopole de la bête de scène dans la Vieille Capitale. De quoi faire danser les plus braves et sourire les plus timides.

 

Une première édition réussie

Il n’y a rien à redire sur l’ensemble de ce festival, qui s’est terminé en beauté et sans anicroche. Les spectateurs, jeunes, très jeunes et moins jeunes, y ont tous trouvé leur compte. C’était même rafraîchissant de voir un public renouvelé, différent de celui auquel on est habitué à Québec ou encore au FME.

On a aimé les paysages à couper le souffle, les sets généreux, le duo scènes intérieure-extérieure ainsi que l’ambiance chaleureuse qui donnait l’impression d’une réunion d’amis et de famille au chalet. On a été envoûtés par la magie de la première édition, et on espère sincèrement que ça ne sera pas la dernière.

 

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[SPECTACLE] Ouverture du SPOT (Perdrix, Bengale, Anatole), 16 juin 2017

Si l’on peut retenir une chose de l’ouverture du SPOT le 16 juin dernier à l’îlot des Palais, c’est bien que l’adversité de la météo n’aura pas eu raison des artistes, des organisateurs, et encore moins des spectateurs. Compte-rendu d’une soirée où l’on avait le beau temps dans la tête et le cœur à la fête.

 

Collectif Stompin’ Trees

Je suis arrivée juste à temps pour profiter de l’ambiance du SPOT 2017 sous les dernières lueurs du jour. L’endroit présente cette année encore des ambiances variées et accueillantes où il fera bon se poser tout au long de l’été.

Pendant ce temps, le Collectif Stompin’ Trees s’occupait de mettre l’ambiance devant les nombreuses personnes bravant la bruine. Ils faisaient taper du pied avec leur musique à la fois manouche et blues : clarinette, planche à laver, contrebasse et guitare se mêlaient dans une joyeuse farandole musicale. La voix du chanteur, qui pouvait prendre des accents à la Tom Waits, donnait aussi de la force à l’ensemble.

 

Perdrix

Les six musiciens de Perdrix ont succédé au collectif dans une belle progression. Du blues, on a glissé d’abord vers un rock ensoleillé et teinté de 70s. Après avoir bien mis la table dans ce style, qui nous faisait presque oublier le temps dehors, le groupe a exploité différentes sonorités parentes du rock pour nous faire basculer finalement vers des pièces plus progressives. Le soul rencontrait le jazz, le punk et même le métal.

Ce qui fait l’originalité du groupe, si l’on fait abstraction de leur personnalité sur scène, c’est bien l’amalgame de cette musique avec des paroles originales (et en français, s’il vous plait !). Dans leurs pièces, les chanteuses de Perdrix nous ont parlé avec humour d’un quotidien moderne qui rencontre parfois l’extravagant. Et elles n’avaient pas la langue dans leur poche, comme on a pu l’entendre sur Bye Bye Hymen ou encore D.T.F.

Il aurait fallu que les gars des Hôtesses d’Hilaire soient là pour voir ça, parce que j’anticipe un match Tinder parfait entre eux et Perdrix. Alors si vous aimez le groupe de Moncton, allez jeter un œil à celui de Montréal.

 

Bengale

Arrivés directement de France, Bengale a installé une ambiance tropicale avec sa musique franchement électro. Simon Marcoux, qui les accompagnait à la basse, s’est assuré de rendre justice à leur groove d’outremer.

Bengale / Crédit: Alice Chiche

Visiblement heureux de revenir dans la Vieille Capitale, le duo a sommé les spectateurs de se rapprocher. Tout invitait à la danse, et la danse est arrivée. Pendant qu’on faisait la fête, la pluie commençait à se faire sentir de plus en plus, menaçante quand elle faisait des poches d’eau sur les toiles de la scène. Au final, elle n’aura pas eu raison du soutien technique ou des danseurs.

Le set de Bengale a été très apprécié dans son ensemble, si l’on exclut une ou deux petites anicroches dont les «princesses de la ville» se souviendront. Autrement, leur soirée s’est finie en beauté avec Je danse le mia, sur laquelle les premières rangées (dont moi-même, je dois l’avouer) ont lâché leur fou.

 

Anatole

Bien réchauffés par les beats de Bengale, on pensait être prêts pour Anatole. Mais personne n’est jamais prêt pour la diva de la Nouvelle L.A.. Devant les spectateurs remplis d’anticipation, ses acolytes l’ont invoqué à coup de synthétiseurs. Nouveaux éléments dans le portrait : une mélodie cheesy à souhait ondulait dans l’air tandis que le chanteur est apparu dans un habit jaune canari. Ça sentait les nouvelles tounes.

Anatole / Crédit: Alice Chiche

Après cette entrée en matière intéressante, Anatole est pourtant revenu à la charge avec l’imposante L.A./Tu es des nôtres. On y retrouvait la force de la pop inspirée des années 1980 qui fait le charme de son album du même nom. Durant toute la soirée, on oscillera ainsi entre classiques et nouveautés, au plus grand plaisir des spectateurs qui semblaient bien connaître l’artiste. Les pièces plus récentes, reprises ou compositions, complétaient bien l’univers anatolien en explorant d’autres régions sombres de la pop 80s.

 

Côté spectacle, la performance du groupe semblait aussi vivre une certaine évolution. Si l’on pouvait être choqué ou impressionné avant par l’aplomb et l’aura sensuelle du groupe, elle prend maintenant des proportions nouvelles. Plus rien n’est trop trash pour ces hommes qui s’entrelacent, il n’y a plus aucune barrière entre la foule et leur idole extravagante (qui s’était d’ailleurs prévue des extensions de fil suffisantes pour parader et chanter un peu partout dans le SPOT).

Ce n’est pas compliqué, même le ciel mouillait devant ce spectacle chaud et ensorcelant ! Et les musiciens ont bravé toutes les complications techniques pour assurer une base solide à la fête. Un pari réussi, qui nous a fait outrepasser les règles de bienséances et les couvre-feux.

 

Le festival OFF de Québec dévoile la programmation de sa 14e édition

À l’occasion du dévoilement de leur programmation, les organisateurs du OFF de Québec ont choisi cette année de troquer les vinyles du Knock-Out contre les fûts bien remplis de la Barberie. C’était leur façon de souligner un nouveau partenariat qui prendra notamment la forme d’une bière co-brassée par le festival et la microbrasserie de Saint-Roch.

En sirotant une bière, donc, médias, artistes et autres invités ont pu découvrir hier midi avec nous les autres surprises que nous réserveront le OFF, festival qui se tiendra du 5 au 8 juillet prochain dans la ville de Québec.

 

Un éventail d’artistes locaux et émergents

En marge du Festival d’Été de Québec, cet événement regroupe chaque année une multitude d’artistes émergents – dont au moins 50% qui résident dans la Vieille Capitale – et de projets qui se démarquent par leur originalité. Cette année ne fait pas exception.

Brève apparition de Beat SEXÜ pour mettre l’ambiance lors du dévoilement. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Parmi les artistes locaux, on peut souligner autant la présence de groupes relativement récents comme VICTIME ou encore les déstabilisants Martyrs de Marde, que celle d’acteurs plus établis tels que Beat SEXÜ, officiellement le «porte-étendard à paillettes de la scène locale», et Julien Déry (Mauves), qui présente un projet solo sous le nom de Notre père.

 

Ouverture sur le monde et rencontres improbables

Dans l’ensemble, la programmation de cette année se démarque par deux grandes caractéristiques, nous explique Sophie Bernier. La première serait «L’ouverture sur le monde, mais tout en restant local», mentionne la directrice à la programmation.

Sophie Bernier, directrice à la programmation, festival OFF de Québec. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

«Il y a beaucoup d’artistes de la programmation cette année qui sont influencés par la musique africaine», explique-t-elle. C’est apparemment le cas de DJ Diaspora, qu’on pourra entendre le premier soir au complexe Méduse, ainsi que de Poirier, qui lui assurera le spectacle de clôture au même endroit.

Ensemble Afrovibes, dévoilement du festival OFF de Québec. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Nous l’a d’ailleurs confirmé l’Ensemble Afrovibes, qui était présent sur place lors du dévoilement pour mettre un peu de soleil, de ukulele et de congas dans notre journée de pluie. «On a d’autres groupes locaux aussi qui amènent aussi des instruments provenant d’ailleurs, ajoute Sophie Bernier. Sans être tendance world, il y a de ça.»

D’autre part, la diversité – qui ne manque jamais d’impressionner au OFF – prendrait cette année une dimension nouvelle: «On y va toujours dans la mixité des genres, mais encore plus», commence la directrice à la programmation. En effet, offrant plus que des styles musicaux variés, la quatorzième édition du OFF crée des rencontres improbables:

Rencontre du classique contemporain et du rock avec le quatuor américain par Dvořák (prononcer Vorjak pour avoir l’air de savoir de quoi tu parles) à la sauce de Yonatan Gat; rencontre du jazz expérimental tourmenté de FET.NAT et du rock psychédélique de Wizaard avec le public «soft» du Parvis de l’Église Saint-Jean Baptiste; rencontre de la musique avec d’autres formes d’art autant dans l’impro multi que dans certains spectacles multimédias comme le Gala de lutte avec Gouroux. Il y en aura donc pour tous les goûts (même pour les goûts roux).

 

Change de sauce!

Comment les organisateurs du OFF sont-ils parvenus à de tels mariages ? «On va carrément prendre des choses qui ne vont pas ensemble pour les mettre ensemble, explique Sophie Bernier. On va à l’extérieur de la musique, en fait : la lutte, les arts visuels, etc., ce ne sont pas des choses qui vont nécessairement avec la musique et on les met ensemble. »

De quoi assurer un cocktail éclaté et explosif, certain de nous sortir de notre zone de confort. Le slogan de cette année, change de sauce !, fait justement référence à ce désir d’amener les spectateurs à dépasser leurs habitudes musicales pour découvrir de nouvelles choses (comme quand ton ami te fait réaliser que dans le fond c’est bon le fromage et le nutella ensemble).

Guillaume Sirois, directeur général, festival OFF de Québec. Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Un festival enraciné dans la communauté locale

En somme, après 14 années de découvertes musicales, le festival OFF parvient encore à surprendre et à offrir une programmation qui dépasse les attentes. Le tout dans une formule qui reste plus qu’accessible : pour 10$, on peut obtenir une passe donnant accès aux 40 spectacles de l’événement qui s’étendent dans cinq lieux différents.

Trois de ces cinq endroits – le parvis de l’Église Saint-Jean-Baptiste, le Fou-Bar et le Sacrilège – sont d’ailleurs en accès libre. Les spectacles du complexe Méduse sont disponibles «à la pièce» au prix de 5$ par soir. Les brunchs musicaux, qui auront lieu à la Barberie, coûtent eux aussi 5$ chacun. L’idée, comme nous l’a expliqué Sophie Bernier, c’est de favoriser la rencontre de la musique émergente et d’un public – souvent plus jeune – qui n’a pas toujours les moyens de se payer ce genre de spectacles.

Crédit: Festival OFF / Marion Desjardins

Plus qu’un simple festival, le OFF souhaite donc vraisemblablement s’impliquer dans la communauté locale. C’est aussi ce qui aurait poussé le directeur général Guillaume Sirois à s’associer à la microbrasserie locale la Barberie pour fournir la bière lors de cet événement :«Le OFF c’est un festival qui est vraiment enraciné dans son milieu. On est un festival qui essaye d’être un élément positif dans notre communauté, donc ça allait un peu de soi qu’on finisse par travailler toujours de plus en plus avec des fournisseurs les plus locaux possible», explique-t-il.

 

Ce qu’il faut savoir

On ne vous a nommé que quelques noms. Afin de connaître la programmation complète et les autres surprises qu’elle réserve, vous pouvez consulter la page web du festival OFF de Québec. Il est aussi possible de commencer à découvrir le OFF 2017 en musique grâce à une compilation qu’ils ont concoctée en collaboration avec l’équipe de CHYZ.

Si vous êtes déjà convaincus, vous pouvez acheter vos passes pour le Festival OFF soit en ligne, soit dans l’un des points de vente suivants (qui offrent chacun une petite surprise de leur cru en prime) : le Knock-Out, Érico chocolaterie, le Bonnet d’Âne et le Deux22.

 

 

 

[Nuits FEQ] Safia Nolin (+Ego Death, + De la Reine), Impérial de Québec, 26 mai 2017

La dernière fois que nos vies s’étaient croisées, il y a de cela presque deux ans, Safia Nolin et moi étions au Cercle dans un cadre assez intimiste. J’assistais à son premier spectacle en tant que tête d’affiche, ce qu’elle nous avait rapporté avec un enthousiasme fébrile. Vendredi dernier, alors que l’Impérial affichait complet, elle s’est montrée avec autant de simplicité qu’alors, déroulant ses chansons humblement et avec la douce passion qu’on lui connaît. Compte-rendu d’une soirée intime malgré les grands espaces et la foule.

Ego Death / De la Reine – Une entrée en matière solide

Avant que l’auteure-compositrice-interprète mette les pieds sur scène, elle a laissé deux groupes de la Vieille Capitale assurer sa première partie.

Ego Death – Photo : Jacques Boivin

Ego Death s’est présenté à 20h tapantes. Joey Proteau et ses cinq musiciens – six si on inclut le gorille de peluche qui trônait à gauche de la scène – ont commencé la soirée en force. Dans un 30 minutes qui parut bien court, le groupe a exploré autant de nouvelles compositions que de pièces tirées de Grief, maxi autoproduit délivré en janvier 2016. Grâce à l’aplomb des musiciens et à la qualité du son dans la salle, les différents titres prenaient des allures de rock psychédélique, ce qui complétait bien leur noyau plus folk. Sans compter les harmonies vocales qui donnaient l’effet d’un véritable chant de sirènes (les vraies : celles, monstrueuses, qui attirent les âmes perdues dans leur gouffre par leurs mélodies cristallines).

Le public s’est montré très participatif au cours de cette première partie, allumant et agitant leurs téléphones «comme des lucioles» tout au long de la «chanson d’amour pas quétaine», tel que rapporté par son auteur. Et les spectateurs ont applaudi avec enthousiasme après la dernière chanson, un titre inédit et rempli de soupirs : Sweet Spirit / Love Spirit.

De la Reine – Photo : Jacques Boivin

De la Reine a enchaîné avec un set retravaillé pour l’occasion. Tandis qu’Ego Death naviguait entre lourdeur et légèreté, le quatuor royal a su exploiter pour sa part la fibre onirique et planante de ses pièces autrement plus trip-hop, rock ou accrocheuses. Ai-je déjà mentionné que les chansons de la Reine sont en français ? Cela leur donne aussi un charme particulier.

Mis en valeur par la qualité sonore, mais aussi par les savants jeux de lumière de Kevin Savard, les musiciens ont livré une performance assumée. On a eu droit à des envolées lyriques autant du côté de la guitare que du chant, tandis que la section rythmique donnait de la chair à l’ensemble avec leurs lignes recherchées.

En plus des pièces de leur album homonyme, ils ont joué une nouvelle reprise ainsi qu’une composition qui promet pour la suite. De quoi faire danser certains spectateurs malgré le manque d’espace. Le tout s’est fini avec une version minimaliste de Le Poids qui jouait sur les silences.

Safia Nolin – L’heure de gloire

C’est acclamée – littéralement – que Safia Nolin a ensuite fait son entrée sur scène. Seule à la guitare pour la première pièce, elle a bientôt accueilli à ses côtés trois autres musiciens : Joseph Marchand, support moral et guitariste, Jean-Philippe Levac, batteur, ainsi que Philippe Brault, bassiste. Cette «formule spéciale» à quatre a donné beaucoup d’intensité aux pièces tirées de Limoilou, qui sont habituellement plus épurées.

Safia Nolin – Photo : Jacques Boivin

Le traditionnel duo Safia – Joseph (guitares et voix) a cependant refait surface par intermittence lors du spectacle, tantôt quand les autres musiciens s’éclipsaient de la scène, tantôt à travers leurs discussions. À plusieurs moments pendant la soirée, on a d’ailleurs pu savourer leurs échanges candides et authentiques avec la foule. Entre Suzuki musique, les wapitis, et même les Babybels, on a abordé maints sujets éclectiques. C’est toujours touchant, à travers cela, d’entendre Safia Nolin s’adresser à son public comme on parle à des amis potentiels. Cela a grandement contribué à créer une atmosphère chaleureuse. Sans parler du majestueux silence qui régnait au parterre d’un Impérial sold-out (et on aurait dont aimé qu’il se prolonge jusqu’aux excellentes premières parties !).

Le duo s’y prêtant bien, c’est dans cette formule que l’artiste a présenté la plupart des reprises tirées de son album Reprises Vol. 1. Face à face, partageant le même micro, les deux musiciens nous ont chanté de douces versions de Loadé comme un gun ou encore de D’amour ou d’amitié. Quel n’a pas été notre étonnement lorsque, pour Calvaire, un invité surprise a mêlé sa voix à celle de Safia : un Boom Desjardins visiblement ému et qui a su faire chanter toute la foule en chœur. Il faut remercier le FEQ, organisateur du spectacle, pour cet avant-goût de l’été.

La soirée s’est ensuite poursuivie avec d’autres compositions originales entrecoupées de discussions. Une nouvelle chanson a été présentée, bleue de mélancolie comme les précédentes. Le groupe a terminé avec la pièce homonyme de l’album Limoilou ainsi qu’avec Ce matin. Entre les deux, on a eu droit à une (longue, mais drôle) chanson des remerciements.

Photos : Jacques Boivin

[SPECTACLE] Pure Carrière, Brave Radar, The Submissives, Le Pantoum, 12 mai 2017 

Les côtés sombres de la pop nous ont été révélés vendredi dernier tandis que trois groupes plus déjantés les uns que les autres se sont succédé sur les planches du Pantoum.

The Submissives. Photo : Nicolas Padovani

22h15. Le sol de la scène est jonché de draps, les micros décorés de tulle. Une lumière rouge inonde la scène. Telles six mariées cadavériques, les musiciennes toutes de blanc vêtues font leur entrée : The Submissives. Elles s’exécutent à la manière de pantins, sans parler, sans sourire, en se regardant à peine. Mise en scène qui accompagnait bien leur musique : une pop à saveur très sixties, mais où il semble toujours y avoir un hic. Le groupe cultive le malaise à coup d’accords et de notes presque justes, de rythmes décalés. Comparable à une boîte à musique déglinguée, la performance cringe des Submissives avait quelque chose de fascinant qui a su captiver l’auditoire.

 

Brave Radar. Photo : Nicolas Padovani

On est restés dans une atmosphère similaire avec Brave Radar, qui savait toujours placer quelque chose de décalé dans sa musique uptempo et accrocheuse. Même en tapant du pied et en hochant de la tête, les spectateurs étaient ainsi tenus en haleine par cette imprévisible musique. Dans l’esthétique, la musique du groupe montréalais pouvait se rapprocher de celle de Genesis ou encore de Caravan. Si on comparait The Submissives à une vieille boîte à musique, on pourrait dire de Brave Radar qu’ils avaient le charme étrange du vinyle usé qu’on fait jouer un peu trop lentement.

 

Pure Carrière. Photo : Nicolas Padovani

Du pop déconstruit et déjanté, il n’y avait qu’un pas vers le chaos expérimental. Pure Carrière, un pied dans chacune de ces catégories, nous a fait basculer. «Ben oui, ben non, ben oui», le public a suivi le groupe de Québec dans son délire musical, chantant avec eux les paroles et sautant sur place. Fuckés, festifs, planants, jouant avec une énergie contagieuse, les trois musiciens ont présenté du contenu varié et aux allures changeantes. On s’est tous assis spontanément pour la «toune introspective», juste avant d’être surpris par un Kyrie nouveau genre, puis animés par l’ivresse de solos déjantés. Pour les deux dernières pièces, un invité surprise s’est même montré la binette. Il faut taire son nom, mais on peut révéler qu’il joue dans VICTIME et qu’il écrit mes chroniques.

Chronique no.?: Mélodies gentilles et pommes fermentées

Par Simon c’est-pas-difficile-être-journaliste-culturel Provencher

Pure Carrière. Photo : Nicolas Padovani

Bon bon, il me reste 10 minutes pour écrire une chronique avant que Mary se fâche. Elle vient de revenir après une longue absence.. je me force pas vraiment pour raviver la flamme de nos aventures culturelles. Perpétuelle déception que d’être en relation avec moi. La vérité vraie c’est que, suite à une gentille dégustation de cidre et de vin blanc, les mémoire sont un peu houleuses. Le fan #1 de Brave Radar en moi s’excite comme un petit enfant, comme un véritable poupon sur le party. C’était quand même une soirée qui se prêtait bien au cidre, admettons-le ensemble. Mélodies gentilles et pommes fermentées.

J’ai chanté avec Pure Carrière aussi. Deux chansons à ce qu’on raconte. Comme quoi le party rock est pas mort à Québec. À quand LMFAO? La question est lancée. District 7 est sur le cas. Le Pantoum se propose pour les inviter à dormir. Je serai first row avec probablement pas de chandail.

[!!!] Des grosses nouvelles pour…ecoutedonc.ca!

Lectrices, lecteurs, passionnés de musique comme nous le sommes, nous avons de grandes nouvelles pour vous.

Après cinq ans passés à promouvoir la scène locale et émergente de Québec, après plus de 1 500 articles sur la musique d’ici et d’ailleurs, nous sommes fin prêts à élargir nos horizons. C’est pourquoi, à l’occasion de notre anniversaire, l’équipe vous propose deux projets d’envergure. Le tout est organisé en collaboration avec plusieurs autres acteurs de la scène locale (merci au Pantoum, tout particulièrement, qui s’implique activement dans le processus).

Pour en apprendre plus sur ce qu’on vous réserve, on vous invite à vous joindre à nous le jeudi 20 avril prochain au disquaire Le Knock-Out (832 St-Joseph Est, Québec) à 11h. Sur place, nul autre que Jacques Boivin (notre big boss/chef bienveillant) sera là pour vous expliquer plus en détails notre projet. Il y aura même une surprise musicale pour régaler vos oreilles! Vous pouvez confirmer votre présence sur l’évènement Facebook.

Un grand merci à tous ceux qui nous suivent, de près ou de loin, depuis longtemps ou depuis tout récemment. Restez à l’affût pour la suite des choses!

#fetedoncca avec nous!

 

Illustration: Le singe peintre (Jordanne Maynard)

 

 

[SPECTACLE] Mauves + Dear Criminals + Medora, Le Cercle, 10 mars 2017

Si la programmation mélangeait des styles qui cohabitent rarement, les groupes ont néanmoins su captiver le public chacun à leur façon, nous faisant passer par toute la gamme des émotions en ce 10 mars dernier, au Cercle. Compte rendu d’une soirée où introspection et extraversion se sont côtoyés le temps d’un spectacle.

Medora

Medora – Photo : Nicolas Padovani

Un peu plus d’un an après avoir lancé Les Arômes dans la même salle, Medora revenait en force hier soir en nous présentant une panoplie de nouvelles créations prometteuses. Si le groupe avait pris une certaine tangente avec leur dernier maxi, on ne pouvait que constater hier soir à quel point ils l’avaient approfondie depuis. Maniant toujours lourdeur et légèreté avec leur rock planant, les musiciens ont su explorer davantage les sonorités psychédéliques et pousser plus loin la progressivité de leurs pièces. On découvrait parfois au détour quelques relents de blues, comme dans Mira. Le chanteur impressionne toujours par sa voix qui prend des allures fantomatiques lorsqu’elle est propulsée dans les aiguës. Pour le plaisir des admirateurs, le groupe a aussi joué Nature et a terminé avec Permanence.

 

Dear Criminals 

Dear Criminals – Photo : Nicolas Padovani

Bien que Dear Criminals se distingue fortement des deux autres groupes sur le plan du style, leur musique n’en fût pas moins appréciée par le public, auquel ils surent imposer le silence. Dès les premières notes de Song for Elisabeth, le groupe semblait nous inviter à plonger dans leur monde. Composé de trois musiciens, Dear Criminals est comme une créature à trois cerveaux et deux têtes qui chantent, celles de Frannie Holder et de Charles Lavoie. Cet incomparable duo de voix qui s’entrelacent, qui semblent tantôt se faire l’amour et tantôt s’engueuler en musique au son de l’électro qui sort du bout des doigts de Vincent Legault et des deux autres, c’est tout ce que ça prend pour nous submerger entièrement. Le dosage parfait de noirceur et de lumière, d’espoir et de solitude.

 

Tout comme Medora, Dear Criminals a profité de son passage à Québec pour présenter quelques nouvelles pièces dont Nelly, tirée de leur dernier maxi, et Playground, qui n’avait encore jamais été jouée en live. Le public écoutait bouche bée (parfois les yeux fermés) et applaudissait chaleureusement entre chaque pièce. Et ils n’étaient pas les seuls à être contents d’être là : le groupe montréalais a signifié à plusieurs reprises son admiration pour la crowd de Québec, se disant qu’ils devraient jouer plus souvent ici (oui, revenez nous voir !).

Leur performance s’est terminée au milieu du parterre, une guitare acoustique entre les mains et leurs voix douces invoquant le silence une fois de plus. On pouvait entendre les gars du prochain groupe préparer leur gear sur scène et le boum boum du sous-sol. Les spectateurs massés en cercle autour des artistes s’échangeaient des sourires. Puis quand ça a pris fin, on a laissé la magie s’étioler lentement et on s’est préparés pour Mauves.

Mauves

Mauves – Photo : Nicolas Padovani

Mauves, c’était toute une autre vibe. Non moins impressionnants que le groupe précédent, les quatre musiciens ont déclenché une avalanche de rock dans le Cercle dès leur arrivée sur scène. C’étaient alors Alexandre Martel et Julien Déry qui se passaient la balle au chant et à la guitare, les deux se complétant assez bien dans le planant et le savoureux. Le résultat global était percutant et envoûtant à sa façon : on ne pouvait s’empêcher de bouger et d’attraper l’enthousiasme des cinq bêtes de scènes qui se déhanchaient devant nous (le batteur, le bassiste, les deux autres et le Cocobra perché au-dessus de tous).

 

Le groupe a principalement pigé dans Le faux du soir et dans Coco, son dernier album, pour construire leur set. Ça donnait un résultat très diversifié, étant donné que chacun de leurs opus a une nuance particulière de Mauves. Le rock psychédélique et planant du premier était contrebalancé par le rock plus bluesy et catchy du second, que je découvrais pour la première fois en live. Les pièces comme Longtemps ou encore XXIe avaient d’ailleurs cette particularité de commencer en toute simplicité, puis de construire autour de leur noyau plus pop un gros build-up d’intensité pour finir dans une apothéose musicale.

Le public – qui tantôt écoutait Dear Criminals en se tenant presque immobile – s’est progressivement dégourdi, dégêné et la soirée s’est finie avec un gros mosh pit enthousiaste sur Cléo, tandis qu’un des guitaristes se mêlait à la foule en délire.

[SPECTACLE] Alexandre Martel + Abrdeen + Whitney K, Sous-sol du Cercle, 1er mars 2017

Malgré ses murs bétonnés et son obscurité, le Sous-sol du Cercle est souvent le théâtre de moments magiques. C’était le cas mercredi dernier, tandis que les trois formations de la soirée se succédaient sous les projecteurs du pas-de-scène devant un public initié et chaleureux. Compte-rendu d’une soirée savoureuse et intime.

 Alexandre Martel

Alexandre Martel – Photo : Nicolas Padovani

Alexandre Martel (Mauves, Anatole) a commencé la soirée en douceur, et ce «dans [son] plus simple appareil» : pas de maquillage ni de cheveux dans la face pour venir s’interposer entre lui et nous. Il n’avait avec lui que sa guitare, sur laquelle il affirme avoir écrit toutes les chansons de sa vie. L’artiste nous a d’ailleurs invités à redécouvrir des pièces tirées de ses autres projets musicaux. Ainsi dénudées, elles mettaient à l’avant la poésie des textes de Martel ainsi que la complexité de leur mélodie. La voix du chanteur prenait des accents jazz et son instrument passait du folk au blues en passant (eh oui) par le country. Rien de mieux pour nous mettre dans le mood de la soirée et pour nous faire rêver à un matin de printemps fleurant le café.

 Abrdeen

Abrdeen – Photo : Nicolas Padovani

Heureux mélange que la soirée de mercredi dernier. Après cette performance solo, les cinq musiciens d’Abrdeen venaient nous présenter leur rock garage langoureux. D’une simplicité efficace, les mélodies des guitares se superposaient en dentelle sur un rythme downtempo et soutenaient la voix suave et traînante de Meggie Carrier. Dès les premières pièces, leur musique s’est irrésistiblement propagée, roulant dans la salle par épaisses volutes. La cadence s’est quelque peu accélérée vers la moitié du set, laissant place à des notes plus groovy, dark ou intenses, indiquant qu’on avait largement dépassé le stade des préliminaires. La finale est ensuite tombée tout en douceur, nous laissant le temps de revenir sur terre. Entre deux chansons, on nous a annoncé que le simple Secret Handshake serait lancé au Knock-Out le 31 mars prochain et que les pièces entendues mercredi soir se retrouveraient bientôt sur un maxi présenté le 13 avril au Cercle (mais en haut cette fois).

Whitney K

Whitney K – Photo : Nicolas Padovani

Alors que le public connaissait visiblement les deux groupes précédents, Whitney K restait une surprise pour la plupart. On a pu être agréablement surpris par le trio montréalais et leur musique à la fois typique et inclassable. La voix nonchalante du chanteur doublée de celles de ses acolytes ainsi que les lignes d’instruments élaborées et le côté hillbilly (blues/country) de l’ensemble laissaient parfois place à des dérapages contrôlés qui chargeaient l’atmosphère de dissonances et de distorsions intéressantes. Cette performance plus intense a su plonger le public dans l’espace, en nous ramenant encore une fois à nous même en douceur pour la finale grâce à un rappel solo du chanteur. Le groupe tout comme le public se sont montrés satisfaits, les premiers surpris par notre belle attitude et les seconds applaudissant chaleureusement.

Dans l’ensemble, la soirée s’est déroulée sous le signe de la proximité. Les interactions public-artistes donnaient l’impression de se retrouver entre amis, ce qui est à l’image de la grande famille qu’est la scène locale de Québec.

 

[ENTREVUE] Sortir des sentiers battus avec Lydia Képinski

Il y a de ces artistes qui aiment sortir un peu des sentiers battus, qui font des Vernishow au lieu de faire des lancements, qui décident de faire de la musique au lieu d’être ingénieurs comme leurs parents. Il y a de ces artistes qui ne s’excusent pas d’exister, et qui font preuve d’une authenticité complice et contagieuse sur scène. En fait, je parle surtout de Lydia Képinski, avec qui j’ai eu l’honneur de partager quelques questions. Pour des artistes comme ça, on essaie d’être un peu originaux ! Alors j’ai enfilé mes plus beaux joggings et je me suis lancée dans une expérience originale. Entrevue livresque avec une auteure-compositrice-interprète qui mélange autant les influences littéraires que musicales.

Après sa prestation aux Apéros FEQ, Lydia Képinski vient me rejoindre au lieu dit : la banquette du District Saint-Joseph. Devant nous, une quantité de livres soigneusement choisis. Dans chaque livre se cache une question. Le rôle de l’artiste : choisir les ouvrages qui lui plaisent et répondre à ce qu’ils lui demandent. Mise au fait des procédures, Lydia plonge sans hésitation vers L’homme rapaillé de Gaston Miron. Sans en parcourir les pages, elle s’empresse d’en réciter le premier poème, Liminaire. « Il y a un bout dans Andromaque», nous explique-t-elle (je vous laisse trouver lequel).

Après lecture et contemplation, nous sommes prêtes pour la première question.

L’homme rapaillé, Gaston Miron
Selon toi, est-ce que la musique (et l’art) du Québec a des traits distinctifs ?

«Oui, bien, je pense que ce qui est surtout distinctif au Québec, c’est qu’on a une réalité francophone dans un contexte anglo-saxon», commence-t-elle. La langue aurait ainsi un rôle important dans notre identité culturelle et artistique, et vice-versa, selon l’artiste : «C’est pour ça qu’on ne parle pas anglais aujourd’hui, c’est parce qu’on avait une tradition. C’est aussi beaucoup à cause de la religion, nous dit-elle. On peste beaucoup contre la religion, c’est correct qu’on s’en soit défait, mais c’est quand même grâce à ça qu’on a pu conserver notre langue.»

Faisant référence elle-même à notre culture en citant Gaston Miron, on était à même de se demander comment cette identité s’inscrivait dans sa musique. «C’est une bonne question. Je pense que ça s’inscrit sans que je m’en rende compte vraiment, répond-elle. C’est juste comme ça.» Le comment est peut-être incertain, mais pour Lydia Képinski le pourquoi est clair : «Je trouve ça important, t’sais. Pour moi, Gaston Miron, c’est vraiment l’homme qui nous représente, parce que son père était illettré. J’ai encore l’impression que le Québec, c’est ça : une personne sur deux qui est analphabète fonctionnel.»

La façon de passer outre cette réalité, selon elle, réside dans la tradition orale : «La tradition orale, c’est ce qui a composé le tissu social du Québec», explique-t-elle. En utilisant le français dans ses textes et en faisant de la musique, «un langage universel» selon elle, Lydia Képinski adopte de facto une démarche fortement influencée par notre identité. Ce qui ne l’empêche pas de chanter, dans Apprendre à mentir : «Je pourrais te dire qu’un jour on aura un pays / A vrai dire je pense qu’on n’en mérite même pas». Après une telle discussion, on était prêtes pour le prochain livre : De colère et d’espoir de Françoise David.

Lydia Képinski / Crédit photo: Marion Desjardins

De colère et d’espoir, Françoise David
As-tu un message pour le Québec ? Que veux-tu exprimer par ta musique ?

«C’est peut-être mon héritage européen, mais…», commence-t-elle. À ce sujet, elle poursuit : «Mon père est Français : j’ai hérité d’une tradition. Et mes ancêtres étaient Polonais. Mes ancêtres ont vécu la guerre et tout.» L’artiste sent que cela a influencé son expérience en tant que Québécoise : «Au Québec, souvent, on a peur, on se sent ostracisé, on a peur de se faire assimiler… Moi, je n’ai pas l’impression que je ressens ça.»

«Je pense qu’il y a ça dans ma musique aussi, poursuit-elle. Outre l’importance de la langue, puis outre l’importance de la politique – parce que même si mes tunes parlent de relations interpersonnelles, j’ai quand même une fibre politique importante – je pense que le message qui se ressent en premier, c’est qu’on n’est pas nés pour un petit pain. Faisons les choses jusqu’au bout, puis soyons fiers…Et fuck l’analphabétisme aussi», conclut-elle.

Voir – Safia Nolin, Québec, vol.1#11
Que porterais-tu si tu étais nommée au gala de l’ADISQ ?

Lydia Képinski / Crédit photo: Marion Desjardins

«Honnêtement, je porterais quelque chose de super japonais», dit-elle de but en blanc. Après quelques secondes de réflexion, elle ajoute : «…sauf qu’il y a comme des issues avec les appropriations culturelles en ce moment, ça fait que je ne le ferais peut-être pas, finalement. Mais en même temps, oui, parce qu’à mon bal de finissants, j’ai porté un sari indien. C’est sûr qu’à l’époque, on m’aurait dit que je faisais de l’appropriation culturelle. Peut-être, peut-être pas. Je pense que c’est un peu une mode d’en parler.»

La connotation de l’appropriation culturelle est une question de nuances pour la jeune artiste. « Moi, honnêtement, j’aime ça, l’appropriation culturelle… Je pense que c’est le rapport de colonisé / colonisateur qui gosse : c’est sûr que je ne m’habillerais pas en fausse Amérindienne [à l’ADISQ], parce que les Amérindiens ont beaucoup souffert à cause des Blancs cathos et des Blancs anglos en général. On n’a jamais vraiment eu de lien avec la culture japonaise. Je porterais peut-être un genre de kimono noir. Un peu Star Wars», conclut-elle donc.

En tout cas, qu’elle soit en sari indien, en kimono ou même en jeans avec un t-shirt de Gerry Boulet (ou de Safia Nolin), on a hâte de la voir au gala de l’ADISQ, nous ! Entre-temps, Képinski choisit une autre œuvre et continue à se prêter au jeu.

Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll
Carte blanche : invente une question

Vous savez, quand on se fait prendre à son propre jeu ? J’ai donc été soumise à un rapide questionnaire de la part de l’artiste : âge, occupation. Je vous épargne la lecture de ces faits inintéressants. Pour plus d’information, z’avez qu’à venir me trouver quelque part entre le Cercle et le Pantoum.

Le Banquet, Platon
Comment définis-tu l’amour ? Fait-il partie de tes sources d’inspiration ?

Bien qu’elle n’ait pas lu le Banquet (qu’on lui recommande, d’ailleurs), Lydia a répondu de bon cœur une fois de plus. « ‘Fait-il partie de tes sources d’inspiration ?’ Oui, of course. Ça me met bien avec certains sentiments que je peux ressentir. J’ai l’impression de régler mes comptes en chanson aussi, parce que j’exprime une vision unilatérale de ce que c’était. C’est un peu chien en même temps, avoue-t-elle, parce que l’autre personne ne peut pas répondre.»

Sauf si c’est un musicien aussi, pensai-je alors tout haut. Deux CD, deux versions des faits ! Ce à quoi la chanteuse a répondu : «On ne peut pas dire que ce n’est pas arrivé.» On n’en dira pas plus. Et pour la définition de l’amour, Platon nous suffira encore !

Harlequin tentation – Love song, Elisabeth Lowell
As-tu des plaisirs coupables ou des goûts douteux ?

«Général, ou en sexe, là?» Une chose est certaine, Lydia Képinski n’a pas la langue dans sa poche. Mais on ne tenait pas vraiment à savoir ce qu’elle faisait avec, alors on est resté dans le général.

Lydia s’attaque tout d’abord au principe même de plaisir coupable. « Pour moi, le concept de ‘péché mignon’… C’est comme l’idée d’être né pour un petit pain», concède la musicienne et artiste visuelle, qui se sent «rarement mal de faire des choses» et qui nous en donne rapidement un exemple. « Je suis une gameuse. J’aime ça, jouer à des jeux vidéo. […] Ça ne m’arrive pas souvent, mais le temps des Fêtes, c’est ma période de l’année où je game. Ce qui fait que je ne me sens pas mal parce que je sais que le reste de l’année, [ce n’est pas le cas]. C’est une question d’équilibre aussi. Par exemple, j’essaie de bien manger, mais tantôt j’ai mangé des chocolats. Eh bien, c’est le moment de la semaine où je vais manger des chocolats. À un moment donné, il faut arrêter de s’autoflageller. Je trouve que les gens sont durs avec eux-mêmes. »

Pour ce qui est des goûts douteux, c’est aussi un concept que l’artiste rejette. «Les gens me demandent parfois : ‘c’est quoi la musique que tu as honte d’écouter ?’ Je n’ai pas honte d’écouter quoi que ce soit. Il y a quelque chose d’intéressant dans tout dans la vie. Tout. C’est mon opinion.» 

L’Énéide, Virgile
D’où te vient ton intérêt et/ou tes connaissances en matière de littérature/mythologie antique ?

«Je tripais sur la mythologie quand j’étais jeune. Je pense que c’est toujours resté. Pour moi, c’étaient des histoires qui étaient nettement supérieures aux autres histoires (contes de Perrault, Hansel et Gretel…). Je trouvais qu’elles avaient quelque chose d’épique. Il y a quelque chose de vraiment plus grand que nature [dans ces histoires].»

«Je pense aussi que c’est le fait qu’avant, probablement qu’ils y croyaient pour vrai : pour eux, ce n’était pas un mythe, ce n’était pas quelque chose d’inventé. Les contes de Pierre Perrault, on le sait tout de suite que ce sont des contes, et puis ce sont de petites histoires…des histoires de villageois. C’est cool aussi, c’est correct. Mais [dans les mythes], ce sont des dieux, des forces toutes puissantes. Il n’y a pas juste des quidams. Et c’est la rencontre avec le divin puis le mortel qui est vraiment intéressante. Comme Hercule qui est à moitié humain, à moitié divin. C’est le héros. Le concept du héros vient de là.»

L’écume des jours, Boris Vian
Comment fabriques-tu ton monde musical ?

Lydia Képinski / Crédit photo: Marion Desjardins

C’est ensuite avec enthousiasme que Lydia Képinski est tombée sur le prochain livre : «L’Écume des jours, esti, ça, j’ai aimé ça, ce livre‑là.» Sa réponse est d’ailleurs restée dans la thématique du livre : «avec un pianocktail !» Réponse de circonstance, puisqu’elle introduisait bien le reste.

«Honnêtement, j’ai vraiment eu un buzz sur les machines. À un moment donné, j’ai compris que la musique pour moi, ça allait être [fait avec] des machines. C’est un monde de robots. C’est ça, l’avenir. C’est la technologie. Pour moi, c’est ça qui est le fun, c’est sur ça que je tripe», explique Képinski. On pouvait d’ailleurs bien l’entendre lors de sa prestation, qui entrelaçait l’électro et l’acoustique. Ce serait même cet aspect de fabrication mécanique de la musique qui l’aurait réellement amenée à s’intéresser plus sérieusement à ce milieu. Mais d’où lui venait cet intérêt si particulier pour les machines ? «J’aime le métal… c’est peut‑être mon côté [ingénieure]. Toute ma famille, ce sont des ingénieurs. J’aime ça les cossins, j’aime ça gosser des affaires», explique-t-elle.

La Cantatrice chauve, Eugène Ionesco
«Que venez-vous faire ici ?» –p.80

À question absurde, réponse absurde : «J’attends Godot.»

Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde
Si on peignait des toiles en s’inspirant de ta musique, de quoi auraient-elles l’air ?

«Je pense que ça serait quand même figuratif. Mais quand même monochrome. Monochrome et figuratif.»

CRÉER – ou comment survivre à des études artistiques, Philippe Genest & Edward Essis-Breton
Qu’est-ce qui est le plus gratifiant dans le fait d’être artiste ? Qu’est-ce que tu trouves le plus difficile ?

Lydia Képinski aurait pu arrêter depuis belle lurette son interrogatoire / exploration littéraire. C’est pourtant encore avec intérêt qu’elle feuillette CRÉER – ou comment survivre à des études artistiques. «Ça a l’air le fun, ça», énonce l’artiste. La question du métier posée, elle répond simplement et posément : « Ce qui est le plus gratifiant dans le fait d’être artiste? C’est juste de travailler. Et ce je trouve le plus difficile ? Le travail aussi.» Qu’est-ce qui est difficile dans le travail, ajoute-t-on à notre question de départ. « C’est que tu es ton propre boss. Donc il faut que tu t’envoies travailler. Tu es ton propre esclave, et il faut que tu t’obliges à travailler. Moi, mon truc, c’est de me faire des horaires. Je me dis : ‘de telle heure à telle heure, de telle heure à telle heure’, je me mets des alarmes… c’est juste de la discipline.»

Malgré les difficultés du travail, l’auteure-compositrice-interprète ne manque pas d’en peser la valeur : «C’est le plus tough, mais en même temps, c’est ce dont je suis fière. Souvent, les occasions qui font que ma mère et ma famille sont vraiment fières de moi, ce sont des occasions où elles vont me voir dans un média connu, par exemple. J’ai toujours un malaise avec ça parce que personne ne peut me dire ‘bravo, tu as travaillé’. Et pour moi, c’est ça qui vaut la peine. C’est ça que j’ai envie de me faire dire : ‘bravo, ça paraît que tu as travaillé’. Pas ‘bravo, tu es un génie, tu es née avec une intelligence’ […]. C’est juste du travail.»

Kandinsky – 48 plates in full colour, Frank Whitford
Dessine un croquis qui te représente

Tu t’es présentée comme ça parce que…

«…je trouve que ça me ressemble. J’aime ça, je suis satisfaite.»

Contes originaux, Frères Grimm
Raconte-nous une anecdote

Sans attendre, Lydia Képinski nous livre une histoire qui fait réfléchir.

Mon grand-père paternel, [Witold Képinski], il est allé à la guerre. Un peu comme moi, il avait un syndrome d’opposition/ de provocation. Il haïssait ça se faire dire quoi faire. Il était dans son bataillon – dans l’infanterie – et son supérieur, qui avait un cheval, lui a dit : ‘Ah, il faut que je monte sur mon cheval. Met tes mains comme ça, je vais pouvoir monter sur toi pour aller sur mon cheval.’ Et [Witold] a juste dit non. L’autre a ajouté : ‘Non, non, mais c’est un ordre.’ Et là, [Witold] était comme : ‘non’. [Son supérieur] lui a dit : ‘O.K., eh bien, va en prison.’ Ce qui fait que [Witold] est allé dans la prison de l’armée parce qu’il était impétueux, et tout son bataillon est allé à la guerre. Men, il n’y en a pas un criss qui est revenu… S’il avait accepté les ordres – hashtag Pierre Perrault – imagine, je ne serais pas là aujourd’hui. Ça fait que c’est ça.»

Lydia Képinski / Crédit photo: Marion Desjardins

Quel bel endroit pour m’arrêter et vous laisser réfléchir. Après cette anecdote, on a encore parlé de Blaise Pascal, auteur raconté en détail à la chanteuse par son batteur, qui s’est joint à nous. On a parlé de Jean-Jacques Rousseau et encore de l’importance du travail. Après, plus de livres sur la table. Les minutes s’étaient envolées presque trop vite. Pour en apprendre plus sur Lydia Képinski, artiste cultivée qui s’est visiblement investie dans la réalisation de son art, il ne vous reste plus qu’à aller la voir de vos propres yeux (et l’entendre de vos propres oreilles)! Elle sera d’ailleurs à Québec le 7 mars prochain au Théâtre Petit-Champlain, en première partie de Dimoné.

 

 

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Merci à Tatiana Picard pour la transcription de l’entrevue.

 

[SPECTACLE] Apéros FEQ – Simon Kearney, 22 février 2017

Arrivée devant la porte du District Saint-Joseph autour de 18h15, j’entends déjà des notes de guitares traverser les murs pour se rendre à mes oreilles. En entrant, on m’annonce que Simon Kearney en est déjà à sa deuxième pièce, au plus grand plaisir des spectateurs attentifs qui sont attablés ça et là.

Sur scène, le chanteur et guitariste est accompagné par ses deux acolytes habituels : Pépito et «G the king» respectivement à la basse et à la batterie. J’ai le plaisir de reconnaître Hey Man, tirée de La vie en mauve, album que le jeune (mais expérimenté) adepte du rock a sorti en septembre 2015.

 

Il nous déballe ensuite un lot de nouvelles chansons où percent parfois des pièces connues. Entre deux exécutions, Kearney nous raconte l’histoire de ses chansons, nous fait la jasette. On le sent à l’aise autant entre ses pièces que pendant, alors que le groupe lorettain s’adonne visiblement à jouer avec plaisir et intensité.

Les nouveaux titres sont un bon augure pour la suite de la carrière de l’artiste. Alors que les textes nous transportent dans différents univers (comme celui d’un appartement duquel un homme regarde les filles ou encore celui d’un poulet amouraché d’un ange), la musique nous surprend.

La voix de Simon Kearney, qui s’est renouvelée en puissance et en versatilité, s’en va explorer plus souvent les graves avant d’aller chatouiller les aigües. Spirit en est un bon exemple. On se frotte aussi à des sonorités nouvelles, parfois un peu plus planantes, qui rappellent les The police de ce monde et où se cache un soupçon de Jimmy Hunt. Les mélodies sont accrocheuses sans être fades et laissent toujours la part belle aux impressionnants solos de guitare.

Kearney sera en spectacle avec sa bande à Montréal le 22 mars au Matahari Loft en compagnie de Mort Rose.