Milk & Bone – Deception Bay

Milk & Bone
Deception Bay
(Bonsound)

Depuis vendredi dernier, on peut entendre les voix angéliques de Laurence Lafond-Baulne et de Camille Poliquin, qui forment le duo Milk & Bone, sur leur nouvel album de 14 pièces Deception Bay.

Il y a déjà trois ans que les filles ont sorti leur premier album Little Mourning. Bien qu’un peu timides au début, elles ont rapidement fait leur place dans le cœur des gens et ce sont retrouvées rapidement dans mes incontournables à voir en spectacle.

Allons donc au sujet principal: Deception Bay. J’ai l’impression que c’est un album qui peut avoir différentes significations pour chacun. Oui, ce sont des paroles souvent profondes, mais à certains moments on a juste envie de se lever et de suivre le beat. D’autres fois, on a juste envie d’être assis confortablement dans le divan, les yeux fermés à se laisser transporter dans nos pensées en écoutant les mélodies accrocheuses.

Personnellement, cet album me fait passer par plusieurs émotions et tout au long de l’album j’ai le sentiment d’être à l’heure du coucher de soleil par une chaude journée de fin d’hiver; ce sentiment de réconfort d’une autre journée qui est passée, mais dont la soirée est encore jeune.

Le voyage vers Deception Bay commence lentement avec Set in stone qui nous rappelle que rien est acquis et coulé dans le béton. Les envolées sont douces et le ton est bas tout le long de cette chanson. Rien d’agressant; mais surtout elles restent mystérieuses, ce qui donne juste envie d’entendre la suite.

La pièce Daydream a été l’une des premières, sinon la première de cet album a être jouée en spectacle pour donner un avant-goût de ce qui s’en venait pour le nouvel album. C’est un refrain qu’on connait déjà et qu’on aime déjà chanter en l’écoutant sur l’album. Les superposition des voix sur cette chanson et le rythme lent, mais accentué par des beats électro, me donne envie de rêver. J’ai toujours aimé le mélange de voix pures, de synthétiseurs et de sons forts et pesants comme dans Daydream. Même si ce single est sorti en août 2017, ça reste pour moi une pièce de l’album que j’aime encore redécouvrir dans différents moments.

La pièce KIDS prend, comme son nom le dit, une tournure un peu plus enfantine. Les rythme est plus répétitif et on dirait que les filles prennent volontairement un air d’enfant coquin en chantant. Par la suite, Care vient changer le ton, casser la ligne qu’il y a depuis le début. Avec des instruments qui ressemblent à un xylophone et une genre de harpe, on est dans un autre lieu. Je me sentais comme si j’étais Aladin sur son tapis volant; confiant et en apesanteur.

Nevermore est, selon moi, la pièce la plus solide, la plus assumée de cet album. On est loin des filles timides et je les imagine bien en spectacle interpréter cette pièce plus dansante. On redescend du nuage avec Sad eyes, une très bonne pièce qui fait redescendre l’adrénaline. Des fois, il en faut des comme ça.

Tmrw. commence doucement avec des notes de piano graves. Les paroles sont d’autant plus intenses. Selon ma traduction libre, ça ressemble à « J’essuie mes larmes avec tes mains encore  » et continue plus loin avec « Voyons voir ce que nous apporte demain ». Bien que ce n’est pas la mélodie la plus accrocheuse, c’est vraiment la chanson qui me parle le plus dans cet album et dont les paroles me reviennent le plus souvent en tête. Il n’y a rien de plus fort, à mon sens, que quand elles chantent avec intensité en jumelant leurs voix, comme dans Tmrw. à quelques reprises

S’en suit l’Interlude I, que j’aime beaucoup parce que j’ai pu y continuer ma réflexion entamée sur la pièce précédente. Le déluge d’intensité continue avec THE FLOOD, qui, je trouve, apporte moins à l’album que les autres chansons avec ses airs de chanson américaine. L’Interlude II est juste des paroles au ralenti, comme la fonction ralenti sur un vidéo. Je ne comprend pas trop à quoi sert cette pièce, car selon moi la fin de THE FLOOD est une interlude en elle-même, mais j’admire la démarche artistique et l’audace derrière cet interlude.

Et hop, on repart avec Deception Bay, C’est comme un deuxième départ, un renouveau. Selon moi, c’est vraiment la pièce phare de l’album. Elle s’écoute le volume au fond. Puis Faded arrive comme une chanson plus personnelle, vis-à-vis un amour qui ne semble pas fonctionner et une situation qui semble compliquée.

J’aime ça aussi quand il n’y a aucun arrangement par-dessus leur voix, comme dans BBBlue. On ressent toute l’émotion, avec la voix qui casse même à quelques reprises; c’est magnifique. L’album ne pouvait pas finir d’une meilleure façon qu’avec ;’), 2 minutes 26 de mélodies qui nous amènent clairement vers une belle fin, un happy ending avec des petites clochettes pour clore le tout.

Avec cet album, Milk & Bone démontre que Camille et Laurence ne sont pas juste deux belles voix de choristes, mais plutôt des génies des mélodies fortes et accrocheuses. Tout au long de l’album, Camille et Laurence nous font nous sentir en apesanteur, les pieds dans le vide, la tête qui berce et on leur donne facilement une confiance absolue pour nous laisser transporter dans leur monde rempli de rêves.

[Bourse RIDEAU] KROY + Mouse On The Keys, Le Cercle, 16 février

Ce jour-là, Dame Nature avait décidé qu’on allait payer pour l’hiver clément qu’on avait eu jusqu’à présent. Mais, pas question de manquer ma première soirée à la Bourse Rideau! J’ai connu cet évènement l’année dernière, alors que j’en assurais la couverture pour un autre média, et le concept m’avait véritablement charmée.

Les artistes présentent des extraits de leur spectacle afin d’inciter les gens de l’industrie à les inclure dans leurs programmations. C’est l’endroit idéal pour faire des découvertes artistiques et rencontrer des gens passionnés de culture. Il y a une frénésie dans l’air quand Rideau débarque à Québec, c’est palpable.

Après avoir vaincu le cocktail météo, Marion et moi sommes finalement arrivées saines et sauves au Cercle pour les vitrines de KROY et Mouse On The Keys. À la seconde où je suis entrée dans la salle de spectacle, les premières notes de clavier séduisaient déjà mes tympans.

 

KROY

KROY

Projet solo de Camille Poliquin (moitié du duo Milk & Bone), KROY livre une proposition musicale électro-pop, ancrée dans la mélancolie. Accompagnée de Guillaume Guilbault aux claviers et de Maxime Gosselin aux percussions, Camille a ouvert la soirée avec l’entraînante pièce River, tirée de son EP Birthday.

Après s’être brièvement adressée à la foule clairsemée, mais attentive du Cercle, l’artiste a enchaîné avec Bones, composition à la fois envoûtante et torturée qui se retrouvera sur son premier album complet. «Je viens de signer avec Dare To Care Records, ce qui veut dire que je sors un album à l’automne prochain, ce que j’ai très hâte de faire», a lancé Camille, visiblement enthousiaste à l’idée de franchir cette étape marquante dans sa carrière.

Nous avons ensuite eu droit à une version revisitée de Birthday, pièce-titre du EP de KROY. Des effets sonores, rappelant le bruit clair de gouttes d’eau qui tombent, et une finale quasi psychédélique, où les couches sonores s’empilent, donnaient un nouveau souffle mélodique à la chanson.

J’avais déjà vu KROY sur scène en octobre dernier, lorsqu’elle assurait la première partie de Cœur de Pirate à l’Impérial. À ce moment, un seul musicien était à ses côtés et les mélodies étaient plutôt minimalistes et rêveuses. Bien que le côté aérien demeure, j’ai entendu un son beaucoup plus percutant et des arrangements davantage étoffés au Cercle. Les compositions ont évolué musicalement pour gagner en richesse et en maturité. C’était déjà beau. C’est maintenant d’une beauté poignante.

Sur le plan vocal, c’était impeccable : tout en nuances et d’une rare puissance pour une voix cristalline. L’auteure-compositrice-interprète atteint des notes vertigineuses avec une aisance impressionnante et ose quelques acrobaties vocales qui font frissonner. Malgré une performance scénique somme toute statique (Camille et ses musiciens demeurent derrière leurs instruments), KROY a réussi à garder l’attention des spectateurs du début à la fin. Monstrosity, une autre chanson qui se retrouve sur le EP, est venu clore en délicatesse cette (trop) courte prestation.

 

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Mouse On The Keys

Ayant seulement écouté la première pièce du concert de 40 minutes, complètement à l’arrière de la salle en raison de mon entrevue avec KROY, je ne peux pas vous livrer un véritable compte-rendu de l’expérience musicale. Mais, je peux quand même vous en glisser quelques mots!

Le trio japonais, formé d’Akira Kawasaki (batterie), Atsushi Kiyota (piano, claviers) et Daisuke Niitome (piano, claviers), s’est installé sur scène dans l’obscurité presque totale avant d’ouvrir avec la composition Spectres de Mouse, tirée de leur premier album complet An Anxious Object. Ils sont demeurés dans le noir comme pour laisser toute la lumière sur la musique (chapeau à Marion qui a réussi à prendre de belles photos quand même). Des projections s’apparentant tantôt à des messages d’erreur indéchiffrables, tantôt à une pluie d’étincelles où la bichromie noire et blanche dominait, tapissaient les écrans du Cercle.

Du sous-sol, où je me trouvais pour la majorité du spectacle, la prestation m’a paru comme une seule et même chanson, certes avec des variations, mais sans véritable coupure. Même si je ne suis pas adepte de musique instrumentale, j’ai quand même perçu un immense talent et une complexité musicale dans l’œuvre de ces artistes.

Il s’agissait d’une deuxième présence au Cercle en quelques jours pour Mouse On The Keys. D’ailleurs, notre collaborateur Simon Provencher était sur place à leur première venue. Vous pouvez consulter son compte-rendu (beaucoup plus complet que le mien) juste ici.

Photos : Marion Desjardins/ Llamaryon

[ENTREVUE] KROY

Camille Poliquin n’a définitivement pas chômé ces dernières années. Plus d’une décennie après avoir été choisie pour interpréter le rôle de Zoé dans la production Quidam du Cirque du Soleil, l’artiste dans la jeune vingtaine multiplie les expériences musicales. En plus d’avoir collaboré aux projets de Jason Bajada, David Giguère et Elliot Maginot à titre de choriste et de mener de front, avec sa complice Laurence Lafond-Beaulne, le duo Milk & Bone, Camille prépare actuellement son premier album solo sous le nom de KROY. Une musique directement extraite de son âme.

Quelques minutes après sa sortie de scène, à l’occasion d’une vitrine à la 29e Bourse Rideau, Camille s’est assise avec moi pour jaser de musique, de son amour infini pour le noir et de ses moments plus sombres. Hyper généreuse, elle a levé le voile sur quelques détails entourant la création du premier opus complet de KROY. Une rencontre sans filtre, ponctuée de fous rires, où on parle de choses qui font pleurer.

KROYBien installées dans le fauteuil rouge du sous-sol du Cercle, on parle d’abord de façon informelle. Je lui laisse quelques instants pour décompresser. Décontractée, souriante et visiblement satisfaite de son expérience à Rideau, elle souligne l’excellente qualité du son dans la salle. Sur scène, elle est entourée des musiciens Guillaume Guilbault et Maxime Gosselin. «Mon premier spectacle que j’ai fait à vie avec ces gars-là, c’était il y a plus d’un an je pense, au cabaret du Lion d’Or. C’était des versions toutes nues de ces chansons-là», se remémore-t-elle. Malgré les conditions routières exécrables, elle doit retourner à Montréal tout de suite après notre entretien, car Laurence et elle s’envolent vers New York pour faire la promotion de la tournée de Milk & Bone aux États-Unis. «J’aimerais tellement ça rester! J’ai croisé plein d’amis, mais j’ai un vol demain à huit heures du matin. I have to go», mentionne-t-elle avec un peu de déception dans la voix.

La genèse

D’emblée, je la questionne sur la naissance de KROY. «C’est l’aboutissement de ce que j’écris depuis un peu toujours. C’est mon projet super personnel», explique-t-elle. Camille affirme toutefois avoir nommé son projet en 2012. «Je m’en rappelle parce que ma page Facebook me le dit (rires).» Pourquoi ce mystérieux pseudonyme? L’auteure-compositrice-interprète raconte qu’il résulte de plusieurs essais, sans véritable signification particulière. «Il vient de nulle part. J’aimais beaucoup les mots à quatre lettres. Je suis restée avec KROY parce que je trouvais que c’était le plus gender neutral. Quand tu vois le nom, tu ne sais pas trop ça va être quoi. Je le trouvais aussi assez agressif dans sa nature avec le ‘’KR’’. J’aimais ça, ça. Il y a plein d’évocations auxquelles j’ai pensé par la suite : que ça ressemble à crow comme une corneille, ça ressemble un peu à cry, mais pas trop.»

KROYCamille me parle ensuite du son de KROY, qu’elle qualifie de «synth-pop un peu dark». Cette identité musicale, elle l’a forgée en travaillant avec son ami montréalais Marc Bell sur son EP Birthday, paru à l’été 2014. Pour l’album en chantier, on peut s’attendre à une évolution sans dénaturation des sonorités. «Il y a encore beaucoup de synths, mais vraiment plus analogues, plus organiques. Il y a un peu de Vampire Weekend, Youth Lagoon, Portishead. […] Un peu de Beach House dans la sonorité des synthétiseurs. Des choses que j’écoute beaucoup et je pense qu’elles ont un peu transparu là-dedans, tout en évoquant l’esprit du premier EP. Je pense que le son a pas mal maturé», confie-t-elle. River et Monstrosity, deux chansons que l’on retrouve sur le EP, seront d’ailleurs revisitées sur cet opus.

Le premier bébé

L’album sortira quelque part à l’automne 2016. Quelques jours après notre entrevue, Camille retournait en studio pour peaufiner le tout et enregistrer les voix finales. «Toutes les chansons ont une structure de faite déjà. Il y a des chansons qu’on a retravaillées le mois dernier, mais, pour la majorité, on a arrêté le chantier il y a peut-être cinq mois. On a eu l’opportunité de les écouter et moi de savoir ce qui me gosse (rires).»

Initialement prévue plus tôt, la sortie de l’opus a été repoussée en raison de la signature de KROY avec la maison de disques Dare To Care Records et les horaires chargés de la musicienne et de ses gars de studio. «Ça a pris plus de temps qu’on pensait. Mais, je suis super contente parce que ça me donne l’opportunité de prendre un step back et de réaliser que je l’aime encore l’album, encore plus maintenant qu’avant. Je suis vraiment contente du fait que ça vieillisse bien pour moi et j’ai l’impression que ça va peut-être le faire aussi pour les gens.»

KROYLes sentiments tristes ont, encore une fois, inspiré l’auteure-compositrice-interprète à créer. Lequel domine sur l’album? «La douleur, la haine (rires)! Non, ce n’est pas vrai. C’est en majorité une étape de ma vie qui a duré pendant des années et cet album-là a résulté un peu de ça. Il y a peut-être quelques chansons qui sont ailleurs. Je ne pourrais pas te donner un sentiment qui domine, c’est plein d’affaires. Je pense que c’est tout ça qui fait qu’on est tellement mélangé qu’on a besoin d’essayer d’en dire quelque chose, qu’il résulte quelque chose de ce genre de pêle-mêle d’émotions (silence). Genre, une relation si je peux dire…»

Ses lignes favorites sur l’album? «On dirait que c’est une question que j’ai rêvé qu’on me pose! Mais, c’est bizarre venant de moi. J’aurais envie que quelqu’un me dise : ma phrase préférée de toi, c’est ça», pense-t-elle tout haut. Après une longue période de réflexion, elle tranche : «Une phrase que j’aime beaucoup, ça dit : Where there were ink on my fingers, now there’s blood on my hands.» On pourra entendre ces paroles, laissant libre cours à l’interprétation, à l’écoute de la chanson Bones.

Le paradoxe

En discutant avec Camille, je me rends vite compte du contraste qui existe entre les textes qu’elle livre sur scène et ce qu’elle dégage en personne. La mélancolie de sa poésie semble cohabiter harmonieusement avec sa personnalité lumineuse et son rire contagieux. J’aborde la question : est-ce que c’est par la musique que tu canalises tes parts d’ombre? «La réponse est oui! Je pense qu’avec les gens, je peux être quelqu’un de très enjoué, de bonne humeur. Je pense que dans la vie, j’ai ça comme énergie. Mais, je n’ai jamais écrit une toune contente (rires). Même si ça sonne un peu plus joyeux dans la mélodie, il reste que, si on lit le message qui est en arrière, il y a soit une déception, soit quelque chose qui est dit un petit peu dans l’ironie. C’était la balance que j’avais besoin dans ma vie je pense, d’avoir ce projet-là sur le côté et de savoir qu’il y a ça qui me permet de vivre ce côté sombre de moi.»

KROYLorsque je demande à Camille qu’est-ce que KROY lui apporte que ses autres projets musicaux ne peuvent combler, je saisis que ses compositions sont à son âme, ce que l’air est à ses poumons. «Ce projet-là, c’est vraiment mon core. Peut importe ce qui se passe dans ma vie, s’il y avait quelque chose qui avait à rester, ça aurait pas le choix d’être ça. Le fait d’écrire et de créer ces chansons-là et de faire un son qui me ressemble tellement et qui me procure autant de satisfaction, c’est quelque chose qui, pour moi, est essentiel. C’est pas un choix, c’est des chansons que j’ai besoin d’écrire», exprime l’artiste avec sincérité. «De me permettre de les faire devant les gens, de les montrer aux gens, ça c’est tellement un plus exceptionnel», ajoute-t-elle les yeux brillants.

L’inspiration

Ce qui me fascine le plus dans la musique, c’est la rapidité avec laquelle les artistes composent une chanson. «Souvent, je l’écris en trois minutes et demie», lance Camille. Alors que je n’en reviens tout simplement pas, elle m’explique son processus d’écriture. «J’arrive au piano, il y a quelque chose qui roule dans ma tête et il faut que je m’installe. Ça prend deux minutes pour que je me place dans la tonalité, puis ça arrive. Sinon, j’ai souvent besoin d’écrire des phrases dans mon cell. Je les relis, puis peu à peu, il y a comme une mélodie qui s’installe en les lisant. Je peux partir de cette phrase-là pour écrire le reste de la chanson, une fois que j’ai un univers de setté

Les influences de la musicienne sont variées. «J’écoute beaucoup, beaucoup de musique classique. J’écoute énormément de Mozart, de Chet Baker. Tout ça vient un peu changer la manière dont je fonctionne. Toutes mes playlists que j’écoute sur Spotify ou Songza, ça vient jouer dans comment je crée et le son. Même si c’est Drake ou Sorry de Justin Bieber, je pense que ça influence ce que j’aime après quand je vais en studio», soutient Camille.

Le visuel

Il n’y a pas que la musique qui distingue KROY. Le visuel très léché, qui gravite autour du projet, complémente l’expérience auditive. «J’essaie de faire transparaître, dans mon esthétique, quelque chose de très architecturé, tout en restant super minimaliste, mais toujours réfléchi. It looks effortless, mais ce l’est vraiment pas. C’est calculé, mais autant que possible, on le sent pas», précise-t-elle. Ses inspirations? «J’adore l’architecture, big time. Toute la journée, je suis sur des blogues, des Instagram ou des sites web d’architecture, de design. J’aime beaucoup les éditoriaux qui ont une ligne directrice très épurée, très claire. Ça me fait vivre des émotions vraiment intenses (rires).»

À l’image du côté sombre de sa musique, la couleur de prédilection de l’artiste est le noir. Depuis plus d’un an, Camille ne porte que des vêtements noirs. Lorsque je lui parle de cet exploit, elle me raconte une anecdote savoureuse. «Après un an, j’ai essayé de porter un top rayé. Je n’ai pas été capable de sortir de la maison. Je l’ai enlevé et j’ai remis un chandail noir. Pour vrai, j’aime tellement ça et je m’ennuie zéro de la couleur.» Compte-t-elle exploiter la couleur à nouveau? «Pour l’instant, je ne suis pas prête! Peut-être dans une dizaine d’années!», répond-elle spontanément.

Personnellement, je suis curieuse de voir les vidéoclips qui mettront en images les compositions de KROY. Un d’entre eux, réalisé par les génies de chez Roméo & Fils, a été tourné au Nevada dans un désert de sel et dans Death Valley. «On était basé à Vegas dans un hôtel des plus crades qui se fait sur la Terre. Une grande expérience, j’ai vécu beaucoup de choses», raconte Camille en rigolant. «J’ai eu la chance de tourner avec une équipe incroyable, c’était vraiment super. J’ai tellement hâte que ce clip-là sorte!» C’est pour bientôt? «Idéalement, il est presque fini.»

En attendant la sortie de l’album de KROY, prévue à l’automne prochain, vous pouvez découvrir et vous procurer le EP Birthday via son Bandcamp. Et si, comme les miennes, vos oreilles tombent en amour avec ses pièces, je vous conseille de la suivre sur sa page Facebook pour connaître les éventuelles dates de tournée.

Camille sera également de retour au Cercle avec Milk & Bone le 22 avril prochain en supplémentaire. Elle avait d’ailleurs ce message pour vous : «On a tellement eu de fun la dernière fois. Revenez, amenez vos amis. On va avoir du fun, encore plus que la dernière fois!»

J’y serai, et vous? Pour patienter, on écoute leur sublime petite dernière Poison.

 

 

Les spectacles du week-end du 16 octobre [à Québec]

Milk & Bone - Photo : Marie-Laure Tremblay
Milk & Bone – Photo : Marie-Laure Tremblay

Grosse fin de semaine une fois de plus pour les mélomanes de la région de Québec. Évidemment, nous avons quelques suggestions :

Milk & Bone sera au Cercle ce soir à 20 heures. Première partie : CRi. Les billets se sont déjà tous envolés, alors si vous avez raté votre chance, on a annoncé une supplémentaire le 22 avril 2016, toujours au Cercle (un lieu parfait pour les chansons de Camille et Laurence). Les portes ouvrent à 19 heures, on vous suggère de ne pas trop tarder.

Si vous ratez le duo montréalais, plein d’autres choix s’offrent à vous :

Tout d’abord, au Pantoum, vous pourrez voir Jane Ehrhardt (lors d’un rare spectacle full band), ainsi que Les Louanges et la formation haligonienne Elephants in Trouble. 10 $, portes à 20 heures, spectacle vers 21 heures, BYOB, comme toujours. INFO

La Fédération québécoise de ski acrobatique présente The Seasons au Petit impérial. Les billets sont plutôt chers (125 $), mais ils comprennent un don de 80 $ à la FQSA. C’est donc une belle chance de faire d’une pierre, deux coups : soutenir un organisme sportif et assister à un concert TRÈS intime d’un des groupes les plus en vue de Québec à l’heure actuelle. INFO

Les amateurs de jazz qui tire vers le folk et le Rn’B se dirigeront vraisemblablement vers le Théâtre Petit-Champlain où se produira le Emma Frank Quartet. Celle que certains ont comparée à une jeune Joni Mitchell ravira sans aucun doute les spectateurs présents. C’est à 20 heures et les billets sont 25 $. INFO

Du côté du Palais Montcalm, on pourra voir le Jimi Hendrix de la cornemuse galicienne, l’excellent Carlos Nunez. Un magnifique spectacle où règne le mélange des genres! Spectacle à 20 heures, 45 $. INFO

Les amateurs de rock qui bûche ont rendez-vous à L’ANTI Bar et spectacles où se produira KEN mode. Les premières parties sont assurées par Life In Vacuum, BIIPIIGWAN, APES et Psomb. Les portes ouvrent à 19 heures, le spectacle est à 20 heures, et ça vous coûtera un gros 20 $ pour une soirée à vous faire chatouiller les tympans! INFO

Samedi, on va aussi se tirer les cheveux :

Tout d’abord, on fête la réouverture du Bal du Lézard avec Robbob et le Limoilou Libre Orchestra et The Two Birdz. Ça fait un bout que les deux formations tentent de faire quelque chose ensemble, voilà qu’ils ont trouvé l’occasion parfaite. Le nouveau décor du Bal est magnifique, Robbob parle de jouer des tounes de son prochain album, il risque d’y avoir beaucoup d’agrément! 21 h, 5 $ (gratuit si vous vous déguisez en oiseau – c’est Robbob qui le dit). INFO

L’auteur-compositeur-interprète folk-pop très aérien Jeffrey Piton sera au Vieux Bureau de poste de Saint-Romuald pour présenter les pièces de son album La transition. Excellent choix si vous aimez la pop planante! Le spectacle est à 20 heures, les billets sont 22 $. INFO

À la Librairie Saint-Jean-Baptiste, ce sera au tour de Gab Paquet de nous présenter de nouvelles (et de moins nouvelles) chansons. Il sera accompagné pour l’occasion de Claudia Gagné (Une vraie invasion de La Palette ce week-end!). Contribution volontaire (en argent bien sonnant ou en mots bien sonnés). Payer des consommations, ça peut aussi faire plaisir. 20 heures. INFO

Il y a encore plein d’autres spectacles et autres activités toute la fin de semaine. Pour en savoir plus, consultez Quoi faire à Québec.

[SPECTACLE] Harfang, Sous-sol du Cercle, 8 août 2015

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Bien que rebutant plusieurs photographes et malgré la chaleur désagréable qu’il dégageait samedi soir, le Sous-sol du Cercle était un endroit particulièrement approprié pour la nouvelle prestation d’Harfang, qui bouclait leur tournée estivale.

Avec une musique tantôt introvertie et exigeant une écoute attentive, tantôt beaucoup plus rock qu’à son habitude, Harfang nous a fait planer au travers de son set d’une heure et quart sans même qu’on voit le temps filer. Leur secret ? Un mélange bien dosé de leurs «classiques», de compositions du chanteur, de nouvelles pièces et de reprises. La tournée les a aussi visiblement bien rodés, puisqu’ils ont fait preuve d’une bonne aisance sur scène, donnant l’impression d’une soirée entre amis. Leur plaisir notable lors de leur prestation a aussi dû accentuer cet effet, ce qui a été confirmé par l’enthousiasme grandissant du public. Ce dernier, sachant écouter autant qu’applaudir, m’a agréablement surprise. Le Sous-sol, quant à lui, se prêtait au jeu en permettant une atmosphère intimiste lorsque nécessaire et en renvoyant parfois je ne sais comment le son des pièces de manière à leur donner une touche plus rock.

IMG_9965Laissant parler la musique à leur place, ils ont commencé avec quelques pièces de leurs ancien et nouveau maxis, le tout agrémenté des compositions du chanteur, Samuel Wagner. Pour ceux qui, comme moi, connaissent déjà la musique introvertie et mélodique d’Harfang, la nouvelle variété des chansons ajoutait quelque chose au mélange. De fait, les créations présentées sortaient toutes du cadre auquel le groupe nous avait habitués. Les deux reprises qui suivirent, la première de Bon Iver et l’autre du duo électro québécois Milk & Bone, furent elles aussi des ajouts intéressants et qu’ils ont su s’approprier. Pour bien terminer, Harfang nous a offert un beau jam et a joué quelques pièces de Flood, le deuxième maxi. Après des applaudissements retentissants, ils sont revenus jouer Karmic Embrace, du maxi Harfang, ainsi que Pressure, une pièce de Samuel Wagner.

Bien sûr, les nouveautés faisaient du bien et donnaient un vent de fraîcheur à la prestation du groupe. Cependant, elles n’ont pas volé la vedette aux pièces principales, soit leurs compositions. Tout comme dans notre dernier compte-rendu sur eux, on a encore été impressionnés par le travail mis sur les chansons. Entre autres, chaque instrument semble se démarquer pour ensuite laisser place à autre chose, donnant à leur musique comme différents reflets. Par exemple, on remarquera davantage la basse dans Grass alors que la voix sera mise de l’avant plus souvent dans As you sing, une nouvelle pièce. Les percussions, plus humbles dans les deux maxis du groupe, ont pu reprendre la place d’honneur dans quelques nouvelles compositions du chanteur.

IMG_0080Décidément, Harfang se rapproche de jour en jour de la formule gagnante, comme l’a témoigné les nombreux «Bravo, vraiment un excellent show !» lancés hier soir après leur prestation. On vous invite à suivre leur progression attentivement. Ils joueront notamment le 16 août à Expo-Québec.

 

L’entrevue à une question, avec David Boulet Tremblay (guitare électrique)

Pis, la tournée ?

«Le mot ce serait intense, explique-t-il. C’était cinq shows en six soirs, pis au total on a fait 3000 kilomètres». Intense, donc, mais aussi plaisant, assure-t-il. En effet, le groupe a apprécié le fait de voyager et de jouer à des endroits où ils ne l’avaient jamais fait. Et bien que certains spectacles aient attiré peu de monde, ils ont tout de même reçu un bel accueil partout où ils sont allés. Après être passés au Nouveau-Brunswick, en Gaspésie et même au lac, ils étaient heureux de finir leur tournée ici, où la foule était la nombreuse pour les accueillir chez eux.
Crédit Photo: Nicolas Padovani

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[La Grosse Lanterne] Samedi 8 août 2015

La foule pendant Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)
La foule pendant Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)
Bernhari (crédit photo : Marion Desjardins)
Bernhari (crédit photo : Marion Desjardins)

Béthanie : pas de chance de tomber là par hasard. Ceux qui s’y sont rendus voulaient vraiment y être et ça paraissait dans l’écoute et la bonne humeur générale. La Grosse Lanterne récidivait donc pour une deuxième édition relevée. C’est devant quelques curieux que Gabrielle Papillon a amorcé la journée avec son folk intime.

Il y avait déjà un peu plus de monde pour Bernhari. Il a livré avec son excellent groupe une performance étincelante, et ce malgré la foule assise (qui semblait somme toute apprécier). Un coup de coeur arrivé tôt dans la journée;une de ces fois où on maudit le format « courte prestation » des festivals!

Face-T (crédit photo : Marion Desjardins)
Face-T (crédit photo : Marion Desjardins)

J’ai entendu le reggae de Face-T au loin, profitant d’un moment pour visiter le site. Tu sais que tu es dans un festival spécial quand tu peux aller acheter ta viande fraiche dans un petit stand local (ou des pops super granos (et délicieux)) et la faire cuire sur des BBQ mis à la disposition de tous. Les gens semblaient aussi apprécier la présence de deux food-trucks qui servaient de la bonne bouffe en plus d’ajouter du cachet à l’évènement. Pour ma part, gros coup de coeur pour tous ces petits à côté!

Dear Denizen (crédit photo : Marion Desjardins)
Dear Denizen (crédit photo : Marion Desjardins)

Retour vers le devant de la scène pour découvrir Dear Denizen. Le chanteur, Chris Ngabonziza, très charismatique a offert une excellente performance pendant le plus chaud moment de la journée. Les enfants dansaient déjà lorsqu’il a exhorté la foule de se lever et bouger sur les rythmes rock et groovés de leurs entrainantes chansons. Très bon moment.

Ponctuation
Ponctuation (crédit photo : Marion Desjardins)

Ponctuation a également tout donné devant une foule emportée par les riffs accrocheurs du trio. On était déjà vendu à leur cause, ils n’ont pas déçu. Après, Heat est arrivé avec son rock un peu paresseux. Ça tuait un peu le mood établi par les groupes précédents alors après quelques chansons, nous sommes allés tester le BBQ.

Milk & Bone
Milk & Bone (crédit photo : Marion Desjardins)

Ensuite la pop rêveuse de Milk and Bone a été la première a attirer une plus grande foule. Je trouve que le format à deux claviers montre rapidement ses limites, mais à voir la qualité de l’écoute des spectateurs, on peut dire que les deux filles ont déjà une base de fan solide. La reprise de « Death with dignity » de Sufjan Stevens était très réussie.

Heat (crédit photo : Marion Desjardins)
Heat (crédit photo : Marion Desjardins)
Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)
Koriass (crédit photo : Marion Desjardins)

Je n’ai jamais su apprécier le hip-hop; impossible d’expliquer pourquoi. Pourtant Koriass a réussi à me mettre sur le cul avec une performance énergique, tantôt drôle, tantôt émouvante. Beaucoup de subtilité dans un style qui en manque parfois (mon avis de non-initié ici… je sais). Phil Roy et Safia Nolin ont tous deux fait un caméo dans son spectacle. Il a aussi rendu hommage à Sean Price décédé plus tôt dans la journée. Il est très impressionant à voir rapper. Wow!

Karim Ouellet (crédit photo : Marion Desjardins)
Karim Ouellet (crédit photo : Marion Desjardins)

Karim Ouellet avait pour sa part une impressionnante cohorte d’admirateurs. Il n’avait aucune difficulté à faire chanter les spectateurs (surtout -trices). Son style désinvolte et sympathique est contagieux. Judidieux ajout à la programmation. « Marie-Jo » en finale, d’abord seul à la guitare, puis accompagné de son orchestre (les 2 gars de Mister Valaire offrent une dimension ultra-festive à sa musique) fut un des très beaux moments de cette journée. Beaucoup de monde se démenait dans la foule pendant Loud Lary Ajust. J’avais déjà eu ma (bonne) dose de hip-hop pour la journée, alors on s’est reposé en attendant Malajube.

Loud Lary Ajust (crédit photo : Marion Desjardins)
Loud Lary Ajust (crédit photo : Marion Desjardins)
Malajube (crédit photo : Marion Desjardins)
Malajube (crédit photo : Marion Desjardins)

Les visages ont changé quelque peu au-devant de la scène entre les deux groupes, mais la performance du quatuor était décidément fort attendue. Les gens autour pariaient sur la première chanson de la soirée (c’est finalement Casse-Cou qui aura été choisie par le groupe), scandaient le nom du groupe et s’agitaient. On a aussi entendu le magique: « Julien Mineau, tu es mon chum pis tu le sais pas! » La foule à l’avant a embarqué à pieds joints dans cette performance fort bien ficelée. Plusieurs classiques furent joués tout au loin du spectacle parmi lesquels se sont faufilés 2 nouvelles chansons (Suzanne aux yeux noirs et Mélotrope), deux pièces prometteuses à la fois complexes, lentes et lourdes qu’il faudra réentendre pour se faire une véritable idée. Après l’énergique Robot sexy, Julien Mineau de s’écrier: « C’est du sport Malajube ». On approuve. Critobald en clôture de programme a été comme d’habitude un exemple de la puissance sonore du groupe et de l’apport de tout un chacun. Puis, le groupe est revenu sous les acclamations pour une version absolument époustouflante et épique d’ursuline. La quantité de commentaires élogieux sur Malajube en sortant de la Grosse Lanterne prouvait bien que tout le monde venait de passer un excellent moment. Vivement le prochain disque!

La grosseur de la foule (malgré la qualité) n’était probablement pas à la hauteur des attentes des organisateurs, mais j’espère te revoir Grosse Lanterne parce que tu es un festival différent avec une âme et visiblement mené par des gens passionnés.

[LE FESTIF] Photos, 24 juillet

Ça a pris du temps (vous savez comment on travaille…), mais elles sont enfin prêtes : les photos de la deuxième journée du Festif! avec entre autres Milk & Bone, Mara Tremblay, Émile Bilodeau, The Planet Smashers, What Cheer? Brigade, Reel Big Fish et Galaxie.

À savourer avec votre repas sur la terrasse.

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[OSHEAGA] Compte-rendu 31 juillet (jour 1)

Ce fut par une magnifique journée ensoleillée que débuta notre couverture du festival Osheaga. Présenté à guichets fermés depuis 2012, le festival est un incontournable au Canada. Revenons sur cette première journée de festivités.

13h00 : Catfish & The Bootlemen

Catfish & the Bootlemen à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pat Beaudry
Catfish & the Bootlemen à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pat Beaudry

Les quatre Britanniques en étaient à leur première visite en sol québécois, et ce fut un premier passage réussi. Ayant une sonorité très rock, les gars n’ont pas de difficulté à faire lever la foule. Le chanteur et guitariste Ryan McCann était dans une forme incroyable et enchaînait les chansons avec une fougue d’enfer. Les cheveux dans les yeux, il nous lance en introduction Kathleen, une pièce très connu du groupe. L’attention de la foule était déjà très présente. Certes, le groupe est peu bavard et il préfère enchainer les pièces de leur album The Balcony, paru en 2014. Par contre, malgré le peu de communication avec son public, les membres du groupe sont toujours aussi énergiques et nous remarquons que le public l’est tout autant. Les pièces Fallout et Cocoon sont, bien entendu, les plus appréciées de la foule. Chapeau à ce groupe qui a bien ouvert mon festival avec son énergique débordante.

14h30 : Iron & Wine avec Ben Bridwell

Iron & Wine avec Ben Bridwell à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pat Beaudry
Iron & Wine avec Ben Bridwell à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pat Beaudry

Le mythique duo Iron & Wine s’est allié au chanteur de Band of Horses Ben Bridwell pour un album commun intitulé Sing into My Mouth. Cet album de reprises du folk américain est un pur délice auditif et j’avais bien hâte de voir ça sur scène. Dès le départ, nous constatons que les voix de Sam Beam et de Ben Bridwell s’unissent d’une magnifique façon. Le chanteur de Band of Horses amène un énergie au concert tandis que Iron & Wine assure au public un moment musical sans faute. Le concert étant pratiquement unique, car peu de représentations ont lieu, Osheaga fut choyé d’avoir ce moment sur la scène principale. Interprétant à la fois des chansons des deux groupes ainsi que de l’album commun, les pièces de Band of Horses sont les plus appréciées du public. Slow Cruel Hands of Time fut interprétée en début de concert tandis que Detlef Schrempf fut jouée à la fin. Magnifique moment en compagnie de deux excellents groupes.

15h25 : Run The Jewels

Run The Jewels à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Tim Snow
Run The Jewels à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Tim Snow

Le duo rap américain est de retour après un Impérial complet pendant le FEQ 2015. Faisant dans le rap violent et agressif, le duo attire un énorme foule sur la scène Verte. Arrivant sur We Are The Champions de Queen, l’ambiance est déjà survoltée autant sur scène que dans la foule. Nous voyons de nombreux moshpit ainsi que du crowd surfing à profusion. Enchainant avec Run the Jewels, ce n’est pas long que les effluves printanières envahissent le site. Un fan monte sur scène avec une peinture du groupe et fait la fête avec eux pour se diriger en coulisses par la suite. On remarque que le groupe adore ses admirateurs et aime la proximité avec son public. Oh My Darling Don’t Cry, Blockbuster Night (part1), Lie, Cheat, Steel et All due Respect sont toutes interprétées avec férocités par El-P et la voix grave de Killer Mike. D’ailleurs, El-P a eu, par moment, quelques faiblesses dans la voix, mais Killer Mike a su rattraper le tout. Nous passons maintenant à l’avertissement de bien vouloir ranger les selfies stick, les téléphones et tout objet précieux, car la prochaine chanson risque d’être violente. Nous entendons le célèbre Run the Jewels Fats, Run the Jewels fast tiré de Close your Eyes. La foule est en délire et nous voyons des vêtements voler, des mosh-pit et une sécurité débordée. Finalement, on peut dire que Run The Jewels, c’est toute une expérience en concert.

17h40 : Milk & Bone

Milk & Bone à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pierre Bourgault
Milk & Bone à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pierre Bourgault

Après un escale lunch pendant le très énergique concert de The Kills, nous rejoignons l’énorme foule qui était présente sur la scène des Arbres pour accueillir Milk & Bone. Ne sachant pas trop si elle devait faire le concert en anglais ou en français, le duo décide que Camille Poliquin représentera l’anglais et que Laurence Lafond-Beaulne s’occupera du français. Enchainant les pièces de leur seul album Little Mourning, les deux femmes sont heureuses d’être à Montréal. Ayant pratiquement fait le tour du monde avec cet album, et ce n’est pas fini, le duo était très content de voir des visages connus dans la foule. Ouvrant avec Elephant, le public est très attentif aux mélodies planantes du groupe. La basse est incroyablement forte, spécialement sur Pressure. Les pièces Coconut Water et New York ont eu droit à des accueils digne d’un show rock. Mentions spéciales à l’interprétation d’une reprise de Sufjan Stevens qui était magnifique.

18h25 : Stars & Invités

Stars à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pat Beaudry
Stars à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pat Beaudry

J’attendais ce concert plus que tous les autres. C’était mon appréhension de la fin de semaine. Stars, un de mes groupes favoris, interprétant Set Yourself on Fire en entier pour ses 10 ans. Ouvrant avec Hold on when you get love and let go when you give it, tiré de The North, le public danse et a du plaisir avec les montréalais. Cette pièce sera la seule tirée d’un autre album que Set Yourself. Torquil Campbell est si heureux d’être là. Il aborde un chandail It’s us Forever en référence à la longévité du groupe. Il est si énergique cet homme, que sa collègue pâtit à ses côtés. En effet, Amy Millan était loin d’être en forme hier soir. C’est probablement le plus grand défaut de ce concert. Enchainant avec la très célèbre Your Ex-Lover is Dead, notre escapade dans les 10 ans de Set Yourself on Fire débute. Evan Cranley, musicien du groupe, est toujours en super forme et saute sur scène tout en jouant de son instrument. Torquil est très en voix et s’amuse à courir dans tous les sens pour voir le public.

Stars à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pat Beaudry
Stars à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pat Beaudry

Par la suite, les choses se gâtent un peu. Premièrement, un grand nombre d’invités, peu utiles, se pointent sur scène ne connaissant pas réellement les chansons. Le public ne connait pas non plus les invités, mais Stars passe un bon moment sur scène. Pourquoi Campbell passe la moitié des chansons à présenter les invités? Ça gâche une bonne partie de la magie. Ajoutons à cela un public inattentif dans toutes les balades, et il y en a dans Set Yourself, ça fait un concert moyen. Notons quand même de super beau moment, tels que Angeless Beauty, Set Yourslef on Fire, What I’m Trying to Say et la seule balade plutôt calme bien écouté par la foule One More Night. En fin de concert, le chanteur Patrick Watson a rejoint le groupe pour Celebration Guns. C’était magnifique, car les Levoix de Millan et de Watosn s’unissent à merveille. Torcol et Evan ont même rejoins les rang des instruments avec leur trompettes. En conclusion, avec quelques minutes de dépassement, nous entendons la magnifique Calendar Girl interprétée avec Kevin Drew. Ce fut un bon moment, pas très adapté à un grande scène, avec une Amy Millan peu enthousiaste.

20h25 : Of Monsters and Men

Of Monsters and Men à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pat Beaudry
Of Monsters and Men à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Pat Beaudry

Après un concert très énergique du groupe folk, qui est très rock en concert, The Avett Brothers, nous passons au folk islandais de Of Monsters and Men. le groupe étant si aimé à Montréal, il n’était pas étonnant de voir l’immense foule qu’il y avait. Faisant pratiquement un moitié-moitié de leur deux albums, les pièces de My head Is an Animal sont beaucoup plus appréciés du public. Par contre, d’un point de vue musical, les chansons de Beneath The Skin sont jouées avec un justesse incroyable. Nanna Bryndís Hilmarsdóttir, chanteuse du groupe, est vêtue d’une façon très officielle et sa voix est magnifique. Ouvrant avec Thousand Eyes, le public est en délire. À ma grande surprise, il est attentif lors des balades. King & Lionheart, Mountain Sound, Lakehouse et Crystals ont eu droit à un accueil très favorable. Pour terminer le concert, le groupe islandais sort les gros canons. Le peu sympathique Ragnar Þórhallsson lance les premières notes de Littles Talks et la foule est en délire. Je dois lever mon chapeau à tous les membres du groupe pour leur énergie et leur justesse sur leur instruments. C’est d’ailleurs ce qui fait la force d’Of Monsters and Men. En conclusion, nous avons droit à Six Weeks, une magnifique pièce de My Head Is An Animals. Nous avons eu droit à un concert très formel, voir cérémonial, avec des éclairages puissants, adapté aux chansons, appuyant la force de frappe du groupe. Peut-être était-ce trop rodé et pas assez personnalisé? Je l’avoue, mais le charme opère quand même.

20h35 : Florence + The Machine

Florence + The Machine à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Vanessa Leclair
Florence + The Machine à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Vanessa Leclair

Plusieurs, dont moi, croyaient que cette femme ne serait pas capable d’être une tête d’affiche. Honte à moi d’avoir pensé ainsi. Cette grande dame de la chanson, car oui, elle en est une à mes yeux, a su émouvoir près de 40 000 festivaliers. Cette femme à une voix inégalable et une fugue sur scène que peu d’artistes savent reproduire. En ouverture, après un vidéo sur son entier passage au festival et des petits feux d’artifices, Florence Welch arrive sur scène avec What the Water Gave Me. Certes, il y a un orchestre sur scène, mais l’attention est tournée vers la chanteuse. Solennellement, derrière son pied de micro, elle ébloui tout les monde avec sa puissante voix. Les cheveux dans le vent, elle chante comme peu savent le faire. Prenant le micro pour un moment dansant sur Ship to Wreck, la foule chante à tu-tête. La troisième pièce était très attendu. Après quelques notes au piano, nous entendons vaguement ce qui ressemble à Shake it Up. 

Florence + The Machine à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Vanessa Leclair
Florence + The Machine à OSHEAGA 2015. Crédit Photo : Vanessa Leclair

Étant si amoureuse de son public, Florence Welch fait une escale dans la foule pour la magnifique pièce Rabbit Heart (Raise it Up). Les fans en délire ont adoré voir la chanteuse se rendre pratiquement à la console de son. Elle a même osé se rendre dans la foule, littéralement, en marchant sur les gens. Les visages heureux étaient visibles à des kilomètres à la ronde. Des larmes étaient même visibles sur plusieurs visages. Après quelques autres pièces et un reprise de sa chanson avec Calvin Harris, Sweet Nothing en version balade, Florence Welch dit à quel point elle aime ses fans et le festival Osheaga. Elle dédicace la prochaine chanson à tous les gens présents. How Big, How Blue, How Beautiful résonne dans les hauts-parleurs du Parc Jean-Drapeau.

Le concert se conclue avec plusieurs pièces très énergique, tels que What Kind of Man et Dog Days are Over. Nous avons eu droit à un magnifique moment qui a su rassembler une énorme foule. Cette chanteuse est tout simplement incroyable et j’espère sincèrement la revoir prochainement au Québec.

[OSHEAGA] Itinéraire du 31 juillet (jour 1)

Déjà le temps de dire bonjour à un des plus grands festivals de musique alternative au Canada. C’est aujourd’hui que débute la dixième édition du festival Osheaga. Pour l’occasion, l’équipe d’ecoutedonc.ca sera sur place pour une couverture réseaux sociaux en temps réel (tant que le réseau ne lâche pas). Dès demain, un compte-rendus sera aussi disponible sur le blogue. Avez-vous autant hâte que nous? Car nous sommes prêt!

Nous débuterons cette belle aventure avec le groupe anglais Catfish and the Bottlemen à 13h00 sur la scène de la Rivière. Faisant dans le rock alternatif comme plusieurs britanniques l’on fait auparavant, le style du groupe n’est peut-être pas unique, mais le son est très intéressant. Commencer la première journée en force est toujours une bonne façon d’avoir une belle continuité de festival. Toutefois, nous conseillons tout de même de voir le groupe PONI, gagnant du prix Osheaga des Francouvertes. Le groupe se mérite donc une prestation rémunérée au festival, soit aujourd’hui dès 13h35 sur la scène des arbres. Peut-être allons-nous y jeter un coup d’oeil rapide.

The Franklin Electric - Crédit Photo : Jacques Boivin
The Franklin Electric – Crédit Photo : llamaryon

Dès 14h05, nous voudrions aller encourager les québécois du groupe The Franklin Electric qui seront sur la scène Verte. La musique locale est loin d’être omniprésente sur la programmation du festival, il est donc important d’aller en voir quelques uns durant le week-end. Faisant dans l’indie-pop, nous avons vu à quelques reprises ces musiciens, et chaque fois, leur performance est excellente. Le groupe a maintenant une bonne base de fans, l’ambiance devrait être très intéressante sur la scène Verte. Par contre, il nous est impossible de manquer la présence de Iron & Wine et Ben Bridwell sur la scène principale à 14h30. Le chanteur du groupe folk-rock Band of Horses s’allie aux puissants musiciens d’Iron & Wine pour un spectacle unique. Quelques dates seulement sont à l’agenda pour ce concert réunissant quelques pièces d’Iron & Wine, de Band of Horses et quelques reprises des plus grands classiques de la musique folk. Ce concert, il ne repassera pas dans les environs, c’est votre seule chance.

Nous changeons totalement de registre avec Run the Jewels sur la scène Verte dès 15h25. Le duo hip-hop de l’année en sera à son troisième passage au Québec en 2015. Leur deuxième album fut un énorme succès critique et leur concert au FEQ 2015 aussi. Faisant dans la musique engagée, le duo nous fournit du rap de qualité et non pas rempli de stéréotypes misogynes. Il est fort a parier que le groupe attirera une grosse foule sur la scène Verte.

Le folk du duo Angus & Julia Stone nous attire beaucoup, mais nous allons tenter notre chance avec le rock alternatif de Guster. À 16h10, sur la scène des arbres, les vétérans du rock alternatif viendront présenté les pièces de leur dernier opus Evermotion. Étant dans la musique depuis 1991, il sera fort intéressant de voir ce qu’ils ont dans le ventre en 2015.

Leur dernier concert au Festival d’été de Québec l’an dernier avait conquis la capitale nationale, c’est au tour de l’île Saint-Hélène d’être conquis. The Kills prendra d’assaut la scène Verte dès 16h55 pour près d’une heure de rock garage très puissant. Vous savez, bâtir un horaire pour un festival est une tâche qui mérite réflexion. Pourquoi ne pas aller voir la charmante Marina & the Diamonds au même moment, question de nous ensoleiller avec son monde fruité? Le choix de la scène nous aide. La scène Verte est à une dizaine de minutes de marche des scènes principales. L’ambiance est beaucoup plus festive et intime aussi. Mes meilleurs souvenirs d’Osheaga y sont. Mon choix de groupe est souvent influencé par le choix de la scène.

Milk & Bone - Photo : Marie-Laure Tremblay
Milk & Bone – Photo : Marie-Laure Tremblay

J’ai rarement vu une heure du souper aussi chargée à Osheaga. Trois excellent groupes joueront en même temps. Irons nous voir la folk de The Decemberists, la pop de Milk & Bone ou Twenty one Pilots? Mon coeur penche pour le duo féminin, mais je les verrai à la Grosse Lanterne la semaine suivante. J’irai donc jeter un coup d’oeil au très énergique Twenty One Pilots et au duo féminin quelques instants chacun selon mon humeur. Par contre, il est certain que ce sera écourté, car je ne manquerai pour rien au monde la performance de Stars + Invités sur la scène principale dès 18h25. La liste d’invités se retrouve juste ici. Rappelons-nous que le groupe montréalais interprétera le mythique album Set Yourself on Fire au grand complet dans ce concert unique pour Osheaga.

Le country-folk très rock’n’roll en concert du groupe The Avett Brothers va nous garder sur les scènes principales. Leurs visites étant plutôt rares au Québec, nous en profiterons pour voir comment ils sonnent en concert. De ce que j’ai entendu, l’expérience est beaucoup plus intense sur scène que sur disque.

Le plus difficile des conflits d’horaires de la journée : FKA Twigs ou Of Monsters and Men? Notre coeur penche tout de même pour les Islandais. Malgré que leur dernier album est moyen, leur folk rassembleur m,a toujours charmé en concert et le public montréalais les adore. Je comprendrai totalement pourquoi votre coeur bat pour FKA, car le mien y est encore. Je crois, par contre, que mes chances sont bonnes de revoir la chanteuse en concert prochainement.

Pis Viet Cong? Eh bien… ils seront de retour dans la capitale nationale le 14 septembre au Cercle. On va se reprendre c’est certain! Nous allons conclure ce premier jour avec la si talentueuse Florence + The Machine. Son dernier passage à Osheaga en 2012 m’a totalement jeté par terre. Cette voix si puissante, cet amour de la scène, cette musique si puissante, la britannique a tout pour réussir le parfait concert. Est-ce une tête d’affiche faible… je le croyais au départ. Mais après avoir vu tout ce qu’elle a accompli cette année, je n’en suis plus si certain.

[LE FESTIF] Compte-rendu, 24 juillet

C’est en cette deuxième journée de festivités que l’organisation du Festif! nous a montré de quel bois elle se chauffait. Avec un concert surprise de Fred Fortin dans un dépanneur, deux performance sur le pouce de Caltâr-Bateau et le What Cheer Brigade qui envahit Baie-St-Paul à de nombreuses reprises, nous ne pouvons que constater à quel point ce festival est magnifique.

13h00 : Milk & Bone

Milk & Bone - Photo : Marie-Laure Tremblay
Milk & Bone – Photo : Marie-Laure Tremblay

(Par Jacques Boivin) On avait peur qu’il pleuve sur nos têtes (et surtout sur les filles de Milk & Bone – et leurs instruments). On a donc déplacé le spectacle, qui devait avoir lieu au gîte Terre-Ciel, au cabaret du Café des artistes, une salle pouvant accueillir une centaine de personnes. Petit problème : on a été plus nombreux à répondre à l’appel et une très, très, très longue file de gens curieux d’entendre les magnifiques chansons de Camille et Laurence s’est formée. Dans la petite salle, il y avait du monde partout : debout, assis sur le plancher, même à l’arrière-scène! Malgré quelques pépins techniques dus à la rapidité avec laquelle on a dû effectuer les tests de son, les deux jeunes femmes ont offert une magnifique prestation où se mélangeaient émotions, harmonies et même un brin d’humour. Camille Poliquin, qui a l’air toute sage à côté de Laurence  Lafond-Beaulne, est tellement drôle et spontanée, on ne peut qu’être charmé. De son côté, Laurence joue les straight woman efficacement. Bon, évidememment, on n’était pas là pour rire, mais plutôt pour entendre les magnifiques chansons de Little Mourning. Easy to Read me donne encore des frissons avec le ukelele et les parfaites harmonies. Les deux jeunes femmes ont même ajouté une magnifique reprise d’une pièce du dernier album de Sufjan Stevens! Malheureusement, la prestation a dû être écourtée lorsque le système de son a décidé de faire des siennes. On a quand même eu droit à une magnifique New York dénudée, à quatre mains, tout à fait adorable. Comme quoi c’est avec des citrons qu’on fait de la limonade…

Du pur bonheur.

15h30 : Mara Tremblay

Mara Tremblay - Photo : Jacques Boivin
Mara Tremblay – Photo : Jacques Boivin

(Par Jacques Boivin) Mara nous en avait parlé en entrevue : elle avait peur de jouer devant un parterre vide à cause de l’heure. Ses craintes ont très, très, très rapidement été mises au rancart : la foule était nombreuse, enthousiaste et familiale, d’un côté de la scène comme de l’autre. Cette tournée de Mara, c’est une affaire de famille. Fiston Victor joue de la batterie avec un entrain qui ne rivalise que celui de Samuel Joly, pendant que maman et son amoureux Sunny (Duval) s’échangent des regards remplis d’amour et des riffs tout aussi joyeux. La complicité est également palpable avec Victoria Lord (guitare) et Marie-Anne Arsenault (basse), qui complètent cette belle bande.

Comme promis, Mara a offert un spectacle beaucoup plus rock que ce qu’elle nous avait habitués par le passé. Ce qui veut dire beaucoup de pièces du Chihuahua et de Papillons, qui donnaient une couleur beaucoup plus pop aux chansons d’À la manière des anges. Pour une femme qui vient à peine de se lancer à la guitare électrique, Mara nous a montré une belle maîtrise de l’instrument, comme elle l’a fait bien sûr avec sa mandoline, son violon et sa keytar.

Mara Tremblay - Photo : Jacques Boivin
Mara Tremblay – Photo : Jacques Boivin

Ah, quelle joie que de chanter Tout nue avec toi avec ma copine à mes côtés. D’avoir le motton en entendant Les Aurores, une chanson qui nous avait bouleversé à la première écoute, devenir un moment de lumière… et de diamants. Devant nous, Mara était heureuse, voire radieuse, et cette énergie se rendait jusqu’à la rue St-Jean-Baptiste. La foule lui rendait bien cette énergie. Une communion remplie d’amour qui a comblé un grand nombre de fans.

Un de mes plus beaux moments du Festif. Au beau milieu de l’après-midi. Et dire que Mara n’avait même pas encore tout donné!

18h50 : Émile Bilodeau

Crédit Photo : Jacques Boivin
Émile Bilodeau – Photo : Jacques Boivin

(Par Matthieu Paquet-Chabot) Après les jeunes talents de Secondaire en Spectacle, c’est au tour d’Émile Bilodeau, grand gagnant du Cabaret de la relève du Festif! de s’amener sur la grande scène. Avant même que l’animatrice ait finit de le présenter, il est prêt à prendre le contrôle du micro pour impressionner la bonne foule qui était présente à cette heure. Avec un maxi à son actif, il a su prendre le contrôle de la scène avec une confiance inégalée. Déjà à 19 ans, il est très à l’aise et confortable sur une scène et il sait comment faire rire une foule. D’ailleurs, c’est le seul bémol de cette performance. Il y a trop d’humour un peu partout. Entre les chansons, pendant les chansons, après les chansons, un peu de sérieux, ça ne fait pas de tort. Malgré tout, notre impression du jeune Bilodeau, c’est qu’il va se rendre loin.

19h45 : The Planet Smashers

Crédit Photo : Jacques Boivin
The Planet Smashers – Photo : Jacques Boivin

Ils étaient attendus, peut être même plus que la tête d’affiche! Les montréalais de The Planet Smashers sont débarqués sur la grande scène pour un concert d’une heure trente de musique intense. Certes, les paroles ne veulent pas dire grand chose, mais ce n’est pas le but. Le but, c’est de faire la fête! Après un départ plutôt lent, le groupe lance Life Of The Party qui vient réveiller la foule. C’est à partir de ce moment là que les moshpit et les hurlements ont commencé pour créer une super ambiance. Après ce super moment, on entend les premières notes de You Might Be, une chanson que le groupe ne joue jamais. C’était une demande spéciale d’un fan.

Crédit Photo : Jacques Boivin
Photo : Jacques Boivin

Les succès ska du groupe pleuvent. Too Much Attitude, Tear It Up, Wise Up et la reprise de Monkey Man du célèbre groupe du mouvement ska The Specials. Une petite escale en français pour la très dansante J’aime Ta Femme et on continue avec quelques pièces du répertoire du groupe. Peu bavards, les gars préfèrent enchainer les chansons au grand bonheur des fans.

Arrive le moment inattendu : Surfin In Tofino. Matt Collyer, le chanteur, demande à toute la foule de s’asseoir. La grande majorité s’exécute, mais il n’est pas satisfait. Il veut un 100% pour la première fois de l’histoire des Smashers. Il pointe les gens, il les décrit, il veut que tous soient assis. Le tout a fonctionné et un décompte de 10 secondes fut enclenché. À 10, la foule doit sauter. C’était magnifique de voir la foule s’exécuter tous ensemble. Même Collyer n’en revenait pas. Il a même ajouté un petit clin d’oeil au Rockfest de Montebello.

Montebello, c’était fou! Mais VOUS, c’est incroyable! – Matt Collyer

Le groupe ne veut pas quitter la scène. You Guys Are Assholes, My Obsession (avec un membre de Reel Big Fish), Raise Your Glass, Holiday, Super Orgy Porno Party sont toutes jouées. Le groupe ajoute du temps à sa prestation pour la très attendue Sk8 or Die où le chanteur s’est permis une escale dans la foule pour faire du crowd surfing. C’était un super concert avec une foule qui était tellement enthousiaste que le moment restera gravé longtemps dans ma mémoire.

Parenthèse : What Cheer? Brigade

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What Cheer? Brigade – Photo : Jacques Boivin

(Par Jacques Boivin) On se le doit de le mentionner, on va en reparler encore souvent. Cette fanfare fantastique, qui a conquis les coeurs des festivaliers tout au long du week-end, a mis le feu au parterre de la scène Desjardins entre les deux prestations de ska. Une énergie incroyable qui a permis de maintenir l’enthousiasme des fans à un niveau maximum. Du rythme, des couleurs, une fête immense que la troupe du Rhode Island a su installer à coups de tuba, de trombone, de caisse claire et d’amour contagieux. Ils ont commencé à jouer avec majesté dans l’escalier de l’école puis sont descendus dans la foule sous les applaudissements nourris du public qui n’en revenait pas d’avoir la fête venir à eux ainsi.

On va le répéter souvent : c’est un des meilleurs coups du Festif cette année. Les grands festivals devraient prendre des notes.

21h45 : Reel Big Fish

Crédit Photo : Jacques Boivin
Crédit Photo : Jacques Boivin

(Par Matthieu Paquet-Chabot) Les vedettes américaines du mouvement ska ont pris le contrôle de la scène Desjardins devant une immense foule. Avec vingt minutes de retard (blâmons les Smashers qui ont dépassé leur temps de scène), les six membres du groupe se sont présentés avec comme introduction The Final Countdown du groupe Europe. Enchainant avec Everyone Else Is An Asshole, la bande d’Aaron Barrett est dangereusement en forme. Le look très californien du chanteur et sa guitare à damiers nous transporte à la racine du mouvement ska et le public danse sans arrêt. Les paroles étant plutôt simples, nous entendons les spectateurs chanter de toute leur force avec Barrett.

All I Want Is More enchaine et la foule commence à se dégourdir. Les moshpits se forment et le reste de la foule s’amuse à danser les simples pas de danse du mouvement ska. Les mélodies du groupes font sourire et nous apprécions énormément le moment. Le groupe revisite chaque albums de sa discographie et nous fait même quelques reprises, dont Take On me du groupe norvégien a-ha pour conclure leur performance. Ce fut un super moment et l’organisation semble avoir apprécier de voir que le public à répondu l’appel de la soirée SKA!

23h30 : Galaxie

Galaxie - Photo : Jacques Boivin
Galaxie – Photo : Jacques Boivin

(Par Matthieu Paquet-Chabot) Le sous-sol de l’Église était paqueté (dans tous les sens du terme), compressé et gonflé à bloc pour le rock de Galaxie. Dès les première notes de Zulu, le public est en délire. Fidèle à son habitude, Olivier Langevin joue de la guitare à demi-accroupi et Fred Fortin est heureux d’être devant une foule si accueillante. Le groupe est en grande forme et Langevin ne s’en cache pas au micro. Nous avons droit à de nombreux segments musicaux pour allonger les pièces et faire durer le plaisir. Des moshpits, du crowd surfing,  de l’alcool et des décibels très élevés, c‘est ça, le rock’n’roll!

Galaxie l’a vite compris et enchaine avec Dragon. Selon notre rédacteur en chef (photographe de la soirée), l’avant-scène ressemblait au Vietnam tellement c’était violent. (Note du rédacteur en chef : une chance que je pèse plus de 300 livres!) Rien de mieux pour faire plaisir aux membres du groupe. Pas le temps de jaser, on enchaine les pièces sans attendre. La plupart de la grille de chansons est composé de nouvelles pièces de leur dernier bébé Zulu, mais nous avons droit à quelques pièces de leur précédent opus dont Camouflar, la pièce suivante. La plupart des gens présent connaissait les paroles et mettait le point en l’air pour montré leur appréciation.

Galaxie - Photo : Jacques Boivin
Galaxie – Photo : Jacques Boivin

Langevin est une vrai rockstar. C’est n’est pas pour rien que le groupe a fait deux fois les plaines d’Abraham cette année. Robot Lynx,  Piste 1, Diesel et plusieurs classiques ont été entendus aux grands plaisir du public. François Lafontaine à même participé au crowd surfing! Quel super moment nous avons passé dans un sous-sol d’église (Note du rédacteur en chef : existe-t-il un endroit plus approprié pour se faire donner le beat et des étoiles dans nos mains par le diable?). En prime, à la sortie du concert, nous avons eu droit au What Cheer? Brigade et à sa folie contagieuse!

23h30 : Odeur de Swing

Une foule plutôt nombreuse pour Odeur de swing. Photo : Marie-Laure Tremblay
Une foule plutôt nombreuse pour Odeur de swing. Photo : Marie-Laure Tremblay

(Par Marie-Laure Tremblay) J’ai tenté une incartade au Mouton Noir pour voir Odeur de Swing, le rythme était entrainant, mais le petit espace aménagé près de la porte d’entrée de la salle bondée avec des gens qui essayaient d’entrer et de sortir en bousculant le band… ici je crois qu’on a sous-estimé la foule. 😉